Punk’s not dead d’Anthelme Hauchecorne

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Midgard Editions, 461 pages, 16,50€

4ème de couverture

À quoi l’Apocalypse ressemblerait-elle, contée par un punk zombi ?
Qu’adviendrait-il si le QI des français se trouvait d’un coup démultiplié ? Un grand sursaut ? Une nouvelle Révolution, 1789 version 2.0 ?
Est-il sage pour un mortel de tomber amoureux d’un succube ?
Les gentlemen du futur pourront-ils régler leurs querelles au disrupteur à vapeur, sans manquer aux règles de l’étiquette ?
Comment se protéger des cadences infernales, de la fatigue et du stress au travail, lorsque l’on a le malheur de s’appeler « La Mort », et d’exercer un métier pour laquelle il n’est pas de congés ? 
Autant de sujets graves, traités entre ces pages avec sérieux. Ne laissez pas vos neurones s’étioler, offrez une cure de Jouvence à vos zygomatiques. Cessez de résister, accordez-vous une douce violence…De toute évidence, PUNK’S NOT DEAD a été écrit pour vous.

Mon avis

Définitivement fan du style d’Anthelme Hauchecorne !!!

Merci à Anthelme Hauchecorne et aux Editions Midgard pour ce partenariat !

J’ai vraiment beaucoup aimé ce recueil de 13 nouvelles, 13 histoires qui montrent l‘étendu de l’imagination de l’auteur, de son besoin de faire passer des messages de manière percutante et fun ! Toujours des sujets graves, traités de façon intelligente et non rébarbative. De la folie des hommes dévastant notre planète, à l’évolution engendrée par le chaos social, une palette de thèmes et de personnages habillement croqués, prennent vie sous la plume aiguisée et fluide d’Anthelme Hauchecorne. On sent parfois que des nouvelles datent un peu dans le sens où le style est peut-être plus balbutiant mais dans l’ensemble, 13 bijoux de précision, de beauté et de noirceur mêlés, de réflexion.

Le livre est magnifique ^^ La couverture est belle, je m’en lasse pas de la regarder (surtout quand on sait qui est en couv’), et les illustrations de Loïc Canavaggia sont superbes, je ne serais que trop vous conseiller de découvrir son coup de crayon. Chacun de ses dessins illustrent à la perfection les nouvelles d’Anthelme. A chaque fin de nouvelle, je revenais à l’illustration et je m’émerveillais des détails, de la justesse de l’interprétation. Vraiment bravo !

Autre élément génial dans ce recueil, les backstages, 2 ou 3 pages dans lesquelles Anthelme Hauchecorne, nous livre quelques clés sur la nouvelle, si elle est issue d’un appel à texte, le sujet devant être traité, son envie de faire passer tel ou tel message; si la nouvelle a été primée ou pas, ou encore ses influences musicales, lors de l’écriture du texte. C’est vraiment intéressant et montrent à quel point, il s’investit dans son écriture.

Difficile de dire quelle nouvelle j’ai préféré, je pense que certaines m’ont marquées plus que d’autres certainement quand le thème me touchait plus mais dans l’ensemble, j’ai passé 13 excellents moments de lecture ^^ Peut être une préférence pour la première, Décembre de cendres, où on est plongé dans le post-apo dès les premières lignes, ou La grâce du funambule qui se déroule à Roubaix ou encore La guerre des Gaules, où nos pires cauchemars deviennent réalité. Non décidément, c’est trop difficile de choisir !

Décembre de cendres, est une très belle nouvelle, mettant en scène Eva qui habite Brûle-Peste. Budapest post-apocalypse, où pour aider sa mère malade à se soigner, Eva va devenir Scropailleuse, un sort peu enviable, un « métier » où les plus fluets excellent, puisqu’il s’agit de rechercher dans les ruines de la ville des vestiges de l’ancien temps (conserves, bijoux, tableaux, alcool,…). Mais ces zones sont instables; le travail est dangereux, et les employeurs intraitables.
Quelle entrée en matière ! Cette nouvelle est très travaillée, superbement bien écrite, on est véritablement transporté dans le monde post-apo fantastico-réaliste et social ^^ Une leçon de vie pour Eva. Et pour nous ?

Sarabande mécanique est une nouvelle steampunk ^^ Dans le système planétaire Elisabeth IV, sur une planète quelque peu inhospitalière (mais ça n’a pas empêché les hommes de la coloniser ^^) Lord Patton et Edward Fleetwood attendent les témoins de leur duel… Une histoire comico-tragique, mêlant habillement les thèmes des classes sociales, du pouvoir, des conflits générationnels,… Le côté steampunk est très réussi, détails vestimentaires, vocabulaire, technomancie,… Une réussite agrémentée de références au cinéma de Kubrick.

No future. Le 25 décembre 2012, Johnny Rotten prend la plume pour écrire son témoignage, son testament. Suite à la Super Grippe, les survivants se sont faits rare mais ce n’était que la première étape de la destruction de l’Humanité par Mère Nature…. No future, ou l’apocalypse selon un zombi punk ! Nouvelle déjantée sur le retour de bâton de Mère Nature dans la face des êtes humains dépourvus de bon sens ! Tout ça est ma foi… assez juste !

C.F.D.T. Une légende existe sur un manoir hanté. Le père Gracchus, s’y rend pour l’exorciser mais au lieu d’y parvenir, il se retrouve témoin du legs du fantôme à une drôle de Confrérie…  De son côté, un viking recherche 3 jeunots jamais revenus de la chasse aux dragons…. Deux mondes qui vont se croiser… J’avoue avoir moins accrochée à cette nouvelle. J’ai bien aimé y retrouver des dragons, des fantômes. Mais je l’ai trouvé assez mal construite comparée aux autres nouvelles du recueil. Elle date de 2007, je pense que depuis Anthelme s’est doté un style plus percutant qui lui sied mieux. Ici c’est plus faible, sympa mais sans plus.

Sale petite peste, est une nouvelle tirée d’Hommage à Sir Terence ! 1349, la Mort est submergé de boulot avec l’épidémie de peste qui traverse l’Europe, la Pestilence nie y être pour quelque chose, bizarre… La Mort se rend chez M. Marasme, mort depuis 6 mois, recueillir son âme malgré le retard du à la pandémie. A sa grande surprise, il découvre que Mme Marasme est enceinte mais de moins de 6 mois, que se passe-t-il ? Qui se cache derrière ça ?
Je l’avais donc déjà lu, et c’est une nouvelle que j’adore ! Déjà le personnage de la Mort est un de mes préféré et je trouve d’Anthelme a su plus que très bien exploiter ce perso dans la lignée de Terry Pratchett ! Et on assiste à la naissance d’un personnage intéressant ! Du tout bon !

Les gentlemen à manivelle, est une nouvelle assez courte. L’histoire d’Eugénie au service de Maitre Brimborion. Maitre tête en l’air ou décarochant qui confond ses automates, les uns avec les autres. Heureusement il y a Eugénie et son sens inouï de la répartie !!! Un zeste de steampunk et une grosse dose d’humour, pour une nouvelle sur les robots un peu moins engagé que les autres nouvelles mais avec une fin très sympa ! Un gros plus pour les échanges entre Eugénie et Maitre Brimborion !

La guerre des Gaules, Énorme nouvelle ! Imaginez que le parti Nouvelle France (même si celui qui souhaite la fermeture des frontières, la sortie de l’Euro,…) gagne les élections de 2029. 5 personnalités reviennent sur cet événement qui plonger la France en guerre civile, car les pauvres sont toujours plus pauvres, les riches toujours plus riches, et  l’Europe s’en lave les mains… Et si pour s’en sortir, l’homme devait évoluer ? Sur un ton tantôt badin, tantôt hautin, tantôt beauf et tantôt aristo, à l’image des personnages interviewés , on découvre que la France devient après la victoire des extrémistes et des cons… Et nous ne sommes pas à l’abri que ça nous tombe sur le coin de la gu*ule… Sauf qu’on n’aura pas la chance d’évoluer … si ?  Une nouvelle marquée par un engagement sur un ton humoristique mais caustique et dénonciateur une série de thèmes sérieux et graves sont abordés, une excellent façon de faire passer le message (sur les différences, la société qui nous veut faire de nous des moutons, des abrutis, plus facile à manipuler). Une réussite !

