L’étrangleur de Cater Street d’Anne Perry

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Editions 10/18, 382 pages, 7,5€

4ème de couverture

Suffragette avant l’heure, la téméraire Charlotte Ellison n’aime ni l’étiquette ni le badinage des jeunes filles bien nées. Dévorant en cachette les faits-divers des journaux, sa curiosité la mêlera à une affaire des plus périlleuses, aux côtés du séduisant inspecteur Pitt de Scotland Yard. Dans le Londres des années 1880, le danger guette et les femmes en sont souvent la proie… Sherlock Holmes en jupons, la divine Charlotte dénoue son premier crime et inaugure une longue série d’enquêtes haletantes, dévoilant une Angleterre victorienne pleine de secrets.

Résumé

Charlotte vit à Londres au 19ème avec ses parents, sa soeur Sarah et son époux Dominic, sa seconde soeur Emily. Charlotte est différente de ses sœurs, car elle s’intéresse aux nouvelles et n’apprécie que peu les conventions sociales. Elle a le béguin pour son beau-frère, elle rejette donc plus ou moins consciemment les quelques propositions qu’on peut lui faire. De plus, pour sa famille, la franchise et la curiosité de Charlotte la desserrent même si c’est certainement celles des sœurs qui a le plus de charme. Seule chez elle, lors de la disparition d’une de leur employée, Charlotte décide de faire appel à la police. Sa famille s’offusque. Mais finalement, l’inquiétude des autres domestiques n’était pas vaine, la pauvre enfant a été retrouvé étranglée dans Cater Street comme d’autres jeunes filles avant elle… Il semble bien qu’un tueur en série rôde dans le quartier même si personne ne semble vouloir croire une telle chose…

Mon avis

Déception

En plus, la 4ème de couverture est une horreur, on présente Charlotte comme une « Sherlock Holmes » en jupon… Je me demande si la personne qui a rédigé cette 4ème de couv’ a vraiment lu, l’un ou l’autre pour le coup… De même… elle « dénoue son premier crime ».. ou encore « enquêtes haletantes »… Faudra me montrer où… Et Pitt « séduisant » (à sa façon aucun doute, mais ce n’est pas comme ça que l’auteure le décrit)… Bref, ne vous arrêtez pas à la 4ème (ça devient une habitude).

Déjà, je l’ai trouvé plus intéressant que le premier Anne Perry que j’ai lu (un Anne Perry de Noël avec Emily, c’est là que connaitre les persos doit aider à apprécier plus). A priori, ce n’est pas vraiment les intrigues policières qui font le succès de ses livres, mais plutôt les conventions sociales, les relations sociales et l’époque narrée par l’auteure. Et cet aspect là est très très bien fait. Par contre, amateur de polar, peut être serez-vous comme moi déçue (à nouveau par la collection Grands Détectives), on ne suit pas l’enquête, on ne sait rien de ce que l’inspecteur Pitt recherche. Le lecteur reste confiné dans la maison des Ellisons (ou presque). Bref, oubliez l’intrigue policière quasi inexistante (même la fin…) et concentrons nous sur les personnages.

Charlotte est un personnage très intéressant, jolie, intelligente mais trop franche, naturelle pour cette société qui place la femme comme l’inférieur de l’homme. Elle aimerait rejeter les conventions mais est obligée de s’y plier. Emily sa jeune sœur semble plus posée. En réalité, elle est surtout très intelligente, un peu calculatrice, elle souhaite une belle condition sociale et va tout faire pour y parvenir. Elle arrive à cacher son jeu. Ce qui n’est pas le cas de Charlotte, dont le visage et les attitudes reflètent ses émotions. Elle ne peut rien cacher aux autres. Sarah quand à elle est encore différente. Très respectueuse des convenances, elle semble aspirer à venir en aide aux miséreux en aidant le pasteur et son épouse.

Pour les parents, le père surtout, tout se joue sur la respectabilité de la famille, du quartier, de la maison. Si la jeune domestique est morte c’est qu’elle avait une petite vertu. Forcément. La pire dans la famille, c’est la grand mère, insupportable garante de la bienséance. Les femmes n’ont aucun droit et c’est bien normal et surtout c’est mieux comme ça.

C’est rien de dire que l’auteure est douée puisque j’ai eu ÉNORMÉMENT de mal avec les différences sociales, ce qui est voulu je pense. C’est en gros le cœur du livre, du coup, autant dire que ce fût dur pour moi, surtout qu’on a pas d’intrigue policière pour compenser…. Anne Perry décrit parfaitement bien les différences homme/femme, bourgeois/noble, bourgeois/police. Oui parce que ceux qui cherchent à vous protéger ne sont pas vos égaux, non non, ils sont moins élevés socialement et idiots, c’est bien connu.  En tout cas, même si j’ai eu beaucoup de mal, j’ai apprécié Charlotte, car elle réalise progressivement que tout ça n’est pas normal et que c’est injuste.

Dans ce premier roman, il m’a manqué quelque chose, ça reste pour moi, assez plat, il manque des phrases du narrateur pour approfondir certaines choses, notamment les sentiments des personnages. J’ai en effet, trouvé que la façon de « succomber » de Charlotte est beaucoup trop rapide, pas assez développé, pas vraiment cohérent avec le reste.

