Lucy’s Liberty de Célia Flaux

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Editions Voy’[el], collection e-court, ebook, 0,99€

4ème de couverture

À bord du Liberty, la famille de Lucy émigre vers une planète lointaine pour rejoindre les croyants qui partagent leur foi. Lucy est orpheline, et elle éprouve une profonde reconnaissance envers son oncle et sa tante qui l’ont recueillie. Toutefois, le quotidien à bord d’un vaisseau spatial lui réserve bien des surprises et des rencontres, dont certaines capables de changer sa vie.

Mon avis

Merci aux éditions Voy’el et Manon pour ce nouvel e-court dans le cadre du partenariat entre la collection et le blog 🙂

Lucy est orpheline, elle a été recueillie par son oncle et sa tante et élevée avec ses deux cousines. Sa famille est très croyante et refuse toute idée de technologie qu’elle serve au futile ou à l’amélioration du quotidien. Surtout pour l’oncle de Lucy qui considère tout ça comme diablerie, offense au Seigneur.

Toutefois, il va faire une exception pour quitter la Vielle Terre trop corrompue, trop industrialisée. La famille va réaliser un voyage spatial vers une nouvelle planète, où vivent déjà d’autres vrais croyants et où la technologie et l’industrialisation ne sont pas développées. Lucy décolle alors vers une nouvelle vie sans technologie, faite de contrition et dévouée au Seigneur.

Cependant, à bord du vaisseau, Lucy va faire des rencontres et va affronter des choses qui vont changer sa vie.

Cet e-court est sympa, mélange Young adult et science-fiction. Et il met en avant des thèmes forts comme la liberté, la tolérance, l’émancipation, les choix. Plus que le personnage de Lucy, auquel je l’avoue, je ne me suis pas complètement attachée, c’est ce qu’elle va apprendre sur elle même, les autres et la vie qui est intéressant. Elle va, à la fois, voir des choses magnifiques et vivre des choses douloureuses. Un apprentissage, comme un chemin initiatique. Peu développé cependant, format e-court oblige.

J’ai beaucoup aimé les Abott et Aslan en particulier, les liens entre la famille font sourire. Et inversement, les Believer la famille de Lucy m’ont horripilée. J’ai eu beaucoup de mal avec le fanatisme religieux de son oncle. L’auteure réussit donc très bien à nous faire détester ou apprécier les personnages. Et j’ai apprécié retrouver un peu de SF même si elle est un peu trop « jeunesse » et rapide pour moi.

Cet e-court se lit vite, facilement, c’est fluide, rythmé et il y a pas mal de thèmes traités en peu de pages : l’extrémisme, l’entraide, les différents aspects de la famille, la justice, etc. Dommage toutefois que ce soit un peu trop survolé pour le point de vue de Lucy, je ne sais pas, peut-être que j’aurai préféré une narration à la première personne, pour m’attacher un peu plus à Lucy et avoir plus de force et de détails dans ses réactions, ses sentiments. Pour moi, le voyage est trop court.

Je remercie à nouveau les membres de la collection e-court et les éditions Voy’el pour ce partenariat riche en découverte ^^

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Folie(s) : 18 textes échappés de l’asile – Collectif Les artistes fous associés

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Les éditions des Artistes fous, lu en ebook gratuit, 368 pages, 15 € version papier

4ème de couverture

Les Fous ont la parole !

Folie joyeuse, tragique, douce ou furieuse, folie visionnaire, délirante, compulsive, criminelle ou simplement géniale… Mais aussi : folie qui ouvre sur un autre monde, qui efface les limites de la réalité. Entre engloutissement et hypothétique guérison.Dans cette troisième anthologie des Artistes Fous Associés, 18 écrivains de tous horizons vous initieront aux arcanes de nos déraisons les plus secrètes. Pour ne plus jamais dire : “Je suis sain d’esprit”.

