La voleuse de livres de Markus Zusak

la-voleuse-de-livresLu en ebook

Édition pocket, 8,10€, 633 pages

4ème de couverture

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité.
Liesel Meminger y est parvenue.
Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée.
Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ? Ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres…

Résumé

Liesel prend le train avec sa mère et son petit frère, direction une autre province de l’Allemagne… Le malheur qui commence à se répandre partout en cette année 1939, va s’abattre sur Liesel, son petit n’arrivera jamais à destination. Une méchante toux va l’empoter, ou plutôt la Mort qui le fera. C’est la première fois que la Mort et Lièresel vont se croiser et ça ne sera pas la dernière… Obligée d’enterrer son petit frère dans une obscure ville de province, Liesel va, ce jour là, récupérer un livre, qui aura plus de symbole que d’utilité dans une premier temps et si c’était le premier d’une série ? L’histoire de la voleuse de livre ne fait que commencer…

Mon avis

Liesel est une petite fille d’à peine 9 ans que sa mère va confier à une famille nourricière car les temps changent et cette maman craint pour la vie de ses enfants. Malheureusement, la Mort vient ravir le petit frère de Liesel pendant le trajet en train vers Molching en Allemagne. Après la mise en terre du petit, Leisel récupère un livre tombé de la poche d’un des fossoyeur, et le conserve  au lieu de le remettre à son propriétaire. Puis finalement Liesel est confiée à M et Mme Hans Hubermann, habitants à  Molching. Rosa gagne un peu d’argent en faisant du repassage pour certains familles de la ville et Hans est peintre en bâtiment le jour, accordéoniste le soir. Liesel est inscrite à l’école de la ville mais ne sachant pas lire et peu écrire elle est placée avec les plus jeunes. La nuit elle fait des cauchemars mais le généreux Hans vient apaiser ses peurs. Un soir où il sera contraint de changer les draps de Liesel, il tombera sur le livre que cette dernière a récupéré au cimetière. Il décide alors de lui apprendre à sa façon, à lire. Rattrapant son retard doucement, Liesel sera changée de classe et deviendra la camarade préférée de Rudy Steiner …

Au départ, la narration est étrange, à chaque nouvelle partie du roman, on nous donne les titres des chapitres de la partie. Et puis le récit est entrecoupé d’apartés. Et puis on se rend compte que la narratrice de l’histoire de Liesel est la Mort elle-même. C’est déroutant au début parce que la Mort s’attache à des choses comme les couleurs et les impressions et surtout elle n’aime pas les mystères, elle annonce donc parfois ce qu’il va se passer quelques temps après.  Mais on se rend vite compte que cette façon de procéder permet d’atténuer un peu le drame ou les drames que l’on pressent. Et puis l’important, au final ce sont moins les événements que le cheminement, que ce qui va conduire aux faits qu’elle annonce. La Mort est un personnage cynique mais finalement (et paradoxalement) attachante ! Elle se raccroche aux couleurs et aux belles histoires pour se raccrocher à quelque chose dans les ténèbres. C’est loin d’être simple d’être la Mort.

L’histoire de Liesel oscille entre l’extraordinaire et le banal. C’est surtout apprentissage du pouvoir des mots et l’importance de savoir lire pour comprendre le monde et comment il fonctionne. Son histoire est touchante car elle s’inscrit dans une réalité dure et implacable. Une époque marquée par les horreurs de la guerre où il peut germer des fleurs d’espoir.

