Orages d’Estelle Tharreau

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Editions Taurnada, 9,99€, 268 pages

Merci aux éditions Taurnada pour l’envoi et la découverte de ce roman

4ème de couverture

Si vous éleviez seule une fille de seize ans et que votre petit ami devenait trop encombrant, refuseriez-vous un travail et une belle maison dans un village de carte postale où tout le monde semble prêt à vous aider ? Il est probable que non. Pourtant, vous auriez tort !
Les nuits d’orage peuvent s’avérer mortelles pour qui ne sait pas lire entre les lignes du présent et celles d’un passé enfoui depuis plus d’un siècle dans un cahier d’écolier jauni et écorné.

Mon avis

Béatrice est tombée enceinte assez jeune et a décidé contre l’avis de ses parents de garder son enfant. Mise à la porte, elle trouve refuge chez une tante un peu hippie qui l’aide à reprendre le cours de sa vie. Béa réussit ses études et devient comptable. Elle élève donc seule sa fille Célia. Sa vie professionnelle se déroule bien même si elle y consacre beaucoup de temps, au détriment de sa fille, contrairement à sa vie amoureuse. Là, c’est la catastrophe, elle enchaîne les mecs qui s’enfuient dès qu’ils comprennent qu’il faut composer avec la petite. Le dernier en date est l’éternel mari qui doit bientôt quitter sa femme, … depuis 5ans….

Bien décidée à reprendre sa vie en main, consacrer du temps à son ado de 16 ans et fuir les mecs comme la peste, Béatrice choisi de mettre de la distance entre son ex et sa nouvelle demeure. Elle a accepté un poste à Sauveur, petit village de montagne où tout le monde se connaît. Les deux femmes s’installent dans la ferme qui sert aussi de bureau. Sauveur, c’est le village de l’amitié, tout le monde dépanne tout le monde. La nouvelle expert-comptable se sent bien dans ce petit coin de paradis. Si ce n’est l’étrange comportement agressif du boucher à son encontre, qui la menace d’un malheur si elle et sa fille ne quittent pas le village rapidement. Ou encore, une vieille de la maison de retraite qui l’apostrophe devant chez elle et qui l’effraie en la prenant pour quelqu’un d’autre.

Béatrice et Célia découvre vite la rivalité entre le maire du village et la famille du boucher. Un soir, Célia tombe sur un ancien journal intime. Marthe à la fin du 19ème y raconte sa vie, difficile, avec un mari violent, à la ferme. L’ado n’y aurait prêté plus d’attention si au lycée deux de ses camarades de classe, ne l’avaient pas mise en garde que quelque chose allait se passer, sans qu’ils puissent lui dire quoi… Des révélations glanées par la mère et la fille vont finir par leur faire douter de la gentillesse des gens du coin et du calme de Sauveur.

J’ai beaucoup aimé ce roman qui se lit très vite et dont on a irrémédiablement envie de savoir la fin. Le mystère qui plane sur le village et que ressente les deux femmes est épais et les éléments de compréhension sont livrés par la plume maladroite d’une fille de ferme dans un vieux cahier. Il me tardait de retrouver Célia et sa lecture afin de connaître la vie de Marthe et des autres protagonistes et surtout de comprendre le lien avec ce qui se passe pour Célia et Béatrice arrivées depuis peu à Sauveur. Entre deux parties extraites du vieux cahier, Béatrice raconte au lecteur ce qu’elle vit et ce qu’elle découvre peu à peu sur le village et ses habitants. Un narrateur omniscient lui nous apprend que Célia et ses amis se posent beaucoup de question également sur la disparition d’une mère et sa fille, qui étaient elles aussi dans la situation de Célia et sa mère : résidentes à la ferme, sans famille, dans le besoin d’un travail au calme. Les enquêtes parallèles de la mère et la fille finiront-elles par se rejoindre?

Le récit alterne donc habillement passé et présent, le suspense est ménagé jusqu’au bout. Orages est très bien construit, comme un véritable orage, ça commence par un grand calme et un beau ciel bleu et progressivement; il fait trop chaud, l’atmosphère s’alourdit, la pluie (les révélations) commence à tomber, le vent forcit (les événements s’enchainent à un rythme effréné) et l’orage éclate (la révélation finale). Ce thriller est bien dosé, mystère, suspense, fausse piste, indices, LA révélation inattendue. L’intrigue est bien ficelée, l’histoire efficace.

Les personnages sont bien pensés. Je regrette un peu de ne pas avoir réussi à m’attacher plus à Béatrice, mais assez toutefois pour être porté par l’histoire et ce qui lui arrive. Les personnages sont bien croqués, tellement bien, tellement crédibles, qu’à un moment, j’ai même versé des larmes de frustration. La fin est pour moi un peu rapide mais on a les réponses à nos interrogations et on s’imagine aisément la vie des personnages après le mot « fin ».

L’écriture d’Estelle Tharreau est efficace et son style fluide. Mes passages préférés sont ceux du cahier de Marthe et la réaction de gens de Sauveur même si je m’en suis toujours pas remise ^^ La psychologie de tous les personnages n’est pas extrêmement développée (en moins de 300 pages, ça serait compliqué) mais suffisamment pour qu’on arrive à se poser des questions sur un ou une tel(le), pour qu’on apprécie ou qu’on déteste certains personnages et surtout pour comprendre tout ce qui s’est passé  jusqu’au moment où Béatrice arrive à Sauveur et pourquoi. L’auteure réussit à créer une atmosphère pesante et un climat lourd, pour un premier roman c’est une jolie réussite.

Je vous conseille cette histoire prenante et haletante, qu’on a du mal à quitter pour dormir son compte d’heures !

Encore merci à Tournada Editions pour sa confiance renouvelée et cette belle découverte.

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Passeurs – T1 : Jeffrey Horlaw de Lucille H. James

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Nats Editions, 374 pages, 17€

Merci à Nats Editions de m’avoir sollicitée et pour la découverte d’un de leur titre. C’est toujours un plaisir de découvrir une maison d’éditions, merci de votre confiance.

4ème de couverture

Outre des professeurs détestables et une cantine infecte, l’institut Walter Walbotte totalise près d’une dizaine d’élèves portés disparus. Depuis cinquante ans, des collégiens s’aventurent dans la forêt autour de l’école pour ne plus jamais en revenir. Aussi, lorsque le jeune Nathan disparaît à son tour, Jeffrey Horlaw redoute le pire. Lancé à sa poursuite avec son ami Ted, il découvre un puits secret, un manoir envahi de squelettes mutants et une organisation armée bien déterminée à intercepter les intrus. Jeff avait tort : le pire ne fait que commencer.

