Mes impressions lectures Fin d’année 2016 #1

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Notre-Dame de Paris de Victor Hugo

Le livre de poche, 705 pages environ, 5€ environ en poche

En 1831, Victor Hugo réinvente le Moyen Âge et élève un monument littéraire aussi durable que l’œuvre de pierre qui l’a inspiré. Sous la silhouette noire et colossale de la cathédrale fourmille le Paris en haillons des truands de la Cour des Miracles. Image de grâce et de pureté surgie de ce cauchemar, la bohémienne Esméralda danse pour le capitaine Phoebus et ensorcelle le tendre et difforme Quasimodo, sonneur de cloches de son état. Pour elle, consumé d’amour, l’archidiacre magicien Claude Frollo court à la damnation.
De cette épopée hallucinée, ces monstres et ces figures s’échappent pour franchir les siècles, archétypes de notre mythologie nationale, de notre art et de notre Histoire.

Mon avis :

En 2016, j’ai enfin lu ce classique de Victor Hugo. Un roman parfois un peu long mais tellement riche..

J’avais en tête la comédie musicale, je n’ai jamais vu de films ou de dessins animés. J’ai donc découvert des personnages 100 fois plus travaillés, mais surtout un bossu beaucoup plus difforme et complexe;  une Esmeralda plus désinvolte et naïve ; un Frodo plus froid et plus torturé ; un Phoebus encore plus frivole et intéressé…

Mais aussi d’autres personnages secondaires que je n’avais pas imaginé comme ça, notamment l’auteur de pièces de théâtre plus intéressé par l’avenir de la chèvre de la gitane que par la gitane elle-même alors qu’elle a sauvé sa peau dans la cour des miracles.

Un personnage à part entière, Paris. Il y a beaucoup de descriptions, parfois on s’y perd même un peu mais c’est aussi un énorme travail de la part d’Hugo. Il brosse un portrait de la ville aussi important que ses personnages. Bien sur il va aussi rendre vivante cette cathédrale Notre-Dame de Paris.

Mais surtout ce qui m’a le plus plu ce sont les réflexions sur l’humanité, sur les apparences, sur la destinée. Il suffit de pas grand chose pour que la vie qui s’offrait à vous change du tout au tout.

On a aussi l’impression qu’une force tire les ficelles et que, bien que les personnages se démènent et luttent, rien n’y fait. Une autre forme de violence.

L’écriture est parfaite, les longues descriptions pourront peut-être perdre le lecteur parfois mais je pense qu’il faut savoir passer outre. Je garde des passages en tête plusieurs mois après ma lecture. C’est bien que l’auteur est doué pour vous imprégner de sa passion pour la ville et l’Homme.

Remarque : ma version comporte énormément de note de bas de page. J’ai pris le parti de ne pas les lire (sauf traduction de phrase en latin). Les informations données sont intéressantes mais alourdissent le récit et pas nécessaires pour le comprendre.
Une lecture que je suis vraiment contente d’avoir pris le temps de faire et que je relirai certainement un jour ^^

La voie des oracles II. Enoch d’Estelle Fayeenoch

Scrineo, 333 pages, 16€90

Parce qu’Aedon les poursuit sans relâche, Thya, Aylus, Enoch et le Sylvain minuscule fuient dans les terres barbares jusqu’aux confins de l’Asie.

Sur la route, ils vont découvrir des mondes différents, colorés, fabuleux, aux magies millénaires, aux mythologies fascinantes. un univers plus vaste et plus étrange que tout ce qu’ils auraient pu imaginer.
Leurs rares alliés sont en péril. Aedon, toujours plus menaçant et plus trouble, a conclu un pacte avec les créatures des Enfers. Pour survivre, Thya doit percer le secret des anciens Oracles, mais l’intervention d’Enoch risque de tout changer.
Car ce nouveau monde, s’il les force à se révèler, pourra aussi les perdre….

Mon avis :

J’ai aussi lu Enoch le tome II de la voie des oracles, avec sa magnifique couverture signée Aurélien Police.

On retrouve les personnages là où on les avait quittés, et la tournure des événements prend un aspect un peu plus sombre. Le récit fait la part belle aux dieux et déesses qui décidément peuvent faire des humains tout ce qu’ils veulent ou presque. La quête de réponse de l’héroïne se poursuit et elle va aller plus loin que tout autre Oracle avant elle. J’ai beaucoup apprécié l’évolution des personnages. On est pris dans l’histoire et les pages se tournent toutes seules.

La fin que je n’avais pas vu venir donne un second souffle à la trilogie et annonce un tome 3 différent, on a envie de se jeter dessus.

L’écriture est toujours fluide et très agréable.

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Le puits des mémoires 2. Le fils de la lune de Gabriel Katz

Scrineo, pages, 16,90€

Fuyant le royaume d’Helion où leur tête est mise à prix, Nils, Karib et Olen s’embarquent pour Woltan, sur les traces de leur identité. Pourquoi ont-ils assassiné le plus puissant roi du monde ? Dans leur quête de la vérité, ils vont découvrir un royaume fascinant, colossal, aux frontières des terres barbares. Mais leurs poursuivants n’ont pas abandonné la traque…
Pour les fugitifs sans mémoire, c’est l’heure des révélations, et de la plongée dans le grand nord, où leur vie ne tient qu’à un fil.

Mon avis :

Puis, je me suis attaqué au 2ème tome du Puits des mémoires de Gabriel Katz: le fils de la lune. J’avais bien aimé le 1er mais j’ai été moins emballée que mes camarades lectrices. J’avais donc un peu peur. Mais finalement, j’ai adoré cette suite, qui pour moi est meilleure que le 1. J’ai été happé par la suite des aventures de nos amnésiques. Et c’est l’heure des révélations. On découvre progressivement qui sont Karib, Olen et Nils… Et vivement le 3 pour savoir enfin pourquoi ils sont traqués sans relâche. Surtout maintenant que nous savons qui ils sont. J’avais vu venir la révélation finale mais maintenant j’ai trop envie de savoir ce qu’il s’est passé avant leur capture et leur perte de mémoire.

