Les sœurs de la Tarasque de Mélanie Fazi

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Depuis 2009, les Éditions Mnémos publient en partenariat avec le festival, les Imaginales d’Epinal une anthologie annuelle de Fantasy.

Après Rois & Capitaines, Magiciennes & Sorciers et Victimes & Bourreaux, toutes trois dirigées par Stéphanie Nicot, anthologiste et directrice artistique du festival, l’édition 2012 sera co-dirigée par Sylvie Miller et Lionel Davoust.

 Quatrième de couverture:

« LES AILES IMMENSES. LE CORPS VASTE. La tête cornue et mobile au bout du cou. Et ces plaques d’écailles d’un bleu noir. La reine Ayline aurait pu défaillir si elle n’avait connu une succession d’épreuves, si elle n’avait été ballotée d’un cauchemar à l’autre. Son cœur était celui d’une guerrière : il n’était pas invincible mais il ne cesserait de battre qu’au prix d’une défense farouche. Elle sortit son glaive du fourreau ; il lui sembla dérisoire face a la puissance du monstre qui se percha sur l’édifice, ailes toujours déployées. »

Réalisée en partenariat avec les Imaginales le festival d’Epinal où le meilleur des auteurs de la fantasy française et mondiale se retrouve chaque année, l’anthologie Reines et Dragons s’inscrit dans la lignée de Rois et Capitaines, de Magiciennes et Sorciers et de Victimes et Bourreaux, saluée par une critique enthousiaste qui y a vu « sans doute la meilleure anthologie de Fantasy francophone parue à ce jour » (ActuSF).

D’un univers à l’autre, de l’exaltation aventureuse à la retenue intimiste, tout l’éventail de la Fantasy se déploie, porté par sa créature la plus légendaire et par sa figure la plus complexe. Drégongeon et son Elfrie, Chuchoteurs du dragon, Reines protectrices ou vengeresses, Soeurs de la Tarasque, Eveilleuse entre deux mondes, Déesses aux deux visages : vivez les frissons de l’épopée et de l’émotion, assistez à la confrontation de ces Reines et Dragons !

AUTEURS Pierre Bordage Charlotte Bousquet Nathalie Dau Anne Fakhouri Mélanie Fazi Mathieu Gaborit Thomas Geha Vincent Gessler Justine Niogret Chantal Robillard Adrien Tomas Erik Wietzel

Très impliqués dans l’équipe d’animation depuis la création, en 2002, du festival Imaginales, Sylvie Miller et Lionel Davoust y traduisent les propos des invités étrangers ou y assurent la modération des tables rondes. Tous deux écrivains et traducteurs, ils œuvrent depuis de nombreuses années dans le domaine des littératures de l’imaginaire, ayant notamment, pour elle, dirigé plusieurs anthologies et, pour lui, assuré la direction de la revue Asphodale.

L’auteur

Après des études d’anglais, elle passe un DESS de traduction. Elle commence à traduire des nouvelles pour la revue Ténèbres tout en commençant à en écrire à son tour. Ses nouvelles paraissent dans des anthologies à partir de l’an 2000. En 2002, les éditions Bragelonne l’embauchent comme traductrice. Elle traduit notamment des œuvres de Lois McMaster Bujold, Elizabeth Moon, Poppy Z. Brite, Graham Joyce, Kelley Armstrong, Lilith Saintcrow, Brandon Sanderson, etc. En 2011, elle a réuni et préfacé un recueil de nouvelles de Lisa Tuttle pour les éditions Dystopia : Ainsi naissent les fantômes.

Mélanie Fazi vit à Paris où elle continue à écrire des nouvelles.

Depuis mai 2013, elle fait partie du groupe The Deep Ones, un collectif de musiciens et d’auteurs de l’imaginaire proposant des lectures de textes en live avec accompagnement musical. Auteurs-lecteurs lors du concert donné le 15 décembre 2013 au Dernier bar avant la fin du monde : Sire Cedric, Nathalie Dau, Mélanie Fazi, Ophélie Bruneau, Patrick Eris, Lionel Davoust, Ghislain Morel. Musiciens : Ophélie Bruneau (chant, flûtes irlandaises), Nathalie Dau (chant, percussions), Shan Millan (harpe celtique), Ghislain Morel (percussions), Christophe Thill (sitar, lap-steel, viole de gambe).

Mon avis

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle.

Je découvre Mélanie Fazi avec ce texte. Et j’ai beaucoup apprécié son écriture, simple mais douce, avec une sorte de poésie latente, dans ce texte quelque peu mélancolique.

Rachel est une jeune fille de 15 ans qui avec 6 autres jeunes filles de l’île sont rentrées au service du Dragon. Elles doivent l’aimer. Un Pacte entre les Soeurs et le Dragon protège l’île. Si les habitants fournissent au Dragon une Reine, à chacun de ses réveils, alors il ne détruira pas l’île.

Les cours donnés aux jeunes filles sont destinés à faire d’elles des jeunes filles respectables, elles doivent connaître leur Histoire et une d’entre elles sera choisie par l’Avatar du Dragon, sa projection humaine. Elle deviendra alors la Reine-Mère qui subira la mue et portera et donnera naissance aux enfants du Dragon.

Les jeunes filles entre elles sont froides et méprisantes. Sauf Solène qui est très discrète et n’adresse pas beaucoup la parole aux autres et Rachel qui préfère faire profil bas. Rachel a un secret, elle n’arrive pas à aimer le Dragon et a peur que les autres filles et les Soeurs du pensionnat, qui s’occupent d’elles, le découvrent. Car être une des choisies pour ce collègue est un honneur, une chance. Les parents vendent leur fille et leur assure une existence à servir le Dragon. Elles doivent l’aimer et rien d’autre ne doit compter. Rachel est différente, elle n’a pas les yeux qui brillent à son évocation et ne ressent pas d’attirance pour l’Avatar.

Un matin, l’Avatar passe dans la salle de classe et fait son choix. Ce dernier va bouleverser la vie de Rachel.

J’ai apprécié que le choix fait par l’Avatar ne soit pas si convenu. Cela permet de mettre en évidence les conséquences pour les autres et non pour celle qui est choisie. Je me suis attachée à Rachel qui doit lutter pour ne rien laisser paraître de ses sentiments et qui va devoir faire un choix pour son avenir. Les filles sont encore pires après le choix de l’Avatar et on voit bien comment entre elles les nanas peuvent être de véritables pestes. Solène va confier des choses à Rachel qui même si elles sont au final évidentes, font froid dans le dos et surtout éclairent le lecteur sur cette tradition qui est loin d’être aussi idyllique que les Soeurs le racontent. On comprend surtout que le Pacte conclu avec le Dragon est malsain… la politique, les conflits auraient pu être un peu plus développés mais la nouvelle est surtout centrée sur Rachel et ses sentiments, son combat intérieur. Et j’ai apprécié ce choix.

