Chrysalide d’Ivan Kwiatkowski

chrysalide

Editions Voy’[el], collection e-court, ebook, 0,99€

4ème de couverture

Une jeune fille est laissée pour morte dans un terrain vague, où un artiste peintre la recueille. Elle est étouffée par la rancœur et il suffoque sous le dôme de verre qui protège la ville. Au milieu des chrysalides, fleurs au parfum mortel, ils devront se reconstruire… ou se détruire.

Mon avis

Tout d’abord merci à Editions Voy’el, à la Collection e-court, Manon et Tesha pour l’envoi de cet e-court 🙂

Une jeune fille reprend conscience dans un terrain vague où elle a été laissée par ses agresseurs. Elle sombre régulièrement dans une sorte d’inconscience comme si elle était détachée d’elle même. Elle n’a plus la force de bouger, de faire quoique ce soit. Peintre la trouve et décide de la sortir de cet endroit. Pour rejoindre sa demeure, il passe par le seul chemin qu’il connait, un endroit où des fleurs mortelles s’épanouissent. Un lieu magnifique mais terrible. La jeune femme a une rage en elle qu’elle laissera exploser dans la soirée mais Peintre ne la mettra pas hors de chez lui, au contraire, il souhaite l’aider, et peu importe finalement la forme que cela prendra…

C’est difficile pour moi de parler de cet e-court pour une fois. Il est vraiment très fort pour ces quelques pages. L’écriture est belle, les images sont magnifiques, mais le sujet m’a oppressé. Les schémas, les comportements des personnages sont compréhensibles mais pour moi difficilement acceptable. Étrange non. Ce qui se passe entre la jeune femme et Peintre m’a complètement entraîné en dehors de ma zone de confort. J’ai beaucoup de mal à y adhérer. Et pourtant, je comprend le choix de l’auteur et ai même trouvé très poétique sa façon de construire son récit et ce qu’il nous raconte.

Je ne sais pas si c’est d’avoir les deux points de vue qui m’a fait ressentir cela. Peut-être, peut-être pas, en tout cas, je ressens encore comme une angoisse, comme une gène physique. C’est étrange l’effet que ce texte a eu sur moi. J’ai l’impression d’être déchirée, à la fois je n’ai pas aimé et j’ai apprécié. Vraiment c’est très rare que cela m’arrive. Surtout à ce point. Peut-être que je ne peux pas être confronté à ce type de comportement, de réalité. Et on a en même temps, la ville sous le dôme et la violence, cette oppression se mélange à la poésie du Poumon, au comportement du peintre. Deux extrêmes.

Vraiment, j’ai beaucoup de mal à rédiger cette chronique, je n’arrive pas à mettre les bons mots sur ce que j’ai pu ressentir.

En tout cas, je suis agréablement surprise par la diversité de la collection e-court, qui est vraiment un superbe moyen de mettre en valeur des talents et nous faire découvrir des univers différents. Merci encore à l’équipe de la collection e-court pour tout cela.

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Divergente de Veronica Roth

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Nathan, 445 pages, 16,90€

4ème de couverture

Cinq destins. Un seul choix.
Béatrice vit dans un monde post-apocalyptique où la société est divisée en cinq factions. À 16 ans elle doit choisir sa nouvelle appartenance pour le reste de sa vie. Cas rarissime, son test d’aptitudes n’est pas concluant. Elle est divergente, aussi elle doit cacher ce secret, susceptible de la mettre en danger de mort…

Résumé

Béatrice et son frère Caleb sont dans leur 16ème année, ils vont devoir choisir la faction dans laquelle ils vont passer toute leur vie. Ce sont des altruistes. Un test que passent tous les jeunes de 16 ans doit leur indiquer leur choix. Bien sur il est toujours possible d’en faire un autre lors de la cérémonie mais rare sont ceux qui ne respectent pas le choix du test. Béatrice un peu tendue passe ce fameux test qui malheureusement n’est pas concluant. Alors qu’elle s’attend à s’entendre dire qu’elle est altruiste comme sa famille, elle est Divergente. Elle est en réalité un peu des 5 factions qui existent. Mais ce résultat doit rester secret, elle ne dois en parler à personne. Sa vie serait en danger. Quel choix va faire Béatrice ?