Le lecteur suit Liesel pendant les années de la seconde guerre mondiale et il découvre le quotidien de personnages normaux prises dans la montée du nazisme et la tourmente de la guerre.  Quand on est pris dans la spirale, que faire ? Comment s’en sortir ? J’ai beaucoup aimé avoir ces points de vue, à travers le regard des enfants, des habitants de Molching, entre ceux qui soutiennent le Führer et ceux qui ceux ne savent plus comment se comporter. Ou quand les hommes bons se sent coupables d’être ce qu’ils sont, alors que ne sont pas eux les méchants et les responsables. Mais que faire, risquer de perdre la vie, mettre en jeu celle de sa famille, se taire ? Ou essayer de changer les choses quand même en prenant tous les risques… Difficile. Une des choses les pires peut être c’est d’être persécuter par son propre pays et que tout part d’idées, de mots qui se rependent, qui grandissent dans la tête des gens, qu’on finit par croire, sans réfléchir au vrai sens de tout cela. Terrifiant. Il y a de beaux passages, parfois drôles, parfois tristes, il y a de belles leçons de vie, de courage, d’amour, d’amitié,… Il y a des images et des métaphores, comme les combats de Max (combats intérieurs) ou la course de Rudy, l’accordéon d’Hans, … des moments qui sont plus que ce qu’ils paraissent, des personnages qui se révèlent différents de ce qu’on attendait.

L’enfance de Liesel est remplie d’anecdotes touchantes, d’amitié, de rencontres, de combats, de découvertes et les mots, les livres, auront une part très importante dans tout ça. J’ai trouvé que le livre ne creusait pas assez parfois certaines choses (et d’autres sont moins crédibles, notamment une mais faut savoir pour le remarquer) mais dans l’ensemble c’est un très bon roman qui peut être lu par les ados et les adultes et qui livre à sa façon de superbes messages. C’est une manière particulière mais très reussie de transmettre,  d’accomplir le devoir de mémoire.

Personnellement, je n’aime pas les livres sur la guerre, encore plus sur celle là (hyper sensible, je suis et je resterai je pense) mais celui là permet grâce à son traitement d’aborder des sujets graves et terribles de façon différente et moins oppressante. Ce n’est pas un coup de coeur mais une lecture marquante (à lire avec une boite de Kleenex quand même un peu, même si l’auteur ne fait pas dans le pathos, ça reste très émouvant parfois).

Les gros plus du livre : utiliser la Mort comme narratrice, découvrir des personnages qui ont tous un rôle important et beaucoup sont attachants, un peu pathétique parfois mais c’est ce qui est touchant, les personnages secondaires sont aussi importants que Liesel (j’ai peut être même préféré ces personnages à la voleuse de livres)  : Rudy, Hans, Max, la femme du maire, la voisine…. Chacun fait face comme il le peut à la guerre, à la vie, à la mort…

J’ai beaucoup aimé ce livre et je le recommande ^^ Maintenant, je vais essayer d’aller voir l’adaptation ciné, bien que j’ai un peu peur que le traitement diffère beaucoup et que je n’y retrouve pas ce que j’ai aimé dans le livre, la poésie, les couleurs, les destinées, la Mort et ses apartés, … cette indéniable impression que les mots sont vivants.

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Petit extrait :
UN DÉTAIL
Vous allez mourir.

En toute bonne foi, j’essaie d’aborder ce sujet avec entrain, même si la plupart des gens ont du mal à me croire, malgré mes protestations. Faites-moi confiance. Je peux vraiment être enjouée. Je peux être aimable. Affable. Agréable. Et nous n’en sommes qu’aux «A». Mais ne me demandez pas d’être gentille. La gentillesse n’a rien à voir avec moi.

RÉACTION AU DÉTAIL CI-DESSUS
Ça vous inquiète ?
Surtout, n’ayez pas peur.
Je suis quelqu’un de correct.

(Voilà le ton est donné !)

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La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier

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Folio, 313 pages, 7,70€

4ème de couverture

La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l’âge d’or de la peinture hollandaise. Griet s’occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s’efforçant d’amadouer l’épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l’introduit dans son univers. À mesure que s’affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville…

Résumé

Griet aide sa mère à la cuisine quand elle reçoit la visite d’une femme et de son époux. L’homme ne lui adresse la parole que pour comprendre pourquoi elle trie les légumes de la soupe par couleur. On sent que cela à une importance pour lui que ne comprend pas Griet ou le lecteur. La mère de Griet lui apprend qu’elle doit entrer au service de ces personnes le lendemain. Depuis l’accident de son époux, elle a besoin d’une aide financière que lui apportera Griet. Cette dernière apprend qu’elle rentre au service du peintre Vermeer, mais surtout de son épouse et de leurs nombreux enfants. Commence alors pour la jeune fille, une vie nouvelle, différente et qui va lui réserver des surprises…

Mon avis

Une belle découverte !

