Fièvre rouge (Les chroniques de MacKayla Lane – tome 2) de Karen Marie Moning

fièvre rouge

J’ai lu, 12,50€, 448 pages

4ème de couverture

 » Je suis une sidhe-seer, une humaine capable de voir les faës, ces effrayantes créatures d’un autre monde installées parmi nous depuis des millénaires et dissimulées sous des voiles d’illusion. Mon univers a commencé à se fendiller à la mort de ma soeur, et j’ai l’impression que, depuis, il n’en finit plus de s’effondrer. Je ne parle pas seulement de mon petit monde personnel: il s’agit aussi du vôtre. Les murs entre humains et faës sont en train de s écrouler. Et je suis la seule à pouvoir nous sauver. « 

Mon avis

Une bonne lecture, une chouette suite même si je trouve quand-même que tout ça n’avance pas très vite…

On retrouve Mackayla dit Mac, quasiment là, où le lecteur l’avait laissé à la fin du tome 1. Elle a commencé à mener son enquête sur la mort de sa soeur, découvert qu’elle est une sidhe-seer, elle vit chez Barrons, cet homme mystérieux et étrange qu’elle n’arrive pas à cerner. Elle s’est remise de sa confrontation avec Mallucé et le Haut Seigneur. Le premier est sans doute mort suite à l’affrontement en tout cas, il ne donne plus signe de vie et le second serait responsable de la mort d’Alina qui lui aurait servi à découvrir où est caché le Sinsar Dubh un pilier des ténèbres que recherche également Barrons. t.

Le policier que Mac a presque convaincu de ne pas arrêter l’enquête sur le meurtre d’Alina commence à se demander ce que peut bien lui cacher cette jeune américaine qu’il retrouve complètement changé, cheveux courts, brune, couverte de bleus, bras en écharpe. Il s’est aussi rendu compte que quelque chose clochait en ville avec ses rues qui disparaissent des cartes… Mais Mac ne veut plus qu’il s’occupe de tout ça, la situation est trop dangereuse, seulement le policier s’obstine… Soudainement pourtant le garda va disparaître et son beau frère, policier également, va soupçonner Mac d’être liée à cette disparition et il est beaucoup plus obstiné que son beauf…

A côté de cela, Mac réfléchit aux choses étranges qui lui sont arrivées et surtout à ce que peu bien dire Barrons quand ce dernier daigne bien lui faire quelques confidences. Est-ce que d’autres personnes comme elle et lui peuvent voir les faës? Elle va un jour se rendre compte que oui et même découvrir qu’il existe une sorte de communauté à Dublin… Derrière laquelle, une vieille femme qu’elle a déjà croisé plusieurs fois et qui ne lui ai jamais venu en aide ! Rancunière et méfiante, Mac cherchera quand-même à comprendre, la rencontrera, surtout si cela peut lui apprendre qui elle est vraiment…

Elle va aussi croiser de nouveaux personnages qui resteront pour le moment mystérieux. En effet, ces derniers semblent en savoir plus sur elle et son nouveau monde qu’elle ne l’imagine. Tout cela c’est sans compter sur V’lane qui continue à attendre d’elle se qu’elle n’est pas prête à lui donner…

Le lecteur continue donc à suivre l’existence tumultueuse de Mac depuis son arrivée sur le sol irlandais.
Sa relation avec Barrons est toujours compliquée, elle ne sait pas s’il l’utilise comme détecteur d’Objet de Pouvoir ou s’il essaie vraiment de l’aider. Peut-elle lui faire confiance ? Elle a l’impression que parfois oui et à d’autres moments non. Leur relation est toujours pleine de piques, d’animosité et de surprises. Elle augmente aussi en intensité et en ambiguïté. Elle m’a moins saoulé que dans le 1er tome et pareillement Barrons m’a été moins pénible, toujours du mystère, du charme, une pointe d’arrogance mais c’est passé plus facilement que dans Fièvre Noire.

