Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue – Les nécrophiles anonymes -1 de Cécile Duquenne

nécrophiles T1Editions Voy'[el], 185 pages, 10€

4ème de couverture

Népomucène, préposé à la Morgue, mène une vie tranquille et nocturne en compagnie de Bob, vampire d’environ 150 ans d’âge. Lorsqu’il manque devenir la cinquième victime d’un mystérieux assassin, son ami de longue date mène l’enquête. L’immortel est certain qu’une autre créature surnaturelle a commis le massacre.

Mon avis

Une lecture détente, rapide et amusante !

Népomucène est un jeune homme assez banal, un brin timide mais sympathique qui travaille de nuit à la Morgue et ça lui convient très bien. Il ne saute pas de joie à l’idée de voir ses collègues de jour (et c’est réciproque) notamment sa supérieure qui le harcèle lourdement. En commençant son travail, il était loin de se douter qu’il allait plonger dans un univers étrange, peuplé de créatures qui ne le sont pas moins. Et pas plus loin que dans un des frigos de la Morgue où il rencontre Bob, un vampire dandy qui a élu domicile là.

Quand son travail sur les morts est terminé, les deux acolytes font quelques petites expériences sur des corps.. d’animaux ! Ils cherchent la limite entre la vie et la mort. Mais un jour une horrible découverte est faite dans rue de la Morgue et les deux amis vont devoir enquêter sur un quadruple assassinat qui sent le surnaturel à plein nez.

Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue est un roman court, avec ses loufoqueries, de petits défauts mais dans l’ensemble, c’est une bonne lecture détente, sans prise de tête et sympathique comme son auteure. L’intrigue n’est pas forcément des plus originales – j’avais compris très rapidement qui était derrière les assassinats – c’est plutôt le second degré qui fait l’originalité du texte. Ainsi que les références, les clins d’œil et l’humour distillé par Cécile Duquenne. Oui oui vous avez déjà soupçonné cela avec le titre du livre, hommage à Poe mais ce n’est pas la seule référence, il faudra le lire pour découvrir les autres.  Certains passages vous feront penser à d’autres auteurs, aux séries TV de notre adolescence (ah James ❤ ).

Toutefois, j’ai trouvé le roman un peu court pour apprendre à connaitre et donc m’attacher aux personnages. Mais j’ai apprécié les suivre et voir comment ils allaient se débrouiller pour mettre le coupable hors d’état de nuire. Les personnages secondaires sont aussi barrés ou étranges que Népo et Bob, à croire que mettre le pied dans le surnaturel vous retourne le cerveau, sauf pour Népo ^^ En tout cas, cela donne une galerie de personnages haute en couleur et amusante.

La plume de Cécile est agréable, fraîche et drôle. On sent qu’elle s’est amusée à écrire son texte. Je lirai avec plaisir la suite des Nécrophiles anonymes 🙂

Dagon de H.P. Lovecraft

dagon

J’ai lu, 431 pages, 6€80

4ème de couverture

Indicible et innommable, l’horreur est partout. Une menace universelle, aux dimensions démesurées du cosmos : dans la brume entourant les falaises de Kingsport, dans une vieille maison solitaire qui entre en résonance avec l’au-delà, dans le cadre rassurant de l’université Miskatonic d’Arkham, où le docteur Herbert West réanime les morts… Mais aussi en d’autres temps, d’autres lieux : au plus profond des abysses marines, antre du terrible dieu Dagon ; à Ulthar, où règnent en maîtres les chats ; au grand temple d’Ilarnek, dans lequel les hideux servants de Bokrug, destructeurs de la ville de Sarnath, adorent encore aujourd’hui leur idole impie… Trente nouvelles d’effroi et de poésie ténébreuse, trente terribles révélations sur les secrets que dissimule la réalité.

Mon avis

Je suis très mitigée sur cette lecture. C’était mon premier Lovecraft et j’avoue j’en attendais beaucoup, on m’a tellement vendu l’auteur comme le maître de l’horreur que j’ai été déçue par cet aspect de ma lecture. L’horreur est partout oui mais elle est finalement très peu décrite et j’ai au final trouvé ce recueil de 30 nouvelles assez inégal et long. Je m’attendais à de récits plus horrifiques et j’ai donc été déçue.

