Divergente de Veronica Roth

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Nathan, 445 pages, 16,90€

4ème de couverture

Cinq destins. Un seul choix.
Béatrice vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq factions. À 16 ans elle doit choisir sa nouvelle appartenance pour le reste de sa vie. Cas rarissime, son test d’aptitudes n’est pas concluant. Elle est divergente, aussi elle doit cacher ce secret, susceptible de la mettre en danger de mort…

Résumé

Béatrice et son frère Caleb sont dans leur 16ème année, ils vont devoir choisir la faction dans laquelle ils vont passer toute leur vie. Ce sont des altruistes. Un test que passent tous les jeunes de 16 ans doit leur indiquer leur choix. Bien sur il est toujours possible d’en faire un autre lors de la cérémonie mais rare sont ceux qui ne respectent pas le choix du test. Béatrice un peu tendue passe ce fameux test qui malheureusement n’est pas concluant. Alors qu’elle s’attend à s’entendre dire qu’elle est altruiste comme sa famille, elle est Divergente. Elle est en réalité un peu des 5 factions qui existent. Mais ce résultat doit rester secret, elle ne dois en parler à personne. Sa vie serait en danger. Quel choix va faire Béatrice ?

Mon avis

Une bonne lecture !

Comme pour le labyrinthe, j’ai lu le livre après avoir vu le film, il y a un moment déjà à sa sortie au cinéma. J’ai bien aimé cette lecture, même si du coup, je n’ai pas eu de surprise quand à l’histoire, le film étant très fidèle.

Le lecteur découvre Béatrice, une adolescente altruiste qui comme tout ceux de 16 ans doit passer un test afin de connaître la faction pour laquelle elle est faite. Béatrice a un frère Caleb qui va aussi choisir sa faction. Leur père est un des dirigeants altruistes de cette nouvelle société. Dans le monde de Béatrice, la société est divisée en 5 factions : les altruistes ceux qui aident et gère la société, les érudits ceux qui cherchent et acquièrent des connaissances pour le développement au service de la communauté, les fraternels ceux qui produisent pour nourrir la communauté, les sincères ceux qui occupent des postes où la franchise est de rigueur et les audacieux ceux qui défendent la société. Béatrice va passer un test pour savoir dans quelle faction elle va vivre sa vie d’adulte. Pas de retour en arrière possible une fois la cérémonie du choix passée.  Le test n’est pas concluant et Béatrice qui ne sent pas faite pour les altruistes, choisi les audacieux. Son frère Caleb lui choisi les Erudits, ceux qui s’opposent ouvertement à la façon dont les altruistes gouvernent la société. Il n’en fallait pas plus pour que les érudits diffusent des messages, en utilisant ses changements de vie des enfants de dirigeants pour illustrer leur idée : le fond pourri des altruistes. Mais si cela cachait autre chose?

Nous suivons Béatrice qui affronte le test et la cérémonie du choix. Nous vivons avec elle les épreuves et la découverte de sa « différence ». Nous partageons ses doutes et ses interrogations mais aussi son courage de choisir une vie différente. Béatrice en choisissant les audacieux fait un bond vers l’inconnu. Elle rejoint ceux qu’elle enviait en les regardant de loin comme inaccessible. Son choix la sépare de sa famille. Sa faction doit devenir sa famille. Avec elle, on découvre la communauté des audacieux et apprenons que les novices doivent passer des épreuves, au nombre de 3, pour devenir  membres des audacieux. Tous les novices ne réussiront pas, et comme aucun retour en arrière n’est possible, ils deviendront des « sans factions ». Ceux qui vivent en marge de la société dont l’unique aide provient des altruistes. Tris, comme elle décide de se faire appeler désormais est bien décidée à réussir, même si pour cela elle va devoir s’endurcir aussi bien physiquement que moralement. Et puis, elle doit réussir à s’intégrer aux novices en ne dévoilant pas ce qu’elle est. Certains seront tout de suite plus proches d’elle que d’autres, qui ne pensent qu’à terminer premier.

Tris va se lier d’amitié avec certains novices mais elle se questionne beaucoup sur l’image qu’elle renvoie. Car on l’a prévenu, être Divergent, est dangereux, et même si elle ne comprend pas pourquoi et comment ce qu’elle est est une menace, elle doit faire attention à ne pas paraître différente. Ce qui est assez difficile car Tris se révèle douée pour transformer ses faiblesses en qualité. Sa divergence l’aide à gagner du temps dans les épreuves et elle attise les jalousies. Elle va également entretenir de bonnes relations avec les novices issus des audacieux (on sépare les novices issus des autres factions de ceux qui sont nés Audacieux) et aussi avec certains membres formateurs de la faction comme le mystérieux et magnétique Quatre. Sur lequel on s’interroge, essaie-t-il d’aider Tris, ou de l’enfoncer. Tris ne va pas rester longtemps insensible à son charme… Mais dans l’ombre, des choses qui les dépassent se trament, qui auront des conséquences pour chacun…

J’ai bien aimé Tris. J’ai été surprise de ne pas avoir envie de la claquer contre un mur, ce qui se passe en général avec des héroïnes adolescentes. Mais elle n’est pas centrée sur elle-même, un talent de sa faction initiale les altruistes. Alors bien qu’elle se pose des questions, elle est volontaire et veut aller de l’avant. J’ai aussi beaucoup aimé l’histoire et le fonctionnement impossible de la société. Il est impossible de cloisonner les gens, de les enfermer dans un talent, une seule ambition de vie. On sent tout de suite qu’une étincelle pourrait faire sauter cet idéal. Si le système fonctionnait, il n’y aurait pas cette atmosphère de suspicion, d’envie, de trahison dans l’air.

J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de maturité dans les personnages principaux. Dans d’autres histoires à 16/18 ans, cela ne transparait pas tant. Comme pour beaucoup de livres de ce type, je trouve qu’il manque de développement. Pourquoi la société en est-elle arrivée à ce système ? Quelle est la psychologie des dirigeants ? Etc. Quelques centaines de page en plus n’auraient pas été de trop.

