Tobie Lolness – T1- La vie suspendue de Timothée de Fombelle

1507-0

Folio Junior, 8€, 394 pages

4ème de couverture

Courant parmi les branches, épuisé, les pieds en sang, Tobie fuit, traqué par les siens… Tobie Lolness ne mesure pas plus d’un millimètre et demi. Son peuple habite le grand chêne depuis la nuit des temps. Parce que son père a refusé de livrer le secret d’une invention révolutionnaire, sa famille a été exilée, emprisonnée. Seul Tobie a pu s’échapper. Mais pour combien de temps ? Au coeur d’un inoubliable monde miniature, un grand roman d’aventure, d’amitié et d’amour.

Résumé

Tobie se laisse apaiser par son environnement, l’arbre dans lequel il vit, les étoiles dans le ciel, le vent et ses souvenirs. Caché dans un trou d’écorce, le jeune garçon tente de reposer son corps fatigué et blessé. Soudain, il entend les voix d’hommes lancés à sa recherche, ils s’approchent du trou. Tobie essaie de se faire minuscule mais ils ont de la lumière et sont remplis de haine à son égard. Parmi ces hommes, Léo, qui était le meilleur ami de Tobie avant que ce dernier ait du quitter les cimes. Comment tout cela a pu arriver? Léo qui le traque, alors que dans leur enfance, ils étaient inséparables? Tobie est perdu, ils vont le trouver, ils fouillent déjà le trou à sa recherche. Mais la chance tourne et la torche de Léo s’éteint. Ils continuent un moment, mais faute de lumière, les hommes passent leur chemin. Tobie à la faveur de la nuit va reprendre sa course folle vers les Basses Branches, vers Elisha…

Mon avis

Une excellente lecture !

Tobie fuit, fuit ceux de son espèce. Mais qu’a-t-il bien pu faire pour que tout l’arbre se mette à sa recherche ? Tobie se remémore alors l’exil de ses parents. Et on découvre alors le père et la mère de Tobie, leur rencontre, leur vie dans les cimes. Sam Lolness est un remarquable professeur. Il observe, détaille, recueille toutes les informations possible sur l’Arbre, son fonctionnement, ses habitants (mais pas les hommes !: les insectes, les oiseaux), sur ses bienfaits et sur ses dangers. Inventeur, botaniste, écologue, c’est un savant qui vit un peu dans son monde. Maïa Lolness est l’héritière d’une importante famille riche, elle est douce et à donner à Tobie le goût des mots. Elle semble fragile mais elle sait très bien tenir tête à son époux. Puis un jour, pour une raison que je vous laisse découvrir, ils vont déménager dans les Basses branches. Adieu la lumière, le soleil et le vent frais, les jolies maisons, les jardins, les livres;  Bonjour les hivers rudes, les pieds humides, les voisins à plusieurs heures ou jours de marche, les dangers. L’aventure. Véritable aventure où Tobie va s’adapter à sa nouvelle vie très vite. J’ai adoré ses 3 personnages.

Tobie est un garçon attachant, agile et curieux. Il est avide de savoir mais adore s’amuser aussi. Il est volontaire et extrêmement courageux. Il affronte les dangers et les situations en alliant réflexion et audace. C’est un garçon plein de ressources, intelligent, honnête et malin. On peut se retrouver en lui. Il va rencontrer dans sa vie plein de curieux personnages. Attachants comme lui. Elisha une jeune fille impulsive, têtue et volontaire et qui n’a pas la langue dans sa poche, quand elle s’en sert. Et qui ne se laisse pas faire. Entre elle et Tobie vont se tisser des liens étroits et profonds. Elisha et ses yeux magnifiques. Grâce à elle et à sa mère Isha, la vie dans les Basses branches sera un peu plus douce. Il y a aussi les Asseldor, une famille de musiciens, toujours prêt à vous accueillir et à faire la fête. Et encore d’autres personnages que je vous laisse découvrir, comme les Pelés, mystérieux, qui sont-ils ? ^^

Et puis il y a les méchants. Enfin, deux catégories de méchants. Ceux qui sont plus ignorants que méchants comme Patate (personnage que j’affectionne autant qu’Elisha l’apprécie, je crois). Et il y a les méchants cruels comme Jo Mitch Arbor, qui sème terreur et angoisse autour de lui. Il serait responsable de l’exil des Lolness que ça ne m’étonnerait pas, si vous voyez ce que je veux dire ^^

Timothée de Fombelle a écrit un roman jeunesse oui mais détaillé, rempli de personnages sympathiques ou antipathiques qui auront tous leur rôle à jouer dans l’aventure de Tobie. Tout s’emboite et se met en place à la perfection et puis l’auteur a su ménager le suspense, attendant le moment adéquat pour nous révéler certaines choses ou pour que nous en comprenions d’autres. Les flashbacks permettant de découvrir le passé et la situation actuelle de Tobie permettent de ne pas s’ennuyer une seconde ! Certains passages sont magnifiques comme celui de la grotte. Que de belles réflexions dans ce passage. Vraiment je le dis que ce livre est intelligent ! Ce passage illustre à merveille ce que je veux dire.

Ce roman jeunesse est vraiment très bon. L’écriture est bien adaptée au public visé, un style simple mais pas simpliste et surtout pas infantilisant. Il y a des détails, du vocabulaire, de l’action, des sentiments, des émotions. Les adultes prendront également beaucoup de plaisir à le lire. Une écriture juste et intelligente. Les messages sont passés sans culpabiliser le lecteur et on retrouve des thèmes universels qui  permettent aux petits comme aux grands de réfléchir ou de s’émerveiller : la connaissance, l’amour, l’amitié, la joie, la peine, la vie, la mort, le courage, le choix… et ce n’est qu’un échantillon. Mais même si on y trouve de tout, le récit est construit de telle façon que l’on se laisse porter, ce n’est pas du tout fouillis. L’histoire est remarquablement bien construite. L’auteur réussi à alterner aventure et découverte. Avec un jeu habile d’éclipses, de suspense à la fin des chapitres, les pages se tournent toutes seules. La lecture est merveilleusement belle et facile.

