Northanger Abbey de Jane Austen

norther 10/18 Editions, 276 pages, 7€10

4ème de couverture

Par sa gaucherie, ses rêveries naïves et son engouement pour les vieux châteaux, Catherine Morland semble loin des modèles de vertu. Mais si cette jeune Bovary délicatement british n’a rien d’une héroïne, c’est que Jane Austen s’amuse ! Et nous emporte, d’une plume malicieuse, d’un bout à l’autre du plus moderne des romans austeniens.

Résumé

Catherine Morland n’a rien d’une héroïne et pourtant… Garçon manqué pendant son enfance, elle n’excelle pas dans le jardinage, la tenue d’une maison ou dans les Arts, pas de dessins, ni de musique ou de chant…Maladroite, gauche et parfois stupide, qui aurait pu imaginer qu’elle deviendrait plutôt jolie et qu’elle serait amenée à se rendre à Bath pour accompagner les Allen et aller au devant de sa carrière d’héroïne ?

Mon avis

Lu en lecture commune avec Scarlett et Marie (Même les sorcières lisent)

Quelle écriture et quel esprit ! Jane Austen m’a complètement séduite avec ce petit Northanger Abbey

Le lecture découvre un portrait très précis et pourtant très court de Catherine Morland. L’enfance de cette jeune femme n’est rien de sensationnel, elle-même jusqu’à son adolescence ne semble n’avoir rien pour elle. Quel portrait !  On ne s’attend pas à ça pour débuter un roman !! Pas vraiment douée pour les études, un peu garçon manqué au début, Catherine n’a pas de talent particulier. Mais la jeune femme a bon et agréable caractère. Elle ne côtoie pas de jeunes gens de son âge et n’a pas vraiment l’occasion de voyager. Avec sa grande famille, le destin ne semble pas l’avoir favorisée. Mais un jour, leurs voisins, les Allen lui proposent de les suivre à Bath. Une aubaine pour la jeune fille. Elle va enfin sortir un peu en société. Bath, ses rooms, ses bals, les distractions : théâtre, boutiques, … tout ce qu’elle n’a encore jamais vécu.

Puis Jane Austen s’adresse à son lecteur dans ce roman. On comprend alors qu’elle va nous dépeindre les travers de son époque en prenant cette « pauvre » jeune Catherine qui décidément n’a rien d’une héroïne et pourtant des rencontres vont la façonner et son histoire sera digne d’être racontée.

Catherine et Mrs Allen pourtant ne connaissant personne et les premiers jours dans la ville de Bath sont loin d’être idyllique. Il leur manque une connaissance, quelqu’un qui pourrait les présenter aux gens de la société.  Même si Catherine se voit attribuer comme cavalier Mr Tilney avec qui elle sympathise aussi bien que le peu les convenances, le temps passe alors lentement. Si seulement, Miss Morland et Mrs Allen pouvaient avoir quelques connaissances à Bath. La providence étant curieuse, Mrs Allen finira par tomber sur une ancienne amie, Mrs Thorpe, elle aussi séjournant dans la ville. Catherine va alors se lier d’amitié avec Isabelle, la fille de Mrs Thorpe. Et le hasard faisant encore étrangement les choses, le frère d’Isabelle John connait le frère ainé de Catherine, James ! L’occasion d’avoir chacune un cavalier. Sauf que John n’a pas la finesse du frère de Catherine.

La plume de Jane Austen est un délice vraiment, alliant finesse et ironie. Elle manie l’ironie de façon tellement charmante, et pourtant, elle sait être féroce ou impitoyable mais toujours avec bienséance et courtoisie. Un régal vraiment ! Elle nous croque des personnages charmants et d’autres extrêmement agaçants mais semble-t-il assez fidèles de leur époque. Certains très vaniteux et imbus d’eux-mêmes, ou encore très « je fais le contraire de ce que je vous dis », d’autres par contre, charmant, adorable et attentif. Quel contraste !

Je n’ai pas supporté les Thorpe, intéressés et versatiles. Égoïstes aussi. Ils m’ont fait hérisser les poils des bras 😀 Jane Austen excelle dans l’art de leur tirer le portrait. ça fonctionne bien, j’avais envie de frapper l’un avec l’autre ! Mais ils seront utiles à Catherine, elle va ouvrir les yeux et découvrir que la nature humaine n’est pas une et unique. Jane Austen a du doser ses effets, juste quand je me disais « il ne faut pas que cette partie dure trop longtemps, parce que là, je ne les supporte plus », elle a su changer le décor de son héroïne.

J’ai aimé Catherine, sa spontanéité, son humeur agréable et sa passion pour les romans noirs et les vieux châteaux. Elle semble au premier abord très naïve, mais il faut se rappeler qu’elle vient de la campagne et donc n’a pas du tout l’habitude des convenances de cette époque. Surtout, elle n’a pas côtoyé assez de jeunes gens pour comprendre rapidement qu’elle se fait berner, abuser ou pour savoir comment se comporter. Elle est tellement nature qu’elle ne voit pas le mal. Mais attention, elle a des sursauts de réflexion et elle est honnête donc elle ne se fera pas avoir trop longtemps. Puis elle manque peut-être d’esprit mais pas d’imagination. J’ai adoré son séjour à Northanger Abbey. Elle est attachante et on a vraiment envie qu’elle ait un destin d’héroïne ^^

J’ai adoré l’ambiance dans les différents parties, celle des Rooms de Bath, très guindée; celles de balade entre jeunes gens, très controversée et celle de l’arrivée à Northanger, très gothique. Puis, le changement de caractères de certains personnages, qui finissent par s’expliquer, ah les apparences, …