En plus de l’humour, ce tome à pour messages que les apparences sont parfois trompeuses. Et si on se redécouvrait, serions nous les mêmes personnes qu’avant ? C’est vraiment une excellente suite et je suis ravie de ne pas m’être arrêtée au 1er 🙂

Le Paris des merveilles – T1 : Les enchantements d’Ambremer de Pierre Pevel

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Bragelonne, 17€90, 384 pages

4ème de couverture

Paris, au début du XXe  siècle.
 
Les messieurs ont de fières moustaches, des chapeaux melons ; les dames portent des corsets, des jupons, des bottines à boutons. Déjà, de rutilants tacots pétardent parmi les fiacres le long des Grands Boulevards aux immeubles haussmanniens. Mais ce n’est pas le Paris de la Belle Époque tel que nous l’entendons : la tour Eiffel est en bois blanc, les sirènes ont investi la Seine, les farfadets, le bois de Vincennes, des chats-ailés discutent philosophie et une ligne de métro permet de rejoindre le pays des fées.
 
Occupé à enquêter sur un trafic d’objets enchantés, Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan, se retrouve mêlé à une série de meurtres. Confronté à des gargouilles immortelles et à un puissant sorcier, Griffont n’a d’autre choix que de s’associer à Isabel de Saint-Gil, une fée renégate que le mage ne connaît que trop bien…
 
Bienvenue dans le Paris des Merveilles.

Mon avis

Une excellente lecture !

Isabelle de Saint-Gil est dans le train qui relie Saint-Pétersbourg à Varsovie  quand elle est dérangée par Lucien, un gnome, un de ses acolytes. Il lui annonce qu’ils sont poursuivis, ce qu’elle sait déjà, mais surtout, que leurs poursuivants sont très proches, vraiment très proches.  Ils vont donc devoir descendre du train. Le coin étant devenu trop dangereux, Isabelle de Saint-Gil, la belle intrigante, décide de rentrer à Paris.

En juillet 1909, à Paris, un homme se rend chez Louis Denizart Hippolyte Griffont, mage du Cercle Cyan.  Il trouve la maison vide. Cependant, poursuivant son chemin dans la maison, il finit par découvrir le mage au fond de son jardin s’affairant sur son invention la Pétulante, une motocyclette magiquement trafiquée. Le mage a oublié le rendez-vous pris par Monsieur Carrard, recommandé par monsieur Falissière, un excellent ami de Griffont.
Monsieur Carrard souhaite que Louis enquête sur un joueur de son cercle de jeu privé. Ce joueur gagne beaucoup sans jamais perdre et le directeur soupçonne quelque chose de magique derrière cela. Griffon accepte cette enquête.  Peu après, le mage retrouve Cécile de Brescieux une magicienne du Cercle Incarnat qui demande un service. Pour l’aider, il va devoir se rendre à Ambremer dans l’Outremonde. Autre monde dont l’influence n’a jamais été aussi présente qu’à Paris, une volonté des fées. Louis va mettre malgré lui, avec ces deux affaires, les pieds dans une drôle d’histoire de meurtres et de recel d’objets enchantés…

J’ai adoré retrouver l’écriture et l’imaginaire de Pierre Pevel. C’est un réel plaisir de découvrir ce Paris des merveilles, réellement bien construit, un véritable enchantement, un mélange bien dosé de merveilleux et de monde réel : des arbres qui parlent, une tour Eiffel en bois magique, des passage vers l’Outremonde, des chats ailés dotés de parole, le tout dans le vrai Paris du 20e siècle.

Dans ce premier tome, le lecteur apprend l’histoire de ce monde depuis que les fées se sont révélées, l’histoire récente de ces fées aussi, ainsi que l’existence d’enchanteresses, aux destins particuliers. Lors de divers événements emprunts de magie, le lecteur en apprend aussi beaucoup sur Griffont, ses amis et ses liens avec certains personnages.
Les fils des missions de Griffont vont se rejoindre pour une aventure passionnante, une enquête sur des objets magiques et sur le passé de l’Outremonde, d’Ambremer. Je préfère ne pas en dire trop / plus sur l’intrigue, pour vous laisser la découverte de ce merveilleux univers créé par Pierre Pevel.

J’ai beaucoup apprécié le personnage de Griffont plus creusé que ce qu’on pourrait penser de prime abord. Il est attachant et j’ai beaucoup souri en découvrant son caractère et ses relations avec certains personnages féminins. De plus, tout ce qui tourne autour de la magie, d’Ambremer, du passé, etc. est vraiment passionnant.  J’ai aussi beaucoup aimé le personnage d’Isabelle de Saint-Gil, une voleuse pas comme les autres, elle aussi, un personnage plus profond que ce qu’on pourrait penser de prime abord. Le style est fluide et les dialogues sont bourrés d’humour, de second degré et je me suis beaucoup amuser lors de cette lecture. Tout cela, fait que ce premier tome est rythmé et que l’on passe un excellent moment de lecture.

Ce premier tome se lit très vite. D’ailleurs, je m’attendais un peu, au regard du format du livre, à un récit plus dense mais j’ai quand même beaucoup aimé. Le lecteur ne sera pas trop frustré à la fin car même si c’est un premier tome, que le récit est ouvert, on a bien une fin à l’enquête de Louis. Même si l’on n’est pas laissé en plein suspense, je n’hésiterai pas à acheter les autres tomes pour poursuivre l’aventure rapidement, surtout dans cette édition, avec les si jolies couvertures de Xavier Collette.