J’ai apprécié être assez souvent dans le mouvement, dans l’action. Ce premier tome introduit le système et on n’attend pas longtemps avant de le voir voler en éclat. Par contre, je n’ai pas été très réceptive aux émotions. Certaines choses dramatiques se passent qui ne m’ont pas peinée plus que ça. Cependant, je me suis attachée à un personnage dont j’aurai aimé avoir plus d’informations. J’ai apprécié l’histoire dans son ensemble et beaucoup l’initiation chez les audacieux,  si violente et cruelle soit-elle.

J’ai beaucoup aimé les personnages secondaires, comme Quatre, Will, Cristina ou Uriah. J’ai bien adhéré à la méchanceté d’une partie des novices, je pense que dans ce type de société et de fonctionnement, il y en a toujours pour se révéler en bien comme en mal. Tris peut compter sur certaines personnes mais le destin va lui jouer des tours. La relation entre elle et Tobias est belle mais vu le contexte final elle semble déplacée, que leur réserve le sort ?

Le premier tome rempli sa fonction, poser l’univers et donner envie de découvrir la suite. Que vont faire les personnages ? Que vont-ils devenir ? Que va devenir la société dans laquelle Tris vit ? Quelles seront les nouvelles épreuves à traverser ? Qui va disparaitre ? Qui reverrons-nous ?
Cependant, je l’aurai aimé plus creusé, plus développé. Voir plus ce qui se trame en parallèle de la vie de Tris. Voir plus l’opposition entre savoir et action, entre aide et connaissance. En savoir plus sur le pouvoir en place.

Quoiqu’il en soit, je lirai prochainement la suite des aventures de Tris.

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Fahrenheit 451 de Ray Bradbury

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Folio SF, 224 pages, 5,60€

4ème de couverture

451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

Résumé

Montag rentre de sa journée de travail. Il est pompier. Mais lu n’éteint pas des incendies. Il est chargé avec sa brigade de brûler les livres. Ces ouvrages qui font réfléchir, dont les idées peuvent amener les gens à rêver, se rebeller, apprendre. Sur sa route, il croise une jeune fille. Dans un monde où personne ne va vers l’autre, Clarisse lui parle et échange avec lui. Cette rencontre surprenante va le hanter pour la nuit. Il rentre retrouver sa femme, qui ne souhaite rien d’autres qu’un nouveau mur-écran … un 4ème…

Mon avis

Un classique  à lire ou relire !

Montag est pompier, mais pas les pompiers comme nous les connaissons, son rôle à lui est de détruire les ouvrages, les livres, ces objets subversifs, qui prônent des idées, des idéaux, des histoires, un passé. Ces livres qu’on a d’abord abrégés, puis condensés, puis finalement rejetés. Montag est lui à une période charnière de sa carrière. Il réfléchit. Et croise Clarisse qui le pousse à réfléchir encore plus.  A ce qu’il fait. Et que contiennent donc ces livres pour qu’un jour quelqu’un ai décidé qu’il sera mieux de les brûler. Il a l’impression de ne plus comprendre son existence. Dans quel monde vit-il ? Qu’est-ce que ce monde où sa femme s’abrutit de programmes dont elle ne sait même pas discuter. Qui passe son temps avec un bruit de fond dans les oreilles, qui prend tant de médicaments sans savoir ce qu’elle le fait, au point de ne pas comprendre qu’on ait dû la réanimer… Quel est ce monde gris et monotone ? Et Montag lui, a-t-il encore envie de faire parti de ce monde?

Ray Bradbury nous sert un monde dystopique où les gens pour être plus raisonnable, pour la Paix, ont supprimé de leur existence le savoir, leur passé, la culture. Où le gouvernement a sauté sur l’occasion inespérée d’avoir enfin un peuple de moutons qui sera plus simple à gérer.

J’ai eu du mal à accrocher au 1er tiers du roman. C’est froid, insensible, Montag semble s’interroger beaucoup mais reste passif, sans réaction devant les événements. Comment pourrait-il posséder des émotions, des sentiments quand on ne les reconnait plus, qu’on ne sait plus ce qui existait avant. De plus, on passe un peu de coq à l’âne, dans une sorte de rêve, de brouillard. Du coup, c’est difficile. On ne s’attache pas au personnage et on se demande où tout ça va en venir.

Et puis, à un moment, l’action est lancée. Comme si Montag était tout à fait éveillé, comme si Clarisse avait été son déclencheur ou du moins une aide à ce qu’il avait déjà commencé à entreprendre. Parce que les livres intriguent notre pompier, il a envie de savoir ce qu’ils contiennent, ces messages, ce passé qu’il ne connait pas ou ne connait plus. Il a, sans s’en rendre compte, tout simplement envie de se sentir vivant. Et quand la traque de Montag commence, le lecteur est happé dans cette course poursuite.

Les autres personnages sont presque tous « absents », le lecteur n’en retiendra que peu : Clarisse, jeune « folle » dont la famille sait rire, s’émerveiller, discuter, vivre tout simplement. Le capitaine des pompiers, qui semble en savoir plus qu’il n’y parait sur la Société. Et qui semble si érudit dans un monde qui n’a pourtant plus accès au savoir, aux idées, aux mots. Il est sournois et terrifiant dans son genre. Vicieux. Je l’ai détesté ! Mais c’est lui qui nous explique ce qu’a voulu le peuple : lorsque la technologie a pris le dessus, les gens ne voulaient plus apprendre.

Replacé dans son contexte, ce roman est une satire de la société de l’époque, la Guerre Froide, le Maccarthisme. Mais finalement, le message reste actuel, si vrai.  L’uniformisation de la pensée, faire des gens des moutons qui ne seront plus capables de penser par eux-même. Les priver de réflexion, de rêves. Un monde horrible où les jeunes s’entretuent quand ils n’ont pas leur dose de sensations fortes. Où les adultes sont froids, dociles, sans curiosité. Qui ne savaient plus qui est leur conjoint, leurs collègues, ce que ressentent les gens. Tout le contraire de Clarisse, pétillante, curieuse, intelligente. Ceux qui savent encore.