Mon avis

Un roman jeunesse très sympathique.

Le premier tome de Passeurs raconte l’histoire d’un jeune garçon de 14 ans élève à l’Institut Walbotte et qui va vivre une aventure extraordinaire. Jeffrey Horlaw fait parti un groupe d’amis qui la nuit tombée se retrouve à l’extérieur de l’Institut pour fumer quelques clopes et discuter des derniers ragots. Braver les interdits leur permet de tenir le coup dans ce lieu austère et légèrement déprimant. Jeff, Nathan, Ted et les autres commentent les rumeurs qu’on entend dans les couloirs. Comme celle qui raconte que presque qu’une dizaine d’élèves aurait disparu dans les bois et personne ne les aurait jamais revu.

Un matin, Jeff arrive en retard et se retrouve exclu du cours. Dans la bibliothèque de l’Institut, Jeff déniche un vieux carton avec des coupures de presse qui relatent la disparition des élèves de l’Institut. Elles racontent les enquêtes qui piétinent, des affaires certainement étouffées par le directeur de l’Institut. Par une des vitres du lieu, il aperçoit Nathan jouait au foot avec les gamins de son âge pendant que Ted drague une fille. Il aperçoit également le surveillant venir vers Ted et probablement lui demandé de garder à l’œil le groupe de Nathan pendant qu’il s’en va faire autre chose. Mais l’adolescent n’a d’yeux pour sa conquête du jour…

Pendant sa retenue, Jeffrey s’endort. Ted le réveille paniqué. Alors qu’il devait surveiller les garçons, il est retourné draguer la fille. Pendant ce temps, Nathan a disparu. Il s’est dirigé vers la forêt. C’est là-bas que les autres enfants ont déjà disparu. Jeff propose d’appeler la police alors que Ted veut partir à la recherche de Nathan dans les bois. Après une dispute, ils partent finalement à la recherche de Nathan dans la forêt. Au cœur de la forêt, ils tombent sur un puits. Ils y entendent un hurlement et Jeff décide de descendre dedans. Bizarrement, la matière se déforme et Jeff atterrit devant un tunnel. Ted le rejoint et ensemble, ils vont explorer les lieux à la recherche de Nathan. Cependant, des choses étranges vont survenir. Comme croiser une armée de squelettes hostiles et en cherchant à leur échapper, ils se heurteront à des militaires spécialistes des explosions. Où sont-ils tombés ?

J’ai bien aimé ce roman jeunesse remplit d’action et de rebondissements. A la lecture du résumé, on ne s’attend pas du tout à ce que va découvrir Jeffrey. Le début est un peu classique, j’avoue avoir eu du mal à visualiser certaines scènes. Il y a en effet, quelques bizarreries au début. Mais ces dernières finissent par s’expliquer. Et ensuite, tout s’enchaine très vite. L’aventure de Jeffrey ressemble à une longue course mais on ne s’ennuie nullement en le suivant. De l’autre « côté », il est récupéré par un groupe d’adolescents et il comprend vite que le monde dans lequel il est « tombé » est semblable en certains points au sien mais que sur bien des points, il est très différent !

Des portes relient le monde dans lequel il est passé à celui de l’Institut Walbotte. Et il existe des passeurs qui surveillent les portes, aident ceux qui passent mais le but n’est pas de les laisser rester, plutôt de les renvoyer chez eux dans les meilleurs conditions. Seulement, des circonstances particulières n’ont pas permis à Jeff de rentrer chez lui. Malgré son manque d’expérience, d’endurance, de condition physique et son âge, il réussit peu à peu à s’intégrer au groupe de passeurs qui l’a recueilli. Parmi eux, Jeffrey apprend à connaître Réo un guérisseur, Lyune une guerrière et Dinn qui aime faire des étincelles. Toutefois, il a vécu des choses traumatisantes et peine à trouver sa place. Jeffrey est un personnage sympathique même si j’avoue ne pas avoir réussi à m’attacher complètement à lui. Il m’a manqué quelque chose mais je ne serais pas vraiment dire quoi. Mais les personnages secondaires m’ont tellement plu que finalement, ça ne m’a pas tellement dérangé.

J’ai beaucoup aimé le monde de Réo, Lyune et les autres, un monde de magie : prophétie, carte explosive, potion de guérison, différents pouvoirs, comme manipuler la matière, arrêter le temps… Ce monde est composé de choses issues de notre monde et d’autres choses complètement différentes… Les habitants sont « gouvernés » par des oracles, au nombre de 5. Chacun à ses caractéristiques et ses « dons ». Une prophétie existe qui lie la destinée des oracles. Il est dit que les 5 oracles réunis peuvent ouvrir une porte vers un 3ème monde où ils trouveront le Dieu endormi. Mais des guerres ont dévasté le monde, deux oracles ont disparus et une partie du monde est depuis aux mains d’une étrange milice… On sent progressivement qu’il y a des choses étranges dans la politique de ce monde. Que certaines choses ne collent pas mais on ne sait pas quoi…. Certaines choses inexpliquées arrivent sans que l’on puisse trouver qui les a provoqué. Que se trame-t-il dans l’ombre ?

Il n’y a pas que des passeurs et 5 oracles, le monde comprend aussi des disciples (religion), des marchands (commerce), les alchimistes (scientifique), des guérisseurs (santé), etc. Et la milice… Qui traquent les voyageurs, les clandestins, et qui n’hésitent pas à tuer pour obtenir ce que ces dirigeants veulent. Ils ont déjà l’Est et chercher à conquérir le Sud. Que cherchent-ils ? Pourquoi ? Qui se cache derrière la milice ?

Dans ce premier tome, l’auteur pose son univers, commence à semer la trame de son histoire. Il est toutefois pas non plus trop introductif, il y a beaucoup d’action, c’est très rythmé. Le lecteur est vraiment pris dedans l’histoire, à vouloir savoir ce qu’il va se passer et il y a pas mal de rebondissements. Attention, il ne faut pas trop s’attacher aux personnages, en effet, l’auteur ne fait pas dans la dentelle avec eux et prend un malin plaisir à en faire disparaître. Et pour ce qui me connaissent, c’est un bon point ! Je ne m’attendais pas du tout à la fin et là encore c’est un très bon point ! J’ai trouvé le style de l’auteur hésitant au début, mais très rapidement, dès qu’on bascule avec Jeffrey dans l’imaginaire, que l’intrigue se met en place, le style est plus fluide, les pages se tournent toute seule (ou presque).