Métamorphoses de Samantha Bailly

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4ème de couverture

Dans la cité de Lyneroy, les commerces éclatants cohabitent avec les plus sombres marchés noirs…

Sonax a treize ans lorsque sa vie bascule. Jeune garçon androgyne destiné à suivre une voie dans la banque, il quitte tout pour le théâtre solaire, un lieu où il se découvre une nouvelle famille. Mais derrière la scène, entre faux-semblants et jeux de pouvoir, la réalité d’Hélderion n’a rien à envier aux drames qui se jouent sur les planches. Il ignore alors à quel point il va devoir apprendre à jouer un rôle en permanence, en découvrant les dangereuses coulisses de la cité la plus riche du royaume.

Entraîné dans des intrigues politiques qui le dépassent, il sera changé en polymorphe, un être capable de modifier son apparence à volonté…

Car quel acteur n’a jamais rêvé de contrôler l’histoire au gré de ses métamorphoses ?

Mon avis

Sonax est un petit garçon qui vit avec sa sœur Perle et leur mère Uria qui tient une des banques de la ville. Uria est une femme froide et très attachée à sa fonction, à son métier. Elle ne passe pas beaucoup de temps avec ses enfants. Mais on sent qu’elle doit faire face à plus qu’un problème ou d’une contrariété. Sa fille Perle est née aveugle et en Helderion c’est très mal vu. L’Astracanisme la religion unique d’Heldérion enseigne qu’à leur mort, les gens se réincarne sur leur étoile respective. Il est alors important de lui adresser ses prières, les yeux tournés vers elle. Mais Perle ne peut pas, ce qui la met à part des autres enfants de son âge.Toutefois, elle n’en a pas conscience car le petit garçon essaie au maximum de protéger sa soeur de sa « différence ». Uria surprotège la petite fille, pour cette femme autoritaire, la petite est fragile et incapable de se débrouiller seule. Alors que  Perle réussit parfaitement a se gérer seule, à se déplacer seule dans la maison. Sonax s’oppose de plus en plus à sa mère. Et tout cela est source de conflit. Malheureusement, un jour, une dispute entre entre la mère et ses enfants va aboutir un drame. Sonax en sera si affecté qu’il ne supportera plus de rester dans la maison familiale et décidera de fuir.  Il va retourner au théâtre solaire là où avec Perle, il avait vu une pièce et trouver cet univers tellement magique. Parce que lui aussi est différent des autres enfants, il arrivera à se faire embaucher par  le directeur du théâtre avec l’appui de Jaspe, la fille de ce dernier.  Sonax se découvrira là une passion pour jouer des rôles. Une seconde famille aussi. Mais bien vite des intrigues politiques qui ne soupçonnait même pas vont changer son destin…

J’ai adoré retrouvé l’univers d’Oraisons pour lequel j’avais eu un véritable coup de coeur.

Attention, je déconseille de lire Métamorphoses avant Oraisons, il y a certes, un véritable approfondissement de l’univers créé par l’auteure : la politique, les dessous des dirigeants, le personnage de Sonaw,… Métamorphoses permet de développer ce qu’Oraisons parfois n’effleurait, cependant, on recoupe fortement sur l’intrigue d’Oraisons au risque important d’être spoiler sur les mystères de ce premier opus. A vous de décider en tout cas, moi, je pense qu’il faut d’abord sauter sur Oraisons 🙂

J’ai vraiment adoré en découvrir plus sur le personnage ambigu de Sonax Jaspe qu’on croisait dans Oraisons. C’est un personnage très intéressant. On comprend vite qu’il n’a jamais vraiment été libre. D’abord, il se fait un devoir de protéger sa soeur. Il pense peu à lui. Puis, il est « exploité » par le théâtre solaire, il a tant de succès que le directeur le sort partout pour faire de la publicité, pour gagner de l’argent. Puis, Sonax est mêlé à des enjeux politiques qui le dépasse et devient polymorphe. Il est alors, sans vraiment le vouloir mais sans se rebeller non plus, le jouet de la Grande Jadielle, l’épouse de l’Astracan, le dirigeant d’Heldérion.  Puis, il est prisonnier de son addiction pour le jeu des 4 Vents. Finalement, il a toujours été un instrument vers un autre destin. Mais quelle vie bien remplie ! Comédien le plus doué, trafiquant le plus recherché, l’ami le plus fidèle…

Il aura quand-même une phase de rébellion mais il est toujours pris dans un engrenage qui le dépasse. Ces années les plus belles sont celles du théâtre mais le récit devient vraiment intéressant quand il prend la direction des enjeux politique, des intrigues, quand Sonax devient polymorphe et découvre ce qui se cache derrière les jeux de pouvoir… Une vie remplie certes, mais que d’émotions et de sentiments il traverse. Perte, doute, pouvoir, gloire, … tout cela va le construit comme toutes ces mêmes choses pourraient le démolir.

Sonax est vraiment un personnage charnière dans l’univers de Samantha Bailly. Elle réussi en faire LE personnage le plus important de ses deux romans. Celui qui joue avec les possibles, qui créé l’Histoire, qui tire les ficelles… Métamorphoses est vraiment un approfondissement d’Oraisons.  Au début j’ai trouvé que la vie de Sonax était sympathique mais qu’il n’y avait pas assez d’ancrage avec Oraisons. Ce complément devient vraiment passionnant et permet un nouvel éclairage sur les événements d’Oraisons, sur tout ce qui est caché derrière la première histoire.

C’est à s’interroger sur le travail de l’auteure. Le rôle de Sonax est vraiment déterminant, sa place importance et la construction du récit est maitrisée, l’auteure réussit magistralement bien à faire le lien, à faire que tout soit cohérent. Il y a même des passages, des dialogues qui sont similaires dans les deux livres et j’ai vérifié ! On a tellement l’impression que Métamorphoses était déjà là quand elle a écrit Oraisons, c’est vraiment réussi !