J’ai adoré le fait que « Jane Austen nous parle ».  Elle dépeint si bien les caractères et les convenances, elle les dénonce à sa façon. Quelle modernité ! On est régulièrement pris à parti et puis elle évoque même ses sœurs.  Ça m’a surpris et en même temps j’ai adoré ❤

C’était vraiment une excellente lecture, un coup de coeur pour la plume envoutante et le style si parfait de Jane Austen. Pour son tact mais aussi sa façon de dépeindre la société de son époque, loin d’être parfaite mais pas la pire non plus. Travers, défauts, elle nous les montre et prend parfois des risques pour une auteur de son époque. Pas étonnant que le livre ne soit pas sorti rapidement. Il a du choquer son éditeur ?! Et ses passages sur les livres, les auteurs, les figures féminines, les a priori, les fausses idées, … Que ce livre est riche pour ses moins de 300 pages ! Je ne peux pas tout dire, tout citer mais j’en ai relevé des citations si vraies, si justes, et pourtant si opposée à la pensée de l’époque.  Résolument MODERNE. Une démonstration !

J’ai d’ailleurs commandé dans la foulée, Persuasion et Mansfield Park ^^ Ah Jane Austen ❤

L’avis de Scarlett

L’avis de Marie (Même les sorcières lisent)

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Mini-bilan livresque 2014

L’heure des bilans a sonné ! WordPress Statistique a permis de mettre en évidence les billets qui marchent le mieux. Comme pour 2013, ce sont des billets de 2012 qui cartonnent… Du coup, pas de mise en avant des coups de coeur de cette année, et je trouve cela dommage.

Mais je n’ai pas le temps non plus de faire un vrai bilan avec tout ce qui s’est passé cette année, donc, je ne donnerai ici que les livres que j’ai adoré en 2014 et ceux qui m’ont déçus.

Pour rappel, tous mes avis sont disponibles dans une liste par année, à la gauche du blog 😉 Sinon, pour 2014, c’est ce lien :  https://lesdecouvertesdedawn.wordpress.com/livres/livres-lus-en-2014/

Voici donc :

Mes coups de coeur ❤

xenomeLes Lames Du Cardinal - Pierre Pevelalchimiste2images2hd-le-cauchemar-de-cassandre-1extraordinaires-fantastiques-enquetes-Sylvo-Sylvain-detective-prive-2-avant-le-deluge-raphael-albertles-herbes-de-la-lune-t1  9782258105546 arton781

Ceux que j’ai adoré

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J’ai vraiment beaucoup aimé

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Mes déceptions

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Xénome de Nicolas Debandt

xenome

Editions de l’Homme Sans Nom, 397 pages – Sortie : 26 Mai 2014, 19,90€

4ème de couverture

« Je me souviens très bien du jour où je naquis à la conscience. Il y a des jours comme ça qui ne s’oublient pas. Celui-ci était un 4 février. Celui de l’année 2184. »

Yann se réveille, sans savoir qui il est ni d’où il vient. Impliqué malgré lui dans une histoire de vol d’œuvres d’art au Louvre, il débute sa vie au rythme effréné de la fuite, des rencontres, des choix et des révélations.

Nicolas Debandt, à travers la situation impossible de Yann, soulève les questions de l’être et de l’existence, et dépeint une société contrôlée et voyeuriste où la place de l’homme est définie par son ADN, et où tout s’achète, même les gènes.

Résumé

Une conscience qui s’éveille. A Paris, au Louvre. Un corps d’homme. Des machines. Cet être qui s’éveille à la conscience se redresse. Il n’a pas de passé, pas de mémoire. Tétanisé, il ne sait que faire. L’instinct le pousse à sortir de la salle où il s’est éveillé. Un technicien de surface Joseph le trouve hébété dans un couloir. Pensant que cet individu est drogué  et en difficulté, Joseph l’aide et le recueille chez lui. Il lui donne un nom Yann. Jospeh est un Operaris. Débridé. Il consomme des drogues qui lui permettent de réfléchir et comprendre plus de chose que les autres Operaris. Mais qui est Yann ? Qu’est-il ? Comment à évolué notre monde ?

Mon avis

Un gros coup de coeur ! ❤

Bravo et merci à Nicolas Debandt pour cette histoire superbe, pour ce roman SF haletant et entrainant. C’est profond. Sensible. Terrifiant. Incroyable. J’ai beaucoup aimé la découverte de soi, la quête de Yann pour avoir des réponses. J’ai adoré les idées, l’anticipation, les messages, les personnages.

L’action se déroule dans un Paris surpeuplé, très urbanisé, de nouvelles espèces ont vu le jour à la place des Homo Sapiens. 4 espèces avec des particularités différentes existent et permettent au monde de survire. Les Homo Operaris, ceux qui « opèrent », sorte de classe ouvrière. Emploi du temps sur mesure, peu de réflexions, pas de révolte. Les Homo Obediensis, ceux qui « obéissent » aux ordres, des travailleurs, fonctionnaires. Ce sont les deux espèces que Yann rencontre en premier. Le lecteur va découvrir les deux autres espèces, principalement les Nexilis, en suivant un inspecteur de police. Les Homo Nexilis sont intelligents et occupent des professions comme policier, directeur, commerciaux, chercheur,… ce sont ceux qui agissent et disposent d’un minimum d’autorité. Puis, le lecteur découvrira les Homo Aureus, au dessus des Nexilis. Ceux qui possèdent.

