Mes impressions lectures Fin d’année 2016 #1

couv26177523

Notre-Dame de Paris de Victor Hugo

Le livre de poche, 705 pages environ, 5€ environ en poche

En 1831, Victor Hugo réinvente le Moyen Âge et élève un monument littéraire aussi durable que l’œuvre de pierre qui l’a inspiré. Sous la silhouette noire et colossale de la cathédrale fourmille le Paris en haillons des truands de la Cour des Miracles. Image de grâce et de pureté surgie de ce cauchemar, la bohémienne Esméralda danse pour le capitaine Phoebus et ensorcelle le tendre et difforme Quasimodo, sonneur de cloches de son état. Pour elle, consumé d’amour, l’archidiacre magicien Claude Frollo court à la damnation.
De cette épopée hallucinée, ces monstres et ces figures s’échappent pour franchir les siècles, archétypes de notre mythologie nationale, de notre art et de notre Histoire.

Mon avis :

En 2016, j’ai enfin lu ce classique de Victor Hugo. Un roman parfois un peu long mais tellement riche..

J’avais en tête la comédie musicale, je n’ai jamais vu de films ou de dessins animés. J’ai donc découvert des personnages 100 fois plus travaillés, mais surtout un bossu beaucoup plus difforme et complexe;  une Esmeralda plus désinvolte et naïve ; un Frodo plus froid et plus torturé ; un Phoebus encore plus frivole et intéressé…

Mais aussi d’autres personnages secondaires que je n’avais pas imaginé comme ça, notamment l’auteur de pièces de théâtre plus intéressé par l’avenir de la chèvre de la gitane que par la gitane elle-même alors qu’elle a sauvé sa peau dans la cour des miracles.

Un personnage à part entière, Paris. Il y a beaucoup de descriptions, parfois on s’y perd même un peu mais c’est aussi un énorme travail de la part d’Hugo. Il brosse un portrait de la ville aussi important que ses personnages. Bien sur il va aussi rendre vivante cette cathédrale Notre-Dame de Paris.

Mais surtout ce qui m’a le plus plu ce sont les réflexions sur l’humanité, sur les apparences, sur la destinée. Il suffit de pas grand chose pour que la vie qui s’offrait à vous change du tout au tout.

On a aussi l’impression qu’une force tire les ficelles et que, bien que les personnages se démènent et luttent, rien n’y fait. Une autre forme de violence.

L’écriture est parfaite, les longues descriptions pourront peut-être perdre le lecteur parfois mais je pense qu’il faut savoir passer outre. Je garde des passages en tête plusieurs mois après ma lecture. C’est bien que l’auteur est doué pour vous imprégner de sa passion pour la ville et l’Homme.

Remarque : ma version comporte énormément de note de bas de page. J’ai pris le parti de ne pas les lire (sauf traduction de phrase en latin). Les informations données sont intéressantes mais alourdissent le récit et pas nécessaires pour le comprendre.
Une lecture que je suis vraiment contente d’avoir pris le temps de faire et que je relirai certainement un jour ^^

La voie des oracles II. Enoch d’Estelle Fayeenoch

Scrineo, 333 pages, 16€90

Parce qu’Aedon les poursuit sans relâche, Thya, Aylus, Enoch et le Sylvain minuscule fuient dans les terres barbares jusqu’aux confins de l’Asie.

Sur la route, ils vont découvrir des mondes différents, colorés, fabuleux, aux magies millénaires, aux mythologies fascinantes. un univers plus vaste et plus étrange que tout ce qu’ils auraient pu imaginer.
Leurs rares alliés sont en péril. Aedon, toujours plus menaçant et plus trouble, a conclu un pacte avec les créatures des Enfers. Pour survivre, Thya doit percer le secret des anciens Oracles, mais l’intervention d’Enoch risque de tout changer.
Car ce nouveau monde, s’il les force à se révèler, pourra aussi les perdre….

Mon avis :

J’ai aussi lu Enoch le tome II de la voie des oracles, avec sa magnifique couverture signée Aurélien Police.

On retrouve les personnages là où on les avait quittés, et la tournure des événements prend un aspect un peu plus sombre. Le récit fait la part belle aux dieux et déesses qui décidément peuvent faire des humains tout ce qu’ils veulent ou presque. La quête de réponse de l’héroïne se poursuit et elle va aller plus loin que tout autre Oracle avant elle. J’ai beaucoup apprécié l’évolution des personnages. On est pris dans l’histoire et les pages se tournent toutes seules.

La fin que je n’avais pas vu venir donne un second souffle à la trilogie et annonce un tome 3 différent, on a envie de se jeter dessus.

L’écriture est toujours fluide et très agréable.

529049_483533071693189_1440585319_n

Le puits des mémoires 2. Le fils de la lune de Gabriel Katz

Scrineo, pages, 16,90€

Fuyant le royaume d’Helion où leur tête est mise à prix, Nils, Karib et Olen s’embarquent pour Woltan, sur les traces de leur identité. Pourquoi ont-ils assassiné le plus puissant roi du monde ? Dans leur quête de la vérité, ils vont découvrir un royaume fascinant, colossal, aux frontières des terres barbares. Mais leurs poursuivants n’ont pas abandonné la traque…
Pour les fugitifs sans mémoire, c’est l’heure des révélations, et de la plongée dans le grand nord, où leur vie ne tient qu’à un fil.

Mon avis :

Puis, je me suis attaqué au 2ème tome du Puits des mémoires de Gabriel Katz: le fils de la lune. J’avais bien aimé le 1er mais j’ai été moins emballée que mes camarades lectrices. J’avais donc un peu peur. Mais finalement, j’ai adoré cette suite, qui pour moi est meilleure que le 1. J’ai été happé par la suite des aventures de nos amnésiques. Et c’est l’heure des révélations. On découvre progressivement qui sont Karib, Olen et Nils… Et vivement le 3 pour savoir enfin pourquoi ils sont traqués sans relâche. Surtout maintenant que nous savons qui ils sont. J’avais vu venir la révélation finale mais maintenant j’ai trop envie de savoir ce qu’il s’est passé avant leur capture et leur perte de mémoire.

