Sorcières associées d’Alex Evans

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Auto-édition, ebook, 243 pages, 2,99€

4ème de couverture

Envoûtement de vampire, sabotage de zombies et invasion de gremlins font partie du quotidien du cabinet Amrithar et Murali, sorcières associées. Dans la cité plusieurs fois millénaire de Jarta, où la magie refait surface à tous les coins de rues, les maisons closes sont tenues par des succubes et les cimetières grouillent de goules, ce n’est pas le travail qui manque! Mais tous vous le diront: les créatures de l’ombre ne sont pas les plus dangereuses…

Résumé

Tanit et Padmé sont deux associées dont la spécialité est les enquêtes se rapportant au Pouvoir, à la magie, aux créatures surnaturelles. Elles sont installées depuis quelques temps dans un cabinet de Jarta, la cité millénaire où le commerce et l’argent sont rois. Quand se présente un vampire dans la salle d’attente du cabinet, Tanit reste maîtresse d’elle-même et accepte de le recevoir. C’est la première fois qu’une créature vient demander de l’aide contre un humain. Malgré les risques, Tanit accepte de s’occuper de son affaire. Puis se présente un industriel fortuné qui désire une enquête sur son usine, régulièrement sabotée. Il pense à une malédiction. Tanit n’en est pas convaincue mais l’appât de l’argent facile la pousse à accepter. Les sorcières vont se pencher sur ces deux affaires dont les enjeux risquent de les dépasser…

Mon avis

Merci à Alex Evans pour la confiance accordée et la découverte de ce roman auto édité.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, un vrai moment de détente.

Les sorcières Tanit et Padmé travaillent ensemble dans un cabinet depuis quelques années. Elles commencent à bien se connaître et leur affaire fonctionne bien. Parmi les missions qu’elles réalisent pour leurs clients : exorcisme, enquête sur les malédictions, recherche d’objets magiques, etc. Elles sont chacune leurs talents et leurs caractères et  c’est un duo qui se complètent bien.

Les deux sorcières sont amenées à travailler sur deux nouvelles enquêtes, une des plus surprenantes, aider un vampire à trouver celui qui l’a amené dans notre dimension et se sert de lui comme d’une arme. Et une autre demande, qui va mettre les deux enquêtrices mal à l’aise, celle d’un industriel qui a remplacé ses employés par une main d’œuvre gratuite et…. particulière.

Chacune des sorcières enquête à sa façon, pour Tanit, l’ancienne agent spéciale, c’est l’action qui prime, pour Padmé, c’est plutôt l’investigation, les recherches, les entretiens.  Chacune à son style dans le travail comme dans la vie privée. Car non seulement, nous les suivons dans leur enquête mais nous les accompagnons aussi en dehors de leur travail. Tanit est plutôt du genre à ramener des hommes chez elle, Padmé plutôt du style à préserver sa vie privée et à s’occuper de sa fille. Cependant, elles pourraient bien cacher leur jeu toutes les deux. Elles sont en tout cas très attachantes. J’ai beaucoup aimé les suivre et découvrir leur passé. L’auteur en donne assez pour que le lecteur les découvre avec intérêt et pas trop, peut-être, pour nous préparer une suite ?

J’ai trouvé l’intrigue bien ficelée, les informations glanées le long de l’enquête, les recoupements, les recherches, c’est vraiment très sympa. Jarta est une ville avec un gros potentiel, il peut s’y passer plein de choses étranges. L’auteur a créé un univers très intéressant, avec des peuples différents et amenés à s’affronter. Le récit est émaillé de vielles rancœurs, de tentions, du retour inexpliqué et inattendu de la magie. Jarta est la ville du commerce où très peu de choses sont interdites, ce qui donne une atmosphère singulière, faite des extrêmes, pauvretés et richesse, débauches et croyances,… Un mélange hétéroclite où tout peut arriver. Ajoutez à cela les créatures surnaturelles, les goules, les zombies, les gremlins, les succubes, … et vous obtenez un mélange détonnant !

Il y a beaucoup de rythme dans le récit, de l’action, des rebondissements. J’ai beaucoup aimé la double narration. Être tantôt avec Tanit , tantôt avec Padmé qui apprennent des choses différentes. On découvre ainsi deux fois plus la vie en ville, les habitudes, les traditions, le passé des personnages et des territoires. J’ai beaucoup aimé aussi la « morale » de l’utilisation de la magie. Comme un effet boomerang si on ne la prend pas au sérieux. J’aurai toutefois bien aimé un peu plus de « mythologie », l’origine du Pouvoir, un peu plus de développement sur les circonstances de son retour. Peut-être dans une suite. En tout cas, il y a matière pour.