Passeurs est un jeunesse / Young adult avec ses qualités et ses petits défauts. J’ai relevé quelques incohérences qui ne gâchent cependant pas la lecture (comme une erreur de prénom) mais j’ai trouvé qu’il y avait parfois un peu trop de surenchère « magique ». Je suis à fond pour les formules magiques, les pouvoirs des oracles, les sorts, etc. parce qu’ils sont essentiels à l’histoire mais je me serais bien passé des licornes et des grenouilles qui parlent…  Le gros point fort du récit c’est l’action, j’en ai même oublié de descendre à ma station de métro, c’est pour dire. J’ai vraiment envie de connaître la suite, je continuais donc à suivre les passeurs… J’ai apprécié les illustrations intérieures aussi à chaque début de chapitre, ça donne un petit plus à l’imaginaire. Une série qui s’annonce passionnante et sympathique.

Maman a tort de Michel Bussi

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Edition Presses de la cité, 509 pages, 21€50

4ème de couverture

Rien n’est plus éphémère que la mémoire d’un enfant.
Quand Malone, du haut de ses trois ans et demi, affirme que sa maman n’est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire, le croit.
Il est le seul… Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l’aide.
Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple.
Car déjà les souvenirs de Malone s’effacent.
Ils ne tiennent plus qu’à un fil, qu’à des bouts de souvenirs, qu’aux conversations qu’il entretient avec Gouti, sa peluche.
Le compte à rebours a commencé.
Avant que tout bascule. Que l’engrenage se déclenche. Que les masques tombent.

Qui est Malone ?

Résumé

Aéroport du Havre. Malone attend devant le guichet que la dame de l’aéroport vérifie les passeports, le sien et celui de sa maman. L’hôtesse se pose des questions. Le petit réagit bizarrement quand elle lui parle de sa maman. Toutefois, la mère ne correspond pas aux personnes qui sont recherchées par la commandante Augresse. Marianne Augresse recherche un tueur en fuite, son complice, ainsi qu’une jeune femme. C’est sans doute que le petit est perturbé de prendre l’avion pour la première fois. Quand à la commandante, elle suit la piste de d’un tueur. La vie d’un gamin est en jeu. Peut-elle encore les arrêter ?

Mon avis

Dévoré en 3 jours, Maman a tort est encore un très bon Michel Bussi ^^

Marianne Augresse, commandante de police, recherche Timo Soler, un des 4 responsables du casse de Deauville qui a eu lieu quelques mois auparavant. 2 des voleurs sont morts, Timo Soler a pu s’enfuir avec un autre complice. Depuis, blessé, Timo se cache en ville mais pas moyen pour la police de mettre la main dessus. Si l’enquête ne piétinait pas autant, la commandante n’aurait certainement pas prêté attention à cet appel d’un psychologue solaire qui s’inquiète pour l’un des enfants qu’il voit. Un petit garçon de 3 ans et demi qui raconte que sa maman n’est pas sa maman. Et que sa peluche Gouti lui parle. Qui a des peurs étranges, peur de la pluie, peur des ogres. Qui parle sans cesse de château, de bâteau-pirate, et de fusée. Des souvenirs ? Mais aucun endroit en Normandie ne ressemble à ce que raconte Malone…

Intriguée, Marianne décide de mettre un élève stagiaire sur une discrète enquête de voisinage dans l’entourage des parents de Malone le petit garçon qui prétend que ses parents ne sont pas les siens. Pendant, ce temps, Timo Soler refait surface et échappe de nouveau à la police. Qui sont ses complices ? Les enquêteurs soupçonnent Alexis Zerda, d’être le 4ème membre du casse de Deauville. Ce dernier n’est pas un enfant de coeur, il a déjà plusieurs morts à son actif. S’il est bien le 4ème homme, la police va devoir la jouer serré.

Pendant, ce temps, les parents de Malone s’entretiennent avec la directrice de l’école du petit. Ils ne comprennent pas pourquoi le psychologue Vasile Dragonman s’obstine. Malone est leur fils, il a juste beaucoup trop d’imagination. En tout cas Amanda et Dimitri Moulin sont furieux. Mais Vasile a pris cette histoire trsè à cœur et suite à son coup de fil à la commandante, décide d’aller la voir directement sans passer par l’appui de l’éducation nationale.
Le soir, Malone attend la nuit avec un mélange d’impatience et de peur. Il sait que Gouti va comme chaque nuit lui raconter une des ses histoires. Un peu compliquée mais si belle et essentielle, qu’il ne doit pas oublier. Mais quand l’histoire est finie, Malone a peur, il ne voit plus que du rouge, partout.

L’intrigue est de nouveau extrêmement bien ficelée. En 2 chapitres, on retrouve ce sentiment d’être perdu, mené en bâteau, entre un petit garçon débrouillard, bavard et pourtant fragile, qui ne serait pas l’enfant de ses parents ? Et une affaire de casse, de vol à Deauville, de deux malfrats en fuite et recherchés. Michel Bussi a encore réussi à faire une intrigue en pelote qui se déroule au fur et à mesure des pages. On arrive à relier certaines choses entre elles mais il faut l’éclairage de l’auteur pour tout remettre à sa place. Les indices sont pourtant là, semés dans les chapitres. Personnellement, j’en ai repéré quelques uns.

J’ai beaucoup aimé cette histoire notamment celle de Malone. Qui est-il ? Qui se joue de nous ? On s’attache à ce petit garçon et on a envie de savoir ce qu’il sait, ce qu’il croit savoir. Comment sa peluche peut-elle lui raconter ce qui se passe quand il n’est pas là ? Que lui raconte-elle la nuit ? J’ai adoré les contes de Gouti. J’aurai même aimé en lire un ou deux de plus ^^ Les explications sur la mémoire sont très intéressantes sans que ça soit non plus pesant et trop long.
Marianne est l’autre personnage attachant du récit. Cette femme qui a presque 40 ans qui domine son petit monde mais qui n’est pas aussi forte que l’image qu’elle donne. Elle a envie de fonder une famille mais est désespéramment seule. Heureusement, il y a Angélique son amie, a qui elle peut se confier.