Ce livre n’est pas un coup de cœur mais je l’ai beaucoup apprécié. Je l’ai lu, il y a plus d’un mois, et j’en garde un excellent souvenir.

L’action commence en 1664 et le lecteur découvre Griet, une jeune fille de 16 ans (si je ne me trompe pas). C’est elle qui nous raconte son histoire. Un matin comme un autre, sa famille reçoit la visite d’un couple, une femme grande et assez sophistiquée, au ton abrupt et un homme, plus petit, qui semble vivement intéressé par la manie de Griet pour le tri des légumes de couleur. Un couple bien singulier. La mère de Griet lui apprend qu’elle va rentrer à leur service le lendemain pour 8 florins la journée et que désormais elle logera chez eux, dans le Coin des Papistes. C’est un coup dur pour Griet mais encore plus pour sa petite soeur Agnès qui ne pensait pas être séparé de sa seule confidente si tôt. Mais Griet comprend, depuis que son père est devenu aveugle, il ne peut donc plus travailler. Et la vie est difficile, les mois sont durs. Son père lui apprend qu’elle va travailler pour le peintre Vermeer et son épouse. Elle devra principalement faire le ménage de son atelier.

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Débute alors une toute nouvelle vie pour la jeune Griet, nous apprenons quelles seront les taches qu’elle devra exécuter en tant que servante, mais surtout nous découvrons avec elle la famille Vermeer et son maigre personnel. Une galerie de portraits très bien croqués par Tracy Chevalier. De Catherine, l’épouse enceinte de son 6ème enfant à Maria Thins sa mère propriétaire de la maison, en passant par les 4 fillettes donc l’insupportable Cornélia, Tanneke fidèle servante de Maria, et bien sur, Johannes Vermeer le peintre et marchand de tableau, chef de famille. Un nouveau monde de dur labeur, de mise en garde, de sournoiserie, de méchanceté parfois, mais de lumière aussi, de couleur et de beauté.

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Griet va devoir s’adapter à ses nouvelles tâches mais aussi conjuguer avec le caractère de Tanneke, qui la voit un peu comme une ennemie et une bonniche dénichée on ne sait où; ou encore avec celui de sa maitresse assez particulier. Et puis, surtout il y a le ménage dans l’atelier du maitre, comment le faire sans rien déplacer ? Et il est tellement secret. Peu à peu, Griet va se faire une drôle de place dans l’univers de ce peintre qui peint peu et lentement. Elle est attachante. Souvent, j’éprouve des difficultés avec les récits à la première personne, mais ici, ça sonne juste, et j’ai trouvé cette petite servante loin d’être agaçante. Elle n’a pas que des qualités (un soupçon de naïveté, une dose de fausse innocence)  bien sur mais elle fait de son mieux pour éviter les ennuis. Cette société du 17ème est tellement différente de ce qu’on connait de nos jours. Tracy Chevalier parvient à nous faire ressentir le mal être des personnages et les sentiments de  Griet : la tristesse, le doute, son mal aise en la présence du peintre. Cet homme qui l’impressionne, qu’elle admire et qui pourtant, lui adresse si rarement la parole. Puis progressivement, il la fait entrer dans son univers.

J’ai beaucoup aimé être immergé dans la ville à cette époque là, jusqu’au style flamand des constructions, le marché. On s’y croirait ! L’auteure a vraiment un don pour dépeindre les lieux sans abuser de lourdes descriptions. Nous retrouvons les us et coutumes de cette région dans les années 1660, l’opposition des quartiers catholiques / protestants, la prise des repas, les constructions, les travaux manuels (différents métiers nous sont exposés), l’accouchement et les traditions associés, la peste, … Le lecteur est vraiment immergé dans cette ville des Provinces-Unies (ce qui deviendra les pays-bas).