Voodoo doll est une nouvelle assez courte, nous contant la nouvelle affaire d’un privé  chargé de retrouvée une jeune fille Angélique, qui a fuit son domicile. On decouvre un privé désabusé, une sorte d’anti-héros.  Anthelme Hauchecorne change de registre et se met au noir, et ça lui va plutôt bien ! A quand un polar, made in Hauchecorne ?

De profondis nous fait est une révélation, les dragons existent ! Ils vivent dans les profondeurs abyssales de nos océans. Mais leur nombre se réduit depuis peu. Que se passe-t-il ? Qui ou quoi s’en prend aux derniers géants ? Une nouvelle originale, l’accent est porté sur l’imagination qu’inspire le monde des mers et des profondeurs inexplorées. Mystères et créatures étranges. Moi aussi quand je vois les reportages sur tout ce qu’on aurait à découvrir dans le fond des océans, ça fait travailler mon imaginaire, j’ai beaucoup aimé !

La ballade d’Abrahel, une réécriture de conte lorrain. Martin, éleveur de brebis est marié à Martine. L’union n’est plus si heureuse, Martin reluque un peu trop la jeune et jolie Catherine. Mais Martin est dupé, Catherine n’est pas celle qu’il croit. La nuit, le succube reprend son apparence, et rentre dans son monde. Où il cherche à racheter un objet particulier mais là bas, tout se paie en âme… Une nouvelle qui m’a beaucoup plut! Le démon est plus qu’il n’y parait, que ce que l’on en voit. J’ai beaucoup aimé la fin.

Buto atomique, une nouvelle un peu en marge des précédentes, mélange de réel et de fantastique. C’est au lecteur de se faire son propre avis et de choisir. Un patient confie à son médecin la façon dont il a miraculeusement survécu à des radiations. Mais pour comprendre comment il a pu guérir, il lui faut raconter comment il a été contaminé. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle, belle et gracieuse comme le thème de la danse développé ici. Très originale sur des sujets qui m’ont touchée. Je recommande !

La grâce du funambule, ou quand un jeune diplômé de Roubaix, souhaite quitter la ville et son homme pour rejoindre Paris et vivre son rêve. Julian est comme un funambule, en équilibre, obligé d’avancer pour ne pas tomber, pas possible de faire demi-tour. Une quête d’idéale dans un monde corrompu. J’ai été touché par cette nouvelle. C’est la seule qui n’a pas de touche fantastique, un défi pour l’auteur, réussi. J’ai adoré, les personnages, la façon de rendre hommage à Roubaix, à son passé historique, ses écoles de mode, tourné vers l’avenir, où une certaine misère sociale évolue dans un monde de strass et de paillettes, deux mondes opposés mais pourtant soudés. Une nouvelle « blanche » très réussie.

Le roi d’Automne, quand Dawn retrouve enfin l’Univers du Sidh qu’elle a tant adoré !!! (oui je parle de moi à la 3ème personne ;p) Qui a lu Âmes de verre, retrouvera avec plaisir un des personnages charismatiques du livre et ceux qui n’ont pas lu auront un avant gout de ce livre fantastique ! L’action se passe avant Âmes de verre, et Ambre est adolescente. Elle est jeune et chiante! J’adore ❤ Ambre est issue d’une famille ayant pour mission de protéger les Dormeurs des Daedalos qui essaient de passer à la Surface. Les jeunes de ces familles particulières doivent une nuit de Samhain, descendre dans l’En-Deçà, acquérir la Vue et la preuve de leur passage là bas, une arme ou un Daedalos ! Bref, une mission périlleuse. Ambre réussira-t-elle ? Est-elle vraiment maitresse de ces choix ? Une nouvelle que j’attendais et je n’ai pas été déçue, retrouver l’En-deçà, les Daedalos, l’étrange famille d’Ambre, un régal ! J’espère que cette nouvelle vous donnera envie de vous jeter sur le Tome 1 du Sidh, ça vaut vraiment le coup !

Voilà, à part un ou deux nouvelles que j’ai trouvé en-deçà des autres, j’ai vraiment beaucoup aimé ce cercueil de nouvelles ! Je regrette de ne pas avoir Baroque’n’roll dans ma PAL mais j’attends sa réédition (si je me trompe pas, ça devrait avoir lieu un jour), histoire d’avoir un aussi joli ouvrage que ce Punk’s not dead !!!!

Ces 13 nouvelles à leur manière plus ou moins développée, font réfléchir, abordent sur le ton de l’humour, de la dérision (permit par l’Imaginaire), des sujets sérieux et graves. Je n’ai pas eu l’impression qu’on voulait me donner des leçons, mais plutôt me permettre de réfléchir, de développer ma propre opinion, de m’intéresser à des sujets importants, sur des questions sociales et environnementales. Mais surtout Punk’s not dead est un recueil qui emporte son lecteur dans plusieurs univers et qui le fait réfléchir et moi c’est ce que j’aime dans mes lectures ^^ Une écriture belle, intelligente, fluide, un style percutant, de magnifiques illustrations, je vous recommande l’auteur et l’ouvrage !

Bonne lecture 😉

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JLNN

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La Brigade des Loups, épisode 1 de Lilian Peschet

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Editions Voy’[el], collection e-court, ebook, gratuit

4ème de couverture

2020. L’épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l’un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l’un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s’occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.

Un professeur massacré. Une mère de famille et son enfant dévorés vivants. De jeunes lupins sauvages en liberté. Pourquoi ces crimes ? D’où viennent ces enfants, et quel est leur but ? Les réponses pourraient bien bouleverser l’avenir de la brigade de Bucarest.

Résumé

Depuis le 16è siècle, la lycanthropie est considérée comme une maladie psychiatrique, mais en 1992, une femme met au monde un louveteau. Ce dernier prendra apparence humaine quelques heures plus tard. C’est donc au début des années 1990, que l’épidémie de lycanthropie est déclarée. Malgré la mise en place d’un retrovirus, la maladie se répand. En 1996, les porteurs de la maladie doivent être surveiller médicalement. A l’aube des années 2000, des émeutes anti-lupins voient le jour. En 1998, pour lutter contre les crimes concernant les lupins, une brigade est créée. La Brigade des loups. Composés de porteur de la maladie trié sur le volet, cette brigade ne se charge que des crimes lupins…

Mon avis

Un très très bon 1er épisode !

Tout d’abord merci aux Editions Voy'[el] pour ce 3ème titre de la collection e-court des Editions Voy’[el].

Sachez que ce premier épisode est gratuit, pour vous faire découvrir la série et que vous pouvez le télécharger sur le site de la maison d’édition.

Le lecteur découvre donc en tête de récit, un résumé des événements passés, ayant conduit à la création de la Brigade des Loups. Cette « mythologie », ce passif recrée en quelques sortes, le mythe du loup-garou mais l’auteur se démarque des autres écrits abordant ce thème et s’oriente vers un récit mêlant fantastique et policier. J’ai adoré ! Je trouve le mélange réussi, l’idée très intéressante et la façon de faire excellente.