En plus de l’humour, ce tome à pour messages que les apparences sont parfois trompeuses. Et si on se redécouvrait, serions nous les mêmes personnes qu’avant ? C’est vraiment une excellente suite et je suis ravie de ne pas m’être arrêtée au 1er 🙂

Northanger Abbey de Jane Austen

norther 10/18 Editions, 276 pages, 7€10

4ème de couverture

Par sa gaucherie, ses rêveries naïves et son engouement pour les vieux châteaux, Catherine Morland semble loin des modèles de vertu. Mais si cette jeune Bovary délicatement british n’a rien d’une héroïne, c’est que Jane Austen s’amuse ! Et nous emporte, d’une plume malicieuse, d’un bout à l’autre du plus moderne des romans austeniens.

Résumé

Catherine Morland n’a rien d’une héroïne et pourtant… Garçon manqué pendant son enfance, elle n’excelle pas dans le jardinage, la tenue d’une maison ou dans les Arts, pas de dessins, ni de musique ou de chant…Maladroite, gauche et parfois stupide, qui aurait pu imaginer qu’elle deviendrait plutôt jolie et qu’elle serait amenée à se rendre à Bath pour accompagner les Allen et aller au devant de sa carrière d’héroïne ?

Mon avis

Lu en lecture commune avec Scarlett et Marie (Même les sorcières lisent)

Quelle écriture et quel esprit ! Jane Austen m’a complètement séduite avec ce petit Northanger Abbey

Le lecture découvre un portrait très précis et pourtant très court de Catherine Morland. L’enfance de cette jeune femme n’est rien de sensationnel, elle-même jusqu’à son adolescence ne semble n’avoir rien pour elle. Quel portrait !  On ne s’attend pas à ça pour débuter un roman !! Pas vraiment douée pour les études, un peu garçon manqué au début, Catherine n’a pas de talent particulier. Mais la jeune femme a bon et agréable caractère. Elle ne côtoie pas de jeunes gens de son âge et n’a pas vraiment l’occasion de voyager. Avec sa grande famille, le destin ne semble pas l’avoir favorisée. Mais un jour, leurs voisins, les Allen lui proposent de les suivre à Bath. Une aubaine pour la jeune fille. Elle va enfin sortir un peu en société. Bath, ses rooms, ses bals, les distractions : théâtre, boutiques, … tout ce qu’elle n’a encore jamais vécu.

Puis Jane Austen s’adresse à son lecteur dans ce roman. On comprend alors qu’elle va nous dépeindre les travers de son époque en prenant cette « pauvre » jeune Catherine qui décidément n’a rien d’une héroïne et pourtant des rencontres vont la façonner et son histoire sera digne d’être racontée.

Catherine et Mrs Allen pourtant ne connaissant personne et les premiers jours dans la ville de Bath sont loin d’être idyllique. Il leur manque une connaissance, quelqu’un qui pourrait les présenter aux gens de la société.  Même si Catherine se voit attribuer comme cavalier Mr Tilney avec qui elle sympathise aussi bien que le peu les convenances, le temps passe alors lentement. Si seulement, Miss Morland et Mrs Allen pouvaient avoir quelques connaissances à Bath. La providence étant curieuse, Mrs Allen finira par tomber sur une ancienne amie, Mrs Thorpe, elle aussi séjournant dans la ville. Catherine va alors se lier d’amitié avec Isabelle, la fille de Mrs Thorpe. Et le hasard faisant encore étrangement les choses, le frère d’Isabelle John connait le frère ainé de Catherine, James ! L’occasion d’avoir chacune un cavalier. Sauf que John n’a pas la finesse du frère de Catherine.

La plume de Jane Austen est un délice vraiment, alliant finesse et ironie. Elle manie l’ironie de façon tellement charmante, et pourtant, elle sait être féroce ou impitoyable mais toujours avec bienséance et courtoisie. Un régal vraiment ! Elle nous croque des personnages charmants et d’autres extrêmement agaçants mais semble-t-il assez fidèles de leur époque. Certains très vaniteux et imbus d’eux-mêmes, ou encore très « je fais le contraire de ce que je vous dis », d’autres par contre, charmant, adorable et attentif. Quel contraste !

Je n’ai pas supporté les Thorpe, intéressés et versatiles. Égoïstes aussi. Ils m’ont fait hérisser les poils des bras 😀 Jane Austen excelle dans l’art de leur tirer le portrait. ça fonctionne bien, j’avais envie de frapper l’un avec l’autre ! Mais ils seront utiles à Catherine, elle va ouvrir les yeux et découvrir que la nature humaine n’est pas une et unique. Jane Austen a du doser ses effets, juste quand je me disais « il ne faut pas que cette partie dure trop longtemps, parce que là, je ne les supporte plus », elle a su changer le décor de son héroïne.