Et puis, on peut faire des parallèles avec notre monde. Le peuple de l’arbre vit d’abord en harmonie avec le chêne. Puis le pouvoir monte à la tête d’un petit nombre de personne et commence alors l’exploitation des ressources, pour accumuler de plus en plus de richesses et d’influence. Jusqu’à mettre en danger l’équilibre de tout ce monde. Sans compter, que les méchants, viles et calculateurs, attisent la haine de l’inconnu pour faire peur au plus grand nombre, pourtant ignorants de tout ce qui se passe vraiment et de qui sont ces inconnus. ça ne vous rappelle rien? Sacré parallèle quand même.

Il y a en fond du récit de ce premier tome, une profondeur, une réflexion sur ce que l’on a (que l’on possède pas, mais dont on dispose) et ce que l’on en fait. Sur les choix. Le progrès doit-il engendrer le pire ? Un fond écolo, environnemental qui n’est pas culpabilisant mais qui fait réfléchir. Et puis, ce n’est pas seulement ça, il a plus, bien plus dans ce roman. Cela tient aux valeurs, à la vie même. C’est magnifique. Tout cela m’a vraiment beaucoup plu et touchée.

J’ai adoré cette vie dans l’arbre, ce peuple miniature, l’auteur qui nous explique de façon si simple, si fluide comment ce monde fonctionne. Petite, je suis sure que j’aurai jouer avec mes cousines à être Tobie Lolness et ses amis et à vivre dans un arbre. Avec sa source d’émerveillements et de dangers (moustiques et autres insectes… La vie n’est pas si simple quand on mesure moins de 2mm). Et puis, pour ne rien gâcher, il y a beaucoup d’humour dans ce tome, Tobie et Elisha sont impayables ^^ Complémentaires. Et il en faut de l’humour, parce que ce que va vivre Tobie n’est pas toujours facile, loin de là.

Personnellement, je me suis jetée sur la suite très rapidement après la lecture, je n’avais pas envie de quitter l’Arbre, Tobie et sa grande aventure. On se retrouve donc bientôt pour mon avis sur la suite de cette histoire ^^

Publicités

Tendre veillée de Scarlett Bailey

Tendre veillée de Scarlett Bailey

Milady, collection Central Park, 408 pages, 7,60 €

Lu en ebook

4ème de couverture

Quel homme déballera-t-elle au pied du sapin ?
 
Lydia a toujours souhaité vivre un Noël parfait. Aussi n’hésite-t-elle pas une seule seconde quand ses meilleures amies l’invitent à réveillonner en leur compagnie. Au programme, feux de cheminée et marrons chauds – le tout dans un décor digne d’une carte de vœux. Mais quand elle se retrouve bloquée par la neige en compagnie de son petit ami, de son ex et d’un irrésistible inconnu, son Noël idéal est sérieusement mis à mal. Pourtant, trois rois mages, c’est la tradition à cette époque de l’année…

Résumé

Lydia Grant est une jolie avocate anglaise. Romantique mais posée quand même, elle adore les vieilles romances cinématographiques et les Noël blanc. Sauf que Lydia n’a jamais eu le Noël de rêve qu’elle souhaite pourtant. Mais cette année, elle saute sur l’occasion de le passer dans une charmante demeure ancienne, à la campagne anglaise avec ses meilleures amies, il ne pourra qu’être merveilleux. Et en plus, il annonce de la neige, quand de mieux ? Elle saute sur l’occasion d’autant plus qu’elle a découvert une bague dans les affaires de son petit ami et qu’elle se pose désormais plein de question sur son avenir…

Mon avis

Une lecture détente qui convient bien à la période de Nowel ❤

Le 4 décembre, alors qu’elle n’a plus trop de temps et qu’elle cherche une paire de chaussette propre, Lydia se décide à piquer une paire à Stephen son petit ami depuis un peu plus d’un an. A sa grande surprise, elle découvre une bague magnifique de chez Tiffany. La bague parfaite car en grande romantique, Lydia aime les vieux films à l’eau de rose comme Diamants sur canapé. Mais Lydia n’est pas certaine de vouloir se marier. Or ce n’est pas dans la nature et le caractère de Lydia de ne pas savoir ce qu’elle veut. Cette brillante avocate est sure d’elle, dynamique et compétente. Que lui arrive-t-il ?

Le 21 décembre, elle fait route avec son petit ami vers leur lieu de vacances Heron’s Pike, demeure victorienne près d’un lac. Rares les occasions pour eux de se retrouver à deux, eux qui ne prennent quasiment jamais de congés. Mais alors que Stephen avait envisagé une escapade romantique en tête à tête, Lydia a sauté sur la proposition de son amie Katy qui vient, avec son mari Jim, d’acheter une vieille demeure dans la campagne anglaise dans le but d’y ouvrir un hôtel. Stephen en tient un peu rigueur à Lydia mais la jeune femme le convainc, elle va avoir un Noël comme dans ses rêves. Parce que Lydia n’a jamais eu de chance à Noël, entre ses parents qui se détestaient et ensuite les Noël chez l’un et pas chez l’autre source d’engueulade… Elle n’a pas été gâtée. Mais là, il y aura de la neige, de belles tablées, des décors de Noël, une dinde, des rires…

Un Noël de rêve avec ses 3 meilleures amies qu’elle n’a pas vu depuis un bail. Katy qui s’occupe donc de retaper un peu la demeure avant l’ouverture, elle a deux enfants et un mari assez cool la vie Joanna, belle, présentatrice star du télé achat, ancienne coloc’ de Lydia, toujours sur le point de se marier mais qui n’a jamais fait le grand saut. Et Alex, sportive, aventurière et engagée dans une association combattant le cancer. Enceinte de 8 mois et qui commence à avoir des doutes sur sa capacité à devenir mère. Elle est accompagnée de David, son époux.

