La mort s’invite à Pemberley de P.D. James

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Le livre de poche, 7€60, 400 pages

4ème de couverture

Rien ne semble devoir troubler l’existence ordonnée et protégée de Pemberley, le domaine ancestral de la famille Darcy, dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maîtresse des lieux, Elizabeth Darcy. Elle est la mère de deux charmants bambins, sa soeur préférée, Jane, et son mari, Bingley, habitent à moins de trente kilomètres de là, et son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l’imposante bibliothèque du château. Mais le climat s’alourdit soudain lorsque, à la veille du bal d’automne, un drame contraint les Darcy à recevoir sous leur toit la jeune soeur d’Elizabeth, Lydia, et son mari, Wickham, que leurs frasques passées ont rendu indésirables à Pemberley. Avec eux s’invitent la mort, la suspicion mais aussi le romanesque.

Mon avis

Une déception

Un prologue explique au lecteur, qui ne connaitrait pas Orgueil et Préjugés de Jane Austen, certains des événements survenus 6 ans auparavant. Il retrouve donc résumés la venue de M. Bingley et M. Darcy à Netherfield Park, le bal où Darcy et Elizabeth se sont rencontrés, la maladie de Jane et la venue inattendue de sa sœur, etc., les différentes allées et venues des uns et des autres. Tout ceci, du point de vue des gens de Meryton, des « on dit ». Ainsi, il serait possible qu’Elizabeth ait dupé tout le monde, quelle ne recherchait que fortune et prestige ? Pourquoi tant d’animosité envers le charmant Wickham devenu beau-frère de Darcy mais qui n’est jamais reçu à Pemberley ?

Le lecteur retrouve donc Elizabeth et Darcy, 6 ans après l’action d’Orgueil et Préjugés, un jour avant l’organisation du bal de l’automne, le traditionnel bal autrefois organisé par Lady Anne, la mère de Darcy. Elizabeth a été complètement acceptée au domaine de Pemberley par les domestiques et gens de maison. C’est donc l’esprit serein et avec plaisir que les festivités sont organisées. Amitié et déférence acquises grâce à la bonté et l’esprit d’Elizabeth mais aussi car elle a donné deux beaux garçons à Darcy, ce qui assure un maintien de la famille au sein du domaine et donc l’assurance de garder son travail et de servir cette famille présente depuis des décennies.

Jane et Charles Bingley qui ne vivent pas très loin de Pemberley sont bien entendu présents au bal et reçus une journée en avance. Ils sont venus accompagnés d’un avocat de Londres comptant parmi leurs amis, M. Alveston. La veille du bal sont donc présents à Pemberley les Bingley et leur ami, le Colonel Fitzwilliam cousin de Darcy, co-tuteur de la douce Georgiana, sœur de Darcy et cette dernière demeurant toujours au domaine.

Au début du roman, on apprend différentes choses, les intentions du Colonel Fitzwilliam, récent héritier de sa famille et du titre, le bonheur de Darcy et Elizabeth et de Jane et Bingley, les relations entre Elizabeth et son amie Charlotte, etc. Mais aussi, l’existence d’une amitié entre Georgiana et M. Alveston , de tensions entre ce dernier et le Colonel Fitzwilliam, la présence à quelques lieux de là du fils mourant de l’ancien cocher du domaine M Bidwell, les bonnes relations entre Elizabeth et Lady Catherine de Bourgh. En somme, P.D. James nous plonge complètement dans la suite d’Orgueil et Préjugés, basant son action à Pemberley et reprenant les personnages principaux mais chacun ayant évolué, changé, etc.

Mais le soir de la veille du bal, après le repas, alors que les invités et les hôtes sont au salon, que le Colonel Fitzwilliam s’est absenté pour prendre l’air, arrivé une diligence a bien trop vive allure sur le domaine de Pemberley. Avec stupéfaction, les protagonistes découvrent Lydia Wickham, la sœur d’Elizabeth en plein crise d’hystérie. Le cocher raconte alors qu’il a laissé M. Wickham et son ami le capitaine Denny, après une dispute, dans les bois de Pemberley et qu’il a entendu des coups de feu. Lydia hurle à tous que son Wickham est mort et que Denny l’a tué.