Composition du recueil

  1. Préface (Sébastien “Herr Mad Doktor” Parisot)
  2. Nuit Blanche (Sylvie Chaussée, illustré par Cham)
  3. La couleur de la folie (Éric Udéka Noël, illustré par cAmille)
  4. Cauchemars (Maniak, illustré par Xavier Deiber)
  5. Coccinelles (Émilie Querbalec, illustré par Merrion)
  6. Le même sang coule dans mes veines (NokomisM, illustré par Ana Minski)
  7. Marie-Calice, Missionnaire de l’extrême (Nelly Chadour, illustré par ARZH)
  8. La nuit où le sommeil s’en est allé (Cyril Amourette, illustré par NikoEko)
  9. Entre-deux (Louise Revoyre, illustré par Maniak)
  10. La convenance de la bête (Leith, illustré par Corvis et FloatinG)
  11. C15 (Herr Mad Doktor, illustré par Stabeor Basanescu, Cooke et Martin Lopez)
  12. Jour gras (Southeast Jones, illustré par StanleyGrieves et Kenzo Merabet)
  13. Le maître des bélougas (Julie Conseil, illustré par Sophie Clair)
  14. La maman de Martin (Morgane Caussarieu, illustré par Venom et Nelly Chadour)
  15. Europe (Pénélope Labruyère, illustré par Deadstar)
  16. Sanguines (Adam Roy, illustré par Fred Wullsch)
  17. Transfert (Julien Heylbroeck)
  18. Les soupirs du voyeur (Corvis, illustré par Margaux Coste et Corvis)
  19. Le décalage (Ludovic Klein, illustré par Kinglizard)

Mon avis

Un recueil un peu inégal

Je ne suis pas fan de la couverture, et je pense que malheureusement elle peut freiner beaucoup de lecteurs. Mais heureusement le prologue est très bien écrit, c’est une belle entrée en matière. Il donne envie de tourner les pages et éveille la curiosité.

Il y a des nouvelles que j’ai beaucoup aimé comme la première du recueil, Nuit blanche, où je me suis laissée porter par le récit et même si le doute monte peu à peu je n’ai pas vu venir le retournement de situation ! Une jeune femme en voiture affronte une tempête de neige et alors qu’elle prend en auto-stop un jeune homme sans aucune affaire avec lui même pas un manteau, elle apprend par la radio qu’une personne dangereuse s’est évadé de prison…Ou encore Le même sang coule dans mes veines, une nouvelle qui fait froid dans le dos. Une jeune fille se fait du mal, elle se blesse volontairement, surprise par sa mère, elle arrête quelques temps mais voilà, la raison pour laquelle elle le fait va vous glacer d’effroi. Elle fait réfléchir, folie, fatalité, y a-t-il des choses auxquelles on ne peut échapper?

J’ai aimé aussi Marie-Calice, Missionnaire de l’extrême et La nuit où le sommeil s’en est allé. La première est complètement décalée avec un humour barré très drôle, elle raconte le départ de Marie Calice en mission. Lors d’une « rave party » elle va tenter de sauver les jeunes en danger. Il faut au moins qu’elle sauve une personne. J’ai beaucoup souri et je ne m’attendais pas à cette fin ! Dans la seconde, l’auteur décrit un monde où le sommeil n’existerait plus. Elle présente l’incompréhension du phénomène et la souffrance du manque de sommeil. Jusqu’à la folie ? J’ai trouvé que les effets étaient trop rapides au début mais la nouvelle dans son ensemble m’a vraiment beaucoup plu.

J’ai beaucoup aimé C15 (c one five), à NY pendant 15 min une fois par mois et jamais au même moment, les hommes redeviennent libres, cette liberté qui rime avec sauvagerie, absence d’interdit. 15 min de « folie » où l’homme à l’impression d’avoir enfin vécu sa vie. Un journaliste français débarque 1 mois à NY pour comprend le phénomène désormais inscrit dans la constitution des USA… Cette nouvelle fait réfléchir sur les lois, la liberté, l’absence d’interdit, de barrières, sur la vie. C’est terrifiant sur beaucoup d’aspect.

J’ai aimé également Europe, une nouvelle plus SF. Un vaisseau atteint enfin Europe, satellite de Jupiter et militaires et chercheurs se séparent en deux groupes. Certains posent le pied sur le satellite pour faire des relevés pendant que les autres les attendent en orbite. Mais ceux qui se sont posés sur Europe commencent à voir des choses étranges tandis qu’une tempête solaire les coupe de tout communication avec la Terre. Nouvelle très prenante, même si j’ai eu un peu de mal avec retrouver qui est qui dans le récit. L’univers et les phénomènes m’ont vraiment accroché. Où commence la folie ? La fiction ? Que se passe-t-il vraiment?