Pour ce qui est de l’intrigue, j’avais pour le coupable, quelqu’un d’autre en tête, j’ai compris qu’à l’avant dernier chapitre. Par contre de là, à dire que Charlotte et Thomas Pitt résolvent l’affaire… Non quand même, faut pas pousser. Et puis on a rien après la révélation du coupable, dommage.

Même si je suis déçue de ma lecture, je tenterai bien la suite afin de découvrir si Charlotte aide Thomas dans ses enquêtes, si elle lui ai utile et si elle devient vraiment en quelque sort une Sherlock en jupon.

Bref pour les relations sociales du 19ème, pour les relations entre sœurs et prétendants : oui. Pour l’intrigue et le côté policier : non. Du bon et du moins bons pour moi, je suis curieuse, je tenterai certainement au moins le suivant.

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La couleur de l’âme des anges de Sophie Audouin-Mamikonian

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Édition Robert Laffont, Collection ‘R, 448 pages, 18€15

4ème de couverture

Jeremy, jeune homme de 23 ans, est sauvagement assassiné. En devenant un Ange, il réalise que la lutte pour survivre n’est pas terminée et qu’il peut aussi mourir dans ce nouvel univers. En effet, pour ne pas disparaître, tout Ange doit se nourrir de sentiments humains. Et Jeremy va bientôt découvrir avec effroi qu’il doit même les provoquer ! Provoquer la haine, l’amour, la joie, la tristesse, la peur, la compassion… Seules les émotions fortes peuvent rassasier les Anges, colorant leur peau en bleu pour les émotions positives, en rouge pour les négatives. Recherchant la raison pour laquelle il a été tué, Jeremy piste alors Allison, une vivante de 20 ans, témoin involontaire de son exécution. À force de côtoyer, jour et nuit, la ravissante et naïve jeune fille, il finit par en tomber follement amoureux. Mais l’assassin de Jeremy cherche à supprimer à tout prix ce témoin indésirable… Alors que des Anges se liguent aussi contre lui, Jeremy parviendra-t-il à sauver Allison ? Sera-t-il capable de sacrifier ses sentiments et de vivre à jamais séparé d’elle ? Avec ce premier volet d’une duologie ambitieuse et envoûtante, l’auteur emmène ados et jeunes adultes dans l’au-delà, cet univers qui alimente toujours les plus grands fantasmes et la plus vive curiosité. Un thriller haletant dans lequel frissons et passions s’entremêlent, une traversée jouissive et inquiétante de l’autre côté du miroir, une atmosphère sensuelle et entêtante qui habitera longtemps le lecteur une fois le livre refermé.

Pour une fois pas de résumé

Mon avis

Une bonne lecture

Jeremy est un jeune homme qui mène une vie assez aisée mais il sort rarement la tête de son travail. A 23 ans, il est déjà un boss dans son domaine, c’est une étoile montante. Malheureusement, un soir qu’il rentre chez lui, il est attaqué en pleine rue et tué. Pas le temps de dire « Ouf » Jeremy voit son corps étendu sur l’asphalte et se retrouve de l’autre « côté ». C’est là, qu’il découvre ce que deviennent les hommes, une fois morts. Et le monde qu’il découvre est pour le moins étrange. Mais le plus difficile est certainement de s’adapter à une nouvelle forme de survie : se nourrir des sentiments des vivants pour ne pas disparaitre. Heureusement, Jeremy va être aidé dans cette après-vie par d’autres anges pour qui le sort des nouveaux, « des bleus » ne laisse pas indifférent. Le lecteur  découvre donc comment les anges vivent, ce qu’ils font, s’occupent comment ils se nourrissent, … et leurs particularités. J’ai aimé que le 4ème de couverture ne dévoile pas ces éléments et donc de les découvrir pendant ma lecture (donc pas de détails ici :p ). La « mythologie » de l’après vie développée par  Sophie Audouin-Mamikonian est vraiment passionnante. Assez originale aussi, je trouve pour ma part, sachant que je lis très peu de livres avec des anges.

C’est donc un univers qui m’a beaucoup plu. L’histoire a un aspect thriller intéressant (même si je dirai que ça reste un peu superficiel et jeunesse), ça a le mérite de permettre une vraie intrigue. Car Jeremy va chercher à savoir qui a voulu le tuer et pourquoi. Dans son « enquête », il va suivre des vivants et se lier d’amitié avec d’autres anges. Notamment, il croisera la route de savants, philosophes  et scientifiques mais aussi d’autres personnages plus ou moins connus… Il va aussi rencontrer Allison, une vivante qui a l’air d’en savoir pas mal sur son meurtre. Du moins, il a beau ne pas la connaitre, elle le pleure et se sent coupable de sa mort… Pourquoi ?

Le récit est plein de rebondissements, certains que l’on voit  venir, d’autres pas. Et il y a aussi beaucoup d’humour malgré le sujet. Ce sujet, la vie après la mort, est traité de façon assez positive, la mort n’est donc pas une fin mais une sorte de seconde vie. Tout y est très coloré, comme les sentiments des vivants mais des surprises se cachent derrière les facilités et les apparences sont trompeuses.

L’écriture est simple sans être simpliste, pas de fioriture mais un enthousiasme, un allant, qui donne un style fluide, frais et vivant. Comme je le disais précédemment, il y a des clins d’oeil, de l’humour, ce qui semble bien correspondre au style et à la façon de faire de  Sophie Audouin-Mamikonian.