Joanna a annoncé qu’en plus elle serait accompagnée. Mystérieuse, elle a clairement raconté à Katy que celui là c’était le bon, elle est prête à l’épouser. Il s’agit de Jackson, un bel américain. Qui s’avère être l’ex petit ami de Lydia ! L’horreur ! Surtout qu’elle a tellement peu parler de lui, qu’elle ne sait pas comment l’apprendre aux autres… En plus, ce Jack lui a tourné la tête et briser le coeur, les retrouvailles ne s’annoncent pas sous de bons hospices.

Alors que le four, pièce essentielle dans les fêtes de Noël, car sans lui pas de repas, lâche, les hommes affrontent la neige pour aller chercher de l’aide au village. L’entrepreneur du coin accepte de les aider. Il ne sait pas où il débarque… L’atmosphère est aussi joyeuse qu’explosive. Bien venu chez les cinglés.

J’ai beaucoup aimé cette romance, fraiche et douce. Lue au moment de Noël, elle est parfaite. L’ambiance, les détails du lieu de vacances, cheminée, odeur du sapin, les décos de Noël, boules et rubans, l’effervescence des jours avant Noël, c’est génial ! L’auteur nous offre rebondissements, catastrophes, coup d’éclat, yeux qui pétillent, voix et regard embués par l’alcool, des confidences, des trahisons, des coups de gueule, de l’amour. C’est un peu convenu, on se doute bien de ce qu’il va se passer mais c’est vraiment l’atmosphère qui fait tout le charme du livre. Et puis, il se lit vite, c’est sympathique, pas culcul, un peu mièvre parfois mais juste ce qu’il faut. J’ai passé un bon moment de lecture. Le style est simple et frais mais pas non plus fade. On a plein de détails qui nous aident à nous immerger dans le lieu, dans le décor, avec les personnages.

L’héroïne, Lydia a plutôt la tête sur les épaules, elle réfléchit avant d’agir mais pas forcément avant de parler, elle et ses amies sont drôles. Lydia est romantique, avec plein d’envies et d’idéaux mais elle grandit, murit et comprend que la vie n’est pas un conte de prince et princesse et donc évite de foncer tête baissée. Quoique…

J’ai beaucoup aimé les liens entre les personnages, surtout entre les copines. Leur amitié m’a paru crédible et je me suis parfois retrouvée, toute proportion gardée, chez l’une ou chez l’autre. Et puis, ce sont des femmes, avec des responsabilités, pas niaise, un peu naïve (mais on est toute de temps en temps un peu naïve),  ce qui m’a empêché d’avoir envie d’en prendre une pour frapper l’autre, si je puis dire. Mais très différente, la mère de famille, la working girl, la bimbo star et la sportive (non, ce n’est pas le retour des Spice Girls), 4 femmes avec du caractère, ça ne peut faire que des étincelles, que cela soit positif ou négatif !

D’habitude, ce n’est pas mon genre de lecture, du moins, j’ai du mal avec la romance, mais là, j’ai passé un très bon moment avec Lydia, mon petit coeur a aimé la voir douter, choisir, décider, abandonner, rebondir, etc. L’ambiance Noël, que j’adore, m’a beaucoup aidé à apprécier cette histoire. Une lecture doudou que je pourrais bien relire dans quelques années.

Les lames du cardinal de Pierre Pevel

Les Lames Du Cardinal - Pierre Pevel

Folio SF, 397 pages, 7,90€

4ème de couverture

1633, sous le règne de Louis XIII. Le Cardinal de Richelieu veille à la bonne marche du royaume de France, de plus en plus menacé par l’Espagne et ses nouveaux alliés : les dragons. Or à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels : le Cardinal se voit contraint de faire appel à une compagnie d’élite qu’il avait lui-même dissoute. Sous le commandement du capitaine La Fargue, les bretteurs les plus vaillants et les plus intrépides que possède le royaume sont ainsi réunis pour former à nouveau les redoutables Lames du Cardinal.

Résumé

Une femme accomplie un rituel de magie noire qui lui rendra toute sa jeunesse. C’est la vicomtesse de Malicorne, belle jeune fille qui charme la Cour de son air mutin. Mais derrière son sourire, se cache un âge avancée et une puissance du à sa race, celle des Dragons. Pendant ce temps, le Cardinal de Richelieu reçoit en privé le Capitaine La Fargue, lame expérimentée. Il lui demande de reformer les Lames qu’il a pourtant dissout 5 ans auparavant après le drame de la Rochelle. Mais l’heure est grave, le Roi prépare la guerre en Europe et la montée des Dragons en Espagne n’augure rien de bon…

Mon avis

Gros coup de coeur ❤

Quand on sait que mon roman préféré de « forever de toute ma vie » c’est Les 3 mousquetaires d’Alexandre Dumas, je crois que c’était « ça passe ou ça casse » et bien c’est passé, et même très très ben passé ! Un excellent tome, qui replonge dans l’ambiance du Paris du 17è avec des personnages attachants et fins, une intrigue passionnante et des rebondissements ^^ J’irai même jusqu’à dire que pour moi, c’est un bel hommage au maitre Dumas, loin de la copie, on retrouve une partie de son univers avec la plume et la touche très réussie de Pierre Pevel. Un univers fantasy qui va très bien avec l’époque, les tensions entre les monarchies. Et un monde de dragons fondu habillement et avec finesse dans le quotidien, la société. Une vraie uchronie de fantasy. Pas un instant, j’ai trouvé que c’était « trop ». Des complots, des intrigues, des secrets, … des personnages attachants et des dragons, un cocktail réussi entre cape, épée et fantasy !

J’ai découvert un univers à la fois historique et fantasy parfaitement conçu et « dosé ». J’ai toujours préféré Les Mousquetaires du Roi aux Gardes du Cardinal, Pierre Pevel réussi à me faire aimer ce personnages et ses lames, une sorte de « réhabilitation » ! Dans les 3 mousquetaires, il faut dire que les gardes sont presque hargneux et contrastent énormément avec les héros. Bon, c’est vrai ici on a pas vraiment les Gardes mais une sélection d’élite, les Lames ! Un personnage a part entière formé de plusieurs personnalités que j’ai adoré suivre !

