Xénome de Nicolas Debandt

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Editions de l’Homme Sans Nom, 397 pages – Sortie : 26 Mai 2014, 19,90€

4ème de couverture

« Je me souviens très bien du jour où je naquis à la conscience. Il y a des jours comme ça qui ne s’oublient pas. Celui-ci était un 4 février. Celui de l’année 2184. »

Yann se réveille, sans savoir qui il est ni d’où il vient. Impliqué malgré lui dans une histoire de vol d’œuvres d’art au Louvre, il débute sa vie au rythme effréné de la fuite, des rencontres, des choix et des révélations.

Nicolas Debandt, à travers la situation impossible de Yann, soulève les questions de l’être et de l’existence, et dépeint une société contrôlée et voyeuriste où la place de l’homme est définie par son ADN, et où tout s’achète, même les gènes.

Résumé

Une conscience qui s’éveille. A Paris, au Louvre. Un corps d’homme. Des machines. Cet être qui s’éveille à la conscience se redresse. Il n’a pas de passé, pas de mémoire. Tétanisé, il ne sait que faire. L’instinct le pousse à sortir de la salle où il s’est éveillé. Un technicien de surface Joseph le trouve hébété dans un couloir. Pensant que cet individu est drogué  et en difficulté, Joseph l’aide et le recueille chez lui. Il lui donne un nom Yann. Jospeh est un Operaris. Débridé. Il consomme des drogues qui lui permettent de réfléchir et comprendre plus de chose que les autres Operaris. Mais qui est Yann ? Qu’est-il ? Comment à évolué notre monde ?

Mon avis

Un gros coup de coeur ! ❤

Bravo et merci à Nicolas Debandt pour cette histoire superbe, pour ce roman SF haletant et entrainant. C’est profond. Sensible. Terrifiant. Incroyable. J’ai beaucoup aimé la découverte de soi, la quête de Yann pour avoir des réponses. J’ai adoré les idées, l’anticipation, les messages, les personnages.

L’action se déroule dans un Paris surpeuplé, très urbanisé, de nouvelles espèces ont vu le jour à la place des Homo Sapiens. 4 espèces avec des particularités différentes existent et permettent au monde de survire. Les Homo Operaris, ceux qui « opèrent », sorte de classe ouvrière. Emploi du temps sur mesure, peu de réflexions, pas de révolte. Les Homo Obediensis, ceux qui « obéissent » aux ordres, des travailleurs, fonctionnaires. Ce sont les deux espèces que Yann rencontre en premier. Le lecteur va découvrir les deux autres espèces, principalement les Nexilis, en suivant un inspecteur de police. Les Homo Nexilis sont intelligents et occupent des professions comme policier, directeur, commerciaux, chercheur,… ce sont ceux qui agissent et disposent d’un minimum d’autorité. Puis, le lecteur découvrira les Homo Aureus, au dessus des Nexilis. Ceux qui possèdent.

On découvre aussi le Websoc, sorte de réseau social géant, connecté en permanence aux esprits des Obediensis et des Nexilis. Chacun membre ayant un profil gardant en mémoire toutes les actions, pensées, localisations… permettant de disposer aussi de toutes les informations culturelles, politiques, actualités, divertissements si nécessaire. Bref, tout y est enregistré. Tout s’affiche en hologramme devant vos yeux.  Impossible ou presque de se cacher, d’avoir une vie privée. Terrifiant. L’aire des êtres connectés. Mais aussi dans ce Paris des années 2184, le génome a été complètement remanié, vous pouvez disposer de nouveaux gènes, les acheter à la TransTrad, disposer de capacités supplémentaires, améliorer vos performances, etc. etc. Incroyable.

Yann lui ne sait pas qui il est, ce qui est sur c’est qu’il apprend vite. Mais pour avoir un avenir, il faut connaitre son passé, du moins, c’est ce que ressent Yann et il va donc se mettre en quête de son histoire, déterminer pourquoi il s’est éveillé déjà adulte, de cette façon.