Concernant les personnages, j’ai bien aimé Jeremy, même s’il a des défauts, ses traits de caractère m’ont bien plu, sa façon assez juste de réagir également. Il est intelligent, c’est un faux naïf … Par contre, j’ai eu beaucoup plus de mal avec Allison. J’ai bien aimé au début sa personnalité mais au fil du récit, elle m’a agacée. Elle cumule quand même pas mal de clichés… J’ai eu du mal à supporter son caractère même si l’histoire explique certaines choses. Dans les personnages secondaires, j’ai bien aimé les deux anges qui accompagnent Clark, Albert… mais surtout Lili !

Concernant l’histoire, plus on progresse, plus on s’aperçoit qu’il se passe des choses louches et que le monde dépeint à Jeremy n’est pas si parfait… On a envie de savoir ce qu’il se trame. Comme je n’avais pas lu beaucoup de chronique sur ce livre, j’ai été assez surprise de la tournure de l’histoire. C’est parfois un peu trop léger pour moi, mais avec le recul, ce n’est pas le premier point dont je me souviens. Je m’attendais à beaucoup moins apprécier, c’est donc une bonne lecture détente, une bonne surprise avec un univers bien conçu et bien trouvé. En plus, pas de frustration, il y a une fin (même si on sait que tout n’est pas fini), on peut lire ce livre sans en attendre plus. J’ai vu que la suite sortirait sans doute en janvier 2015. Je me laisserai sans doute tenter par la découvrir, même si je ne sauterai pas sur le livre dès sa parution 🙂

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{Dawn} Le passage des ombres, de David Moitet

Une chronique réalisée pour A l’abordage de la culture et que vous pourrez lire en intégralité là bas !

A l'abordage de la Culture

Le passage des ombres
de David Moitet
City Editions (Collection Thrillers)
Sortie le 11 Septembre 2013

Quatrième de couverture :

« La porte est en dedans ». C’est le mystérieux message gravé il y a des décennies sur le seuil de la chapelle de Tréhorenteuc, en Bretagne. Personne n’a jamais compris ce que cela signifie. Sauf, peut-être, Léonard de Vinci… Loin de se douter que cette inscription va transformer sa vie, Thomas Galion, l’ancien flic de la criminelle, profite de vacances bien méritées en mer Rouge avec son amie. Mais leur séjour se transforme en cauchemar… Qui sont ces hommes qui les pourchassent ? Y-a-t-il un lien avec la délicate affaire qu’ils viennent de résoudre ? Un chassé-croisé sanglant entre la France et l’Egypte les entraîne au-delà de tout ce qu’ils pouvaient imaginer, à la découverte d’un secret précieusement gardé au fil des siècles… Complots, meurtres et trahisons : le pouvoir rend fou.

L’avis de Dawn…

View original post 812 mots de plus

N’oublier jamais de Michel Bussi

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Presses de la Cité, 21,90€, 504 pages

Sortie : mai 2014

4ème de couverture

« Vous croisez au bord d’une falaise une jolie fille ?
Ne lui tendez pas la main !
On pourrait croire que vous l’avez poussée. »

Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper. A Yport, parti s’entraîner sur la plus haute falaise d’Europe, il a d’abord remarqué l’écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l’écharpe comme on lance une bouée.
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l’inconnue.
A son cou, l’écharpe rouge.

C’est la version de Jamal.
Le croyez-vous ?

Résumé

Jamal travaille dans un centre psy. Il passe actuellement une semaine de congés à Yport en Normandie. Une occasion pour lui de s’entrainer à courir sur la plus haute falaise d’Europe. Car Jamal a un rêve, être le premier handicapé à participer et finir l’Ultra Trail du Mont Blanc. Sa revanche sur la vie. Un matin où il s’en va courir, il trouve accroché à un grillage une belle écharpe rouge. Etrange. Quelques mètres plus loin, une jeune femme se tient au bord de la falaise. Sa robe déchirée, en larmes, elle lui demande de la laisser et de s’en aller. Mais Jamal profite de cette écharpe pour tenter de la raisonner, il la lui lance comme on lance une bouée à la mer, façon désespérée de lui faire renoncer à sa décision plus désespérée encore. Mais la belle inconnue se jette malgré tout dans le vide. Jamal la retrouve avec deux autres témoins au pied de la falaise. La suicidée a l’écharpe autour du cou. Comment est-ce possible ?

Et ce flic, qui arrivé sur les lieux, parle de meurtres ? Que se passe-t-il ?

Mon avis

Quand Babelio m’a proposé le nouveau roman de Michel Bussi, en Masse Critique Exceptionnelle, je n’ai pas pu refuser ! J’avais été charmé et « pertroublée » par Nymphéas Noirs et j’avais envie de renouveler l’expérience et confirmer ou non, mon coup de coeur pour cet auteur! Alors ? C’EST CONFIRME !!!!

Coup de coeur !

De nouveau, Michel Bussi entraine son lecteur dans une intrigue travaillée et subtile, qui ne va pas là où on l’attend.

Jamal nous raconte son histoire. Étrange mais pourtant, il nous l’assure cette dernière malgré les apparences va bien se terminer. Il sera pourtant soupçonné d’avoir tuer la belle inconnue de la falaise. Nous lecteur, allons-nous croire le récit de Jamal ? Sommes-nous prêt à l’écouter et à lui accorder du crédit ? Et si on cherchait à nous embrouiller ?