Nous découvrons en premier Vasile, le capitaine de la Brigade. Il est en couple et vient d’avoir un petit garçon : Yuri. Vasile nous apprend que le récit se déroule en 2020, que seuls les alphas peuvent avoir un enfant (et un seul) et que les autres membres de la « meute » l’élèvent en commun. Le lecteur comprend vite que cette politique de l’enfant unique, et d’une paternité partagée, servent à limiter la population de lupins. Il réalise également, que la liberté des lupins est toute relative, ils doivent se soumettre à des contrôles médicaux, ne peuvent pas tous avoir d’enfant, ne peuvent pas accéder à tous les métiers… Bref, ils sont en marge de la société qui elle se donne l’impression de les intégrer. Parce que la maladie fait peur. Parce que les « atteints », les « malades » effraient.

Au petit matin, Vasile et sa brigade sont appelés sur une scène de crime. Tout semble indiquer que le (ou les) auteur(s) de l’assassinat d’un docteur en génétique est/sont un ou de jeunes lupins. Les membres de la brigade, Vasile, Pavel (l’expert informatique), Yakov (l’expert médical), Mikaï et Dragos commencent à enquêter. Chacun ayant le petit plus qui le différencie des autres (force, intelligence, ancienneté,…) . Quand soudain, ils sont appelés sur un autre cas. Un meurtre horrible qui touche directement la Brigade.

Dans ce premier épisode, nous découvrons chacun des membres de la brigade, le récit à la première personne permet de découvrir non seulement la fonction du membre et sa façon d’opérer mais aussi sa façon de pensée et de considérer son état de lycanthrope. L’alternance de point de vue est clairement notifiée. On ne se perd pas dans les personnages. L’ensemble du récit est cohérent et l’intrigue policière bien montée, l‘enquête bien menée. Le côté polar est vraiment sympathique et équilibré avec le reste de l’histoire.

En très peu de pages mais de façon très précise et complète, l’auteur aborde la psychologie de ces êtres désormais à part du reste de la société. Par exemple, Pavel, l’expert informatique considère que chaque lupin possède un « monstre » en lui. Le sien, sa part « loup » est calme, alors que sa part humaine est tout le contraire : hyperactive. Au final, ses deux personnalités, lui donne un caractère assez complexe. Pour lui, tous les lupins sont schizophrènes. Et chaque membre de la brigade a sa personnalité bien à lui, liée à son « monstre » mais aussi à son passé. On en découvre un peu sur chacun des membres. Je trouve qu’on s’attache vite à cette brigade. On a envie de les connaitre mieux mais aussi de savoir comment ils vont résoudre leur enquête, ainsi que surmonter le drame qui les touche. Et en même temps, on se demande comment ils maitrisent leur côté animal et à quel moment cette maitrise va éclater. Ce qui donne une tension supplémentaire au récit ^^

Et puis explicitement, le récit aborde des thèmes forts qui feront réfléchir le lecteur, la différence, l’exclusion, la maladie, le rejet et le racisme. J’apprécie vraiment quand un texte me raconte un peu plus que ce qu’il laisse entendre.

L’auteur réussit à créer une ambiance, une atmosphère parfois glauque et un peu malsaine, notamment à travers l’enquête et le pourquoi des crimes. Je suis impressionnée de trouver autant d’éléments différents (vrai côté policier, mythologie complexe, psychologie des personnages, ambiance, …) dans un récit qui reste court. Sans avoir non plus, l’impression que c’est trop court. L’épisode est bien calibré, et donne envie de connaitre la suite, sans trop frustrer le lecteur. C’est vraiment une belle collection que les e-courts !

L’écriture de Lilian Peschet est concise, sans fioriture, adaptée aux personnages, au style policier. Ce premier épisode est rythmé, passionnant, fluide. C’est une très belle découverte. S’il fallait émettre une remarque, c’est peut être que j’aimerai être encore plus plongée dans ce pays, la Roumanie, que je ne connais pas (on a quand même des références, et puis les noms des personnages, on sait qu’on est pas en France 😉 ).

Je vous recommande vivement de découvrir cette brigade, l’écriture de l’auteur, de tenter l’expérience des e-courts, et si vous aimez, le prix des épisodes suivants (0,99€) est vraiment plus que bas ! De la qualité sans se ruiner.

Le 2ème épisode est disponible depuis la semaine dernière, j’ai hâte de le découvrir !

Merci encore aux Editions Voy'[el], à Aude de la collection e-court et à Lilian Peschet pour ce partenariat.

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Rose Morte, T1, La Floraison de Céline Landressie

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Les éditions de l’Homme Sans Nom, 19,90€, 488 pages

4ème de couverture

France, fin du XVIe siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.
Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.
Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d’Artus de Janlys.
Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle…

Résumé

Le Comte de Greer, Lord anglais est contraint de quitter l’Angleterre pour sauver sa famille, son jeune frère s’est octroyé toutes ses terres et a prêté allégeance à la nouvelle Reine. Lady Mary la femme du conte l’attend cachée dans un bateau avec leur unique enfant Eileen. Le conte convaincu de la trahison de son frère embarque et emmène en France sa famille. 28 ans plus tard, Eileen est devenue une jeune femme charmante, avec du caractère, qui a déjà refusé plusieurs prétendants et qui se voit imposer par son père un ultime choix. Elle va se confier à sa meilleure amie Charlotte et toutes les deux vont mettre au point une stratégie pour éviter à Eileen dite Rose de conclure une union indésirée…

Mon avis

Une envoutante découverte !

Un jour, une copinaute adorable, Cali pour la citer, vous recommande à une auteure tout aussi adorable et vous vous retrouvez contactée pour avoir la chance de découvrir une maison d’édition qui vous fait de l’oeil depuis des mois et un titre dont les chroniques des blogueuses vous ont fait l’inscrire sur votre wish-list, d’échanger avec une auteure passionnée et sympathique. Il y a des jours où la vie d’une blogueuse est illuminée de soleil même quand il fait gris dehors. Tout cela, pour remercier Cali, Céline Landressie et les Editions de l’Homme Sans Nom pour avoir pensé à moi pour découvrir ce premier tome de la saga Rose Morte ! ❤

Ce fut une magnifique découverte, une excellente lecture !

Le lecteur découvre d’abord rapidement l’Angleterre du 16ème, période troublée par les guerres de religions puis la France au moment de la signature de l’édit de Nantes. Le récit commence donc dans un contexte troublé, au moment, où le conte de Greer fuit son pays natal pour la France, puis se poursuit 28 ans plus tard, dans une période qui se veut plus calme mais où des tensions existent encore.

J’ai énormément apprécié ce contexte historique, c’est une période de l’histoire que je trouve intéressante et puis j’ai beaucoup aimé les descriptions (des tenues, des us) et surtout cette impression d’y être, langage adapté, vocabulaire précis (et expliqué dans un glossaire), un enchantement ^^ Le style d’écriture est parfaitement adapté à l’époque, sans être trop pompeux (fastidieux), sans en rajouter, c’est dosé et précis comme il faut. Les descriptions sont belles, vivantes, on a vraiment l’impression de voir les décors, les lieux, les tenues, toutes ces choses qui font briller les yeux du lecteur.

On découvre Eileen, dite Rose par ses amis. Elle a 28 ans, et est donc considérée comme une « presque » vieille fille (en gros, il est de plus en plus difficile de lui trouver un homme prêt à l’épouser, bah oui, il faut bien donner quelques bambins héritiers au dit époux ! (heureusement que les mœurs ont changés quand même!)). C’est une jeune femme charmante, qui a du caractère (mais attention pas non plus, la fille égoïste, ou insupportable qu’on aimerait remettre à sa place), non Rose est bien élevée, intelligente mais elle ne se laisse pas marcher sur les pieds c’est tout. On s’attache à cette jeune femme en décalage avec son époque (dans le sens où elle refuse un mariage arrangé et puis d’autres petites choses), forte mais pas dépourvue de certaines fêlures. Dans toute la première partie du roman, on découvre donc Rose,  ses amis, des brides de son passé, son attachement pour son père, ses aspirations, etc.  Elle est contrainte de rencontrer un nouveau prétendant lors d’un bal, son père est bien décidé à la marier cette fois. Heureusement Rose est pleine de ressources et elle peut compter sur Charlotte sa meilleure amie pour l’aider à contrecarré les projets de son père.

