Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue – Les nécrophiles anonymes -1 de Cécile Duquenne

nécrophiles T1Editions Voy'[el], 185 pages, 10€

4ème de couverture

Népomucène, préposé à la Morgue, mène une vie tranquille et nocturne en compagnie de Bob, vampire d’environ 150 ans d’âge. Lorsqu’il manque devenir la cinquième victime d’un mystérieux assassin, son ami de longue date mène l’enquête. L’immortel est certain qu’une autre créature surnaturelle a commis le massacre.

Mon avis

Une lecture détente, rapide et amusante !

Népomucène est un jeune homme assez banal, un brin timide mais sympathique qui travaille de nuit à la Morgue et ça lui convient très bien. Il ne saute pas de joie à l’idée de voir ses collègues de jour (et c’est réciproque) notamment sa supérieure qui le harcèle lourdement. En commençant son travail, il était loin de se douter qu’il allait plonger dans un univers étrange, peuplé de créatures qui ne le sont pas moins. Et pas plus loin que dans un des frigos de la Morgue où il rencontre Bob, un vampire dandy qui a élu domicile là.

Quand son travail sur les morts est terminé, les deux acolytes font quelques petites expériences sur des corps.. d’animaux ! Ils cherchent la limite entre la vie et la mort. Mais un jour une horrible découverte est faite dans rue de la Morgue et les deux amis vont devoir enquêter sur un quadruple assassinat qui sent le surnaturel à plein nez.

Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue est un roman court, avec ses loufoqueries, de petits défauts mais dans l’ensemble, c’est une bonne lecture détente, sans prise de tête et sympathique comme son auteure. L’intrigue n’est pas forcément des plus originales – j’avais compris très rapidement qui était derrière les assassinats – c’est plutôt le second degré qui fait l’originalité du texte. Ainsi que les références, les clins d’œil et l’humour distillé par Cécile Duquenne. Oui oui vous avez déjà soupçonné cela avec le titre du livre, hommage à Poe mais ce n’est pas la seule référence, il faudra le lire pour découvrir les autres.  Certains passages vous feront penser à d’autres auteurs, aux séries TV de notre adolescence (ah James ❤ ).

Toutefois, j’ai trouvé le roman un peu court pour apprendre à connaitre et donc m’attacher aux personnages. Mais j’ai apprécié les suivre et voir comment ils allaient se débrouiller pour mettre le coupable hors d’état de nuire. Les personnages secondaires sont aussi barrés ou étranges que Népo et Bob, à croire que mettre le pied dans le surnaturel vous retourne le cerveau, sauf pour Népo ^^ En tout cas, cela donne une galerie de personnages haute en couleur et amusante.

La plume de Cécile est agréable, fraîche et drôle. On sent qu’elle s’est amusée à écrire son texte. Je lirai avec plaisir la suite des Nécrophiles anonymes 🙂

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Notre-Dame des loups d’Adrien Tomas

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4ème couverture

1868, aux confins de l’Amérique, les Veneurs, une petite troupe d’hommes et de femmes sans foi ni loi, aux munitions forgées d’argent, l’âme froide comme l’acier, parcourent les immensités de l’Ouest sauvage.

Ils s’enfoncent, la peur au ventre mais déterminés, dans les gigantesques forêts que seuls les Indiens et les pionniers arpentent. Ils connaissent leur mission : elle pue le sang et la mort. Elle a le son des chairs qui se déchirent et des os qui rompent, des incantations vaudou, des balles qui sifflent et des molosses qui aboient. Au loin, les premiers hurlements se font entendre. La chasse commence… Une chasse qui doit réussir quel qu’en soit le prix. Une chasse pour abattre leur plus terrible ennemie : Notre-Dame des Loups…

Mon avis

Une très bonne lecture ^^

J’avais promis à Adrien que je lirai un de ses romans pour les Halliennales en octobre et enfin, je tiens ma promesse, j’ai pris le plus fin pour être sure de le terminer et je suis bien contente d’avoir redécouvert l’écriture de cet auteur très sympathique.