Mon avis

Une bonne lecture !

Comme pour le labyrinthe, j’ai lu le livre après avoir vu le film, il y a un moment déjà à sa sortie au cinéma. J’ai bien aimé cette lecture, même si du coup, je n’ai pas eu de surprise quand à l’histoire, le film étant très fidèle.

Le lecteur découvre Béatrice, une adolescente altruiste qui comme tout ceux de 16 ans doit passer un test afin de connaître la faction pour laquelle elle est faite. Béatrice a un frère Caleb qui va aussi choisir sa faction. Leur père est un des dirigeants altruistes de cette nouvelle société. Dans le monde de Béatrice, la société est divisée en 5 factions : les altruistes ceux qui aident et gère la société, les érudits ceux qui cherchent et acquièrent des connaissances pour le développement au service de la communauté, les fraternels ceux qui produisent pour nourrir la communauté, les sincères ceux qui occupent des postes où la franchise est de rigueur et les audacieux ceux qui défendent la société. Béatrice va passer un test pour savoir dans quelle faction elle va vivre sa vie d’adulte. Pas de retour en arrière possible une fois la cérémonie du choix passée.  Le test n’est pas concluant et Béatrice qui ne sent pas faite pour les altruistes, choisi les audacieux. Son frère Caleb lui choisi les Erudits, ceux qui s’opposent ouvertement à la façon dont les altruistes gouvernent la société. Il n’en fallait pas plus pour que les érudits diffusent des messages, en utilisant ses changements de vie des enfants de dirigeants pour illustrer leur idée : le fond pourri des altruistes. Mais si cela cachait autre chose?

Nous suivons Béatrice qui affronte le test et la cérémonie du choix. Nous vivons avec elle les épreuves et la découverte de sa « différence ». Nous partageons ses doutes et ses interrogations mais aussi son courage de choisir une vie différente. Béatrice en choisissant les audacieux fait un bond vers l’inconnu. Elle rejoint ceux qu’elle enviait en les regardant de loin comme inaccessible. Son choix la sépare de sa famille. Sa faction doit devenir sa famille. Avec elle, on découvre la communauté des audacieux et apprenons que les novices doivent passer des épreuves, au nombre de 3, pour devenir  membres des audacieux. Tous les novices ne réussiront pas, et comme aucun retour en arrière n’est possible, ils deviendront des « sans factions ». Ceux qui vivent en marge de la société dont l’unique aide provient des altruistes. Tris, comme elle décide de se faire appeler désormais est bien décidée à réussir, même si pour cela elle va devoir s’endurcir aussi bien physiquement que moralement. Et puis, elle doit réussir à s’intégrer aux novices en ne dévoilant pas ce qu’elle est. Certains seront tout de suite plus proches d’elle que d’autres, qui ne pensent qu’à terminer premier.

Tris va se lier d’amitié avec certains novices mais elle se questionne beaucoup sur l’image qu’elle renvoie. Car on l’a prévenu, être Divergent, est dangereux, et même si elle ne comprend pas pourquoi et comment ce qu’elle est est une menace, elle doit faire attention à ne pas paraître différente. Ce qui est assez difficile car Tris se révèle douée pour transformer ses faiblesses en qualité. Sa divergence l’aide à gagner du temps dans les épreuves et elle attise les jalousies. Elle va également entretenir de bonnes relations avec les novices issus des audacieux (on sépare les novices issus des autres factions de ceux qui sont nés Audacieux) et aussi avec certains membres formateurs de la faction comme le mystérieux et magnétique Quatre. Sur lequel on s’interroge, essaie-t-il d’aider Tris, ou de l’enfoncer. Tris ne va pas rester longtemps insensible à son charme… Mais dans l’ombre, des choses qui les dépassent se trament, qui auront des conséquences pour chacun…

J’ai bien aimé Tris. J’ai été surprise de ne pas avoir envie de la claquer contre un mur, ce qui se passe en général avec des héroïnes adolescentes. Mais elle n’est pas centrée sur elle-même, un talent de sa faction initiale les altruistes. Alors bien qu’elle se pose des questions, elle est volontaire et veut aller de l’avant. J’ai aussi beaucoup aimé l’histoire et le fonctionnement impossible de la société. Il est impossible de cloisonner les gens, de les enfermer dans un talent, une seule ambition de vie. On sent tout de suite qu’une étincelle pourrait faire sauter cet idéal. Si le système fonctionnait, il n’y aurait pas cette atmosphère de suspicion, d’envie, de trahison dans l’air.