Je me suis terriblement attachée à Jamal. Il a des défauts, il aime raconter des histoires, c’est encore plus difficile de ce fait de savoir si ce qu’il raconte est vrai ou pas. Mais Jamal est aussi quelqu’un de courageux et d’optimiste. La preuve : n’avoir qu’une jambe ne l’empêche pas d’avoir un rêve, un but dans sa vie. De vivre à fond et de se mettre des challenges ! Il a des principes et 5 choses qu’il a envie d’accomplir dans son existence. Cette histoire de suicide lui tombe dessus. Cela ne devrait pourtant pas l’inquiéter. Mais pourquoi, lors de l’enquête, les témoins n’ont pas la même version des événements que lui ? Pourquoi des preuves semblent s’accumuler contre lui ? Il n’est pourtant pas cinglé  ! La fille s’est jetée d’elle-même de la falaise ! Mais Jamal nous raconte-t-il la vérité ? Elle a été retrouvée étranglée. C’est donc un meurtre ?

Jamal découvre rapidement que cette mort, une jeune femme étranglée et violée, retrouvée avec une écharpe rouge  en rappelle d’autres qui ont eu lieu dans la région une dizaine d’années auparavant. Il y a-t-il là, un lien ? Doit-il creuser sur ces meurtres afin de prouver qu’il n’est pour rien dans celui qui vient d’avoir lieu ?

Je préfère volontairement ne pas donner de détails sur le récit, sur ce que vit Jamal pour maintenir le mystère. Juste que Jamal ne sera pas seul à chercher ce qui se passe. Il va rencontrer à Yport, Mona, une jolie rousse, intelligente et peu farouche, qui va croire sa version des faits et qui l’aidera comme elle peux.

Le lecteur suit le récit de Jamal, perd pied avec lui, essaie comme lui de dénouer les fils de ce mystère, ce suicide qui ne semble pas en être un. Est-ce que Jamal devient fou ? Est-il fou ? ou nous raconte-t-il la vérité ? Encore une fois, Michel Bussi maitrise l’art de dérouter son lecteur, de le mener là où il ne serait jamais allé. On s’interroge, on émet des hypothèses, on cherche la vérité. Michel Bussi maitrise les intrigues en toile d’araignée, tout en faux semblant, en vérité crue, en injustice, en doutes. A plus de mi-récit,  le lecteur ne sent toujours pas où tout cela va le mener. Puis les indices semés nous permettent de comprendre, de dénouer les fils du récit. Il reste alors à creuser la psychologie des personnages et découvrir le pourquoi après le comment !

Comme pour Nymphéas Noirs, je suis séduite par l’atmosphère créée par Michel Bussi. Et encore une fois, j’adore découvrir la Normandie et le caractère des gens de cette façon. Les paysages, le climat, la fausse tranquillité, les fais divers, … tout est conjugué pour immerger le lecteur dans l’histoire. On a envie de savoir, les pages se tournent « toutes seules ». Je n’ai pas réussi à lâcher le roman, que j’ai lu rapidement, avec peu de pauses. A lire d’une traite si possible ! Très fluide, très bien construit, très bien mené, c’est vraiment difficile de le poser.

Michel Bussi ne nous noie pas dans les expertises scientifiques, le gore et l’étrange mais il est indéniable que ces écrits sont travaillés pour surprendre le lecteur, maintenir le plus possible le suspense, pour perdre son lecteur au début et lui proposer les pièces d’un puzzle à remettre en place. J’adore ça ! C’est vraiment très bien fait.

J’ai adoré les personnages, surtout Jamal. Complexe et entier. Vraiment, je me suis attachée à lui. J’ai beaucoup aimé Mona aussi. Chaque personnage a sa part de mystère et cela ajoute de l’intérêt à l’intrigue. J’ai adoré l’histoire, être un peu malmenée par l’auteur, et surtout ne pas réussir à poser le livre avant d’avoir fini. J’ai même versé ma p’tite larme à la fin, pour dire comme j’ai été prise dans cette histoire, dans l’action.

Je conseille vraiment de découvrir Michel Bussi. Toute le monde devrait au moins en lire un dans sa vie ! Et plus si affinité. Moi ça sera plus, j’en ai déjà deux autres qui m’attendent dans la PAL !

Merci à Presses de la Cité et Babelio pour cette masse critique et cette super découverte !!!

tous les livres sur Babelio.com

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Avant le déluge (Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, T2) de Raphaël Albert

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Editions Mnémos, Collection Hélios, 391 pages, 11,90€

4ème de couverture

Sylvo Sylvain est un elfe détective privé dans Panam, un Paris du XIXè siècle décalé, aux accents steampunk. Après des débuts laborieux, son agence connait maintenant succès et richesse. Tout va pour le mieux, jusqu’au jour où son ami le journaliste Jacques Londres disparaît. Sylvo et son acolyte Pixel vont mener l’enquête : précipités au coeur d’une gigantesque conspiration, ils vont côtoyer de très près la Grande Faucheuse…

Résumé

Quelques années après La Conjuration des éléments, Sylvo et Pixel ont enfin une vraie agence de détective privé, avec des employés et surtout des clients, nombreux et qui paient bien. Fini les années de disettes et de vaches maigres. Mais au lieu de surfer trop longtemps sur la vague des héros, ils décident de garder profil bas, même si la célébrité a quelques avantages. Un nouvel acolyte à rejoint les deux exilés, un jeune garçon voleur à ses heures mais débrouillard et sympathique : Broons. Il dérise plus que tout qu’on lui confie une affaire, une vraie. Et Sylvo décide de lui laisser sa chance, bientôt, très bientôt. Un matin, Sylvo et Pixel accompagnés de Broons, trouve qui les attend à l’agence, Mme Lane, la patronne du journaliste Jacques Londres, l’autre héros de la conjuration des éléments. Ce dernier a disparu depuis 3 jours déjà et cela ne lui ressemble pas. Même si Sylvo n’est pas convaincu que Londres est réellement disparu, il accepte d’enquêter… Commence alors une mission qui aura de très grosses conséquences….