J’ai aimé Catherine, sa spontanéité, son humeur agréable et sa passion pour les romans noirs et les vieux châteaux. Elle semble au premier abord très naïve, mais il faut se rappeler qu’elle vient de la campagne et donc n’a pas du tout l’habitude des convenances de cette époque. Surtout, elle n’a pas côtoyé assez de jeunes gens pour comprendre rapidement qu’elle se fait berner, abuser ou pour savoir comment se comporter. Elle est tellement nature qu’elle ne voit pas le mal. Mais attention, elle a des sursauts de réflexion et elle est honnête donc elle ne se fera pas avoir trop longtemps. Puis elle manque peut-être d’esprit mais pas d’imagination. J’ai adoré son séjour à Northanger Abbey. Elle est attachante et on a vraiment envie qu’elle ait un destin d’héroïne ^^

J’ai adoré l’ambiance dans les différents parties, celle des Rooms de Bath, très guindée; celles de balade entre jeunes gens, très controversée et celle de l’arrivée à Northanger, très gothique. Puis, le changement de caractères de certains personnages, qui finissent par s’expliquer, ah les apparences, …

J’ai adoré le fait que « Jane Austen nous parle ».  Elle dépeint si bien les caractères et les convenances, elle les dénonce à sa façon. Quelle modernité ! On est régulièrement pris à parti et puis elle évoque même ses sœurs.  Ça m’a surpris et en même temps j’ai adoré ❤

C’était vraiment une excellente lecture, un coup de coeur pour la plume envoutante et le style si parfait de Jane Austen. Pour son tact mais aussi sa façon de dépeindre la société de son époque, loin d’être parfaite mais pas la pire non plus. Travers, défauts, elle nous les montre et prend parfois des risques pour une auteur de son époque. Pas étonnant que le livre ne soit pas sorti rapidement. Il a du choquer son éditeur ?! Et ses passages sur les livres, les auteurs, les figures féminines, les a priori, les fausses idées, … Que ce livre est riche pour ses moins de 300 pages ! Je ne peux pas tout dire, tout citer mais j’en ai relevé des citations si vraies, si justes, et pourtant si opposée à la pensée de l’époque.  Résolument MODERNE. Une démonstration !

J’ai d’ailleurs commandé dans la foulée, Persuasion et Mansfield Park ^^ Ah Jane Austen ❤

L’avis de Scarlett

L’avis de Marie (Même les sorcières lisent)

Le livre de la jungle de Rudyard Kipling

le livre de la jungleLu en ebook, gratuit

4ème de couverture

Un loup et sa compagne découvrent un Petit d’Homme errant tout nu dans la forêt. Mowgli : ainsi va l’appeler Mère Louve qui l’adopte comme un de ses petits, refusant de le livrer à Shere Kahn, le tigre boiteux. Furieux, le tigre vient exiger son dû au Conseil du Clan où, selon la loi, chaque petit du Peuple Libre doit être présenté devant les autres loups. Mais l’ours Baloo et la panthère Bagheera interviennent en sa faveur. Mowgli va grandir sous leur protection. Mais Shere Kahn rôde dans l’ombre…

Résumé

Découvrir les moments forts de l’enfance de Mowgli, du conseil des loups à l’affrontement avec Shere Kahn, le rapt par le peuple Singe, découvrir la loi de la jungle et ses animaux sauvages (et d’autres domestiqués),  voyager de l’Alaska à l’Inde … 7 nouvelles qui emméneront le lecteur vers toutes ses découvertes.

Mon avis

Une déception

ça ne m’arrive pas souvent mais là, je n’ai pas aimé. Je peux trouver des choses qui m’ont plu, mais mon ressenti général est que je me suis ennuyée et que je suis passée à côté des nouvelles et de leurs « messages ». En fait, c’est en discutant de ce livre, lecture commune du Club de lecture L’île aux livres, que je me suis rendue compte qu’il y avait certainement bien plus « à en tirer » que ce que j’en ai pensé.

Voici d’abord succinctement mon avis sur les nouvelles :

  • Les Frères de Mowgli (avec Mowgli)

Le lecteur découvre, au cœur de la Jungle, un clan de loups et l’arrivée surprenante d’un petit d’homme. Il faudra toute la persuasion de membres extérieurs à la meute, pour que le petit ne soit pas abandonné à son triste sort, servir de repas au tigre Shere Kahn. Et puis 12 ans après, la stupidité et la cupidité des uns, la cruauté et la méchanceté des autres vont le forcer à quitter la jungle.

Retrouver les héros du livre de la jungle, le dessin animé, est intéressant. Mais le style de l’auteur ne pas m’a pas aidé à me plonger dans ce récit. Pourtant, on a là, beaucoup de thèmes qui devraient toucher : le rejet, l’abandon, la trahison, … mais je ne sais pas pourquoi, la « magie » n’a pas opéré.

  • La Chasse de Kaa (avec Mowgli)

Mowgli a 7 ans, il apprend les lois de la jungle avec Baloo, qui n’est pas toujours très tendre avec lui. Quand, un jour, Mowgli est enlevé par le peuple singe, les Bangar-log, peuple sans loi, sans règle; à la mémoire courte, vaniteux, sot et stupide, Baloo et Bagheera vont devoir chercher de l’aide. Ils doivent s’en remettre à Kaa, pourtant le dernier animal de la Jungle auquel ils souhaiteraient demander de l’aide.

On découvre les lois de la jungle avec Mowgli. On retrouve Kaa, l’hypnotiseur serpent et le lecteur en apprend plus sur les liens entre les peuples, ce qu’il faut faire ou ne pas faire, les codes pour survivre. Cette nouvelle traite de l’importance de respecter les lois, les codes, les règles.

Encore une fois, je n’ai pas vraiment su apprécier, je pense être passée à côté des vrais messages à la lecture. La façon de faire m’a agacée et puis les dialogues m’ont gênés, comme s’ils ne sonnaient pas vrais.

  • « Au tigre ! au tigre ! » (avec Mowgli)

On revient sur Mowgli réfugié chez les hommes, qui apprend que Sheer Khan en veut toujours à sa vie. Mowgli doit prendre les devants, quitte à tuer avant de se faire tuer.

Manipulation, combat, ruse et tactique, sont les maitres mots de cette nouvelle. Des 3 nouvelles sur Mowgli c’est celle que j’ai le moins aimé.