J’ai préféré Mackayla dans ce tome, elle est moins frivole, bon, c’est vrai il lui arrive encore de passer à côté des évidences et son côté girly qui ne peut plus se faire belle a continué à me gonfler mais elle évolue, et forcément vu tout ce qui lui arrive, devient plus posée (et ça c’est bien !).

Je suis toujours contente de retrouver l’Irlande et Dublin. Il y a même une partie de l’histoire dans le Burren, une région qui m’a vraiment plu quand j’y suis allée l’été dernier, j’adore ses paysages lunaires. C’est une lecture plaisante et détente, sans prise de tête, rapide. Je regrette juste que l’histoire n’avance pas beaucoup beaucoup, on sent bien l’esprit « saga », je pose les décors, je pose beaucoup de questions et tu devras attendre le 5ème tome pour tout savoir et comprendre… Je pense que le prochain va bien me plaire et j’espère quand même que Mac va y découvrir ses racines ou au moins s’en approcher.

Je ne rentre pas plus dans les détails, les chroniques de suite c’est toujours compliqué, peur d’en dire trop mais du coup, c’est pas forcément très étoffé. En tout cas, j’espère ne pas mettre 2 ans entre celui-ci et le prochain, ça serait bien 🙂

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Fièvre Noire (Les chroniques de MacKayla Lane, Tome1) de Karen Marie Moning

fievre noireJ’ai lu, 12,50€, 416 pages

4ème de couverture

« Ma philosophie tient en quelques mots : si personne n’essaie de me tuer, c’est une bonne journée. Autant vous le dire, ça ne va pas très fort, depuis quelque temps. Depuis la chute des murs qui séparaient les hommes des faës. Pour moi, un bon faë est un faë mort. Seulement, les faës Seelie sont moins dangereux que les Unseelie. Ils ne nous abattent pas à vue. Ils préfèrent nous garder pour… le sexe.
Au fait, je m’appelle MacKayla Lane. Mac pour les intimes. Je suis une sidhe-seer.
La bonne nouvelle : nous sommes nombreux.
La mauvaise : nous sommes le dernier rempart contre le chaos. »

Résumé

Mackayla dit Mac est une jeune américaine de Géorgie, elle adore sa vie dans le bled paumé d’Ashford, jolie, blonde, un peu écervelée, elle profite de la maison de ses parents qui sont partis en vacances. Tout va bien dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce qu’elle reçoive un coup de fil qui lui apprend l’assassinat de sa sœur Alina, qui faisait ses études à Dublin. Sa vie bascule alors, Alina était son modèle, sa meilleure amie. Quelques semaines après cette perte terrible, Mac apprend que la police va clore l’enquête sur le meurtre de sa sœur, faute de preuves, de témoins, de suspects. Une nouvelle difficile à avaler, Mac décide alors de s’envoler pour Dublin afin de pousser la police à rouvrir l’enquête, surtout qu’elle a depuis découvert un étrange message sur son répondeur téléphonique. Ce que Mackayla ne sait pas encore c’est que sa vie va complètement changer une fois le pied posé sur le sol irlandais…

Mon avis

Cela faisait plusieurs mois, qu’à force de voir les copinautes le lire, adorer, dévorer la suite, j’avais envie d’essayer. Et puis, quoi de mieux en weekend à Dublin que lire un livre qui se passe là bas ! J’avais besoin d’une lecture légère et j’ai été servi. Je ne suis pas déçue par ce premier tome, mais il s’agit clairement d’une introduction, Fièvre Noire, ne peut pas se lire sans ses suites. C’est cependant, une bonne lecture détente.

