Le faucheur de Terry Pratchett

9782266211918

Pocket, 313 pages, 7€30

4ème de couverture

Fantômes vampires, zombis, banshees, croque-mitaines… Les morts vivants se multiplient. Car une catastrophe frappe le Disque-Monde : la Mort est porté disparu (oui, la Mort est un mâle, un mâle nécessaire). Plus moyen de défunter correctement. Fini le repos éternel et bien mérité ! Il s’ensuit un chaos général tel qu’en provoque toujours la déficience d’un service public essentiel. Et pendant ce temps-là, dans les champs d’une ferme lointaine, un étrange et squelettique ouvrier agricole manie la faux avec une rare dextérité. La moisson n’attend pas…

Résumé

Vindelle Pounze, 130 ans, mage de son état, va bientôt disparaître. Comme tous les mages, il sait quand il rendra son dernier soupir. Et puis privilège des « grands » du Disque Monde, la Mort, lui-même viendra le chercher. Quand le moment fatidique arrive, l’esprit de Vindelle s’aperçoit qu’il n’y a rien, personne. Intrigué, il décide de regagner son corps. Alors que les autres mages de l’université de l’invisible prépare la cérémonie, son inhumation, le corps de Vindelle se lève et reprend le cours de … sa mort-vivante ?

En parallèle, d’étranges phénomènes surviennent, des objets apparaissent en ville comme… par magie ? Mais les mages s’interrogent ! Tout ça ne sent pas la magie, alors que se passe-t-il ?

Et si tout ceci était lié au fait qu’un Ancien ait donné un sablier à la Mort. Cadeau de départ à la retraite. A son tour de profiter de … la Vie ? Mais que faire pour profiter ? La Mort décide d’aller vivre sa vie comme aide de ferme… Après tout, s’il y a bien quelque chose qu’Il sait faire, c’est faucher. Et la moisson c’est sérieux !

Mon avis

Lecture commune du club de lecture, je me suis fait violence et j’ai lu ce 11eme tome, alors que je m’étais arrêté au 6 ou 7ème ! Moi qui n’aime pas lire dans le désordre, je suis maintenant convaincue qu’ils peuvent bien se lire dans l’ordre que l’on veut, même si je préfère avoir toutes les références en main ^^

Dans ce tome, on suit plusieurs personnages. La Mort a qui les envoyés d’Azraël, le Grand Ancien (le commencement et la fin des temps), ont fait comprendre que depuis qu’il a une personnalité, il doit donc comme chaque personne mourir. Un drôle cadeau de départ en retraite. Il reçoit un sablier à son nom. Il décide donc de profiter de sa vie, du temps qui lui est imparti. Puis le lecteur découvre (ou redécouvre) les mages, qui sont loin de l’image que l’on peut en avoir. Notamment, dans ce tome, on retrouve : l’archichancelier Ridculle (que l’on ne peut que lire en ajoutant un « i » entre le d et le c) , l’économe, le doyen et bien entendu Vindelle Pounze, que la Mort en retraite n’ait pas venu chercher ^^ Pourtant après plus de 100 ans de bons et loyaux services au sein de l’Université de l’Invisible, Vindelle avait fait son temps ! Les dialogues  entre les mages sont complètements barrés. Et heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon, ils ne seraient déjà plus là ! Leurs chamailleries, leurs discussions, leurs prises de bec sont à mourir de rire.

Tous les personnages sont attachants, drôles et loufoques. Encore une fois, les personnages secondaires sont bien développés et on a encore une bien belle palette de personnages ^^ Mme Cake, avec ses prémonitions, sa fille Ludmilla, le fantôme Un homme-sceau. Ce petit groupe sera d’une grande aide à Vindelle. Les membres du club du Nouveau Départ : Raymond Soulier mort vivant et ses slogans hilarants « Inhumés oui ! Inhumains non! »; le croquemitaine Crapahut et sa porte pour se cacher, les vampires : le mari qui ne veut plus se changer en chauve souris et la femme à l’accent… changeant ^^ …. Chacun a sa petite histoire, sa petite particularité,… et sert l’intrigue.