Je serai ravie de retrouver d’autres textes de Mélanie Fazi dont l’écriture et les idées m’ont séduite.

Dans l’ensemble, j’ai beaucoup apprécié ce recueil Reines et dragons avec deux figures emblématiques de la Fantasy qui sont vraiment intéressantes. C’était agréable de découvrir la vision des auteurs et de se laisser porter par leurs récits. Il y a des nouvelles qui m’auront plus marquées que d’autres mais dans l’ensemble j’ai vraiment apprécié cette anthologie. Je pense lire avec plaisir les autres anthologies des Imaginales que j’ai acheté au fil des années, si elles sont aussi bien faites que celle-ci.

Merci à tous ceux qui ont participé à cette LC 2015 ^^ Même si ce ne fut pas régulier je suis contente d’avoir pu lire vos avis et d’avoir partager cette lecture avec vous.

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Cet oeil brillant qui la fixait de Nathalie Dau

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Depuis 2009, les Éditions Mnémos publient en partenariat avec le festival, les Imaginales d’Epinal une anthologie annuelle de Fantasy.

Après Rois & Capitaines, Magiciennes & Sorciers et Victimes & Bourreaux, toutes trois dirigées par Stéphanie Nicot, anthologiste et directrice artistique du festival, l’édition 2012 sera co-dirigée par Sylvie Miller et Lionel Davoust.

 Quatrième de couverture:

« LES AILES IMMENSES. LE CORPS VASTE. La tête cornue et mobile au bout du cou. Et ces plaques d’écailles d’un bleu noir. La reine Ayline aurait pu défaillir si elle n’avait connu une succession d’épreuves, si elle n’avait été ballotée d’un cauchemar à l’autre. Son cœur était celui d’une guerrière : il n’était pas invincible mais il ne cesserait de battre qu’au prix d’une défense farouche. Elle sortit son glaive du fourreau ; il lui sembla dérisoire face a la puissance du monstre qui se percha sur l’édifice, ailes toujours déployées. »

Réalisée en partenariat avec les Imaginales le festival d’Epinal où le meilleur des auteurs de la fantasy française et mondiale se retrouve chaque année, l’anthologie Reines et Dragons s’inscrit dans la lignée de Rois et Capitaines, de Magiciennes et Sorciers et de Victimes et Bourreaux, saluée par une critique enthousiaste qui y a vu « sans doute la meilleure anthologie de Fantasy francophone parue à ce jour » (ActuSF).

D’un univers à l’autre, de l’exaltation aventureuse à la retenue intimiste, tout l’éventail de la Fantasy se déploie, porté par sa créature la plus légendaire et par sa figure la plus complexe. Drégongeon et son Elfrie, Chuchoteurs du dragon, Reines protectrices ou vengeresses, Soeurs de la Tarasque, Eveilleuse entre deux mondes, Déesses aux deux visages : vivez les frissons de l’épopée et de l’émotion, assistez à la confrontation de ces Reines et Dragons !

AUTEURS Pierre Bordage Charlotte Bousquet Nathalie Dau Anne Fakhouri Mélanie Fazi Mathieu Gaborit Thomas Geha Vincent Gessler Justine Niogret Chantal Robillard Adrien Tomas Erik Wietzel

Très impliqués dans l’équipe d’animation depuis la création, en 2002, du festival Imaginales, Sylvie Miller et Lionel Davoust y traduisent les propos des invités étrangers ou y assurent la modération des tables rondes. Tous deux écrivains et traducteurs, ils œuvrent depuis de nombreuses années dans le domaine des littératures de l’imaginaire, ayant notamment, pour elle, dirigé plusieurs anthologies et, pour lui, assuré la direction de la revue Asphodale.

L’auteur

Diplômée en communication et  marketing-publicité, Nathalie Dau se consacre cependant principalement à son écriture tout en multipliant les petits boulots à côté. En 1991, elle publie sous le nom de « Nathalie Letailleur » son premier roman, Bleu puzzle, aux éditions Tacussel. Ce roman est republié en 2013, dans une version revue et corrigée suivie de six nouvelles, au sein du recueil Tangram (éditions Black Coat Press dans la collection Rivière Blanche). Tangram bénéficie d’une préface signée Ayerdhal. Sa version numérique est publiée par Lune-Ecarlate Editions.

À partir de 1999, plusieurs de ses nouvelles paraissent en anthologies comme en revues professionnelles ou semi-pro, en fanzines et sur le net. En 2011, elle figure au sommaire de l’anthologie officielle du festival Les Imaginales d’Épinal, Victimes et Bourreaux, dirigée par Stéphanie Nicot et publiée par les éditions Mnémos, et récidive l’année d’après en participant à l’anthologie des Imaginales 2012, Reines et Dragons, mais dirigée cette fois-ci par Sylvie Miller et Lionel Davoust. Sa nouvelle dans Reines et Dragons, intitulée « Cet œil brillant qui la fixait », est republiée sous forme numérique en 2014 dans la collection Alternative des éditions Mythologica.

On le retrouve au sommaire de plusieurs anthologies entre 2012 et 2014 : Fragments d’une Fantasy antique ; Trolls et Légendes, anthologie Semi-hommes,  puis Lancelot.

En 2006, sa nouvelle Le Violon de la fée, parue dans la revue Faeries no 17, a été récompensée par le prix Merlin. Ce texte figure également au sommaire du premier recueil de Nathalie Dau, Contes myalgiques 1 : les terres qui rêvent (2007, éd. Griffe d’Encre), salué par la critique. Cet ouvrage reçoit en 2008 le prix Imaginales de la nouvelle. Ce recueil (et le suivant, Contes myalgiques 2 : les atouts du diable) tire son nom de la fibromyalgie, dont Nathalie est atteinte. Elle espère contribuer via ses écrits à la reconnaissance de cette maladie et des souffrances invisibles (dont les souffrances morales). Elle s’amuse souvent à déclarer qu’elle est certes fibromyalgique mais qu’elle a surtout la fibre magique. En septembre 2015, elle participe à l’anthologie caritative L’Imaginaire se mobilise destinée à collecter des fonds pour les associations ElanSEP et Fibromyalgie France. Cette anthologie n’existe qu’au format numérique et est publiée par les éditions Mythologica dans la collection Alternative.

Nathalie Dau crée en 2007 les éditions Argemmios, qui publient en 2008 Les Débris du chaudron, un roman construit sur le socle mythologique de la nouvelle éponyme parue dans l’anthologie Royaumes (éd. Fleuve noir), puis de nombreux ouvrages. Malheureusement, sa santé s’étant dégradée, Nathalie s’est vu contrainte de ralentir puis de cesser, en 2014, son activité de directrice littéraire.