Puis entre en scène, le Conte de Janlys, un homme pourvu d’un énorme charisme, dont les rumeurs vantent la fortune et dont les titres de noblesse familiaux remontent aux croisades. Il est beau, mystérieux, charmant. Et là, j’ai eu peur de retrouver ce que je déteste dans certains romans, une sorte de surenchère sur sa beauté, son physique, son intelligence, sa richesse, et que comme par hasard, lui et l’héroïne vont vivre un amour fou, passionné, donc dramatique etc. etc. Mais ici, quel plaisir, quel bonheur, les clichés sont laissés de côté, pas de surenchère, tout est dosé, maitrisé, crédible. Le talent de Céline Landressie est d’avoir su faire dans la mesure tout en faisant rêver ! Alors oui, il a certaines choses indispensables à ce genre d’histoire mais qu’est-ce que c’est bien écrit !

Ce tome 1, commence donc comme un roman historique avec une intrigue un peu romance, sans être vraiment cela non plus, puis comme vous vous en doutez, on dérive progressivement dans une intrigue plus fantastique… Mais pas seulement, tout un côté enquête, vient s’ajouter au récit, qui donne du corps au texte de Céline Landressie et du poids à l’histoire de Rose. D’abord, il va se passer quelque chose qui va toucher Rose et elle se fera un devoir de découvrir pourquoi cela est arrivé. Et puis, dans le même temps, dans les régions normande et parisienne, des massacres inexpliqués ont lieu sans mobile et coupables apparents. Le lecteur sera alors amené à découvrir comment et surtout pourquoi. Les deux intrigues sont très bien menées, les révélations sont progressives, indice après indice. Ce nouveau côté de l’intrigue m’a agréablement surprise. J’ai adoré !

Ce que j’ai énormément apprécié également, c’est la façon dont Céline Landressie cultive le mystère, maitrise le suspense. Le lecteur qui a un peu l’habitude de ce type d’histoire, va comprendre certaines choses assez rapidement mais pour tout le monde : waouh, on est plongé dans une atmosphère, dans un mystère opaque, on est pris de doutes et puis les choses nous sont révélées progressivement, comme pour le côté « enquête », les éléments sont livrés pas à pas. On est tenu en halène, on pense qu’on va savoir, puis non, pas encore, et puis on se met à douter. C’est génial. Même celui qui sait, se prend au jeu des déductions et des indices. Magistral !

A la fin, on comprend certainement choses, d’autres restent encore à découvrir, on a envie de poursuivre l’aventure et de connaitre la suite. Rose est plus complexe qu’on pourrait le croire, on aura certainement plein de révélations sur elle mais sur d’autres personnages aussi à n’en pas douter, dans la suite de la saga (combien de tomes, il y aura-t-il d’ailleurs?). J’ai grandement apprécié l’histoire, la façon de traiter les mythes fantastiques, les détails et la maitrise dans le récit (pour un premier roman c’est superbe). J’ai été agréablement surprise par les personnages, par la façon dont est traitée la relation entre Rose et Arthus, par certains choses que je n’avais pas du tout vu venir et qui donnent un regain d’intérêt à l’intrigue, qui relance la mécanique au cours du récit.

J’ai découvert une plume belle et maitrisée, une auteure très prometteuse et qui signe un premier roman superbe, envoutant, inclassable. Vivement la suite !
A noter, la couverture magnifique de Magali Villeneuve, un livre objet superbe, la mise en page nickel, une belle qualité de lecture. J’ai relevé juste deux ou trois coquilles (rien d’ordre orthographique, juste des mots en double), c’est super agréable à lire.

Merci encore à Céline Landressie de m’avoir donné la chance de découvrir ce premier tome, et aux Éditions de l’Homme Sans Nom.

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Les Damnés de Ceallach de David Le Yaouang

Les damnés de Ceallach

Yoran Embanner Editions, 11€, 167 pages

4ème de couverture

Alors qu’une terrible tempête se prépare, un homme hanté par la disparition mystérieuse de son père revient sur l’île où il est né pour tenter d’élucider les circonstances exactes du drame survenu 12 ans plus tôt. Que s’est il réellement passé sur l’île de Ceallach dans la taverne O’brien ce funeste soir de Novembre 1788 ? Quel sombre secret unis les derniers habitants de cet îlot rocheux inhospitalier perdu dans la mer d’Irlande au milieu des brumes et des pluies ? A travers l’histoire du clan Macnamara et la disparition du vieux Tomàs, ce récit nous fait revivre la tentative de soulèvement des « Irlandais unis » de 1798 et le destin tragique de Théobald Wolfe Tone, père du nationalisme irlandais, qui ainsi que plusieurs dizaines de milliers de patriotes, sacrifia sa vie pour la liberté de l’Irlande. L’attitude héroïque et exemplaire de ces hommes fit naitre un courant irréversible en faveur de l’indépendance totale, qui allait être relayé par d’autres partisans par la suite, jusqu’à l’établissement définitif de la république d’Irlande.

Résumé

Dans la taverne O’Brien, sur la petite île de Ceallach, les marins attendent que le gros de la tempête passe. En ce 1er novembre 1800, l’atmosphère est pesante. Est-ce dû à la présence parmi eux d’un marin étranger qui n’a encore prononcé aucun mot ? Des marins de passage il y en a quelques uns, mais celui, ils ne l’ont encore jamais vu, ses manières sont étranges. Qui est-il? Ce que ces marins  ne savent pas c’est qu’ils le connaissent déjà et que son retour va transformer leurs vies…

Mon avis

Tout d’abord je remercie David Le Yaouang qui m’a proposé de découvrir son premier livre. Un polar qui se passe en Irlande, vous vous doutez j’ai dit BANCO !!! Merci pour ce partenariat.

Une belle découverte !

Oui j’ai de la chance en ce moment, je découvre plein de belles choses ^^ Ce roman nous raconte plusieurs choses, on découvre l’île de Ceallach, une île sauvage, marquée par le climat, peu peuplée et ses habitants, des forces de la nature, dont les croyances ont été bouleversées par la Christianisation, … On découvre la famille Macnamara, Tomàs le père qui n’a jamais voulu quitté son île, sa femme Sorcha et leur enfant Padraig. On apprend que Tomàs a disparu un soir de novembre 1788, pourquoi ? Comment ? C’est le mystère qui nous sera dévoilé progressivement. Mais avant de disparaitre, il a confié Sorcha et Padraig à son frère Joseph, devenu riche négociant à Dublin. Ainsi l’auteur nous conte la vie de Padraig auprès de son oncle dans une période (1788-1798) tourmentée pour les Irlandais, le pouvoir est aux anglais, ils gèrent toutes les institutions importantes et répriment durement les tentatives de rébellion des Irlandais.

Loin d’être rébarbatif, ce côté historique est prenant, agréablement mêlé au récit de l’adolescence de Padraig. Le style de l’auteur permet de fluidifier les événements historiques. J’ai beaucoup aimé revenir sur le passé de l’Irlande, sur les grandes figures du nationalisme irlandais qui ont donnés leurs vies pour l’indépendance, la liberté, … , sur les tentatives des Irlandais aidés par la France car ils ont les Anglais comme ennemi commun, etc. Quand j’irai à Dublin le mois prochain, je ferai plus attention que la première fois, aux noms et aux symboles. Et j’espère remanger dans la Taverne peu recommandable au 18ème siècle le Brazen Head !