Enfin, j’ai beaucoup aimé également Sanguines et Le décalage. Dans la première, l’auteur prend l’hypothèse qu’il n’y a plus d’homme sur terre, les femmes ont épuisé le dernier homme pour tenter de tomber enceintes mais sans succès. Mais un jour, l’une d’elle attend un enfant ! Comment va réagir la doyenne à cet événement ? Bien écrite et mélancolique, elle est aussi assez effrayante, les situations sont terribles. Cette nouvelle est une belle découverte. Dans la seconde nouvelle, un homme sort de plusieurs années en hôpital psychiatrique. Il décide de remettre un pied dans la vraie vie en se rendant à un repas d’anciens élèves. Mais le pauvre garçon se retrouve vite en plein décalage avec les autres. J’ai beaucoup aimé la fin de cette nouvelle, la prise de conscience, l’endroit. C’est beau.

Ensuite, il y a deux nouvelles assez particulières qui m’ont plu mais qui m’ont mises mal à l’aise je dois le reconnaitre : La maman de Martin et Les soupirs du voyeur. La première présente une femme qui n’a pas pu avoir d’enfant et qui adopte un enfant pas comme les autres. Il semble en retard et elle ne supporte pas cela. En grandissant il est atteint de migraines importantes, dont les raisons échappent à tous. La mère ne supporte pas les plaintes de son fils… Nouvelle perturbante, dans un style percutant et direct, elle met en relief toute l’horreur de la situation de Martin. Et on ne sait plus si on doit éprouver du dégout ou de la peine pour les protagonistes de l’histoire. Dans les soupirs du voyeur, un homme impuissant et dépressif ne peut être satisfait et ne satisfaire les femmes que dans ses rêves. Des rêves qui deviennent de plus en plus particuliers. On navigue entre érotisme et sadisme dans les songes de cet être qui ne s’aime pas. Puis soudain, la tournure de la nouvelle change et de plus en plus, l’homme a l’impression de rêver, nous de vivre la nuit, au travers un homme bien réel… On se dirige alors vers l’inéluctable. C’est une nouvelle qui marque et qui est assez difficile, elle ne plaira pas à tout le monde.

Moins marquante mais très sympathique, il y a aussi La couleur de la folie sur un septuagénaire qui perçoit les couleurs des hommes, leur noirceur, leur folie. Il peut parvenir à en soulager ou soigner quelques uns mais doit perpétuellement bouger pour ne pas être rattraper par le Mal. Un jour, il va découvrir un autre être comme lui. Et aussi, Le maître des bélougas, une nouvelle poétique, très jolie sur un homme en hôpital psychiatrique qui ne supporte pas le désordre, ni la présence des couleurs. Dans son monde tout est blanc et le reste représente le danger. Son symbole, son animal totem est le bélouga. Mais un jour, un homme arrive dans le même hôpital et lui raconte qu’il peut passer des portes grâce à l’électricité. Cette annonce va changer le monde du patient aux bélougas.

Enfin, pour les autres nouvelles, je suis plus mitigée, soit j’ai eu l’impression de passer à côté, de ne pas accrocher, soit de ne pas vraiment comprendre où voulait en venir l’auteur. De temps en temps, j’ai trouvé  que le thème ne touchait pas vraiment à la folie mais plus à ses dérivés. Cependant, quand cela arrive, ça ne dénote pas encore trop avec le reste du recueil. Toutefois, j’ai eu un peu de mal avec le déséquilibre de la longueur des nouvelles, quand certains sont beaucoup trop longues, d’autres intéressantes sont trop courtes.

Folie(s) m’aura permis de découvrir des auteurs, dont certains qui sont dans ma PAL comme Morgane Caussarieu, des styles, des univers. Un ouvrage à découvrir pour cela et pour être entraîné dans une multitude de folies, folie douce, folie furieuse, folie consciente, inconsciente, … ^^ Les nouvelles abordent aussi des thèmes comme la liberté, le libre arbitre, le choix, le fait d’être pris dans l’engrenage.