Ce premier tome pose les personnages et présente la « mythologie » développée par Pierre Pevel. Des dragons ancestraux, grâce à la magie noire draconique, ont pris forme humaine et peuvent donc être partout donc sans que personne ne s’en aperçoivent. Certains se contentent d’être parmi les humains mais d’autres veulent  étendre leur influence et leur magie sur l’Europe et donc sur Paris.

Le Capitaine La Fargue essaie donc en cette année 1633 de reformer les lames du Cardinal. Groupe réduit réunissant des meilleurs lames du pays. Le lecteur découvre Agnès de Vaudreuil jeune baronne que l’on va apprendre à connaitre. Elle est indépendante et volontaire, elle chevauche comme un homme et ne s’inquiète pas des regards en coin. Elle est pourtant fragile et on sent une aura de mystère autour d’elle. Puis, on découvre Marciac (un gascon!) un brin débraillé, charmeur et qui collectionne les conquêtes, il ne semble pas s’attacher aux gens. En plus d’être un peu coureur, il est aussi joueur. Ce gascon a tout pour plaire et joue de son charme ! Vient ensuite Barllardieu un vieux soldat qui ont le comprend vite a élevé Agnès à la place de son père. Il passe son temps à boire et à manger et à surveiller du coin de l’oeil la baronne. Puis, La Fargue rappelle Almadès un espagnol professeur d’escrime que les parisiens aimeraient bien voir quitter la ville, car il est si doué qu’il fait de l’ombre aux professionnels du coin !

En parallèle, le lecteur va découvrir d’autres personnages Saint-Lucq, un être à part, ou encore Leprat, le chevalier d’Orgueil, à la rapière blanche, un mousquetaire qui est poursuivi par des Dracs (une race engendré par les dragons et qui les a asservi pendant des décennies avant qu’ils deviennent plus ou moins libre). J’adore quand il y a plein de personnages comme ça, qui s’entrecroisent, ça présage souvent d’une intrigue riche et dense et c’est le cas ici ! On croisera également Laincourt, enseigne dans les gardes du Cardinal, personnage que j’ai eu du mal à cerner. Et bien sur, que serait des Lames aiguisées et affutées sans ennemi redoutable ?! Ainsi, le lecteur découvre progressivement ce que trame la Vicomtesse de Malicorne et la Griffe Noire, qui intriguent contre la France. Mais sont-ils les seuls ennemis du roi, de la France, de Richelieu ?

Tome de présentation, il n’y en a pas moins une intrigue qui nait, des combats, des attaques et des rebondissements ^^ Des descriptions aussi de la Capitale principalement, mais dans un style fluide et dosé. Les éléments narrés ne sont jamais superflus, ils vont servir l’intrigue. Cela nous permet d’être dans l’ambiance et d’avoir toutes les clés pour l’ensemble de la trilogie. On assiste aux rivalités, aux haines, aux amitiés, aux secrets, aux révélations,… Pierre Pevel a réussi à me faire ressentir le climat tendu de l’époque. Et imaginez tout ça, dans un Paris nauséabond, suffoquant, d’un été qui n’en finit pas.

J’ai aimé suivre les personnages, je me suis vraiment beaucoup attaché à certains d’entre eux, notamment Leprat ❤ J’ai beaucoup aimé Laincourt, Agnès et Marciac. Ils sont tous si différents, qu’on ne les aime pas toujours pour les mêmes raisons. J’ai souri aux clins d’oeil de Pierre Pevel à Dumas, en évoquant certains mousquetaires, le récit pourrait être concomitant avec l’œuvre de Dumas si l’univers n’était pas différent (les dragons toussa). Je fais des petites comparaisons mais ce n’est pas une réécriture de l’oeuvre de Dumas, c’est vraiment ça qui est bien. On y pense mais ce n’est pas une copie, ce n’est pas du déjà lu.

La plume de Pierre Pevel m’a beaucoup plu, pas de fioriture mais travaillée quand même. C’est très bien écrit, j’ai été happé dans le récit et j’ai enchainé les chapitres (qui sont courts ce qui donne du rythme au récit). Je devais me modérer pour ne pas dévorer le livre, pour le faire durer !!!

J’ai adoré ce premier tome, où les apparences sont parfois trompeuses, où certains personnages semblent irréprochables mais on est parfois loin de ce que l’on va apprendre, la fin du tome a son lot de révélation.  J’ai adoré l’idée des dragons et des loges draconiques et j’ai trouvé ça très bien fait pour rendre compte de la tension entre la France et l’Espagne à cette époque. Les personnages gardent une part de mystère, pas de doute que la suite répondra aux questions qu’on peut se poser. C’était tellement génial que j’ai enchainé avec le tome 2 (et que j’ai même fini la trilogie à l’heure où j’écris !!). Je n’ai pas l’impression d’avoir dit la moitié du quart de ce que je voudrais dire tellement c’était génial mais je m’arrête là quand même, de peur de trop en dire. J’espère vous avoir donné envie avec cette avis déjà.

Et puis, ça m’a donné envie de relire Les 3 mousquetaires c’pas rien quand même ^^

Bref, un gros coup de cœur pour ce premier tome des Lames du Cardinal que je vous conseille (et pas besoin de connaitre les mousquetaires de Dumas alors pas d’excuse ^^).