Certaines péripéties et circonstances vont à Yann de croiser le chemin de Naya, une voleuse de gène. Durant tout le roman ou presque, le lecteur va découvrir le monde, les espèces, le passé de ce monde, les gens à travers les yeux de Yann. D’un autre côté, le lecteur va suivre l’enquête de l’inspecteur Roussel qui recherche Naya depuis des années et a qui est confié une enquête de vol d’œuvres d’art au Louvre, bizarrement le même soir que l’éveil de Yann.On apprend à connaitre Naya. Et on se pose plein de questions De quelle espèce est-elle ? Comment réussit-elle a se cacher de ceux qui la traque ? …

Nicolas Debandt a beaucoup creusé la psychologie de ces personnages, une véritable réussite. Ce n’est pas évident, de se mettre à la place de quelqu’un qui s’éveille à la conscience et qui se découvre. Pourtant l’auteur réussi cela. Yann est différent, il apprend vite, essaie d’analyser les comportements, les événements, les émotions. Avec lui, on ressent l’envie, la jalousie, l’incompréhension, la perte. Mais aussi l’affirmation de soi, la volonté de savoir mais aussi de braver les interdits. Le lecteur passe comme Yann par une foule d’émotions et de sentiments, on se sent alors si proche de Yann. Comment ne pas s’attacher alors à ce personnage et à sa quête ?

Avec Naya, on découvre que la TransTrad a le monopole de la synthèse génétique et que l’obtention de nouveaux gènes n’est que temporaire, que les gens deviennent « dépendants ». Le monde alors nous apparait rempli de vices et de choses cachés. Plus on creuse, plus les choses nous semblent étranges, illogiques… Quel est réellement ce monde évolué ? Qu’est-ce qui a changé la société à ce point ? Naya est forte et fragile à la fois, c’est un très beau personnage. Nicolas Debandt creuse aussi la vie et le passé de l’inspecteur Roussel. J’ai alterné entre des « il m’énerve » et des « je l’aime bien ». Cet inspecteur est le reflet de la Société. Mais il va vivre des choses qui vont éveiller sa conscience. On le voit changer et je me suis aussi attachée à lui. Il y a plein de personnages à découvrir, chacun à son importance. C’est un roman dense et enrichissant.

Xénome est un livre qui marque et qui prend la peine de montrer les dérives possibles du progrès. Ce qu’on apprend est terrifiant. Les messages véhiculés par Nicolas Debandt sont puissants, profonds et forts. C’est indéniablement un livre qui fait réfléchir. Un roman de SF original et très bien fait. J’avoue qu’avoir fait une partie de mes études en biologie m’a beaucoup aidé. Mais même sans cela, je pense qu’il est très accessible. Et puis, le mélange de la SF avec un côté enquête policière permet de rythmer le récit, le fluidifie, tient le lecteur en haleine et permet quelque chose de percutant. Et on ne le lit pas forcément comme un roman de SF, c’est plus abordable même si les idées sont elles vraiment dignes de auteurs d’anticipation. Qu’est prêt à faire l’homme au nom du Bien Commun ? Que sait-on vraiment ? Quelle est la réalité que l’on nous cache ? Les questions de 2184 pourraient se poser actuellement ! Flippant !

J’aurai peut-être aimé en appendre plus sur la période charnière qui a conduit aux 4 espèces et durant laquelle a été  développer des biotechnologies. Mais même sans ça c’est excellent. Et surtout je remercie l’auteur pour la fin. Même si j’ai versé ma petite larme, et eu la gorge nouée, elle ne fait pas dans la facilité et ça c’est un gros plus. Enfin quelque chose de moins convenu. J’ai adoré. Je le lirai très certainement dans quelques années, parce qu’il m’a fait forte impression et que pense que je pourrais encore découvrir des choses en le relisant ! Mais avant je lirai le diptyque Illuvendan 🙂

Un excellent titre des Editions de l’Homme Sans Nom qui décidément dispose d’une sélection d’ouvrages qu’il faut découvrir ! ❤

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Rose Morte, T2, Trois épines de Céline Landressie

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Les éditions de l’Homme Sans Nom, 19,90€, 443 pages