J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de maturité dans les personnages principaux. Dans d’autres histoires à 16/18 ans, cela ne transparait pas tant. Comme pour beaucoup de livres de ce type, je trouve qu’il manque de développement. Pourquoi la société en est-elle arrivée à ce système ? Quelle est la psychologie des dirigeants ? Etc. Quelques centaines de page en plus n’auraient pas été de trop.

J’ai apprécié être assez souvent dans le mouvement, dans l’action. Ce premier tome introduit le système et on n’attend pas longtemps avant de le voir voler en éclat. Par contre, je n’ai pas été très réceptive aux émotions. Certaines choses dramatiques se passent qui ne m’ont pas peinée plus que ça. Cependant, je me suis attachée à un personnage dont j’aurai aimé avoir plus d’informations. J’ai apprécié l’histoire dans son ensemble et beaucoup l’initiation chez les audacieux,  si violente et cruelle soit-elle.

J’ai beaucoup aimé les personnages secondaires, comme Quatre, Will, Cristina ou Uriah. J’ai bien adhéré à la méchanceté d’une partie des novices, je pense que dans ce type de société et de fonctionnement, il y en a toujours pour se révéler en bien comme en mal. Tris peut compter sur certaines personnes mais le destin va lui jouer des tours. La relation entre elle et Tobias est belle mais vu le contexte final elle semble déplacée, que leur réserve le sort ?

Le premier tome rempli sa fonction, poser l’univers et donner envie de découvrir la suite. Que vont faire les personnages ? Que vont-ils devenir ? Que va devenir la société dans laquelle Tris vit ? Quelles seront les nouvelles épreuves à traverser ? Qui va disparaitre ? Qui reverrons-nous ?
Cependant, je l’aurai aimé plus creusé, plus développé. Voir plus ce qui se trame en parallèle de la vie de Tris. Voir plus l’opposition entre savoir et action, entre aide et connaissance. En savoir plus sur le pouvoir en place.

Quoiqu’il en soit, je lirai prochainement la suite des aventures de Tris.

Punk’s not dead d’Anthelme Hauchecorne

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Midgard Editions, 461 pages, 16,50€

4ème de couverture

À quoi l’Apocalypse ressemblerait-elle, contée par un punk zombi ?
Qu’adviendrait-il si le QI des français se trouvait d’un coup démultiplié ? Un grand sursaut ? Une nouvelle Révolution, 1789 version 2.0 ?
Est-il sage pour un mortel de tomber amoureux d’un succube ?
Les gentlemen du futur pourront-ils régler leurs querelles au disrupteur à vapeur, sans manquer aux règles de l’étiquette ?
Comment se protéger des cadences infernales, de la fatigue et du stress au travail, lorsque l’on a le malheur de s’appeler « La Mort », et d’exercer un métier pour laquelle il n’est pas de congés ? 
Autant de sujets graves, traités entre ces pages avec sérieux. Ne laissez pas vos neurones s’étioler, offrez une cure de Jouvence à vos zygomatiques. Cessez de résister, accordez-vous une douce violence…De toute évidence, PUNK’S NOT DEAD a été écrit pour vous.

Mon avis

Définitivement fan du style d’Anthelme Hauchecorne !!!

Merci à Anthelme Hauchecorne et aux Editions Midgard pour ce partenariat !

J’ai vraiment beaucoup aimé ce recueil de 13 nouvelles, 13 histoires qui montrent l‘étendu de l’imagination de l’auteur, de son besoin de faire passer des messages de manière percutante et fun ! Toujours des sujets graves, traités de façon intelligente et non rébarbative. De la folie des hommes dévastant notre planète, à l’évolution engendrée par le chaos social, une palette de thèmes et de personnages habillement croqués, prennent vie sous la plume aiguisée et fluide d’Anthelme Hauchecorne. On sent parfois que des nouvelles datent un peu dans le sens où le style est peut-être plus balbutiant mais dans l’ensemble, 13 bijoux de précision, de beauté et de noirceur mêlés, de réflexion.