Nathalie Dau est aussi l’auteur d’ouvrages pour la jeunesse. En 2008, en collaboration avec l’illustratrice Krystal Camprubi, elle publie aux éditions Auzou Légendes, créatures fantastiques. Début 2009 paraît aux éditions Argemmios Voir avec le cœur, une histoire pour enfants illustrée par Alexandre Dainche, avec un CD audio où elle raconte l’histoire mise en musique par David Mille (David Millemann), et un livret de coloriages. La même année, toujours chez Argemmios, elle prête également sa voix au livre-disque Grisemine, le petit chat qui voulait voler écrit et illustré par Isabelle Chatel Merlier et lui aussi mis en musique par David Millemann.

2012 voit paraître aux éditions Asgard son roman La Somme des Rêves, premier tome de son cycle de Fantasy Le Livre de l’Énigme. Nathalie confie, notamment lors de son interview télévisée dans l’émission Rêves et cris n°12 sur la chaîne Nolife, qu’elle porte en elle ce monde et ce cycle depuis juillet 1987, et qu’elle le bâtit et le peaufine depuis lors. Ce roman bénéficie d’une préface amicale signée Robin Hobb et reçoit, le 1er janvier 2013, le prix Découverte 2012 décerné par le collectif littéraire Histoires de Romans. Shéradye, nouvelle se situant dans le même univers que le cycle, est publiée en mai 2013 dans le no 0 de la toute nouvelle revue Mythologica, dans laquelle elle publie aussi, à partir du no 1, son roman-feuilleton Chroniques des Terres Mixtes.

D’autres nouvelles, dont certaines ont été republiées dans les bonus de La Somme des Rêves, appartiennent au même univers : « Ton visage et mon cœur », « Cosmogonie », ou encore « Contre-Magie » qui cependant a été écrite et publiée à une époque où les canons du cycle n’avaient pas encore été pleinement fixés. Nathalie n’a jamais caché son intention de réécrire ce texte afin de l’harmoniser avec l’ensemble. Bleu Puzzle, lui, relève de la même cosmogonie que Le Livre de l’Enigme, et fait même apparaître un Ceredawn alternatif.

Gratifiée souvent de préfaces ou de postfaces, Nathalie Dau s’est également prêtée à l’exercice pour différents ouvrages : Les enfants de Svetambre de Lucie Chenu chez Black Coat Press, Les Sombres Romantiques dirigés par Mathieu Coudray aux éditions du Riez, ou encore L’Aube de la guerrière de Vanessa Terral aux éditions du Chat Noir et, plus récemment, le recueil Intervalles de Denis Labbé chez Lune Ecarlate éditions.

Depuis mai 2013, Nathalie fait partie du groupe The Deep Ones, un collectif de musiciens et d’auteurs de l’imaginaire proposant des lectures de textes en live avec accompagnement musical. Auteurs-lecteurs lors du concert donné le 15 décembre 2013 au Dernier bar avant la fin du monde : Sire Cedric, Nathalie Dau, Mélanie Fazi, Ophélie Bruneau, Patrick Eris, Lionel Davoust, Ghislain Morel.

Mon avis

J’ai adoré cette nouvelle !! ❤

Les cloches sonnent l’alerte, l’assaut est imminent. Le peuple de l’île doit se réfugier dans les grottes même si la Créature du Lac les protège de l’attaque du peuple qui vit sur la terre ferme. Gwendolyn, elle, n’en peut plus de se cacher lors de ces assauts et décide de sortir à l’extérieur pour voir ce qui se passe même si c’est interdit. Protéger des rayons du soleil qui lui brulerait les yeux, elle observe les ennemis et découvre qu’eux aussi ont une Créature mais celle-ci ne ressemble pas à la Grande Serpente, le leur peut voler ! Elle envie ces ailes et la possibilité de voler haut, très haut, peut-être jusqu’à l’homme-lune qui attire la jeune fille, qui habite ses rêves.

Gwendolyn finit par rejoindre sa famille, son père le roi est en colère de son comportement et des risques que la jeune princesse a pris. Il faut la punir. Sa mère annonce alors que la créature du lac a été gravement atteinte lors de l’attaque et qu’elle se meure. Comme le veut la coutume, les jeunes filles du château lui seront proposées et elle choisira sa remplaçante. Si elle ne choisit pas Gwendolyn alors il faudra la punir sinon sa punition sera toute trouver.

Le Grande Serpente mourante demande aux princesses ce que représente pour elles le Lac, Gwendolyn doit répondre et pense que sa réponse est la moins appropriée. A tort. Elle est choisit pour succéder à la créature et quand celle-ci s’éteint, sa couronne qui permet la transformation est posée sur la tête de la pale jeune fille. Qu’elle ne peut retirer. Elle va changer mais avant cela elle prend une décision qui changera son destin…

Un véritable conte ! Une belle histoire un peu triste et pleine d’espoir. J’ai particulièrement aimé la partie où le dragon de feu se souvient de son passé, passé que l’on découvre et on comprend alors ce que sont les créatures. Gwendolyn est intrépide, elle rêve de l’homme-lune, là haut dans les étoiles, mais son caractère si différent de ceux de ses sœurs scellera son destin. Mais elle ne se le lassera pas imposer par sa famille ou une quelconque tradition, elle va faire un choix et tant pis pour les conséquences.

J’ai aimé le personnage de Tiainrug et j’ai été touché par sa vie et parce que qu’il comprend, bien trop tard, des paroles d’une sorcière qu’il a croisé jadis. Les liens qui lient les personnages sont fragiles et sensibles. C’est beau et c’est triste.

J’ai adoré cette sorte de mythologie de l’homme-lune et de la femme-soleil, le travail de l’auteure sur les contraires et les opposés pourtant liés : soleil/lune, feu/eau, lumière/pénombre, etc. ça ressemble beaucoup à un conte et l’auteure est douée pour faire passer l’émerveillement, le conte, …. J’ai beaucoup aimé la plume de Nathalie Dau que je n’avais jamais lu mais dont j’ai acheté deux recueils chez Griffe d’encre et dont la Somme des Rêves attend depuis longtemps dans ma PAL. Je la relirai donc avec plaisir.

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Under a lilac tree de Mathieu Gaborit

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Depuis 2009, les Éditions Mnémos publient en partenariat avec le festival, les Imaginales d’Epinal une anthologie annuelle de Fantasy.

Après Rois & Capitaines, Magiciennes & Sorciers et Victimes & Bourreaux, toutes trois dirigées par Stéphanie Nicot, anthologiste et directrice artistique du festival, l’édition 2012 sera co-dirigée par Sylvie Miller et Lionel Davoust.