4ème de couverture

France, fin du XVIIIe siècle.
Alors que la révolte gronde aux quatre coins de la France, Rose est rappelée de la cour de Russie. De retour aux côtés de son mentor, elle découvre que la situation vacille également dans l’univers occulte d’Artus.
Les Arimath doivent faire face à de sauvages attaques sur leurs terres, tandis que la grogne contre la noblesse croît d’instant en instant parmi le peuple. Entre la révolution naissante et les prémices d’une guerre au sein du monde obscur, les bouleversements dans l’existence de Rose s’annoncent cataclysmiques. Leurs conséquences risquent fort de faire sombrer en un même chaos les existences des humains aussi bien que des immortels…

Résumé

Mars 1789, Rose est à la cour de Russie. En plein bal, elle reçoit une missive de France, à elle alors de décider de suivre les directives de cette lettre ou bien de n’en rien faire. Rose choisit de rentrer en France et retrouve le domaine de Boissy en juin de la même année. Elle se rend vite compte de la tension qui existe à son retour, les Arimath sont attaqués sur leurs terres mais ils ne sont pas les seuls victimes d’attaque. Tension interne également, puisque Rose a ramené avec elle plus que la fratrie d’Holival n’en attendait… Adelphe aimerait qu’elle prenne  le temps d’écouter Artus, son frère, seulement elle ne souhaite pas lui accorder une attention qu’elle pense qu’il ne mérite pas… Que se passe-t-il donc entre Rose et Artus ? Que signifie les attaques contre les leurs ?

Mon avis

Une suite à la hauteur de mes attentes et même plus !

Je vais essayer de ne pas spoiler le 1er mais il y a certaines petites choses qu’il est inévitable de dire mais elle ne devrait pas vous faire bondir, je pense ^^ Et je serais discrète que le contenu de ce tome pour vous laisser le maximum de surprise 😉

Je souhaite d’abord remercier Céline Landressie pour sa gentillesse et sa confiance, merci de m’avoir permis de poursuivre cette traversée du temps à la suite de Rose, Artus et Adelphe. Merci beaucoup à vous et aux Editions de l’Homme sans nom.

De mon point de vue, ce second tome est encore meilleur que le précédent !

Le lecteur a quitté Rose en 1600 et la retrouve 189 ans plus tard en Russie ! Il est alors plongé dans une période tourmentée : 1789, peu avant la révolution, un contexte historique différent du tome 1. Ce ne sont plus les problèmes de religion qui tourmente le pays, ici c’est le peuple qui va se soulever pour d’autres changements. Le changement d’époque permet de donner un nouveau souffle au récit, permet à Céline Landressie, de continuer à nous émerveiller mais sans refaire ce qui avait déjà été fait !

J’ai comme dans le 1er tome, adoré ce contexte historique. C’est une période complexe et riche qu’on peut exploiter, une période de l’histoire intéressante. On retrouve avec plaisir, la maitrise de Céline Landressie, qui ne se contente pas de situer son action dans une époque particulière mais elle réussit parfaitement à la faire vivre, les us et coutumes, les habits, les décors, tout est superbement décrit avec précision et raffinement. De nouveau, le langage des personnages est parfaitement adapté au contexte, soutenu sans être pompeux, le style utilisé par l’auteure met en valeur des descriptions, les personnages et les actions. On a droit à de magnifiques images pour souligner les sentiments et les actions. La perfection va jusqu’à écrire certaines phrases en russe quand le personnage en est originaire ! L’écriture est belle, dosée et envoutante. Un véritable régal. Le poème du début est magnifique, j’ai tout de suite été sous le charme

On retrouve dons Rose, presque 200 ans après l’avoir quitté, elle semble avoir retrouvé ses terres mais alors qu’on pense la retrouver en France ou en Angleterre, elle est en Russie ! Surprise ! Pourquoi ? C’est la première question que l’on se pose. Le lecteur découvrira progressivement les raisons puis aussi ce qu’il s’est passé pour Rose entre 1600 et 1789. Elle semble en froid avec son mentor, mais qu’en est-il vraiment ? Le fossé semble s’être creusé entre eux et plus le temps passe dans ce tome 2, plus on se demande pourquoi et on se rend compte qu’il se creuse toujours un peu plus. Rose nous apparait curieusement à la fois vulnérable et déterminée. Elle tente par tous les moyens de se composer la figure de circonstance, calme, posée, que rien ni personne n’atteint, mais elle ne peut toujours y parvenir et nous livre ses impressions, ses émois, ses doutes. C’est vraiment un personnage ambivalent, il y a toujours des choses qu’elle ne comprend pas alors que pour le lecteur s’est plus évident, elle a tendance à ne pas réfléchir sur les bonnes choses. Pour autant, elle ne nous apparait pas du tout comme un oiseau sans cervelle ou comme une personne égoïste, bien au contraire ! Rose est vraiment un personnage intéressant, complexe, qu’on sent s’affirmer de plus en plus, elle a entièrement sa place chez les Arimath, ne manque pas de courage et peut parfois être prise de court. Rose a des capacités qui en font ou feront très certainement LA personne qui compte.