Personnellement, je ne comparerais pas le récit à Conan Doyle et son univers.Il n’y peut-être pas assez de détails tordus, d’addiction et de déductions tireparlescheveuxmaispasvraiment pour ça mais Sorcières associées est rondement bien mené, porté par des héroïnes qui se prennent en main et ne se lasse pas marcher sur les pieds. Un gros plus pour l’ambiance steampunk très bien rendue. Très bien fondue dans l’histoire. Ni trop ni trop peu. C’est assez imagé pour qu’on se fasse une idée des inventions, du fonctionnement de certaines machines et pas trop détaillé pour ne pas alourdir le récit et laisser une place à l’imagination du lecteur.

Un bémol toutefois, les coquilles et fautes.  Je ne suis pas trop sensible à cela, elles ne m’ont pas empêchée de savourer ma lecture. Je pense que certaines, signalées, seront corrigées rapidement. Il serait vraiment dommage de s’arrêter à cela. Même si ce type d’aventure peut fleurir ces temps-ci, le récit et l’histoire sont originales. Il y a de l’humour, de l’action, du fond. Alex Evans est une auteur à suivre ^^ Et j’espère qu’il y aura une suite, ça me plairait beaucoup de replonger dans Jarta en compagnie des deux sorcières.

Dernier point, la couverture est superbe ! J’aime beaucoup.

Faim du monde de Tesha Garisaki

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Editions Voy’[el], collection e-court, ebook, 0,99€

4ème de couverture

Les étudiants mangent souvent des pâtes. Mais que connaissent-ils de la faim, la vraie ? Dans leur cité U cernée par les zombies, un petit groupe de survivants va en faire l’expérience.

Mon avis

Tout d’abord merci à Editions Voy’el, à la Collection e-court et Manon pour l’envoi de cet e-court 🙂

Benjamin est étudiant et court pour sauver sa vie. Poursuivit par des morts-vivants, il n’a pas trop le choix, il fonce vers la cité U et sa résidence, dans l’espoir qu’il pourra s’y calfeutrer. Il aurait du croire le gars qui avait annoncé la nouvelle dans l’amphi mais qui n’aurait pas pensé à une mauvaise blague ? Il arrive à proximité de la résidence juste quand les jeunes sont en train d’en barricader les portes. Heureusement son voisin de chambre le reconnait et convainc les autres de le laisser passer. In extremis.

Après un point sur la situation, les 13 étudiants de la cité U vont devoir s’organiser. Trouver à manger, s’occuper, espérer l’arrivée de l’armée…

Je retrouve avec plaisir la plume de Tesha, par contre, je ne suis pas fan du sujet. Moi et les zombies, on ne fait pas très bon ménage. Regarder un épisode de Walking dead en entier est un défi ^^ Mais ici, le format et la façon dont l’auteur aborde son sujet font que j’ai quand-même réussi à apprécier ma lecture. Tesha ne s’appesantit pas sur le phénomène zombie même si les jeunes se demandent ce qui a bien pu se passer. Elle développe surtout la psychologie des jeunes gens et notamment du point de vue de la faim comme le souligne le titre de cet e-court. Et le lecteur découvre alors le raisonnement très fin et juste de l’auteur sur la faim qui transforme les gens. J’aurai même bien aimé que cela soit encore plus long et plus développé. Attention, ce n’est pas non plus une thèse sur le sujet, le style n’est pas lourd.  Le développement de la nouvelle est très bien fait, la psychologie est fondue dans l’histoire.

Un peu comme une nouvelle qui traitait de l’absence de sommeil chez les gens, ici c’est l’absence de nourriture qui va pousser l’humain à des comportements auxquels il n’aurait jamais pensé. Mais est-ce une fatalité ? Est-ce que tout le monde va inexorablement agir de la même façon ? Que se passe-t-il dans la tête des autres ? Que devient-on ? Est-on alors si différent des choses qui nous traquent ?

Cet e-court plonge son lecteur dans la réflexion. Qu’est-ce que je ferai moi en cas d’attaque zombie ? Comment gérer la situation ? Comment gérer l’autre ? Comment gérer le manque ? Une nouvelle très intéressante qui se lit facilement, qui faut réfléchir. Qui vous permettra de découvrir Tesha ! Alors n’hésitez pas 😉 A lire même si comme moi, les histoires de zombies ne sont pas votre tasse de thé !