Cet événement vient troubler la quiétude de Pemberley de ses habitants. Darcy et les hommes du domaine vont alors se rentrent dans les bois à la recherche de Wickham et du capitaine Denny. Ils tomberont alors sur le corps sans vie de l’un d’eux et l’autre en état de choc. Commence alors l’enquête concernant la mort soudaine et inattendue d’un des protagonistes.

J’ai bien aimé retrouvé l’ambiance, l’atmosphère et les personnages d’Orgueil et Préjugés, ainsi que les clins d’œil de l’auteur, le tempérament de Lydia qui n’a pas changé, la présence de M. Bennett toujours absorbé par les livres, le caractère de Mrs Bennett, etc. Le fait de reprendre les personnages et de leur redonner vie dans une suite m’a plu, et ça ne m’a pas dérangé. C’est même très sympathique. Ma déception pour ce roman vient de l’intrigue et de la façon dont le récit est construit. C’est avec la construction que j’ai eu beaucoup de mal. Restant fidèle à l’époque, le 19è, il n’est pas surprenant qu’il n’y est finalement pas vraiment d’enquête policière. Mais je pensais quand même avoir les points de vue des différents personnages comme Elizabeth ou même la version de Lydia, l’avis de Darcy ou du médecin du village. Mais bon, ici pas de travail sur les personnages et la façon dont ils vivent les choses. C’est la procédure judiciaire qui est détaillée et qui présente donc la soirée et la nuit du meurtre.

Et donc, le récit nous présente 3 ou 4 fois la même chose, le même déroulé des événements. Cette redondance ne m’a pas plu du tout. C’est bien trop et je me suis ennuyée. J’ai trouvé que du coup, la structure narrative mettait en évidence les personnages et les lieux où s’est vraiment joué les événements, en les pointant du doigt, sans laisser un effet de surprise à la fin quand on apprend la vérité sur tout. La construction du récit ne laisse pas assez la possibilité de fausses pistes ou de rebondissements, puisqu’il n’y a pas d’enquête. C’est la même version jusqu’à ce que le seul rebondissement explique la vérité.

Alors que j’ai adoré le prologue avec le point de vue des gens de Meryton et des étrangers sur les événements d’Orgueil et Préjugés, je n’ai pas aimé les explications de Darcy sur des événements vieux de 6 ans, qu’il comprenne qu’il faut communiquer avec sa sœur oui, mais qu’il revienne sur sa lettre à Elizabeth, ce n’était pas vraiment la peine. Pas du tout d’intérêt dans cette histoire. Un hors sujet fait pour combler quoi ?

Outre ces points, j’ai apprécié l’explication sur le vrai déroulement des événements même si du coup je me suis douté de qui et pourquoi un peu trop facilement, et je ne pouvais pas m’empêcher de dire, sacré Wickham, quand-même, y a des choses qui ne change pas !!

Même s’il y a pas mal de choses que j’ai aimé (retrouver les personnages, la société anglaise du 19è, l’explication finale entre autres), mon impression générale est une déception, parce que je ne m’attendais pas à m’ennuyer sur plus de 200 pages du roman. Les lourdeurs de l’enquête et du procès ont pris le pas sur le reste.

J’essaierai de relire un PD James parce que c’était bien écrit, facile à lire et que c’est une auteure très prisée dans le monde du polar. Je ne peux donc pas rester sur un seul récit et une déception.

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L’étrangleur de Cater Street d’Anne Perry

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Editions 10/18, 382 pages, 7,5€

4ème de couverture

Suffragette avant l’heure, la téméraire Charlotte Ellison n’aime ni l’étiquette ni le badinage des jeunes filles bien nées. Dévorant en cachette les faits-divers des journaux, sa curiosité la mêlera à une affaire des plus périlleuses, aux côtés du séduisant inspecteur Pitt de Scotland Yard. Dans le Londres des années 1880, le danger guette et les femmes en sont souvent la proie… Sherlock Holmes en jupons, la divine Charlotte dénoue son premier crime et inaugure une longue série d’enquêtes haletantes, dévoilant une Angleterre victorienne pleine de secrets.