Ce recueil comporte beaucoup de récits oniriques, à la limite c’est vrai de la folie, et j’avoue que c’est ceux auxquels, même si les histoires sont bien trouvées, j’ai le moins accroché. Aussi c’est sans doute pourquoi j’ai trouvé le recueil trop long. Toutefois, il y a de très beaux « exercices d’écriture », des nouvelles originales dans leur construction, comme La rue, que j’ai trouvé extrêmement bien faite même si je ne partage pas certaines choses / idées de l’auteur. Et une certaine poésie se dégage de ces nouvelles oniriques, sombres et mélancoliques.

En ce qui concerne l’écriture, je regrette les nombreux préjugés de certaines nouvelles même si malheureusement ils correspondent à l’époque. Le style peut être parfois un peu plus « compliqué » mais finalement comme ce sont des nouvelles le recueil n’est pas dur à lire.

Je me souviens de 3 ou 4 nouvelles plus longues que j’ai beaucoup aimé, celle où le docteur Herbert West réanime les morts, celle en Égypte où le narrateur est dupé par son guide touristique, ou encore celle, classée SF, où un homme se perd dans un labyrinthe sur Vénus. Le bémol de certaines de ces nouvelles, et qu’elles ont été assemblées à partir de feuilletons écrits pour la presse de l’époque, et elles présentent de ce fait, des répétitions qui rendent le récit plus lourd. C’est flagrant sur celle du Dr West et c’est dommage.

J’adhère par contre au principe de la nouvelle où l’on ne sait jamais si le protagoniste est drogué, fou ou complètement transporté dans un monde fantasmé et terrifiant. Il se dégage vraiment quelque chose du style de l’auteur et je comprend pourquoi il a inspiré autant de nos auteurs contemporains. Beaucoup de novellistes, lui rendent hommage et je comprend désormais mieux leurs références.

Il y a beaucoup de nouvelles sur le thème de la recherche de l’ailleurs, d’îles au delà des continents, du royaume des rêves, etc. et bien souvent, pour ne pas dire à chaque fois, le protagoniste y trouve des choses encore pires que dans notre monde, et pourtant ce dernier n’est pas exempt de ses créatures mythologiques et de ses abysses terrifiants. Les personnages ne ressortent pas indemnes de leurs expériences voire même n’en ressortent pas du tout… Il n’est pas toujours bon vouloir découvrir ce qui n’est pas visible…

Lovecraft sait parfaitement faire passer les émotions, certes assez négatives et malsaines. Il se dégage surtout des sentiments de désespoir, d’angoisse,  de malaise et c’est ce qui fait la marque de fabrique de l’auteur. Il sait aussi bien créé des choses mystérieuses, une ambiance pesante, des montres mythiques et surnaturels mais aussi des montres humains. Je regrette toutefois que les nouvelles choisies ne soient pas plus horrifiques, plus détaillées. Sur 30, on doit avoir à peine 5 nouvelles où apparaissent des créatures de cauchemar. Le plus gros problème pour moi c’est donc le déséquilibre des nouvelles. J’ai lu ce livre pour mon club de lecture et les autres membres m’ont assuré que d’autres étaient mieux construits.

Il est dommage que ce recueil n’est pas été plus équilibré concernant les périodes de l’auteur et qu’il n’y ait pas un fil conducteur vers le reste de son oeuvre. Parce que si je reste sur ce livre, je n’ai pas vraiment envie d’en découvrir plus et de creuser la bibliographie de l’auteur. Je pense que Dagon n’est pas forcément la meilleure façon de découvrir l’auteur et d’avoir envie de continuer. Toutefois, on ne sait jamais, il se peut qu’un jour je découvre un roman de l’auteur, pourquoi pas, L’Affaire Charles Dexter Ward ou Le mythe de Cthulhu.

 

La voix des rois – Les haut-conteurs T1 d’Oliver Peru & Patrick Mc Spare

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Pocket, 336 pages, 7,70€

4ème de couverture

Au XIIe siècle, les Haut-Conteurs, prestigieux aventuriers et troubadours portant la cape pourpre, parcourent les royaumes d’Europe en quête de mystères à éclaircir, d’histoires à collecter et à raconter. Leur quotidien se nourrit de la vérité cachée derrière la rumeur, les superstitions et les légendes.
Ceux qui ont la chance de les entendre s’en souviennent toute leur vie. Les Conteurs possèdent la voix des rois, une voix dont ils usent comme d’un instrument magique. Mais ces éblouissants vagabonds ne chassent pas que des frissons. Dans le secret, ils recherchent les pages disparues d’un livre obscur, un ouvrage vieux comme le monde que certains croient écrit par le diable en personne.
Et ce livre, Roland un fils d’aubergiste que rien ne destine à l’aventure, pourrait bien en percer l’énigme. Car à treize ans, il devient le plus jeune garçon à poser la cape pourpre sur ses épaules et il semble tout désigné pour devenir le héros d’une grande histoire, une histoire de Haut-Conteur…