Le livre est magnifique ^^ La couverture est belle, je m’en lasse pas de la regarder (surtout quand on sait qui est en couv’), et les illustrations de Loïc Canavaggia sont superbes, je ne serais que trop vous conseiller de découvrir son coup de crayon. Chacun de ses dessins illustrent à la perfection les nouvelles d’Anthelme. A chaque fin de nouvelle, je revenais à l’illustration et je m’émerveillais des détails, de la justesse de l’interprétation. Vraiment bravo !

Autre élément génial dans ce recueil, les backstages, 2 ou 3 pages dans lesquelles Anthelme Hauchecorne, nous livre quelques clés sur la nouvelle, si elle est issue d’un appel à texte, le sujet devant être traité, son envie de faire passer tel ou tel message; si la nouvelle a été primée ou pas, ou encore ses influences musicales, lors de l’écriture du texte. C’est vraiment intéressant et montrent à quel point, il s’investit dans son écriture.

Difficile de dire quelle nouvelle j’ai préféré, je pense que certaines m’ont marquées plus que d’autres certainement quand le thème me touchait plus mais dans l’ensemble, j’ai passé 13 excellents moments de lecture ^^ Peut être une préférence pour la première, Décembre de cendres, où on est plongé dans le post-apo dès les premières lignes, ou La grâce du funambule qui se déroule à Roubaix ou encore La guerre des Gaules, où nos pires cauchemars deviennent réalité. Non décidément, c’est trop difficile de choisir !

Décembre de cendres, est une très belle nouvelle, mettant en scène Eva qui habite Brûle-Peste. Budapest post-apocalypse, où pour aider sa mère malade à se soigner, Eva va devenir Scropailleuse, un sort peu enviable, un « métier » où les plus fluets excellent, puisqu’il s’agit de rechercher dans les ruines de la ville des vestiges de l’ancien temps (conserves, bijoux, tableaux, alcool,…). Mais ces zones sont instables; le travail est dangereux, et les employeurs intraitables.
Quelle entrée en matière ! Cette nouvelle est très travaillée, superbement bien écrite, on est véritablement transporté dans le monde post-apo fantastico-réaliste et social ^^ Une leçon de vie pour Eva. Et pour nous ?

Sarabande mécanique est une nouvelle steampunk ^^ Dans le système planétaire Elisabeth IV, sur une planète quelque peu inhospitalière (mais ça n’a pas empêché les hommes de la coloniser ^^) Lord Patton et Edward Fleetwood attendent les témoins de leur duel… Une histoire comico-tragique, mêlant habillement les thèmes des classes sociales, du pouvoir, des conflits générationnels,… Le côté steampunk est très réussi, détails vestimentaires, vocabulaire, technomancie,… Une réussite agrémentée de références au cinéma de Kubrick.

No future. Le 25 décembre 2012, Johnny Rotten prend la plume pour écrire son témoignage, son testament. Suite à la Super Grippe, les survivants se sont faits rare mais ce n’était que la première étape de la destruction de l’Humanité par Mère Nature…. No future, ou l’apocalypse selon un zombi punk ! Nouvelle déjantée sur le retour de bâton de Mère Nature dans la face des êtes humains dépourvus de bon sens ! Tout ça est ma foi… assez juste !

C.F.D.T. Une légende existe sur un manoir hanté. Le père Gracchus, s’y rend pour l’exorciser mais au lieu d’y parvenir, il se retrouve témoin du legs du fantôme à une drôle de Confrérie…  De son côté, un viking recherche 3 jeunots jamais revenus de la chasse aux dragons…. Deux mondes qui vont se croiser… J’avoue avoir moins accrochée à cette nouvelle. J’ai bien aimé y retrouver des dragons, des fantômes. Mais je l’ai trouvé assez mal construite comparée aux autres nouvelles du recueil. Elle date de 2007, je pense que depuis Anthelme s’est doté un style plus percutant qui lui sied mieux. Ici c’est plus faible, sympa mais sans plus.