On découvre aussi le Websoc, sorte de réseau social géant, connecté en permanence aux esprits des Obediensis et des Nexilis. Chacun membre ayant un profil gardant en mémoire toutes les actions, pensées, localisations… permettant de disposer aussi de toutes les informations culturelles, politiques, actualités, divertissements si nécessaire. Bref, tout y est enregistré. Tout s’affiche en hologramme devant vos yeux.  Impossible ou presque de se cacher, d’avoir une vie privée. Terrifiant. L’aire des êtres connectés. Mais aussi dans ce Paris des années 2184, le génome a été complètement remanié, vous pouvez disposer de nouveaux gènes, les acheter à la TransTrad, disposer de capacités supplémentaires, améliorer vos performances, etc. etc. Incroyable.

Yann lui ne sait pas qui il est, ce qui est sur c’est qu’il apprend vite. Mais pour avoir un avenir, il faut connaitre son passé, du moins, c’est ce que ressent Yann et il va donc se mettre en quête de son histoire, déterminer pourquoi il s’est éveillé déjà adulte, de cette façon.

Certaines péripéties et circonstances vont à Yann de croiser le chemin de Naya, une voleuse de gène. Durant tout le roman ou presque, le lecteur va découvrir le monde, les espèces, le passé de ce monde, les gens à travers les yeux de Yann. D’un autre côté, le lecteur va suivre l’enquête de l’inspecteur Roussel qui recherche Naya depuis des années et a qui est confié une enquête de vol d’œuvres d’art au Louvre, bizarrement le même soir que l’éveil de Yann.On apprend à connaitre Naya. Et on se pose plein de questions De quelle espèce est-elle ? Comment réussit-elle a se cacher de ceux qui la traque ? …

Nicolas Debandt a beaucoup creusé la psychologie de ces personnages, une véritable réussite. Ce n’est pas évident, de se mettre à la place de quelqu’un qui s’éveille à la conscience et qui se découvre. Pourtant l’auteur réussi cela. Yann est différent, il apprend vite, essaie d’analyser les comportements, les événements, les émotions. Avec lui, on ressent l’envie, la jalousie, l’incompréhension, la perte. Mais aussi l’affirmation de soi, la volonté de savoir mais aussi de braver les interdits. Le lecteur passe comme Yann par une foule d’émotions et de sentiments, on se sent alors si proche de Yann. Comment ne pas s’attacher alors à ce personnage et à sa quête ?

Avec Naya, on découvre que la TransTrad a le monopole de la synthèse génétique et que l’obtention de nouveaux gènes n’est que temporaire, que les gens deviennent « dépendants ». Le monde alors nous apparait rempli de vices et de choses cachés. Plus on creuse, plus les choses nous semblent étranges, illogiques… Quel est réellement ce monde évolué ? Qu’est-ce qui a changé la société à ce point ? Naya est forte et fragile à la fois, c’est un très beau personnage. Nicolas Debandt creuse aussi la vie et le passé de l’inspecteur Roussel. J’ai alterné entre des « il m’énerve » et des « je l’aime bien ». Cet inspecteur est le reflet de la Société. Mais il va vivre des choses qui vont éveiller sa conscience. On le voit changer et je me suis aussi attachée à lui. Il y a plein de personnages à découvrir, chacun à son importance. C’est un roman dense et enrichissant.

Xénome est un livre qui marque et qui prend la peine de montrer les dérives possibles du progrès. Ce qu’on apprend est terrifiant. Les messages véhiculés par Nicolas Debandt sont puissants, profonds et forts. C’est indéniablement un livre qui fait réfléchir. Un roman de SF original et très bien fait. J’avoue qu’avoir fait une partie de mes études en biologie m’a beaucoup aidé. Mais même sans cela, je pense qu’il est très accessible. Et puis, le mélange de la SF avec un côté enquête policière permet de rythmer le récit, le fluidifie, tient le lecteur en haleine et permet quelque chose de percutant. Et on ne le lit pas forcément comme un roman de SF, c’est plus abordable même si les idées sont elles vraiment dignes de auteurs d’anticipation. Qu’est prêt à faire l’homme au nom du Bien Commun ? Que sait-on vraiment ? Quelle est la réalité que l’on nous cache ? Les questions de 2184 pourraient se poser actuellement ! Flippant !

J’aurai peut-être aimé en appendre plus sur la période charnière qui a conduit aux 4 espèces et durant laquelle a été  développer des biotechnologies. Mais même sans ça c’est excellent. Et surtout je remercie l’auteur pour la fin. Même si j’ai versé ma petite larme, et eu la gorge nouée, elle ne fait pas dans la facilité et ça c’est un gros plus. Enfin quelque chose de moins convenu. J’ai adoré. Je le lirai très certainement dans quelques années, parce qu’il m’a fait forte impression et que pense que je pourrais encore découvrir des choses en le relisant ! Mais avant je lirai le diptyque Illuvendan 🙂

Un excellent titre des Editions de l’Homme Sans Nom qui décidément dispose d’une sélection d’ouvrages qu’il faut découvrir ! ❤

Le dragon des arcanes – Les Lames du Cardinal T3 de Pierre Pevel

couverture-32753-pevel-pierre-les-lames-du-cardinal-3-le-dragon-des-arcanesFolio SF, 416 pages, 7,90€

4ème de couverture

Un immense dragon noir menace Paris. C’est du moins les informations dont disposent les fameuses Lames du Cardinal. Mais l’ordre des Sœurs de Saint-Georges, pourtant chargé de contrer les dangers draconiques, ne semble pas décidé à intervenir et fait même obstruction à l’enquête d’Agnès de Vaudreuil. Les hommes du capitaine La Fargue ont déjà payé un lourd tribut à la défense du royaume de France, mais il se pourrait que cette mission soit la plus difficile. Qui se cache vraiment derrière le complot qui se prépare ? Des forces incontrôlables n’ont-elles pas été libérées ? Dernier tome d’une série qui rend brillamment hommage aux meilleurs romans de cape et d’épée, Le dragon des Arcanes est une œuvre de fantasy historique remarquable, déjà traduite en dix langues.