Mon avis

Gros coup de cœur ! Une suite encore meilleure que le premier tome !

Je vous invite à relire mon avis sur le 1er tome, si vous n’avez pas eu l’occasion de le connaitre : Rue Farfadet

Par quoi commencer… On retrouve Sylvo et le pillywigging Pixel quelques temps après l’action du tome 1, Rue Farfadet. Leur Agence est désormais on ne peut plus officielle :  P & S, et marche plutôt bien, une vraie secrétaire et des employés sérieux et efficaces, Le Géomètre, Hobo, … et Broons. Chacun a ses petites particularités mais ce sont de bons détectives qui contribuent à la renommé de l’Agence. Le lecteur apprend vite à les connaitre ou les reconnaitre car certains membres du personnel ne lui seront pas inconnus ! Sylvo nous conte sa routine et ses habitudes nouvelles, tout bien, voire tout va mieux, jusqu’au jour où disparaît Londres, le journaliste vedette depuis la Conjuration des Éléments. De prime abord, on découvre que lui et Sylvo ne sont pas aussi amis que la presse le dit mais en soe uvenir des événements passés, l’elfe détective accepte de mener l’enquête sur cette fraiche disparition. Les investigations de P & S débutent pas fouiller le bureau de Londres au journal et son appartement. C’est lors de la fouille de ce dernier lieu que les enquêteurs vont commencer à comprendre que la disparition du journaliste est peut-être bien sérieuse et les deux acolytes vont se retrouver au coeur d’une conspiration qui les dépassent. Comment vont-ils s’en sortir ? et retrouveront-ils Londres ?

A partir de la fouille de l’appartement de Londres, le rythme ne s’essouffle pas un instant ! Une vraie enquête voit le jour, découvertes, indices … Les événements s’enchaînent. L’intrigue est superbement construite. Ce second tome est résolument plus noir que le précédent, il se passe beaucoup de choses. Et le lecteur découvre qu’il ne se passe pas que du joli, joli dans le royaume et à Panam. Dans le premier, l’humour était de mise, ici même si certains passages sont plus légers, l’atmosphère des découvertes, les drames qui se jouent, des événements, complots … ne prêtent pas à la rigolade. Sombre et dense, étrange et mystérieuse, l’intrigue est à l’image de l’univers créé par l’auteur. C’est vraiment un polar plaisant, dramatique et palpitant, on en oublierait presque que les héros sont des personnages de « fantasy ». De nouveau, Raphaël Albert réussi le coup de maître de mêler polar et fantasy avec une facilité qui semble si déconcertante, et par là même il bluffe son lecteur ! Je trouve qu’on accroche très bien aux deux univers mélangés et que les peuples, créatures, mythologie inventée se fondent complètement dans l’histoire. Ce roman allie les deux univers que j’aime le plus, ce n’est donc que du bonheur !!!

On retrouve avec plaisir Panam, ce Paris de la fin du 19ème, à la sauce steampunk. Et c’est toujours aussi bon.  Je continue de beaucoup aimé cet univers et je dirais même que c’est encore meilleur, car il y a plus de choses développées. On retrouve ce monde avec 3 lunes, des rythmes différents, des noms d’heure, de jour, de mois à la fois différent et proche des nôtres, une gestion du Royaume par 3 Ducs. Toujours original et dans le respect de certains codes. Le steampunk est toujours le plus de cet univers en lien avec le monde fantasy où l’on croise autant de magie que de science. Je loupe peut-être quelques références, n’étant pas parisienne, cependant il y a les incontournables, les références littéraires … qu’on ne peut pas les louper. Un vrai méchant se démarque un peu plus, le 4ème Duc, personnage mystérieux, qui peut bien se cacher derrière ce mythe ? Existe-t-il vraiment ? Qui tire donc les ficelles ?

On suit Sylvo à travers Panam et avec lui, on explore encore un peu plus les traditions de ce Royaume, la Danse macabre par exemple, ainsi que la composition du Petit Peuple. L’auteur a choisi cette fois, de nous faire découvrir, l’envers du décor, des lutins et des leprechauns. J’ai adoré cette balade sombre dans Panam où l’on sent poindre le souffle de la révolte…

L’univers est très travaillé, tout comme le personnage de Sylvo. On commence à découvrir des choses de son passé, la collecte d’informations continue et on a envie d’en savoir toujours plus. Il reste mystérieux sur ce passé mais sa psychologie est elle, très développée. Le lecteur sait ce qu’il pense, ce qui l’effraie, le rend heureux, le perturbe, le dérange. Il semble changé mais est-ce vraiment le cas ? Il y a encore tant de choses à découvrir. Je suis très attachée à ce personnage que j’adore de plus en plus, et la fin …. le choc, elle m’a brisé le cœur, frustrée je suis. C’est dire, il me faut absolument la suite ! Malheureusement, elle n’est pas encore publiée. Je rassure ceux qui se demandent si du coup, il y a une fin ou pas, oui, l’intrigue est résolue mais on apprend et on souhaite savoir tellement d’autres choses, que : vivement la suite !!!!