 Quatrième de couverture:

« LES AILES IMMENSES. LE CORPS VASTE. La tête cornue et mobile au bout du cou. Et ces plaques d’écailles d’un bleu noir. La reine Ayline aurait pu défaillir si elle n’avait connu une succession d’épreuves, si elle n’avait été ballotée d’un cauchemar à l’autre. Son cœur était celui d’une guerrière : il n’était pas invincible mais il ne cesserait de battre qu’au prix d’une défense farouche. Elle sortit son glaive du fourreau ; il lui sembla dérisoire face a la puissance du monstre qui se percha sur l’édifice, ailes toujours déployées. »

Réalisée en partenariat avec les Imaginales le festival d’Epinal où le meilleur des auteurs de la fantasy française et mondiale se retrouve chaque année, l’anthologie Reines et Dragons s’inscrit dans la lignée de Rois et Capitaines, de Magiciennes et Sorciers et de Victimes et Bourreaux, saluée par une critique enthousiaste qui y a vu « sans doute la meilleure anthologie de Fantasy francophone parue à ce jour » (ActuSF).

D’un univers à l’autre, de l’exaltation aventureuse à la retenue intimiste, tout l’éventail de la Fantasy se déploie, porté par sa créature la plus légendaire et par sa figure la plus complexe. Drégongeon et son Elfrie, Chuchoteurs du dragon, Reines protectrices ou vengeresses, Soeurs de la Tarasque, Eveilleuse entre deux mondes, Déesses aux deux visages : vivez les frissons de l’épopée et de l’émotion, assistez à la confrontation de ces Reines et Dragons !

AUTEURS Pierre Bordage Charlotte Bousquet Nathalie Dau Anne Fakhouri Mélanie Fazi Mathieu Gaborit Thomas Geha Vincent Gessler Justine Niogret Chantal Robillard Adrien Tomas Erik Wietzel

Très impliqués dans l’équipe d’animation depuis la création, en 2002, du festival Imaginales, Sylvie Miller et Lionel Davoust y traduisent les propos des invités étrangers ou y assurent la modération des tables rondes. Tous deux écrivains et traducteurs, ils œuvrent depuis de nombreuses années dans le domaine des littératures de l’imaginaire, ayant notamment, pour elle, dirigé plusieurs anthologies et, pour lui, assuré la direction de la revue Asphodale.

L’auteur

Mathieu Gaborit est né en 1972. Comme beaucoup d’écrivain de Fantasy, il commença, à l’âge de 12 ans, par écrire des scénarios de jeux de rôles. Après des études de droit, il travailla à l’élaboration de certains jeux de rôles comme « Guildes », « Dark Earth » ou « Ecryme ». Puis, c’est à l’âge de 23 ans, en 1995, qu’il s’imposa comme le chef de file des nouveaux écrivains de Fantasy française avec le succès de son ambitieux premier roman : Les Chroniques des Crépusculaires. A l’origine, ces chroniques se composaient de 3 titres: « Souffre-jour », « Les danseurs de Lorgol » et « Agone » tous publiés chez Mnémos. L’univers des Crépusculaires s’était ensuite enrichi d’une nouvelle série littéraire : « Abyme », centrée sur les déboires d’un farfadet dans la ville du même nom.
Gaborit est avant tout un créateur d’univers. Son imagination débordante, étrange et poétique s’exprime aussi bien dans la Fantasy épique ou intimiste que dans l’uchronie comme avec le cycle « Bohème » qui fut célébré dans les pages du quotidien Le Monde comme l’invention du steampunk français. Il aime lire les œuvres de Robert E. Howard qu’ils considèrent comme l’alphabet de la Fantasy, ainsi que les romans de J.R.R. Tolkien pour leur richesse grammaticale.
Il a depuis publié de nombreux livres, dont le roman steampunk, en 1999, « Confessions d’un automate mangeur d’opium » écrit en collaboration avec son ami Fabrice Colin et qui reçu le prix Bob Morane – Imaginaire 2000 dans la catégorie meilleur roman francophone. Il a publié quelquefois sous le pseudonyme de William Hawk.
En 1999, il collabora à l’adaptation en jeux de rôle des Crépusculaires sous le titre de « Agone » et édité par Multisim maison d’édition à l’origine des éditions Mnémos, qui reçu le prix Bob Morane – Imaginaire 2000 sous la catégorie « coup de cœur ». Il a également travaillé dans le milieu du jeu vidéo sur « Outcast » et le projet de « Outcast II ».

http://www.pochesf.com/index.php?page=auteur&auteur=2703

Mon avis

Wouh, qu’il n’est pas facile de parler de cette nouvelle ! D’abord, je retrouve avec plaisir la plume de Mathieu Gaborit que j’aime beaucoup. Ensuite, j’ai vraiment adoré ce texte et le style est si spécial que ça n’est pas évident de retranscrire ou de résumer.

Une nuit, dans Paris, une Éveilleuse reçoit un message, en équilibre entre le monde réel et le monde des songes, elle a une idée plus précise de sa nouvelle mission. Elle doit retrouver un homme, qui erre dans une étendue glacée tirant son traineau de livres alourdit par la neige et l’aider. Elle n’est d’aucun monde depuis qu’elle a accepté d’être en lien avec le Dragon. Dans le métro, dans les rues de Paris, dans les cafés la jeune femme voit ce que nul peu apercevoir … Elle va devoir lutter, apprivoiser, séduire le dragon pour trouver celui qu’elle cherche…

Une nouvelle fois, l’imaginaire de l’auteur nous livre un monde onirique et magique mais difficilement dissociable de notre monde et de ces codes. Je vais manquer de vocabulaire je pense pour évoquer le style et l’histoire de Mathieur Gaborit comme une allégorie, l’Éveilleuse, est un lien ténu entre notre réalité et les rêves, un monde fantasmé où règne le roi-dragon. La reine doit jouer de son pouvoir, de son charme pour réussir à attirer le Dragon dans ses filets et découvrir comment trouver à la personne qu’elle recherche, qu’elle doit aider.

Le récit est d’abord perturbant, puis lentement on se laisse dériver, emporter, par les mots de l’auteur. Le texte se fluidifie et le lecteur se laisse entrainer vers la fin du récit, un peu inattendue. Un récit, un monde tout en métaphores, nombreuses justes, subtiles et envoutantes. Deux univers se superposent avec quelques liens entre les deux. Fragiles. Une nouvelle qui nous plonge dans l’angoisse de la page blanche, de l’artiste désœuvré, d’un monde fait de rêves, de cauchemars, d’utopie, d’imaginaire. Le lecture va croiser des créatures désemparées qui comptent sur l’aide de l’Éveilleuse. Un univers comme l’incarnation de l’esprit angoissé et torturé des artistes en déperdition… C’est spécial mais ça a très bien fonctionné sur moi, j’ai adoré cette atmosphère, d’être surprise, déroutée au début, happée ensuite.

J’aimerai tellement réussir à en parler mieux mais je n’ai pas le talent de l’auteur. C’est une nouvelle avec plusieurs niveaux d’interprétation, il faut dépasser le fait de tomber dans un imaginaire un poil difficile à appréhender mais avec les belles images de Mathieu Gaborit on y arrive facilement.

Le thème du recueil est respecté et la nouvelle et son traitement sortent, comme quelques autres, nettement du lot par son originalité et sa poésie légèrement torturée.