Le côté polar-enquête n’est pas très marqué, disons qu’on a une énigme mais pas vraiment d’enquête, par contre, le côté polar historique-politique est vraiment intéressant ! J’ai appris et réappris plein de choses sur l’Histoire de l’Irlande, des choses, et d’une façon très agréable ! Et on s’attache à Padraig, on a envie de savoir ce qu’il va faire et ce qu’il va découvrir en retournant sur l’île 12 ans après. Il est né sur cette petite île irlandaise mais a été élevé bien différemment finalement, comment va-t-il réagir face à ses découvertes ? Même si le récit est court, les personnages principaux sont détaillés et je n’ai pas ressenti trop de manques même quand il y avait des ellipses de plusieurs années. J’ai été surprise de la révélation finale, les apparences peuvent être trompeuses, et le tout est finement avancé par l’auteur.

J’ai aussi apprécié d’être vraiment immergée en Irlande, on n’a pas uniquement un nom de ville, un nom de famille à consonance irlandaise et des cheveux roux. Dans certains livres, on a parfois que ça, du coup, au bout de quelques pages, on pourrait être à Paris, Moscou ou New-York, ça serait la même chose. Ici non, on est vraiment en Irlande, avec le caractère des Irlandais et les paysages de là-bas. On sent la maitrise de l’auteur (ses recherches) de cette culture, de l’histoire du pays et son amour pour l’île d’émeraude.

Les damnés de Ceallach est un premier roman, bien écrit, au style fluide et avec un thème original (un mystère et une action au 18ème siècle avec un fond historique très intéressant), peut-être qu’un peu plus de détails sur certains personnages pour donner encore plus de profondeur à tout ce qui se joue aurait été un plus. C’est un roman à découvrir d’un auteur très prometteur, un roman policier mais aussi un roman d’aventures où la destinée d’un Irlandais se mêle à l’Histoire de son pays.

Un regret peut-être ? C’est un peu court ! Et bien oui, c’est tellement intéressant, j’aurai bien aimé continuer à découvrir la vie d’Irlandais le long de l’Histoire irlandaise. David Le Yaouang m’a indiqué être sur un deuxième polar. Je ne sais pas s’il se passera en Irlande ou si on y retrouvera des personnages similaires à ceux des Damnés de Ceallach, mais je resterai attentive à sa sortie car je serai ravie de retrouver la plume de cet auteur amoureux de mystère, d’Histoire et de culture celte.

Merci encore à David Le Yaouang.

Site de l’éditeur : http://www.yoran-embanner.com/

Pour acheter le livre : http://www.yoran-embanner.com/plr-damnes-de-ceallach.php

Et y a même du boutique avec des bijoux 😉

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Demain est un autre monde, T1 : Les Insoumis d’Emilie Witwicki-Barbet

lesinsoumis

Val Sombre Éditions, 21€, 305 pages

4ème de couverture

1953.

Vampire justicier et solitaire, Joseph vit selon ses propres règles : pas d’innocents, pas de disciples.
Mais Margot va le faire changer d’avis. Enceinte, laissée pour morte, il la sauvera à sa manière.

 2009.

Adam est de retour dans la maison où il a passé sa courte enfance. Ni humain, ni vampire, il peine à trouver sa place dans la société. Sa rencontre avec Lou, la fille aux chiens, va lui permettre de découvrir l’amitié.
Mais le lien fragile qui les unit sera vite entamé par le départ d’Adam, orchestré par Rodolphe Dubuissert, vampire puissant qui régit la région sous le titre d’Ordonnateur, après le renversement des puissances.
Car le monde a basculé. Le pétrole, l’électricité et le progrès n’ont plus cours dans cet Ordre Nouveau que les vampires ont instauré.
Les humains ont-ils conscience de la vraie nature des nouveaux envahisseurs ?
Comment faire face à la fois à cette menace et aux dangers d’une vie sans technologie, dont plus personne n’a l’habitude ?
Le reste du monde est-il semblable à ce coin de l’Avesnois, annexé de toutes parts et égorgé dans tous les sens du terme ?
Face à tous ces changements, Lou parviendra-t-elle à tenir la barre et à sauver ce à quoi elle tient ?

Résumé

En 1953, Jacques sauve Margot qui a été attaqué par un détraqué. La jeune femme enceinte va mettre au monde un garçon Adam, qui ne sera pas comme les autres.

En 2009, Adam décide de s’installer dans l’Avesnois, dans la demeure familiale, laissée à la gestion d’une famille d’amis proches de Joseph. Actuellement c’est Louise et ses grands-parents qui s’occupent de l’entretien de la demeure mais ils n’y vivent pas. Adam est surpris de l’apparence et du caractère bien affirmé de la jeune Lou, une amitié sincère nait entre ces deux personnes atypiques. Du jour au lendemain, leur monde, le Monde bascule, privée des ressources énergétiques actuelles (électricité, pétrole,…), la vie doit s’organiser différemment et c’est sans compter la sortie de l’ombre des vampires…

Mon avis

Une très agréable lecture

Voici le deuxième titre lu de chez Val Sombre Éditions, une petite maison d’édition du Nord. J’ai la chance d’avoir rencontré plusieurs fois Émilie Witwicki-Barbet, une auteure adorable et disponible, il me tardait de lire son premier opus, le second étant sorti en février de cette année. Je suis en retard sur les copines, mais ça y est !

J’ai beaucoup aimé ma lecture, j’avoue que j’ai eu un peu de mal à plonger dedans (je sortais d’Âmes de verre, dense et entêtant), au début j’ai trouvé que ça allait très vite (et j’ai tiqué sur un passage que je n’ai pas bien compris), mais ça c’était vraiment qu’au tout début de ma lecture, parce qu’après j’ai passé un super bon moment de lecture. Les Insoumis est une histoire de vampires très originale, qui nous place dans notre monde mais différent, qui vient tout récemment de perdre toute technologie; une arrivée sournoise des créatures à sang froid; des plans qui font froid dans le dos; une sorte de résistance qui se met en place,…

On suit donc Adam, un être spécial, à mi chemin entre l’humain et le vampire, il est très intelligent mais n’a pas beaucoup d’ami, les relations sociales ne sont pas donc son point fort. Il est très empathique et comme la psychologie humaine est difficile, ça ne l’aide pas, il a du mal à comprendre certaines réactions. Cette caractéristique le rend très touchant. Mais il n’est pas que ça, vous le découvrirez à la lecture ! Sa nature et ses capacités se font jour progressivement. Il se lie d’amitié avec Lou, un poil garçon manqué, qui préfère la mécanique aux études et la compagnie de ses trois chiens-loups aux garçons et aux filles de son âge. Lou est cependant très débrouillarde et ouverte d’esprit. Elle se doute bien qu’Adam n’est pas comme les autres, mais elle l’accepte et n’a pas peur de lui. De là à imaginer la vérité !

Les événements s’enchainent et leur vie doit s’adapter à un monde qui recule de 100 ans en arrière. Et Lou va devoir surmonter des drames, causés par la présence des vampires qui ont décidés de sortir de l’ombre et de prendre une sorte de revanche sur l’humanité. Un jour, elle sauvera une petite fille Rosalie d’une mort certaine. Elle recueille la petite et on découvre une nouvelle facette de la personnalité de Louise, pas si garçon manqué que ça !

L’histoire est vraiment intéressante, j’ai apprécié suivre les personnages dans leur quotidien devenu si différent et pourtant l’époque où on avait de gros véhicules à moteur, de chauffage électrique, de téléphone,… n’est pas encore si éloignée; voir comment ils allaient se débrouiller. Mon seul bémol c’est que le changement est trop rapide, on fournit finalement peu d’informations, et ça ne panique pas vraiment ces habitants de l’Avesnois ! Mais on comprend quand on découvre le caractère des personnages imaginés par Émilie Witwicki-Barbet. Et puis débarque pour « maintenir l’ordre » des personnes étranges, qui prennent le contrôle tellement rapidement, sournoisement finalement qu’on ne peut leur faire opposition.