Et comme un bon tome d’introduction, Fièvre Noire, nous permet de découvrir une héroïne : Mackayla, un peu de son passé, son caractère, une jeune demoiselle pas si écervelée que ça finalement, avec du caractère même si parfois il lui arrive de passer à côté des évidences ! Je ne suis pas complètement attachée à Mac, du moins pas eu point, de frémir avec elle ou de stresser quand il se passe quelque chose, mais elle est sympathique et c’est son évolution qui m’a plu le plus. Elle est obligée de faire face à plein de choses et elle finit par les accepter, tout en restant elle-même, demoiselle qui aime le vernis à ongle et le rose 😉
Il nous permet également de découvrir la mythologie développée par Karen Marie Moning. Elle a choisi la mythologie celte, avec le Sidhe, les faës, les seelies, les unseelies,… Loin de nous perdre, elle explique très bien et progressivement à travers les révélations qu’apprend Mackayla (et dans le prologue), les différences entre les uns et les autres, les « bons » et les « mauvais », leurs aspects, etc. J’ai vraiment beaucoup aimé cette mythologie (ça donne envie d’en apprendre plus d’ailleurs) et donc l’histoire que vit Mackayla.

Même si beaucoup l’ont lu, je vais quand même éviter de spoiler, je ne rentrerai pas dans les détails. Mackayla va vite découvrir qu’elle (et ça c’est la 4ème de couverture qui le dit), est une sidhe-seer, elle a la capacité de voir les fäes, leurs vraies natures et c’est souvent pas beau à voir d’ailleurs ^^ Elle va tomber sur Barrons, un homme énigmatique et terriblement beau, qui va l’aider (ou pas ^^), tout va dépendre du point de vue, la grande question posée dans ce tome 1 :  peut-elle lui faire confiance ?
Leur relation est pleine de piques, d’animosité et de surprises. Parfois, elle m’a saoulé, et parfois j’ai adoré. Je n’aime pas Barrons pour le moment, il est trop arrogeant (et je déteste les gens imbus d’eux même) mais il est mystérieux, et ça, bizarrement, ça me plait, parce qu’on ne sait pas sur quel pied danser avec lui ! Il est méchant ? Manipulateur ? Altruiste (hahaha)… ?

Ce premier tome pose beaucoup de questions et ne donne quasiment pas de réponses, on en a bien une à la fin, mais sommes-nous sûrs ? Est-ce que l’auteur ne se joue pas de nous ? (A déconseiller donc à ceux qui ne veulent pas se lancer dans une saga de 5 tomes, il y a en a, il faut prévenir). Mais, Fièvre Noire pose bien les jalons de l’univers, les personnages, les intrigues et sous-intrigues. Il donne envie de savoir ce que va encore découvrir MacKayla, si notre monde est en danger, comment va-t-elle faire? Seule ? Avec qui ?
Concernant la narration, je n’ai pas trop eu de mal avec la première personne, c’était sympa. Mais j’ai eu plus de mal avec le découpage, une impression parfois, de sauter du coq à l’âne … Certaines choses auraient pu être un peu plus creusées ou détaillées, mais je suppose que tout cela viendra dans les tomes suivants.

Autre point que j’ai apprécié et là pô de surprise, ça se passe en Irlande, à Dublin et on s’y croit (il y a peut être un ou deux trucs qui ne collent pas trop mais qu’importe, c’est une histoire inventée), des noms de lieux, des personnages au tempérament « irlandais », des noms de plat, etc. C’était vraiment agréable de se dire, « hé j’ai vu ça », et « hé moi aussi j’ai fais ça » etc.

Concernant le style de l’auteur, c’est frais, rythmé, pas mal d’humour aussi. Sur ce n’est pas de la Grande Littérature diront certains, mais c’est très plaisant. Honnêtement, j’ai préféré Anthelme Hauchecorne, et son Âmes de verre, dans le style et la thématique mais je me suis laissée portée par cette lecture et même si c’est pas un coup de coeur, j’ai passé un bon moment 🙂 Je continuerai donc cette sympathique sage d’urban fantasy 🙂

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Le Sidh – T1 : Âmes de verre d’Anthelme Hauchecorne