Un autre personnage se démarque du roman et le lecteur d’Oraisons sera ravie d’en savoir plus sur elle : la grande Jadielle. Elle est réellement une énigme dans le premier livre et là, on la découvre. On apprend ce qu’elle est, ce qu’elle subit, ce qu’elle doit affronter. Ce n’est pas un personnage qu’on apprécie forcément mais elle est touchante et distante à la fois. C’est un personnage vraiment complexe. Ces actes ne sont pas toujours très cohérents. Elle a par exemple, une véritable obsession pour le jeu des 4 vents. Elle réussit à en créer un. Mais ne parvient pas à le maitriser. (d’ailleurs est-ce vrai ou non ?) et fini par s’en débarrasser.  Nous manipule-t-elle autant qu’elle manipule les protagonistes de l’histoire ?

J’ai vraiment adoré l’univers de Samantha. Et son imagination, cet univers. L’Astracan, le fanatisme religieux, le pouvoir, le côté ambivalent des personnages qui oscillent entre bien et mal.  Rien n’est jamais simple. Elle s’amuse avec ses personnages et prend des risques également. Et puis, il y a toujours un animal mignon : Dune ❤

Elle a réussi à imaginer la vie d’un personnage secondaire qui finalement est celui qui tire les ficelles. L’oeuf ou la poule vous voyez ? Qui est le premier, qui est le second? Dur de savoir quand les deux sont si habilement imbriqués !  Le récit comme Oraisons est  soigné, il y a beaucoup de détails, certains trouveront peut-être même qu’il y en a trop !  La vie, l’existence du personnage de Sonax est vraiment creusé. On découvre où il va, son destin. Mais aussi qui il est : sa sensibilité, ses fêlures, son don …  Le récit est dense, étoffé, habillement travaillé. Je n’ai pas eu le coup de coeur que j’avais eu pour Oraisons mais on en est pas loin. Il est différent et la fois similaire au premier. Il y a vraiment des réflexions sous jacente à l’histoire, un fond, des idées, des idéaux.  Des thèmes forts comme pour Oraisons, la peur des autres, le besoin de certains d’abuser des autres, les illusions, la sensation de puissance, le besoin de protéger ceux qu’on aime, la folie…

J’ai adoré le jeu des 4 Vents, comme un tarot divinatoire, il peut aider, ou perdre son utilisateur. Cela m’a même donné envie d’en acheter un. Espérons que je ne vive pas l’addiction de Sonax pour ce dernier car elle est terrifiante. J’ai apprécié Sonax et son ambiguïté. C’est un garçon simple et jovial mais qui va vivre des choses fortes, qui va devenir quelqu’un d’important tout en étant dans l’ombre. A la limite du bien et du mal parfois… Je suis toujours impressionnée par le talent de l’auteure, par sa maîtrise de son univers. Je pense vraiment lire de nouveau la plume de Samantha peut-être avec la trilogie Pluie.

Les Rois du Monde – T1 : Même pas mort de Jean-Philippe Jaworski

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Folio SF, 460 pages, 8€

4ème de couverture

«Je m’appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, roi des Turons. Pendant la guerre des Sangliers, le haut roi, mon oncle Ambigat, a tué mon père. Ma mère, mon frère et moi avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu’il n’est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés. Le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s’est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : il nous a envoyés, mon frère et moi, guerroyer contre les Ambrones. Dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril, et je suis tombé dans un fourré de lances. Mais l’impensable s’est produit : je ne suis pas mort.»

Résumé

Bellovèse s’adresse à un riche marchand et lui demande de raconter sa vie partout où il ira. Alors pour que l’aventurier, le voyageur puisse le faire, Bellovèse lui raconte tout et commence par son séjour vers l’île aux Vieilles. Bellovèse voyage avec Sumarios un héros et Albios le Champion. Il doit se rendre sur l’île interdite, pour peut-être comprendre pourquoi lors d’un combat, il a été mortellement blessé mais n’est pas mort…

Mon avis

Une excellente lecture.

J’aurai pris mon temps pour le lire, mais c’est une magnifique découverte. Pas facile d’en parler d’ailleurs, c’est dense, précis et épique. Pas simple d’en faire un résumé ! Je vais faire de mon mieux 🙂

Centenaire, Bellovèse, héros celte, raconte donc à un riche marchand sa vie. Le récit m’a tellement emporté que je ne me souvenais plus qu’il lui parlait à ce marchand, j’avais tellement l’impression qu’il racontait sa vie rien qu’à moi ! Comme un chuchotement parfois, comme un cri à d’autres moments. J’ai parcouru avec lui les moments marquants de sa jeunesse. Il m’a raconté pourquoi il a dû se rendre sur l’île des vieilles où aucun homme n’a le droit d’accoster. Il m’a présenté  les circonstances de sa blessure, son destin de guerrier, de héros en devenir et ce qui le lie au Haut Roi, à Sumarios, aux autres personnages de l’histoire. Il m’a conté sa jeunesse, avec son frère Ségovèse, dans les bois interdits avec le doux dingue Suobnos, qui semble ne plus avoir la lumière à tous les étages et pourtant…

J’ai adoré ce récit où la frontière entre la réalité et l’Autre-Monde est si mince qu’elle peut parfois être traversée. Quand le récit dévie lentement et soudainement vers le Merveilleux. Certaines des anecdotes racontées par Bellovèse basculent le lecteur dans un autre monde, comme si cela était simple, naturel, parfaitement normal pour le guerrier celte.