Résumé

Un haut-conteur a disparu! Dans l’auberge du Grand Robert on ne parle que de ça. C’est qu’il a séjourné là avant de ne plus donner signe de vie. Après ceux qui venaient pour écouter le Flamboyant, ce sont les curieux qui affluent. Bientôt des recherches seront lancées, même s’il est habituel pour les conteurs de rechercher l’aventure et de parcourir le monde, ne pas donner de nouvelles ne leur ressemblent pas. Roland le fils de l’aubergiste et ses sœurs ont de quoi faire, l’établissement ne désempli pas. La présence d’un haut-conteur est un tel événement, ceux qui racontent les histoires qui vous envoutent de leurs récits, qu’a-t-il bien pu arriver au Flambloyant ? Conteur émérite enquêtant sur la présence dans la région d’êtres maléfiques. Il se dit que des Goules rôdent dans les cimetières du coin… Que lui est-il arrivé ? Un soir, Roland et son père reçoivent la visite de Mathilde, la Patiente qui recherche son ami, son mentor. Roland sent bien qu’elle ne leur dit pas toute la vérité. Il décide qu’il doit participer aux recherches. Ne trouvant pas le sommeil, Roland quitte le confort rassurant du logis pour partir à la recherche du conteur perdu…

Mon avis

Un bon moment en compagnie de Mathilde et Roland !

Ce premier tome est très sympathique ! On saute à pieds joints dans l’univers créé par Oliver Peru & Patrick Mc Spare. C’est un tome introductif, certes, mais pas que. Les auteurs nous expliquent bien entendu ce que sont les Capes Pourpres, ce qu’ils font et ce qu’ils cherchent, etc., et ceci de manière très construite. Un peu par un narrateur omniscient et beaucoup par la voix de Mathilde qui va prendre Roland sous son aile. Et le lecteur va aussi suivre les réflexions de Roland, ses doutes, ses interrogations, ses déductions et ainsi pénétrer au sein du cercle fermé des haut-conteurs, au cœur de l’action.

Pour moi, c’est un très bon roman jeunesse. Il y a un bon équilibre entre Roland qui a 13 ans (pour l’époque, il est déjà un jeune adulte) et Mathilde, la petite trentaine qui a déjà pas mal vadrouillée de part l’Europe. Les personnages, l’histoire et le thème sont destinés à la jeunesse, aux « ados » mais ils permettent également d’atteindre un public plus large. On ne s’ennuie pas en compagnie de Roland et Mathilde. Les personnages principaux sont sympathiques, Roland n’est pas trop tête à claque, il m’a beaucoup surprise. Il a beaucoup de courage et il réfléchit. Bien sur le lecteur apprendra qu’il n’est pas parfait, mais qu’importe on s’attache à lui ! Deviendra-t-il un haut-conteur fascinant ? Un aventurier sans Peur ?  Trouvera-t-il sa voix ? Les conteurs sont comme une grande famille mais comme dans toute bonne famille littéraire qui se respecte, les membres ont des secrets. Certains nous seront dévoilés, d’autres juste entre aperçus. Il y a dans ce tome une bonne dose de mystère et de doute. Chacune des capes pourpres à sa propre voix, sa propre particularité et c’est un régal d’en découvrir plusieurs aux fils des pages. J’ai adoré Ruppert l’archiviste par exemple ^^

J’ai beaucoup apprécié la tournure « enquête » que prend le récit, comme le dit la 4ème de couverture, les haut-conteurs ne courent pas qu’après les frissons, ils recherchent les pages d’un livre très ancien qui pourrait révéler plusieurs choses effrayantes ou fascinantes. De plus, un des héros semble lié à au « Livre des peurs ». Pourquoi ? comment ? Des questions qui commencent à trouver un début de réponse. Les auteurs ont trouvé la recette pour nous donner envie de suite l’histoire de Roland au delà de ce premier tome. J’aime les messages codés, les jeux de pistes, les labyrinthes, les légendes … autant dire que j’ai passé un très bon moment. J’espère que les prochains tomes seront encore plus développés de ce côté.