Résumé

Charlotte vit à Londres au 19ème avec ses parents, sa soeur Sarah et son époux Dominic, sa seconde soeur Emily. Charlotte est différente de ses sœurs, car elle s’intéresse aux nouvelles et n’apprécie que peu les conventions sociales. Elle a le béguin pour son beau-frère, elle rejette donc plus ou moins consciemment les quelques propositions qu’on peut lui faire. De plus, pour sa famille, la franchise et la curiosité de Charlotte la desserrent même si c’est certainement celles des sœurs qui a le plus de charme. Seule chez elle, lors de la disparition d’une de leur employée, Charlotte décide de faire appel à la police. Sa famille s’offusque. Mais finalement, l’inquiétude des autres domestiques n’était pas vaine, la pauvre enfant a été retrouvé étranglée dans Cater Street comme d’autres jeunes filles avant elle… Il semble bien qu’un tueur en série rôde dans le quartier même si personne ne semble vouloir croire une telle chose…

Mon avis

Déception

En plus, la 4ème de couverture est une horreur, on présente Charlotte comme une « Sherlock Holmes » en jupon… Je me demande si la personne qui a rédigé cette 4ème de couv’ a vraiment lu, l’un ou l’autre pour le coup… De même… elle « dénoue son premier crime ».. ou encore « enquêtes haletantes »… Faudra me montrer où… Et Pitt « séduisant » (à sa façon aucun doute, mais ce n’est pas comme ça que l’auteure le décrit)… Bref, ne vous arrêtez pas à la 4ème (ça devient une habitude).

Déjà, je l’ai trouvé plus intéressant que le premier Anne Perry que j’ai lu (un Anne Perry de Noël avec Emily, c’est là que connaitre les persos doit aider à apprécier plus). A priori, ce n’est pas vraiment les intrigues policières qui font le succès de ses livres, mais plutôt les conventions sociales, les relations sociales et l’époque narrée par l’auteure. Et cet aspect là est très très bien fait. Par contre, amateur de polar, peut être serez-vous comme moi déçue (à nouveau par la collection Grands Détectives), on ne suit pas l’enquête, on ne sait rien de ce que l’inspecteur Pitt recherche. Le lecteur reste confiné dans la maison des Ellisons (ou presque). Bref, oubliez l’intrigue policière quasi inexistante (même la fin…) et concentrons nous sur les personnages.

Charlotte est un personnage très intéressant, jolie, intelligente mais trop franche, naturelle pour cette société qui place la femme comme l’inférieur de l’homme. Elle aimerait rejeter les conventions mais est obligée de s’y plier. Emily sa jeune sœur semble plus posée. En réalité, elle est surtout très intelligente, un peu calculatrice, elle souhaite une belle condition sociale et va tout faire pour y parvenir. Elle arrive à cacher son jeu. Ce qui n’est pas le cas de Charlotte, dont le visage et les attitudes reflètent ses émotions. Elle ne peut rien cacher aux autres. Sarah quand à elle est encore différente. Très respectueuse des convenances, elle semble aspirer à venir en aide aux miséreux en aidant le pasteur et son épouse.

Pour les parents, le père surtout, tout se joue sur la respectabilité de la famille, du quartier, de la maison. Si la jeune domestique est morte c’est qu’elle avait une petite vertu. Forcément. La pire dans la famille, c’est la grand mère, insupportable garante de la bienséance. Les femmes n’ont aucun droit et c’est bien normal et surtout c’est mieux comme ça.

C’est rien de dire que l’auteure est douée puisque j’ai eu ÉNORMÉMENT de mal avec les différences sociales, ce qui est voulu je pense. C’est en gros le cœur du livre, du coup, autant dire que ce fût dur pour moi, surtout qu’on a pas d’intrigue policière pour compenser…. Anne Perry décrit parfaitement bien les différences homme/femme, bourgeois/noble, bourgeois/police. Oui parce que ceux qui cherchent à vous protéger ne sont pas vos égaux, non non, ils sont moins élevés socialement et idiots, c’est bien connu.  En tout cas, même si j’ai eu beaucoup de mal, j’ai apprécié Charlotte, car elle réalise progressivement que tout ça n’est pas normal et que c’est injuste.

Dans ce premier roman, il m’a manqué quelque chose, ça reste pour moi, assez plat, il manque des phrases du narrateur pour approfondir certaines choses, notamment les sentiments des personnages. J’ai en effet, trouvé que la façon de « succomber » de Charlotte est beaucoup trop rapide, pas assez développé, pas vraiment cohérent avec le reste.