J’ai trouvé qu’il fallait s’accrocher un peu, la lecture était un peu plus ardue que pour certains des tomes que j’avais déjà lus. Mais une fois accrochée, j’ai beaucoup aimé cette histoire, les personnages, l’humour loufoque, les situations ubuesques. Avec un Vindelle errant comme une âme en peine de mettre fin à sa mort/vie et qui découvre que son cerveau fonctionne bien mieux maintenant qu’il est un « zombie ».  Et en parallèle, la Mort  qui découvre le quotidien des humains, le temps qui passe, la vie qui s’écoule, les doutes, le train-train mais aussi l’espoir, la douleur, tout ce qui fait la vie… Les passages avec ce personnage et ses conversations avec la fermière Mlle Trottemenu sont emprunts de poésie et de tendresse. L’histoire de cette vieille demoiselle est touchante et j’ai beaucoup aimé la fin.

Dans cette histoire, on peut y voir aussi des réflexions profondes et sincères sur l’existence, la vie, le temps qui passe et qui ne laisse pas la même impression sur tout le monde. Les mages qui vivent vieux mais qui il faut bien le reconnaitre ne servent pas à grand chose, les arbres qui le temps d’une conversation perdent un ou plusieurs de leurs congénères, etc. la Mort qui angoisse des secondes qui s’égrainent comme le sable du sablier. Mais également, des réflexions sur le mode de vie des gens, les apparences, sur la surconsommation. Le trop plein de force vitale qui engendre des besoins en génération spontanée ^^ Bref, beaucoup de choses futiles et de choses profondes dans ce tome. On sourit beaucoup et on rigole même parfois à la lecture de ce tome décalé, bien barré mais on peut aussi se mettre à réfléchir (mais pas trop quand même hein 😉 )

C’est de nouveau un très bon tome qui se lit vite, toujours bien écrit, mêlant à la fois le ton sérieux et l’humour, de la parodie comme je les aime. J’accroche toujours autant à l’univers du Disque-monde. J’ai beaucoup aimé l’histoire et les thèmes abordés par ce tome. J’ai, de nouveau, aimé retrouver le décalage et l’humour de Pratchett, son style. Cette façon qu’ont les personnages à prendre au pied de la lettre les expressions, notamment la Mort. J’adore vraiment ce personnage, c’est mon préféré dans les récurrents et puis j’ai enfin fait la connaissance de la Mort aux Rats « COUIIII » ^^

Je ne sais pas encore si je reprendrais dans l’ordre (au 7ème ou 8ème ?) ou si je lirai ceux qui me tentent le plus. En tout cas, ce qui est sur, c’est que je compte bien continuer d’en lire un de temps en temps. Sir Terry vivra à jamais à travers ses livres et ses histoires ❤

Hommage à Sir Terence – Collectif

pratchett

Fan 2 Fantasy, 6€, 151 pages

4ème de couverture

Hommage à Sir Terence… Sir Terence ?
Comprenez Sir Terence David John Pratchett, plus connu sous le nom de Terry Pratchett, génial créateur du Disque-Monde. Sa saga “fantastico-burlesque” est devenue un incontournable du patrimoine mondial de la littérature.
Pourquoi lui rendre hommage ? Parce que cet auteur britannique, maître du récit et véritable magicien des mots, a réussi à l’aide d’une poignée de personnages loufoques et d’aventures rocambolesques à nous faire rire et rêver depuis presque trente ans.
Le thème de cette anthologie 2011 s’est imposé naturellement. C’est avec un grand plaisir que nous saluons dans ces pages l’auteur du Disque-Monde et l’un de ses habitants emblématiques : La Mort.
Installez-vous confortablement et découvrez ou redécouvrez ce personnage aussi drôle qu’effrayant, à travers la vision de 11 jeunes auteurs francophones qui rendent à Terry ce qui appartient à Terry.