Même pas mort c’est aussi l’apprentissage d’un jeune homme dont le père était roi. Qui a tout d’abord été comme banni de la cour et de la vie royale,  par son oncle le Haut-Roi. Qui a grandi dans l’ombre d’une mère protectrice ancienne reine celte. Qui a fait d’une drôle de façon son apprentissage martial. Qui a couru vers le danger avec la fougue de la jeunesse. Même enfant, le monde de Bellovèse n’était déjà pas assez vaste. Puis, jeune adulte mais pas encore adulte, le Haut-Roi semble se souvenir de lui et de son frère Ségovèse, il les envoie faire la guerre. C’est un drôle de voyage initiatique que va suivre Bellovèse durant toute sa jeunesse, comme en équilibre entre deux monde. Enfin, le jeune garçon va devenir un homme mais à travers une épreuve bien singulière. Comment ne pas être emportée par ce récit, par les événements, par les rencontres que va faire Bellovèse, les êtres peuplant la forêt, des guerriers terrifiants de son enfance, les combats, l’Autre-Monde,…

Il n’est pas facile de s’attacher complètement à un guerrier celte mais son destin est si singulier que j’ai réussi à m’attacher à lui, à ce qui lui arrive. J’ai bien apprécié aussi certains personnages secondaires, notamment Suobnos, un peu devin, un peu vagabond. On a bien du mal à le cerner mais quelques révélations sur sa vie nous aiguillent et nous intrigue. J’ai apprécié Sumarios aussi et pourtant parfois sa « bourritude » m’a agacé, mais dans l’ensemble c’est un personnage de son époque.

L’écriture est parfaite. Pas de lyrisme mais pas banale ou trop simple. Toutefois, comme Janua Vera, l’écriture est exigeante. C’est vraiment très travaillé. J’ai trouvé le style tantôt percutant, tantôt poétique, à la fois dynamique dans la construction du récit et calme, lent parce que Jean-Philippe Jaworski pose les bases avec soin. J’ai ressenti parfois physiquement les effets du récit. Doute, mystère, sensation de froid,… J’ai tremblé dans la forêt avec Ségillos, Bellovèse et Suobnos. J’ai été impressionnée par les guerriers celtes, massifs ou agiles, aux tatouages bleus. Qui rapportent de bien sinistres trophées des champs de batailles. Oui, j’ai vraiment été emporté loin dans le temps, dans les lieux, dans une autre époque.

Le récit est dense et riche. Précis. On apprend ou redécouvre beaucoup de choses sur la culture celte sans s’en rendre compte. Sur l’art martial, les joutes verbales, les duels, les armes, les traditions. Mais aussi sur la hiérarchie, les Druides au dessus du Haut-Roi, le Haut-Roi au-dessus des rois. Les guerriers, les héros, les Barbes et leur statut particulier. Ou encore sur les manœuvres stratégiques, politiques, … mises en place pour le pouvoir, la renommée ou encore par respect ou crainte des esprits, des dieux… Sur la place de la femme, importante dans la société celte, ou encore sur celle des druides, conseillers des rois, influençant leurs décisions. La vie sociale, guerrière, politique des celtes ; les journées-type des hommes en marche vers la bataille, tout cela est magnifiquement conté par Jean-Philippe Jaworski. Exercice d’autant plus dur que la tradition celte est orale et qu’il est bien difficile de savoir ce qu’il se passait vraiment chez ces peuples celtes qui peuvent nous sembler barbares. Toutefois, pas un seul instant, je n’ai eu envie de mettre en doute les choix fait par l’auteur, tout en sachant que rien ne peut être avéré à 100%.  J’avais vraiment l’impression d’y être. Le pari de Jean-Philippe Jaworski est réussi. On sent sans que cela soit faire avec lourdeur, les recherches historiques qui ont été faite, et qui ont très certainement servi de base à ce récit imaginaire.

Je regrette une chose, ne pas avoir une culture assez étendue sur les royaumes celtes. J’ai eu du mal parfois à m’imaginer à quel endroit il était. Les liens entre les peuples aussi, pas toujours évidents. Les relations entre les tribus celtes sont parfois complexes mais je suis toujours parvenue à ne pas m’emmêler les pinceaux. Le lecteur pourra au choix se laisser porter de lieu en lieu ou être assez curieux pour retrouver les racines des mots utilisés, retrouver les villes et les régions de France où se déroulent les différentes actions. Malgré mes quelques lacunes, j’ai adoré me plonger dans le monde celte et suivre Bellovèse. C’est vraiment un personnage intéressant et intriguant. Il semble plus sensible que d’autres au Merveilleux, il apprend vite, il est intrépide et téméraire. Il a un lien particulier avec la nature et le mystère. J’ai hâte de l’entendre me raconter la suite de son histoire. Même pas mort est un roman de fantasy comme je les aime, avec de vrais personnages creusés, avec un côté historique cohérent et intéressant, avec un basculement flou dans le Merveilleux. Un premier tome qui donne sérieusement envie de continuer l’aventure. Vivement la sortie de Chasse Royale en poche (et encore plus si la couverture est toujours signée d’Aurélien Police ❤ ).

American Fays d’Anne Fakhouri et Xavier Dollo

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Editions Critic, 23€, 400 pages

4ème de couverture

Ce Chicago de 1925 a tout du chaudron prêt à exploser ! Entre les Leprechauns mouillés dans la fabrication de faux billets et les gangs qui s’activent en coulisses pour s’emparer des marchés de l’alcool et des speakeasies, autant dire qu’il y a de l’orage dans l’air. Et tandis qu’Al Capone tente de retrouver son influence sur la ville, voilà que des Drys, farouches partisans de la Prohibition, sont atrocement assassinés.

Scarface devient, aux yeux des autorités, le suspect idéal. Furieux et persuadé que les Fays sont dans le coup, il charge une bande de chasseurs de Fays, les No Ears Four, de débusquer les véritables coupables.

Pour Old Odd et son équipe, les ennuis ne font que commencer. Contraints de plonger dans les entrailles d’une ville corrompue et en proie aux guerres des gangs, les quatre nettoyeurs ont intérêt à se serrer les coudes s’ils veulent survivre à la tempête qui s’annonce. Car, quand la Fayrie est impliquée, mieux vaut ne pas trop traîner dans l’oeil du cyclone !