En 1868, en Amérique, les Veneurs recherchent la Dame qui a donné naissance aux Rejs, les loup-garous qui attaquent les villages et les voyageurs la nuit. La troupe est composée d’hommes et de femmes venus d’horizons différents. Des tireurs comme Arlington ou Winters, un maitre de chasse : Jack, un artilleur Jonas Jorgensen, une dresseuse et ses chiens : Evangeline et le fondateur de la troupe des Veneurs : Würm, qui vient de l’ancien monde. Chacun a ses bizarreries et ils se supportent comme ils peuvent.

Ils traquent dans les étendues glacées, à plusieurs heures voire de jours de cheval des villages, les groupes de garous de la région. Leur but ultime étant de mettre la main sur celle qui les créa tous, la louve surnommée Notre-Dame des loups.

Chaque chapitre présente le point de vue d’un membre de la Venerie, sa façon de voir leur mission, ses liens plus ou moins tendus avec les autres membres, … Le premier « à s’exprimer » est Aidan un Irlandais, qui a pris sa place dans la Venerie comme tireur. Le lecteur apprend comment il est arrivé dans ce groupe et en quoi consiste la traque. C’est lui qui en premier indique comment se compose la Venerie afin que le lecteur comprenne bien comment fonctionne le groupe. Chacun a son rôle et se doit de respecter et suivre le maître de chasse qui décide de tout.  Et il faut savoir que s’il arrive que la composition du groupe change, jamais personne ne quitte la Venerie de son plein gré…

Au fur et à mesure du récit et des changement de narration, le lecteur en apprend plus sur la Venerie, la façon dont elle a été créée, qui commande; sur les particularités des membres du groupe et sur la Dame. On comprend rapidement que quelque chose ne va pas au sein du groupe, la traque se poursuit mais la Venerie commence à perdre des membres de façon étrange. Que se passe-t-il ?

Les changements de personnage, de façon de parler, de voir les choses, leur psychologies sont bien maitrisés par l’auteur. C’est vraiment intéressant de voir comment sont réalisés les changements de narration. L’intrigue est parfaitement menée, il y a des rebondissement et la surprise dans l’intrigue est au programme de cette lecture. Le style est direct et concis.  L’ambiance western me faisait un peu peur mais finalement la façon de traiter l’histoire est originale et la lecture est agréable. L’atmosphère devient oppressante au fil du récit, le lecteur découvre des personnalités complexes et sombres. On se demande ce qu’il se passe et pourquoi les choses arrivent ainsi. Comme le récit est court et le rythme rapide, le lecteur n’a pas le temps de faire trop de conjectures, d’échafauder trop de théories et la surprise est au rendez-vous, aussi bien à la fin des chapitres, qu’à la fin du roman.

C’est court oui mais vraiment très chouette. L’histoire est originale, notre poste d’observateur au sein de la Venerie est un gros plus. Arriveront-ils à trouver la Dame ou seront-ils décimés avant d’avoir la chance de l’approcher ? J’ai beaucoup aimé les personnages de Würm l’allemand étrange derrière ses lunettes fumées qui ne le quittent jamais, Evangeline l’ancienne esclave adepte du vaudou et Waukahee une indienne qui cherche la même chose que les Veneurs. Chaque personnage apporte un point de vue  et on en apprend bien plus sur le groupe de cette façon tout en conservant des parts de mystère. Le lecteur découvre leur passé, leurs impressions, … et on n’a pas l’impression de lire un roman si court que cela finalement. Une belle découverte. Le livre est sorti en poche depuis agrémenté d’une nouvelle inédite, que j’avoue j’aurais bien lu pour prolonger le plaisir de la lecture ^^

La chasse aux marqués de Tesha Garisaki

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Editions Voy’[el], collection e-court, ebook, 0,99€

4ème de couverture

La magie est interdite à Sarèje. L’Inquisition n’hésite pas à se servir d’androïdes pour tuer les « marqués », détenteurs de tatouages aux propriétés magiques. Natalia est l’un d’eux. Sa vie est consacrée à soigner les gens, comme l’y a prédestinée sa marque. Mais ce soir, elle est prise en chasse par un modèle expérimental.

Mon avis

Comme toujours, je remercie les éditions Voy’el et Manon pour ce partenariat très enrichissant et plein de découvertes !