A bientôt avec mon avis sur la suite L’Alchimiste des ombres, qui promis sera un peu plus court ^^

******************

DefiPALImaginales2014

De l’autre côté du mur d’Agnès Marot

De-lautre-cote-du-mur-de-Agnes-Marot

Editions du Chat Noir, 19,90€, 308 pages

4ème de couverture

Pour Sibel qui se consacre entièrement à la danse, le quotidien est un perpétuel ballet. Pourtant, tout bascule le jour où son lien à l’Art est coupé : on l’isole de ses sœurs, on lui refuse l’existence qu’elle aime tant dans cette communauté composée exclusivement de femmes. En tâtonnant pour retrouver tout ce qu’elle a perdu, elle entend des rumeurs, découvre des secrets propres à bouleverser sa conception du monde.
Mais alors, si la vie n’est qu’un immense théâtre, pour qui Sibel danse-t-elle ? Et surtout, que se trame-t-il en coulisse ?
Peut-être cet étranger au sourire narquois qui se définit comme un « homme » et ne lui parle que de Science pourra-t-il lui apporter des réponses. L’aidera-t-il à franchir l’enceinte qui délimite l’univers qu’elle a toujours connu ?
Découvrez le mystère qui se cache là-bas, de l’autre côté du mur…

Résumé

Sibel danse. Sibel donne tout à son Art. Sibel lutte pour atteindre un niveau que personne avant elle n’a atteint. Et Sibel ressent son art. Sa force. Mère Leilan est exigeante pourtant, c’est bien Sibel la meilleure de son groupe. Lors d’une séance d’étirement, l’impensable va se produire. Le monde qui tient tant à cœur à Sibel va s’effondrer. C’est l’exclusion. Mais Sibel va bientôt se rendre compte que rien n’est sur dans tout ce qu’elle croit….

Mon avis

Une excellente découverte !

Difficile d’en parler sans en dire trop et en même temps, j’ai peur de ne pas assez en dire ^^ De l’autre côté du mur est un livre sensible et original qui m’a énormément plu. J’ai eu la chance de voir l’auteure aux Imaginales et de discuter avec elle de son texte. Agnès Marot est abordable, souriante et c’était agréable de prolonger un peu la lecture en discutant avec elle !

Dans le monde de Sibel, le contact est interdit. Chaque jeune fille, après une période d’apprentissage, choisi son Art. Pour Sibel, c’est la Danse. Une évidence. Mais ce n’est pas le cas pour toutes les jeunes filles. Aylin par exemple la meilleure amie de Sibel s’est orientée vers la Peinture mais elle ne semble pas y voir d’intérêt mais c’est le moins pire des Arts pour elle. Les deux jeunes filles sont si différentes, Aylin se pose beaucoup de questions alors que Sibel accepte son Monde et les choses simplement sans remise en question. Jusqu’au jour où elle se retrouve exclue à cause d’une de ses camarades. Son Art la quitte et tout aussi dramatique, elle va être séparée d’Aylin. Quand l’Art quitte les jeunes filles, elles doivent disparaitre. Que deviennent-elles ? Mère Leilan fait pourtant preuve de clémence. Sibel n’était qu’une victime dans cette histoire, elle sera juste exclue. Un moindre mal. Cependant, Sibel va voir ce qu’elle n’aurait jamais du voir. Elle est alors obligée de disparaitre aux yeux de ses compagnes, d’Aylin. Et pire que tout, suivre cette fille étrange, trop grande, trop massive, à la mâchoire carrée et à la voix grave…. ce que Sibel découvrira, un « homme ».

Agnès Marot fait preuve de beaucoup de finesse pour décrire les sentiments de Sibel qui se retrouve du jour au lendemain exclue de son Monde. Elle va perdre tous ses points de repère, aller de découvertes en surprises, en désillusions. Parce que tout ce en quoi elle croit, à quoi elle tient, n’est en réalité que mensonges. Mais les Mères qui élèvent ses jeunes filles ne sont pourtant pas à blâmer, elles ne savent pas elles-même ce qu’est leur monde. Le lecteur va donc suivre le même chemin que Sibel, tout découvrir avec elle. Ce qu’est réellement le monde. Ce qui se cache ou pas de l’autre côté du mur.

C’est un réel plaisir de découvrir le Monde de Sibel puis ce qu’il se passe en réalité. D’abord, les Arts, la Danse, cette communauté de jeunes filles et leur vision du Monde. Puis tout ce qu’il y a derrière les couloirs, les dortoirs, les salles communes de ces jeunes demoiselles. Même si certaines choses sont prises avec une naïveté qui s’assimile à l’humour, le monde réel est froid et réserve son lot de noirceur.

Le monde créé par Agnès Marot est à la fois empreint de poésie et, vous vous doutez bien, de cruauté. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’explication était amenée. Et surtout, j’ai adoré voir comment l’Art ne pouvait pas s’épanouir seul. Qu’il est complémentaire d’autre chose. Ici la Science. Le fossé qui se creuse (dans la réalité comme dans le livre) entre ces deux mondes ne devrait pas être. L’un ne peut pas aller sans l’autre. Les émotions ne font pas parti d’un camp ou d’un autre.

J’ai aussi vraiment apprécié la façon dont évolue Sibel. Elle peut avoir des côtés agaçants, elle est naïve, mais on comprend vite pourquoi, vu la façon dont les jeunes filles sont élevées. Mais elle changer, accepte sa situation, et se découvre une force, une vraie volonté. J’ai beaucoup aimé sa relation avec sa meilleure amie. Ailyn est peut être même le personnage que j’ai préféré. Je me retrouve beaucoup en elle. L’auteure ne nous ménage pas, elle ne ménage pas non plus ses personnages. Les découvertes de Sibel ne seront pas faciles à vivre. Mais heureusement, elle ne sera pas seule pour affronter la réalité.

La relation de Sibel avec un jeune homme Aslan est à la fois drôle et touchante. Faite incompréhension du à leur éducation opposée, à leur physique différent. Ils apprennent à se comprendre et à travers l’autre à se connaitre eux-même. Mais comme tout ce que va découvrir Sibel, les relations humaines sont complexes et compliquées.

Je pourrais vous parler encore d’autres personnages mais je pense que j’en ai déjà beaucoup dit, je vous laisse découvrir le reste par vous même !