Résumé

Les No Ears Four ont mis la main sur un Fay-Monnayeur, un lepreuchaun qui a préféré les faux billets aux chaudrons remplis d’or ! La bande de chasseurs de fays doit lui soutirer des informations, son activité nuit à celle de Capone, et ça, Capone n’apprécie pas du tout. La mission plus ou moins, moins que plus d’ailleurs, menée à bien, les No Ears Four s’en vont retrouver leur quartier général, un speakeasy tenu par Jude. Là bas, ils sont fermement inviter à rendre une petite visite à Antonio Lombardo, le consigliere. Il leur confie une nouvelle mission, à laquelle ils ne peuvent se soustraire et qui s’annonce périlleuse et compliquée….

Mon avis

Un méchant énorme coup de cœur !

C’était la lecture dont j’avais besoin au moment où je l’ai lu.

Une période qui me plait beaucoup les années 20, le mélange de réalité et de féérie (fayrie ?), de l’action et beaucoup d’humour !

Dans le chicago de 1925, la prohibition bat son plein. Capone, bien qu’exilé, a toujours, son commerce, des alliés et une grande influence. Mais son exil a poussé les Siciliens à marcher sur ses platebandes. De plus, les fays sont de plus en plus tolérés dans la société. Mélangé à la population, ils prennent de plus en plus d’importance, réussissent à Hollywood, exerce plus ou moins légalement leur magie. Certains humains auraient tendance à utiliser ou à s’en prendre à ses créatures. Une ligue de Protection fayrique a donc été créée. Dans ce décor, dans ce contexte, le lecteur découvre les No Ears Four. Des hommes de main plus ou moins liés à Capone (plus que moins), des chasseurs de fays. Qui bossent donc avec la menace de la LPF au dessus de leur tête et celle de Capone qui n’accepte vraiment l’échec. Dans une ville où tous les coups (en douce) sont permis, il n’est pas évident pour les 4 hommes de s’y retrouver, ils doivent souvent jouer des points et plus si infinité. Qui donc cherche des noises à Capone en assassinant des incorruptibles, farouches opposants à Scarface et en faisant peser les soupçons sur lui ? C’est ce que vont devoir découvrir les No Ears Four.

 J’ai adoré les No Ears Four, tous dans leur genre ^^ Old Odd, vieux grincheux, qui développe de drôle de réaction à l’approche des fays. Pas étonnant qu’il soit un des meilleurs détecteurs de créatures. Bourru,  old school, maladroit mais attendrissant. Sa particularité permet des moments épiques, drôles et cocasses. Cependant, ce n’est pas un personnage creux vous vous en doutez. Et le lecteur aura l’occasion d’en apprendre plus sur lui et de comprendre pourquoi il est celui qu’il est désormais.

Parmi les 4 branques (quand même si faut bien le dire, ce sont des branques mais c’est affectueux), le lecteur découvrira Vincent Demons dit Bix, charmeur, musicien, coincé chez les NEF  tant qu’il est redevable à Old Odd et donc à Capone. Les fays féminines ne sont pas insensibles à son charme. Il s’intègre comme un poisson dans l’eau parmi les blacks musicos de Chicago, ces opprimés qui vouent un culte à une fay un peu spéciale. Parmi, les noirs américains, qui comme les fays, ne sont pas intégrés mais justes tolérés. Bix est celui qui cache sa sensibilité derrière une carapace de dur et aussi celui qui s’y connait le mieux des 4 en « fays ». Puis, il y a Jack The Crap, un vrai assassin celui-ci, il fait froid dans le dos. Impossible de savoir à quoi il pense celui-là. Flippant. Mais sympathique dans son genre 😀
Enfin, le dernier des 4, Bulldog, qui prend tout ce qu’on lui dit au pied de la lettre, naïf peut-être mais une véritable force de la nature. Homme à tout faire, surtout à donner des coups, il est touchant.Il n’aurait pas fallu qu’on touche à Bulldog ! C’est dire l’attachement que j’ai pour ce personnage.

Ces 4 personnages nous entraînent avec eux à la recherche de celui, celle ou ceux qui cherchent à faire accuser Capone de crimes qu’il n’a pas commis. Et de fils en aiguilles, le lecteur découvre le Chicago des années 20, ses ruelles, ses bas-fonds, ses égouts. Redécouvre la prohibition, les bordels cachés et des choses pas jolies jolies. Surtout qu’entre en jeu, des fays de tout genre qui ne sont pas particulièrement contents du traitement qui leur est réservé. Le lecteur rencontre des personnages plus ou moins sympathiques, du privé à des fays hauts en couleur. J’ai adoré la Vieille-au-tas-d’ordure <3, intermédiaire entre les hommes et les fays majeures, un personnage so « Jim Henson spirit »,  et ça, ça me parle carrément !

Le style des auteurs est enjoué, précis, percutant, dynamique. Parfois un chouilla familier, mais qui voudrait d’une Amérique des années 20 lisse, propre et puritaine 😉 les drys peut-être mais pas Capone, pas nous ! En tout cas, pas moi. J’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, un « page turner » comme je les aime.J’ai eu beaucoup de mal à m’arrêter de lire pour bosser ou dormir 😀

Bref, j’ai tout aimé, les personnages, l’histoire, l’ambiance. C’est drôle, rythmé, musical. Il y a de l’action, une fin en WTF, des répliques géniales. Mais aussi de l’amour, de l’amitié, du dramatisme, le tout arrosé d’alcool (prohibé bien entendu) et de magie ^^ Je verrais bien cette histoire en BD ou sur grand écran, façon Les Incorruptibles mixé avec Dark Cristal ^^ Toute ma jeunesse. Et puis, en Amérique, tout devient possible, même croiser une nymphe circulant dans les canalisations et passant dans les robinets, un tas d’ordure qui parle ou un blanc trompettiste dans un black band ! Tout est possible sous les plumes entraînantes et fluides d’Anne Fakhouri et Xavier Dollo. Un duo qui fonctionne très très bien ^^ J’ai d’ailleurs eu la chance de rencontrer après ma lecture les 2 auteurs aux Imaginales. Discuter avec eux et faire dédicacer mon exemplaire a été un super moment lors du salon. Ecouter Anne Fakhouri parler de ses fays aussi (conférence Fées ou fays, entre tradition et modernité). Et apprendre qu’on retrouvera bientôt les No Ears Four, rien ne m’a fait plus plaisir à entendre ! Mention spéciale à la couverture de Xavier Colette, superbe et à cette édition anniversaire magnifique.