Cette fois-ci, je découvre la plume d’une auteure que j’ai déjà croisé en salon, Tesha Garisaki, mais à l’époque elle n’y était pas en temps qu’auteur, mais comme directrice d’anthologie et aussi créatrice de bijoux ^^ Et je suis très contente de découvrir aujourd’hui sa facette auteure et sa plume.

Le lecteur découvre un nouvel univers, dans lequel, la magie est interdite depuis la mort de l’Honorable Chancelier. L’Inquisition traque à l’aide d’androïdes les marqués, ceux qui disposent de pouvoirs. Parmi les marqués, Natalia et son père Leonar Longbart dont la spécialité est la guérison. Alors que Natalia reçoit un message d’une cliente et doit se rendre au Dédale, 6 hommes de l’Inquisition expérimente un nouveau prototype de Lupo, plus perfectionné et plus précis qui va faire augmenter le nombres de marqués retrouvés et éliminés. Natalia serait-elle en danger?

Voici un e-court qui m’a vraiment beaucoup plu ! J’ai adoré le traitement de l’histoire, le monde créé en quelques phrases par Tesha. Dans une société où la magie a été banni, le lecteur assiste au premier essai d’un lupo B, androïde évolué qui fait un peu froid dans le dos. La façon d’amener la traque est vraiment sympa et va parfaitement au genre de la nouvelle.

En quelques pages seulement, je me suis attachée à Natalia et à son père. Un événement récent les a marqué émotionnellement et malgré les inquisiteurs et les Lupos, ils font preuve de courage et de bonté. Marqué du don de guérison, ils peuvent aider leur prochain. Et même si Leonar ne se sent plus la force de sortir, sa fille Natalia prend des risques pour aider ceux qui en ont besoin. Elle ne se voit pas abandonner les gens qui ont besoin d’elle. Et puis le prétexte invoqué par les dirigeants pour bannir la magie, le suicide du Chancelier, poussé par un marqué, ne tient pas debout. Il est alors hors de question de se terrer. Continuer c’est combattre.

Autant, je me suis attachée à Natalia, autant j’ai détesté Pashell, typiquement le genre de personnage qui fait peur, parce qu’il ne raisonne pas du tout comme nous. Un lien étrange le lie aux androïdes et c’est peut-être ce qui fait le plus « flipper ».
Même si on voit bien venir les choses, j’ai beaucoup aimé les capacités des marqués et même j’aurai vraiment aimé en découvrir plus sur eux. Les différents types de pouvoirs, leur place dans la société etc. Je pense qu’il y a matière à un développement de l’univers qui me plairait beaucoup ^^ Je ne serais pas contre, si ce n’est lire un roman, au moins replonger dans l’univers à travers d’autres nouvelles qui pourraient mettre en lumière d’autres types de marqués.

Voici donc un texte peut-être pas poétique comme les précédents mais dont l’histoire m’a vraiment plu. J’ai beaucoup aimé la plume de Tesha, naturelle et fraiche, que je retrouverai bientôt dans un autre e-court, toujours en partenariat avec Voy’el : Faim du monde, une histoire dans un genre différent.

Encore merci aux Editions Voy’el et à la collection e-court pour ce partenariat.

Le puits des mémoires – T1 La Traque de Gabriel Katz

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Scrineo, 16,90€, 398 pages

4ème de couverture

Trois hommes se réveillent dans les débris d’un chariot accidenté en pleine montagne. Aucun d’eux n’a le moindre souvenir de son nom, de son passé, de la raison pour laquelle il se trouve là, en haillons, dans un pays inconnu. Sur leurs traces, une horde de guerriers, venus de l’autre bout du monde, mettra le royaume à feu et à sang pour les retrouver. Fugitifs, mis à prix, impitoyablement traqués pour une raison mystérieuse, ils vont devoir survivre dans un monde où règnent la violence, les complots et la magie noire.