J’ai également beaucoup aimé la mythologie développée, les créatures que l’on croise et ce que nous apprenons sur elles. C’est certes pas, dans ce tome, la plus originale mais j’ai bien aimé  la façon dont elle était traitée, amenée, expliquée. J’ai hâte d’en découvrir d’autres créatures et j’espère aussi voyager, peut-être au delà du comté, dans l’Angleterre, à Londres ? ou pourquoi pas en Europe ? Le petit plus de ce tome, c’est une bonne dose d’humour,  les taquineries de Mathilde, les répartis des uns des autres, la gouaille des serfs, Ruppert, … humour bien présent dans les pages de cet opus. C’est efficace. Habituellement, je n’aime pas les livres dont l’action se déroule en période médiévale mais si pas trop de descriptions, l’époque est surtout bien trouvée pour sa part de légendes, de mystères, de mysticisme, …. Le mélange médiéval, « policier », fantasy est très réussi.

Les pages se tournent très facilement, le style est simple, direct mais riche en vocabulaire, toute une atmosphère est créée. Le récit est dynamique et plein de rebondissements. Je me suis laissée embarquer dans l’histoire, j’ai vu venir certaines choses c’est vrai, mais d’autres m’ont surprises.  C’est vrai que par certains aspects, cela reste jeunesse, un peu cliché sur certains points mais c’est léger sans l’être, c’est divertissant sans être assommant. Pour moi, c’est le bon équilibre. En tout cas, j’ai envie d’en savoir plus et donc je poursuivrais cette série !

Et hop, une première lecture dans le cadre de mon défi : vider votre PAL Halliennales ! Je commence avec un livre de M. Peru qui a réalisé l’affiche du salon cette année !

logodéfi

Le Sidh – T1 : Âmes de verre d’Anthelme Hauchecorne

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Midgard Editions, 18€, 657 pages

4ème de couverture

Ce livre vous attendait. Il était écrit que vous feriez sa connaissance. Car peut-être êtes-vous, à votre insu, un(e) Éveillé(e). Auquel cas, vous êtes en grand danger. Les rues de cette ville ne sont pas sûres. Pour vous, moins que pour tout autre.
Car les Streums rôdent, à l’affût d’une âme à briser. Je ne vous mentirai pas : vos options ne sont pas légion. Votre meilleure chance de survie gît selon toute probabilité entre ces pages. Qui sont les Streums, demanderez-vous ? Pourquoi convoitent-ils les fragments du Requiem du Dehors ? Quel avantage espèrent-ils retirer de cette partition funeste ?
Si vous ignorez les réponses à ces questions, vous vous trouvez alors face à un choix. Pour lequel il est de mon devoir de vous aiguiller…
Souhaitez-vous rejoindre la Vigie, risquer votre vie et sans doute plus encore, dans une lutte désespérée pour déjouer les intrigues du Sidh ? Ou bien demeurer parmi le troupeau des Dormeurs, à jamais ? Pareille aventure ne se présente qu’une fois. Sachez la saisir.

Enki, enquêteur et logicien de la Vigie

Résumé

Une Recrue Camille nous fait découvrir la Vigie, cette organisation « secrète », organisée entre Chasseurs (les bras et les jambes) et Colombes (la tête) où elle s’entraine dans le but de devenir Chasseuse. Elle nous explique qu’il existe des Éveillés, ceux qui ont la Vue, et qui donc voient des êtres particuliers : les Streums comme les surnomment les membres de la Vigie; des Daedalos. Les autres ne sont conscients de rien, les Dormeurs, c’était nous qui voguions dans la ville inconscients du danger. La Vigie a été constituée par les Piliers mais nombre d’entre eux sont morts ou disparus dans l’En-Deçà, ce monde intermédiaire entre la Surface et le Sidh d’où les Daedalos sont originaires. L’équilibre est fragile entre ces trois univers, et encore plus depuis que quelqu’un essaie de réunir tous les fragments du Requiem du Dehors, un concerto hybride très dangereux dont la musique pourrait changer la face du monde…

Mon avis

Énorme coup de cœur pour ce livre original !

La chronique de Demoiselle Coquelicote m’a donné envie de lire ce roman et j’ai eu la chance de le recevoir quelques jours après par l’auteur lui-même.

J’ai beaucoup apprécié la 4ème de couverture et les premiers chapitres, où on s’adresse directement au lecteur, on est pris à témoin, on est acteur à part entière du récit ; c’est une introduction efficace pour nous entrainer dans la lecture de ce 1er tome de 650 pages ! On plonge directement dans l’action, on est complètement concerné par ce qu’il va se passer.