Autre point, sur liseuse, j’ai malheureusement trouvé que les illustrations n’étaient pas suffisamment mises en valeur, sur la mienne en tout cas, certaines ne rendaient pas du tout, dommage.

Si ce recueil vous intéresse, il est gratuit en numérique sur le site de l’éditeur : http://www.lesartistesfous.com/les-editions-des-artistes-fous/folie-s

Sortie noire de Christian Laurella

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Taurnada Editions, 9,99€,

4ème de couverture

Après vingt ans passés derrière les barreaux, Daniel‚ prisonnier modèle et complètement amnésique‚ bénéficie d’un régime de semi- liberté et trouve un emploi dans une menuiserie. En parallèle‚ deux femmes, dont l’une est au service de l’autre, habitent une maison isolée en province. L’arrivée d’une lettre annonçant la libération de Daniel va bousculer l’apparente quiétude qui semblait être le quotidien des deux femmes et allumer un feu d’enfer dans la maison.

Résumé

Après près de 20 ans passé en prison, Daniel apprend que sa demande de semi-liberté a été acceptée. Il va quitter sa cellule et sa solitude pour retrouver le temps de la journée un semblant de vie mais est-il prêt à être réinséré dans la Société ? Pendant ce temps, Marlène, la domestique d’Elizabeth réceptionne un courrier en recommandé du ministère de la Justice. Qu’est-ce que cela peut bien être, surtout que sa patronne doit recevoir à peine une lettre personnelle par an ?

Mon avis

Tout d’abord merci aux Editions Taurnada pour leur proposition de découvrir ce roman que j’ai pu lire en ebook.

Un très bon moment de lecture.

Dans Sortie Noire, le lecteur fait la connaissance de Daniel. Ce dernier est en prison. Enfin le corps de ce dernier, car dans sa tête Daniel vit au bord de la mère avec sa jolie épouse et ses enfants et même un chien. Daniel s’est réfugié dans une vie virtuelle, puisée dans son imagination fertile. Il a complètement oublié qui il était avant la prison et surtout pourquoi il a été condamné à 22 ans de réclusion. Mais l’existence solitaire et triste de ce détenu va soudain être troublée. Sa demande de semi liberté a été accepté, il va travailler dans une scierie la journée. Daniel appréhende beaucoup cette liberté retrouvée, même partielle. Il va devoir revenir progressivement à la réalité. Il n’a pas une belle maison au bord de l’eau, ni une charmante femme un peu jalouse. Plus il reprend pied dans la réalité, plus il a de mal à s’échapper dans sa vie virtuelle. Surtout, il commence à se poser plein de question, pourquoi est-il enfermé ? Qu’a-t-il fait ? Le lecteur va le découvrir en même temps que les personnages de ce thriller.

Parce que les réponses vont être apportées par Marlène, la bonne d’une femme mystérieuse. Maitresse de maison qui semble vivre reclus dans une demeure loin de la ville. La situation convient très bien à Marlène, dont le mari a disparu quelques années plus tôt, et qui le lecteur l’apprendra progressivement, a des choses à cacher. Mais pousser par sa curiosité maladive, Marlène ne peut s’empêcher de lire le courrier que vient de recevoir Elizabeth. Une lettre recommandée du Ministère de la Justice. Elizabeth qui ne se livre jamais à sa domestique, a-t-elle, elle aussi des secrets ?

Tandis que Daniel est perdu, confus, qu’il a l’impression d’avoir été emprisonné à tord, Marlène prend des risques pour percer les mystères de sa patronne. Quels sont les liens qui relient entre eux ses personnages ?

J’ai beaucoup aimé cette histoire. Le mystère épais du début est peu à peu dévoilé par les investigations de la très spéciale Marlène. On s’attache rapidement aux personnages, surtout à Daniel, cet homme qui doit en quelque sorte réapprendre à vivre. En lutte avec lui même. Il est bien accepté dans la scierie, il y trouve des personnes sympathiques auprès desquelles il peut se confier et qui le conseille. La scierie et la prison c’est le jour et la nuit. En prison, le surveillant en chef semble vouloir lui mener la vie plus dure que les 19 dernières années. Daniel est souvent à bout et on aurait envie d’aider cet homme. Et ce de plus en plus le long du récit. Vraiment l’histoire autour de ce personnage m’a vraiment plu. C’est à regret que je l’ai quitté.