Merci encore à la collection e-court pour ce partenariat. Découvrir des auteurs et ici un même auteur dans deux styles d’histoire différentes est vraiment enrichissant.

Le faucheur de Terry Pratchett

9782266211918

Pocket, 313 pages, 7€30

4ème de couverture

Fantômes vampires, zombis, banshees, croque-mitaines… Les morts vivants se multiplient. Car une catastrophe frappe le Disque-Monde : la Mort est porté disparu (oui, la Mort est un mâle, un mâle nécessaire). Plus moyen de défunter correctement. Fini le repos éternel et bien mérité ! Il s’ensuit un chaos général tel qu’en provoque toujours la déficience d’un service public essentiel. Et pendant ce temps-là, dans les champs d’une ferme lointaine, un étrange et squelettique ouvrier agricole manie la faux avec une rare dextérité. La moisson n’attend pas…

Résumé

Vindelle Pounze, 130 ans, mage de son état, va bientôt disparaître. Comme tous les mages, il sait quand il rendra son dernier soupir. Et puis privilège des « grands » du Disque Monde, la Mort, lui-même viendra le chercher. Quand le moment fatidique arrive, l’esprit de Vindelle s’aperçoit qu’il n’y a rien, personne. Intrigué, il décide de regagner son corps. Alors que les autres mages de l’université de l’invisible prépare la cérémonie, son inhumation, le corps de Vindelle se lève et reprend le cours de … sa mort-vivante ?

En parallèle, d’étranges phénomènes surviennent, des objets apparaissent en ville comme… par magie ? Mais les mages s’interrogent ! Tout ça ne sent pas la magie, alors que se passe-t-il ?

Et si tout ceci était lié au fait qu’un Ancien ait donné un sablier à la Mort. Cadeau de départ à la retraite. A son tour de profiter de … la Vie ? Mais que faire pour profiter ? La Mort décide d’aller vivre sa vie comme aide de ferme… Après tout, s’il y a bien quelque chose qu’Il sait faire, c’est faucher. Et la moisson c’est sérieux !

Mon avis

Lecture commune du club de lecture, je me suis fait violence et j’ai lu ce 11eme tome, alors que je m’étais arrêté au 6 ou 7ème ! Moi qui n’aime pas lire dans le désordre, je suis maintenant convaincue qu’ils peuvent bien se lire dans l’ordre que l’on veut, même si je préfère avoir toutes les références en main ^^

Dans ce tome, on suit plusieurs personnages. La Mort a qui les envoyés d’Azraël, le Grand Ancien (le commencement et la fin des temps), ont fait comprendre que depuis qu’il a une personnalité, il doit donc comme chaque personne mourir. Un drôle cadeau de départ en retraite. Il reçoit un sablier à son nom. Il décide donc de profiter de sa vie, du temps qui lui est imparti. Puis le lecteur découvre (ou redécouvre) les mages, qui sont loin de l’image que l’on peut en avoir. Notamment, dans ce tome, on retrouve : l’archichancelier Ridculle (que l’on ne peut que lire en ajoutant un « i » entre le d et le c) , l’économe, le doyen et bien entendu Vindelle Pounze, que la Mort en retraite n’ait pas venu chercher ^^ Pourtant après plus de 100 ans de bons et loyaux services au sein de l’Université de l’Invisible, Vindelle avait fait son temps ! Les dialogues  entre les mages sont complètements barrés. Et heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon, ils ne seraient déjà plus là ! Leurs chamailleries, leurs discussions, leurs prises de bec sont à mourir de rire.

Tous les personnages sont attachants, drôles et loufoques. Encore une fois, les personnages secondaires sont bien développés et on a encore une bien belle palette de personnages ^^ Mme Cake, avec ses prémonitions, sa fille Ludmilla, le fantôme Un homme-sceau. Ce petit groupe sera d’une grande aide à Vindelle. Les membres du club du Nouveau Départ : Raymond Soulier mort vivant et ses slogans hilarants « Inhumés oui ! Inhumains non! »; le croquemitaine Crapahut et sa porte pour se cacher, les vampires : le mari qui ne veut plus se changer en chauve souris et la femme à l’accent… changeant ^^ …. Chacun a sa petite histoire, sa petite particularité,… et sert l’intrigue.