Avant le déluge, comme Rue Farfadet, est très travaillé, recherché, et très bien écrit. Je dirais aussi que je le trouve plus fluide et que l’auteur affirme encore plus son style. Il y a du renouveau, plus sombre comme je l’ai déjà dit, une vraie suite. Un coup de cœur !

Avant le déluge, c’est une véritable plongée en eaux troubles, une enquête avec son lot de révélations (et quelles révélations!), de trahison, de surprise, de suspense !!! Je le recommande vivement. A lire de préférence après le 1, même si les deux tomes peuvent se lire assez bien l’un sans l’autre, l’univers est tellement formidable que ça serait dommage de ne pas lire Rue Farfadet.

masse critique

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Dans les bois éternels de Fred Vargas

9782878582338

Editions Viviane Hamy, 442 pages, 18,50 € (disponible en poche)

Merci à Ludivine de m’avoir prêté son Vargas préféré pour me faire découvrir cette auteure que je n’avais jamais lu.

4ème de couverture

Danglard la voyez-vous ? demanda Admasberg. L’Ombre ? Le commandant revint sur ses pas, tournant les yeux vers la fenêtre et vers la pluie qui assombrissait la pièce. Mais il était trop fin connaisseur d’Adamsberg pour se figurer que le commissaire lui parlait du temps. – Elle est là, Danglard. Elle voile le jour . Vous la sentez ? Elle nous drape, elle nous regarde. – Humeur sombre ? Suggéra le commandant. – Quelque chose comme cela . Autour de nous. Danglard passa la main sur sa nuque, se donnant le temps de la réflexion. Quelle ombre ? Quand, où, comment ? – Depuis quand ? demanda-t-il. – Peu de jours après que je suis revenu. Elle guettait peut-être avant, rôdant dans nos parages. « 

Résumé

Adamsberg vient d’acquérir une maison, il est désormais voisin d’un vieil espagnol. Ce voisin lui apprend que sa demeure est hantée. Une ombre plane sur ce lieu. Mais elle ne s’en prend qu’aux femmes, Adamsberg n’a donc rien à craindre, a priori. Un Nouveau est arrivé au sein de la Brigade : Veyrenc. Il est placé à faire de la surveillance dans un cagibi. Sa mission, surveiller Camille. Pendant ce temps-là, deux corps sont retrouvés et faute de  preuves qu’il s’agisse qu’un crime non lié à la drogue, l’enquête risque d’être transférée aux stups. En déplacement personnel en Normandie, Adamsberg se lie avec des gars du coin qui lui racontent la façon dont un cerf a été tué récemment. D’une manière qui ne se fait pas, certainement pas l’acte d’un simple chasseur. De retour à Paris, Adamsberg retrouve Ariane, la nouvelle légiste, vielle connaissance de sa jeunesse, avec qui il évoque le cas de ‘l’Ange de la mort’, une infirmière, dissociée, qui a tuée pendant 40 ans un nombre conséquent de personnes âgées avant d’être arrêtée par Adamsberg.

Qu’est qui peut relier tous ses événements et le sont-ils ? Adamsberg va devoir creuser pour le découvrir.

Mon avis

Je n’aime pas prendre une « série » en cours, c’est donc assez exceptionnel pour moi. Ici c’est le Fred Vargas préféré de Ludivine, une copine du Club de Lecture L’île aux Livres, alors, je me suis lancée ! Il fallait bien que je découvre ^^ Alors, même s’il y a bien des allusions aux livres précédents (il y a même des notes en bas de page pour dire de quel livre il s’agit),  il ne s’agit de quelques bribes, de petites choses, sans rentrer dans le détail. Du coup, même si je n’aime pas « prendre le train en marche », ça ne m’a pas trop dérangée, ça m’a même donné envie de lire Sous les vents de Neptune (histoire se passant juste avant Dans les bois éternels) !

Les chapitres sont très courts et l’auteure creuse vraiment beaucoup ses personnages et notamment Adamsberg. Ce qui est quand même, vachement bien quand il s’agit d’un héros récurrent, c’est ce qu’attendent les lecteurs, et je pense qu’ils ne doivent pas être déçus. J’ai découvert la Brigade, un personnage à part entière. C’est comme une famille où tous les membres sont différents mais complémentaires, qui s’acceptent et s’engueulent, qu’on ne peut pas séparer. J’ai passé mon temps à me demander comment elle tenait debout cette Brigade, surtout avec un commissaire comme Adamsberg mais au final, il ne pourrait en être autrement. Cette façon s’être constamment en équilibre, prête à s’effondrer, c’est ce qui fait tout son charme.

Le commissaire est spécial, il a des moments de déconnexion, un côté mélancolique très prononcé, un côté perdu. Il est terriblement attachant ! Ses bizarreries le rendent encore plus  attachant d’ailleurs. On le perçoit à travers les membres de son équipe comme le pilier fragile. Il est assurément loin d’être parfait mais il a les qualités de ses défauts. Dans l’équipe, il est essentiel même si on se rend vite compte que chaque membre est important et à son rôle à jouer même mineur. Dans la Brigade, chaque membre a sa lubie, son caractère, sa façon d’être, … plein de spécificités qu’il est si plaisant de découvrir.