 

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Le prix de la trahison (Le monstre de Westerham) de Erik Wietzel

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Depuis 2009, les Éditions Mnémos publient en partenariat avec le festival, les Imaginales d’Epinal une anthologie annuelle de Fantasy.

Après Rois & Capitaines, Magiciennes & Sorciers et Victimes & Bourreaux, toutes trois dirigées par Stéphanie Nicot, anthologiste et directrice artistique du festival, l’édition 2012 sera co-dirigée par Sylvie Miller et Lionel Davoust.

 Quatrième de couverture:

« LES AILES IMMENSES. LE CORPS VASTE. La tête cornue et mobile au bout du cou. Et ces plaques d’écailles d’un bleu noir. La reine Ayline aurait pu défaillir si elle n’avait connu une succession d’épreuves, si elle n’avait été ballotée d’un cauchemar à l’autre. Son cœur était celui d’une guerrière : il n’était pas invincible mais il ne cesserait de battre qu’au prix d’une défense farouche. Elle sortit son glaive du fourreau ; il lui sembla dérisoire face a la puissance du monstre qui se percha sur l’édifice, ailes toujours déployées. »

Réalisée en partenariat avec les Imaginales le festival d’Epinal où le meilleur des auteurs de la fantasy française et mondiale se retrouve chaque année, l’anthologie Reines et Dragons s’inscrit dans la lignée de Rois et Capitaines, de Magiciennes et Sorciers et de Victimes et Bourreaux, saluée par une critique enthousiaste qui y a vu « sans doute la meilleure anthologie de Fantasy francophone parue à ce jour » (ActuSF).

D’un univers à l’autre, de l’exaltation aventureuse à la retenue intimiste, tout l’éventail de la Fantasy se déploie, porté par sa créature la plus légendaire et par sa figure la plus complexe. Drégongeon et son Elfrie, Chuchoteurs du dragon, Reines protectrices ou vengeresses, Soeurs de la Tarasque, Eveilleuse entre deux mondes, Déesses aux deux visages : vivez les frissons de l’épopée et de l’émotion, assistez à la confrontation de ces Reines et Dragons !

AUTEURS Pierre Bordage Charlotte Bousquet Nathalie Dau Anne Fakhouri Mélanie Fazi Mathieu Gaborit Thomas Geha Vincent Gessler Justine Niogret Chantal Robillard Adrien Tomas Erik Wietzel

Très impliqués dans l’équipe d’animation depuis la création, en 2002, du festival Imaginales, Sylvie Miller et Lionel Davoust y traduisent les propos des invités étrangers ou y assurent la modération des tables rondes. Tous deux écrivains et traducteurs, ils œuvrent depuis de nombreuses années dans le domaine des littératures de l’imaginaire, ayant notamment, pour elle, dirigé plusieurs anthologies et, pour lui, assuré la direction de la revue Asphodale.

L’auteur

Erick Wietzel, auteur de fantastique et de thriller, est membre de la Ligue de l’Imaginaire. Féru de cinéma et de musique, il débute comme journaliste avant de se laisser envahir par sa passion de conteur.
Il est remarqué grâce à un premier roman La porte des Limbes. Son cycle de fantasy Elamia lui permet de donner libre cours à son souffle épique. Après cette trilogie, il publie Les dragons de la cité rouge (2009), un roman de fantasy pure à l’écriture serrée, bourrée d’action.
Délaissant la fantasy, Erik Wietzel se livre alors à un nouvel exercice, l’écriture d’un thriller, ne cherche pas à savoir (2010).
Mon avis

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle mais que je le l’ai trouvé triste 😦

D’un côté, le lecteur découvre Askelle et son frère Klarion. Askelle trouve son frère paresseux et lâche, elle ne comprend pas qu’il ne tente jamais rien, ne se bouge pas et ne souhaite pas rentrer dans l’Histoire. Elle décide de partir à la recherche d’un trophée, un Crâne de Valeur, qu’elle ramènera fièrement à son peuple afin de lui redonner espoir. Elle veut devenir une héroïne et marquer les esprits, accomplir un exploit.

De l’autre côté, la Reine Ayline a été évincé de son trône, elle a du fuir la capitale avec ses enfants pendant que des traitre s’emparer de la ville. Un vieux sorcier l’a convaincu d’aller chercher un artéfact dans les montagnes. Ce dernier devrait lui permettre de récupérer son royaume. Mais la route est longue et semée d’embuche.

Askelle revient de son expédition avec en elle et sur elle le symbole de sa victoire. Son frère est fière d’elle mais ne comprend pas pourquoi elle cherchait absolument à accomplir cet exploit. Qui lui renvoi d’autant plus, son inertie. Surtout, pourquoi tuer ? Comprenant que quoiqu’il arrive on lui reprochera toujours de ne pas agir comme sa soeur, Klarion se demande ce qu’il va pouvoir faire. Son destin va croiser celui de la Reine Ayline.

J’ai aimé cette nouvelle, que j’ai trouvé bien écrite et assez bien développée pour un format court. Elle reprend parfaitement le thème de l’anthologie. Assez surprenante au début, j’ai trouvé la façon de faire vraiment bien. L’histoire fait comme un jeu de miroir, les motivations de l’un et de l’autre personnage sont différentes mais finalement pas autant qu’on pourrait le croire.
Le thème principal de la nouvelle est la trahison et j’avoue que j’ai été touchée par cette histoire, par le destin de l’un des personnages auquel je m’étais attachée même en si peu de page. Surtout, on peut aisément réfléchir, aux motivations et excuses que certains se donnent.

Je découvre Erik Wietzel, j’ai apprécié son style et sa manière d’écrire, je le relirai sans doute un jour, reste à savoir, si ça sera avec de la fantasy ou avec un thriller ^^

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Où vont les Reines de Vincent Gessler

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Depuis 2009, les Éditions Mnémos publient en partenariat avec le festival, les Imaginales d’Epinal une anthologie annuelle de Fantasy.

Après Rois & Capitaines, Magiciennes & Sorciers et Victimes & Bourreaux, toutes trois dirigées par Stéphanie Nicot, anthologiste et directrice artistique du festival, l’édition 2012 sera co-dirigée par Sylvie Miller et Lionel Davoust.

 Quatrième de couverture:

« LES AILES IMMENSES. LE CORPS VASTE. La tête cornue et mobile au bout du cou. Et ces plaques d’écailles d’un bleu noir. La reine Ayline aurait pu défaillir si elle n’avait connu une succession d’épreuves, si elle n’avait été ballotée d’un cauchemar à l’autre. Son cœur était celui d’une guerrière : il n’était pas invincible mais il ne cesserait de battre qu’au prix d’une défense farouche. Elle sortit son glaive du fourreau ; il lui sembla dérisoire face a la puissance du monstre qui se percha sur l’édifice, ailes toujours déployées. »

Réalisée en partenariat avec les Imaginales le festival d’Epinal où le meilleur des auteurs de la fantasy française et mondiale se retrouve chaque année, l’anthologie Reines et Dragons s’inscrit dans la lignée de Rois et Capitaines, de Magiciennes et Sorciers et de Victimes et Bourreaux, saluée par une critique enthousiaste qui y a vu « sans doute la meilleure anthologie de Fantasy francophone parue à ce jour » (ActuSF).