Alors que je n’y arrivais pas au début, je me suis attachée à Montag, à sa lutte pour se réveiller, pour vivre. Ne plus avoir peur des idées, des théories, des livres, et au contraire, vouloir les lire, les comprendre, les retenir. Décider que les livres ne seront plus synonymes de tension entre les gens, entre les minorités, amenant à se combattre. J’ai oublié le mal qu’à fait Montag sans le chercher et j’ai espéré pour lui pour le monde un renouveau, du changement.

Cette histoire qui commençait difficilement devient prenante. D’un style froid et confus dans le quotidien de Montag on passe quand ce dernier s’éveille (se réveille, revit) à un style plus travaillé, avec de belles métaphores, des images. Quand Montag se sent  vivant, l’écriture se réveille également, on ressent presque les odeurs, les bruits…

La fin est plus philosophique, reflétant la guerre froide immobile, silencieuse, invisible mais pourtant bien présente. Une attente, un climat de tension. La fuite des cerveaux, des artistes, des scientifiques communistes. Comme ceux qui se retrouvent dans la forêt à la fin. L’auteur s’adresse presque au lecteur à travers l’esprit de Montag. Le lecteur lui aussi doit prendre conscience et comprendre l’importance du souvenir, du collectif. Qu’en ne rejetant pas le passé, la réalité, une lueur d’espoir, de renaissance, pour un monde nouveau est possible.

Fahrenheit 451  est un classique que j’ai découvert au Club de lecture et j’en suis plus que ravie. Je n’avais pas eu à l’étudier en cours, c’est dommage, j’aurai aimé le découvrir avant mais il n’est jamais trop tard. C’est un classique qu’il faut avoir lu au moins une fois, que l’on peut relire (je le relirai je pense, je suis sure d’y voir encore d’autres messages, d’autres interprétations). Qu’on aime ou pas, il fait réfléchir  et reste très actuel ! Vraiment à lire, relire, découvrir ^^

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De l’autre côté du mur d’Agnès Marot

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Editions du Chat Noir, 19,90€, 308 pages

4ème de couverture

Pour Sibel qui se consacre entièrement à la danse, le quotidien est un perpétuel ballet. Pourtant, tout bascule le jour où son lien à l’Art est coupé : on l’isole de ses sœurs, on lui refuse l’existence qu’elle aime tant dans cette communauté composée exclusivement de femmes. En tâtonnant pour retrouver tout ce qu’elle a perdu, elle entend des rumeurs, découvre des secrets propres à bouleverser sa conception du monde.
Mais alors, si la vie n’est qu’un immense théâtre, pour qui Sibel danse-t-elle ? Et surtout, que se trame-t-il en coulisse ?
Peut-être cet étranger au sourire narquois qui se définit comme un « homme » et ne lui parle que de Science pourra-t-il lui apporter des réponses. L’aidera-t-il à franchir l’enceinte qui délimite l’univers qu’elle a toujours connu ?
Découvrez le mystère qui se cache là-bas, de l’autre côté du mur…

Résumé

Sibel danse. Sibel donne tout à son Art. Sibel lutte pour atteindre un niveau que personne avant elle n’a atteint. Et Sibel ressent son art. Sa force. Mère Leilan est exigeante pourtant, c’est bien Sibel la meilleure de son groupe. Lors d’une séance d’étirement, l’impensable va se produire. Le monde qui tient tant à cœur à Sibel va s’effondrer. C’est l’exclusion. Mais Sibel va bientôt se rendre compte que rien n’est sur dans tout ce qu’elle croit….

Mon avis

Une excellente découverte !

Difficile d’en parler sans en dire trop et en même temps, j’ai peur de ne pas assez en dire ^^ De l’autre côté du mur est un livre sensible et original qui m’a énormément plu. J’ai eu la chance de voir l’auteure aux Imaginales et de discuter avec elle de son texte. Agnès Marot est abordable, souriante et c’était agréable de prolonger un peu la lecture en discutant avec elle !

Dans le monde de Sibel, le contact est interdit. Chaque jeune fille, après une période d’apprentissage, choisi son Art. Pour Sibel, c’est la Danse. Une évidence. Mais ce n’est pas le cas pour toutes les jeunes filles. Aylin par exemple la meilleure amie de Sibel s’est orientée vers la Peinture mais elle ne semble pas y voir d’intérêt mais c’est le moins pire des Arts pour elle. Les deux jeunes filles sont si différentes, Aylin se pose beaucoup de questions alors que Sibel accepte son Monde et les choses simplement sans remise en question. Jusqu’au jour où elle se retrouve exclue à cause d’une de ses camarades. Son Art la quitte et tout aussi dramatique, elle va être séparée d’Aylin. Quand l’Art quitte les jeunes filles, elles doivent disparaitre. Que deviennent-elles ? Mère Leilan fait pourtant preuve de clémence. Sibel n’était qu’une victime dans cette histoire, elle sera juste exclue. Un moindre mal. Cependant, Sibel va voir ce qu’elle n’aurait jamais du voir. Elle est alors obligée de disparaitre aux yeux de ses compagnes, d’Aylin. Et pire que tout, suivre cette fille étrange, trop grande, trop massive, à la mâchoire carrée et à la voix grave…. ce que Sibel découvrira, un « homme ».

Agnès Marot fait preuve de beaucoup de finesse pour décrire les sentiments de Sibel qui se retrouve du jour au lendemain exclue de son Monde. Elle va perdre tous ses points de repère, aller de découvertes en surprises, en désillusions. Parce que tout ce en quoi elle croit, à quoi elle tient, n’est en réalité que mensonges. Mais les Mères qui élèvent ses jeunes filles ne sont pourtant pas à blâmer, elles ne savent pas elles-même ce qu’est leur monde. Le lecteur va donc suivre le même chemin que Sibel, tout découvrir avec elle. Ce qu’est réellement le monde. Ce qui se cache ou pas de l’autre côté du mur.