Marlène est une drôle de bonne femme, elle cache bien son jeu. Et la suivre est un plaisir. Savoir comment elle va se sortir des situations dans lesquelles elle se met est un régal mais ce qu’on va découvrir sur elle nous surprend et nous stupéfait. Elle n’est d’ailleurs pas la seule à cacher son jeu, le lecteur va en apprendre de belles sur ceux qui l’entoure ^^ L’horreur des situations, la folie de certains personnages montent crescendo et le final est en apothéose ! Cette fin…

L’intrigue est bien menée, c’est prenant, haletant. L’écriture est fluide, le style efficace. Pas de description inutile, l’auteur va à l’essentiel pour donner un rythme rapide et entrainant à son récit. Un petit bémol, j’ai parfois eu un peu de mal à comprendre les réactions de certains personnages avec les autres, notamment Daniel avec Bernard, et Marlène avec Elizabeth et parfois, j’aurai aimé un peu plus de détails mais je comprend les choix fait par l’auteur. En dehors de ces points tous personnels c’était une très bonne lecture.

Merci encore aux Editions Taurnada pour ce thriller endiablé et la belle découverte ^^

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De l’autre côté du mur d’Agnès Marot

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Editions du Chat Noir, 19,90€, 308 pages

4ème de couverture

Pour Sibel qui se consacre entièrement à la danse, le quotidien est un perpétuel ballet. Pourtant, tout bascule le jour où son lien à l’Art est coupé : on l’isole de ses sœurs, on lui refuse l’existence qu’elle aime tant dans cette communauté composée exclusivement de femmes. En tâtonnant pour retrouver tout ce qu’elle a perdu, elle entend des rumeurs, découvre des secrets propres à bouleverser sa conception du monde.
Mais alors, si la vie n’est qu’un immense théâtre, pour qui Sibel danse-t-elle ? Et surtout, que se trame-t-il en coulisse ?
Peut-être cet étranger au sourire narquois qui se définit comme un « homme » et ne lui parle que de Science pourra-t-il lui apporter des réponses. L’aidera-t-il à franchir l’enceinte qui délimite l’univers qu’elle a toujours connu ?
Découvrez le mystère qui se cache là-bas, de l’autre côté du mur…

Résumé

Sibel danse. Sibel donne tout à son Art. Sibel lutte pour atteindre un niveau que personne avant elle n’a atteint. Et Sibel ressent son art. Sa force. Mère Leilan est exigeante pourtant, c’est bien Sibel la meilleure de son groupe. Lors d’une séance d’étirement, l’impensable va se produire. Le monde qui tient tant à cœur à Sibel va s’effondrer. C’est l’exclusion. Mais Sibel va bientôt se rendre compte que rien n’est sur dans tout ce qu’elle croit….

Mon avis

Une excellente découverte !

Difficile d’en parler sans en dire trop et en même temps, j’ai peur de ne pas assez en dire ^^ De l’autre côté du mur est un livre sensible et original qui m’a énormément plu. J’ai eu la chance de voir l’auteure aux Imaginales et de discuter avec elle de son texte. Agnès Marot est abordable, souriante et c’était agréable de prolonger un peu la lecture en discutant avec elle !

Dans le monde de Sibel, le contact est interdit. Chaque jeune fille, après une période d’apprentissage, choisi son Art. Pour Sibel, c’est la Danse. Une évidence. Mais ce n’est pas le cas pour toutes les jeunes filles. Aylin par exemple la meilleure amie de Sibel s’est orientée vers la Peinture mais elle ne semble pas y voir d’intérêt mais c’est le moins pire des Arts pour elle. Les deux jeunes filles sont si différentes, Aylin se pose beaucoup de questions alors que Sibel accepte son Monde et les choses simplement sans remise en question. Jusqu’au jour où elle se retrouve exclue à cause d’une de ses camarades. Son Art la quitte et tout aussi dramatique, elle va être séparée d’Aylin. Quand l’Art quitte les jeunes filles, elles doivent disparaitre. Que deviennent-elles ? Mère Leilan fait pourtant preuve de clémence. Sibel n’était qu’une victime dans cette histoire, elle sera juste exclue. Un moindre mal. Cependant, Sibel va voir ce qu’elle n’aurait jamais du voir. Elle est alors obligée de disparaitre aux yeux de ses compagnes, d’Aylin. Et pire que tout, suivre cette fille étrange, trop grande, trop massive, à la mâchoire carrée et à la voix grave…. ce que Sibel découvrira, un « homme ».