L’auteure a été efficace dans sa façon de décrire les personnages, autant, je ne suis attachée à Lou, dont la personnalité est très travaillée, à la petite Rosalie, la bouffée de fraicheur du roman, à Adam, qui cherche sa place dans ce monde, pas facile quand on est à la fois vampire et humain, ou peut être aucun des deux ?, autant deux personnages m’ont complètement insupportés ! Efficace je vous dis ! Un qui je pense ne trouvera pas un lecteur pour l’aimer (j’vous laisse la surprise, à la lecture vous verrez tout de suite de qui je veux parler!) et l’Ordonnateur, lui je pense que certain(e)s l’aiment bien, mais je n’ai pas su l’encadrer !!! J’avais envie  de l’insulter toutes les deux minutes ! Je crois que plus je lis (et dans la vie c’est pareil), moins je supporte les personnes/personnages arrogants, ils me mettent hors de moi et ça été le cas ici!

Les personnages secondaires aussi sont touchants ou si étranges qu’on a envie de les découvrir plus (Nicolas, Mary, Thierry,…), et l’auteure nous contente dans ce premier tome, même si je ne doute pas qu’on apprendra encore pas mal de chose par la suite. J’ai aimé la description des vampires, leur façon de se battre, de se mouvoir, on sent qu’Émilie Witwicki-Barbet a cherché la cohérence dans son récit (humain, mythologie vampirique) tout en créant sa propre façon de voir ces créatures. Et j’ai vraiment aimé cette façon de faire, cette sorte d’intégration au plus réel, au plus crédible (c’est difficile de mettre des mots là dessus). Vous comprendrez en découvrant ce premier tome !

J’ai beaucoup apprécié également, la vision d’Émilie, que je partage, et qui apporte un plus, les êtres qu’ils soient humains ou non, peuvent être bons ou mauvais, et peuvent éventuellement changer en fonction des circonstances, des événements, … J’ai hâte de savoir ce que vont devenir les personnages (Mary notamment), ce qu’il va se passer par la suite, je lirai avec plaisir le tome 2 !

J’ai beaucoup aimé découvrir l’Avesnois par la plume d’Émilie, vraiment ça donne envie de s’y arrêter, de découvrir les villages autant que les coins perdus, les bois, le lac du Val-Joly. Les Insoumis, est vraiment bien écrit (à part un seul passage que je relirai plus tard pour voir si ça venait pas de moi quand-même), facile à lire, rythmé, … Bien que pas forcément la plus calée du monde en orthographe, je n’ai repéré aucune coquille!

J’ai découvert une auteure à suivre, avec une plume sincère et sensible (j’ai versé ma petite larme, à un moment quand même, faut le dire), qui sait faire naitre chez son lecteur moultes émotions : espoir, tension, tristesse, écœurement, joie, appréhension, …, révolte ! Et ça tombe plutôt bien, la suite que je me procurais bientôt s’intitule Les Révoltés ! (si c’est pas de l’enchainement çà :D)

Pour acheter Les Insoumis (et Les Révoltés), rendez-vous sur la boutique Val Sombre.

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Le Sidh – T1 : Âmes de verre d’Anthelme Hauchecorne

AmesdeVerredeAnthelmeHauchecorne

Midgard Editions, 18€, 657 pages

4ème de couverture

Ce livre vous attendait. Il était écrit que vous feriez sa connaissance. Car peut-être êtes-vous, à votre insu, un(e) Éveillé(e). Auquel cas, vous êtes en grand danger. Les rues de cette ville ne sont pas sûres. Pour vous, moins que pour tout autre.
Car les Streums rôdent, à l’affût d’une âme à briser. Je ne vous mentirai pas : vos options ne sont pas légion. Votre meilleure chance de survie gît selon toute probabilité entre ces pages. Qui sont les Streums, demanderez-vous ? Pourquoi convoitent-ils les fragments du Requiem du Dehors ? Quel avantage espèrent-ils retirer de cette partition funeste ?
Si vous ignorez les réponses à ces questions, vous vous trouvez alors face à un choix. Pour lequel il est de mon devoir de vous aiguiller…
Souhaitez-vous rejoindre la Vigie, risquer votre vie et sans doute plus encore, dans une lutte désespérée pour déjouer les intrigues du Sidh ? Ou bien demeurer parmi le troupeau des Dormeurs, à jamais ? Pareille aventure ne se présente qu’une fois. Sachez la saisir.

Enki, enquêteur et logicien de la Vigie

Résumé

Une Recrue Camille nous fait découvrir la Vigie, cette organisation « secrète », organisée entre Chasseurs (les bras et les jambes) et Colombes (la tête) où elle s’entraine dans le but de devenir Chasseuse. Elle nous explique qu’il existe des Éveillés, ceux qui ont la Vue, et qui donc voient des êtres particuliers : les Streums comme les surnomment les membres de la Vigie; des Daedalos. Les autres ne sont conscients de rien, les Dormeurs, c’était nous qui voguions dans la ville inconscients du danger. La Vigie a été constituée par les Piliers mais nombre d’entre eux sont morts ou disparus dans l’En-Deçà, ce monde intermédiaire entre la Surface et le Sidh d’où les Daedalos sont originaires. L’équilibre est fragile entre ces trois univers, et encore plus depuis que quelqu’un essaie de réunir tous les fragments du Requiem du Dehors, un concerto hybride très dangereux dont la musique pourrait changer la face du monde…

Mon avis

Énorme coup de cœur pour ce livre original !

La chronique de Demoiselle Coquelicote m’a donné envie de lire ce roman et j’ai eu la chance de le recevoir quelques jours après par l’auteur lui-même.

J’ai beaucoup apprécié la 4ème de couverture et les premiers chapitres, où on s’adresse directement au lecteur, on est pris à témoin, on est acteur à part entière du récit ; c’est une introduction efficace pour nous entrainer dans la lecture de ce 1er tome de 650 pages ! On plonge directement dans l’action, on est complètement concerné par ce qu’il va se passer.

Le lecteur pénètre dans un monde inconnu mais qui est pourtant le sien, mais son statut d’Eveillé lui permet de découvrir une réalité sombre et inattendue. Il possède désormais la Vue qui lui permet de voir les Streums (ou Daedalos) étranges créatures, comme tout droit sorties de cauchemars. En réalité, des êtres venus du Sidh, vivants dans l’En-deçà et se rendant régulièrement à la Surface, c’est-à-dire chez nous. Mais qui sont les Daedalos, que veulent-ils, comment sont-ils arrivés là, c’est l’ensemble de ce premier tome qui va nous l’apprendre.

Le lecteur va croiser d’autres personnages, des Dormeurs, les humains normaux qui n’ont pas reçu la Vue à la naissance ou qui ne l’ont pas (encore) ;  la Vigie, des Éveillés qui recueillent les nouveaux, sa fonction  est détaillée dans le roman, principalement défendre la Surface et ceux qui ne font pas partis de la Vigie. Le lecteur découvrira la création de la Vigie, les Piliers (membres fondateurs), les Chasseurs, les Colombes, notamment grâce au Codex Metropolis que la Vigie fait lire à chaque nouvelle Recrue.

Voilà ce qu’on peut dire de la mise en bouche, parce que là, vous ne trouverez que les grandes lignes, des 50 ou 100 premières pages !