C’est un réel plaisir de découvrir le Monde de Sibel puis ce qu’il se passe en réalité. D’abord, les Arts, la Danse, cette communauté de jeunes filles et leur vision du Monde. Puis tout ce qu’il y a derrière les couloirs, les dortoirs, les salles communes de ces jeunes demoiselles. Même si certaines choses sont prises avec une naïveté qui s’assimile à l’humour, le monde réel est froid et réserve son lot de noirceur.

Le monde créé par Agnès Marot est à la fois empreint de poésie et, vous vous doutez bien, de cruauté. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’explication était amenée. Et surtout, j’ai adoré voir comment l’Art ne pouvait pas s’épanouir seul. Qu’il est complémentaire d’autre chose. Ici la Science. Le fossé qui se creuse (dans la réalité comme dans le livre) entre ces deux mondes ne devrait pas être. L’un ne peut pas aller sans l’autre. Les émotions ne font pas parti d’un camp ou d’un autre.

J’ai aussi vraiment apprécié la façon dont évolue Sibel. Elle peut avoir des côtés agaçants, elle est naïve, mais on comprend vite pourquoi, vu la façon dont les jeunes filles sont élevées. Mais elle changer, accepte sa situation, et se découvre une force, une vraie volonté. J’ai beaucoup aimé sa relation avec sa meilleure amie. Ailyn est peut être même le personnage que j’ai préféré. Je me retrouve beaucoup en elle. L’auteure ne nous ménage pas, elle ne ménage pas non plus ses personnages. Les découvertes de Sibel ne seront pas faciles à vivre. Mais heureusement, elle ne sera pas seule pour affronter la réalité.

La relation de Sibel avec un jeune homme Aslan est à la fois drôle et touchante. Faite incompréhension du à leur éducation opposée, à leur physique différent. Ils apprennent à se comprendre et à travers l’autre à se connaitre eux-même. Mais comme tout ce que va découvrir Sibel, les relations humaines sont complexes et compliquées.

Je pourrais vous parler encore d’autres personnages mais je pense que j’en ai déjà beaucoup dit, je vous laisse découvrir le reste par vous même !

Le style d’Agnès Marot est fluide, la plume très agréable, et les personnages sont attachants. La psychologie de ces derniers est travaillée, l’histoire est originale, riche en émotions. Et le final ! J’ai été complètement embarquée et même si on s’attend à certaines choses, on est pris dans cette histoire, on a envie de savoir. Qu’il y a-t-il de l’autre côté du mur ?

Un gros plus, les approfondissements données par l’auteure à la fin qui ont répondu à quelques unes de mes questions, qui éclairent sur les références utilisées. C’est vraiment intéressant, c’est une très bonne idée de l’avoir inclue dans le livre.

Encore une fois, je suis conquise par un titre des Editions du chat Noir. C’est une belle découverte, une auteure qui mérite qu’on s’attarde sur sa plume et ses idées. Elle a donné beaucoup d’elle même, ça se ressent et c’est d’autant plus fort. Une dystopie loin des récits commerciaux actuels. Une réussite qui séduira, je pense, autant les jeunes que les adultes !

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DefiPALImaginales2014

Hunger Games : La révolte de Suzanne Collins

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Pocket jeunesse, 18,15€, 417 pages

Comme il s’agit du tome 3, cet article contiendra très probablement des spoilers, si vous n’avez pas encore entamé cette trilogie, je vous propose de relire mon avis sur le tome 1. Et si vous voulez, vous pouvez retrouver aussi mon avis sur le tome 2.

4ème de couverture

Contre toute attente, Katniss a survécu une seconde fois aux Hunger Games. Mais le Capitole crie vengeance. Katniss doit payer les humiliations qu’elle lui a fait subir. Et le président Snow a été très clair: Katniss n’est pas la seule à risquer sa vie. Sa famille, ses amis et tous les anciens habitants du district Douze sont visés par la colère sanglante du pouvoir. Pour sauver les siens, Katniss doit redevenir le geai moqueur, le symbole de la rébellion. Quel que soit le prix à payer.

Résumé

Après avoir été extraite de l’arène des 75ème Hunger Games par un hovercraft, Katniss se retrouve dans le District 13, le district soit disant éradiquer de Panem par le Capitol lors de la guerre des Districts. Le rébellion y tient son quartier général sous les ordres de la commandante du district : Coin. Katniss se retrouve là-bas amochée mais en vie. Tout le monde attend d’elle qu’elle devienne le symbole de la résistance, qu’elle incarne le Geai Moqueur mais elle n’accepte pas que tout le monde se serve d’elle et lui mente. Au District 13, elle retrouve sa famille et Gale. Alors que de son côté Peeta est aux mains du Capitole. Que va choisir Katniss ? Comment la rébellion va-t-elle passer à l’action ? Qu’adviendra-t-il de Peeta ?

Mon avis

Pas un coup de coeur mais presque !

Juste après avoir dévoré le tome 2, j’ai enchainé avec le 3ème (bien qu’on puisse attendre je pense, moi j’avais envie de tout savoir tout de suite!). Et j’ai pris mon temps, tant je ne voulais pas quitter Katniss, Gale et Peeta.

C’est difficile de mettre des mots sur la lecture, ça va spoiler un peu (mais j’essaie d’éviter au max), c’est pas facile, je vous préviens, j’ai du mal à coordonner ce que je voulais dire, j’ai du mal à dissocier les deux tomes en plus et le billet risque d’être un peu décousu et de ne pas refléter à 100% ce que j’aimerai en dire (parce qu’on peut pas parler de tout).