Le comte de Janlys, Artus, est de plus en plus mystérieux, son comportement est étrange aux yeux de Rose, qu’il s’agisse de sa sphère privée (avec Adelphe par exemple) mais également par son statut d’Héritier. Il présente habituellement certaines qualités probité, tempérance, respect,… qui semblent s’effriter, Rose se met à douter parfois et un nouvel aspect du comte nous ai montré. L’attitude d’Artus est toujours caractérisée par les non-dits et les faux semblants mais on comprend de plus en plus pourquoi, il agit comme cela. Personnellement, plus l’histoire avance, plus j’apprécie Artus, certains aspects me plaisent plus que d’autres mais on le comprend mieux dans ce second tome. Céline Landressie joue avec ses personnages et aussi cultive leurs mystères sans pour autant frustrer son lecteur, certaines parties sont riches en révélation. Mais nous avons encore plein de choses à apprendre d’eux. La psychologie des personnages est très travaillée et les personnages secondaires ne sont pas en reste ! Adelphe soufflant le chaud et le froid, Vassili tendre et intègre, Hilda courageuse et franche,…

L’intrigue est plus complexe que dans le premier tome et le lecteur accompagne les personnages dans leurs découvertes et leurs déductions. Il y a une vraie histoire de fond, que l’on découvre et suit peu à peu, une sorte de quête, de recherches, avec des pistes et des fausses pistes, les intrigues de pouvoir et de politique mais aussi sentimentales… ça m’a beaucoup plu !  Plusieurs intrigues s’entrecroisent, elles donnent du rythme et de la consistance à ce second tome. Je l’ai trouvé encore plus prenant que le premier, je n’arrivais pas à arrêter de lire ! On apprend tellement de choses, sur les différentes maisons, sur le but des « ennemis » des Arimath, sur les Janlys, sur Rose,… Et puis, tout n’est pas rose, il y a des combats, des complots, de l’action, oui, c’est vraiment prenant.

Il y a des choses que j’ai vu venir un peu de loin comme on dit mais en aucun cas, cela m’a gênée dans ma lecture, au contraire, je crois que j’avais hâte de savoir comment le ou les personnages allaient découvrir cela et comment Céline Landressie allait nous le raconter. Et je n’ai pas été déçue ! Pour moi, ce deuxième tome est très différent du premier (où on découvre les personnages, et une partie de l’intrigue) et il est encore meilleur ! Les éléments se mettent en place, et j’ai hâte de savoir ce que nous réserve la suite ! Est-ce que l »on va changer de période historique ? De continent peut être ? J’ai peur de trembler pour certains personnages. La fin m’a laissée une drôle d’impression, le cœur serré, je me demande … enfin je verrais bien parce qu’il est sur que je me jetterai sur le 3ème tome très très peu de temps après sa sortie ! ça va être long d’attendre !

L’écriture est toujours aussi belle, maitrisée et envoutante, la structure de l’histoire dense et travaillée et Céline Landressie arrive à nous captiver et elle nous donne des éléments, nous fait trembler et préserve une part de doute, de mystère et d’inconnues ! Je confirme que Céline Landressie est une auteure à suivre !!
Bravo une nouvelle fois à Magali Villeneuve pour la magnifique couverture ! J’ai hâte de voir la prochaine ^^

Merci encore aux Editions de l’Homme Sans Nom et à Céline Landressie pour cette suite magistrale !