Résumé

Agnès de Vaudreuil se rend avec Ballardieu au Mont St Michel enquêter sur la disparition du fils d’un ami de La Fargue et découvre le danger qui plane sur la Capitale. Agnès en sait alors trop et sera retenue contre son gré par les Soeurs de Saint-Georges et ses gardes. De son côté le Capitaine des Lames, décide de demander l’appui du Cardinal pour découvrir ce qu’est devenu le chevalier Reynault d’Ombreuse. Richelieu accepte que La Faugue rencontre la Mère  supérieure générale, Thérèse de Vaussambre mais cette dernière en froid avec le capitaine depuis des années, ne se laisse pas attendrir ni détourner de sa mission et refuse son aide aux Lames. Elle semble aussi faire peu de cas de la menace qui plane sur Paris, pourquoi ?

Les Lames endeuillées vont devoir affronter leur pire ennemi, la Griffe noire? Autre chose ? qui en sortira vainqueur ?

Mon avis

Trilogie coup de coeur !!!! Maintenant, je peux le dire !!!

Ce dernier tome m’aura fait passé par tous les stades, peur, appréhension, joie, tristesse, … j’ai pris mon temps pour le lire, pour ne pas quitter trop vite la plume de Pierre Pevel et son univers mais sur la fin, j’avais trop besoin de savoir, je n’ai plus lâcher le livre !!!

clic clic pour mon avis sur le tome 1  et sur le tome 2

Comme pour le deuxième tome, on retrouve les Lames où l’action précédente s’arrête et là déjà premier coup au cœur. Le lecteur va devoir se séparer d’un personnage. Le début de l’hécatombe ? Agnès est plutôt en mauvaise posture et on a du mal à comprendre le comportement des Soeurs de Saint-Georges. J’ai eu peur plus d’une fois pour certains personnages, l’auteur joue à nous torturer il faut le savoir ! La Fargue est diminué, il a morflé dans le tome précédent et on attend des révélations à son sujet. Les autres lames sont à des instants charnières, à un tournant de leur vie. Ils vont chacun devoir faire des choix, plus ou moins aisés, plus ou moins dramatiques.

Les pièces du puzzle éparpillées au fil des tomes se rassemblent progressivement. Le second tome m’avait semblé un peu moins chargé en action, nous parlant de personnages plutôt secondaires qui avaient plus ou moins d’importance. Mais avec ce dernier tome, on se rend compte que RIEN N’A ETE LAISSE AU HASARD par Pierre Pevel !!!! Le tome commence avec plusieurs chocs, auquel on ne s’est pas préparé et faut accuser le coup. Puis on passe de la tristesse à la joie puis aux larmes (vi vi, j’ai versé ma larmichette, je le reconnais).

A 100 pages de la fin, l’ensemble de l’intrigue s’éclaire, les secrets commencent à nous être révélé plus qu’à mots couverts. La Mort étend son aile sur la ville et sur les Lames… L’affrontement final commence à pointer, et vu ce qu’il se passe dans ce tome, on tremble pour ses personnages favoris, on sent que ça risque de se terminer en apothéose. J’ai complètement vécu la frustration des personnages, leurs doutes, la peur, l’espoir… On brûle de connaitre les secrets d’alcôve  et de découvrir les non-dits. Le destin de certains personnages sera précipité dans des directions inattendues. Que cache la Mère de Vaussambre, qui est le mystérieux Valombre ? Que sont les Arcanes ? Qui menace réellement la France et pourquoi ? Ce tome sera riche en révélations !!! Et en action ! Quelle fin !

Même si on se doute de certains choses, de ce que devront faire les personnages, on est tellement accroché à eux qu’on est pris dans leurs tourments, leurs troubles et qu’on les accompagne avidement jusqu’au bout ! Le lecteur verra à travers les personnages, la mort, la maladie, le courage, la foi, la fierté, l’honneur des Lames, chacun des personnages portant en lui un ou plusieurs de ces particularités.

Petit mini bémol, la fin est trop rapide. La phase combat de préparation d’une des Lames est trop brève, elle aurait mérité beaucoup plus de détails, de développement. Les dernières pages présentent certaines ouvertures : une suite un jour peut-être ? Tel un Dumas et son 20 ans après ?

En tout cas, ce fût une épopée de fantasy, de cape et d’épée qui m’aura complètement embarquée ! J’y est retrouvé tout ce que je cherchais, un souffle épique, une aventure d’hommes, une partie de mystère et de magie, un univers riche et dense qui me manque déjà ! Sûr comme Les 3 mousquetaires de Dumas, je relirai un jour Les Lames du Cardinal ! C’était prenant, intense, magistral et captivan.  Je recommande aux amoureux de fantasy, d’histoire de France, de combats, de dragons, d’épées, …. ❤

N’oublier jamais de Michel Bussi

9782258105546

Presses de la Cité, 21,90€, 504 pages

Sortie : mai 2014

4ème de couverture

« Vous croisez au bord d’une falaise une jolie fille ?
Ne lui tendez pas la main !
On pourrait croire que vous l’avez poussée. »

Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper. A Yport, parti s’entraîner sur la plus haute falaise d’Europe, il a d’abord remarqué l’écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l’écharpe comme on lance une bouée.
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l’inconnue.
A son cou, l’écharpe rouge.