Mon avis

Si comme moi, vous avez des périodes où vous captez pas grand chose à la vie, vous serez passé à côté de ce livre 3 ou 4 fois sur le Stand de Cindy en vous disant « sympa mais bon, c’est qui ça Terence ? » Et puis la honte suprême, vous vous rendez compte que Sir Terence oui c’est Terry Pratchett, celui dont vous avez tous les ouvrages dans votre bibliothèque (même si vous n’en avez lu que 6 pour le moment) et vous vous ruez sur votre libraire préférée avec le livre à la main, l’air de rien ^^

Bref, tout ça pour dire, que je connais un peu l’univers créé par l’auteur même si je suis loin d’avoir tout lu encore. Et que j’adooooore !!!! En plus, pour le moment mon personnage préférée est la Mort, ça tombe terriblement bien non ?

Alors ce recueil me direz-vous ? J’ai beaucoup aimé ! Certaines nouvelles plus que d’autres, j’ai apprécié retrouver la Mort dans plein de situations différentes. Les nouvelles sont souvent courtes mais ça ne m’a pas dérangée, en fait, c’est même sympa de passer d’un esprit à l’autre et voir à quelle sauce IL va être mangé par les auteurs ! Et puis en général dans les Pratchett (hors Mortimer, Le Père Porcher, Le Faucheur,…), la Mort n’est pas le personnage principal et donc même s’il est récurrent, ses scènes sont courtes et elles vous marquent ! Et donc pas de problème pour la taille des nouvelles pour moi.

Et la couverture du recueil est magnifique ❤

Marie Devigne : Peur enfantine

Une enfant a peur de la Mort, depuis un carnaval dans sa plus tendre enfance. Un jour, elle voit la Mort et cette peur empêche notre « héros » de quitter la ville de la petite fille.

Une première nouvelle assez courte mais très jolie, la petite peut voir la mort parce qu’elle en a peur et croit en elle, alors que de base, les gens autres que des mages et les sorcières, ne la voit pas. Comment lui faire comprendre que la Mort cette personnification anthropomorphique ne doit pas être crainte ?

Lydie Blaizot : Happy Halloween !

En 1930, Jack Franklin est au bord du désespoir et du précipice. La Mort en avance attend qu’il se jette dans le vide. Perturbé, Jack entame la conversation avec la Mort qu’il peut voir. C’est le 1er Halloween du quartier et Jack n’est pas satisfait, cependant, la Mort ne connaissant pas cette fête, Jack va lui expliquer en l’emmenant dans les rues animées.

J’ai beaucoup aimé l’idée de prendre le thème Halloween avec la Mort, et j’ai adoré quand il se met avec les enfants pour la collecte de friandise ! La plume de Lydie Blaizot que j’ai envie de découvrir avec un de ses romans est fort agréable.

Mathieu Guibé : Taux d’écolémie mortel

La Mort s’ennuie à mourir et répond à une annonce publiée par une école, il devient squelette intérimaire et accepte même de servir d’accessoire pendant une pièce de théâtre jouée par les élèves… de quoi traumatiser les jeunes esprits non ?

Contente de retrouve la si jolie plume de Mathieu Guibé avec cette histoire d’école et d’apprentissage. De jolis jeux de mots, l’esprit du personnage de la Mort est respecté, ça pourrait être dans un des livres du « maitre ».

Anthelme Hauchecorne : Sale petite Peste

1349, la Mort est submergé de boulot avec l’épidémie de peste qui traverse l’Europe, la Pestilence nie y être pour quelque chose, bizarre… La Mort se rend chez M. Marasme, mort depuis 6 mois, recueillir son âme malgré le retard du à la pandémie. A sa grande surprise, il découvre que Mme Marasme est enceinte mais de moins de 6 mois, que se passe-t-il ? Qui se cache derrière ça ?

Une nouvelle plus complexe que les précédentes, où je découvre avec joie le style d’Anthelme Hauchecorne (dont un de ses livres m’attend dans la PAL), c’est travaillé et piquant. Comme pour la nouvelle de Mathieu Guibé, on retrouve la Mort comme on se l’imagine dans l’œuvre de Pratchett. Et on assiste à la naissance d’un personnage intéressant !