On est projeté à la suite de Camille, une recrue qui veut devenir Chasseuse, elle a un but bien précis et fera tout pour y parvenir ; et de Vincent, un professeur quadragénaire qui a perdu sa famille et qui cherche des réponses, et enfin, on découvre le Marchand de sable, un tueur ( ?) que traque la police locale mais qui ne laisse aucun corps derrière lui, sinon un tas de sable noir ensanglanté …

La forme, la structure du roman permet au lecteur de ne pas crouler sur un flot d’informations mais de ne pas manquer non plus de données pour comprendre l’histoire. 3 façons de procéder ont été choisies par Anthelme Hauchecorne, 1/ suivre Camille, Éveillée, Recrue, 2/ suivre un autre Éveillé Vincent qui a écrit des notes régulièrement comme une sorte de journal intime (écriture italique sur fond grisé) et un Codex (pages grisées), guide pour toute jeune recrue de la Vigie. On découvre donc les choses au fur et à mesure, les 3 styles en alternance, avec des chapitres courts qui donnent beaucoup de rythme au récit.

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’Âmes de verre dispose d’un fond riche, dense et original, une histoire travaillée, construite sous forme de puzzle dont le lecteur remet le dessin original en place au fur et à mesure de sa lecture. On va de découvertes et rebondissements. Mais attention même si de prime abord, ça peut sembler complexe, la forme du roman et le talent d’Anthelme Hauchecorne permettent une lecture aisée, passionnante et addictive. On a envie de découvrir les tenants et les aboutissants, les pages se tournent toutes seules, le lecteur est captivé, happé dans l’univers Ô combien bien développé par l’auteur. Une mythologie précise, une inspiration celte, un mélange de nos angoisses et de légendes urbaines, donnent un roman original et fort, une magnifique fantasy urbaine travaillée et entrainante.

Les personnages sont détaillés, on découvre leur passé, leurs secrets, leurs angoisses, leurs espoirs. On s’attache à Camille, cette jeune recrue qui cherche à la fois à se faire une place dans la Vigie et à poursuivre son chemin et son but. C’est un personnage féminin comme j’aime en lire, elle est parfois dépassée par les événements, mais elle est combattive et pleine de ressources, on est loin d’une jeune fille fragile et godiche mais elle n’est pas sans faille, ni faiblesse. Grâce à elle, on découvre le cœur de la Vigie et ses principaux membres. On découvre aussi les oppositions entre ces membres, les aspirations de chacun. Et on est quasi-constamment en mouvement, dans l’action,…

Vincent est étrange, perturbé et perturbant, on découvre son passé à travers son journal intime mais aussi à travers ses actes. Grâce à Vincent, on va en découvrir plus sur certains Daedalos, la vie des Éveillés hors de la Vigie, …

Avec les personnages d’Anthelme on ne sait jamais sur quel pied danser ! Et j’adore ça ! Les apparences peuvent être trompeuses ou complètement justes. Il faut creuser la surface pour découvrir la vérité.  J’ai beaucoup aimé les personnages plus secondaires, que vous découvrirez, je vous laisse la surprise.

Comme le journal de Vincent, le Codex est pour le lecteur, une source importante de renseignements. (Anthelme faut le laisser dans le prochain même sous une forme différente !). Ce Codex Metropolis est un livre d’enseignements à destination de nouvelles recrues, rédigé par certains des Piliers, fondateurs de la Vigie. Ce codex nous permet d’en apprendre plus sur les créatures et sur le Monde. J’ai adoré lire ses passages, notamment parce qu’Anthelme fait écrire plusieurs Piliers totalement différents, avec des inspirations et des connaissances différentes et chacun a son style pour relater les événements ou les enseignements qu’il veut apporter. Loin d’être ennuyeuses, ces parties sont dynamiques, riches et parfois très drôles.

L’action du récit se passe à Lille (et en-deçà), et étant de la région, j’ai adoré retrouvé mes repères (le métro, les bâtiments comme l’Aéronef, les édifices, les quartiers, les rues, les places). Cependant, la vision de Lille est très sombre, remplies de misères sociales et de détresse latente. C’est vrai que c’est peut-être un peu comme ça, sous certains aspects  mais rassurez vous les non-Nordistes, Lille a d’autres côtés (festifs, touristiques, économique…) positifs (faut venir visiter !). En tout cas, j’aime quand un roman se déroule dans mon coin ! J’ai beaucoup aimé aussi l’utilisation du patois lorrain (qui rappelle les origines de l’auteur), ça donne vraiment un plus au personnage qui l’utilise.

Qu’on soit en répulsion ou en extase devant certains personnages, la force d’Anthelme est de les avoir croqués à la perfection ! J’ai aimé détester certains personnages et j’ai aimé en adorer d’autres et j’ai hâte de les suivre de nouveau dans le tome 2. D’ailleurs un chapitre de ce deuxième tome est livré à la fin du roman, et il donne envie de continuer l’aventure !

Âmes de verre n’est pas qu’un tome d’introduction et de découverte de l’univers de l’auteur, on y apprend déjà beaucoup de choses, des mystères sont résolus, on en découvre d’autres (il se dessine les intrigues des tomes suivants).  C’est vrai qu’il faut parfois s’accrocher pour une partie de l’intrigue, celle concernant le Requiem du Dehors (indiqué dans la 4ème de couverture) mais les différents points de vue permettent de relier les éléments ensemble et de comprendre son importance fondamentale à l’histoire. Certaines scènes peuvent être assez dures, mêlant sombre, glauque, sang et sueur. Mais chaque chose a sa place et son importance dans le récit.

En plus de tout ça, on découvre dans l’intrigue l’importance de la musique pour l’auteur. Certains passages difficiles sont bizarrement assez mélodieux, comme si on essayait d’adoucir les souffrances. En tout cas, l’intrigue en ressort encore plus originale. J’ajoute aussi qu’on sent toute une réflexion derrière cette histoire, un arrière-fond social ; une réflexion sur la vie, l’existence, sur la place de chacun, sur la politique sociale, sur la différence, sur l’indifférence,… On peut le lire facilement et on peut aussi réfléchir ^^

Le style de l’auteur est percutant, recherché et aisé, pas de lourdeur mais du vocabulaire, il appelle un chat, un chat ; la plume est tantôt belle, tantôt sombre, ce livre est comme un jeu de nuances, riche, je vous dis, riche ! Les personnages d’Anthelme ont une certaine gouaille, le style oral utilisé se fond bien dans le récit, pas vulgaire, mais qui sonne « vrai », ça m’a fait sourire d’ailleurs que les personnages les plus trashs ont le plus fin langage.

Vous l’aurez peut-être compris, si vous m’avez lu, jusqu’au bout, j’ai adoré ce livre, je l’ai dévoré (650 pages d’un moyen format, en écriture normale (ni « oui-oui » ni minuscule) en 1 semaine est une prouesse pour moi !), je le conseille à tous ceux qui veulent une histoire originale, inédite et très bien écrite (et qui fait réfléchir si on a envie  ^^)). L’objet livre en plus est superbe, la couverture, l’intérieur, des illustrations N&B magnifiques.

Personnellement, j’ai eu du mal à décrocher, et je lirai avec plaisir la Tour des Illusions (qui m’attend dans ma PAL), il m’a été difficile de passer à autre chose après cette lecture.

Merci infiniment à Anthelme Hauchecorne et aux Éditions Midgard pour cette magnifique découverte. Vivement la suite !

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Deux petites filles de Cristina Fallarás

couv-1113Éditions Métailié, 216 pages, 17 €

4ème de couverture

Deux petites filles de trois et quatre ans sont enlevées en plein jour ; l’une d’elles est retrouvée morte, atrocement mutilée, l’autre est portée disparue. Enceinte jusqu’aux dents, Victoria González, journaliste et détective, reçoit un chèque anonyme de 30 000 euros avec l’ordre d’enquêter sur l’enlèvement, et surtout de retrouver au plus vite la deuxième petite fille.
Flanquée parfois d’un adjoint accro à la bière brune, Victoria plonge alors au cœur de l’enfer. Elle écume les bas-fonds de Barcelone, du Raval, peuplé de prostituées, d’alcooliques et de tous les immigrés échoués là en attendant l’avenir, jusqu’aux Viviendas Nuevas, cité semi périphérique sinistrée, ghetto de pauvres où tout s’achète et se vend à ciel ouvert, y compris les pires perversions. Entre les toxicos qui divaguent, les clodos passifs, les tueurs à gages sentimentaux, les mères folles, toute la ville semble avoir un penchant pour l’horreur et personne ne sera sauvé. Victoria elle-même a bien du mal à échapper à ses vieux démons, à son passé de petite frappe bourrée d’addictions. Seul moyen de se calmer les nerfs : la haine systématique contre d’innocents petits animaux domestiques.
Féroce et sans concession, Cristina Fallarás nous entraîne bien loin du Barrio Gótico et de la Sagrada Família : ici la famille est un précipité de haine et les décors sont sordides, on est à l’envers de la ville. Une écriture coup de poing qui n’épargne personne.