C’est la version de Jamal.
Le croyez-vous ?

Résumé

Jamal travaille dans un centre psy. Il passe actuellement une semaine de congés à Yport en Normandie. Une occasion pour lui de s’entrainer à courir sur la plus haute falaise d’Europe. Car Jamal a un rêve, être le premier handicapé à participer et finir l’Ultra Trail du Mont Blanc. Sa revanche sur la vie. Un matin où il s’en va courir, il trouve accroché à un grillage une belle écharpe rouge. Etrange. Quelques mètres plus loin, une jeune femme se tient au bord de la falaise. Sa robe déchirée, en larmes, elle lui demande de la laisser et de s’en aller. Mais Jamal profite de cette écharpe pour tenter de la raisonner, il la lui lance comme on lance une bouée à la mer, façon désespérée de lui faire renoncer à sa décision plus désespérée encore. Mais la belle inconnue se jette malgré tout dans le vide. Jamal la retrouve avec deux autres témoins au pied de la falaise. La suicidée a l’écharpe autour du cou. Comment est-ce possible ?

Et ce flic, qui arrivé sur les lieux, parle de meurtres ? Que se passe-t-il ?

Mon avis

Quand Babelio m’a proposé le nouveau roman de Michel Bussi, en Masse Critique Exceptionnelle, je n’ai pas pu refuser ! J’avais été charmé et « pertroublée » par Nymphéas Noirs et j’avais envie de renouveler l’expérience et confirmer ou non, mon coup de coeur pour cet auteur! Alors ? C’EST CONFIRME !!!!

Coup de coeur !

De nouveau, Michel Bussi entraine son lecteur dans une intrigue travaillée et subtile, qui ne va pas là où on l’attend.

Jamal nous raconte son histoire. Étrange mais pourtant, il nous l’assure cette dernière malgré les apparences va bien se terminer. Il sera pourtant soupçonné d’avoir tuer la belle inconnue de la falaise. Nous lecteur, allons-nous croire le récit de Jamal ? Sommes-nous prêt à l’écouter et à lui accorder du crédit ? Et si on cherchait à nous embrouiller ?

Je me suis terriblement attachée à Jamal. Il a des défauts, il aime raconter des histoires, c’est encore plus difficile de ce fait de savoir si ce qu’il raconte est vrai ou pas. Mais Jamal est aussi quelqu’un de courageux et d’optimiste. La preuve : n’avoir qu’une jambe ne l’empêche pas d’avoir un rêve, un but dans sa vie. De vivre à fond et de se mettre des challenges ! Il a des principes et 5 choses qu’il a envie d’accomplir dans son existence. Cette histoire de suicide lui tombe dessus. Cela ne devrait pourtant pas l’inquiéter. Mais pourquoi, lors de l’enquête, les témoins n’ont pas la même version des événements que lui ? Pourquoi des preuves semblent s’accumuler contre lui ? Il n’est pourtant pas cinglé  ! La fille s’est jetée d’elle-même de la falaise ! Mais Jamal nous raconte-t-il la vérité ? Elle a été retrouvée étranglée. C’est donc un meurtre ?

Jamal découvre rapidement que cette mort, une jeune femme étranglée et violée, retrouvée avec une écharpe rouge  en rappelle d’autres qui ont eu lieu dans la région une dizaine d’années auparavant. Il y a-t-il là, un lien ? Doit-il creuser sur ces meurtres afin de prouver qu’il n’est pour rien dans celui qui vient d’avoir lieu ?

Je préfère volontairement ne pas donner de détails sur le récit, sur ce que vit Jamal pour maintenir le mystère. Juste que Jamal ne sera pas seul à chercher ce qui se passe. Il va rencontrer à Yport, Mona, une jolie rousse, intelligente et peu farouche, qui va croire sa version des faits et qui l’aidera comme elle peux.

Le lecteur suit le récit de Jamal, perd pied avec lui, essaie comme lui de dénouer les fils de ce mystère, ce suicide qui ne semble pas en être un. Est-ce que Jamal devient fou ? Est-il fou ? ou nous raconte-t-il la vérité ? Encore une fois, Michel Bussi maitrise l’art de dérouter son lecteur, de le mener là où il ne serait jamais allé. On s’interroge, on émet des hypothèses, on cherche la vérité. Michel Bussi maitrise les intrigues en toile d’araignée, tout en faux semblant, en vérité crue, en injustice, en doutes. A plus de mi-récit,  le lecteur ne sent toujours pas où tout cela va le mener. Puis les indices semés nous permettent de comprendre, de dénouer les fils du récit. Il reste alors à creuser la psychologie des personnages et découvrir le pourquoi après le comment !

Comme pour Nymphéas Noirs, je suis séduite par l’atmosphère créée par Michel Bussi. Et encore une fois, j’adore découvrir la Normandie et le caractère des gens de cette façon. Les paysages, le climat, la fausse tranquillité, les fais divers, … tout est conjugué pour immerger le lecteur dans l’histoire. On a envie de savoir, les pages se tournent « toutes seules ». Je n’ai pas réussi à lâcher le roman, que j’ai lu rapidement, avec peu de pauses. A lire d’une traite si possible ! Très fluide, très bien construit, très bien mené, c’est vraiment difficile de le poser.