Sale petite peste, est une nouvelle tirée d’Hommage à Sir Terence ! 1349, la Mort est submergé de boulot avec l’épidémie de peste qui traverse l’Europe, la Pestilence nie y être pour quelque chose, bizarre… La Mort se rend chez M. Marasme, mort depuis 6 mois, recueillir son âme malgré le retard du à la pandémie. A sa grande surprise, il découvre que Mme Marasme est enceinte mais de moins de 6 mois, que se passe-t-il ? Qui se cache derrière ça ?
Je l’avais donc déjà lu, et c’est une nouvelle que j’adore ! Déjà le personnage de la Mort est un de mes préféré et je trouve d’Anthelme a su plus que très bien exploiter ce perso dans la lignée de Terry Pratchett ! Et on assiste à la naissance d’un personnage intéressant ! Du tout bon !

Les gentlemen à manivelle, est une nouvelle assez courte. L’histoire d’Eugénie au service de Maitre Brimborion. Maitre tête en l’air ou décarochant qui confond ses automates, les uns avec les autres. Heureusement il y a Eugénie et son sens inouï de la répartie !!! Un zeste de steampunk et une grosse dose d’humour, pour une nouvelle sur les robots un peu moins engagé que les autres nouvelles mais avec une fin très sympa ! Un gros plus pour les échanges entre Eugénie et Maitre Brimborion !

La guerre des Gaules, Énorme nouvelle ! Imaginez que le parti Nouvelle France (même si celui qui souhaite la fermeture des frontières, la sortie de l’Euro,…) gagne les élections de 2029. 5 personnalités reviennent sur cet événement qui plonger la France en guerre civile, car les pauvres sont toujours plus pauvres, les riches toujours plus riches, et  l’Europe s’en lave les mains… Et si pour s’en sortir, l’homme devait évoluer ? Sur un ton tantôt badin, tantôt hautin, tantôt beauf et tantôt aristo, à l’image des personnages interviewés , on découvre que la France devient après la victoire des extrémistes et des cons… Et nous ne sommes pas à l’abri que ça nous tombe sur le coin de la gu*ule… Sauf qu’on n’aura pas la chance d’évoluer … si ?  Une nouvelle marquée par un engagement sur un ton humoristique mais caustique et dénonciateur une série de thèmes sérieux et graves sont abordés, une excellent façon de faire passer le message (sur les différences, la société qui nous veut faire de nous des moutons, des abrutis, plus facile à manipuler). Une réussite !

Voodoo doll est une nouvelle assez courte, nous contant la nouvelle affaire d’un privé  chargé de retrouvée une jeune fille Angélique, qui a fuit son domicile. On decouvre un privé désabusé, une sorte d’anti-héros.  Anthelme Hauchecorne change de registre et se met au noir, et ça lui va plutôt bien ! A quand un polar, made in Hauchecorne ?

De profondis nous fait est une révélation, les dragons existent ! Ils vivent dans les profondeurs abyssales de nos océans. Mais leur nombre se réduit depuis peu. Que se passe-t-il ? Qui ou quoi s’en prend aux derniers géants ? Une nouvelle originale, l’accent est porté sur l’imagination qu’inspire le monde des mers et des profondeurs inexplorées. Mystères et créatures étranges. Moi aussi quand je vois les reportages sur tout ce qu’on aurait à découvrir dans le fond des océans, ça fait travailler mon imaginaire, j’ai beaucoup aimé !

La ballade d’Abrahel, une réécriture de conte lorrain. Martin, éleveur de brebis est marié à Martine. L’union n’est plus si heureuse, Martin reluque un peu trop la jeune et jolie Catherine. Mais Martin est dupé, Catherine n’est pas celle qu’il croit. La nuit, le succube reprend son apparence, et rentre dans son monde. Où il cherche à racheter un objet particulier mais là bas, tout se paie en âme… Une nouvelle qui m’a beaucoup plut! Le démon est plus qu’il n’y parait, que ce que l’on en voit. J’ai beaucoup aimé la fin.