Ce livre a reçu le prix international du roman noir L’H Confidencial 2011, ainsi que le prix Dashiell Hammett 2012.

Résumé

Une petite frappe, ayant à son actif quelques délits, parfois quelques crimes, est engagé par une jeune femme rousse pour éliminer un homme. Pour que l’argent ne soit pas son seul moteur, l’homme (Genaro) reçoit également une vidéo. En parallèle, la détective Victoria González reçoit une belle somme d’argent pour enquêter sur la disparition de deux petites filles de 3 et 4 ans. Un des deux est malheureusement retrouvée morte, mutilée, torturée, et plus encore. Mais sa soeur est portée disparue. La demande anonyme est claire « faire la lumière sur tout ça »…

(Résumé un peu court mais la 4ème de couverture est très riche, presque je n’aurais pas eu besoin de faire un résumé!)

Mon avis

Mitigée je suis.

On suit plusieurs personnages, 4 principaux, Victoria, détective, journaliste, au passé trouble, enceinte de plusieurs mois, célibataire, elle a accumulé dans son passé des amitiés troubles, beaucoup de rage envers la vie. Elle exulte sa rage d’une manière très particulière et très cruelles, elle tue des animaux domestiques (je ne spoile pas, c’est dans la 4ème de couverture). Elle est parfois accompagné dans ses investigations par Jésus, une sorte d’ancien gitan qui n’a pas particulièrement envie de bosser mais qui est très attachée à Victoria, il ferait n’importe quoi pour elle. Le 3ème personnage est Genaro, engagé pour éliminer ceux qui sont liés à la disparition des deux petites filles. Il a vu dans la vidéo, les violences, viols et meurtres qui ont été filmés. Il ne sera plus jamais le même après ça. Il flirte avec la folie. Et enfin, on découvre la mère un peu folle des petite fille, perturbée, une ancienne droguée. Elle tient des discours plus ou moins cohérents mais parfois on ne voit pas où elle veut en venir.

Les quatre personnages vont être amenés à se croiser pendant le roman. L’intrigue tourne autour de la découverte des événements, pourquoi les petites filles ont-elles été kidnappées? Par qui ? Pourquoi une d’elle est morte ? Qu’est devenue la sœur ?

Ce que j’ai apprécié dans ce roman assez court finalement, c’est que l’auteure ne tombe pas dans la facilité, on ne nous épargne pas la noirceur de la ville de Barcelone, sa saleté, son aspect sombre et glauque qui dénote complètement avec la Barcelone que nous vendent les agences de voyage et les cartes postales. Ici on est dans les bas-fonds, dans les barres d’immeubles délavés qui contrastent beaucoup avec l’architecture de la ville, dans des quartiers tristes et sordides, dans une atmosphère moite de drogues, de prostitution, de délinquance, de trafic,… Et ça donne pas envie d’y aller s’y promener !

Cristina Fallarás nous dépeint des personnages complexes, perturbés, marqués, avec une enfance ou une adolescence difficile, une vie entre couleur et drogue, dans une Barcelone en quête d’elle même à la fois touristique et glauque, des personnages qui ont besoin de se révolter contre l’image du père, de la chrétienté, etc. Même si le récit est court, les caractères sont détaillés, leurs façons de penser aussi. Ces personnages sont intéressants.

Les différents points de vue des personnes sont servit par des chapitres courts. La lecture est donc assez rythmée, rapide.

J’ai apprécié découvrir une auteure espagnole, un premier pas, dans la littérature espagnole que je connais que très très peu (quelques textes au collège et au lycée, mais pas trop de souvenirs finalement).

Deux, trois points m’ont gêné dans ma lecture, remarques toutes personnelles, je pense que certains ne seront absolument pas dérangés par ces aspects. J’ai beaucoup de mal avec les dialogues narratifs, un mélange de 1ère et 3ème personne qui peut perturber le lecteur. C’est surtout l’absence de ponctuation ou de découpage des apartés à la 1ère personne qui me gène. Par contre, ça dynamise le récit et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on ne nous épargne pas alors un langage oral, avec gros mots et insultes, en prime. On reste dans l’ambiance.

Autre point, Victoria a une rage et un besoin de destruction, c’est un personnage complexe mais que j’ai trouvé malheureusement peu attachante. C’est le gros bémol, même avec ce qui arrive dans le livre, je n’ai pas réussi, à avoir peur pour elle, à être triste ou à me sentir proche d’elle. Elle n’est pas agaçante, ni pénible, mais il m’a manqué quelque chose -et puis je l’avoue, je trouve qu’il y a d’autres façons de se défouler, d’exulter sa rage et sa frustration de notre monde pourri que de tuer des animaux (ce n’est pas ce point qui m’a fait m’éloigner d’elle mais ça n’a pas amélioré mon ressenti). Cependant, c’est un personnage construit et intéressant.

Dans l’ensemble, les personnages sont assez marquants, j’ai beaucoup aimé Jesùs, sa nonchalance contrebalancée par son besoin de protéger Victoria ou du moins de tout faire pour que certaines choses ne l’atteignent pas. Il est le seul qui voit que l’affaire est trop « grosse » pour leur petite agence de détective, qu’elle est trop dégueulasse, trop pourrie. Autre personnage que j’ai bien aimé : Genaro, même si on n’apprend pas autant de chose sur lui que sur Victoria, on découvre qu’il est assez sensible pour un homme de main, il vit très mal sa traque. Il abuse des stupéfiants pour chasser les horreurs qu’il a vu sur la vidéo. Le sort semble s’acharner sur lui. Il est touchant et attachant.

Cependant, dans l’ensemble, il n’y a pas beaucoup d’espoir qui se dégage du roman, on sent les personnages assez blasés, ils vont de l’avant mais ils n’y croient pas vraiment. Un peu le reflet de notre société en difficulté. Même la grossesse, la maternité, la vie ne sont pas porteur d’espoir. Tout semble triste et sale comme la ville qui nous est décrite. Un vrai roman noir quoi.

L’intrigue ne m’a pas trop passionnée, il y a quand-même quelques tournants dans l’histoire, on comprend ce qu’il se passe au fur et à mesure. Le but va être de découvrir le pourquoi, plutôt que le qui et le comment. La fin ne se laisse pas trop deviner. Mais elle est rapide, peut être trop, assez floue même. On comprend le « pourquoi » mais sans nous expliquer vraiment. Je suis restée un peu sur ma faim.

Je suis donc que moyennement convaincue par l’histoire, qui est intéressante par sa galerie de personnages, par l’intrigue, mais plutôt bien convaincue par le talent de l’auteure.

Quelques infos sur elle : Cristina Fallarás est née à Saragosse en 1968. Journaliste et écrivain, elle a été rédactrice en chef, chroniqueuse ou scénariste pour divers organes de presse nationaux, comme El Mundo, Cadena Ser, Radio Nacional de España ou El Periódico de Catalunya.

Livre lu en partenariat avec Babelio, opération Masse Critique, que je remercie.

Voici le lien vers le roman : http://www.babelio.com/livres/Fallaras-Deux-petites-filles/452972

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