Rose Morte, T1, La Floraison de Céline Landressie

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Les éditions de l’Homme Sans Nom, 19,90€, 488 pages

4ème de couverture

France, fin du XVIe siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.
Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.
Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d’Artus de Janlys.
Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle…

Résumé

Le Comte de Greer, Lord anglais est contraint de quitter l’Angleterre pour sauver sa famille, son jeune frère s’est octroyé toutes ses terres et a prêté allégeance à la nouvelle Reine. Lady Mary la femme du conte l’attend cachée dans un bateau avec leur unique enfant Eileen. Le conte convaincu de la trahison de son frère embarque et emmène en France sa famille. 28 ans plus tard, Eileen est devenue une jeune femme charmante, avec du caractère, qui a déjà refusé plusieurs prétendants et qui se voit imposer par son père un ultime choix. Elle va se confier à sa meilleure amie Charlotte et toutes les deux vont mettre au point une stratégie pour éviter à Eileen dite Rose de conclure une union indésirée…

Mon avis

Une envoutante découverte !

Un jour, une copinaute adorable, Cali pour la citer, vous recommande à une auteure tout aussi adorable et vous vous retrouvez contactée pour avoir la chance de découvrir une maison d’édition qui vous fait de l’oeil depuis des mois et un titre dont les chroniques des blogueuses vous ont fait l’inscrire sur votre wish-list, d’échanger avec une auteure passionnée et sympathique. Il y a des jours où la vie d’une blogueuse est illuminée de soleil même quand il fait gris dehors. Tout cela, pour remercier Cali, Céline Landressie et les Editions de l’Homme Sans Nom pour avoir pensé à moi pour découvrir ce premier tome de la saga Rose Morte ! ❤

Ce fut une magnifique découverte, une excellente lecture !

Le lecteur découvre d’abord rapidement l’Angleterre du 16ème, période troublée par les guerres de religions puis la France au moment de la signature de l’édit de Nantes. Le récit commence donc dans un contexte troublé, au moment, où le conte de Greer fuit son pays natal pour la France, puis se poursuit 28 ans plus tard, dans une période qui se veut plus calme mais où des tensions existent encore.

J’ai énormément apprécié ce contexte historique, c’est une période de l’histoire que je trouve intéressante et puis j’ai beaucoup aimé les descriptions (des tenues, des us) et surtout cette impression d’y être, langage adapté, vocabulaire précis (et expliqué dans un glossaire), un enchantement ^^ Le style d’écriture est parfaitement adapté à l’époque, sans être trop pompeux (fastidieux), sans en rajouter, c’est dosé et précis comme il faut. Les descriptions sont belles, vivantes, on a vraiment l’impression de voir les décors, les lieux, les tenues, toutes ces choses qui font briller les yeux du lecteur.

On découvre Eileen, dite Rose par ses amis. Elle a 28 ans, et est donc considérée comme une « presque » vieille fille (en gros, il est de plus en plus difficile de lui trouver un homme prêt à l’épouser, bah oui, il faut bien donner quelques bambins héritiers au dit époux ! (heureusement que les mœurs ont changés quand même!)). C’est une jeune femme charmante, qui a du caractère (mais attention pas non plus, la fille égoïste, ou insupportable qu’on aimerait remettre à sa place), non Rose est bien élevée, intelligente mais elle ne se laisse pas marcher sur les pieds c’est tout. On s’attache à cette jeune femme en décalage avec son époque (dans le sens où elle refuse un mariage arrangé et puis d’autres petites choses), forte mais pas dépourvue de certaines fêlures. Dans toute la première partie du roman, on découvre donc Rose,  ses amis, des brides de son passé, son attachement pour son père, ses aspirations, etc.  Elle est contrainte de rencontrer un nouveau prétendant lors d’un bal, son père est bien décidé à la marier cette fois. Heureusement Rose est pleine de ressources et elle peut compter sur Charlotte sa meilleure amie pour l’aider à contrecarré les projets de son père.

Puis entre en scène, le Conte de Janlys, un homme pourvu d’un énorme charisme, dont les rumeurs vantent la fortune et dont les titres de noblesse familiaux remontent aux croisades. Il est beau, mystérieux, charmant. Et là, j’ai eu peur de retrouver ce que je déteste dans certains romans, une sorte de surenchère sur sa beauté, son physique, son intelligence, sa richesse, et que comme par hasard, lui et l’héroïne vont vivre un amour fou, passionné, donc dramatique etc. etc. Mais ici, quel plaisir, quel bonheur, les clichés sont laissés de côté, pas de surenchère, tout est dosé, maitrisé, crédible. Le talent de Céline Landressie est d’avoir su faire dans la mesure tout en faisant rêver ! Alors oui, il a certaines choses indispensables à ce genre d’histoire mais qu’est-ce que c’est bien écrit !