D’un univers à l’autre, de l’exaltation aventureuse à la retenue intimiste, tout l’éventail de la Fantasy se déploie, porté par sa créature la plus légendaire et par sa figure la plus complexe. Drégongeon et son Elfrie, Chuchoteurs du dragon, Reines protectrices ou vengeresses, Soeurs de la Tarasque, Eveilleuse entre deux mondes, Déesses aux deux visages : vivez les frissons de l’épopée et de l’émotion, assistez à la confrontation de ces Reines et Dragons !

AUTEURS Pierre Bordage Charlotte Bousquet Nathalie Dau Anne Fakhouri Mélanie Fazi Mathieu Gaborit Thomas Geha Vincent Gessler Justine Niogret Chantal Robillard Adrien Tomas Erik Wietzel

Très impliqués dans l’équipe d’animation depuis la création, en 2002, du festival Imaginales, Sylvie Miller et Lionel Davoust y traduisent les propos des invités étrangers ou y assurent la modération des tables rondes. Tous deux écrivains et traducteurs, ils œuvrent depuis de nombreuses années dans le domaine des littératures de l’imaginaire, ayant notamment, pour elle, dirigé plusieurs anthologies et, pour lui, assuré la direction de la revue Asphodale.

L’auteur

Vincent Gessler vit à Genève, où il a suivi des études de Lettres (Master spécialisé en histoire médiévale). Ce « passionné d’histoire et de sciences » a, entre autres, pour centres d’intérêt l’archéologie et le jeu vidéo. Dans sa jeunesse, il affirme avoir baigné « dans la proximité des livres et de la lecture »1, mais il décide de se consacrer à l’écriture après « le décès d’un ami très proche » avec lequel il avait un « imaginaire commun ». À l’issue d’un concours de nouvelles, c’est dans la revue suisse Archipel qu’il voit son premier texte publié en 2003. Dans ce numéro intitulé « Îles sur le toit du monde » et sous-titré « Une anthologie romande de science-fiction », son texte La déesse Blanche s’inscrit, selon Patrick Gyger, dans « l’avènement d’une nouvelle génération d’acteurs de la scène SF locale ».

Son premier roman, Cygnis, paru en 2010 aux éditions L’Atalante, a été nominé à une dizaine de prix littéraires et a reçu le prix Julia-Verlanger 2010 et le prix européen Utopiales des pays de la Loire 2010. Ce récit post-apocalyptique, poétique et humaniste, est inspiré par des « récits mythologiques » et des « figures médiévales ». Parmi ses influences pour ce roman, il cite notamment des auteurs de l’antiquité comme « Jules César, Pline, Tite-Live et Sénèque ». Le roman est également un succès public puisqu’il figure dans les meilleures ventes de littérature de l’imaginaire en 2010 et que deux réimpressions ont eu lieu en moins de deux ans.

Mon avis

J’ai adoré cette nouvelle ! Je découvre Vincent Gessler avec ce titre et j’ai été captivée par sa plume pourtant simple mais pas non plus trop commune.

Ae est une jeune princesse qui vient de découvrir qu’elle attend un enfant. Fille de la Reine Atha, elle ne pourra pas cacher longtemps son erreur. Mais c’est sans compter que son amant la dénonce et s’enfuit du royaume ! Elle est donc présentée plus tôt qu’elle ne se l’imaginait devant sa mère, la Reine tueuse de Dragons. Courageuse, Ae accepte la sentence, elle devra se présenter aux Dragons. Mais étrangement au lieu de subir les foudres de sa mère, celle-ci se réjouit de l’état de sa fille et s’en rapproche. Elle lui confie que comme elle, enceinte, elle a du aller combattre les Dragons. Elle la prévient aussi que son chemin et le but lui réserveront des surprises. Mais comment peut-on se réjouir d’affronter le danger surtout dans son état ?

Ae part donc au Sud où se trouve les Dragons et devra ramener avec elle son trophée. Comme le veut la tradition, son retour coïncidera avec celui de la saison humide, il en est ainsi depuis toujours. Là-bas dans le Sud, la princesse va devoir affronter les dragons et son destin. Elle en découvrira plus sur elle même qu’elle ne s’y attendait mais pas seulement, sur la vie, sur les Reines ayant vécu avant elle, sur la maternité…

J’ai beaucoup aimé cette sorte de chemin initiatique qu’entreprend cette future maman. Elle doute de sa présente sur les terres arides, du bien fondé de la demande de sa mère et de ses propos mais va finalement découvrir le vrai rôle des Reines. Je me suis immédiatement attachée à Ae, qui malgré sa peur et ses doutes, va de l’avant. Sa révolte aussi de ce qu’elle découvre dans le Sud et la Vérité. Elle se pose des questions et quelque part son séjour avec les Dragons va l’éclairer et avoir beaucoup de sens. J’ai aimé tout ce qui tourne autour des dragons.

J’ai surtout aimé l’ambiance et tout ce qui se passe au bord du fleuve. J’ai été charmé par les découvertes d’Ae, et ce qu’elle va avoir le privilège d’accomplir, c’est beau. Une nouvelle assez simple qui n’est pas la plus originale du recueil mais qui m’a vraiment séduite par son thème, la chaleur qui en ressort et ses messages. Elle rentre à merveille dans le thème de cette anthologie.

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Les avis des membres de la LC

Marie et Anne :

Nyxx :

Fanny :

Dionysos : https://bibliocosme.wordpress.com/2015/08/31/ou-vont-les-reines-nouvelle/

Azr’Khila de Charlotte Bousquet

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Depuis 2009, les Éditions Mnémos publient en partenariat avec le festival, les Imaginales d’Epinal une anthologie annuelle de Fantasy.

Après Rois & Capitaines, Magiciennes & Sorciers et Victimes & Bourreaux, toutes trois dirigées par Stéphanie Nicot, anthologiste et directrice artistique du festival, l’édition 2012 sera co-dirigée par Sylvie Miller et Lionel Davoust.