Agnès Marot fait preuve de beaucoup de finesse pour décrire les sentiments de Sibel qui se retrouve du jour au lendemain exclue de son Monde. Elle va perdre tous ses points de repère, aller de découvertes en surprises, en désillusions. Parce que tout ce en quoi elle croit, à quoi elle tient, n’est en réalité que mensonges. Mais les Mères qui élèvent ses jeunes filles ne sont pourtant pas à blâmer, elles ne savent pas elles-même ce qu’est leur monde. Le lecteur va donc suivre le même chemin que Sibel, tout découvrir avec elle. Ce qu’est réellement le monde. Ce qui se cache ou pas de l’autre côté du mur.

C’est un réel plaisir de découvrir le Monde de Sibel puis ce qu’il se passe en réalité. D’abord, les Arts, la Danse, cette communauté de jeunes filles et leur vision du Monde. Puis tout ce qu’il y a derrière les couloirs, les dortoirs, les salles communes de ces jeunes demoiselles. Même si certaines choses sont prises avec une naïveté qui s’assimile à l’humour, le monde réel est froid et réserve son lot de noirceur.

Le monde créé par Agnès Marot est à la fois empreint de poésie et, vous vous doutez bien, de cruauté. J’ai beaucoup aimé la façon dont l’explication était amenée. Et surtout, j’ai adoré voir comment l’Art ne pouvait pas s’épanouir seul. Qu’il est complémentaire d’autre chose. Ici la Science. Le fossé qui se creuse (dans la réalité comme dans le livre) entre ces deux mondes ne devrait pas être. L’un ne peut pas aller sans l’autre. Les émotions ne font pas parti d’un camp ou d’un autre.

J’ai aussi vraiment apprécié la façon dont évolue Sibel. Elle peut avoir des côtés agaçants, elle est naïve, mais on comprend vite pourquoi, vu la façon dont les jeunes filles sont élevées. Mais elle changer, accepte sa situation, et se découvre une force, une vraie volonté. J’ai beaucoup aimé sa relation avec sa meilleure amie. Ailyn est peut être même le personnage que j’ai préféré. Je me retrouve beaucoup en elle. L’auteure ne nous ménage pas, elle ne ménage pas non plus ses personnages. Les découvertes de Sibel ne seront pas faciles à vivre. Mais heureusement, elle ne sera pas seule pour affronter la réalité.

La relation de Sibel avec un jeune homme Aslan est à la fois drôle et touchante. Faite incompréhension du à leur éducation opposée, à leur physique différent. Ils apprennent à se comprendre et à travers l’autre à se connaitre eux-même. Mais comme tout ce que va découvrir Sibel, les relations humaines sont complexes et compliquées.

Je pourrais vous parler encore d’autres personnages mais je pense que j’en ai déjà beaucoup dit, je vous laisse découvrir le reste par vous même !

Le style d’Agnès Marot est fluide, la plume très agréable, et les personnages sont attachants. La psychologie de ces derniers est travaillée, l’histoire est originale, riche en émotions. Et le final ! J’ai été complètement embarquée et même si on s’attend à certaines choses, on est pris dans cette histoire, on a envie de savoir. Qu’il y a-t-il de l’autre côté du mur ?

Un gros plus, les approfondissements données par l’auteure à la fin qui ont répondu à quelques unes de mes questions, qui éclairent sur les références utilisées. C’est vraiment intéressant, c’est une très bonne idée de l’avoir inclue dans le livre.