Résumé

Nils prend conscience d’être. D’être enfermé dans un espace étroit sans lumière. D’être ballotté de gauche à droite. D’être vivant.  Quand une brèche apparait dans son champs visuel, Nils se rend compte qu’il voit, le ciel, la nuit, la neige,… et qu’il est enfermé dans une boite faite de bois. Et le temps passe, jusqu’à ce jour, où il se réveille dehors. Hors de son cercueil de bois. Il s’est prénommé Nils parce qu’il ne se souvient pas de qui il est, ni ce qu’il fait là. Et il n’est pas seul. En effet, il y a bien des soldats en armure et un homme comme lui mais ils n’ont pas survécu à l’accident. Et deux autres boites. Il se rend compte qu’un 3ème autre homme est éveillé mais toujours prisonnier de son cercueil. Lui non plus, n’a plus de mémoire. Et dans le 4ème cercueil, que vont-ils trouver ?

Mon avis

Une bonne lecture ^^

J’avais hâte d’enfin commercer cette trilogie qui attend depuis presque deux ans dans ma PAL. Tout vient à point… Bref. Le puits des mémoires est une bonne lecture. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre et je ne suis pas déçue. Pas non plus hystériquement enthousiaste, me direz-vous !

Le lecteur pénètre dans cette histoire par le noir total. J’ai beaucoup aimé la façon de faire de Gabriel Katz. On tâtonne autant que les héros, comme eux, nous ne savons pas ce qui nous attends. D’abord, c’est Nils qui s’éveille, enfin, Nils, il pense s’appeler ainsi. Il pense aussi être palefrenier, tout du moins, il aime les cheveux. Mais c’est tout ce qui lui vient en tête.  Il se demande toutefois à quoi il peut bien ressembler. C’est tellement étrange de ne plus savoir qui on est. Plus de passé. Nils découvre deux autres compagnons d’infortune : Karib, plus massif et surtout beaucoup plus bavard et Olen, assez joli garçon à ce qu’il peut en juger et un peu baratineur. Comme lui, ils ne se souviennent de rien, ni de qui ils sont, ni ce qu’ils font sur cette route de montagne, ni ce qui les a amené à se retrouver dans un convoi, enfermés dans des cercueils, prisonniers de drôles de soldats à l’armure bicolore.

Commence alors pour les 3 sans mémoire, une traque. Oui, car à peine remis de l’émotion de l’accident, ils tombent sur une troupe de mercenaires qui les recherche. Ils ne se donnent aucune chance de leur échapper quand, les réflexes reprennent le dessus et de quelle façon pour certains ! Une chose devient sure, il ne fait pas bon pour eux de suivre les grands chemins. Ils doivent se cacher. Mais où aller ? Et comment survivre ? Comment se mettre d’accord et faire confiance ? Ils décident d’aller de l’avant et pourquoi pas peut-être parvenir à découvrir un peu d’eux même en chemin. Un peu de leur passé. Un peu d’eux tout court.

Les 3 traqués vont vivre plusieurs péripéties, sans rentrer dans le détail, leur route vers la Vérité sera semée d’embûches. Le lecteur va découvrir d’autres personnages, le mercenaire qui se fait appeler Pirate, un émissaire du Nord qu’on surnomme l’Albinos, des alliés et des ennemis. Les ennemis qui m’ont bien intrigués d’ailleurs. Ah là là, dure dure d’en dire plus.

D’embuches et de révélations ! Oui, j’ai été surprise d’avoir déjà plusieurs révélations, ce qu’est le puits des mémoires par exemple ou encore qui sont les sans-mémoires… A moins pour pour cette dernière information, on nous mène en bateau ? En tout cas, je ne m’attendais pas à ça, c’est donc que découvrir qui sont les traqués n’est pas la finalité de la trilogie et que c’est donc autre chose ! Cela donne envie de lire se jeter sur la suite.

Le style de Gabriel Katz est plaisant et l’histoire est bien construite. J’ai bien aimé l’univers imaginé par l’auteur, rempli de magie noire et de croyances. Avec les mages et les nécromanciens, on découvre un monde parfois violent entre l’armée et les mercenaires à la recherche des sans mémoires. Le tout sous fond de complot, de coup bas, de retournages de veste. Cela donne une ambiance particulière. Un peu masculine ?
J’aurai bien aimé un peu plus de descriptions du Royaume d’Hélion, comprendre un peu plus sa position avec les autres royaumes. Peut-être en découvrirais-je plus dans la suite ?