Le style d’Agnès Marot est fluide, la plume très agréable, et les personnages sont attachants. La psychologie de ces derniers est travaillée, l’histoire est originale, riche en émotions. Et le final ! J’ai été complètement embarquée et même si on s’attend à certaines choses, on est pris dans cette histoire, on a envie de savoir. Qu’il y a-t-il de l’autre côté du mur ?

Un gros plus, les approfondissements données par l’auteure à la fin qui ont répondu à quelques unes de mes questions, qui éclairent sur les références utilisées. C’est vraiment intéressant, c’est une très bonne idée de l’avoir inclue dans le livre.

Encore une fois, je suis conquise par un titre des Editions du chat Noir. C’est une belle découverte, une auteure qui mérite qu’on s’attarde sur sa plume et ses idées. Elle a donné beaucoup d’elle même, ça se ressent et c’est d’autant plus fort. Une dystopie loin des récits commerciaux actuels. Une réussite qui séduira, je pense, autant les jeunes que les adultes !

*****************************

DefiPALImaginales2014

La voleuse de livres de Markus Zusak

la-voleuse-de-livresLu en ebook

Édition pocket, 8,10€, 633 pages

4ème de couverture

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité.
Liesel Meminger y est parvenue.
Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée.
Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres…

Résumé

Liesel prend le train avec sa mère et son petit frère, direction une autre province de l’Allemagne… Le malheur qui commence à se répandre partout en cette année 1939, va s’abattre sur Liesel, son petit n’arrivera jamais à destination. Une méchante toux va l’empoter, ou plutôt la Mort qui le fera. C’est la première fois que la Mort et Lièresel vont se croiser et ça ne sera pas la dernière… Obligée d’enterrer son petit frère dans une obscure ville de province, Liesel va, ce jour là, récupérer un livre, qui aura plus de symbole que d’utilité dans une premier temps et si c’était le premier d’une série ? L’histoire de la voleuse de livre ne fait que commencer…

Mon avis

Liesel est une petite fille d’à peine 9 ans que sa mère va confier à une famille nourricière car les temps changent et cette maman craint pour la vie de ses enfants. Malheureusement, la Mort vient ravir le petit frère de Liesel pendant le trajet en train vers Molching en Allemagne. Après la mise en terre du petit, Leisel récupère un livre tombé de la poche d’un des fossoyeur, et le conserve  au lieu de le remettre à son propriétaire. Puis finalement Liesel est confiée à M et Mme Hans Hubermann, habitants à  Molching. Rosa gagne un peu d’argent en faisant du repassage pour certains familles de la ville et Hans est peintre en bâtiment le jour, accordéoniste le soir. Liesel est inscrite à l’école de la ville mais ne sachant pas lire et peu écrire elle est placée avec les plus jeunes. La nuit elle fait des cauchemars mais le généreux Hans vient apaiser ses peurs. Un soir où il sera contraint de changer les draps de Liesel, il tombera sur le livre que cette dernière a récupéré au cimetière. Il décide alors de lui apprendre à sa façon, à lire. Rattrapant son retard doucement, Liesel sera changée de classe et deviendra la camarade préférée de Rudy Steiner …

Au départ, la narration est étrange, à chaque nouvelle partie du roman, on nous donne les titres des chapitres de la partie. Et puis le récit est entrecoupé d’apartés. Et puis on se rend compte que la narratrice de l’histoire de Liesel est la Mort elle-même. C’est déroutant au début parce que la Mort s’attache à des choses comme les couleurs et les impressions et surtout elle n’aime pas les mystères, elle annonce donc parfois ce qu’il va se passer quelques temps après.  Mais on se rend vite compte que cette façon de procéder permet d’atténuer un peu le drame ou les drames que l’on pressent. Et puis l’important, au final ce sont moins les événements que le cheminement, que ce qui va conduire aux faits qu’elle annonce. La Mort est un personnage cynique mais finalement (et paradoxalement) attachante ! Elle se raccroche aux couleurs et aux belles histoires pour se raccrocher à quelque chose dans les ténèbres. C’est loin d’être simple d’être la Mort.

L’histoire de Liesel oscille entre l’extraordinaire et le banal. C’est surtout apprentissage du pouvoir des mots et l’importance de savoir lire pour comprendre le monde et comment il fonctionne. Son histoire est touchante car elle s’inscrit dans une réalité dure et implacable. Une époque marquée par les horreurs de la guerre où il peut germer des fleurs d’espoir.

Le lecteur suit Liesel pendant les années de la seconde guerre mondiale et il découvre le quotidien de personnages normaux prises dans la montée du nazisme et la tourmente de la guerre.  Quand on est pris dans la spirale, que faire ? Comment s’en sortir ? J’ai beaucoup aimé avoir ces points de vue, à travers le regard des enfants, des habitants de Molching, entre ceux qui soutiennent le Führer et ceux qui ceux ne savent plus comment se comporter. Ou quand les hommes bons se sent coupables d’être ce qu’ils sont, alors que ne sont pas eux les méchants et les responsables. Mais que faire, risquer de perdre la vie, mettre en jeu celle de sa famille, se taire ? Ou essayer de changer les choses quand même en prenant tous les risques… Difficile. Une des choses les pires peut être c’est d’être persécuter par son propre pays et que tout part d’idées, de mots qui se rependent, qui grandissent dans la tête des gens, qu’on finit par croire, sans réfléchir au vrai sens de tout cela. Terrifiant. Il y a de beaux passages, parfois drôles, parfois tristes, il y a de belles leçons de vie, de courage, d’amour, d’amitié,… Il y a des images et des métaphores, comme les combats de Max (combats intérieurs) ou la course de Rudy, l’accordéon d’Hans, … des moments qui sont plus que ce qu’ils paraissent, des personnages qui se révèlent différents de ce qu’on attendait.

L’enfance de Liesel est remplie d’anecdotes touchantes, d’amitié, de rencontres, de combats, de découvertes et les mots, les livres, auront une part très importante dans tout ça. J’ai trouvé que le livre ne creusait pas assez parfois certaines choses (et d’autres sont moins crédibles, notamment une mais faut savoir pour le remarquer) mais dans l’ensemble c’est un très bon roman qui peut être lu par les ados et les adultes et qui livre à sa façon de superbes messages. C’est une manière particulière mais très reussie de transmettre,  d’accomplir le devoir de mémoire.