Pour ce qui est de l’intrigue, j’avais pour le coupable, quelqu’un d’autre en tête, j’ai compris qu’à l’avant dernier chapitre. Par contre de là, à dire que Charlotte et Thomas Pitt résolvent l’affaire… Non quand même, faut pas pousser. Et puis on a rien après la révélation du coupable, dommage.

Même si je suis déçue de ma lecture, je tenterai bien la suite afin de découvrir si Charlotte aide Thomas dans ses enquêtes, si elle lui ai utile et si elle devient vraiment en quelque sort une Sherlock en jupon.

Bref pour les relations sociales du 19ème, pour les relations entre sœurs et prétendants : oui. Pour l’intrigue et le côté policier : non. Du bon et du moins bons pour moi, je suis curieuse, je tenterai certainement au moins le suivant.

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Avant le déluge (Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, T2) de Raphaël Albert

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Editions Mnémos, Collection Hélios, 391 pages, 11,90€

4ème de couverture

Sylvo Sylvain est un elfe détective privé dans Panam, un Paris du XIXè siècle décalé, aux accents steampunk. Après des débuts laborieux, son agence connait maintenant succès et richesse. Tout va pour le mieux, jusqu’au jour où son ami le journaliste Jacques Londres disparaît. Sylvo et son acolyte Pixel vont mener l’enquête : précipités au coeur d’une gigantesque conspiration, ils vont côtoyer de très près la Grande Faucheuse…

Résumé

Quelques années après La Conjuration des éléments, Sylvo et Pixel ont enfin une vraie agence de détective privé, avec des employés et surtout des clients, nombreux et qui paient bien. Fini les années de disettes et de vaches maigres. Mais au lieu de surfer trop longtemps sur la vague des héros, ils décident de garder profil bas, même si la célébrité a quelques avantages. Un nouvel acolyte à rejoint les deux exilés, un jeune garçon voleur à ses heures mais débrouillard et sympathique : Broons. Il dérise plus que tout qu’on lui confie une affaire, une vraie. Et Sylvo décide de lui laisser sa chance, bientôt, très bientôt. Un matin, Sylvo et Pixel accompagnés de Broons, trouve qui les attend à l’agence, Mme Lane, la patronne du journaliste Jacques Londres, l’autre héros de la conjuration des éléments. Ce dernier a disparu depuis 3 jours déjà et cela ne lui ressemble pas. Même si Sylvo n’est pas convaincu que Londres est réellement disparu, il accepte d’enquêter… Commence alors une mission qui aura de très grosses conséquences….

Mon avis

Gros coup de cœur ! Une suite encore meilleure que le premier tome !

Je vous invite à relire mon avis sur le 1er tome, si vous n’avez pas eu l’occasion de le connaitre : Rue Farfadet

Par quoi commencer… On retrouve Sylvo et le pillywigging Pixel quelques temps après l’action du tome 1, Rue Farfadet. Leur Agence est désormais on ne peut plus officielle :  P & S, et marche plutôt bien, une vraie secrétaire et des employés sérieux et efficaces, Le Géomètre, Hobo, … et Broons. Chacun a ses petites particularités mais ce sont de bons détectives qui contribuent à la renommé de l’Agence. Le lecteur apprend vite à les connaitre ou les reconnaitre car certains membres du personnel ne lui seront pas inconnus ! Sylvo nous conte sa routine et ses habitudes nouvelles, tout bien, voire tout va mieux, jusqu’au jour où disparaît Londres, le journaliste vedette depuis la Conjuration des Éléments. De prime abord, on découvre que lui et Sylvo ne sont pas aussi amis que la presse le dit mais en soe uvenir des événements passés, l’elfe détective accepte de mener l’enquête sur cette fraiche disparition. Les investigations de P & S débutent pas fouiller le bureau de Londres au journal et son appartement. C’est lors de la fouille de ce dernier lieu que les enquêteurs vont commencer à comprendre que la disparition du journaliste est peut-être bien sérieuse et les deux acolytes vont se retrouver au coeur d’une conspiration qui les dépassent. Comment vont-ils s’en sortir ? et retrouveront-ils Londres ?