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J’ai beaucoup apprécié cet univers et de découvrir par le récit de Griet, le monde de la peinture, du moins celui de Vermeer. Les couleurs, les détails, l’immobilité, le mouvement, … L’auteure décrit ce quotidien tellement bien, avec le vocabulaire précis et soigné. Les descriptions et leurs impressions permettent au lecteur d’imaginer les peintures de Vermeer comme la vie de Griet dans le Delft du 17ème siècle.  J’ai adoré chercher et retenir dans les descriptions des peintures ou des anecdotes les éléments pour retrouver les vraies peintures ensuite sur le net, et on en a des évocations des toiles de Vermeer (j’en ai repéré au moins 9 sans compter la jeune fille à la perle !) !!! Et puis apprendre qu’il peignait quasiment toujours dans la même pièce, avec des éléments récurrents, en utilisant ses couleurs favorites,… c’est très intéressant.

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Ce qui va se passer au sein de cette maison ne sera pas sans conséquence sur la vie de Griet, mais en lisant la 4ème de couverture, je m’attendais à du scandale, à bien pire ! Sans raconter ce qu’il se passe, on en vient à découvrir une version potentielle de l’histoire de la naissance du fameux tableau représentant une jeune fille au turban ou encore « une jeune fille à la perle ». Et j’avoue que j’ai bien accroché moi à cette vision de l’auteur. Il est fort probable que tout cela n’est que pure fiction mais c’est amené de telle manière, que cela semble assez crédible. Du fait, du récit du pont du vue de Griet et du traitement de l’histoire, le peintre et son œuvre ne sont jamais dénaturé par le récit. Peut être que pour certains du coup, l’auteure ne prend pas de risque mais à moi, ça me convient très bien.

J’ai passé un très bon moment de lecture, dans une petite partie du monde des Arts, dans une époque plutôt méconnue dans un pays dont on parle peu dans les livres que je lis (et c’est dommage). Le livre parfait pour aborder les thèmes des servants et de leurs conditions, de l’innocence, de la peinture et de l’esthétisme. Il ne me reste plus qu’à trouver le temps de voir le film avec Colin Firth (<3) mais j’avoue avoir peur d’être déçue (et puis je ne suis a priori, pas convaincue pour Scarlett dans le rôle de Griet).

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Les Hauts de Hurle-Vent d’Emily Brontë

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4ème de couverture

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, il prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et frustre. Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses sœurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l’orgueilleux qui l’a tuée.

Résumé

En 1801, M. Lockwood locataire de Thrushcross Grange, se rend chez M. Heathcliff, aux Hauts de Hurle-Vent, son propriétaire, afin de faire sa connaissance, une rencontre bien singulière. M. Lockwood ne se sent pas vraiment le bienvenu même si M. Heathcliff s’est montré assez courtois, bien que bourru. Le lendemain, le locataire renouvelle sa visite aux Hauts du Hurle-Vent mais rien ne se passe comme la première fois. Le maitre des lieux n’est pas là, il est mal reçu par le vieux Joseph, les autres habitants, une jeune femme et un homme, ne semblent guère se préoccuper de sa présence. Contraint par la neige a demeuré à Hurle-Vent pour la nuit ou à rentrer dans le froid, le noir et la neige jusqu’au tronc, Lookwood reste mais ne goute point aux manières de l’assemblée. En pleine nuit, pris de visions et de cauchemar, il finira par rentrer chez lui au petit matin. Affaibli par un gros coup de froid attrapé en rentrant, Lookwood va se faire compter par sa femme de charge, Nelly Dean, l’histoire des Hauts et d’Heathcliff…

Mon avis

Difficile de donner mon avis sur ce grand classique, coup de cœur pour de très nombreux lecteurs. Moi, je suis tiraillée, entre des choses que j’ai adoré et d’autres que j’ai détesté.