L’intrigue est diablement bien construite. Sous une impression de grosses ficelles et de facilité, le lecteur est en fait embarqué dans un imbroglio et ressort finalement assez voire complètement surpris du dénouement. Rebondissements, fausses pistes … Fred Vargas a réussi à me séduire, je n’en menais souvent pas plus large qu’Adamsberg. J’aime beaucoup les différents morceaux de l’intrigue, qui s’emboitent au fur et à mesure, avec en fond de tout ça, le quotidien du commissaire et ses relations difficiles avec les autres. Je n’en dirai pas plus sur l’histoire, parce qu’il est préférable de garder de la surprise, sans aucun doute ^^

J’ai beaucoup apprécié, la façon dont le récit est construit, jusqu’aux métaphores utilisées par le commissaire (les bouquetins tout ça). On recueille des indices, on cherche vraiment, on s’inquiète pour les personnages, on essaie de trouver le lien, on réussit ou on échoue, peu importe. La trame est vraiment réussie, c’est détaillé, imagé, avec un rythme propre à l’auteure et c’est, je pense, ce qui fait le charme de ce livre et de cette série très certainement. Le gros plus de Dans les bois éternels, et de la série entière sans doute, c’est le commissaire et son monde. C’est le microcosme crée par l’auteure : la Brigade, son fonctionnement, ses membres, son chef. La psychologie des personnages est bien développée. Comme le commissaire, les membres de la Brigade sont attachants, presque tous aussi barrés et bizarres qu’Adamsberg, sans oublier le chat le plus spécial du monde :p. Et comme la brigade compte presqu’une trentaine de membres, nul doute qu’il y ait matière à se renouveler de livre en livre ! Il a ceux qu’on adore, ceux qui intriguent, ceux qu’on déteste, ceux qui ne sont pas ce qu’ils laissent transparaitre…, vraiment il y a de quoi faire ^^

Je retiendrai entre autres que Fred Vargas réussit à me faire aimer des bizarreries et des attitudes qui dans la réalité m’agaceraient très certainement ^^ Elle a une façon bien à elle se surprendre son lecteur, une manière de retranscrire « l’imaginaire du quotidien » grâce à un héros différent avec les pieds sur Terre mais la tête dans les nuages.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman, un vrai polar et j’ai envie de lire d’autres titres de l’auteure avec le commissaire Adamsberg, et si pour une fois, je ne cherchais pas à « lire dans l’ordre » ? Je pense que c’est faisable, parce que l’auteure ne spoile rien ou si peu des autres intrigues et donc, je risque de lire Sous les vents de Neptune prochainement.

Encore merci Ludivine, je comprend maintenant pourquoi ce livre et cette auteure sont un coup de coeur pour toi !

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Oscar Wilde et le jeu de la mort de Gyles Brandreth

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Édition 10/18, 460 pages, 8€10 ou d’occasion

4ème de couverture

Facétieux Oscar Wilde ! Après avoir choqué le monde par ses boutades lors de la première triomphale de L’Eventail de Lady Windermere, le voici qui propose à ses amis une curieuse activité pour les distraire : le jeu de la mort. Chacun inscrit sur une feuille le nom de la victime de son choix et aux participants de deviner qui veut tuer qui. Mais quand la Mort commence à frapper les victimes potentielles dans l’ordre exact où elles ont été tirées, le drame succède à la comédie. Flanqué de son fidèle ami Robert Sherard, et assisté par Arthur Conan Doyle et par le peintre Wat Sickert, Wilde mène l’enquête avec plus de zèle que jamais. Car son nom et surtout celui de sa femme figurent sur la liste funèbre…

Résumé

Robert Sherard écrit dans la préface qu’il est le biographe officiel d’Oscar Wilde et aussi son ami. Il arrive à une époque où il souhaite enfin conter tout ce qu’il n’a jamais écrit sur cet auteur irlandais à succès.

En 1892, Oscar organise un fois par mois, un diner dans le salon privé d’un hôtel et propose à ses invités un magnifique repas et des distractions. Cette fois là, après une réception de sa femme, Oscar réuni ses amis et leurs invités et conclue la réunion du « Club Socrate » par un jeu de sa composition. Chacun doit écrire sur une feuille vierge le nom de la personne qu’il souhaiterait voir morte. Bien sur les gentlemen s’offusquent mais pour ne pas vexer leur hôte, ils jouent « au jeu de la mort ». Sur les papiers, on retrouve un peu de tout et un nom revient plusieurs fois, celui d’un des convives. Mais celui-ci ne s’en offusque point. Quand le nom d’Oscar et celui de sa femme sont tirés, l’ambiance se refroidit considérablement. Puis le lendemain, Oscar et ses amis apprennent la mort de la première personne tirée du chapeau …. Étrange. Quand les noms et les morts s’égrainent, Oscar décide de mener l’enquête…

Mon avis

Un « policier » qui se laisse lire mais qui n’est pas dénué de défauts.