Pourquoi je ne suis pas d’un enthousiasme hystérique ? Parce que, même si ma lecture a été bonne, j’ai pas non plus, ressenti le besoin pressant de me jeter sur ma lecture. Parce que j’imaginais un peu de second degré dans le caractère des personnages et que je ne l’ai pas eu. Peut-être dans la suite ?
Bref, vous l’aurez compris, j’attends plus de la suite, de la trilogie globale pour me renoncer 🙂

Projet Harmonie de Christophe Nicolas

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Editions du Riez , 342 pages, 19,90€

4ème de couverture

Yannick Diaz, journaliste dissident, vient de perdre sa place au Républicain suite à l’écriture d’un essai sur les médias qui n’épargne personne. Depuis son malaise en direct sur le plateau d’un débat télévisé, d’étranges images se bousculent dans sa tête : l’épidémie de grippe qui s’étend en Amérique latine, le visage bouffi du ministre de l’Intérieur et le nom d’un laboratoire… LAMIPROH. D’où viennent ces souvenirs qui ne sont pas les siens ?

À peine évoque-t-il ses visions que son confident est assassiné. Accusé du meurtre, la police aux trousses, il doit trouver les preuves de son innocence. Mais il y a plus en jeu que son seul avenir. Peut-être celui de l’humanité tout entière…

Après Un Autre, Christophe Nicolas nous démontre une nouvelle fois sa grande maîtrise du suspense avec ce thriller frénétique.

Résumé

Le professeur Guiraud règle les derniers détails de sa toute dernière expérimentation. Elle lui sera fatale, il en a bien conscience, mais il a tant à se faire pardonner alors si ça fonctionne, tout le monde y gagnera.

De son côté Yannick Dias, journaliste, est invité dans une émission de TV suite à la sortie de son livre « Publi’reportage » où quand la presse écrite devient l’arme publicitaire des grands groupes qui la détiennent. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’en dénonçant le monde gangréné de la presse écrite, il ne s’est pas fait des amis… Il n’a même plus de travail. Qui voudrait encore de lui dans cet univers journalistique ? Yannick est très stressé par le passage en direct même s’il s’agit d’une chaine câblée.

Mathias, vrai ami, faux ennemi, ancien collègue, décide de regarder l’émission en direct. Quand il voit soudain Yannick s’effondrer devant les autres invités. Quand Yannick se réveille à l’hôpital, un reportage TV réveille en lui quelque chose, il appelle Mathias pour que ce dernier se renseigne pour lui sur un curieux laboratoire… Et si Yannick de façon insoupçonnée venait de mettre le doigt dans un terrible engrenage ?

Mon avis

Un très bon roman !

La 4ème de couverture parle d’un thriller frénétique et c’est bien le cas ! On ne s’ennuie pas une seconde, c’est écrit à la façon d’une course contre la montre,  d’une course poursuite, ça va vite, c’est rythmé, les pages se tournent véritablement toutes seules ! C’est dire si le lecteur est plongé dans cette histoire qui mêle thriller et anticipation, réalisme et fantastique.

Yannick Dias est journaliste. Pour lui, le métier, c’est parler, écrire, dire tout ce qui se passe même si cela blesse, dénonce, détruit. Avec son passé un brin révolutionnaire, quand il découvre que la presse écrite n’est pas la presse indépendante en laquelle il croit, il agit. Avec son collègue, il enquête, découvre des preuves et dénonce tout dans un livre. Qui n’a pas plus à ces supérieurs forcément. Contraint de partir du journal qui l’employait, Yannick se consacre à la promotion de son livre mais surtout se bat pour que la vérité éclate. Qu’est-ce qui va lier ce journaliste au Professeur Guiraud ? Cet homme qui tente son ultime expérience. Qui cherche à transmettre tout ce qu’il sait avant de disparaitre. Pour se sauver. Pour afin agir. Pour la mémoire de son fils Lucas.

On suit donc Yannick qui se retrouve pris malgré lui dans une enquête sur un laboratoire accolé à une clinique qui lui sert de couverture. Il s’y passe des choses pas très légales, horribles. Cette enquête va remontrer très vite aux oreilles des personnes qui n’ont pas du tout intérêt à ce que le monde apprenne leurs expériences. Yannick est alors en danger. Le lecteur suit aussi le Professeur Guiraud et découvre progressivement la nature de sa dernière expérience. Et enfin, quand un meurtre se produit dans l’entourage de Yannick et que celui ci est le coupable désigné par les preuves,le lecteur passe du côté de l’enquête de police. Pas le temps de s’ennuyer donc !