 Quatrième de couverture:

« LES AILES IMMENSES. LE CORPS VASTE. La tête cornue et mobile au bout du cou. Et ces plaques d’écailles d’un bleu noir. La reine Ayline aurait pu défaillir si elle n’avait connu une succession d’épreuves, si elle n’avait été ballotée d’un cauchemar à l’autre. Son cœur était celui d’une guerrière : il n’était pas invincible mais il ne cesserait de battre qu’au prix d’une défense farouche. Elle sortit son glaive du fourreau ; il lui sembla dérisoire face a la puissance du monstre qui se percha sur l’édifice, ailes toujours déployées. »

Réalisée en partenariat avec les Imaginales le festival d’Epinal où le meilleur des auteurs de la fantasy française et mondiale se retrouve chaque année, l’anthologie Reines et Dragons s’inscrit dans la lignée de Rois et Capitaines, de Magiciennes et Sorciers et de Victimes et Bourreaux, saluée par une critique enthousiaste qui y a vu « sans doute la meilleure anthologie de Fantasy francophone parue à ce jour » (ActuSF).

D’un univers à l’autre, de l’exaltation aventureuse à la retenue intimiste, tout l’éventail de la Fantasy se déploie, porté par sa créature la plus légendaire et par sa figure la plus complexe. Drégongeon et son Elfrie, Chuchoteurs du dragon, Reines protectrices ou vengeresses, Soeurs de la Tarasque, Eveilleuse entre deux mondes, Déesses aux deux visages : vivez les frissons de l’épopée et de l’émotion, assistez à la confrontation de ces Reines et Dragons !

AUTEURS Pierre Bordage Charlotte Bousquet Nathalie Dau Anne Fakhouri Mélanie Fazi Mathieu Gaborit Thomas Geha Vincent Gessler Justine Niogret Chantal Robillard Adrien Tomas Erik Wietzel

Très impliqués dans l’équipe d’animation depuis la création, en 2002, du festival Imaginales, Sylvie Miller et Lionel Davoust y traduisent les propos des invités étrangers ou y assurent la modération des tables rondes. Tous deux écrivains et traducteurs, ils œuvrent depuis de nombreuses années dans le domaine des littératures de l’imaginaire, ayant notamment, pour elle, dirigé plusieurs anthologies et, pour lui, assuré la direction de la revue Asphodale.

L’auteure

Philosophe de formation, passionnée par l’histoire et la mythologie, les contes et le fantastique, Charlotte Bousquet est un auteur aux multiples facettes. Elle a publié des nouvelles dans différentes revues et anthologies, des articles universitaires, a participé à la création de plusieurs jeux de rôles, dont le récent Nécropolice, et n’aime rien tant que se jouer des étiquettes. Convaincue que le rôle d’un auteur est aussi de s’engager, elle a participé à plusieurs anthologies à vocation caritatives. Elle a également dirigé trois ans durant, au sein de CDS éditions, la collection Pueblos qui avait pour but d’aider des organismes humanitaires et écologiques à travers des anthologies thématiques comme « L », qui parle de la réalité de l’oppression des femmes. C’est aussi dans une veine que s’inscrivent Précieuses, pas ridicules, un essai drôle et informé en faveur de l’égalité des sexes, et Rouge tagada, un superbe roman graphique pour la jeunesse qui a eu une presse dithyrambique.

2009 voit l’entrée de Charlotte Bousquet en littérature jeunesse, avec La Marque de la bête, une impressionnante relecture de Peau d’âne. 2010 voit la parution de son premier roman historique, Noire lagune et de  Llorona on The Rocks, un court roman de bit-lit, âpre et révolté, qui parle de Ciudad Juarez, la ville où des centaines de femmes sont tuées depuis des années dans l’indifférence quasi générale. Pour le fric ? Pour le sexe ? Pour le fun ? Pour leurs organes ? Assez en tout cas pour que des journalistes inventent un néologisme : féminicide.

Charlotte Bousquet s’est aussi fait remarquer avec sa trilogie de L’Archipel des Numinées, une fantasy sombre et brillante qui lui a valu, pour Cytheriae, le prix Elbakin 2010 et le prix Imaginales 2011 (meilleur roman, meilleure illustration).  La récente réédition en poche d’Arachnaé, de Cytheriae puis de Matricia (Mnémos)  lui a gagné un nouveau public.

La Peau des rêves, cinq volumes de SF post-apocalyptique dont la publication a débuté avec Nuit tatouée (Prix Imaginales des collégiens 2012), et Le dernier ours (Rageot), un thriller écologique survolté, ont été bien accueillis par la critique et les lecteurs. Ses trois romans historiques (Princesse des os, Noire lagune, Venenum) ont confirmé son talent de raconteuse d’histoires. Après Proie idéale et À l’oreille d’Atlas, la trilogie Lune et l’ombre, qui mêle fantastique, peinture et quête d’identité, marque son retour à l’imaginaire.

Sélectionnée en 2012 pour le Prix du livre numérique présidé par Bernard Werber, Charlotte Bousquet est l’une des  valeurs sûres de la nouvelle génération de l’imaginaire français.

Mon avis

Dans une contrée aride et désertique, vit une vieille guérisseuse Yaaza. Elle s’occupe de son troupeau de chèvres avec l’aide régulière des enfants de la tribu. Un soir, aussi calme que les autres, les Teshites armés attaquent le camp nyambe et massacre sans distinction femmes, hommes et enfants. Dans une horreur immobile, Yaaza reste seule à la fin du massacre avec la plus vieille des chèvres du troupeau, trop effrayée pour s’enfuir. La veille femme pleure jusqu’à ce que la nuit l’engloutisse. Alors elle se met en marche et accomplie un rituel vengeur.

Une nouvelle au parfum de vengeance, de mystère et de tradition. La veille femme est touchante seule rescapée du massacre de son village. Elle cherche alors à venger toutes les âmes meurtries par l’assaut violent et cruel des Teshites. Elle remonte leur piste et accomplie une sombre besogne. Le lecteur découvrira aussi Maysa Khila la Reine aux deux visages, celui de la vie et celui de la mort et de son incarnation sur terre le vautour.

La fin de la nouvelle m’a laissé pensive. La nouvelle n’est pas aussi convenue qu’elle pourrait le laisser paraitre. Elle nous permet de développer plusieurs hypothèses, libre au lecteur de choisir ce qu’il préfère. Moi, je me suis fait ma petite théorie. Cette nouvelle est rapidement lue. Le style de Charlotte Bousquet est travaillé, avec exercice de styles et mots que l’on sent soigneusement choisis. Elle est peut-être un peu moins fluide que certaines autres mais elle se lit très bien quand-même.

La nouvelle semble s’éloigner du thème de l’anthologie, le lecteur cherche longtemps comment se raccrocher aux Reines et Dragons mais le choix de Charlotte Bousquet est intéressant et permet de se différencier des autres nouvelles du recueil. C’est plus subtil, et plus abstrait aussi. Une nouvelle qui fait travaillé l’imagination du lecteur après la lecture. Je l’ai apprécié pour ses différences avec les autres nouvelles de l’anthologie.

 

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Les avis des membres de la LC

Marie et Anne :

Nyxx :

Fanny :

Dionysos : https://bibliocosme.wordpress.com/2015/07/25/azrkhila-nouvelle/

Morflam de Pierre Bordage

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Depuis 2009, les Éditions Mnémos publient en partenariat avec le festival, les Imaginales d’Epinal une anthologie annuelle de Fantasy.