Buto atomique, une nouvelle un peu en marge des précédentes, mélange de réel et de fantastique. C’est au lecteur de se faire son propre avis et de choisir. Un patient confie à son médecin la façon dont il a miraculeusement survécu à des radiations. Mais pour comprendre comment il a pu guérir, il lui faut raconter comment il a été contaminé. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle, belle et gracieuse comme le thème de la danse développé ici. Très originale sur des sujets qui m’ont touchée. Je recommande !

La grâce du funambule, ou quand un jeune diplômé de Roubaix, souhaite quitter la ville et son homme pour rejoindre Paris et vivre son rêve. Julian est comme un funambule, en équilibre, obligé d’avancer pour ne pas tomber, pas possible de faire demi-tour. Une quête d’idéale dans un monde corrompu. J’ai été touché par cette nouvelle. C’est la seule qui n’a pas de touche fantastique, un défi pour l’auteur, réussi. J’ai adoré, les personnages, la façon de rendre hommage à Roubaix, à son passé historique, ses écoles de mode, tourné vers l’avenir, où une certaine misère sociale évolue dans un monde de strass et de paillettes, deux mondes opposés mais pourtant soudés. Une nouvelle « blanche » très réussie.

Le roi d’Automne, quand Dawn retrouve enfin l’Univers du Sidh qu’elle a tant adoré !!! (oui je parle de moi à la 3ème personne ;p) Qui a lu Âmes de verre, retrouvera avec plaisir un des personnages charismatiques du livre et ceux qui n’ont pas lu auront un avant gout de ce livre fantastique ! L’action se passe avant Âmes de verre, et Ambre est adolescente. Elle est jeune et chiante! J’adore ❤ Ambre est issue d’une famille ayant pour mission de protéger les Dormeurs des Daedalos qui essaient de passer à la Surface. Les jeunes de ces familles particulières doivent une nuit de Samhain, descendre dans l’En-Deçà, acquérir la Vue et la preuve de leur passage là bas, une arme ou un Daedalos ! Bref, une mission périlleuse. Ambre réussira-t-elle ? Est-elle vraiment maitresse de ces choix ? Une nouvelle que j’attendais et je n’ai pas été déçue, retrouver l’En-deçà, les Daedalos, l’étrange famille d’Ambre, un régal ! J’espère que cette nouvelle vous donnera envie de vous jeter sur le Tome 1 du Sidh, ça vaut vraiment le coup !

Voilà, à part un ou deux nouvelles que j’ai trouvé en-deçà des autres, j’ai vraiment beaucoup aimé ce cercueil de nouvelles ! Je regrette de ne pas avoir Baroque’n’roll dans ma PAL mais j’attends sa réédition (si je me trompe pas, ça devrait avoir lieu un jour), histoire d’avoir un aussi joli ouvrage que ce Punk’s not dead !!!!

Ces 13 nouvelles à leur manière plus ou moins développée, font réfléchir, abordent sur le ton de l’humour, de la dérision (permit par l’Imaginaire), des sujets sérieux et graves. Je n’ai pas eu l’impression qu’on voulait me donner des leçons, mais plutôt me permettre de réfléchir, de développer ma propre opinion, de m’intéresser à des sujets importants, sur des questions sociales et environnementales. Mais surtout Punk’s not dead est un recueil qui emporte son lecteur dans plusieurs univers et qui le fait réfléchir et moi c’est ce que j’aime dans mes lectures ^^ Une écriture belle, intelligente, fluide, un style percutant, de magnifiques illustrations, je vous recommande l’auteur et l’ouvrage !

Bonne lecture 😉

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JLNN

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Au service des insectes de Cindy Van Wilder

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Editions Voy’[el], collection e-court, ebook, 0,99€

4ème de couverture

La peste a ravagé les cités-murailles. Jadis protégées derrière leur dôme, survolées de glorieux aéronefs, elles ne sont désormais plus que ruines où errent les survivants. Les Insectes ont envahi les territoires laissés vacants par les hommes. Leurs ruches s’élèvent fièrement à la conquête du ciel. Bess est l’une des femmes recrutées pour prendre soin de leurs larves, ce qui lui assure un minimum de confort. Mais en ces temps de dévastation, que peut encore attendre de l’avenir une humaine qui a tout perdu ?