Certains thèmes et certains passages ne sont pas vraiment adaptés pour les enfants, je trouve. Cette 3ème nouvelle est violente dans son genre. Je pense qu’il y a de quoi vraiment faire peur à de jeunes enfants. Il y a aussi des messages pour leur apprendre à respecter les ainés, les lois, ne pas suivre ou croire n’importe qui … mais je crois que ce n’est plus un style adapté pour notre époque.

  • Le Phoque blanc

Kotick est un bébé phoque qui apprend la vie. Nager, se nourrir, suivre les courants. Cependant, il est spécial. Déjà il est tout blanc. Et puis il est curieux. Il comprend que l’homme tue et chasse les phoques. Kotick décide de ne pas « s’établir » avant d’avoir découvert un endroit où les phoques de son clan, seront en sécurité.

Une nouvelle surprenante, que viennent faire des phoques dans la Jungle 😉 ! Ici, l’auteur apprend aux jeunes qu’il faut être curieux, altruiste et défendre ses idées. Mais je n’adhère toujours au style et la façon de faire. Je me rend compte que je suis passée complètement à côté de cet ouvrage…

  • Rikki-tikki-tavi

Une mangouste est recueillie par des humains. Elle n’est pas sauvage pour un sou,  elle est même très curieuse et se fait un devoir de protéger la famille qui l’a trouvé. Quand elle comprend que la famille est menacée par un couple de cobra noir, elle passe à l’action.

Alors là, je suis passée encore plus à côté de cette histoire que des autres …. C’est intéressant de voir comment les animaux « combattent » mais à part ça…

  • Toomai des Éléphants

Le lecteur suit les Toomai qui de pères en fils travaillent à rassembler et dompter les éléphants sauvages pour qu’ils soient ensuite « domestiqués » pour la guerre ou le confort des plus riches et l’homme blanc. Un soir, un vieil éléphant quitte le campement en emmenant avec lui le jeune Toomai…. qui va assister à la ce que personne n’a jamais pu voir, la Danse des Éléphants.

Cette danse est le passage le plus « joli » du recueil, un moment suspendu, un phénomène rare qu’aucun humain n’a jamais vu. Malheureusement, l’éléphant habitué à servir les hommes ne reprend pas sa liberté. Quel dommage. C’est la nouvelle dont j’arrive le moins à parler mais qui a été la plus sympa pour découvrir une partie de ce qui se passe dans la jungle au 19e siècle.

  • Service de la Reine

A l’aube d’une parade lors d’une cérémonie officielle, un soldat est réveillé en pleine nuit par un grand brouhaha. Un chameau a pris peur et dévaste le camp où les animaux et les hommes se reposent pour la nuit. Le soldat écoute alors les animaux du camp parler entre eux : boeufs, chameaux, mulets, cheval australien, … éléphant, chacun discourt sur sa place dans l’armée. C’est à qui est le plus utile et fait le mieux les choses, connait le mieux l’art de la guerre. Ils se disputent l’honneur d’être le meilleur à servir les militaires…

C’est la nouvelle que j’ai détesté le plus. Pour moi, elle met en avant la domestication, la servilité, l’obéissance dans l’art de la guerre. C’est un éloge à l’art de la guerre britannique en pays colonisé… Je n’ai pas du tout aimé.

****************************

Donc voilà, je me suis ennuyée, je n’ai pas réussi à m’intéresser à ses histoires. Je pensais découvrir plus de choses sur l’Inde, même si je me doutais qu’on ne ferait qu’effleurer le pays et ses coutumes. Et même si découvrir les lois de la Jungle se révèle assez intéressant, ce ne fut pas suffisant. Je pense comme ma copine Coquelicote, que nous sommes désormais éloigné du public auquel ces histoires étaient destinées. Par contre, on ressent bien la marque du colonialisme anglais. Trop même je pense, surtout dans la dernière nouvelle. Ode à l’armée britannique. Pas de doute, ça change des autres histoires contées lors de l’ère Victorienne mais je n’ai pas réussi à accrocher. Même si certaines choses, avec le recul, m’ont plu comme retrouver les « héros » du livre de la jungle de Disney, découvrir la danse des éléphants, ce ne fut pas suffisant et cela ne m’a pas donné envie de lire Le second livre de la jungle.

Avec le recul, ce n’est pas aussi horrible dans mon souvenir. Même si certains messages me sont apparus depuis, surtout en discutant avec d’autres lecteurs, ce ne m’empêche pas de m’être ennuyée. C’est dommage, car il y a certainement un fond sur la protection de l’environnement, de la nature… qui pourtant m’intéresse beaucoup; mais tout est eclipsé par la mise en avant de la présence anglaise dans ce décor.

*************************************

otm5

Challenge La littérature fait son cinéma 2013. (2) jpg

La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier

9782070417940

Folio, 313 pages, 7,70€

4ème de couverture

La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l’âge d’or de la peinture hollandaise. Griet s’occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s’efforçant d’amadouer l’épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l’introduit dans son univers. À mesure que s’affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville…

Résumé

Griet aide sa mère à la cuisine quand elle reçoit la visite d’une femme et de son époux. L’homme ne lui adresse la parole que pour comprendre pourquoi elle trie les légumes de la soupe par couleur. On sent que cela à une importance pour lui que ne comprend pas Griet ou le lecteur. La mère de Griet lui apprend qu’elle doit entrer au service de ces personnes le lendemain. Depuis l’accident de son époux, elle a besoin d’une aide financière que lui apportera Griet. Cette dernière apprend qu’elle rentre au service du peintre Vermeer, mais surtout de son épouse et de leurs nombreux enfants. Commence alors pour la jeune fille, une vie nouvelle, différente et qui va lui réserver des surprises…

Mon avis

Une belle découverte !

Ce livre n’est pas un coup de cœur mais je l’ai beaucoup apprécié. Je l’ai lu, il y a plus d’un mois, et j’en garde un excellent souvenir.