Un avis assez court parce que je pense déjà en avoir trop dit. Je le conseille, je le recommande. Vivement, le jour où je pourrais replonger dans cet univers un peu sérieux, un peu barré, tellement fayrique !

Le prince bâtard : Prélude à L’assassin royal de Robin Hobb

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J’ai lu, 150 pages, 5€60

4ème de couverture

Une lointaine légende raconte que le prince Pie, doué du Vif, fut destitué de son trône par une conjuration de nobles soucieux de préserver l’intégrité de la lignée des Loinvoyant. Derrière le mythe, cependant, se cache une vérité beaucoup plus complexe : fils bâtard de Prudence de Castelcerf, affublé de la robe pie du cheval de son père, élevé par une roturière, le prince vit son accession au pouvoir marquée par un écheveau d’intrigues politiques à l’origine des polémiques sur le Vif, qui changèrent à jamais le visage du royaume des Six-Duchés.

Résumé

Félicité, fille d’une nourrice royale, raconte, à la demande de Cardinal, la vérité sur le prince bâtard. Elle consigne à sa demande toute son existence en remontant à sa propre enfance, elle qui a été élevée avec Prudence la princesse royale, mère du futur prince Pie.

Mon avis

Pas convaincue.

Je pense que j’aurai encore mieux fait de tenter le T1 de l’Assassin royal parce que là… sans savoir ce que la saga raconte, j’ai trouvé que ça n’était pas vraiment le livre qui donne envie de découvrir, ou encore qu’il est trop court pour vraiment se faire une idée.

Le lecteur découvre le récit de Félicité, la fille d’une nourrice, qui travaille à Castelcerf et qui allaite les enfants des gens de la cour. Comme sa mère avant elle, elle allaitera la descendance royale. Félicité, fille de la nourrice, est donc élevée avec la princesse Prudence. Puis plus tard, la jeune princesse, qui refusa nombre de prétendants, tombera sous le charme d’un ancien esclave devenu maître des écuries et le lecteur suivra la jeunesse du prince bâtard Chargeur, qui comme son père, possède le Vif.

Je n’ai pas vraiment accroché à la famille royale. Déjà les noms de vertus ou de dons pour les prénoms, très peu pour moi. Je n’aime pas du tout. C’est dur à expliquer mais je trouve que ça sonne « faux ». Et de comme de par hasard, Prudence portera mal son nom… En plus, c’est une enfant gâtée, qui est pourrie d’autant plus que Félicité est à la fois son faire-valoir (oui parce que Félicité n’est pas jolie), bonne à tout faire (oui parce que Félicité s’occupe de la princesse jour et nuit), qui la laisse tout faire (parce que Félicité aime sa princesse et lui passe tout, comme sa royale famille), qui réussi à avoir sinon du pouvoir, une présence indispensable auprès de la princesse (forcément puisqu’elle ne la quitte que rarement). Puis forcément donc, la jeune princesse se retrouvera à manquer de prudence et sera « ensorcelée » par le  seul garçon qu’il ne fallait pas. Quelle surprise…

Concernant Félicité, parfois je l’ai trouvé attachante, et parfois agaçante… Elle se fait complètement avoir par sa mère qui gère sa vie à sa place. Cette pauvre fille n’aura jamais décidé de quoique se soit ou presque. Et elle sera à l’origine d’un enchaînement de drames et de malheurs… Puis quand elle va réagir, il sera trop tard…

J’ai presque préféré la seconde partie, avec le prince Chargeur dit « Pie ». Là, on rentre plus dans un aspect politique de l’histoire, avec des tensions, de la haine entre les personnages, de petits jeux de pouvoir. Mais je suis un peu déçue parce que finalement, cela tourne court assez vite et c’est une banale rivalité, un triangle amoureux qui fait se  battre les adversaires au trône…  Pas vraiment original. J’aurai bien aimé un peu plus de psychologie des personnages aussi mais comme il n’y a qu’une narratrice qui n’a pas assisté à tout (elle retranscrit le récit de Cardinal), ça manque pas mal. Puis c’est un prélude, ce n’est pas très développé.

Si le but de ce récit est d’en découvrir plus sur le Vif, alors oui pourquoi pas, c’est un aspect très intéressant de cette grosse nouvelle. Mais, je pense que ce prélude s’adresse plus à ceux qui connaissent la saga, du coup. A ceux qui veulent en savoir plus sur les « origines ». Ce n’est sans doute pas, par là que  j’aurais du commencer.

Autre point, le style. Je ne l’ai pas trouvé transcendant. C’est simple et classique. Le rythme du récit n’est pas très entraînant. C’est dommage pour un récit qui « prélude » une sage de 13 tomes (découpage français). Et en 150 pages, il y a quand même pas mal de répétitions. Il ne faut que quelques heures pour le lire, alors lire 4 ou 5 fois, que oui, Félicité retranscrit bien LA Vérité, qu’on nous redonne plusieurs fois, la généalogie d’Habile … Bofn, bof. C’est un peu lourd pour juste 150 pages. Et puis, je regrette de ne pas avoir ressenti un peu d’émotion, d’excitation, d’envie, d’aventure ^^

Bon, je ne dis pas que je ne lirai jamais la saga de l’Assassin Royal, il aura peut-être sa chance au court de ma vie de lectrice mais pour le moment, je ne me lancerait pas dedans. En tout cas, ce n’est pas ce court récit qui m’aura donné envie de découvrir l’univers de Robin Hobb.