Blanche Saint-Roch : Les histoires de la Faucheuse

La Mort s’ennuie et parfois elle assiste aux lecteurs d’une mère à sa fille, les histoire que la petite préfère sont celles où apparait la Mort. Un soir, après la lecture, la Mort repart accomplir sa besogne mais il est pris d’un étrange pré-sentiment et retourne chez la mère et sa fille…

Une nouvelle très bien écrite mais qui m’a dérangée. J’ai pas accroché à la Mort qui nous parle et qui n’agit pas comme il est sensé le faire. C’est dommage.

Anthony Boulanger : Le huitième métier

Les 3 chevaliers de l’Apocalypse (Guerre, Famine et Pestilence) se rendent sur la dernière planète ayant reçu le sérum immortalité, ils cherchent leur 4ème compagnon, la Mort… qui est depuis l’invention de ce sérum… au chômage !

Encore une nouvelle dans l’esprit des romans de Pratchett ! La Mort ne manque pas d’auto-dérision et de bon sens. On retrouve des clins d’œil aux personnages des Annales du Disque-Monde et les 3 chevaliers de l’Apocalypse sont très bien croqués en peu de page ! Drôlissime.

Nicolas Saintier : Mort de Lame

En recueillant l’âme du seul forgeron du coin, la Mort casse la lame de sa faux ! Comment faire pour la remplacer ? La Mort est contraint de se rendre dans une boutique spécialisée…

Et quelle boutique ! Et quel gérant ! La Mort fidèle à lui-même, une nouvelle très sympathique avec clin d’œil, jeux de mots et références contemporaines cinématographique, décalée, j’adore !

Anne Goudour : Aux couleurs de l’Âme

Gupuck l’aide de la Mort se rend dans une pharmacie spécialisée dans les sentiments, il pense que M. Gidéon, le propriétaire, peut aider la Mort, qui cherche à devenir humain.

Malheureusement, je n’ai pas trop accroché à cette nouvelle, même si la boutique de M. Gidéon est plus que très intéressante !

Nathalie Vadinc : Dé Faux

En plein repos sur son île, la Mort est dérangé par la visite d’un représentant en outillage agricole, Zénobe. Ce dernier réussit à lui vendre une faux dernière génération mais son utilisation ne se passe pas comme prévu…

Ah Zénobe, typiquement, un personnage qu’on pourrait retrouver dans les Annales ! Un peu à la Defleur dans les deux premier tomes ! Un style d’écriture très sympa, j’ai beaucoup aimé, notamment les « dialogues » entre Nathalie et la Mort, bien vu !

Matthieu Gousseff : La Mort se marre

Où quand la Nature pense que la Vie va bien s’éteindre d’elle-même non ? Et puis rapidement surtout ! Mais que non, décidément rien ne se passe comme prévu, surtout avec l’arrivée de l’Humanité… et alors la Mort se marre.

Une nouvelle très différente des autres, philosophique. J’apprécie l’auteur et sa franchise quand il dit (dans l’interview faisant suite à la nouvelle) qu’il est un peu l’intrus du recueil, n’ayant peu voire pas du tout lu Pratchett au moment de la rédaction de sa nouvelle, ça se sent mais elle est très bien écrite, subtile, et elle fait réfléchir !

Richard Mesplède : Duel Mort-Bide

La Mort s’ennuie à mourir et décide de se reconvertir en chasseur de prime ! Arizona 1881, la Mort prend pour contrat la mort du méchant du coin, pas si facile, si ?

Univers far-west, la Mort à contre-emploi, décalé, entre SF et western, c’est drôle et inattendu, surprenant aussi, vraiment pas mal !