AmesdeVerredeAnthelmeHauchecorne

Midgard Editions, 18€, 657 pages

4ème de couverture

Ce livre vous attendait. Il était écrit que vous feriez sa connaissance. Car peut-être êtes-vous, à votre insu, un(e) Éveillé(e). Auquel cas, vous êtes en grand danger. Les rues de cette ville ne sont pas sûres. Pour vous, moins que pour tout autre.
Car les Streums rôdent, à l’affût d’une âme à briser. Je ne vous mentirai pas : vos options ne sont pas légion. Votre meilleure chance de survie gît selon toute probabilité entre ces pages. Qui sont les Streums, demanderez-vous ? Pourquoi convoitent-ils les fragments du Requiem du Dehors ? Quel avantage espèrent-ils retirer de cette partition funeste ?
Si vous ignorez les réponses à ces questions, vous vous trouvez alors face à un choix. Pour lequel il est de mon devoir de vous aiguiller…
Souhaitez-vous rejoindre la Vigie, risquer votre vie et sans doute plus encore, dans une lutte désespérée pour déjouer les intrigues du Sidh ? Ou bien demeurer parmi le troupeau des Dormeurs, à jamais ? Pareille aventure ne se présente qu’une fois. Sachez la saisir.

Enki, enquêteur et logicien de la Vigie

Résumé

Une Recrue Camille nous fait découvrir la Vigie, cette organisation « secrète », organisée entre Chasseurs (les bras et les jambes) et Colombes (la tête) où elle s’entraine dans le but de devenir Chasseuse. Elle nous explique qu’il existe des Éveillés, ceux qui ont la Vue, et qui donc voient des êtres particuliers : les Streums comme les surnomment les membres de la Vigie; des Daedalos. Les autres ne sont conscients de rien, les Dormeurs, c’était nous qui voguions dans la ville inconscients du danger. La Vigie a été constituée par les Piliers mais nombre d’entre eux sont morts ou disparus dans l’En-Deçà, ce monde intermédiaire entre la Surface et le Sidh d’où les Daedalos sont originaires. L’équilibre est fragile entre ces trois univers, et encore plus depuis que quelqu’un essaie de réunir tous les fragments du Requiem du Dehors, un concerto hybride très dangereux dont la musique pourrait changer la face du monde…

Mon avis

Énorme coup de cœur pour ce livre original !

La chronique de Demoiselle Coquelicote m’a donné envie de lire ce roman et j’ai eu la chance de le recevoir quelques jours après par l’auteur lui-même.

J’ai beaucoup apprécié la 4ème de couverture et les premiers chapitres, où on s’adresse directement au lecteur, on est pris à témoin, on est acteur à part entière du récit ; c’est une introduction efficace pour nous entrainer dans la lecture de ce 1er tome de 650 pages ! On plonge directement dans l’action, on est complètement concerné par ce qu’il va se passer.

Le lecteur pénètre dans un monde inconnu mais qui est pourtant le sien, mais son statut d’Eveillé lui permet de découvrir une réalité sombre et inattendue. Il possède désormais la Vue qui lui permet de voir les Streums (ou Daedalos) étranges créatures, comme tout droit sorties de cauchemars. En réalité, des êtres venus du Sidh, vivants dans l’En-deçà et se rendant régulièrement à la Surface, c’est-à-dire chez nous. Mais qui sont les Daedalos, que veulent-ils, comment sont-ils arrivés là, c’est l’ensemble de ce premier tome qui va nous l’apprendre.

Le lecteur va croiser d’autres personnages, des Dormeurs, les humains normaux qui n’ont pas reçu la Vue à la naissance ou qui ne l’ont pas (encore) ;  la Vigie, des Éveillés qui recueillent les nouveaux, sa fonction  est détaillée dans le roman, principalement défendre la Surface et ceux qui ne font pas partis de la Vigie. Le lecteur découvrira la création de la Vigie, les Piliers (membres fondateurs), les Chasseurs, les Colombes, notamment grâce au Codex Metropolis que la Vigie fait lire à chaque nouvelle Recrue.