Ce tome 1, commence donc comme un roman historique avec une intrigue un peu romance, sans être vraiment cela non plus, puis comme vous vous en doutez, on dérive progressivement dans une intrigue plus fantastique… Mais pas seulement, tout un côté enquête, vient s’ajouter au récit, qui donne du corps au texte de Céline Landressie et du poids à l’histoire de Rose. D’abord, il va se passer quelque chose qui va toucher Rose et elle se fera un devoir de découvrir pourquoi cela est arrivé. Et puis, dans le même temps, dans les régions normande et parisienne, des massacres inexpliqués ont lieu sans mobile et coupables apparents. Le lecteur sera alors amené à découvrir comment et surtout pourquoi. Les deux intrigues sont très bien menées, les révélations sont progressives, indice après indice. Ce nouveau côté de l’intrigue m’a agréablement surprise. J’ai adoré !

Ce que j’ai énormément apprécié également, c’est la façon dont Céline Landressie cultive le mystère, maitrise le suspense. Le lecteur qui a un peu l’habitude de ce type d’histoire, va comprendre certaines choses assez rapidement mais pour tout le monde : waouh, on est plongé dans une atmosphère, dans un mystère opaque, on est pris de doutes et puis les choses nous sont révélées progressivement, comme pour le côté « enquête », les éléments sont livrés pas à pas. On est tenu en halène, on pense qu’on va savoir, puis non, pas encore, et puis on se met à douter. C’est génial. Même celui qui sait, se prend au jeu des déductions et des indices. Magistral !

A la fin, on comprend certainement choses, d’autres restent encore à découvrir, on a envie de poursuivre l’aventure et de connaitre la suite. Rose est plus complexe qu’on pourrait le croire, on aura certainement plein de révélations sur elle mais sur d’autres personnages aussi à n’en pas douter, dans la suite de la saga (combien de tomes, il y aura-t-il d’ailleurs?). J’ai grandement apprécié l’histoire, la façon de traiter les mythes fantastiques, les détails et la maitrise dans le récit (pour un premier roman c’est superbe). J’ai été agréablement surprise par les personnages, par la façon dont est traitée la relation entre Rose et Arthus, par certains choses que je n’avais pas du tout vu venir et qui donnent un regain d’intérêt à l’intrigue, qui relance la mécanique au cours du récit.

J’ai découvert une plume belle et maitrisée, une auteure très prometteuse et qui signe un premier roman superbe, envoutant, inclassable. Vivement la suite !
A noter, la couverture magnifique de Magali Villeneuve, un livre objet superbe, la mise en page nickel, une belle qualité de lecture. J’ai relevé juste deux ou trois coquilles (rien d’ordre orthographique, juste des mots en double), c’est super agréable à lire.

Merci encore à Céline Landressie de m’avoir donné la chance de découvrir ce premier tome, et aux Éditions de l’Homme Sans Nom.

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challenge destins de femmes

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A la découverte des maisons d’édition #9

 Après les Éditions du Chat Noir, Nergäl Éditions , Argemmios Éditions, Sortilège Éditions, les EditionsValentina (hors chasse), les éditions Sharon Kena, Val Sombre Editions et l’Atelier Mosésu, voici le 9ème rdv !

Rappel :  D’où me vient cette idée ? De ma choupette Chica du blog A l’abordage de la culture qui a l’excellente idée d’organiser chaque mois, l’année dernière une chasse aux trésors des petites maisons d’édition ! Ainsi, internautes-pirates nous nous lançons à la découverte d’une maison d’édition, de ses auteurs et des romans publiés ou à paraitre. A travers une série d’énigmes sous forme de questions, nous explorons la page officielle internet de la maison d’édition, les pages FB ou sites internet de certains des auteurs, des illustrateurs et des romans édités (ou prévus).