J’ai passé un bon moment de lecture avec ce recueil qui permet à la fois de découvrir de jeunes auteurs (leur style, leur plume et puis une interview clôture chaque nouvelle) et de retrouver un personnage emblématique des Annales du Disque-Monde. Ce recueil devrait plaire aux fans de Pratchett (sauf peut-être les plus à cheval sur l’univers qui risquent de ne pas aimer certains « détournements ») mais également à ceux qui le connaissent moins. C’est un bon moyen de découvrir le personnage de la Mort et de donner envie aux lecteurs de se plonger dans les Annales du Disque-Monde. Sur 11 nouvelles, j’ai tiqué sur deux ou trois mais dans l’ensemble, c’était vraiment très bien. Contente d’avoir ce recueil dans ma bibliothèque en tout cas !

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Trois Soeurcières de Terry Pratchett

Pocket, 6€10, 287 pages

Lecture réalisée dans le cadre de la lecture commune du Club de Lecture Alille.com d’aout 2012.

4ème de couverture

Le vent, l’orage et les éclairs… Tout cela dans l’horreur d’une profonde nuit. Une de ces nuits, peut-être, où les dieux manipulent les hommes comme des pions sur l’échiquier du destin. Au coeur des éléments déchaînés luisait un feu, telle la folle dans l’oeil d’une fouine. Il éclairait trois silhouettes voûtées. Tandis que bouillonnait le chaudron, une voix effrayante criailla :  » Quand nous revoyons-nous, toutes les trois ?  » Une autre voix, plus naturelle, répondit : « Ben, moi j’peux mardi prochain. » Rois, nains, bandits, démons, héritiers du trône, bouffons, trolls, usurpateurs, fantômes, tous sont au rendez-vous. Shakespeare n’en aurait pas rêvé autant. Ou peut-être que si ? Mais l’avantage du roman par rapport au théâtre c’est que l’on peut s’autoriser beaucoup, beaucoup plus de personnages. Et même le ravitaillement en vol d’un balai de sorcière !

Résumé du début

C’est la nuit, trois personnages sont à la fin de leur réunion autour d’un chaudron… Trois sorcières réunies en convent, histoire de partager leurs expériences, leur façon de voir et de faire les choses,… Initié par Magrat Goussedail, jeune sorcière, elle se réunit avec Nounou Ogg, qui vit marié avec une ribambelle d’enfants après du château du royaume et Mémé Ciredutemps, la doyenne des sorcières…

Quand le roi Vérence, monarque du royaume de Lancre, s’aperçoit qu’il est hors de son corps, assassiné d’une dague dans le dos, la Mort s’adresse à lui et lui explique la situation:  il ne peut l’emmener parce qu’il semble que sa destinée n’est pas terminée, il doit donc hanter le château en temps que fantôme. Quelle désolation pour Vérence qui ne peut plus rien faire et encore moins se venger du Duc qu’il sait être coupable de son assassinat ! Et en plus son fils (un bébé) a disparu, la couronne royale aussi d’ailleurs.

Ils ont été emmené par les gardes auprès de Mémé Ciredutemps, seulement cette dernière ne sait pas bien quoi en faire ! Elle ne peut garder ni le bébé, ni la couronne et encore moins s’immiscer dans les affaires du royaume…

Mon avis

J’ai lu les 5 précédents. Une chance d’ailleurs, parce que comme pas mal de mes coupines, je n’aime pas lire les séries dans le désordre. Cependant, ayant lu les 5 précédents donc, je peux dire que ce 6ème livre peut se lire indépendamment, des autres. On retrouve d’univers si particulier du Disque-Monde bien sur mais les personnages principaux de ce tome, n’ont pas été vu avant (mise à part la Mort, présente régulièrement dans les livres, et plus particulièrement dans le 4ème tome : Mortimer)

Seule une allusion à un (autre) personnage des tomes précédents est faite mais franchement elle n’a pas d’importance dans cette histoire donc pas de problème si vous devait lire ce tome avant les autres.

Autant j’ai me souviens bien des 4 premiers, autant le 5ème tome ne m’a laissé de souvenirs impérissables et autant celui-ci je pense que je m’en souviendrais ! C’est un très bon tome qui se lit facilement et vite, toujours écrit sur le ton du sérieux et de humour à la fois, de la parodie comme j’aime. Je trouve que plus j’avance dans les annales du Disque-monde, plus l’univers créé me semble familier, plus le côté parodique revient aux personnages, plus qu’à l’ensemble de l’histoire, question d’habitude certainement. En tout cas, j’ai beaucoup aimé l’histoire et les thèmes abordés par ce tome.