Personnellement, je n’aime pas les livres sur la guerre, encore plus sur celle là (hyper sensible, je suis et je resterai je pense) mais celui là permet grâce à son traitement d’aborder des sujets graves et terribles de façon différente et moins oppressante. Ce n’est pas un coup de coeur mais une lecture marquante (à lire avec une boite de Kleenex quand même un peu, même si l’auteur ne fait pas dans le pathos, ça reste très émouvant parfois).

Les gros plus du livre : utiliser la Mort comme narratrice, découvrir des personnages qui ont tous un rôle important et beaucoup sont attachants, un peu pathétique parfois mais c’est ce qui est touchant, les personnages secondaires sont aussi importants que Liesel (j’ai peut être même préféré ces personnages à la voleuse de livres)  : Rudy, Hans, Max, la femme du maire, la voisine…. Chacun fait face comme il le peut à la guerre, à la vie, à la mort…

J’ai beaucoup aimé ce livre et je le recommande ^^ Maintenant, je vais essayer d’aller voir l’adaptation ciné, bien que j’ai un peu peur que le traitement diffère beaucoup et que je n’y retrouve pas ce que j’ai aimé dans le livre, la poésie, les couleurs, les destinées, la Mort et ses apartés, … cette indéniable impression que les mots sont vivants.

**************

Petit extrait :
UN DÉTAIL
Vous allez mourir.

En toute bonne foi, j’essaie d’aborder ce sujet avec entrain, même si la plupart des gens ont du mal à me croire, malgré mes protestations. Faites-moi confiance. Je peux vraiment être enjouée. Je peux être aimable. Affable. Agréable. Et nous n’en sommes qu’aux «A». Mais ne me demandez pas d’être gentille. La gentillesse n’a rien à voir avec moi.

RÉACTION AU DÉTAIL CI-DESSUS
Ça vous inquiète ?
Surtout, n’ayez pas peur.
Je suis quelqu’un de correct.

(Voilà le ton est donné !)

*****************************

logo

Challenge La littérature fait son cinéma 2013. (2) jpg

Cinq filles, trois cadavres mais plus de volant d’Andrea H. Japp

5filles-3-ca-10Marabout, 6,99€, 331 pages

4ème de couverture

Cinq copines partagent depuis toujours leurs déboires professionnels et sentimentaux : Emma la blonde pulpeuse en mal d’enfant, Nathalie la mère au foyer qui vient de se faire plaquer, Hélène la tête chercheuse qui a fait de son absence de diplomatie une arme redoutable, Charlotte la psy qui finit toujours par coucher avec le plus gratiné de ses patients, et enfin Juliette, l’esthéticienne qui dorlote une clientèle masculine triée sur le volet. Le jour où Charlotte découvre un cadavre enchaîné au volant de sa voiture, elle panique et appelle immédiatement ses amies à la rescousse. Les cadavres s’accumulent …

Résumé

10 ans avant, nous faisons la connaissance d’Hélène et Nathalie qui viennent rendre visite à Juliette, installée à la campagne avec sa ville Bénédicte, chez Régis son nouveau chéri depuis 7 mois. Mais catastrophe, comment Juliette peut-elle vivre avec cet homme froid, peu attirant, égocentré et dans des conditions pareilles ? Hélène va sortir Juliette de ce calvaire. Emma est chauffeuse de taxi, belle, attirante, elle se traine des gros lourds et vulgaires, pourquoi ? alors qu’elle ne souhaite qu’une chose, rencontrer quelqu’un de bien et faire un enfant ? De nos jours, on découvre Charlotte, psy, qui évite ses voisins et rage de s’accoquiner toujours avec le plus timbré de ses patients. Un jour, elle va tomber sur un cadavre placé dans sa voiture, quelle horreur, encore plus, quand elle s’aperçoit qu’elle connait la victime…

Mon avis

Bizarrement, j’ai beaucoup aimé!

Merci Pauline de m’avoir prêté ce livre.

D’abord grosse surprise, je ne connaissais pas du tout Andrea H. Japp, j’avais juste vu qu’elle écrit des policiers, et je suis partie en me disant que j’allais tomber encore à New-York ou à Londres et bien pas du tout, Andrea est française et son roman se passe à Paris. ça m’a changé de la chick-lit que je lis de temps en temps. Par curiosité, je cherche un peu plus et je découvre qu’elle est la traductrice en français des romans de Patricia Cornwell mettant en scène le personnage de Kay Scarpetta. Pas mal !

On suit 5 femmes différentes mais néanmoins amies : Hélène, une scientifique bac+11 divorcée d’un mari dessinateur de BD le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle a un sacré caractère, pas diplomate pour deux sous, elle met très souvent les deux pieds dans le plat et ne mâche pas ses mots; Juliette, influençable et jolie créature, elle a une fille Bénédicte, pas vraiment de vie amoureuse, elle tient un salon de beauté masculin de luxe, elle a quand-même un patron au dessus d’elle; Nathalie, un peu plus vieille que les 4 autres, elle a un mari, deux enfants d’une vingtaine d’année, mais qu’ils ne lui rendent pas tout ce qu’elle fait pour eux, elle s’est laissé aller pendant 20 ans mais elle peut compter sur ses amies; Emma, gérante d’une compagnie de location de limousine, championne de boxe française qui désespère de trouver le père de l’enfant qu’elle veut à tout prix et Charlotte, psychanalyste, dont le mari travaille en Arabie-Saoudite et qui cumule les liaisons avec des patients plus tordus les uns que les autres. Pas à dire, 5 portraits de dames différents, certaines où on a envie de dire qu’elles sont « complètement crazy »; d’autres qu’on trouve on ne peut plus communes. Ce qui les lie est une amitié indéfectible et c’est ça que j’ai aimé. Je pensais que ça m’aurait pas mal agacée mais finalement, j’ai beaucoup aimé ce quintette. Parfois, pas facile de se repérer dans les 5, mais finalement, comme ça se lit très vite, on a pas le temps de se perdre (par contre, une lecture hachée n’est pas conseillée, je pense, faut qu’en même s’y retrouver entre les 5, les mecs qui gravitent autour, leur ami ou enfant.).