J’ai trouvé qu’il fallait s’accrocher un peu, la lecture était un peu plus ardue que pour certains des tomes que j’avais déjà lus. Mais une fois accrochée, j’ai beaucoup aimé cette histoire, les personnages, l’humour loufoque, les situations ubuesques. Avec un Vindelle errant comme une âme en peine de mettre fin à sa mort/vie et qui découvre que son cerveau fonctionne bien mieux maintenant qu’il est un « zombie ».  Et en parallèle, la Mort  qui découvre le quotidien des humains, le temps qui passe, la vie qui s’écoule, les doutes, le train-train mais aussi l’espoir, la douleur, tout ce qui fait la vie… Les passages avec ce personnage et ses conversations avec la fermière Mlle Trottemenu sont emprunts de poésie et de tendresse. L’histoire de cette vieille demoiselle est touchante et j’ai beaucoup aimé la fin.

Dans cette histoire, on peut y voir aussi des réflexions profondes et sincères sur l’existence, la vie, le temps qui passe et qui ne laisse pas la même impression sur tout le monde. Les mages qui vivent vieux mais qui il faut bien le reconnaitre ne servent pas à grand chose, les arbres qui le temps d’une conversation perdent un ou plusieurs de leurs congénères, etc. la Mort qui angoisse des secondes qui s’égrainent comme le sable du sablier. Mais également, des réflexions sur le mode de vie des gens, les apparences, sur la surconsommation. Le trop plein de force vitale qui engendre des besoins en génération spontanée ^^ Bref, beaucoup de choses futiles et de choses profondes dans ce tome. On sourit beaucoup et on rigole même parfois à la lecture de ce tome décalé, bien barré mais on peut aussi se mettre à réfléchir (mais pas trop quand même hein 😉 )

C’est de nouveau un très bon tome qui se lit vite, toujours bien écrit, mêlant à la fois le ton sérieux et l’humour, de la parodie comme je les aime. J’accroche toujours autant à l’univers du Disque-monde. J’ai beaucoup aimé l’histoire et les thèmes abordés par ce tome. J’ai, de nouveau, aimé retrouver le décalage et l’humour de Pratchett, son style. Cette façon qu’ont les personnages à prendre au pied de la lettre les expressions, notamment la Mort. J’adore vraiment ce personnage, c’est mon préféré dans les récurrents et puis j’ai enfin fait la connaissance de la Mort aux Rats « COUIIII » ^^

Je ne sais pas encore si je reprendrais dans l’ordre (au 7ème ou 8ème ?) ou si je lirai ceux qui me tentent le plus. En tout cas, ce qui est sur, c’est que je compte bien continuer d’en lire un de temps en temps. Sir Terry vivra à jamais à travers ses livres et ses histoires ❤

Les errants T1-Origines de Denis Labbé

Les-Errants-Tome-1-de-Denis-Labbe

Les éditions du Chat Noir, 286 pages, 19,90

4ème de couverture

Que faire quand on est une adolescente et que le monde s’écroule autour de soi ?
C’est la question qui se pose à Marion, seize ans, que rien ne préparait à une telle catastrophe. Lors d’un voyage scolaire au camp de travail du Struthof, certains de ses camarades et de ses professeurs sont frappés par un mal étrange.
Alors que l’épidémie se répand, elle essaie d’y échapper, en compagnie d’un groupe d’amis rescapés. Mais sans l’aide d’adultes, la tâche va s’avérer délicate et la vie en communauté pas si aisée que cela.

Résumé

Marion est en visite scolaire avec son lycée dans les Vosges et plus particulièrement au camp de travail du Struthof. Marion se retrouve dans un groupe de 13 élèves sous la surveillance de la pire prof en mesure d’encadrer des lycéens. Dans son groupe, peu de gens qu’elle côtoie régulièrement, elle est donc séparée de sa meilleure amie et connait assez mal une partie de ceux qui l’accompagnent. Pour la visite du camp et celle du centre européen des résistants déportés, les professeurs ont scindés les effectifs en deux. Marion et son groupe sont de ceux qui visitent d’abord le centre. A la pause de la mi-journée, la moitié des élèves déjeune en attendant que reviennent ceux qui sont partis en visite du camp. Mais ces derniers ne semblent pas pressés de rejoindre le reste des élèves ? Que se passe-t-il ? Poussée par sa nature curieuse, Marion va en découvrir plus que ses camarades sur ce qui se passe dans le camp. Rien ne sera plus jamais comme avant…