A partir de la fouille de l’appartement de Londres, le rythme ne s’essouffle pas un instant ! Une vraie enquête voit le jour, découvertes, indices … Les événements s’enchaînent. L’intrigue est superbement construite. Ce second tome est résolument plus noir que le précédent, il se passe beaucoup de choses. Et le lecteur découvre qu’il ne se passe pas que du joli, joli dans le royaume et à Panam. Dans le premier, l’humour était de mise, ici même si certains passages sont plus légers, l’atmosphère des découvertes, les drames qui se jouent, des événements, complots … ne prêtent pas à la rigolade. Sombre et dense, étrange et mystérieuse, l’intrigue est à l’image de l’univers créé par l’auteur. C’est vraiment un polar plaisant, dramatique et palpitant, on en oublierait presque que les héros sont des personnages de « fantasy ». De nouveau, Raphaël Albert réussi le coup de maître de mêler polar et fantasy avec une facilité qui semble si déconcertante, et par là même il bluffe son lecteur ! Je trouve qu’on accroche très bien aux deux univers mélangés et que les peuples, créatures, mythologie inventée se fondent complètement dans l’histoire. Ce roman allie les deux univers que j’aime le plus, ce n’est donc que du bonheur !!!

On retrouve avec plaisir Panam, ce Paris de la fin du 19ème, à la sauce steampunk. Et c’est toujours aussi bon.  Je continue de beaucoup aimé cet univers et je dirais même que c’est encore meilleur, car il y a plus de choses développées. On retrouve ce monde avec 3 lunes, des rythmes différents, des noms d’heure, de jour, de mois à la fois différent et proche des nôtres, une gestion du Royaume par 3 Ducs. Toujours original et dans le respect de certains codes. Le steampunk est toujours le plus de cet univers en lien avec le monde fantasy où l’on croise autant de magie que de science. Je loupe peut-être quelques références, n’étant pas parisienne, cependant il y a les incontournables, les références littéraires … qu’on ne peut pas les louper. Un vrai méchant se démarque un peu plus, le 4ème Duc, personnage mystérieux, qui peut bien se cacher derrière ce mythe ? Existe-t-il vraiment ? Qui tire donc les ficelles ?

On suit Sylvo à travers Panam et avec lui, on explore encore un peu plus les traditions de ce Royaume, la Danse macabre par exemple, ainsi que la composition du Petit Peuple. L’auteur a choisi cette fois, de nous faire découvrir, l’envers du décor, des lutins et des leprechauns. J’ai adoré cette balade sombre dans Panam où l’on sent poindre le souffle de la révolte…

L’univers est très travaillé, tout comme le personnage de Sylvo. On commence à découvrir des choses de son passé, la collecte d’informations continue et on a envie d’en savoir toujours plus. Il reste mystérieux sur ce passé mais sa psychologie est elle, très développée. Le lecteur sait ce qu’il pense, ce qui l’effraie, le rend heureux, le perturbe, le dérange. Il semble changé mais est-ce vraiment le cas ? Il y a encore tant de choses à découvrir. Je suis très attachée à ce personnage que j’adore de plus en plus, et la fin …. le choc, elle m’a brisé le cœur, frustrée je suis. C’est dire, il me faut absolument la suite ! Malheureusement, elle n’est pas encore publiée. Je rassure ceux qui se demandent si du coup, il y a une fin ou pas, oui, l’intrigue est résolue mais on apprend et on souhaite savoir tellement d’autres choses, que : vivement la suite !!!!

Avant le déluge, comme Rue Farfadet, est très travaillé, recherché, et très bien écrit. Je dirais aussi que je le trouve plus fluide et que l’auteur affirme encore plus son style. Il y a du renouveau, plus sombre comme je l’ai déjà dit, une vraie suite. Un coup de cœur !