De nouveau, on retrouve la Bussi Touch suspense, mystère, apparences trompeuses ou pas. On se fait des nœuds au cerveau pour comprendre où veulent en venir les personnages. Et pourtant tout est là devant nous !
Par certains aspects, la fin est peu « border line » mais je pourrais presque comprendre le choix des personnages. On peut se poser la question, à la place d’untel ou d’un autre, qu’aurais-je fait ?
Et puis, il y a quelques clins d’œil au métier d’auteur de polar, comment accrocher le lecteur, continuer à le surprendre, le fait d’avoir un style qui permet une lecture rapide qui empêche le lecteur de se poser milles questions . Etc. J’adore c’est exactement ce que j’avais déjà dis dans mes chroniques ^^

Toutefois, je l’ai trouvé un peu en dessous d’autres textes lus. Le style est toujours simple et efficace mais j’ai été moins charmée que pour N’oubliez jamais ou Nymphéas noirs. J’avais compris bien plus de choses que d’habitude. Trop rodée au style ? Ou est-il vraiment moins nébuleux que les précédents ? Puis, il y avait quelques petites choses qui m’ont agacée mais sur des choses toute personnelle que les lecteurs ne verront pas tous de la même façon. Et puis, les personnages ne m’ont pas semblé aussi travaillés quand dans les romans précédents. A part Malone bien sur. Peut-être un choix ? Bon, ça ne m’empêchera pas de continuer à lire cet auteur que j’aime beaucoup.

Merci à Presses de la Cité et Babelio pour cette masse critique, et l’occasion de lire ce roman dès sa sortie ^^

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Les étrangers du temps- T1-Destins obscurs de Corinne Gatel-Chol

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Editions La Cabane à mots, 9€50, 300 pages

4ème de couverture

Colombe Hadrien

Deux destins… deux lignes parallèles, sur le même plan, qui jamais ne se croisent.

1896 – Colombe survit dans un 19è siècle difficile où la vie et la mort ne se différencient guère.
De nos jours – Hadrien dérive dans un présent aseptisé qui va bien trop vite pour lui. Rien ne devrait permettre qu’un jour leurs vies se rejoignent.

Et pourtant…
Corinne Gatel-Chol nous emmène dans une aventure sombre, où passé et présent se confondent. Elle nous entraîne sur un chemin chaotique semé de meurtres… entre fiction et réalité.
Ne vous fiez surtout pas aux apparences, ce livre est un thriller et tôt ou tard, il vous fera frissonner…

Résumé

Hadrien et sa famille emménagent dans une vieille et immense demeure à retaper. Un ancien château d’un grand domaine morcelé. Une aile de cette demeure est condamné car dangereuse, les sols des étages ne sont plus très solides. C’est dans cette aile et plus particulièrement tout en bas sous les toits où se trouvaient les chambres de bonnes qu’Hadrien pour s’isoler, surtout qu’il se fait un plaisir de braver l’interdiction parentale ! Hadrien a un problème avec l’autorité, surtout il s’ennuie et trouve son existence morne et absurde. Hadrien n’a d’ailleurs pas que des soucis avec l’autorité…

Il va découvrir le journal d’une petite bonne du 19ème siècle qui va le fasciner. Hadrien va apprend d’étranges choses…

Mon avis

Une très bonne lecture !

Le lecteur découvre le roman avec une scène d’ouverture intrigante ! Personnellement, un mois après ma lecture, je me demande encore où elle se place dans la narration et comment elle est lié à ce que j’ai lu ensuite. ça commence fort ! Ensuite, nous découvrons Hadrien un jeune garçon bientôt majeure, qui vient d’emménager avec sa famille, une sœur jumelle, un grand frère, une petite soeur, et ses parents dans un ancien château où tout est à refaire. Hadrien semble avoir des problèmes assez importants, ils sont entrés en ligne de compte quand la grande famille à déménager de Lyon. Le jeune homme est mal dans sa peau, du moins on ne le sent pas à l’aise. Il n’est apaisé que quand il brave les interdits. Comme se rendre dans l’aile interdite de la demeure car trop dangereuse. Par hasard, c’est dans cette aile, à l’étage des chambres de bonnes, qu’il va découvrir un journal intime. Celui de Colombe, bonne au château en 1896.

3 narrations vont alors s’alterner dans le récit. On va suivre Hadrien et sa soeur Héloïse qui préparent leur anniversaire. Hadrien qui s’en contre fiche et sa soeur qui ne voit pas qu’elle l’éclipse totalement aux yeux des autres. Ils sont si différents. Surtout qu’alors qu’elle commence à sortir avec un anglais en vacances, Hadrien lui s’enfonce encore un peu plus dans la solitude. Le comportement d’Hadrien change et sa famille s’inquiète. Jusqu’où sa déprime va-t-il le mener ?

Le lecteur découvre des passages du journal de Colombe, lu par Hadrien, qui garde le secret sur sa découverte. Un lien étrange se noue pour Hadrien vis-à-vis de la jeune fille. Rien de fort passionnant pourtant, elle couche par écrit ses journées. Quand un événement survient, elle le consigne. Comme lorsque son amie Louise pense que le futur époux de la demoiselle du château est épris d’elle.

Enfin, nous suivons Sabatier de Chabriol, un nouveau riche qui vit au domaine à la même époque que Colombe. Il va marier sa fille Hortense à un italien trop beau pour être honnête. Alessandro semble cacher beaucoup de choses.

Hadrien est attachant. D’abord, il semble antipathique, rarement souriant, il semble se moquer de tout. Puis, le lecteur apprend à le connaitre et se rend compte qu’il est malheureux. Quelque chose le pousse à se faire du mal. Mais quoi ? Est-ce conscient, inconscient? Est-ce que le journal de Colombe le sortira de son isolement ? Ou bien sera-t-il encore plus seul ? Parfois, Hadrien a l’impression de voir Colombe derrière un rideau d’une fenêtre, parfois de l’entendre rire avec Louise… Hadrien devient-il fou ou a-t-il une imagination trop fertile ? Hallucination ?