L’action commence en 1664 et le lecteur découvre Griet, une jeune fille de 16 ans (si je ne me trompe pas). C’est elle qui nous raconte son histoire. Un matin comme un autre, sa famille reçoit la visite d’un couple, une femme grande et assez sophistiquée, au ton abrupt et un homme, plus petit, qui semble vivement intéressé par la manie de Griet pour le tri des légumes de couleur. Un couple bien singulier. La mère de Griet lui apprend qu’elle va rentrer à leur service le lendemain pour 8 florins la journée et que désormais elle logera chez eux, dans le Coin des Papistes. C’est un coup dur pour Griet mais encore plus pour sa petite soeur Agnès qui ne pensait pas être séparé de sa seule confidente si tôt. Mais Griet comprend, depuis que son père est devenu aveugle, il ne peut donc plus travailler. Et la vie est difficile, les mois sont durs. Son père lui apprend qu’elle va travailler pour le peintre Vermeer et son épouse. Elle devra principalement faire le ménage de son atelier.

cb31d70c-dca0-11e1-a0cc-1a7c5b8956f2-493x328

Débute alors une toute nouvelle vie pour la jeune Griet, nous apprenons quelles seront les taches qu’elle devra exécuter en tant que servante, mais surtout nous découvrons avec elle la famille Vermeer et son maigre personnel. Une galerie de portraits très bien croqués par Tracy Chevalier. De Catherine, l’épouse enceinte de son 6ème enfant à Maria Thins sa mère propriétaire de la maison, en passant par les 4 fillettes donc l’insupportable Cornélia, Tanneke fidèle servante de Maria, et bien sur, Johannes Vermeer le peintre et marchand de tableau, chef de famille. Un nouveau monde de dur labeur, de mise en garde, de sournoiserie, de méchanceté parfois, mais de lumière aussi, de couleur et de beauté.

la_jeune_femme_a_l_aiguiere

Griet va devoir s’adapter à ses nouvelles tâches mais aussi conjuguer avec le caractère de Tanneke, qui la voit un peu comme une ennemie et une bonniche dénichée on ne sait où; ou encore avec celui de sa maitresse assez particulier. Et puis, surtout il y a le ménage dans l’atelier du maitre, comment le faire sans rien déplacer ? Et il est tellement secret. Peu à peu, Griet va se faire une drôle de place dans l’univers de ce peintre qui peint peu et lentement. Elle est attachante. Souvent, j’éprouve des difficultés avec les récits à la première personne, mais ici, ça sonne juste, et j’ai trouvé cette petite servante loin d’être agaçante. Elle n’a pas que des qualités (un soupçon de naïveté, une dose de fausse innocence)  bien sur mais elle fait de son mieux pour éviter les ennuis. Cette société du 17ème est tellement différente de ce qu’on connait de nos jours. Tracy Chevalier parvient à nous faire ressentir le mal être des personnages et les sentiments de  Griet : la tristesse, le doute, son mal aise en la présence du peintre. Cet homme qui l’impressionne, qu’elle admire et qui pourtant, lui adresse si rarement la parole. Puis progressivement, il la fait entrer dans son univers.

J’ai beaucoup aimé être immergé dans la ville à cette époque là, jusqu’au style flamand des constructions, le marché. On s’y croirait ! L’auteure a vraiment un don pour dépeindre les lieux sans abuser de lourdes descriptions. Nous retrouvons les us et coutumes de cette région dans les années 1660, l’opposition des quartiers catholiques / protestants, la prise des repas, les constructions, les travaux manuels (différents métiers nous sont exposés), l’accouchement et les traditions associés, la peste, … Le lecteur est vraiment immergé dans cette ville des Provinces-Unies (ce qui deviendra les pays-bas).

delft1

J’ai beaucoup apprécié cet univers et de découvrir par le récit de Griet, le monde de la peinture, du moins celui de Vermeer. Les couleurs, les détails, l’immobilité, le mouvement, … L’auteure décrit ce quotidien tellement bien, avec le vocabulaire précis et soigné. Les descriptions et leurs impressions permettent au lecteur d’imaginer les peintures de Vermeer comme la vie de Griet dans le Delft du 17ème siècle.  J’ai adoré chercher et retenir dans les descriptions des peintures ou des anecdotes les éléments pour retrouver les vraies peintures ensuite sur le net, et on en a des évocations des toiles de Vermeer (j’en ai repéré au moins 9 sans compter la jeune fille à la perle !) !!! Et puis apprendre qu’il peignait quasiment toujours dans la même pièce, avec des éléments récurrents, en utilisant ses couleurs favorites,… c’est très intéressant.

Verm1665Concert761 la_lecon_de_musique

280px-Jan_Vermeer_van_Delft_008 lettre2

vermeer_thumb la_femme_au_luth

Ce qui va se passer au sein de cette maison ne sera pas sans conséquence sur la vie de Griet, mais en lisant la 4ème de couverture, je m’attendais à du scandale, à bien pire ! Sans raconter ce qu’il se passe, on en vient à découvrir une version potentielle de l’histoire de la naissance du fameux tableau représentant une jeune fille au turban ou encore « une jeune fille à la perle ». Et j’avoue que j’ai bien accroché moi à cette vision de l’auteur. Il est fort probable que tout cela n’est que pure fiction mais c’est amené de telle manière, que cela semble assez crédible. Du fait, du récit du pont du vue de Griet et du traitement de l’histoire, le peintre et son œuvre ne sont jamais dénaturé par le récit. Peut être que pour certains du coup, l’auteure ne prend pas de risque mais à moi, ça me convient très bien.