L’action reprend là où s’arrête le tome 2, c’est pour ça, qu’il est conseillé d’avoir le tome 3 sous la main ! Katniss a été extraite de l’arène par la rébellion et elle comprend qu’elle n’a été qu’un pion manipulé, par la résistance. Sous couvert qu’elle ne devait rien savoir si elle devait tombé entre les mains de Snow, on lui a caché le plan d’action des rebelles, un plan qui est en cours depuis pas mal de temps déjà. Mais c’est plutôt parce que Katniss n’en fait qu’à sa tête que la rébellion lui a caché les choses. Au district 13, Katniss retrouve sa soeur et sa mère et découvre que le district 12  a été complètement anéanti par les troupes du Capitole. Beaucoup de personnes sont mortes, et Katniss s’en sent responsable. La fin surprenante et inattendue des 75ème Hunger Games, a plongé Panem dans une guerre désormais déclarée. Beaucoup de districts se sont soulevés, beaucoup de monde se bat contre les Pacificateurs et le Capitole mais pas toujours à armes égales.

Comme pour les deux tomes précédents, on vit les événements du point de vue de Katniss, on sent comme dans le tome 2, qu’elle découvre les vraies ficelles qui sont tirées, qu’elle doute, qu’elle est perdue. Quand elle comprend que les gens qui lui sont proches lui ont menti, elle est fragilisée et agit n’importe comment et a le sentiment de devenir folle. J’ai encore plus apprécié ce personnage, qui s’étoffe de tome en tome. Moi, je trouve son comportement parfois extrême mais souvent assez juste. Elle se sent trahie, puis elle doit faire fasse à des choix alors qu’elle ne contrôle plus son destin, ce sont les autres qui influencent ses choix, qui tirent les ficelles et forcément, elle ne sait plus quoi faire. Elle a du mal à accorder sa confiance et ne sait plus vraiment à qui se confier. Pas facile en plus de rester maitresse de soi-même quand tous les repères et ceux à quoi ou qui vous tenez sont en danger ou mort. Katniss évolue, traverse des crises, se révolte, essaie de tirer son épingle du jeu et tente de se raccrocher à ce qu’elle peut. Un élément déclencheur va la pousser à agir, à sortir de sa léthargie post-jeux de la faim.

On va suivre Katniss à travers d’autres districts, on va découvrir comment fonctionne la résistance, quels sont ses moyens, qui en fait parti, comment les gens vivent dans le district 13, … On ne va pas découvrir que des choses positives, le district 13 comme ailleurs, n’est pas le monde des bisounours, et Katniss va l’apprendre à ses dépends. C’est un personnage plus complexe que le laissait entrevoir le 1er tome, loin d’être froide finalement. Pour elle, tout n’est pas tout blanc ou tout noir, c’est un personnage très nuancé, avec une palettée d’émotions et de sentiments assez riches qui la rendent attachante (alors qu’elle a de base un fort potentiel tête à claque) et crédible. Le personnage le plus creusé de la trilogie.

Le personnage de Gale va s’étoffer un peu et prendre un peu d’ampleur, comme Peeta n’est plus là, Katniss se rapproche de lui mais certaines choses se passent qui compliquent leur relation mal définie. Toutefois, je peux le dire maintenant, ce n’est pas mon personnage masculin préféré, il est peut-être pas assez exploité dans ce tome alors qu’on a du potentiel puisqu’il se révèle très doué pour l’art de la guerre. On en apprend plus sur Haymitch, sur Finnick et sur pas mal de personnages du tome 2. On comprend comment l’auteure a distillé dans les tomes précédents les indices pour construire ensuite son tome 3, pour la finalité de son histoire.

Ce tome est très différent des deux premiers qui du point de vue action se ressembaient un peu. J’ai adoré ce tome, car c’est vraiment l’action (par là je n’entends pas forcément des combats), la trame qui se met en place. Tout se qui s’est passé avant prend là sa finalité, on comprend les stratégies des uns et des autres, on découvre la vraie personnalité de certains personnages, on avance dans la lutte entre les districts et le Capitole et on attend (en tout cas moi) fébrilement le dénouement. Même si on finit par se douter un peu de ce qu’il va se passer, certains autres aspects restent surprenants, certains personnages sont très antipathiques, plus on avance dans la lecture plus on les déteste. Et a contrario on s’attache de plus en plus à Katniss qui oscille entre force et fragilité.  On voit disparaitre des personnages et certaines circonstances prennent aux tripes. La dernière surtout qui pour moi sert à briser Katniss au point qu’elle n’oserait plus rien entreprendre, mais c’est sans compter que cela va décupler sa rage, et qu’elle fait ce qu’elle fait à la fin. D’autres pertes sont moins intenses parce qu’elles surviennent à une telle vitesse qu’on a pas le temps de s’en rendre compte (comme dans le tome 2, quand un de mes persos préférés disparait, ça va vite et on n’a pas le temps de  s’attrister) alors finalement à quoi servent ces morts ? Certainement, à justifier le comportement de Katniss mais parfois on se demande si c’était vraiment nécessaire.

Contrairement aux deux premiers tomes, je n’ai pas eu l’impression que ça allait trop vite, au contraire, on suit une progression, les choses se mettent en place petit à petit, et les combats / actions / dénouement ont un rythme plus crédible. Ce tome contient plus de stratégie et de suspense que les deux précédents et j’ai vraiment apprécié ça. On n’est plus dans l’horreur des jeux de la faim, qui n’atteignait qu’une parti de la population, là on est dans l’horreur de la guerre où beaucoup plus de personnes meurent, plus personne n’est à l’abri derrière son poste de télévision, ça concerne tout le monde. L’horreur des comportements humains aussi et de la lutte pour le Pouvoir.

J’ai été très touchée dans ma lecture de ce tome, j’ai ressenti plus d’émotions et je n’avais pas envie de quitter Katniss, Panem et les autres personnages. Ce tome se lit tout aussi vite que les précédents. C’est cependant peut-être un peu moins fluide (plus confus ?) plus flou dans certaines scènes, parce que les événements sont différents dans ce tome que dans la trame quasi-identiques des deux premiers. En tout cas on a toutes les réponses aux questions soulevées dans les 2 premiers livres.