Je ne sais pas si Mon Capitaine d’Amuuuuur reprendra un jour les chasses, pour le moment c’est toujours à l’arrêt mais j’ai décidé de présenté ce mois-ci une maison d’éditions que j’aimerai découvrir :

LES EDITIONS DE L’HOMME SANS NOM

Pour plus d’informations sur l’ensemble de la maison d’édition :

http://editions-hsn.fr/

logo ehsn

Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire un de leurs ouvrages mais je n’ai eu pour le moment que de bons échos sur leurs sélections, ça donne envie !!!!

Présentation extraites du site internet :

Les Editions de l’Homme Sans Nom sont un projet un peu fou, qui naquit dans l’esprit d’un seul homme, Dimitri Pawlowski.
Après avoir passé deux ans en tant que secrétaire d’édition d’une maison d’édition de mangas, et avoir appris les ficelles du métier (toutes les roublardises nécessaires), et profitant de ses nombreux contacts dans le monde du livre, ainsi que de son intérêt infini pour la littérature, Dimitri décida de se lancer dans le grand bain, et de monter son propre projet.

Le marché des livres sur les paysans andalous du XVIe siècle étant saturé, il se tourna vers sa seconde passion : la littérature de l’imaginaire, du fantastique à la S-F en passant par la fantasy. S’entourant peu, mais s’entourant bien, via des indépendants compétents n’alourdissant pas la structure, il se lance petit à petit, et commence à prospecter les auteurs, jusqu’à mettre la main sur diverses perles, et obtient assez de textes de qualité pour planifier sa première année de publication.

Voici les parutions de cette maison d’éditions :

D’abord celui qui m’a interpellé sur le net :

Iluvendan de Nicolas Debandt & Marc-Antoine Fardin

Titre publié en 2011 et 2012, il y a deux tomes :

Tome 1 : rencontre avec Gaëria

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4ème de couverture

Iluvendan. Une cité où la magie et la technologie se côtoient et s’entremêlent. Le Iolthän, étrange cristal noir, source d’énergie mystérieuse, assure la prospérité de la cité, fait voler ses aéronefs, offre le confort à ses habitants. Trois adolescents, les jumeaux Feäsil et Klaod et la séduisante Imenel, vont enfin pouvoir découvrir cette cité, car c’est là qu’ils mèneront leurs études. Les heures de cours, les rencontres avec les enseignants, les doutes personnels, cela aurait déjà de quoi largement remplir les journées : mais voilà qu’ils découvrent des rumeurs parlant d’une pénurie de Iolthän, d’une guerre imminente face au pays voisin ! Et comment résister à l’appel de l’aventure lorsqu’on est jeune ? Les trois héros vont décider d’enquêter. Manipulés par certains, aidés par d’autres, ils devront faire face à des forces qui les dépassent, mais feront tout pour faire éclater la vérité !

Tome 2 : Le crépuscule de cristal

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4ème de couverture

Iluvendan. Une cité où la magie et la technologie se côtoient et s’entremêlent.
Le Iolthän, étrange cristal noir, source d’énergie mystérieuse, assure la prospérité de la cité, fait voler ses aéronefs, offre le confort à ses habitants.
Mais cela, c’était avant.
Avant que la pénurie organisée par le gouvernement embrase Gaëria de guerres terribles. Avant que les dangers du Iolthän soient connus de tous…
Klaod, Fëasil, Imenel, Narf et Eänielle : cinq jeunes gens sur qui repose la Résistance qui lutte contre le totalitarisme du gouvernement. Et alors que les trahisons se succèdent, que les drames entraînent les héros toujours plus bas, que les batailles désespérées s’enchaînent, ils devront envisager les plus terribles sacrifices pour rétablir l’équilibre à la surface de Gaëria…

De la fantasy avec une pointe de steampunk, c’est vraiment un diptyque que j’aimerai découvrir !

Le site internet des Editions, vous propose une biographie des auteurs, c’est ici : Nicolas Debrandt & Marc-Antoine Fardin

Ensuite, deux livres que mes copinautes ont lu et ont adoré, deux styles très différents :

Rose Morte – La Floraison de Céline Landressie

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4ème de couverture

France, fin du xvie siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.
Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.
Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d’Artus de Janlys.
Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle…

Un livre historique qui a l’air vraiment pas mal.