J’ai passé un très bon moment de lecture, dans une petite partie du monde des Arts, dans une époque plutôt méconnue dans un pays dont on parle peu dans les livres que je lis (et c’est dommage). Le livre parfait pour aborder les thèmes des servants et de leurs conditions, de l’innocence, de la peinture et de l’esthétisme. Il ne me reste plus qu’à trouver le temps de voir le film avec Colin Firth (<3) mais j’avoue avoir peur d’être déçue (et puis je ne suis a priori, pas convaincue pour Scarlett dans le rôle de Griet).

*************************

Challenge La littérature fait son cinéma 2013. (2) jpg

Les Hauts de Hurle-Vent d’Emily Brontë

hautsdehurleventlLe livre de poche, 413 pages, 5,60€

4ème de couverture

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, il prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et frustre. Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses sœurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l’orgueilleux qui l’a tuée.

Résumé

En 1801, M. Lockwood locataire de Thrushcross Grange, se rend chez M. Heathcliff, aux Hauts de Hurle-Vent, son propriétaire, afin de faire sa connaissance, une rencontre bien singulière. M. Lockwood ne se sent pas vraiment le bienvenu même si M. Heathcliff s’est montré assez courtois, bien que bourru. Le lendemain, le locataire renouvelle sa visite aux Hauts du Hurle-Vent mais rien ne se passe comme la première fois. Le maitre des lieux n’est pas là, il est mal reçu par le vieux Joseph, les autres habitants, une jeune femme et un homme, ne semblent guère se préoccuper de sa présence. Contraint par la neige a demeuré à Hurle-Vent pour la nuit ou à rentrer dans le froid, le noir et la neige jusqu’au tronc, Lookwood reste mais ne goute point aux manières de l’assemblée. En pleine nuit, pris de visions et de cauchemar, il finira par rentrer chez lui au petit matin. Affaibli par un gros coup de froid attrapé en rentrant, Lookwood va se faire compter par sa femme de charge, Nelly Dean, l’histoire des Hauts et d’Heathcliff…

Mon avis

Difficile de donner mon avis sur ce grand classique, coup de cœur pour de très nombreux lecteurs. Moi, je suis tiraillée, entre des choses que j’ai adoré et d’autres que j’ai détesté.

Déjà, j’ai eu beaucoup de mal avec le début du roman, on commence dans le présent et puis assez vite, on bascule dans le récit de Nelly, et du coup, j’ai eu du mal avec la généalogie des personnages. Merci à ma version, qui propose un arbre généalogique, il m’a bien aidé. Ensuite, quand on avance dans le récit, plus de problème, mais le début a été dur. Du coup, ça démarre mal entre Les Hauts et moi.

Tous les personnages à de rares exceptions prés, m’ont été du début à la fin antipathiques. Heathcliff bien sur, mais aussi Catherine Earnshaw, Nelly, Joseph, Isabelle, Linton… Et quand, je n’ai pas été amené à les détester, ils m’ont fait pitié surtout Edgar Linton et sa fille Catherine,… Difficile donc, car, je ne me suis quasiment attachée à personne, le seul qui m’a toute ma sincère affection c’est Hareton qu’on suit depuis l’enfance et qui n’a vraiment pas choisi une seule fois sa destinée.

Heathcliff est un personnage que j’ai détesté mais que j’ai adoré détester ! Oui, c’est bien LE personnage qui fait l’histoire et qui est le plus marquant, le plus emblématique. Recueilli par M.Earnshaw, il est repoussé par ses enfants. On ne sait pas d’où il vient, qui il est. Ce personnage est auréolé de mystères, d’une aura malsaine et étrange. Il réagit aux sentiments de manière très extrême, impitoyable et cruel quand il hait quelqu’un, sur-protecteur et fou furieux quand il aime. Avec Heathchiff, pas de juste milieu, pas de temporisation, pas de pardon, pas de mesure, juste lui et sa vengeance. Cette noirceur, ce caractère, cette douleur est magnifiquement retranscrite par Emily Brontë.

Pour les autres personnages, là, j’ai eu beaucoup, beaucoup de mal. Nelly qui nous raconte tout, m’a suprêmement agacée, elle intervient quand il ne faut pas, n’intervient pas quand il le faudrait… Si seulement, c’était le seul personnage qui m’avait saoulé mais Catherine Earnshaw est insupportable, à ne pas savoir ce qu’elle veut, à donner l’illusion qu’elle tient aux apparences, … Isabelle Linton est stupide, on a beau la prévenir, elle saute dans la gueule du loup et revient désemparée mais genre on t’avait pas prévenu ? Son fils, mais quelle horreur, je n’ai pas réussi à le prendre en pitié… Et puis, il y a les personnages entre deux. Pour qui on a de la peine, Egard et sa fille Catherine mais qu’on aimerait secouer pour qu’ils se révoltent enfin. Alors oui, certains personnages sont plus qu’impuissants face à Heathcliff mais d’autres… Au cours, de ma lecture, j’ai été prise dans une telle révolte, un tel sentiment d’impuissance partagé avec les personnages que ma lecture s’est faite pénible, très pénible. Je n’ai pas compté le nombre de fois où j’ai soufflé, refermé le lire, voulu le jeter par la fenêtre ! Ce ne sont pas de sentiments, des situations que j’aime à vivre quand je lis un roman, peut-être avais-je mal choisi ma période ? En tout cas, même si du coup, j’ai eu beaucoup de mal, je dois reconnaitre, que le travail d’Emily Brontë est remarquable ! Parce que si j’ai trop partagé l’impuissance et la frustration des personnages, c’est qu’elle est douée ! Et là chapeau. Un marasme de sentiments, je ne vis pas ça tous les jours dans mes lectures! Quand, je vous dis que je suis tiraillée dans mon avis et ce n’est pas facile d’écrire ce que j’ai ressenti.