Avant le déluge, c’est une véritable plongée en eaux troubles, une enquête avec son lot de révélations (et quelles révélations!), de trahison, de surprise, de suspense !!! Je le recommande vivement. A lire de préférence après le 1, même si les deux tomes peuvent se lire assez bien l’un sans l’autre, l’univers est tellement formidable que ça serait dommage de ne pas lire Rue Farfadet.

masse critique

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Oscar Wilde et le jeu de la mort de Gyles Brandreth

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Édition 10/18, 460 pages, 8€10 ou d’occasion

4ème de couverture

Facétieux Oscar Wilde ! Après avoir choqué le monde par ses boutades lors de la première triomphale de L’Eventail de Lady Windermere, le voici qui propose à ses amis une curieuse activité pour les distraire : le jeu de la mort. Chacun inscrit sur une feuille le nom de la victime de son choix et aux participants de deviner qui veut tuer qui. Mais quand la Mort commence à frapper les victimes potentielles dans l’ordre exact où elles ont été tirées, le drame succède à la comédie. Flanqué de son fidèle ami Robert Sherard, et assisté par Arthur Conan Doyle et par le peintre Wat Sickert, Wilde mène l’enquête avec plus de zèle que jamais. Car son nom et surtout celui de sa femme figurent sur la liste funèbre…

Résumé

Robert Sherard écrit dans la préface qu’il est le biographe officiel d’Oscar Wilde et aussi son ami. Il arrive à une époque où il souhaite enfin conter tout ce qu’il n’a jamais écrit sur cet auteur irlandais à succès.

En 1892, Oscar organise un fois par mois, un diner dans le salon privé d’un hôtel et propose à ses invités un magnifique repas et des distractions. Cette fois là, après une réception de sa femme, Oscar réuni ses amis et leurs invités et conclue la réunion du « Club Socrate » par un jeu de sa composition. Chacun doit écrire sur une feuille vierge le nom de la personne qu’il souhaiterait voir morte. Bien sur les gentlemen s’offusquent mais pour ne pas vexer leur hôte, ils jouent « au jeu de la mort ». Sur les papiers, on retrouve un peu de tout et un nom revient plusieurs fois, celui d’un des convives. Mais celui-ci ne s’en offusque point. Quand le nom d’Oscar et celui de sa femme sont tirés, l’ambiance se refroidit considérablement. Puis le lendemain, Oscar et ses amis apprennent la mort de la première personne tirée du chapeau …. Étrange. Quand les noms et les morts s’égrainent, Oscar décide de mener l’enquête…

Mon avis

Un « policier » qui se laisse lire mais qui n’est pas dénué de défauts.

Le lecteur suit le récit à travers les yeux et les oreilles de Robert Sherard, un ami d’Oscar Wilde qui fut également son biographe. L’intrigue de base est assez plaisante, j’aime beaucoup l’idée de suivre un personnage réel, façon détective. D’Oscar Wilde je ne connais pas grand chose à part Le portrait de Dorian Grey, sa statue à Dublin (en couleur !)  et sa réputation sulfureuse. J’ai donc découvert pas mal de chose, qu’il était marié et père de deux enfants, qu’il avait des goûts vestimentaires particuliers pour l’époque, qu’il maitrise ses théories sur l’esthétisme et qu’il voue un « culte au beau » et qu’il s’y connait pas mal en littérature et sur Socrate. Bref, très certainement moultes choses que ceux qui connaissent l’écrivain et la personne savaient déjà. Autant moi, j’ai appris pas mal de choses, autant du coup, d’autres y verront, et non à tord, une quasi biographie de l’auteur. Pour preuve : au cours de ma lecture, je suis allée sur Wikipédia (qui n’est pas infaillible mais ça aide) et  j’y ai retrouvé les mêmes anecdotes que dans ma lecture. C’est donc comme si l’auteur avait voulu TOUT mettre. Pourquoi pas mais c’est prendre le risque d’ennuyer légèrement (beaucoup ?) le lecteur. Pour moi c’est plutôt bien passé, mais je préfère prévenir :p

J’ai bien aimé la présence dans les amis d’Oscar d’autres personnes célèbres : Arthur Conan Doyle et Bram Stocker. Les références à leur œuvres respectives et les clins d’œil m’ont beaucoup amusés, je suis assez bon public pour ce genre de chose ^^ Et puis l’époque, Londres fin 19ème, j’adore !!!! On a pas mal de détails de la vie mondaine à cette époque, c’est vraiment un côté que j’ai apprécié.