Christophe Nicolas laisse volontairement des éléments flous afin que son lecteur reconstitue le puzzle. La construction du récit est vraiment très bien faite. On collecte les indices, on assiste à des recoupements. Yannick met la main dans quelques choses d’énorme qui prend de l’ampleur au fur et à mesure du récit. L’auteur nous sert un mélange réussi entre thriller, récit avec une pointe de fantastique et roman d’anticipation. Les  révélations montent crescendo vers l’insoupçonné.

Le roman permet une grosse réflexion sur plusieurs thèmes de société. Jusqu’où la science et le système iront-ils sous couvert d’idéaux ? Qu’est donc vraiment le journalisme et peut-on encore être indépendant dans notre société ? Que nous cache-t-on ? Sommes nous entourés, gouvernés par des monstres ? Agissons-nous bien dans l’intérêt commun ? Faisons-nous les bons choix? Un récit que l’on peut prendre à la fois comme un thriller construit et haletant, et comme un roman qui nous fait nous interroger sur nous même, la société, la politique, … Projet Harmonie est vraiment très intéressant, oui, il se lit rapidement, mais il n’en est pas moins assez complet !

Je retrouve avec plaisir le style percutant, fluide et vivant de Christophe Nicolas. Qui comme pour Un autre, ne prend pas de gants avec ses personnages. On tremble pour eux et on a vraiment envie de savoir s’ils peuvent s’en sortir, comment ils vont s’y prendre, s’il y aura des dommages collatéraux.

La lecture est très rapide grâce au style de l’auteur et sa façon d’alterner les événements. Cela sert très bien le récit, toutefois, je n’aurai pas été contre quelques passages en plus sur le passé du professeur Guiraud et sur ce qu’il voit tout autour de lui.  Et peut être aussi un peu de développement sur l’enquêtrice ou le passé de Yannick. Peut être pas essenties pour l’histoire mais de quoi prolonger un peu le plaisir de la lecture ! En dehors de ces points, j’ai beaucoup aimé les thématiques, la façon de construire l’histoire, la critique de la société, les complots et la traque. La fin est bien vu également. L’ouverture m’a beaucoup plu.

Projet Harmonie est un très bon second roman, différent du premier. Dénonciateur des excès, espérons que Christophe Nicolas ne touchera pas juste avec le côté anticipation. Sinon gare à nous. Vite le prochain roman (comment ça, j’met la pression 😉 ) !!!!  J’ai été ravie de  rencontrer enfin Christophe Nicolas aux Imaginales, j’espère que ça ne sera pas la dernière fois qu’on se croisera sur un salon ^^

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Le sacrifice des damnés (Le cycle des âmes déchues, T2) de Stéphane Soutoul

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Editions du Petit Caveau, 14,90€, 181 pages

4ème de couverture

Fin du XIXe siècle. Paul de Lacarme, l’héritier d’un clan dévoué à la chasse aux vampires, regagne la demeure familiale après une longue errance. Sur place, il ne découvre que mort et désolation. Les résidants du domaine mis à sac ont été assassinés, mais surtout sa sœur est portée disparue.

Léonore de Lacarme couve en son sein un terrible enfant convoité par un groupe de fanatiques. La jeune femme enceinte pourra-t-elle échapper à ces individus prêts à tout pour accomplir leurs sombres dessins ? Et son fiancé, cet amant à présent devenu un prédateur aux mœurs sanglantes et à la séduction irréelle… peut-elle encore lui accorder sa confiance ?

Paul de Lacarme va tenter l’impossible pour retrouver l’unique famille qui lui reste et la soustraire à un funeste destin. À moins que la trahison d’un ancien amour ne le précipite lui aussi au cœur d’un piège sans retour…  

Résumé

1899, Léonore de Larcame et son ami Norman sont en fuite. La demeure familiale de Léonore a été dévastée, mais ce ne sont pas l’argent ou les trésors que cherchaient les vandales.  Mais Léonore et son conjoint eux-même. Parvenu à se soustraire à ceux qui les ont enlever, ils reçoivent l’aide inespéré d’une jeune femme Sélène. Elale les met à l’abri, l’occasion pour Léonore de se reposer, bientôt au terme de sa grossesse, cette mésaventure l’a beaucoup affaiblit. Elle se remémore alors l’enfer qu’elle vient de vivre…

Mon avis

Une excellente lecture !