Les dialogues, les réparties entre les filles ou avec les autres protagonistes m’ont plus d’une fois fait sourire ! Surtout Hélène. En cherchant des informations sur Andrea H. Japp, j’apprends qu’elle est docteur en biochimie, toxicologue de métier, et chercheuse réputée. Et là, je me dis qu’elle a du mettre un peu d’elle dans son personnage d’Hélène et je comprend pourquoi elle m’a accrochée toute de suite, ses réactions ne sont pas que pure fiction, j’ai l’impression !

Et certaines situations sont (peut-être exagérées c’est vrai) cocasses et marantes. On peut parfois se retrouver dans l’une des 5, dans sa façon de s’exprimer, ou de voir les choses, ou retrouver ses amies et ça fait sourire deux fois plus !

L’originalité de ce livre chick-lit est bien entendu cette intrigue policière et ensuite ces 5 femmes toutes différentes, 5 amies qui vont se serrer les coudes pour découvrir ce qu’il se trame dans leurs dos. Elles sont attachantes. Bien sur on ne nous épargne pas quelques clichés, comme l’ami homo, les vernissages dans des robes improbables, des citadines paumées à la campagne, … mais dans l’ensemble, on n’y prête pas vraiment attention. Les situations sont étranges, les éléments sont disséminés dans l’histoire, le puzzle se crée au fur et à mesure qu’elles vont « brainstormer » sur ce qu’il se passe. Pas banal de retrouver un cadavre dans sa mini !

Les pages se tournent toutes seules ! C’est très facile à lire, frais et léger, une lecture détente mais pas de la simple chick-lit, l’aspect policier permet de ne pas s’ennuyer. Alors okay, c’est sur, ce n’est pas l’intrigue policière la plus palpitante et angoissante que j’ai eu l’occasion de lire, mais c’est quand-même bien sympathique. Sur le chemin des 5 femmes que l’on suit s’accumulent les cadavres, on ne devine pas trop vite pourquoi et on ne sait vraiment le fin mot de l’histoire qu’à la fin du roman justement.

Ce que j’ai préféré dans ce roman, c’est les liens d’amitié très fort entre les 5 filles, la façon dont elles s’entra-aident, la manière dont elles se disent les choses. Peu importe leurs différences, elles sont là les unes pour les autres.

Je l’ai lu très vite, le style est entrainant et rythmé, le gros plus, ce sont les personnages et les dialogues, plus que l’histoire ou l’intrigue (mais il y en a une). J’ai passé un très bon moment en compagnie de ces 5 femmes et je serais pas contre lire le suivant Les cadavres n’ont pas froid aux yeux. Et pourquoi pas un des romans policiers historiques d’Andrea H. Japp.

*************************************

challenge destins de femmes

logo challenge thriller. jpg

Dépression et des potes d’Arnaud Lemort

Dépression et des potes d’Arnaud Lemort avec Fred Testot, Arié Elmaleh, Jonathan Lambert,…

Franck n’est pas bien, il a pourtant tout pour être heureux, un boulot sympa, une copine brésilienne magnifique et des amis. Mais voilà, son état est tel qu’il va quitter sa copine et négliger son boulot. Le médecin lui annonce qu’il a tous les symptômes de la dépression. Benoit, un ami de Franck vient d’être papa pour la deuxième fois, Franck le rejoins à la maternité. Il y retrouve donc Benoît, mais également William et Romain. Ils leur annoncent l’avis du médecin. Seul William prend la situation au sérieux. Pour lui, ils ne doivent pas laisser Franck tout seul. Au cas où.  Les 4  amis qui ne s’étaient pas vu depuis quelques mois, vont passer du temps ensemble, l’occasion de se serrer les coudes, parce que Benoît, William et Romain, ne sont pas au top dans leurs vies non plus.

Une comédie française que j’ai bien aimé. Il y a de très bonnes répliques et j’ai passé un bon moment avec souvent le sourire aux lèvres, malgré le sujet de départ.

J’avais peur que l’histoire tombe dans la farce mais non le sujet est bien traité même si toutefois, on est plus dans la grosse déprime que dans la dépression (une vraie maladie longue et difficile). L’entente et la cohésion de ces 4 amis fonctionnent bien, on sent la bonne humeur dans leur groupe , un quatuor sympathique et qui prend bien, ça se vanne, ça déconne mais pas que. Chacun des garçons a sa personnalité et ses failles. Ils sont à un stade de leur vie, où des choix doivent être faits pour être plus heureux ou des changements doivent s’amorcer. La dépression de Franck va être pour eux l’occasion de se poser les bonnes questions et de prendre les tournants qui s’imposent.

J’ai beaucoup aimé le jeu de Fred Testot, ça reste le registre d’une comédie mais il parvient à émouvoir. J’ai beaucoup de mal avec Jonathan Lambert d’habitude mais là, je l’ai trouvé très bien, juste et très bon dans son rôle.

C’est un film sur l’amitié comme je les aime. Il est assez facile de s’identifier à un personnage ou à un de leur trait de caractère. On a tous de temps en temps des passages à vide, et je trouve moi aussi qu’on peut compter sur ses amis. Chacun s’investit et l’aide à remonter la pente, mais comme tous ils ont également leur soucis, et finalement les 4 amis vont s’entraider et réussir à changer des choses dans leur vie pour aller mieux.

J’ai passé un bon moment, certains ne trouveront pas que c’est la comédie du siècle, moi non plus d’ailleurs, mais j’ai apprécié, pas vulgaire, bien jouée et sympathique 🙂