Le lecteur suit le récit à travers les yeux et les oreilles de Robert Sherard, un ami d’Oscar Wilde qui fut également son biographe. L’intrigue de base est assez plaisante, j’aime beaucoup l’idée de suivre un personnage réel, façon détective. D’Oscar Wilde je ne connais pas grand chose à part Le portrait de Dorian Grey, sa statue à Dublin (en couleur !)  et sa réputation sulfureuse. J’ai donc découvert pas mal de chose, qu’il était marié et père de deux enfants, qu’il avait des goûts vestimentaires particuliers pour l’époque, qu’il maitrise ses théories sur l’esthétisme et qu’il voue un « culte au beau » et qu’il s’y connait pas mal en littérature et sur Socrate. Bref, très certainement moultes choses que ceux qui connaissent l’écrivain et la personne savaient déjà. Autant moi, j’ai appris pas mal de choses, autant du coup, d’autres y verront, et non à tord, une quasi biographie de l’auteur. Pour preuve : au cours de ma lecture, je suis allée sur Wikipédia (qui n’est pas infaillible mais ça aide) et  j’y ai retrouvé les mêmes anecdotes que dans ma lecture. C’est donc comme si l’auteur avait voulu TOUT mettre. Pourquoi pas mais c’est prendre le risque d’ennuyer légèrement (beaucoup ?) le lecteur. Pour moi c’est plutôt bien passé, mais je préfère prévenir :p

J’ai bien aimé la présence dans les amis d’Oscar d’autres personnes célèbres : Arthur Conan Doyle et Bram Stocker. Les références à leur œuvres respectives et les clins d’œil m’ont beaucoup amusés, je suis assez bon public pour ce genre de chose ^^ Et puis l’époque, Londres fin 19ème, j’adore !!!! On a pas mal de détails de la vie mondaine à cette époque, c’est vraiment un côté que j’ai apprécié.

Ensuite, ce qui rend mon avis mitigé c’est que l’intrigue bien qu’on nous la montre embrouillée et que volontairement l’enquête traine en longueur, il y a beaucoup de choses que l’on voit venir finalement, ce n’est pas tant le « qui » mais plutôt le « pourquoi » qui sera intéressant dans l’enquête. Au final, ce n’est pas l’intrigue « policière » qui est mise en avant, mais bien Oscar Wilde, sa façon d’être, sa manière de prendre les choses, son sens de la déduction. Il est arrogant, souvent plus antipathique que sympathique, il est très spécial dans sa manière d’apparaitre en société, on comprend aisément pourquoi certains le détestent. J’ai quand même du mal à m’imaginer comment il pouvait être réellement. J’ai eu l’impression que certains traits étaient très forcés. Peut-être pas, comment être sur, Gyles Brandreth se dit « spécialiste » et est même relu par un des héritiers d’Oscar Wilde, en tout cas, c’est quand-même plutôt un éloge à Oscar que tout le monde envie, aime, rare sont ceux qui le détestent même s’il y en a, qu’un point de vue plus neutre. Un point qui m’a fatiguée, c’est que quand on est pas en pâmoison devant Oscar Wilde, c’est devant sa femme, dont tous les hommes s’éprennent. A défaut d’être avec le mari peut-être 😉

Je n’ai pas trop aimé la façon dont les relations entre les personnages sont abordées, j’ai eu du mal avec certaines choses (mais là ça tient plus de mes sensibilités). Cette manière de laisser sa femme passer ses journées avec d’autres hommes, histoire qu’elle est de la compagnie et puis, elle qui ne voit pas comment Oscar la considère… Bref, ce n’était pas ma tasse de thé.

Je ne sais pas finalement si j’ai aimé Oscar ou si j’ai détesté Wilde… Bizarre. Il est tantôt extravagant, amical, chaleureux, et tantôt cynique, taciturne et arrogant. Difficile de l’aimer ou de le détester complètement. Il a des côtés attachants et d’autres horripilants. Par contre, je sais qu’il y a des personnages que je n’ai pas supporté, à commencer par Robert Sherard, le narrateur. Sa vie est assommante, pas étonnant qu’il passe son temps à chercher la compagnie des Wilde. Les passages où il parle de lui m’ont fatiguée et très peu intéressée. J’aurai préféré un autre point de vue narratif, je pense. D’autres personnages, je vous laisse découvrir lesquels sont forts antipathiques. C’est très bien fait, on a vraiment envie de les étriper, secouer, baffer, au choix.

L’écriture n’a rien d’extraordinaire mais ça se laisse lire et ça se lit d’ailleurs plutôt bien, fluide, chapitres pas trop longs, pas trop courts. Des variations de rythme. Dommage qu’il y ait les passages de Sherard où on s’ennuie (parce que savoir que ce jour là, il faisait beau ou pluvieux, faut reconnaitre que c’est vachement essentiel…).

Dans l’ensemble, j’ai aimé l’idée de faire d’un auteur un « Grand Détective », cette collection de 10/18 est vraiment sympa, le livre se lit bien, on apprend des choses sur Oscar Wilde, c’est intéressant pour le peu qu’on le connaisse mal. C’est sur ce n’est pas de la grande littérature mais ça diverti. Pour moi, le roman a des défauts et j’ai eu du mal à certains moments. Je ne sais pas si je retenterai une aventure d’Oscar, peut-être si ce n’est pas Robert Sherard le narrateur, pour voir si c’est le style de l’auteur que je n’ai pas aimé ou vraiment la narration par ce personnage.

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