J’ai retrouvé avec plaisir la plume magnifique de Stéphane Soutoul, c’est à chaque fois un plaisir de lire un de ses textes, tant il a l’art de nous transporter dans un univers sombre et différent, ici au 19ème siècle. J’avais adoré le premier tome du cycle et je suis toujours autant emballée !

L’action se déroule un peu plus d’un an après Le mal en la demeure. Les deux textes pourraient se lire indépendamment mais c’est quand même plus sympa de lire le cycle en entier ! Toute fin 1899, le style d’écriture est toujours adapté à l’époque contée. Même si cette fois-ci, l’atmosphère n’est pas aussi marquée et que l’histoire se prête un peu moins à la description des us et coutumes de cette époque. Parce qu’il s’agit d’un tome, où l’action prime par rapport au précédent.

L’histoire et la trame est différente du premier, j’apprécie énormément quand on nous évite les répétitions. Quand on referme un tome d’une saga et qu’on se dit « voilà je n’ai pas eu l’impression de relire la même chose » et là c’est vraiment chouette ! Alors bien sur on reste dans le thème vampirique mais les personnages et ce qui leur arrive changent et ça renouvelle totalement le récit tout en gardant une continuité, des liens et l’esprit du premier tome.

J’ai beaucoup apprécié retrouver Léonore de Larcame, ce personnage m’avait déjà bien plu dans la nouvelle qui finissait Le mal en la demeure. Elle a changé, elle attend un enfant et a un homme dans sa vie. On tremble pour elle dans ce tome, pour elle, pour la famille Larcame. J’ai beaucoup apprécié Norman, son fiancé, surtout la psychologie de ce personnage qui lutte contre la fatalité. Il doit lutter contre des instincts qu’il exècre et son amour pour Léonore. La dualité qui se fait jour en lui est vraiment bien écrite, bien décrite. On ne peux qu’être révolté parce qu’il lui arrive et compatir à sa souffrance. Le lecteur également découvrira Paul, le demi-frère de Léonore, le grand absent du tome 1, que l’on apprend enfin à connaitre.

Dans ce tome, j’admire la façon dont Stéphane Soutoul surprend son lectorat en malmenant ses personnages. Oui, ce cycle, la destinée des Larcames est dramatique et je m’y attends, il n’empêche que je suis quand même surprise par la tournure des événements ! Les personnages de ce tome sont attachants, courageux, humains, avec des points fort et des faiblesses. Les ennemis de ce tome, font froid dans le dos. Trahison, vendetta, ambition, folie, cruauté,… un panel qu’on nous réserve certainement dans la suite, je pense. En tout cas, il est probable qu’on retrouve un personnage que je sais déjà détester au plus haut point !!!!

A la fin de ce récit, comme pour le premier, le lecteur découvrira une nouvelle qui prendra comme personnage un nouveau membre de la famille Larcame. On découvre donc quelqu’un qu’il sera plus que très intéressant de suivre dans le tome 3 ! Cette nouvelle donne sans soute le ton de la suite et je suis impatiente de la lire ! Entre ténèbres et lumière, entre espoir et désolation, je sens que je dévorerai le tome 3 autant que les deux premiers opus de ce cycle !

Le sacrifice des damnés est une digne suite du mal en la demeure, différente mais qui compète à merveille le cycle. C’est très bien écrit, délicat et cruel à la fois. Le style est un peu moins « victorien » que le premier tome mais on excuse bien volontiers l’auteur car il nous réserve de l’action, des surprises et des retournements de situation !