Michel Bussi ne nous noie pas dans les expertises scientifiques, le gore et l’étrange mais il est indéniable que ces écrits sont travaillés pour surprendre le lecteur, maintenir le plus possible le suspense, pour perdre son lecteur au début et lui proposer les pièces d’un puzzle à remettre en place. J’adore ça ! C’est vraiment très bien fait.

J’ai adoré les personnages, surtout Jamal. Complexe et entier. Vraiment, je me suis attachée à lui. J’ai beaucoup aimé Mona aussi. Chaque personnage a sa part de mystère et cela ajoute de l’intérêt à l’intrigue. J’ai adoré l’histoire, être un peu malmenée par l’auteur, et surtout ne pas réussir à poser le livre avant d’avoir fini. J’ai même versé ma p’tite larme à la fin, pour dire comme j’ai été prise dans cette histoire, dans l’action.

Je conseille vraiment de découvrir Michel Bussi. Toute le monde devrait au moins en lire un dans sa vie ! Et plus si affinité. Moi ça sera plus, j’en ai déjà deux autres qui m’attendent dans la PAL !

Merci à Presses de la Cité et Babelio pour cette masse critique et cette super découverte !!!

tous les livres sur Babelio.com

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Avant le déluge (Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, T2) de Raphaël Albert

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Editions Mnémos, Collection Hélios, 391 pages, 11,90€

4ème de couverture

Sylvo Sylvain est un elfe détective privé dans Panam, un Paris du XIXè siècle décalé, aux accents steampunk. Après des débuts laborieux, son agence connait maintenant succès et richesse. Tout va pour le mieux, jusqu’au jour où son ami le journaliste Jacques Londres disparaît. Sylvo et son acolyte Pixel vont mener l’enquête : précipités au coeur d’une gigantesque conspiration, ils vont côtoyer de très près la Grande Faucheuse…

Résumé

Quelques années après La Conjuration des éléments, Sylvo et Pixel ont enfin une vraie agence de détective privé, avec des employés et surtout des clients, nombreux et qui paient bien. Fini les années de disettes et de vaches maigres. Mais au lieu de surfer trop longtemps sur la vague des héros, ils décident de garder profil bas, même si la célébrité a quelques avantages. Un nouvel acolyte à rejoint les deux exilés, un jeune garçon voleur à ses heures mais débrouillard et sympathique : Broons. Il dérise plus que tout qu’on lui confie une affaire, une vraie. Et Sylvo décide de lui laisser sa chance, bientôt, très bientôt. Un matin, Sylvo et Pixel accompagnés de Broons, trouve qui les attend à l’agence, Mme Lane, la patronne du journaliste Jacques Londres, l’autre héros de la conjuration des éléments. Ce dernier a disparu depuis 3 jours déjà et cela ne lui ressemble pas. Même si Sylvo n’est pas convaincu que Londres est réellement disparu, il accepte d’enquêter… Commence alors une mission qui aura de très grosses conséquences….

Mon avis

Gros coup de cœur ! Une suite encore meilleure que le premier tome !

Je vous invite à relire mon avis sur le 1er tome, si vous n’avez pas eu l’occasion de le connaitre : Rue Farfadet

Par quoi commencer… On retrouve Sylvo et le pillywigging Pixel quelques temps après l’action du tome 1, Rue Farfadet. Leur Agence est désormais on ne peut plus officielle :  P & S, et marche plutôt bien, une vraie secrétaire et des employés sérieux et efficaces, Le Géomètre, Hobo, … et Broons. Chacun a ses petites particularités mais ce sont de bons détectives qui contribuent à la renommé de l’Agence. Le lecteur apprend vite à les connaitre ou les reconnaitre car certains membres du personnel ne lui seront pas inconnus ! Sylvo nous conte sa routine et ses habitudes nouvelles, tout bien, voire tout va mieux, jusqu’au jour où disparaît Londres, le journaliste vedette depuis la Conjuration des Éléments. De prime abord, on découvre que lui et Sylvo ne sont pas aussi amis que la presse le dit mais en soe uvenir des événements passés, l’elfe détective accepte de mener l’enquête sur cette fraiche disparition. Les investigations de P & S débutent pas fouiller le bureau de Londres au journal et son appartement. C’est lors de la fouille de ce dernier lieu que les enquêteurs vont commencer à comprendre que la disparition du journaliste est peut-être bien sérieuse et les deux acolytes vont se retrouver au coeur d’une conspiration qui les dépassent. Comment vont-ils s’en sortir ? et retrouveront-ils Londres ?

A partir de la fouille de l’appartement de Londres, le rythme ne s’essouffle pas un instant ! Une vraie enquête voit le jour, découvertes, indices … Les événements s’enchaînent. L’intrigue est superbement construite. Ce second tome est résolument plus noir que le précédent, il se passe beaucoup de choses. Et le lecteur découvre qu’il ne se passe pas que du joli, joli dans le royaume et à Panam. Dans le premier, l’humour était de mise, ici même si certains passages sont plus légers, l’atmosphère des découvertes, les drames qui se jouent, des événements, complots … ne prêtent pas à la rigolade. Sombre et dense, étrange et mystérieuse, l’intrigue est à l’image de l’univers créé par l’auteur. C’est vraiment un polar plaisant, dramatique et palpitant, on en oublierait presque que les héros sont des personnages de « fantasy ». De nouveau, Raphaël Albert réussi le coup de maître de mêler polar et fantasy avec une facilité qui semble si déconcertante, et par là même il bluffe son lecteur ! Je trouve qu’on accroche très bien aux deux univers mélangés et que les peuples, créatures, mythologie inventée se fondent complètement dans l’histoire. Ce roman allie les deux univers que j’aime le plus, ce n’est donc que du bonheur !!!