Voilà ce qu’on peut dire de la mise en bouche, parce que là, vous ne trouverez que les grandes lignes, des 50 ou 100 premières pages !

On est projeté à la suite de Camille, une recrue qui veut devenir Chasseuse, elle a un but bien précis et fera tout pour y parvenir ; et de Vincent, un professeur quadragénaire qui a perdu sa famille et qui cherche des réponses, et enfin, on découvre le Marchand de sable, un tueur ( ?) que traque la police locale mais qui ne laisse aucun corps derrière lui, sinon un tas de sable noir ensanglanté …

La forme, la structure du roman permet au lecteur de ne pas crouler sur un flot d’informations mais de ne pas manquer non plus de données pour comprendre l’histoire. 3 façons de procéder ont été choisies par Anthelme Hauchecorne, 1/ suivre Camille, Éveillée, Recrue, 2/ suivre un autre Éveillé Vincent qui a écrit des notes régulièrement comme une sorte de journal intime (écriture italique sur fond grisé) et un Codex (pages grisées), guide pour toute jeune recrue de la Vigie. On découvre donc les choses au fur et à mesure, les 3 styles en alternance, avec des chapitres courts qui donnent beaucoup de rythme au récit.

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’Âmes de verre dispose d’un fond riche, dense et original, une histoire travaillée, construite sous forme de puzzle dont le lecteur remet le dessin original en place au fur et à mesure de sa lecture. On va de découvertes et rebondissements. Mais attention même si de prime abord, ça peut sembler complexe, la forme du roman et le talent d’Anthelme Hauchecorne permettent une lecture aisée, passionnante et addictive. On a envie de découvrir les tenants et les aboutissants, les pages se tournent toutes seules, le lecteur est captivé, happé dans l’univers Ô combien bien développé par l’auteur. Une mythologie précise, une inspiration celte, un mélange de nos angoisses et de légendes urbaines, donnent un roman original et fort, une magnifique fantasy urbaine travaillée et entrainante.

Les personnages sont détaillés, on découvre leur passé, leurs secrets, leurs angoisses, leurs espoirs. On s’attache à Camille, cette jeune recrue qui cherche à la fois à se faire une place dans la Vigie et à poursuivre son chemin et son but. C’est un personnage féminin comme j’aime en lire, elle est parfois dépassée par les événements, mais elle est combattive et pleine de ressources, on est loin d’une jeune fille fragile et godiche mais elle n’est pas sans faille, ni faiblesse. Grâce à elle, on découvre le cœur de la Vigie et ses principaux membres. On découvre aussi les oppositions entre ces membres, les aspirations de chacun. Et on est quasi-constamment en mouvement, dans l’action,…

Vincent est étrange, perturbé et perturbant, on découvre son passé à travers son journal intime mais aussi à travers ses actes. Grâce à Vincent, on va en découvrir plus sur certains Daedalos, la vie des Éveillés hors de la Vigie, …

Avec les personnages d’Anthelme on ne sait jamais sur quel pied danser ! Et j’adore ça ! Les apparences peuvent être trompeuses ou complètement justes. Il faut creuser la surface pour découvrir la vérité.  J’ai beaucoup aimé les personnages plus secondaires, que vous découvrirez, je vous laisse la surprise.

Comme le journal de Vincent, le Codex est pour le lecteur, une source importante de renseignements. (Anthelme faut le laisser dans le prochain même sous une forme différente !). Ce Codex Metropolis est un livre d’enseignements à destination de nouvelles recrues, rédigé par certains des Piliers, fondateurs de la Vigie. Ce codex nous permet d’en apprendre plus sur les créatures et sur le Monde. J’ai adoré lire ses passages, notamment parce qu’Anthelme fait écrire plusieurs Piliers totalement différents, avec des inspirations et des connaissances différentes et chacun a son style pour relater les événements ou les enseignements qu’il veut apporter. Loin d’être ennuyeuses, ces parties sont dynamiques, riches et parfois très drôles.