Cette chronique est assez courte mais ça serait gâcher votre plaisir que d’en raconter trop ! Sachez en tout cas, qu’une fois de plus, je suis charmée par les histoires et la plume de Stéphane Soutoul, qui est adorable en plus, toujours disponible pour vous parler de ses livres et de ses idées en salon ! Je suis heureuse de savoir que j’ai encore le tome 3 à lire et que je lirai certainement en début d’année prochaine le tome 2 d’Anges d’Apocalypse (sauf si je craque avant!) ^^

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Piégée de Steven Soderbergh

avec Gina Carano, Michael Fassbender, Ewan McGregor, Antonio Banderas, …

Agent d’élite, Mallory Kane est spécialiste des missions dans les endroits les plus risqués de la planète. Après avoir réussi à libérer un journaliste chinois retenu en otage à Barcelone, elle découvre qu’il a été assassiné – et que tous les indices l’accusent. Elle est désormais la cible de tueurs qui semblent en savoir beaucoup trop sur elle… Mallory a été trahie. Mais par qui ? Et pourquoi ?

Mallory Kane (Gina Carano) est un agent d’élite, elle a rendez-vous avec quelqu’un mais ça n’est pas la personne attendue qui la rejoint. Après une bagarre déclenchée par Aaron (Channing Tatum) , un autre agent, Mallory s’enfuit au volant de la voiture de Scott (Michael Angarano), qui monte avec elle. Elle lui raconte alors les 10 dernières journées passées. Avec une équipe d’agent, elle a libéré un journaliste chinois détenu à Barcelone. Cette libération est une décision commune des gouvernements américains (Michael Douglas) et espagnols (Antonio Banderas). Une fois rentrée, Mallory est renvoyée à Dublin par son patron et ex-boyfriend Kenneth (Ewan McGregor) pour une nouvelle mission avec Paul (Michael Fassbender), un agent free-lance, elle se fait passer pour sa femme. Ils doivent rencontrer Studer (Mathieu Kassovitz). Mais rien ne se passe comme prévu pour Mallory…

Cela n’est pas facile de faire un résumé du film, il est complexe à raconter, il y a pas mal de personnages et pas mal de liens qui ne se découvrent qu’au fil du film. L’histoire est complexe mais on la comprend le long du film. C’est rapide, intéressant, il y a de l’action mais l’histoire n’est pas franchement originale. L’intérêt est de découvrir pourquoi Mallory a été piégée. Seulement, on voit un peu venir les choses et c’est parfois très confus ou peu explicite.

Il y a un sacré casting ! Les rôles sont bien distribués et chacun joue bien son jeu, malheureusement, on a pas trop le temps de s’attacher ou de tout comprendre des personnages, parce qu’ils sont nombreux. Je n’ai pas beaucoup aimé la réalisation de Steven Soderbergh. Des plans sont magnifiques mais d’autres à contre-jour ne permettent pas de garder l’ambiance voulue. Certains effets de style ne m’ont pas trop plu, ça alourdit les scènes, parfois, je me suis dit que ça manquait de rythme ou de musique, ou que certaines scènes étaient un peu trop longues.

Le rôle principal est tenu par Gina Carano, que je n’avais jamais vu, je pense. Elle est assez juste dans son rôle, quelque chose m’a gêné que je n’arrive pas à m’expliquer (la moue peut être ? Oui réflexion purement féminine!) mais je l’ai quand même trouvé bien.

J’étais contente de retrouver Antonio Banderas ou Michael Douglas, surtout ce dernier, même si son rôle n’est pas très développé et qu’on le voit peu, je trouve que ça crédibilise le film (oui je sais c’est bête mais bon).

Par contre, je n’ai pas trop compris le rôle et la trame liée à Studer, joué par Mathieu Kassowitz, il y a des lacunes dans la narration, c’est pas assez précis. Même si on comprend certaines choses, je ne fais que me demander : mais pourquoi ?

Je n’ai pas trop aimé la fin, ça va trop vite, il y a trop de non-dits et on reste du coup sur sa faim. C’est voulu, je pense, pas pour faire une ouverture, une potentielle suite, mais plus pour un effet de style. Mais ça n’est pas mon truc.
En plus, il fait 1h33 donc il y avait encore moyen d’approfondir la fin, je trouve.

Je sors mitigée de ce film. Le casting et l’action ne font pas tout. Je n’en dis pas plus sur l’histoire pour ne pas spoiler, c’est pas la plus originale mais c’est pas mal quand même. A voir donc mais peut être pas au cinéma.