Colombe elle se confie sur le comportement étrange de l’italien qui doit épouser la fille du propriétaire du domaine. Il ne semble pas à sa place, comme d’une autre époque dans son discours ou ses tenues vestimentaires. De plus, il a un regard effrayant.  Colombe est mal à l’aise en sa présence. Mais elle n’a pas le temps de trop s’en préoccuper, il y a toujours quelque chose à faire, des tâches de plus en plus lourdes, de plus en plus physique. Pas le temps de batifoler non plus comme Louise. Enfin, ce n’est surtout pas son genre à Colombe. Elle aussi semble différente. On a envie d’en savoir plus sur elle.

Les interrogations me sont venues progressivement. Que se passe-t-il au 19ème siècle, qui est Alessandro ? Que cherche-t-il ? Que cache-t-il ? De nos jours, pourquoi Hadrien s’isole-t-il ? Est-il malade ? Fou ? Les choses qui lui arrivent relèvent-elle d’un caractère fantastique ?

J’ai beaucoup aimé l’ambiance du 19ème et les révélations progressives qui font changer l’atmosphère vers l’angoisse. A notre époque, les découvertes d’Hadrien font frémir. J’ai lu ce premier tome en 1 après midi, captivée. On est happé dans cette histoire sans savoir où elle va nous mener, j’adore cette impression. Et puis cette fin ! Je suis frustration !!!! On a l’impression de n’en être qu’au début, le voile allait se lever sur un mystère et … que se passe-t-il ??? ha Corine Gatel-Chol est sadique ^^ Elle donne plus qu’envie de se jeter sur la suite !!! Depuis, j’échafaude des théories, essaie de comprendre. Vivement que je puisse lire la suite. Certainement en ebook, le second tome étant en rupture de stock actuellement ^^

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Le cauchemar de Cassandre de JB Leblanc

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Val Sombre Editions, 564 pages, 23 €

4ème de couverture

Cassandre est la cible de Kolber, un tueur de légende. Infaillible. Insoupçonnable. Invisible.
Aidée par de mystérieuses créatures, la jeune femme parvient à le mettre en échec et à s’enfuir. L’assassin doit la retrouver à tout prix et honorer son contrat avant qu’elle ne dévoile son identité. Car à présent, elle connaît son secret.
Ce revers inattendu de Kolber permet aux hommes de la Police Judiciaire de se rapprocher de l’assassin. Cependant, ils ne sont plus seuls sur les traces de deux fuyards. Un flic, aussi ambitieux qu’inexpérimenté, et un prêtre exorciste envoyé par le Vatican, se lancent également à leur poursuite.
Une cavale sauvage et cruelle où chasseurs et gibiers se confondent. Des personnages en proie à leur destin, ébranlés au plus profond de leurs convictions.
Tous au coeur d’un complot millénaire…

Résumé

Kolber, une ombre. Non. Un mystère. Maniaque, méticuleux, il ne laisse aucun indice derrière lui. Jamais. Chaque étape de ses missions est calculée, maitrisée, rapide. Pendant, que le tueur fait le vide dans sa tête, le père Norbert est victime d’une bien étrange attaque dans son église. Alors que ce dernier fait le tour du lieu sacré pour s’assurer que personne ne se cache entre les bancs, l’atmosphère change. Et il aperçoit des ombres, l’eau frémit dans le bénitier mais que se passe-t-il dans ce lieu pourtant sacré ?

Quelques jours plus tard, pendant que Denis Béresson, flic de son état, recherche un médium d’un genre un peu particulier, le père Fantino aux ordres du Vatican rencontre le père Norbert qui a miraculeusement réchappé aux phénomènes survenus dans l’église. Que sait-il passé ce soir là ?

Quel lien relie entre eux tous ces personnages ?

Mon avis

Coup de coeur ❤

Un vrai bon thriller fantastique ! J’ai adoré !!!

Un roman dense, travaillé avec toute une galerie de personnages complexes et une intrigue passionnante ! Je pourrais m’arrêter là mais non, je vais détailler un peu quand même, je vous rassure ^^

Kolber est une légende. Un tueur qui ne laisse aucune trace derrière lui. Il a si bien organisé sa façon de faire que la police n’a pas le moindre indice sur lui en 8 ans. S’il ne laissait pas une carte avec sa signature sur le lieu de ses méfaits, la police ne pourrait même pas les relier entre eux. Kolber est méticuleux, organisé, maniaque et perfectionniste. C’est avec lui que le lecteur débute Le cauchemar de Cassandre. Et c’est une excellente entrée en matière. Car, nous sommes dès le début, dans la tête du tueur. Tueur si méthodique, que ça en est glaçant. Puis, progressivement, nous découvrons les personnages qui vont se retrouver impliquer dans la traque de Kolber mais aussi ceux qui gravitent autour de la prochaine victime du tueur : Cassandre. Ainsi, l’alternance de points de vue, de personnages et de lieux permet de dérouler l’intrigue, de creuser les personnages, de les connaitre, de les apprécier ou de les détester et de mettre un pas dans la trame complexe et fantastique de la trilogie concoctée par JB Leblanc.

Le livre est dense et d’une grande qualité, il est difficile de parler de tout sans spoiler, je vais essayer de faire de mon mieux. Le lecteur va donc à la découverte de personnages tous différents les uns des autres. D’un côté les policiers, notamment, Denis Béresson et son collègue Nathaniel Dresde. Aussi différent l’un de l’autre que le jour et la nuit. Denis est buté, déterminé et ambitieux, très ambitieux. Il est obsédé par Kolber et va essayer de le retrouver lui un petit fonctionnaire alors que les autres flics, même les meilleurs, font chou blanc depuis des années. Pour cela, il va faire appel à des méthodes qui ne sont pas reconnues par la police comme requérir l’aide d’un médium. Dévoré par son ambition, Denis a un comportement plus qu’odieux avec sa famille et il ne se rend pas compte qu’il passe à côté de l’essentiel. Nathaniel lui est posé, strict, droit, carré, imperturbable et peu affable. Il est très droit, maniaque et seul. Son appartement est sans âme, il n’a pas beaucoup d’ami. Un seul pour être précis. Et ne semble pas avoir de famille. Mais Nathaniel est un très bon flic qui a choisi de se faire muter en pleine gloire dans un petit commissariat pour ne pas être dévoré par sa carrière. Dans les policiers, il y a aussi le Commandant Marchegiani qui traque depuis des années Kolber, qui remonte toutes les pistes, qui s’obstine, tient bon alors qu’aucune piste n’aboutit, qu’aucun indice n’est découvert. Il est maniaque (genre pas possible pour lui de voir ces hommes passer au peigne fin une scène de crime !) et déterminé. Découvrir qui est Kolber mais surtout le confondre est devenu sa principale tâche. Plus posé que Denis son obsession est à l’image de sa maniaquerie.