On retrouve avec plaisir Panam, ce Paris de la fin du 19ème, à la sauce steampunk. Et c’est toujours aussi bon.  Je continue de beaucoup aimé cet univers et je dirais même que c’est encore meilleur, car il y a plus de choses développées. On retrouve ce monde avec 3 lunes, des rythmes différents, des noms d’heure, de jour, de mois à la fois différent et proche des nôtres, une gestion du Royaume par 3 Ducs. Toujours original et dans le respect de certains codes. Le steampunk est toujours le plus de cet univers en lien avec le monde fantasy où l’on croise autant de magie que de science. Je loupe peut-être quelques références, n’étant pas parisienne, cependant il y a les incontournables, les références littéraires … qu’on ne peut pas les louper. Un vrai méchant se démarque un peu plus, le 4ème Duc, personnage mystérieux, qui peut bien se cacher derrière ce mythe ? Existe-t-il vraiment ? Qui tire donc les ficelles ?

On suit Sylvo à travers Panam et avec lui, on explore encore un peu plus les traditions de ce Royaume, la Danse macabre par exemple, ainsi que la composition du Petit Peuple. L’auteur a choisi cette fois, de nous faire découvrir, l’envers du décor, des lutins et des leprechauns. J’ai adoré cette balade sombre dans Panam où l’on sent poindre le souffle de la révolte…

L’univers est très travaillé, tout comme le personnage de Sylvo. On commence à découvrir des choses de son passé, la collecte d’informations continue et on a envie d’en savoir toujours plus. Il reste mystérieux sur ce passé mais sa psychologie est elle, très développée. Le lecteur sait ce qu’il pense, ce qui l’effraie, le rend heureux, le perturbe, le dérange. Il semble changé mais est-ce vraiment le cas ? Il y a encore tant de choses à découvrir. Je suis très attachée à ce personnage que j’adore de plus en plus, et la fin …. le choc, elle m’a brisé le cœur, frustrée je suis. C’est dire, il me faut absolument la suite ! Malheureusement, elle n’est pas encore publiée. Je rassure ceux qui se demandent si du coup, il y a une fin ou pas, oui, l’intrigue est résolue mais on apprend et on souhaite savoir tellement d’autres choses, que : vivement la suite !!!!

Avant le déluge, comme Rue Farfadet, est très travaillé, recherché, et très bien écrit. Je dirais aussi que je le trouve plus fluide et que l’auteur affirme encore plus son style. Il y a du renouveau, plus sombre comme je l’ai déjà dit, une vraie suite. Un coup de cœur !

Avant le déluge, c’est une véritable plongée en eaux troubles, une enquête avec son lot de révélations (et quelles révélations!), de trahison, de surprise, de suspense !!! Je le recommande vivement. A lire de préférence après le 1, même si les deux tomes peuvent se lire assez bien l’un sans l’autre, l’univers est tellement formidable que ça serait dommage de ne pas lire Rue Farfadet.

masse critique

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Lughnasadh de Pat McMurphy

LughnasadhManannan Editions, 14,90€, 400 pages

4ème de couverture

1845.
Touchée par une famine épouvantable et des tensions fratricides, l’Irlande abandonne son âme épuisée à la promesse d’une nouvelle légende. Mais est-il encore un Devin ou quelques dieux anciens pour consacrer la naissance d’Aenghus Cork sous ce dolmen sacré et révéler son ineffable destinée ?

Véritable saga qui le mènera de Cork à la terrifiante réalité des bagnes australiens, en passant par la prometteuse Amérique, le jeune Aenghus apprendra l’âpreté du monde à la découverte d’un idéal qu’il semble incarner à la perfection: un humanisme qui défie tous les rêves de ces temps troublés.

Face aux tragédies de son époque, il ne lui reste que son courage, le soutien de quelques proches et l’Amour. Un amour par delà le Temps qui lui révèlera bien plus que tout ce qu’il ne pouvait imaginer et s’imposera comme une révélation à tous les protagonistes de cette fascinante épopée… « 

Lughnasadh est le premier roman de Pat Mc Murphy. Il signe sur ce coup d’essai une oeuvre remarquable.

Résumé

Aenghus a 10 ans. Sa mère l’amène chez Cogan qui vit en ermite au Conrrag. Il est temps pour Aenghus de découvrir d’où il vient. Cogan l’emmène dans les montagnes, c’est l’occasion de raconter au garçon l’histoire de son père Aenghus Cork. Un enfant particulier confié à ses soins et ses connaissance druidiques, pour le former jusqu’à son Initiation. Car Aenghus Cork a une destinée à accomplir quelque soit les obstacles qui se dresseront peut-être devant lui…

Mon avis

UNE MERVEILLE ! Un énorme coup de coeur !