Ensuite, ce qui rend mon avis mitigé c’est que l’intrigue bien qu’on nous la montre embrouillée et que volontairement l’enquête traine en longueur, il y a beaucoup de choses que l’on voit venir finalement, ce n’est pas tant le « qui » mais plutôt le « pourquoi » qui sera intéressant dans l’enquête. Au final, ce n’est pas l’intrigue « policière » qui est mise en avant, mais bien Oscar Wilde, sa façon d’être, sa manière de prendre les choses, son sens de la déduction. Il est arrogant, souvent plus antipathique que sympathique, il est très spécial dans sa manière d’apparaitre en société, on comprend aisément pourquoi certains le détestent. J’ai quand même du mal à m’imaginer comment il pouvait être réellement. J’ai eu l’impression que certains traits étaient très forcés. Peut-être pas, comment être sur, Gyles Brandreth se dit « spécialiste » et est même relu par un des héritiers d’Oscar Wilde, en tout cas, c’est quand-même plutôt un éloge à Oscar que tout le monde envie, aime, rare sont ceux qui le détestent même s’il y en a, qu’un point de vue plus neutre. Un point qui m’a fatiguée, c’est que quand on est pas en pâmoison devant Oscar Wilde, c’est devant sa femme, dont tous les hommes s’éprennent. A défaut d’être avec le mari peut-être 😉

Je n’ai pas trop aimé la façon dont les relations entre les personnages sont abordées, j’ai eu du mal avec certaines choses (mais là ça tient plus de mes sensibilités). Cette manière de laisser sa femme passer ses journées avec d’autres hommes, histoire qu’elle est de la compagnie et puis, elle qui ne voit pas comment Oscar la considère… Bref, ce n’était pas ma tasse de thé.

Je ne sais pas finalement si j’ai aimé Oscar ou si j’ai détesté Wilde… Bizarre. Il est tantôt extravagant, amical, chaleureux, et tantôt cynique, taciturne et arrogant. Difficile de l’aimer ou de le détester complètement. Il a des côtés attachants et d’autres horripilants. Par contre, je sais qu’il y a des personnages que je n’ai pas supporté, à commencer par Robert Sherard, le narrateur. Sa vie est assommante, pas étonnant qu’il passe son temps à chercher la compagnie des Wilde. Les passages où il parle de lui m’ont fatiguée et très peu intéressée. J’aurai préféré un autre point de vue narratif, je pense. D’autres personnages, je vous laisse découvrir lesquels sont forts antipathiques. C’est très bien fait, on a vraiment envie de les étriper, secouer, baffer, au choix.

L’écriture n’a rien d’extraordinaire mais ça se laisse lire et ça se lit d’ailleurs plutôt bien, fluide, chapitres pas trop longs, pas trop courts. Des variations de rythme. Dommage qu’il y ait les passages de Sherard où on s’ennuie (parce que savoir que ce jour là, il faisait beau ou pluvieux, faut reconnaitre que c’est vachement essentiel…).

Dans l’ensemble, j’ai aimé l’idée de faire d’un auteur un « Grand Détective », cette collection de 10/18 est vraiment sympa, le livre se lit bien, on apprend des choses sur Oscar Wilde, c’est intéressant pour le peu qu’on le connaisse mal. C’est sur ce n’est pas de la grande littérature mais ça diverti. Pour moi, le roman a des défauts et j’ai eu du mal à certains moments. Je ne sais pas si je retenterai une aventure d’Oscar, peut-être si ce n’est pas Robert Sherard le narrateur, pour voir si c’est le style de l’auteur que je n’ai pas aimé ou vraiment la narration par ce personnage.

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Challenge XIXe siècle

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Parce que je suis une « quiche » sur cette période et que j’ai plein de classiques non plus… je m’inscris au challenge XIXème siècle organisé chez Netherfield Park !

Le principe c’est simple : « il s’agit de lire des livres écrits au XIXe siècle ou postérieurs mais s’inspirant de cette période. Les films, séries, comptes rendus d’exposition (etc.) sont aussi acceptés. »

Ce challenge durera 1 an jusqu’au dimanche 14 septembre 2014.

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Pas de niveaux, pas de pression, on peut lire autant de livres que l’on veut, et voir ou pas des films et séries, libre à chacun de voir en fonction de ses affinités et de son temps. Le but est d’échanger sur cette époque, de donner envie ou de découvrir !

Les filles ont même préparé une liste d’auteurs, d’ouvrages, de films et autres pour nous aider dans le challenge, elles sont adorables ❤ La liste est ici

Si vous voulez vous inscrire, un commentaire chez Netherfield Park et le tour est joué !

Bon challenge à tous les inscrits !!

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