L’action du récit se passe à Lille (et en-deçà), et étant de la région, j’ai adoré retrouvé mes repères (le métro, les bâtiments comme l’Aéronef, les édifices, les quartiers, les rues, les places). Cependant, la vision de Lille est très sombre, remplies de misères sociales et de détresse latente. C’est vrai que c’est peut-être un peu comme ça, sous certains aspects  mais rassurez vous les non-Nordistes, Lille a d’autres côtés (festifs, touristiques, économique…) positifs (faut venir visiter !). En tout cas, j’aime quand un roman se déroule dans mon coin ! J’ai beaucoup aimé aussi l’utilisation du patois lorrain (qui rappelle les origines de l’auteur), ça donne vraiment un plus au personnage qui l’utilise.

Qu’on soit en répulsion ou en extase devant certains personnages, la force d’Anthelme est de les avoir croqués à la perfection ! J’ai aimé détester certains personnages et j’ai aimé en adorer d’autres et j’ai hâte de les suivre de nouveau dans le tome 2. D’ailleurs un chapitre de ce deuxième tome est livré à la fin du roman, et il donne envie de continuer l’aventure !

Âmes de verre n’est pas qu’un tome d’introduction et de découverte de l’univers de l’auteur, on y apprend déjà beaucoup de choses, des mystères sont résolus, on en découvre d’autres (il se dessine les intrigues des tomes suivants).  C’est vrai qu’il faut parfois s’accrocher pour une partie de l’intrigue, celle concernant le Requiem du Dehors (indiqué dans la 4ème de couverture) mais les différents points de vue permettent de relier les éléments ensemble et de comprendre son importance fondamentale à l’histoire. Certaines scènes peuvent être assez dures, mêlant sombre, glauque, sang et sueur. Mais chaque chose a sa place et son importance dans le récit.

En plus de tout ça, on découvre dans l’intrigue l’importance de la musique pour l’auteur. Certains passages difficiles sont bizarrement assez mélodieux, comme si on essayait d’adoucir les souffrances. En tout cas, l’intrigue en ressort encore plus originale. J’ajoute aussi qu’on sent toute une réflexion derrière cette histoire, un arrière-fond social ; une réflexion sur la vie, l’existence, sur la place de chacun, sur la politique sociale, sur la différence, sur l’indifférence,… On peut le lire facilement et on peut aussi réfléchir ^^

Le style de l’auteur est percutant, recherché et aisé, pas de lourdeur mais du vocabulaire, il appelle un chat, un chat ; la plume est tantôt belle, tantôt sombre, ce livre est comme un jeu de nuances, riche, je vous dis, riche ! Les personnages d’Anthelme ont une certaine gouaille, le style oral utilisé se fond bien dans le récit, pas vulgaire, mais qui sonne « vrai », ça m’a fait sourire d’ailleurs que les personnages les plus trashs ont le plus fin langage.

Vous l’aurez peut-être compris, si vous m’avez lu, jusqu’au bout, j’ai adoré ce livre, je l’ai dévoré (650 pages d’un moyen format, en écriture normale (ni « oui-oui » ni minuscule) en 1 semaine est une prouesse pour moi !), je le conseille à tous ceux qui veulent une histoire originale, inédite et très bien écrite (et qui fait réfléchir si on a envie  ^^)). L’objet livre en plus est superbe, la couverture, l’intérieur, des illustrations N&B magnifiques.

Personnellement, j’ai eu du mal à décrocher, et je lirai avec plaisir la Tour des Illusions (qui m’attend dans ma PAL), il m’a été difficile de passer à autre chose après cette lecture.

Merci infiniment à Anthelme Hauchecorne et aux Éditions Midgard pour cette magnifique découverte. Vivement la suite !

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