Après Rois & Capitaines, Magiciennes & Sorciers et Victimes & Bourreaux, toutes trois dirigées par Stéphanie Nicot, anthologiste et directrice artistique du festival, l’édition 2012 sera co-dirigée par Sylvie Miller et Lionel Davoust.

 Quatrième de couverture:

« LES AILES IMMENSES. LE CORPS VASTE. La tête cornue et mobile au bout du cou. Et ces plaques d’écailles d’un bleu noir. La reine Ayline aurait pu défaillir si elle n’avait connu une succession d’épreuves, si elle n’avait été ballotée d’un cauchemar à l’autre. Son cœur était celui d’une guerrière : il n’était pas invincible mais il ne cesserait de battre qu’au prix d’une défense farouche. Elle sortit son glaive du fourreau ; il lui sembla dérisoire face a la puissance du monstre qui se percha sur l’édifice, ailes toujours déployées. »

Réalisée en partenariat avec les Imaginales le festival d’Epinal où le meilleur des auteurs de la fantasy française et mondiale se retrouve chaque année, l’anthologie Reines et Dragons s’inscrit dans la lignée de Rois et Capitaines, de Magiciennes et Sorciers et de Victimes et Bourreaux, saluée par une critique enthousiaste qui y a vu « sans doute la meilleure anthologie de Fantasy francophone parue à ce jour » (ActuSF).

D’un univers à l’autre, de l’exaltation aventureuse à la retenue intimiste, tout l’éventail de la Fantasy se déploie, porté par sa créature la plus légendaire et par sa figure la plus complexe. Drégongeon et son Elfrie, Chuchoteurs du dragon, Reines protectrices ou vengeresses, Soeurs de la Tarasque, Eveilleuse entre deux mondes, Déesses aux deux visages : vivez les frissons de l’épopée et de l’émotion, assistez à la confrontation de ces Reines et Dragons !

AUTEURS Pierre Bordage Charlotte Bousquet Nathalie Dau Anne Fakhouri Mélanie Fazi Mathieu Gaborit Thomas Geha Vincent Gessler Justine Niogret Chantal Robillard Adrien Tomas Erik Wietzel

Très impliqués dans l’équipe d’animation depuis la création, en 2002, du festival Imaginales, Sylvie Miller et Lionel Davoust y traduisent les propos des invités étrangers ou y assurent la modération des tables rondes. Tous deux écrivains et traducteurs, ils œuvrent depuis de nombreuses années dans le domaine des littératures de l’imaginaire, ayant notamment, pour elle, dirigé plusieurs anthologies et, pour lui, assuré la direction de la revue Asphodale.

L’auteur

Pierre Bordage, né le 29 janvier 1955 à La Réorthe, en Vendée, est un auteur de science-fiction français. C’est avec sa trilogie Les Guerriers du silence, publiée aux éditions de l’Atalante et vendue à 50 000 exemplaires, qu’il rencontre le succès. Ce space opera ainsi que le cycle de Wang sont salués par la critique littéraire comme des œuvres majeures du renouveau de la science-fiction française des années 1990, genre qui était alors dominé par les auteurs anglo-saxons.

Au fil de ses publications, Pierre Bordage acquiert la notoriété et une reconnaissance parmi les meilleurs romanciers populaires français. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages ainsi que de nouvelles, publiés chez différents éditeurs (notamment Au Diable Vauvert) et de différents genres (fantasy historique avec L’Enjomineur, science fantasy avec Les Fables de l’Humpur, polar, etc.), il a aussi conçu des novélisations et a même réalisé quelques scénarios pour le cinéma, pour ensuite s’essayer à l’adaptation théâtrale ainsi qu’à celle de sa propre œuvre en bande dessinée.

Les ouvrages de Pierre Bordage ont une orientation humaniste, axée sur la découverte de la spiritualité, la lutte contre le fanatisme ou encore le détournement du pouvoir politico-religieux au profit de quelques-uns. Bien qu’issu de la science-fiction, il travaille bien davantage sur ses personnages que sur la science et les technologies qu’il met en scène, et s’inspire des épopées et des mythologies du monde entier.

Pierre Bordage a reçu de nombreux prix littéraires tels que le grand prix de l’Imaginaire (1993) et le grand prix Paul-Féval de littérature populaire (2000).

Mon avis

La Reine Hoguilde a encore reçu des doléances des habitants des Confins, le dragon a détruit les villages et les récoltes, le peuple lointain meurt de fin. La Reine comme à son habitude promet des combattants et une aide financière, promesse qu’elle ne tiendra pas. Le peuple des Confins est toujours demandeur, trop, beaucoup trop. Et la Reine est féroce, elle qui a pris la succession de son père, sans héritier mâle.

Elle a fait tué tous ceux qui pouvaient s’opposer à elle, sauf le mage Marioch qu’elle ne trouva pas. Mais un soir, ce dernier se présente à elle et lui annonce que le Dragon l’attend, elle est la seule à pouvoir l’affronter. Dans le cas contraire, il mettra le royaume en cendres. Mais Hoguilde ne que faire des injonctions du vieux mage. Elle ne voit en le dragon qu’imagination d’un peuple avide. Cependant, ce dernier, Morflam, est bien réel et décime le royaume. La Reine va lui envoyer ses meilleurs guerriers mais cela ne suffira pas…

J’ai beaucoup aimé la description du « voyage » de la Reine qui se décide à prendre son destin en main. En peu de mot, l’auteur nous met dans l’ambiance, un dragon terrifiant, une Reine vierge, les forêts, une mission pour se montrer digne du royaume ? la sensation d’être épiée, suivie…

Jerphon, un gnome de la forêt va croiser la jeune Reine. J’ai beaucoup aimé ce personnage, étrange et au discours assez ironique. Et la Reine aussi qui ne croit en aucune forme de magie, colérique et froide, mais aussi contrainte d’ouvrir les yeux et de croire. De comprendre ce qui la lie à son peuple, à sa terre et à ce qui s’y passe. Ce que représente le dragon m’a beaucoup plu également, si cette façon de voir les choses se retrouvent souvent dans des nouvelles ou des romans, je trouve que c’est ici vraiment très bien fait.

L’écriture et le style de Pierre Bordage sont très plaisants. Les valeurs, les sentiments et le lien entre les deux personnages sont vraiment au cœur de la nouvelle qui répond parfaitement au thème de l’anthologie. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle, son dénouement, le message philosophique passé, la façon de procéder. C’est le premier texte que je lis de l’auteur et je pense que ça ne sera pas le dernier.

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Les avis des membres de la LC

Marie et Anne : https://memelessorciereslisent.wordpress.com/2015/06/20/morflam-de-pierre-bordage/

Nyxx :

Fanny :

Dionysos : https://bibliocosme.wordpress.com/2015/07/02/morflam-nouvelle/