Mon avis

Le lecteur découvre donc Marion, une jeune lycéenne, dynamique et curieuse. Avec quelques soucis familiaux aussi. On la suit lors de sa visite du CERD et peu à peu on comprend avec elle qu’il s’est passé quelque chose  très récemment au sein de ce centre. Et on en mesure progressivement les conséquences. Marion nous parle aussi de quelques uns de ses camarades avec qui elle va se retrouver embarquée. Il y a ceux qu’elle connait : Nellie et Mélina, avec qui elle s’entend bien. Même si elles ont des préoccupations de fille qui passent un peu au dessus de la tête. Louis un fan de métal avec qui elle sort de temps en temps pour des concerts et Thibaut qui était dans sa classe en seconde. Et puis il y a 8 autres élèves qu’elle ne connait presque pas. Parmi eux, Jean-Michel, un passionné d’armes, qui fait froid dans le dos ; Steve le gars qui ne se rend quasiment jamais en cours et qui traficote pas mal et en général on préfère ne pas savoir de quoi il est question et Cornélia, une gothique taciturne toujours plongée dans ses boutiques romatico-sombres. Bref, toute une galerie d’adolescents différents qui vont devoir s’entraider.

Le récit ne manque pas d’action. Dans le sens où déjà Marion est atteinte d’une curiosité maladive qui lui fait prendre des risques, écouter aux portes, etc. Mais aussi parce que les errants « se mettent en marche » et que vous vous en doutez, ça ne sera pas joli, joli.

J’avoue au début du roman, j’ai eu un peu de mal. Avec le style. Avec Marion. Avec les errants. Je le reconnais, c’est mon premier livre avec des morts-vivants, ou des zombies ou des errants, parce que je n’aime pas ça. Mais comme l’auteur est convaincant et que ce sont les éditions du Chat Noir, ma maison chochoutte, j’ai tenté. Même si j’ai eu du mal au début, j’ai beaucoup aimé l’histoire et je garde ce titre comme une bonne lecture.

Quand je dis que j’ai eu du mal avec le style, ça n’est pas mal écrit au contraire mais j’ai tiqué sur certaines tournures ou certains mots. Et puis, je fais un peu un blocage sur les adolescents… Et comme c’est Marion qui raconte. Ce point est purement subjectif parce qu’il y a beaucoup de lecteurs que ça ne dérange pas. Pour ce qui est de Marion, mon ressenti s’est amélioré au fil de la lecture mais au début, elle m’a saoulée. Quand elle nous dit 3 fois qu’elle est curieuse, qu’elle a soif de connaissance etc. Je pense qu’on avait compris la première fois et son insistance, pour se dédouaner des risques qu’elle prend, ça m’a agacé. Mais elle a de bons côtés qu’on découvre au fur et à mesure de la lecture et j’ai fini par m’attacher à elle. Pour les autres ados… bien c’est des ados ! Tantôt, ils réfléchissent et c’est intéressant et tantôt on se passerait bien de leur blabla inutile ^^

Sinon, j’ai beaucoup aimé l’histoire, le point de départ dans les Vosges, au centre européen des résistants déportés. C’est aussi pour l’auteur l’occasion de nous rappeler une partie de notre Histoire et au lecteur de faire s’il le veut un devoir de mémoire. Une étrange épidémie se propage, le lecteur en découvrira les circonstances. J’ai bien aimé le fait de ne pas mettre tout de suite un nom sur ce qu’il se passe. J’ai apprécié aussi que l’héroïne soit non seulement confrontée à des phénomènes inexpliqués, à une ambiance étrange mais aussi obligée de conjuguer avec des camarades, parfois très différents d’elle. Elle en apprend pas mal sur elle même et sur les difficultés de la vie. Et nous on réfléchit, on se demande souvent comment on réagirait à sa place, si nous ferions comme elle ou pas.

Il y a parfois quelques clichés ou stéréotypes qui m’ont gênés, mais peut-être que je ne côtoie pas assez d’ados et que ça ne me semblerait pas si étrange parfois, si c’était le cas. Cependant, malgré ces quelques petits défauts, somme toute dus à mon ressenti personnel, l’histoire est prenante et j’ai eu envie de suivre Marion et les autres, de savoir ce qu’il allait leur arriver. Je me suis attachée à certains personnages et je me suis posée des questions sur d’autres : que deviennent certains ? que leur arrive-t-il ? L’auteur a dans ses tiroirs les réponses que nous pourront certainement lire un jour.

Après un début difficile, je ressors de ma lecture avec un ressenti positif ^^ J’ai le second tome dans ma PAL et je serai ravie de reprendre le chemin en compagnie de Marion et de ceux qui l’accompagnent. L’auteur m’a indiqué que c’était plus mature, plus sombre, je sens que ça va me plaire !