Résumé

Bess vit avec Marge et Jeannie, qui sont comme elle des nourrices. Ces survivantes disposent d’un minimum de confort en échange de leur travail pour la ruche. Elles nourrissent et prennent soin des cocons des différents insectes de la Ruche. Bess se résigne à cette existence, elle aimerait en savoir plus, mais dans ce contexte, elle ne peut faire que survivre. Jusqu’au jour, où une attaque se produit..

Mon avis

Voici ma seconde lecture dans le cadre du partenariat entre le blog et la collection e-court des Editions Voy'[el]. Merci de me permettre de découvrir cette nouvelle et par la même occasion Cindy Van Wilder dont c’est le premier texte que je lis.

Une nouvelle angoissante !

Le lecteur pénètre dans un monde post-apocalyptique. Le monde était occupé par les Hommes et les Insectes (oui oui des insectes géants, terrifiant n’est-ce pas?). Protégés derrière les cités-murailles et leurs dômes, les humains cherchaient à  exterminer les Insectes considérés comme une menace. Mais la Peste a décimé les cités, les hommes luttent pour survivre et les Insectes ont envahi le monde. Rien que ce point de départ, pour une phobique des insectes, c’est l’horreur !!!! Mais comme j’adore me faire peur, j’ai lu cette nouvelle avec un plaisir mêlé d’appréhension !

Au cours de ma lecture, j’ai pensé à d’autres lectures (polars notamment) où des illuminés pensent que l’avenir appartient aux insectes, qu’ils domineront le monde et que l’homme sera anéanti par eux et la nature. Et bien, ici, ces passionnés des petites bêtes seraient enchantés, Cindy Van Wilder nous donne un aperçu de ce que serait ce monde et cela donne la chair de poule !

Nous suivons Bess, qui a un peu plus de « chance » que d’autres survivants, elle bénéficie d’un minimum de confort, car elle est Nourrice. Un poste considéré par les survivants comme humiliant et dégradant mais surtout comme une traitrise de la part de ses femmes qui ne cherchent qu’à survivre. Les autres survivants moins chanceux donc, vivent dans la rue, sans manger à leur faim, dans la misère et la pauvreté.

Bess s’occupe donc de nourrir et de prendre soin des larves des Insectes au sein de la Ruche. Elle s’efforce de faire au mieux en évitant de se remémorer son passé, dramatique. J’ai ressenti beaucoup de peine pour Bess et l’auteure nous permet de bien ressentir ses émotions, sa relative indifférence, ses questionnements, ses peurs, … La vie de Bess est loin d’être enviable, le travail est dur et la pression constante. Imaginez être inspecté, gardé, observé,… par des guêpes géantes, pas commode du tout… Bouhhhh Et encore s’il n’y avait que des guêpes … d’autres dangers rôdent, terrifiants, poilus

Bess est un personnage qu’on prend plaisir à suivre, elle qui a tout perdu, va découvrir qu’il reste peut être un peu d’espoir dans sa vie. Cette nouvelle est cependant trop courte !!! Oui, je sais c’est le principe de cette collection, mais là, quand même, j’aurais aimé suivre Bess plus longtemps, et en savoir plus sur ce monde si particulier (et oui même si les insectes et moi, on est pas copain-copain). L’auteure nous dépeint un monde qu’on aimerait découvrir plus en détails, qui ne rougirait pas d’être développer en format plus long ! 

J’ai apprécié cette nouvelle angoissante (voire même terrifiante quand on est phobique!), très bien écrite même si je dois reconnaitre que je reste sur ma faim concernant l’univers post-apo très intéressant qui mériterait un développement !!! Cindy Van Wilder a su créer une atmosphère étrange et particulière, entre courant glacé et torpeur moite, mélange d’oppression et de sérénité. Je suis contente d’avoir découvert une auteure, son écriture et je guetterais ses news concernant ses prochaines publications.

Merci encore aux Editions Voy'[el] et la collection e-court, pour ce partenariat très riche en découverte !!!

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JLNN