Je n’ai pas été fascinée par cette histoire, comme d’autres lecteurs ont pu l’être mais une chose est sure, comme tout le monde, je pense,c’est qu’on ne ressort pas de sa lecture indemne, on ne peut y rester insensible, qu’on l’ai adoré ou détesté. Il y a, qu’ils soient en bons ou en mauvais, un tel déferlement de sentiments qui prend le lecteur, qu’on ne peut pas rester de marbre. En ça, ce livre est une grande œuvre.

C’est complexe et tordu comme il faut, mystérieux, malsain, à la limite du fantastique, car parmi les personnages du roman certains croient aux revenants, aux démons,… et le doute plane toujours. Une sorte de flou artistique. Fantastique, folie ? Où est la frontière ? C’est vraiment très très bien fait. Ce roman est superbement écrit, travaillé. Toutefois, j’ai mis beaucoup de temps à le lire, à cause de mon sentiment devant l’inaction, l’impuissance des personnages, mais je ne doute pas, que pour d’autres, la lecture sera prenante, rapide, fascinante. J’ai beaucoup aimé, comme Emily Brontë a su créer une atmosphère pesante, un personnage d’une telle noirceur. Incontestablement un chef d’œuvre, même si je n’ai pas su pleinement y adhérer. Peut-être que mon édition y a fait beaucoup aussi, à croire que les classiques doivent être peu aéré et être publié dans des livres qui ne les mettent pas en valeur. ça a accentué ma sensation d’étouffement d’avoir le texte tout serré sans saut de pages, sans paragraphe découpé. Un peu pénible…
Bref, c’est un livre brillant qui vaut le coup d’être lu une fois au moins parce qu’on ne peut le dissocier de son auteure qui a su parler de choses qu’elle n’a pourtant pas connues, qui a su imaginer une histoire noire, sordide, très éloignée de son univers. Pour le talent d’Emily Brontë, il faut lire ce roman !

Une autre chose qui rend mon sentiment ambivalent sur l’histoire, c’est la fin, certains la trouvent superbe, moi, je ne l’ai pas aimé. Elle tranche trop avec le reste. Sans la livrer, moi, je fais parti de ceux qui pensent qu’Emily aurait du suivre sa ligne directrice jusqu’au bout. Par contre, j’ai apprécié la façon dont disparait Heathcliff, encore un mystère de plus. Du mystère, jusqu’au bout.

Voilà, mon avis est peut-être un peu décousu, il n’est pas facile de mettre des mots sur l’impression que j’ai eu. Je ne peux pas le cacher, j’ai eu beaucoup de mal mais en même temps, il y a de si belles choses dans ce livre ! Je pense que c’est un classique qu’il faut avoir lu, pour ce faire sa propre opinion sur tout, l’histoire, les personnages, l’écriture, l’ambiance…

************************

Challenge La littérature fait son cinéma 2013. (2) jpg

logo club lecture

L’écume des jours de Boris Vian

6a00d8341c058f53ef010536ed40c0970c

Lu en ebook

Le livre de poche (ou 10/18), d’occasion ou neuf (6,60€ actuellement), entre 190 et 350 pages selon les éditions

4ème de couverture (amazon, dernière édition)

Chick, Alise, Chloé et Colin passent leur temps à dire des choses rigolotes, à écouter Duke Ellington et à patiner. Dans ce monde où les pianos sont des mélangeurs à cocktails, la réalité semble ne pas avoir de prise. On se marie à l’église comme on va à la fête foraine et on ignore le travail, qui se réduit à une usine monstrueuse faisant tache sur le paysage.

Résumé

Colin, jeune homme charmant, qui ne travaille pas, amateur de jazz, reçoit à déjeuner son meilleur ami Chick, ce dernier est ingénieur et donc gagne mal sa vie, fan de Jean-Sol Partre,  tous les lundi et parfois d’autres jours aussi. Lors de leur dernier repas, Chick fait la connaissance du cuisinier de Colin, Nicolas, coïncidence, ce dernier est l’oncle d’Alise la fille dont Chick est amoureux. Colin est jaloux, lui aussi, il vaut être amoureux, à une soirée chez Iris, une amie commune, il rencontre Chloé…

Mon avis

Très mitigée.

Je sais que pour beaucoup ce livre a été un coup de cœur, que beaucoup l’adore, j’espère qu’ils me pardonneront mon avis. Je ne peux pas dire que j’ai détesté, comme je ne peux pas dire que j’ai aimé. Je n’ai simplement pas été touchée, même si certaines choses m’ont plu, d’autres me sont complètement passées au dessus de la tête. Il m’a manqué des clefs de compréhension, un contexte, une atmosphère particulière, je pense pour totalement accrochée. Et donc, … j’ai pas vraiment accrochée.

On découvre et on suit des personnages atypiques dans un monde « à l’envers », surréaliste. Notamment, le travail est quelque chose de mal vu et il est plus glorifiant (mieux vu, mieux payé) d’être ouvrier ou manuel comme le cuisinier de Colin qu’ingénieur. Colin ne travaille pas, il a de l’argent, il invente pour son usage personnel quelques machines comme le fameux piano-cocktail et il vit dans un grand appartement. Il jalouse Chick car Alise lui plait aussi mais ça n’est pas possible. Heureusement, il va rencontrer Chloé, belle et spontanée. En fait, il serait très facile de dépeindre les personnages (ce qu’ils portent, comment ils sont) mais il est presque impossible de dire ce qu’ils ressentent et, leurs qualités. Car le livre a été voulu comme ça, on ne sait presque rien des émotions des personnages. Ce sont les lieux, les décors, les actes qui est le reflet de ce qu’ils ressentent. Comme à l’instar de la maison de Colin qui change quand les finances de ce dernier s’amenuisent.