Un bémol sur ce tome, quelque chose qui ne m’avait pas gênée avant, c’est que de ne suivre que Katniss, limite ce qui se passe ailleurs, on ne sait pas trop ce qu’il se passe au Capitole, ce que ressentent ou vivent certains personnages, et ça peut introduire des lacunes qu’on doit combler soi-même. Pas toujours mais parfois. Et du coup, certains personnages qui pourraient être plus creusés (je pense à Snow ou Peeta) ne le sont pas, parce que si Katniss n’a pas été mise au courant, n’a pas questionné ou n’a pas vu, et bien, le lecteur non plus ^^ Du coup, c’est dommage, concernant Peeta surtout que j’aurai aimé plus présent ou plus consistant du moins.

C’est une trilogie que je place dans mes préférées, j’ai vraiment apprécié l’ensemble de mes lectures, l’histoire globale et les personnages. Parfois, le fait que cela soit « jeunesse » ne creuse pas assez sur les détails, et atténue un peu le mauvais des personnes ou l’horreur des actions (toutefois, on ne nous épargne pas des morts et la guerre) mais peu importe, cette trilogie a su me toucher. Je ne suis pas déçue par la fin (épilogue), même si on peut s’en imaginer d’autres.

Ce tome sera adapté aussi au cinéma, en deux films (mais pourquoi, à part pour pomper un peu plus l’argent des fans ?), j’suis pas sure que ça soit utile mais bon, si c’est deux c’est deux. J’ai quand même hâte de voir ce que ça va donner, puisqu’il est plus « sombre » que les autres. Surtout, je me dis que Jennifer Lawrence va pouvoir nous montrer ce dont elle est capable tant Katniss traverse des sentiments différents, à la limite de la folie. ça va être intéressant à voir !

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Challenge destins de femmes

Hunger Games : L’Embrasement de Suzanne Collins

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Pocket jeunesse, 18,15€, 399 pages

Comme il s’agit du tome 2, cet article contiendra très probablement des spoilers, si vous n’avez pas encore entamé cette trilogie, je vous propose de relire mon avis sur le tome 1.

4ème de couverture

« Après le succès des derniers Hunger Games, le peuple de Panem est impatient de retrouver Katniss et Peeta pour la Tournée de la victoire. Mais pour Katniss, il s’agit surtout d’une tournée de la dernière chance. Celle qui a osé défier le Capitole est devenue le symbole d’une rébellion qui pourrait bien embraser Panem. Si elle échoue à ramener le calme dans les districts, le président Snow n’hésitera pas à noyer dans le sang le feu de la révolte. A l’aube des Jeux de l’Expiation, le piège du Capitole se referme sur Katniss… »

Résumé

De retour dans le District 12, on découvre que Katniss, comme Peeta, vit au Village des vainqueurs. Elle tue le temps en continuant à chasser dans les bois mais seule, depuis que Gale pour subvenir aux besoins de sa famille travaille tous les jours sauf le dimanche dans les mines de charbon. Un soir qu’elle revient chez elle, elle découvre le Président Snow dans le bureau de la maison familiale qui sollicite de sa part un entretien privé. Il la menace. Le geste de  Katniss lors de la fin des 74ème Hunger Games, dans l’arène, qui a exceptionnellement permis la victoire de deux tributs, risque d’attiser une révolte et Snow ne peut se le permettre. Il lui intime donc l’ordre de continuer à faire croire à tout Panem à son idylle avec Peeta, à la sincérité de leurs sentiments et va même jusqu’à les fiancer. La Tournée de la victoire, durant laquelle le duo va devoir traverser les Districts et le Capitole, ne va pas être simple. C’est à peine si Peeta et Katniss se sont adressés la parole depuis leur retour au District 12 mais devant les caméras, ils devront donner le change. Ils découvriront que les choses sont en train de changer dans Panem, sans oublier que les 75ème Jeux de la Faim verront une nouvelle Expiation (tous les 25 ans), qui risque de les marquer fortement …

Mon avis

Une excellent lecture !

Je voulais absolument lire ce tome 2 avant de voir trop de photos issus du film en cours ou de promotion. Afin de me faire moi même mon idée des événements et ma propre vision des personnages. Je suis ravie de retrouver Katniss, Peeta, Gale et les autres.

L’action reprend quelques semaines après la fin des 74ème Hunger Games. On est tout de suite replongé dans l’intrigue par l’intervention du Président Snow. Le sentiment que certaines choses se trament et qu’une rébellion des districts est possible s’accentue. Le tome se découpe en 3 parties de nouveau et dans la première, il faut reconnaitre qu’il ne se passe pas grand chose. C’est la tournée de la Victoire, Katniss doit faire croire à tout le monde qu’elle est amoureuse de Peeta, prête à l’épouser même. Mais à travers les districts on sent se lever un vent de rébellion.

On vit de nouveau les événements du point de vue de Katniss, on sent comme tous les événements s’imposent à elle, elle est perdue et ne sait pas vraiment ce qu’elle veut, fuir à la fin de la Tournée ou peut-être prendre part au soulèvement de son district, si ce dernier le peut, mais une révolte est-elle possible ? Une chose est sure, elle ne contrôle plus sa vie et ça ne lui convient pas du tout (comme on la comprend!). Bizarrement, d’habitude les héroïnes qui doutent, ne savent pas, avance d’un pas, recule de deux, ça me saoule rapidement et dans le tome 1, je me souviens que j’aurais bien donner deux/trois claques à Katniss, là on sent tellement que les choses lui échappent, qu’elle n’est qu’un pion dans les Jeux etc., qu’on ne peut que comprendre son attitude. Le personnage a beaucoup évolué et on s’attache encore plus à elle. Et contrairement au Tome 1, où elle n’exprimait pas plus que ça, ici, on découvre toute une palette de sentiments, elle les ressent, on les partage avec elle, et elle les exprime à haute voix quand c’est possible : joie, douleur, soulagement, peine, indécision, frustration, haine, … Une évolution très bien maitrisée, après ce qu’elle a subit lors des Jeux, c’est normal que ça ne la laisse pas indifférente. Mais surtout, certaines choses arrivent et elle commence à comprendre les conséquences de sa réaction dans l’arène, progressivement elle quitte son point de vue égoïste pour se mettre à la place des autres habitants de Panem.