Déjà, j’ai eu beaucoup de mal avec le début du roman, on commence dans le présent et puis assez vite, on bascule dans le récit de Nelly, et du coup, j’ai eu du mal avec la généalogie des personnages. Merci à ma version, qui propose un arbre généalogique, il m’a bien aidé. Ensuite, quand on avance dans le récit, plus de problème, mais le début a été dur. Du coup, ça démarre mal entre Les Hauts et moi.

Tous les personnages à de rares exceptions prés, m’ont été du début à la fin antipathiques. Heathcliff bien sur, mais aussi Catherine Earnshaw, Nelly, Joseph, Isabelle, Linton… Et quand, je n’ai pas été amené à les détester, ils m’ont fait pitié surtout Edgar Linton et sa fille Catherine,… Difficile donc, car, je ne me suis quasiment attachée à personne, le seul qui m’a toute ma sincère affection c’est Hareton qu’on suit depuis l’enfance et qui n’a vraiment pas choisi une seule fois sa destinée.

Heathcliff est un personnage que j’ai détesté mais que j’ai adoré détester ! Oui, c’est bien LE personnage qui fait l’histoire et qui est le plus marquant, le plus emblématique. Recueilli par M.Earnshaw, il est repoussé par ses enfants. On ne sait pas d’où il vient, qui il est. Ce personnage est auréolé de mystères, d’une aura malsaine et étrange. Il réagit aux sentiments de manière très extrême, impitoyable et cruel quand il hait quelqu’un, sur-protecteur et fou furieux quand il aime. Avec Heathchiff, pas de juste milieu, pas de temporisation, pas de pardon, pas de mesure, juste lui et sa vengeance. Cette noirceur, ce caractère, cette douleur est magnifiquement retranscrite par Emily Brontë.

Pour les autres personnages, là, j’ai eu beaucoup, beaucoup de mal. Nelly qui nous raconte tout, m’a suprêmement agacée, elle intervient quand il ne faut pas, n’intervient pas quand il le faudrait… Si seulement, c’était le seul personnage qui m’avait saoulé mais Catherine Earnshaw est insupportable, à ne pas savoir ce qu’elle veut, à donner l’illusion qu’elle tient aux apparences, … Isabelle Linton est stupide, on a beau la prévenir, elle saute dans la gueule du loup et revient désemparée mais genre on t’avait pas prévenu ? Son fils, mais quelle horreur, je n’ai pas réussi à le prendre en pitié… Et puis, il y a les personnages entre deux. Pour qui on a de la peine, Egard et sa fille Catherine mais qu’on aimerait secouer pour qu’ils se révoltent enfin. Alors oui, certains personnages sont plus qu’impuissants face à Heathcliff mais d’autres… Au cours, de ma lecture, j’ai été prise dans une telle révolte, un tel sentiment d’impuissance partagé avec les personnages que ma lecture s’est faite pénible, très pénible. Je n’ai pas compté le nombre de fois où j’ai soufflé, refermé le lire, voulu le jeter par la fenêtre ! Ce ne sont pas de sentiments, des situations que j’aime à vivre quand je lis un roman, peut-être avais-je mal choisi ma période ? En tout cas, même si du coup, j’ai eu beaucoup de mal, je dois reconnaitre, que le travail d’Emily Brontë est remarquable ! Parce que si j’ai trop partagé l’impuissance et la frustration des personnages, c’est qu’elle est douée ! Et là chapeau. Un marasme de sentiments, je ne vis pas ça tous les jours dans mes lectures! Quand, je vous dis que je suis tiraillée dans mon avis et ce n’est pas facile d’écrire ce que j’ai ressenti.