Le lecteur pénètre dans un monde inconnu mais qui est pourtant le sien, mais son statut d’Eveillé lui permet de découvrir une réalité sombre et inattendue. Il possède désormais la Vue qui lui permet de voir les Streums (ou Daedalos) étranges créatures, comme tout droit sorties de cauchemars. En réalité, des êtres venus du Sidh, vivants dans l’En-deçà et se rendant régulièrement à la Surface, c’est-à-dire chez nous. Mais qui sont les Daedalos, que veulent-ils, comment sont-ils arrivés là, c’est l’ensemble de ce premier tome qui va nous l’apprendre.

Le lecteur va croiser d’autres personnages, des Dormeurs, les humains normaux qui n’ont pas reçu la Vue à la naissance ou qui ne l’ont pas (encore) ;  la Vigie, des Éveillés qui recueillent les nouveaux, sa fonction  est détaillée dans le roman, principalement défendre la Surface et ceux qui ne font pas partis de la Vigie. Le lecteur découvrira la création de la Vigie, les Piliers (membres fondateurs), les Chasseurs, les Colombes, notamment grâce au Codex Metropolis que la Vigie fait lire à chaque nouvelle Recrue.

Voilà ce qu’on peut dire de la mise en bouche, parce que là, vous ne trouverez que les grandes lignes, des 50 ou 100 premières pages !

On est projeté à la suite de Camille, une recrue qui veut devenir Chasseuse, elle a un but bien précis et fera tout pour y parvenir ; et de Vincent, un professeur quadragénaire qui a perdu sa famille et qui cherche des réponses, et enfin, on découvre le Marchand de sable, un tueur ( ?) que traque la police locale mais qui ne laisse aucun corps derrière lui, sinon un tas de sable noir ensanglanté …

La forme, la structure du roman permet au lecteur de ne pas crouler sur un flot d’informations mais de ne pas manquer non plus de données pour comprendre l’histoire. 3 façons de procéder ont été choisies par Anthelme Hauchecorne, 1/ suivre Camille, Éveillée, Recrue, 2/ suivre un autre Éveillé Vincent qui a écrit des notes régulièrement comme une sorte de journal intime (écriture italique sur fond grisé) et un Codex (pages grisées), guide pour toute jeune recrue de la Vigie. On découvre donc les choses au fur et à mesure, les 3 styles en alternance, avec des chapitres courts qui donnent beaucoup de rythme au récit.

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’Âmes de verre dispose d’un fond riche, dense et original, une histoire travaillée, construite sous forme de puzzle dont le lecteur remet le dessin original en place au fur et à mesure de sa lecture. On va de découvertes et rebondissements. Mais attention même si de prime abord, ça peut sembler complexe, la forme du roman et le talent d’Anthelme Hauchecorne permettent une lecture aisée, passionnante et addictive. On a envie de découvrir les tenants et les aboutissants, les pages se tournent toutes seules, le lecteur est captivé, happé dans l’univers Ô combien bien développé par l’auteur. Une mythologie précise, une inspiration celte, un mélange de nos angoisses et de légendes urbaines, donnent un roman original et fort, une magnifique fantasy urbaine travaillée et entrainante.

Les personnages sont détaillés, on découvre leur passé, leurs secrets, leurs angoisses, leurs espoirs. On s’attache à Camille, cette jeune recrue qui cherche à la fois à se faire une place dans la Vigie et à poursuivre son chemin et son but. C’est un personnage féminin comme j’aime en lire, elle est parfois dépassée par les événements, mais elle est combattive et pleine de ressources, on est loin d’une jeune fille fragile et godiche mais elle n’est pas sans faille, ni faiblesse. Grâce à elle, on découvre le cœur de la Vigie et ses principaux membres. On découvre aussi les oppositions entre ces membres, les aspirations de chacun. Et on est quasi-constamment en mouvement, dans l’action,…

Vincent est étrange, perturbé et perturbant, on découvre son passé à travers son journal intime mais aussi à travers ses actes. Grâce à Vincent, on va en découvrir plus sur certains Daedalos, la vie des Éveillés hors de la Vigie, …

Avec les personnages d’Anthelme on ne sait jamais sur quel pied danser ! Et j’adore ça ! Les apparences peuvent être trompeuses ou complètement justes. Il faut creuser la surface pour découvrir la vérité.  J’ai beaucoup aimé les personnages plus secondaires, que vous découvrirez, je vous laisse la surprise.