Il n’y a pas que Katniss qui évolue, les choses font que certains personnages vont devoir s’adapter et on les découvre plus. Ainsi, on apprend plus de chose dans ce tome sur Gale, sa relation avec Katniss qui évolue ; Peeta aussi a souffert des Hunger Games, on va découvrir comment il exorcise ses démons, on va en découvrir plus sur ses sentiments pour Katniss, des stratégies se mettent en place,… J’aime beaucoup ces deux personnages masculins, finalement très différents l’un de l’autre mais qui apportent tous les deux quelque chose, de la force, du soutien à Katniss.

La vie continuant, Panem s’apprête à organiser les 75ème Hunger Games, et donc on retrouvera à nouveau les Jeux et son envers du décor, la préparation des tributs, les alliances, l’entrainement,… Même si je me suis doutée de ce qu’il allait se passer, notamment la règle de la 3ème Expiration, qui est une évidence, je me suis laissée prendre par les événements des parties 2 et 3 du tome. Et je ne m’attendais pas à certaines stratégies, certains retournements de situation, même si avec le recul, tout ça est assez logique. Je conseille à qui peut de les lire avant les films ou de se faire spoiler parce que découvrir par soi-même le déroulement de l’intrigue, ça n’a pas de prix.

L’auteur a réussi à éviter les redites et éviter de calquer sur le premier tome, les avant-jeux sont donc moins détaillés pour se concentrer sur les ressentis des tributs, leurs personnalités, …. L’arène est différente, et elle m’a beaucoup plu, peut être même plus que la première. Un bémol, le même que dans le tome 1, tout s’y passe beaucoup trop vite, les personnages comprennent trop tôt et du coup, on ne ressent pas toute l’horreur des Jeux. C’est donc un peu moins intéressant de ce côté mais on comprend pourquoi l’auteur agit ainsi, l’important cette fois n’est pas là. Un bon point, les alliances et leur véritables buts sont bien trouvés et pas si évidents à voir venir. Même si on se doute un peu de certaines choses, d’autres m’ont bien surprise. Un peu plus de stratégie et de suspense m’auraient bien plu quand même.

Même si on retrouve avec plaisir certains personnages (Cinna, Haymitch, Effie,…), on en découvre d’autres, Johanna, Finnick, … qui vont être importants pour la suite et ça permet de renouveler l’histoire, de la compléter, de la poursuivre. Le montage de l’intrigue est vraiment bien fait. Les personnages et leurs sentiments sont développés; c’est une très bonne suite.

J’ai quand-même ressenti moins d’émotions dans la lecture de ce tome (et pourtant…) mais il se lit encore plus vite et facilement que le 1er. A la fin, des questions sont posées et les réponses seront données dans le 3ème tome. D’où l’intérêt d’avoir le 3 sous le coude si rester sur votre faim n’est pas votre truc 😀 Personnellement, j’ai enchainé avec le 3ème que j’ai terminé cette semaine  !

J’ai passé un très bon moment de lecture, même si comme j’ai terminé la trilogie, je peux dire ce que ce tome n’est pas mon préféré 😉  Toutefois, je ne regrette pas d’avoir poursuivi l’aventure avec Katniss et d’avoir découvert par moi-même la suite de l’histoire, avant l’adaptation ciné, que j’attends désormais avec impatience.

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ChallengeNoel-copie-1

Challenge destins de femmes

On My WishList #4

« On my Wishlist » est un petit rendez-vous sympa lancé à la base par Book Chick City, et repris par la belle Chica sur son blog A l’abordage de la Culture – Chica’s Booksland. Je trouve l’idée excellente ! Alors je m’y mets 🙂

Il a lieu tous les samedis et permet dans sa version originale de faire un récap’ de tous les livres que l’on voudrait désespérément ajouter à notre PAL, qu’il s’agisse de parutions récentes ou non. Le RDV français concerne UN livre qui se trouve sur notre Wishlist : votre découverte de la semaine que vous piétinez de vous acheter ou ce livre que vous voyez régulièrement sur les blogs des copinautes ou dans votre librairie, qui vous fait envie mais pour lequel vous n’avez pas encore craqué !!

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Hunger Games de Suzanne Collins

4ème de couverture

Imaginez un lointain futur, des États-Unis dont il ne reste plus que douze districts. Imaginez que tous les ans soient organisés des Jeux de la faim, que le district vainqueur bénéficie d’un approvisionnement plus favorable en nourriture. Tout cela reste acceptable. Ce qui l’est moins, c’est la nature de ces jeux. Deux enfants de 12 à 18 ans sont tirés au sort dans chaque district et livrent combat dans l’arène. Il n’y a qu’un seul gagnant : celui qui survit… Le tout organisé comme un grand spectacle, une véritable téléréalité de l’horreur, et imposé à la population. Katniss s’est portée volontaire pour remplacer sa petite soeur tirée au sort. Elle va refuser de se plier à cette mascarade sordide. Un cycle coup de poing qui s’interroge à la fois sur le voyeurisme, les excès du pouvoir et la limite qui sépare l’humanité de la bestialité ! Hunger Games est une trilogie aussi intelligente que troublante, qui ne laisse jamais le lecteur insensible, quel que soit son âge.

Pourquoi ce livre ?

J’ai vu le film récemment et j’ai vraiment envie de voir ce que donne la lecture du livre ! Voir s’il y a plus de détails et si on voit un peu plus comment tourne la société dans laquelle ils vivent.  De plus j’aimerai bien lire les suivants pour connaitre le fin mot de l’histoire et découvrir ce qu’il va se passer! Et pour ça, il fat que je commence par le 1er !

Et puis les avis sont quasiment tous unanimes pour dire que cette trilogie vaut la peine qu’on s’y attarde ! Alors j’espère pouvoir bientôt le faire !!!

Et vous, quel est le livre que vous très envie d’avoir cette semaine ?