Je n’ai pas été fascinée par cette histoire, comme d’autres lecteurs ont pu l’être mais une chose est sure, comme tout le monde, je pense,c’est qu’on ne ressort pas de sa lecture indemne, on ne peut y rester insensible, qu’on l’ai adoré ou détesté. Il y a, qu’ils soient en bons ou en mauvais, un tel déferlement de sentiments qui prend le lecteur, qu’on ne peut pas rester de marbre. En ça, ce livre est une grande œuvre.

C’est complexe et tordu comme il faut, mystérieux, malsain, à la limite du fantastique, car parmi les personnages du roman certains croient aux revenants, aux démons,… et le doute plane toujours. Une sorte de flou artistique. Fantastique, folie ? Où est la frontière ? C’est vraiment très très bien fait. Ce roman est superbement écrit, travaillé. Toutefois, j’ai mis beaucoup de temps à le lire, à cause de mon sentiment devant l’inaction, l’impuissance des personnages, mais je ne doute pas, que pour d’autres, la lecture sera prenante, rapide, fascinante. J’ai beaucoup aimé, comme Emily Brontë a su créer une atmosphère pesante, un personnage d’une telle noirceur. Incontestablement un chef d’œuvre, même si je n’ai pas su pleinement y adhérer. Peut-être que mon édition y a fait beaucoup aussi, à croire que les classiques doivent être peu aéré et être publié dans des livres qui ne les mettent pas en valeur. ça a accentué ma sensation d’étouffement d’avoir le texte tout serré sans saut de pages, sans paragraphe découpé. Un peu pénible…
Bref, c’est un livre brillant qui vaut le coup d’être lu une fois au moins parce qu’on ne peut le dissocier de son auteure qui a su parler de choses qu’elle n’a pourtant pas connues, qui a su imaginer une histoire noire, sordide, très éloignée de son univers. Pour le talent d’Emily Brontë, il faut lire ce roman !

Une autre chose qui rend mon sentiment ambivalent sur l’histoire, c’est la fin, certains la trouvent superbe, moi, je ne l’ai pas aimé. Elle tranche trop avec le reste. Sans la livrer, moi, je fais parti de ceux qui pensent qu’Emily aurait du suivre sa ligne directrice jusqu’au bout. Par contre, j’ai apprécié la façon dont disparait Heathcliff, encore un mystère de plus. Du mystère, jusqu’au bout.

Voilà, mon avis est peut-être un peu décousu, il n’est pas facile de mettre des mots sur l’impression que j’ai eu. Je ne peux pas le cacher, j’ai eu beaucoup de mal mais en même temps, il y a de si belles choses dans ce livre ! Je pense que c’est un classique qu’il faut avoir lu, pour ce faire sa propre opinion sur tout, l’histoire, les personnages, l’écriture, l’ambiance…

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L’écume des jours de Boris Vian

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Lu en ebook

Le livre de poche (ou 10/18), d’occasion ou neuf (6,60€ actuellement), entre 190 et 350 pages selon les éditions

4ème de couverture (amazon, dernière édition)

Chick, Alise, Chloé et Colin passent leur temps à dire des choses rigolotes, à écouter Duke Ellington et à patiner. Dans ce monde où les pianos sont des mélangeurs à cocktails, la réalité semble ne pas avoir de prise. On se marie à l’église comme on va à la fête foraine et on ignore le travail, qui se réduit à une usine monstrueuse faisant tache sur le paysage.

Résumé

Colin, jeune homme charmant, qui ne travaille pas, amateur de jazz, reçoit à déjeuner son meilleur ami Chick, ce dernier est ingénieur et donc gagne mal sa vie, fan de Jean-Sol Partre,  tous les lundi et parfois d’autres jours aussi. Lors de leur dernier repas, Chick fait la connaissance du cuisinier de Colin, Nicolas, coïncidence, ce dernier est l’oncle d’Alise la fille dont Chick est amoureux. Colin est jaloux, lui aussi, il vaut être amoureux, à une soirée chez Iris, une amie commune, il rencontre Chloé…

Mon avis

Très mitigée.