Pour en savoir plus sur Céline Landressie, c’est ici : Céline Landressie

Voici l’avis de ma copinette Cali, plus que plus enthousiate, un vrai coup de foudre pour ce roman : http://calidoscope.canalblog.com/archives/2013/02/10/26383221.html

et

Le Songe d’Adam de Sébastien Péguin

4ème de couverture

Allemagne, Forêt-Noire, de nos jours. C’est dans ce cadre magnifique que s’installent Hugo, chercheur dans le domaine des lettres, et sa fille Morgane, inventive adolescente. Mais la Forêt-Noire est également le cadre de légendes ancestrales, dont certaines seraient peut-être bien plus que de simples légendes…
Et lorsque Morgane commence à percevoir  des choses qui ne devraient pas exister et que les fantômes du passé du père et de la fille semblent devenir plus que des souvenirs, l’horreur surgira, et les disparitions au cœur des bois trouveront une explication que l’esprit humain ne peut concevoir…

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Ambiance oppressante, un peu de gore, de l’horreur, un livre comme on en trouve rarement, je dis « j’aime » !

Pour tout savoir sur l’auteur c’est ici : Sébastien Péguin

Voici l’avis de Dame Meli qui a été ravie de découvrir ce livre différent de ses lectures habituelles : http://bazardelalitterature.com/2013/03/04/le-songe-dadam-de-sebastien-peguin/

5ème livre que je voulais mettre en avant :

Le dernière terre – T1 – L’enfant Merehdian de Magali Villeneuve

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4ème de couverture

Un monumental ruban de pierre se dresse en sentinelle au bord des brumes éternelles.
Les hommes leur ont donné un nom : la Dernière Terre.
Dans la cité-capitale des Cinq Territoires, Cahir, jeune homme frêle, maladif, aux mœurs et aux allures bien éloignées des codes stricts qui font loi autour de lui, subsiste envers et contre la réprobation générale. Il est issu des Giddires, un peuple rejeté, au ban de la paix politique qui unit les autres contrées. Malgré cela, entre intelligence et ingénuité, il parvient à se rapprocher de certains locaux, dont Ghent, fils du Haut-Capitaine à la tête des forces militaires des Basses-Terres.
Au fil de ces jours paisibles, s’il advenait un événement capable de bouleverser tous les dogmes établis, quel poids l’existence de Cahir aurait-elle dans la balance des certitudes ?

De la dark fantasy qui m’a l’air à couper le souffle !

Plus d’infos sur Magali Villeneuve c’est là que ça se passe : Magali Villeneuve

D’autres ouvrages sont disponibles chez cet éditeur qui a tout d’un grand, une saga d’Alexis Flamand, le cycle de Alamänder avec déjà 3 titres de paru : Le T’Sank, Le Menzohtain et Le Xéol.

Découvrir Alexis Flamand c’est par ici : Alexis Flamand

Les Editions de l’Homme Sans Nom c’est aussi des illustrateurs et notamment, on trouve avec plaisir Magali Villeneuve, mais aussi Alexandre Dainche plus d’infos sur ce qu’ils font sur les sites suivants :

Portfolio de Magali Villeneuve :  http://magali-villeneuve.blogspot.fr/

Portfolio d’Alexandre Dainche : http://alexdainche.blogspot.fr/

Moi j’adore vraiment leur travail, n’hésitez pas à les découvrir !!!!

et notamment je ne peux pas m’en empêcher tellement cette affiche est juste MAGNIFIQUE : Les Imaginales 2013

IMAGINALES 2013 VILLENEUVE-DAINCHE FINAL sll (1)

Pour aller plus loin :

La boutique des Editions de l’Homme Sans Nom : (cliquer sur les livres pour accéder à l’onglet « ajouter à mon panier ») : http://editions-hsn.fr/livres

(alors qui a craqué ?)

La page Facebook de la maison d’édition : https://www.facebook.com/lhomme.sansnom.7

La maison d’éditions sera à Trolls et Légendes à Mons en Belgique le weekend du 29 au 31 mars 2013, et j’espère que je pourrais y aller pour voir leur stand et très très certainement craquer !!!!!

N’hésitez pas à vous pencher sur cette maison à la ligne éditoriale fantasy de Qualité !

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