Lu en lecture commune avec ma Cassiopée, vous pouvez retrouver son avis >ici<

Le lecteur découvre donc très vite Aenghus Cork, un enfant confié par Deirdre (personnage de la mythologie celtique) à Cogan pour que celui-ci l’élève et lui inculque l’amour de son pays, de ses légendes, et le prépara à son Initiation. Qui de mieux pour cela qu’un druide. C’est à Lughnasadh des années après, que nous retrouvons Aenghus, à la croisée de sa destinée. Il rencontre par hasard une belle lavandière un jour de méditation dans la forêt. Intrigué par les hommes et par le fait que Cogan l’élève à l’écart de tout, il décide de découvrir leur « monde » et de voir par lui-même comment ils vivent. Il se rend alors au marché, là où les paysans recrutent leur main d’oeuvre. Malgré son manque d’expérience, Daniel O’Grady accepte de l’embaucher pour l’aide aux champs de pomme de terre. Aenghus découvre que toute la vie de la maisonnée tourne autour du tubercule. Et il a la chance d’y retrouver la jolie lavandière : Fiona. C’est le départ pour Aenghus de la découverte des hommes, des troubles qui surviendront dans cette Irlande du 19ème siècle.

Lughnasadh est un récit multiple, on y découvre l’Irlande du 19ème, la culture de la pomme de terre, la vie paysanne rude et simple mais fière et honnête. L’opposition entre l’Irlande et l’Angleterre qui administre l’île, s’octroie les richesses, et laisse au peuple irlandais les restes. Avec Aenghus, le lecteur s’initie à l’écoute de la nature, des traditions celtiques, les connaissances druidiques et découvre via ses rencontres les convictions des catholiques irlandais, leur croyance en Dieu, la révolte sous jacente d’un peuple dont certains ne reconnaissent pas l’autorité anglaise. Mais tout cela n’est que le début du chemin initiatique d’Aenghus. Tout va commencer avec la grande famine et les événements conduiront le jeune irlandais jusqu’en Australie…

Aenghus a été élevé par un druide, il est proche de la nature et sensible à des choses qu’il est le seul à voir. Il a une destinée, liée aux Dieux.  Il semble qu’il doive retrouver la trace de l’esprit de du dieu Lugh. Symboliquement, tout se passe lors de la grande famine qui toucha l’Irlande. Lugh s’étant égaré, la terre ne réagi plus comme elle le devrait. Coïncidence ou croyance celtique ? Aenghus, cette nature sensible qui semble être au dessus de toute considération humaine, va découvrir l’injustice, les politiciens véreux, la justice aveugle,  une Angleterre souveraine qui manque de compassion. Sur son chemin, il verra la misère, la mort, les troubles et vivra même l’exil. Le lecteur ne pourra pas lui non plus rester insensible à ce qui se passe en Irlande et ressentira lui aussi ce sentiment d’injustice pour le peuples irlandais et pour ce que vivra Aenghus.

Au court, de son périple, Aenghus sentira la présence de Dreidre, cette fée qui semble désirer quelque chose et qui a besoin d’Aenghus pour y parvenir. Il sera victime de ses charmes, de ses desseins et de sa jalousie. Aenghus est-il maitre de son destin ? ou un jouet dans les mains d’autres ? Il vivra tellement de choses, devra surmonter des obstacles, vivre l’enfer pour découvrir sa destinée, ce pourquoi il a été engendré. Nous sommes en empathie avec lui et on voudrait tellement que les choses changent mais le destin doit s’accomplir et les épreuves être passées. Elles sont nécessaires et on apprend pourquoi.

L’auteur n’épargne pas au lecteur la cruauté de la vie. On ressent l’émerveillement de la nature. Mais aussi la puanteur de la mort. La confrontation entre l’espoir et l’horreur. Le récit mêle légende et réalité, malheur et beauté. On voyage avec Aenghus et on continue d’apprendre et de découvrir à la fois l’horreur du monde, le bagne, la misère, le rejet et l’espoir, le destin. Même à ce stade de son parcourt initiatique, on sent qu’Aenghus a un lien puissant avec la nature et son environnement. Il se dégage de lui une assurance, une force qu’il ne voit pourtant pas. Il est comme en dehors du monde en étant pourtant un humaniste. Et bien souvent, il a du mal à comprendre le comportement des gens leurs vices, leurs défauts mais il voit leurs faiblesses, leurs désœuvrements. Leur désespoir ou leur espoir. Il essaie toujours quelque part de faire quelque chose. Aenghus est un personnage incroyable que j’ai adoré suivre. J’ai eu beaucoup de mal à le quitter. Surtout avec cette fin….

Dans Lughnsadh, on apprend beaucoup de choses, l’histoire de l’Irlande, les Dieux et leurs particularités, tout cela prend vie sous la plume de Pat McMurphy. Des légendes et des mystères dont Lugh, Deirdre, Mannanan Mac Lyr, … Parfois, un peu confus dans ce que sera la finalité du récit, tout s’éclaire progressivement et la fin est magistrale. A la fin de cette histoire extraordinaire, je me suis aperçue que des détails sont donnés sans s’en rendre compte, ce qui montre tout le travail de l’auteur. Luhgnasadh est un récit prenant et vivant. L’écriture est délicate et belle. On sent la passion de Pat McMurphy pour l’Irlande, les mythes, les mystères, pour la mer aussi. J’ai vraiment adoré cette lecture dense et riche sur des sujets merveilleux, variés, durs, passionnés. Pat McMurphy a un véritable talent de conteur, je fus tenue en haleine jusqu’au bout. Et conquise par l’histoire, les personnages, les ambiances.

Il y aura un autre livre, une suite, bien que Lughnasadh se suffit amplement à lui-même, que j’attends avec impatience pour replonger dans l’univers et être charmée de nouveau par la plume de l’auteur !

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