Encore une fois, je suis conquise par un titre des Editions du chat Noir. C’est une belle découverte, une auteure qui mérite qu’on s’attarde sur sa plume et ses idées. Elle a donné beaucoup d’elle même, ça se ressent et c’est d’autant plus fort. Une dystopie loin des récits commerciaux actuels. Une réussite qui séduira, je pense, autant les jeunes que les adultes !

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DefiPALImaginales2014

L’homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle

Pocket, 6,10€, 167pages

4ème de couverture

Imaginez… Vous êtes en vacances à Bali et peu de temps avant votre retour, vous consultez un vieux guérisseur. Sans raison particulière, juste parce que sa grande réputation vous a donné envie de le rencontrer, au cas où… Son diagnostic est formel : vous êtes en bonne santé, mais vous n’êtes pas… heureux. Porteur d’une sagesse infinie, ce vieil homme semble vous connaître mieux que vous-même. L’éclairage très particulier qu’il apporte à votre vécu va vous entraîner dans l’aventure la plus captivante qui soit : celle de la découverte de soi. Les expériences dans lesquelles il vous conduit vont bouleverser votre vie, en vous donnant les clés d’une existence à la hauteur de vos rêves.

Résumé

Julian, en vacances à Bali consulte Maitre Samtyang, un vieux guérisseur renommé, alors qu’il ne soufre de rien. Verdict : Julian n’est pas heureux. Ce court roman est la transcription de leurs échanges durant les quelques jours qu’il reste à Julian de ses vacances.

Mon avis

C’est une lecture très intéressante et enrichissante. On est amené à réfléchir sur notre vie, nos choix et nos envies comme le fait Julian suite à ses échanges avec Maitre Samtyang.

Ce vieux sage indique à Julian tout ce qui le bloque dans sa vie, tout ce qui fait qu’il n’est pas heureux, de manière progressive et sans jugement de valeur. Il ne se contente pas de lui apporter ses préceptes sur un plateau, il lui donne des choses à faire (parce qu’on apprend toujours mieux en faisant, et chercher soi-même certaines choses fait travailler notre sens critique, on est plus à même de croire les informations reçues); il le questionne (sans que ça fasse interrogatoire), Julian se livre un peu et ils discutent ensemble à partir d’exemples concrets.

On y apprend ce qu’on soupçonne déjà dans sa vie, chacun est modelé par les croyances, ce que les autres pensent de lui, ce que ses parents lui ont appris, l’impact que les événements et les gens ont eu sur lui (qu’il en ai conscience ou pas). On se limite beaucoup nous même, en se trouvant des excuses pour ne pas faire certaines choses, etc. Il y a plein de choses dans ce livre, de raisonnements qui pourront peut être aider certaines personnes. En tout cas, si on ne peut ou veut pas forcément mettre en application ce qu’indique cette lecture, elle permet au lecteur de réfléchir et de se poser des questions sur ses choix, ses besoins et ses valeurs.

J’ai trouvé que par rapport à d’autres livres sur une base psychologique (ou qui se définissent comme tel), il n’y est pas véhiculé de clichés ou de pseudo-thèses scientifiques qui expliqueraient le comportement des gens. Là il y a une réflexion basée sur beaucoup de bons sens, d’écoute de l’autre et de soi.

J’ai aimé le fait que le livre soit un roman, c’est à dire, qu’il ne s’agit pas là, d’un traité ou d’un essai psychologique en tant que tel, on suit Julian pendant quelques jours, on en apprend un peu sur Bali, sur la population, il y a de très beaux passages où Julian assiste à un concert, à la naissance de bébés tortues, etc.

L’homme qui voulait être heureux est court et se lit vite. Et si le lecteur le souhaite, il peut appliquer les questionnements et expériences de Maitre Samtyang pour, comme le protagoniste de ce livre, chercher à être heureux et vivre en harmonie avec ses valeurs.

Je pense que c’est une lecture qu’on devrait tous envisager un jour et qui sait on en ressortira peut être transformé !

C’est un livre que je pense garder dans ma table de chevet pour relire certains passages de temps en temps.

Je cite cette phrase donnée par l’auteur au début du roman parce que je trouve qu’elle illustre vraiment bien le livre :

« Nous sommes ce que nous pensons. Avec nos pensées, nous bâtissons notre monde. » Bouddha