Comme le journal de Vincent, le Codex est pour le lecteur, une source importante de renseignements. (Anthelme faut le laisser dans le prochain même sous une forme différente !). Ce Codex Metropolis est un livre d’enseignements à destination de nouvelles recrues, rédigé par certains des Piliers, fondateurs de la Vigie. Ce codex nous permet d’en apprendre plus sur les créatures et sur le Monde. J’ai adoré lire ses passages, notamment parce qu’Anthelme fait écrire plusieurs Piliers totalement différents, avec des inspirations et des connaissances différentes et chacun a son style pour relater les événements ou les enseignements qu’il veut apporter. Loin d’être ennuyeuses, ces parties sont dynamiques, riches et parfois très drôles.

L’action du récit se passe à Lille (et en-deçà), et étant de la région, j’ai adoré retrouvé mes repères (le métro, les bâtiments comme l’Aéronef, les édifices, les quartiers, les rues, les places). Cependant, la vision de Lille est très sombre, remplies de misères sociales et de détresse latente. C’est vrai que c’est peut-être un peu comme ça, sous certains aspects  mais rassurez vous les non-Nordistes, Lille a d’autres côtés (festifs, touristiques, économique…) positifs (faut venir visiter !). En tout cas, j’aime quand un roman se déroule dans mon coin ! J’ai beaucoup aimé aussi l’utilisation du patois lorrain (qui rappelle les origines de l’auteur), ça donne vraiment un plus au personnage qui l’utilise.

Qu’on soit en répulsion ou en extase devant certains personnages, la force d’Anthelme est de les avoir croqués à la perfection ! J’ai aimé détester certains personnages et j’ai aimé en adorer d’autres et j’ai hâte de les suivre de nouveau dans le tome 2. D’ailleurs un chapitre de ce deuxième tome est livré à la fin du roman, et il donne envie de continuer l’aventure !

Âmes de verre n’est pas qu’un tome d’introduction et de découverte de l’univers de l’auteur, on y apprend déjà beaucoup de choses, des mystères sont résolus, on en découvre d’autres (il se dessine les intrigues des tomes suivants).  C’est vrai qu’il faut parfois s’accrocher pour une partie de l’intrigue, celle concernant le Requiem du Dehors (indiqué dans la 4ème de couverture) mais les différents points de vue permettent de relier les éléments ensemble et de comprendre son importance fondamentale à l’histoire. Certaines scènes peuvent être assez dures, mêlant sombre, glauque, sang et sueur. Mais chaque chose a sa place et son importance dans le récit.

En plus de tout ça, on découvre dans l’intrigue l’importance de la musique pour l’auteur. Certains passages difficiles sont bizarrement assez mélodieux, comme si on essayait d’adoucir les souffrances. En tout cas, l’intrigue en ressort encore plus originale. J’ajoute aussi qu’on sent toute une réflexion derrière cette histoire, un arrière-fond social ; une réflexion sur la vie, l’existence, sur la place de chacun, sur la politique sociale, sur la différence, sur l’indifférence,… On peut le lire facilement et on peut aussi réfléchir ^^

Le style de l’auteur est percutant, recherché et aisé, pas de lourdeur mais du vocabulaire, il appelle un chat, un chat ; la plume est tantôt belle, tantôt sombre, ce livre est comme un jeu de nuances, riche, je vous dis, riche ! Les personnages d’Anthelme ont une certaine gouaille, le style oral utilisé se fond bien dans le récit, pas vulgaire, mais qui sonne « vrai », ça m’a fait sourire d’ailleurs que les personnages les plus trashs ont le plus fin langage.

Vous l’aurez peut-être compris, si vous m’avez lu, jusqu’au bout, j’ai adoré ce livre, je l’ai dévoré (650 pages d’un moyen format, en écriture normale (ni « oui-oui » ni minuscule) en 1 semaine est une prouesse pour moi !), je le conseille à tous ceux qui veulent une histoire originale, inédite et très bien écrite (et qui fait réfléchir si on a envie  ^^)). L’objet livre en plus est superbe, la couverture, l’intérieur, des illustrations N&B magnifiques.

Personnellement, j’ai eu du mal à décrocher, et je lirai avec plaisir la Tour des Illusions (qui m’attend dans ma PAL), il m’a été difficile de passer à autre chose après cette lecture.

Merci infiniment à Anthelme Hauchecorne et aux Éditions Midgard pour cette magnifique découverte. Vivement la suite !

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