Et j’ai eu du mal avec cette façon de faire. Autant, j’ai apprécié les métaphores, les jeux de mots, les descriptions d’un monde complètement barré parfois, c’est très poétique et ça aime beaucoup, autant j’ai eu du mal avec les personnages, que je ne comprenais pas, auxquels je n’ai pas réussi à m’attacher parce qu’il n’avait pas assez de consistance, assez superficiels. Je pense que c’était voulu par l’auteur mais moi j’ai eu du mal. J’aurais du être triste de ce que subit Chloé mais finalement je n’ai pas été touchée. Idem, j’aurais du être révolté par la religion et sa façon de faire et être en empathie avec Colin, mais je n’ai pas su. J’ai même préféré les personnage secondaires aux héros…

J’avoue je suis allée chercher sur le net, des explications pour certaines choses, et avec ses dernières, je comprend mieux ce que voulait faire passer comme messages Boris Vian. Mais j’aurai bien aimé ne pas à avoir besoin d’éplucher les sites. Il y a des messages qu’on comprend facilement, le travail, la place de la femme, l’espoir, la souffrance, la maladie, … Mais il y avait tellement de messages qu’on ne peut tous les appréhender de la même façon, reste encore la religion, la passion, la superficialité, l’irréel, … J’adhère d’ailleurs pas mal aux idées mais au final j’ai eu comme une sensation de… fouillis. Et puis, il fallait connaitre un minimum l’auteur et ses aspirations pour comprendre certaines images, l’évocation des lieux, du jazz, etc. Et je suis certainement passée à côté de plein de choses.

Sinon, ça se lit très vite, les pages se tournent toutes seules. Le style est donc particulier, mélancolique, burlesque, surréaliste, c’est beau, c’est vrai. Pour un premier livre, c’était vraiment quelque chose, différent, interpellant, marquant.

Je suis restée sur ma faim, même si finalement, il n’était pas nécessaire de développer plus, vu la tournure des événements. Donc mitigée parce que j’ai aimé l’univers, la façon de voire les choses (émerveillement et merveilleux), l’histoire et ses messages. Mais pas les personnages, la rapidité des événements, les enchainements, les réactions,…

Voilà, donc, je suis contente de l’avoir lu, mais je ne sais toujours pas si j’ai aimé ou pas. La balance ne penche pas d’un côté ou de l’autre.

J’irai voir l’adaptation au cinéma, parce que je suis curieuse de voir la façon dont certaines choses seront montrées. Et parce que j’aime beaucoup Michel Gondry.

**********************************

Challenge La littérature fait son cinéma 2013. (2) jpg

Le joueur d’échec de Stefan Zweig

Le livre de poche, 3,60€, 125 pages

4ème de couverture (attention spoiler)

Qui est cet inconnu capable d’en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu’antipathique ? Peut-on croire, comme il l’affirme, qu’il n’a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l’inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l’isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse,  » pourrait servir d’illustration à la charmante époque où nous vivons « .

Résumé

Le narrateur effectué la traversée de l’Atlantique vers l’Argentine sur un paquebot,  quand lors d’une discussion avec un autre passager, il apprend la présence à bord du champion d’échec Czentovic. Ce dernier a un caractère bien spécial, bourru, il est quasiment inculte. Notre narrateur est intrigué et il voudrait l' »étudier », du moins pouvoir discuter avec lui mais Czentovic n’accorde aucune interview. Le narrateur se rend compte que pour l’approcher, rien de mieux que le faire jouer aux échecs, mais une partie en compagnie de ce champion est payante. Le narrateur rencontre vite un autre joueur amateur lui très arrogant qui va payer pour jouer avec le champion. Lors de leur partie, quelque chose va arriver…

Mon avis

Il sera court, car il s’agit ici d’une nouvelle écrite par Zweig, donc histoire assez courte. Zweig l’a écrite en septembre 1941 quelques mois avant son suicide en 1942. Cette nouvelle a été publiée à titre posthume en 1943 par la maison d’édition suédoise de l’auteur.

Tout d’abord si vous avez l’occasion de lire cette nouvelle évitez de lire la quatrième de couverture et la préface. Car malheureusement elles en disent beaucoup trop sur l’histoire et comme c’est très court (94 pages, 125 avec la biographie de l’auteur), et bien on est vite spoilé.

Du coup, je ne dirai pas ce qu’il se passe, juste qu’une intrigue inattendue sur ce bateau va prendre le pas sur l’histoire de Czentovic. Cette nouvelle est riche d’enseignement. Elle est courte mais forte et on est touché par les événements racontés.

Je conseille, comme c’est court, de la lire d’une traite. Parce que moi j’ai du couper à la moitié et j’ai perdu un peu cette impression d’être absorbé par l’histoire, comme ceux qui l’ont lu m’en ont parlé. Du coup, j’ai presque eu l’impression de passer à côté, alors évitez de faire comme moi je pense.

Si vous êtes curieux de l’histoire, il y a plein de chroniques sur internet qui vous raconteront tout en détail, personnellement je n’aime pas, quand il s’agit d’une nouvelle ou d’un livre court parce qu’en plus de ne plus avoir de surprise, on ne réfléchit plus sur le thème abordé par soi-même finalement.

Concernant les échecs, je vous rassure il n’est pas nécessaire d’y jouer et d’y comprendre quelques choses pour apprécier le livre. C’est l’élément porteur à un récit plus important.

C’est un livre fort, qui marque, malgré son nombre de page réduit, qui fait réfléchir et nous apprend des choses. Un parallèle peut être fait avec son auteur, la biographie accompagnant l’ouvrage est très intéressante et permet de faire la lumière sur le passé de Zweig pour mieux comprendre le livre.
Je vous conseille cette lecture. Un classique à connaitre. Je pense que je relirai avec plaisir d’autres écrits de Zweig. La traduction en tout cas laisse voir que la plume est excellente.

*******************************