La voie des oracles – I. Thya d’Estelle Faye

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Scrineo, 337 pages, 16,90€

4ème de couverture

La Gaule, Ve siècle après Jésus-Christ. Cerné par les barbares, miné par les intrigues internes et les jeux du pouvoir, l’Empire romain, devenu chrétien depuis peu, décline lentement. Les vieilles croyances sont mises au rebut, les anciens dieux se terrent au fond des bois, des montagnes et des grottes, les devins sont pourchassés par la nouvelle Eglise. Thya, fille de l’illustre général romain Gnaeus Sertor, a toujours su qu’elle était une Oracle. Il lui faut vivre loin de Rome, presque cachée, en Aquitania, perdue au milieu des forêts. Que faire alors, quand son père, son protecteur, tombe sous les coups d’assassins à la solde de son propre fils ? Il faut fuir, courir derrière la seule chance qu’elle a de le sauver… Se fier à ses visions et aller vers Brog, dans les montagnes du nord, là où, autrefois, Gnaeus a vaincu les Vandales. Et peut-être, le long de ce chemin pavé d’embûches et d’incroyables rencontres voir le passé refaire surface, et réécrire l’Histoire…

Résumé

En forêt d’Aquitania, un faune est à l’affut. Il attend l’arrivée de celui qu’il épie depuis quelques temps déjà. Un humain. Un ancien militaire. Contre l’avis de ses Dieux, il a décidé de se battre. De marquer les esprits, la révolte de l’ancien peuple contre le nouveau. Afin que lui et les siens ne sombrent pas dans l’oubli. Mais alors que l’humain et son fils arrivent enfin à niveau du Faune aux yeux d’or, des Pictes les attaquent. Et blesse gravement celui dont le Faune voulait la mort. En retrait, caché, il apprend que le fils n’est pas pour rien dans cette attaque. Ce dernier d’ailleurs après avoir réglé le chef picte s’échappe en hurlant à qui veut l’entendre que lui et son père ont été attaqués et que son père, le général est mort. Pourtant, pendant ce temps, une Dryade sauve le vieil homme, car sa perte ne cadre pas avec le Destin et la volonté des Dieux. Il doit vivre afin que sa fille prenne la route vers sa destinée. Et le Faune doit la surveiller et la protéger …

Mon avis

Une excellente lecture !

J’ai beaucoup aimé ce nouvel univers fantasy d’Estelle Faye.

Le lecteur découvre Thya, une jeune oracle qui n’est proche que de son père le général romain Gnaeus Sertor. Il  l’a protégé dès qu’il a eu connaissance de ses dons, en l’envoyant vivre en Gaule. Là bas, Thya développe son don dans la plus grande discrétion et de fait, dans la solitude.  Thya a un grand frère Aedon qui a cherché à faire tuer leur père, pourquoi ? Sauvé par une dryade, le général est gardé par quelques uns de ses hommes. Pendant ce temps, Thya consulte l’avenir et s’aperçoit que si elle veut sauver son père, qu’elle adore plus que quiconque, elle doit se rendre à Borg à l’autre bout de la Gaule. Elle s’échappe donc de la Villa de son père avec les objets les plus chers à son coeur.

Sur son chemin, Thya va faire plusieurs rencontres plus ou moins importantes. D’abord Enoch un jeune maquilleur,  livré aux bêtes en pleine nuit dans la forêt, qu’elle va aider. Puis, d’anciens militaires, qui ont servi avec son père 20 ans plus tôt.
Et si, le voyage de l’oracle avait plusieurs buts ? Si Thya allait en fait au devant d’elle-même ? ou du Destin ? Sur sa route, elle va devoir faire des choix, prendre des décisions, faire confiance, affronter des dangers, fuir,… Que lui réserve donc Borg ?

Moins sombre que la Dernière Lame et ses airs de fin du monde, l’intrigue de La voie des oracles se déroule en Gaule romaine, au Ve siècle, un contexte qui de base ne m’attire pas. Mais c’est sans compter que j’ai adoré discuter avec l’auteur et que je suis fan de la couverture donc je me suis laisser tenter et je suis pas déçue. Moins sombre certes mais l’époque n’est pas très légère, l’empire romain est affaibli, les Vandales reprennent les offensives sur la Gaule, le peuple de Gaule sent croitre le climat d’insécurité, de plus en plus abandonné par les romains.

Pour moi, ce premier tome se place entre adulte et jeunesse. Thya est jeune, Enoch aussi mais ses rencontres, ses ennemis, son entourage sont adultes. Je pourrais regretter un peu qu’il n’y ait pas plus de détails de la civilisation, l’histoire, etc. mais en même temps, c’est abordable, j’avais envie de fantasy mais pas d’un roman historique et donc je ne suis pas déçue.

J’ai beaucoup aimé rencontrer des créatures mais ce qui change un peu des trolls et des elfes, ce sont des personnages mythologiques : dryade, faune, ondine, etc.  J’ai beaucoup les glissements dans l’univers des anciens dieux et le parallèle avec le monde Romain du Ve siècle. Et puis, j’ai aussi beaucoup aimé le parcours de Thya, apprentissage du monde extérieur, quête, combat contre la destinée ou jouet du Destin ? Pourquoi est-elle si importante ? Les oracles doivent se cacher depuis que la religion du dieu unique a pris le pas sur les anciens dieux. Il est donc très intéressant d’en suivre une et de partager avec elle ses doutes, ses remarques sur ses visions, etc. Personnellement, je suis très fan des anciennes croyances, des mythes, des anciens dieux, etc., du coup, je suis ravie.

J’ai apprécié les personnages, leurs ambiguïtés, leurs caractères. Et notamment certains personnages secondaires que je ne citerai pas, à vous de les découvrir. Thya se révèle pendant sa traversée de la Gaule. J’ai beaucoup aimé la découvrir à travers le regard d’Enoch et de Mettius. J’ai envie de savoir ce que les augures lui réservent ! Comme j’ai envie d’en apprendre plus sur Enoch, les Nodes, … Un premier tome très plaisant qui se lit rapidement. Fluide et entraînant. J’attends avec impatience la suite ^^