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Les On My Wishlist de Natiora, Arwen, Serega, …

Le Dernier Hiver de Jean-Luc Marcastel

Un grand MERCI à Claire / Agnah’s World chez qui j’ai gagné ce roman lors d’un concours !

Black Moon, 16 €, 450 pages

4ème de couverture

Un ciel de sang.

De la neige à perte de vue.

Et une forêt de pins. Des pins qui dévorent tout.

Demain. L’Hiver engloutira le monde.

Johan refuse de s’agenouiller devant le sort.

Par amour, il décide de retrouver celle qu’il aime.

Par amour, son frère, Théo, va lui ouvrir la voie.

Par amour, ses amis laissent tout derrière eux pour l’accompagner.

Pour cela, ils devront pénétrer jusqu’au cœur des ténèbres…

Au cœur de leurs propres ténèbres.

Résumé

2035, -31°C.  A Aurillac comme sur la planète entière, l’Hiver s’est installé, les océans ont gelés, la neige a tout recouvert, le Crépuscule baigne les villes dans un ciel de sang. Une armée de pins vampires, la Malsève, a presque tout envahi et la Société est complètement désorganisée. C’est dans contexte, que Johan décide de tout quitter pour retrouver sa bien-aimée Léa qui a du suivre ses parents à Bergerac. Par amour, il est prêt à risquer sa vie. Dans sa périlleuse aventure, il sera accompagné de Théo son grand frère, Fanie, leur sœur de cœur, et Khalid son ami d’enfance.

Mon avis

L’auteur nous lâche dans un monde quasi apocalyptique où la Malsève étend ses racines et où le Crépuscule remplace le Jour. C’est un univers sombre, noir, froid et oppressant. J’ai été happé dès le début, la lecture va vite. C’est très rythmé  même si j’ai trouvé que ça perdait un peu en vitesse à l’arrivée  de nos héros à Bergerac mais ça ne dure pas longtemps, on repart dans l’action jusqu’à la fin. Sur leur chemin, ils croisent des créatures engendrées par la Malsève assez terrifiantes mais aussi des humains tels qu’on n’aimerait pas en croiser tous les jours. Rajouté au froid ambiant, j’en ai eu des frissons!

L’auteur a une écriture fluide, le vocabulaire est très travaillé, certains passages sont poétiques et métaphoriques, c’est agréable à lire et j’ai vraiment été prise dans l’histoire. Un panel de sentiments est développé tout le long du roman : l’amour, la détresse, la peur, l’espoir, la déshumanisation, … Mais bien que le monde semble vivre ses derniers hivers, il y a des lueurs d’espoir.

L’auteur ne se prive pas de faire quelques clichés (sur les nationalités, les histoires d’amour, etc.) mais c’est uniquement pour mieux les abattre et nous pousser à la réflexion.

En parlant de réflexion, Jean-Luc Marcastel nous offre une réflexion sur l’Humanité intéressante et poussée.

Dans cette ambiance de fin du monde, il y a ceux qui privilégient l’entre-aide, qui gardent espoir et foi en un avenir même s’il est plus qu’incertain et qui se battent pour ne pas perdre leur humanité et leur âme. Et il y a ceux qui ont abolit les codes, qui vivent « sans foi, ni loi », qui en deviennent égoïstes et cruels, que la peur de disparaître a rendu fou ou plus monstrueux que les créatures engendrées par la Malsève. C’est là que prend tout son sens la locution latine Homo homini lupus est (de Plaute et reprises par d’autres auteurs) : L’homme est un loup pour l’homme !

L’histoire flirte souvent  avec le fantastique, les êtres vivants évoluent au contact de la Malsève et/ou des radiations du Crépuscule, des êtres humains développant certains pouvoirs. Quelques personnes pourront trouver cela invraisemblable mais j’ai trouvé que c’était très bien amené dans le récit. Il est vrai que rien pourtant ne le laisse entrevoir dans le 4ème de couverture.

J’ai apprécié les personnages, on s’attache à eux. Ils ne sont pas parfaits, ils ont leurs forces et leurs faiblesses. Johan est froid et sombre. Il a perdu sa mère jeune et s’est créée une double personnalité appelée « Corbeau » pour ne pas souffrir. Elle prend le dessus dès qu’un évènement difficile ou traumatisant arrive. Ce corbeau est insensible, logique et sans état d’âme. Johan décide de retrouver Léa parce que c’est la seule qui a  vraiment su voir en lui. Théo, le frère de Johan, est un ancien militaire, il est comme un chevalier de l’ancien temps, droit et altruiste. Il a pourtant des secrets. Fanie est une jeune eurasienne, qui n’est pas aimée de ses parents qui voulaient un fils et qui lutte pour se faire une place dans ce qu’il reste de ce monde et dans le cœur de Johan. Enfin, Khalid est celui qui ajoute une touche d’humour et de réflexion (ah son grand père qui faisait des babouches… !), il est toujours prêt à aider ses amis.

J’ai beaucoup aimé l’histoire, l’atmosphère oppressante et sombre, les personnages et leur évolution, la réflexion sur l’humanité. L’action se passe en France et je trouve que c’est vraiment pas mal, je connais peu d’histoires de ce type se passant chez nous.

J’aurai aimé avoir plus d’informations sur la Malsève parce qu’on a qu’un bref aperçu de son mode de fonctionnement. Toutefois, l’histoire se comprend parfaitement sans ça. Et même  cela  contribue à maintenir une tension dans l’histoire, la Malsève et le Crépuscule restant un mystère.

Les « triangles » amoureux, c’était un peu en trop pour moi, mais ils ne prennent toute la place dans l’histoire donc je suis passée très facilement au dessus.

Je ne suis pas déçue par la fin, mais pas convaincue non plus, il y a des choses que j’ai trouvé de trop (je n’en dis pas plus pour ceux qui le liront). Mais l’ensemble est bien mené.

C’est une très bonne surprise, je ne connaissais pas Jean-Luc Marcastel et je trouve qu’il écrit très bien. Je ne suis pas contre découvrir autre chose de lui.