Et puis, bien sur,  il y a la prochaine victime de Kolber, Cassandre, mannequin en pleine gloire, belle, arrogante et déterminée. Alors qu’elle accepte de rendre service à Meursault, responsable de l’agence de mannequins, elle se fait contrôler par la police. Et quand on passe de la drogue pour dépanner son boss, en général, si on se fait chopper ça ne se passe pas bien. C’est Nathaniel qui s’occupe de son dossier. Cassandre s’accuse et refuse de reconnaitre qu’elle agissait pour le compte de quelqu’un d’autre. Le capitaine Dresde ne croit pas qu’elle soit une toxico, mais elle s’entête. Le patron de Cassandre convaincu qu’elle finira par le balancer à la police et mettre fin à sa récente popularité, lance un contrat sur sa tête. Contrat qui sera accepté par Kolber. La traque commence alors.

En fait, nous avons là une double traque Kolber / Marchegiani, Kolber / Cassandre. Mais l’histoire pourrait s’arrêter là dans la complexité, s’il n’y avait pas l’étrange protection dont bénéficie Cassandre. Des ombres qui lui viennent en aide, le soir où Kolber passe à l’attaque. Et où ce dernier va laisser ses premiers indices en 8 ans. Cible ratée, Cassandre en fuite, la course poursuite débute. A cet instant, je vous préviens, vous serez « pris au piège » il est impossible de relâcher le livre après ça ! Kolber se rend compte que Cassandre est suivi par un drôle de prêtre, le père Fantino, aux ordres directs du Vatican ! Qui est ce prêtre qui ne ressemble pas à ceux de son ordre? En jean/basket, dont l’apparence semble changer avec son humeur ? Pourquoi suit-il Cassandre, qu’a-t-elle de particulier ?

Beaucoup de questions n’est-ce pas ? Mais aucune crainte, vous allez aller va alors de rebondissements en découvertes. Gros plus, on apprend vraiment à connaitre l’ensemble des personnages et on comprend progressivement que Cassandre est au centre d’enjeux qu’elle ignore et la dépasse. Kolber va devoir échapper à la traque policière tout en continuant à rechercher le mannequin. Pourquoi s’obstine-t-il alors qu’elle semble protégée ? Parce qu’elle a vu son visage, elle peut donc le reconnaitre. Kolber ne peut pas lui laisser la vie sauve. Mais les ombres ou ce qu’elles recèlent seront en travers de son chemin.

Vraiment, j’ai passé un excellent moment de lecture. J’ai au début trouvé un peu bizarre qu’un gérant d’une agence de mannequin mette un contrat sur son employée mais à part ça, j’ai trouvé l’agencement des événements, les détails, les explications très réussis. Le chemin des différents personnages vont se croiser, le mystère autour de Cassandre et de l’intérêt qu’on lui porte est progressivement levé. On s’attache aux personnages et on en déteste quelques uns. Je me suis attachée à Kolber alors que c’est un tueur froid et sans pitié. Mais il est complexe et en apprendre plus sur lui, peu à peu, permet de s’attacher à lui. Alors que je n’ai pas vraiment apprécié Cassandre même en découvrant son passé ^^ Chaque personnage, même secondaire, a sa place, son rôle à jouer et faire parti d’un tout.

A part quelques coquilles (franchement vu le pavé, elles sont négligeables avec le recul), ce roman est très bien écrit.  Le côté fantastique est distillé progressivement. De la façon dont cela est traité, pendant longtemps, on se demande s’il n’y a pas des hallucinations collectives. Cassandre est-elle folle ? Kolber ne disjoncterait-il pas ? Un côté fantastique un peu en retrait au début puis plus marqué, c’est vraiment le bon dosage pour un thriller fantastique. Et puis ENFIN un roman où le policier, Marchegiani, n’a pas de la me*de dans les yeux si je peux dire ! Il ne passe pas à côté des évidences et des coïncidences qui s’accumulent depuis la tentative ratée contre Cassandre. Bien sur, il y a des choses qui lui échappent, comme à nous en fait. Elles s’expliquent. Le tout est pour le Commandant de prouver son intuition. Difficile quand les indices laissés sur les scènes de crime sont incohérents et quand tout le monde, tueur, victime, suspect, témoin, joue au chat et à la souris !

J’ai vraiment adoré le travail de JB Leblanc. On sent qu’il maitrise bien le sujet, certaines habitudes policières, certaines façons de voir les choses. Les personnages sont travaillés, complexes, ont des réactions assez cohérentes vu ce qu’ils leur arrivent. Il y a pas mal de choses où on se demande s’il n’y a pas un peu de réalité, de vécu derrière tout cela (bon pas tout quand même, on est d’accord). Et puis, JB Leblanc réussi à créer aussi une atmosphère particulière tout le long du roman, un malaise qui s’insinue en nous, et certaines descriptions peuvent donner envie au choix : de se cacher les yeux/vomir/mourir. Car la plume de l’auteur sait se faire horrifique, glauque juste ce qu’il faut, quand il le faut.

La trame est très bien construite, bien ficelée, l’action monte crescendo. J’ai hâte de me procurer la suite. J’ai envie de savoir ce que l’auteur nous réserve. Et si les deux autres livres sont de cette qualité, ça va être un régal. Alors oui, c’est dense mais c’est génial ! Et puis pour une fois, je le dis, le livre peut paraitre un peu cher, mais 23€ pour un ouvrage comme celui-ci dans une petite maison d’édition, ça les vaut complètement ^^

Pour ceux qui se demanderait, la fin est ouverte juste ce qu’il faut. Certaines choses sont résolues, d’autres n’en sont qu’à leurs balbutiements. La fin est juste bien pour nous permettre de tenir avant de lire la suite mais aussi d’avoir envie de savoir ce que certains personnages vont devenir. J’espère n’en avoir pas trop dit mais suffisamment pour vous donner envie de courir sur le site de Val Sombre acheter ce premier tome ou de le sortir de votre PAL (attention, je ne serais pas responsable de vos cauchemars 😉 )