Je sais que pour beaucoup ce livre a été un coup de cœur, que beaucoup l’adore, j’espère qu’ils me pardonneront mon avis. Je ne peux pas dire que j’ai détesté, comme je ne peux pas dire que j’ai aimé. Je n’ai simplement pas été touchée, même si certaines choses m’ont plu, d’autres me sont complètement passées au dessus de la tête. Il m’a manqué des clefs de compréhension, un contexte, une atmosphère particulière, je pense pour totalement accrochée. Et donc, … j’ai pas vraiment accrochée.

On découvre et on suit des personnages atypiques dans un monde « à l’envers », surréaliste. Notamment, le travail est quelque chose de mal vu et il est plus glorifiant (mieux vu, mieux payé) d’être ouvrier ou manuel comme le cuisinier de Colin qu’ingénieur. Colin ne travaille pas, il a de l’argent, il invente pour son usage personnel quelques machines comme le fameux piano-cocktail et il vit dans un grand appartement. Il jalouse Chick car Alise lui plait aussi mais ça n’est pas possible. Heureusement, il va rencontrer Chloé, belle et spontanée. En fait, il serait très facile de dépeindre les personnages (ce qu’ils portent, comment ils sont) mais il est presque impossible de dire ce qu’ils ressentent et, leurs qualités. Car le livre a été voulu comme ça, on ne sait presque rien des émotions des personnages. Ce sont les lieux, les décors, les actes qui est le reflet de ce qu’ils ressentent. Comme à l’instar de la maison de Colin qui change quand les finances de ce dernier s’amenuisent.

Et j’ai eu du mal avec cette façon de faire. Autant, j’ai apprécié les métaphores, les jeux de mots, les descriptions d’un monde complètement barré parfois, c’est très poétique et ça aime beaucoup, autant j’ai eu du mal avec les personnages, que je ne comprenais pas, auxquels je n’ai pas réussi à m’attacher parce qu’il n’avait pas assez de consistance, assez superficiels. Je pense que c’était voulu par l’auteur mais moi j’ai eu du mal. J’aurais du être triste de ce que subit Chloé mais finalement je n’ai pas été touchée. Idem, j’aurais du être révolté par la religion et sa façon de faire et être en empathie avec Colin, mais je n’ai pas su. J’ai même préféré les personnage secondaires aux héros…

J’avoue je suis allée chercher sur le net, des explications pour certaines choses, et avec ses dernières, je comprend mieux ce que voulait faire passer comme messages Boris Vian. Mais j’aurai bien aimé ne pas à avoir besoin d’éplucher les sites. Il y a des messages qu’on comprend facilement, le travail, la place de la femme, l’espoir, la souffrance, la maladie, … Mais il y avait tellement de messages qu’on ne peut tous les appréhender de la même façon, reste encore la religion, la passion, la superficialité, l’irréel, … J’adhère d’ailleurs pas mal aux idées mais au final j’ai eu comme une sensation de… fouillis. Et puis, il fallait connaitre un minimum l’auteur et ses aspirations pour comprendre certaines images, l’évocation des lieux, du jazz, etc. Et je suis certainement passée à côté de plein de choses.

Sinon, ça se lit très vite, les pages se tournent toutes seules. Le style est donc particulier, mélancolique, burlesque, surréaliste, c’est beau, c’est vrai. Pour un premier livre, c’était vraiment quelque chose, différent, interpellant, marquant.

Je suis restée sur ma faim, même si finalement, il n’était pas nécessaire de développer plus, vu la tournure des événements. Donc mitigée parce que j’ai aimé l’univers, la façon de voire les choses (émerveillement et merveilleux), l’histoire et ses messages. Mais pas les personnages, la rapidité des événements, les enchainements, les réactions,…

Voilà, donc, je suis contente de l’avoir lu, mais je ne sais toujours pas si j’ai aimé ou pas. La balance ne penche pas d’un côté ou de l’autre.

J’irai voir l’adaptation au cinéma, parce que je suis curieuse de voir la façon dont certaines choses seront montrées. Et parce que j’aime beaucoup Michel Gondry.

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