Les trois sorcières ont des comportements, des physiques et des caractères différents. Entre la doyenne Mémé Ciredutemps, intransigeante, qui n’aime pas franchement perdre son temps et encore moins user de la magie si elle n’y est pas forcée, Magrat, la jeunette débutante, romantique, qui aimerait tant que les sorcières utilisent tous les trucs et astuces des livres, dans les traditions et Nounou Ogg, bonne vivante, qui s’est marié, a eu une ribambelle d’enfants, qui aime bien boire un coup et chanter des chansons paillardes, on a 3 personnages hauts couleur qui ne sont pas souvent d’accord, j’adore quand elles se chamaillent et se prennent la tête,  toutes  trois différentes ça fait des étincelles mais elles ont quand même une belle complicité.

Les personnages secondaires sont bien développés je trouve entre le roi Vérence mort et fantôme de son nouvel état pédant comme il faut, le duc et la duchesse antipathiques à souhait, le fou pas si fou, le fils du défunt roi Vérence, Tomjan et ses parents adoptifs, le nain Hwel, auteur des pièces de la troupe de théâtre, on a là une belle palette de personnages également.

Cette intrigue tourne autour du théâtre et on a beaucoup de référence au théâtre tel qu’on le connait nous. J’ai adoré quand Mémé Ciredutemps découvre le théâtre et qu’elle a le sentiment qu’on lui  ment et que tout est faux, elle s’énerve et ne comprend pas! Pas de mystère Trois soeurcières fait référence aux 3 sorcières de MacBeth de Shakespeare et il y a même un passage très plaisant et librement inspiré. J’ai beaucoup aimé également l’inspiration et les rêves de Hwel, il rêve de notre théâtre, de choses qui n’existent pas dans son monde et le décalage est très drôle. Prendre le sujet du théâtre en parodie, je trouve ça très bien trouvé, les auteurs de pièce ont toujours quelques choses à dénoncer sur la société, les personnages sont rarement pure invention, les faits sont faux mais pas vraiment, etc.

On sourit beaucoup et on rigole même parfois à la lecture de ce tome joliment décalé. Les amoureux de théâtre devraient repérer plus facilement que moi les références et les clins d’œil. Moi, j’y vois aussi des références à Hamlet même si c’est moi flagrant que MacBeth. Il faut aussi avoir de l’humour, et ne pas être rebuté par certaines formes de parodie, parce que sinon, je vois déjà venir les brimades et autres remarques acerbes.

Autre point en décalage et récurent dans Les annales du Disque-Monde c’est la vision de la magie, ici par les sorcières (par les mages, les rois, les humains, la Mort, dans d’autres tomes), c’est caustique. On ne doit pas rigoler avec la magie, c’est un sujet sérieux, tellement, que c’est à peine si on en fait vraiment !

J’ai aimé retrouver le décalage et l’humour de Pratchett, cette façon qu’on les personnages à prendre au pied de la lettre les expressions, voire une retranscription de nos expressions courantes dans l’histoire même (avoir du sang sur les mains par exemple).

Parfois, il y a quelques longueurs, mais l’ensemble : les personnages, les réparties, les prises de bec, l’humour, les références, … ont su me les faire oublier.

J’ai lu que Trois soeurcières avait été adapté en film d’animation en 1997 avec la voix de Christopher Lee dans le rôle de la Mort, ça me plairait bien de tomber dessus un de ces jours mais ça ne doit pas être facile à trouver. Des années qu’on parle d’un film aussi mais verra-t-il un jour le jour ? Le prochain que je lirai sera Pyramides et après avoir zieuté la liste des personnages, je ne retrouverai ni les sorcières, ni les mages ! Voilà pourquoi j’aime cette série, on découvre dans un même univers, plein de domaines, de personnages et de lieux qui sont indépendant, mais délicatement reliés entre eux.