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Avant d’aller dormir de S.J. Watson

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Sonatine Editions, 21€, 400 pages

4ème de couverture

A la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

Résumé

Christine se réveille un matin. Elle se demande où elle est et qui peut être le garçon à côté d’elle dans le lit. Elle se lève mais se rend compte qu’elle n’est pas chez elle. Elle trouve la salle de bain et là stupéfaction elle ne se reconnait pas dans le miroir. Puis finalement, oui, ce sont bien ses yeux. Mais ces cheveux, ces rides… Et ces photos qui entourent le miroir. Qui est cet homme, son époux ? Ce dernier se lève et lui explique qui elle est et le mal qui la touche. Suite à un accident elle n’a plus de souvenir de ces dernières années, et chaque jour elle se réveille en pensant avoir 20 ans voire moins… Le docteur Nash l’appelle, il doit lui réexpliquer qui il est. Il la suit depuis quelques temps, il a espoir qu’elle fasse des projets. Elle tient depuis quelques temps un journal. Mais certaines incohérences entre les jours vont la perturber… Christine va essayer de faire la lumière sur sa vie…

Mon avis

J’ai beaucoup aimé malgré la chute.

Le lecteur découvre Christine affectée par un cas rare d’amnésie. Elle ne se souvient pas de ses journées, et donc des dernières années de sa vie… presque 25 ans de néant. Le matin elle se réveille en pensant avoir 20 ans voire moins mais elle en a 47 ans et ne se souvient pas de plus de la moitié de sa vie. Elle est mariée à Ben qui travail dans une école. Le docteur qui la suit le fais sans le consentement de son mari. Ben ne croit plus que la médecine puisse venir en aide à sa femme. Le Dr Nash est persuadé pourtant que Christine puisse faire des progrès. La première partie du livre commence un jour comme les autres. Christine amnésique. Le docteur l’appelle pour lui rappeler leur rendez-vous. Ce jour-là, elle récupère un journal. Son journal. Depuis quelques temps, sous les conseils du médecin elle écrit tout ce qui se passe dans sa journée. Elle écrit en cachette de son mari. Sur la seconde page, elle a écrit « ne pas faire confiance à Ben » mais pourquoi ? Dans la seconde partie du livre, le lecteur découvre le cheminement de la vie de Christine. Et de plus en plus, Christine met en évidence des incohérences dans ses journées. Des réponses de Ben différentes d’un jour à l’autre. Pourquoi ? la protège-t-elle ? Se protège-t-il ? Quel est l’accident dont Christine a été victime ?

C’est vrai que le déroulé des journées de Christine peut être un peu redondant mais de cette redondance nait les questions, le chaos de la vie de cette femme qui ne se souviens pas de sa vie. On doute autant que Christine, on apprend en même temps qu’elle au fur et à mesure. On se demande ce qu’il va se passer, ce qui a bien plus se passer 20 ans auparavant. On en vient même à se demander si ce qu’on lit est réel, si Christine existe, si elle est folle ou paranoïaque.

Comme cette femme est notre narratrice, peut-être que rien n’est vrai, que nous sommes manipulés ? Tout est possible!!! On ne sait jamais ce qu’on peut prendre pour argent comptant ? Christine nous dit-elle tout ? On peut imaginer tout et son contraire. C’est génial. C’est un très bon thriller psychologique. On se demande qui tire les ficelles ? si quelqu’un tire les ficelles bien sur ^^ On extrapole, on interprète, on choppe des indices, ou on croit en découvrir. Le lecteur échafaude ses hypothèses. Pourquoi a-t-elle la mémoire bloquée ? Que lui est-il arrivé ? Qu’a-t-elle vécu ? Progressivement, lentement, les choses s’emboitent, s’éclairent.

La psychologie de Christine est super bien travaillée. C’est haletant. L’auteur dose ses pauses, ménage le suspense. J’avais vraiment envie de savoir. Comme on apprend en même temps qu’elle et à un instant t, on se demande si elle a déjà vécu les événements, si elle a déjà eu ou non des souvenirs plus précis, on sent progressivement que quelque chose cloche. Est-ce que ça vient de Christine ? de son entourage ? On s’attache à ce personnage. Même si par certains côtés elle a pu m’agacer,  elle a aussi su me toucher par d’autres aspects. Ce n’est pas facile de se mettre à la place de quelqu’un qui ne retient rien d’un jour à l’autre mais j’ai trouvé que l’auteur s’en était super bien sorti. Les pages se tournent sans se dire « ça c’est pas cohérent ». On ne se pose pas que des questions sur Christine, tout le monde parait bizarre, son mari, le docteur Nash, ainsi que les autres rares personnages croisés.  On en deviendrait parano nous aussi !

En tout cas, le suspense est ménagé, on apprend les choses vraiment qu’à la fin, l’ambiance et l’intrigue tiennent jusqu’au bout. Par contre, j’ai été un poil déçue par la chute, une de mes hypothèses de départ mais que j’avais rejetée. Mais dans l’ensemble, tout se tient vraiment très bien.  C’est sympa de se poser des questions mais c’est super aussi de se laisser porter et de ne pas vouloir à tout pris décortiquer ou tout comprendre en 50 pages. Le dénouement n’a pas été aussi original qu’espérer mais la construction elle est géniale donc ça rattrape bien !

Une très bonne lecture en tout cas pour moi. J’espère aller voir le film qui sort ce mois-ci même si j’ai un peu peur de la façon dont le sujet est traité (journal vidéo à la place du journal papier).

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Dans les bois éternels de Fred Vargas

9782878582338

Editions Viviane Hamy, 442 pages, 18,50 € (disponible en poche)

Merci à Ludivine de m’avoir prêté son Vargas préféré pour me faire découvrir cette auteure que je n’avais jamais lu.

4ème de couverture

Danglard la voyez-vous ? demanda Admasberg. L’Ombre ? Le commandant revint sur ses pas, tournant les yeux vers la fenêtre et vers la pluie qui assombrissait la pièce. Mais il était trop fin connaisseur d’Adamsberg pour se figurer que le commissaire lui parlait du temps. – Elle est là, Danglard. Elle voile le jour . Vous la sentez ? Elle nous drape, elle nous regarde. – Humeur sombre ? Suggéra le commandant. – Quelque chose comme cela . Autour de nous. Danglard passa la main sur sa nuque, se donnant le temps de la réflexion. Quelle ombre ? Quand, où, comment ? – Depuis quand ? demanda-t-il. – Peu de jours après que je suis revenu. Elle guettait peut-être avant, rôdant dans nos parages. « 

Résumé

Adamsberg vient d’acquérir une maison, il est désormais voisin d’un vieil espagnol. Ce voisin lui apprend que sa demeure est hantée. Une ombre plane sur ce lieu. Mais elle ne s’en prend qu’aux femmes, Adamsberg n’a donc rien à craindre, a priori. Un Nouveau est arrivé au sein de la Brigade : Veyrenc. Il est placé à faire de la surveillance dans un cagibi. Sa mission, surveiller Camille. Pendant ce temps-là, deux corps sont retrouvés et faute de  preuves qu’il s’agisse qu’un crime non lié à la drogue, l’enquête risque d’être transférée aux stups. En déplacement personnel en Normandie, Adamsberg se lie avec des gars du coin qui lui racontent la façon dont un cerf a été tué récemment. D’une manière qui ne se fait pas, certainement pas l’acte d’un simple chasseur. De retour à Paris, Adamsberg retrouve Ariane, la nouvelle légiste, vielle connaissance de sa jeunesse, avec qui il évoque le cas de ‘l’Ange de la mort’, une infirmière, dissociée, qui a tuée pendant 40 ans un nombre conséquent de personnes âgées avant d’être arrêtée par Adamsberg.

Qu’est qui peut relier tous ses événements et le sont-ils ? Adamsberg va devoir creuser pour le découvrir.

Mon avis

Je n’aime pas prendre une « série » en cours, c’est donc assez exceptionnel pour moi. Ici c’est le Fred Vargas préféré de Ludivine, une copine du Club de Lecture L’île aux Livres, alors, je me suis lancée ! Il fallait bien que je découvre ^^ Alors, même s’il y a bien des allusions aux livres précédents (il y a même des notes en bas de page pour dire de quel livre il s’agit),  il ne s’agit de quelques bribes, de petites choses, sans rentrer dans le détail. Du coup, même si je n’aime pas « prendre le train en marche », ça ne m’a pas trop dérangée, ça m’a même donné envie de lire Sous les vents de Neptune (histoire se passant juste avant Dans les bois éternels) !

Les chapitres sont très courts et l’auteure creuse vraiment beaucoup ses personnages et notamment Adamsberg. Ce qui est quand même, vachement bien quand il s’agit d’un héros récurrent, c’est ce qu’attendent les lecteurs, et je pense qu’ils ne doivent pas être déçus. J’ai découvert la Brigade, un personnage à part entière. C’est comme une famille où tous les membres sont différents mais complémentaires, qui s’acceptent et s’engueulent, qu’on ne peut pas séparer. J’ai passé mon temps à me demander comment elle tenait debout cette Brigade, surtout avec un commissaire comme Adamsberg mais au final, il ne pourrait en être autrement. Cette façon s’être constamment en équilibre, prête à s’effondrer, c’est ce qui fait tout son charme.

Le commissaire est spécial, il a des moments de déconnexion, un côté mélancolique très prononcé, un côté perdu. Il est terriblement attachant ! Ses bizarreries le rendent encore plus  attachant d’ailleurs. On le perçoit à travers les membres de son équipe comme le pilier fragile. Il est assurément loin d’être parfait mais il a les qualités de ses défauts. Dans l’équipe, il est essentiel même si on se rend vite compte que chaque membre est important et à son rôle à jouer même mineur. Dans la Brigade, chaque membre a sa lubie, son caractère, sa façon d’être, … plein de spécificités qu’il est si plaisant de découvrir.

L’intrigue est diablement bien construite. Sous une impression de grosses ficelles et de facilité, le lecteur est en fait embarqué dans un imbroglio et ressort finalement assez voire complètement surpris du dénouement. Rebondissements, fausses pistes … Fred Vargas a réussi à me séduire, je n’en menais souvent pas plus large qu’Adamsberg. J’aime beaucoup les différents morceaux de l’intrigue, qui s’emboitent au fur et à mesure, avec en fond de tout ça, le quotidien du commissaire et ses relations difficiles avec les autres. Je n’en dirai pas plus sur l’histoire, parce qu’il est préférable de garder de la surprise, sans aucun doute ^^

J’ai beaucoup apprécié, la façon dont le récit est construit, jusqu’aux métaphores utilisées par le commissaire (les bouquetins tout ça). On recueille des indices, on cherche vraiment, on s’inquiète pour les personnages, on essaie de trouver le lien, on réussit ou on échoue, peu importe. La trame est vraiment réussie, c’est détaillé, imagé, avec un rythme propre à l’auteure et c’est, je pense, ce qui fait le charme de ce livre et de cette série très certainement. Le gros plus de Dans les bois éternels, et de la série entière sans doute, c’est le commissaire et son monde. C’est le microcosme crée par l’auteure : la Brigade, son fonctionnement, ses membres, son chef. La psychologie des personnages est bien développée. Comme le commissaire, les membres de la Brigade sont attachants, presque tous aussi barrés et bizarres qu’Adamsberg, sans oublier le chat le plus spécial du monde :p. Et comme la brigade compte presqu’une trentaine de membres, nul doute qu’il y ait matière à se renouveler de livre en livre ! Il a ceux qu’on adore, ceux qui intriguent, ceux qu’on déteste, ceux qui ne sont pas ce qu’ils laissent transparaitre…, vraiment il y a de quoi faire ^^

Je retiendrai entre autres que Fred Vargas réussit à me faire aimer des bizarreries et des attitudes qui dans la réalité m’agaceraient très certainement ^^ Elle a une façon bien à elle se surprendre son lecteur, une manière de retranscrire « l’imaginaire du quotidien » grâce à un héros différent avec les pieds sur Terre mais la tête dans les nuages.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman, un vrai polar et j’ai envie de lire d’autres titres de l’auteure avec le commissaire Adamsberg, et si pour une fois, je ne cherchais pas à « lire dans l’ordre » ? Je pense que c’est faisable, parce que l’auteure ne spoile rien ou si peu des autres intrigues et donc, je risque de lire Sous les vents de Neptune prochainement.

Encore merci Ludivine, je comprend maintenant pourquoi ce livre et cette auteure sont un coup de coeur pour toi !

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