Le lecteur de cadavres d’Antonio Garrido

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Le livre de poche, 761 pages, 8€60

4ème de couverture

Ci Song est un jeune garçon d’origine modeste qui vit dans la Chine du XIIIe siècle. Après la mort de ses parents, l’incendie de leur maison et l’arrestation de son frère, il quitte son village avec sa petite soeur malade. C’est à Lin’an, capitale de l’empire, qu’il devient fossoyeur des « champs de la mort » avant d’accéder à la prestigieuse Académie Ming. Son talent pour expliquer les causes d’un décès le rend célèbre. Lorsque l’écho de ses exploits parvient aux oreilles de l’empereur, celui-ci le convoque pour enquêter sur une série d’assassinats. S’il réussit, il entrera au sein du Conseil des Châtiments ; s’il échoue, c’est la mort. C’est ainsi que Cí Song, le lecteur de cadavres, devient le premier médecin légiste de tous les temps. Un roman, inspiré par la vie d’un personnage réel, captivant et richement documenté où, dans la Chine exotique de l’époque médiévale, la haine côtoie l’ambition, comme l’amour, la mort.

Mon avis

Ci est un jeune garçon qui va jouer de malchance pendant une grande partie du récit mais qui va vivre une aventure extraordinaire qui va l’amener à exceller dans le domaine de la science légale, la « lecture de cadavres », déterminer à partir des blessures, indices, modifications post-mortem, etc. la cause des décès. Inspiré de la vie d’un personnage réel mais romancé pour la majeure partie, le lecteur va suivre Ci dans la Chine du Moyen-âge.

Au début du récit, un crime est commis dans la province du Fujian, dans les champs cultivés de de la sous-préfecture de Jianyang. C’est dans cette province que vit Ci, avec ses parents, sa jeune soeur malade Troisième, chez son frère Lu, avec qui il a du mal à s’entendre. Lu possède son exploitation agricole. Il a accepté de s’occuper de sa famille, avec qui il était pourtant fâché, pendant le temps du deuil familial rendu aux aïeux et qui ont éloigné Ci et son père de la grande ville Lin’an. A Lin’an, le père est dans l’administration au service de l’honorable Feng,  juge spécialiste de la résolution de meurtres, morts suspectes et d’autres crimes, tandis que Ci étudie sous l’aile de Feng, en tant qu’assistant. Pour Ci le retour à la campagne est difficile et l’entente avec son frère houleuse. Pourtant, il l’aide du mieux qu’il peut même si son esprit est resté en ville. Alors qu’il travaille dans la rizière, il découvre un corps sans vie, qui a été enterré là. Ce dernier a été décapité.

Le juge Feng de passage dans la région se rend chez les parents de Ci. Ce dernier voit là l’occasion de demander à nouveau à son père de rentrer plus tôt à Lin’an avec Feng mais il accuse un refus cinglant. Son père lui fait même comprendre que lui n’y retournera jamais. Ci espère ensuite que le juge s’occupera du cadavre retrouvé dans les champs, même si le juge n’est pas dans sa juridiction. Cela lui donnera au moins l’occasion de renouer avec son rôle d’assistant, comme avant. Le juge fait les premières constatations et finira même par désigner avec une méthode originale, le coupable de l’assassinat. Malheur pour Ci, le juge désigne son frère Lu. Ce dernier est arrêté et torturé. Il finira par avouer le crime. La honte s’abat sur la famille de Ci. Mais comble du malheur, la nuit suivante, la maison de Lu part en fumée et cendres, et ne survit que Troisième qui s’était cachée et Ci qui n’était pas présent dans la demeure cette nuit-là. Après quelques jours de confusion, Ci tente de vendre les terres de son frère mais il se fait arnaquer par les personnalités les plus hauts placés du village. Son frère et ses parents disparus, il ne reste plus à Ci que l’exil avant d’être recherché et arrêté par ceux qui se sont joué de lui lors de la vente des terres de Lu. Ci et Troisième, de plus en plus souffrante, partent donc vers la grande ville…

L’histoire et le récit sont denses et pas simple à résumer. Là, ce ne sont que les grandes lignes du début mais elles annoncent déjà la malchance que rencontre Ci tout le long du récit. Parce qu’il n’en pas pas fini de fuir et de tenter de survivre. On découvre un jeune homme un peu (voire beaucoup) naïf, cependant débrouillard mais bien souvent à côté de la plaque. Par contre, il se révèle extrêmement doué pour trouver des indices sur un corps, déduire ce qui a pu arriver, d’abord grâce à son enseignement auprès de Feng, puis à force de côtoyer certaines personnes dont le personnage étrange de Xu, un fossoyeur et enfin par les études qu’il aura la chance de commencer à l’académie Ming. Enfin, il développera lui même certaines techniques et un certain savoir. Même si à chaque étape, il se fera avoir par les uns et les autres. Certains lecteurs auront l’occasion de s’attacher à Ci et d’autres pourront être énervés par son attitude. Moi, je me suis plutôt attaché à lui, j’avais envie de le voir réagir parfois mais j’avais aussi de la peine pour lui. Les lecteurs découvriront pléthores de personnages pour le moins antipathiques ce qui, moi, m’a conforté dans mon attachement au jeune homme.

Par contre, on peut regretter que le récit ne comporte pas assez de « lectures de cadavres » dans sa première partie, on assiste plutôt aux malheurs de Ci.  Qui cumule il faut bien le dire. Et ça peut même finir par être « trop », en devenir agaçant. Cependant, j’ai quand même beaucoup apprécié cette lecture, qui tourne ensuite en intrigue plus policière, dans la partie où Ci doit découvrir qui a tué plusieurs personnes au sein ou dans l’entourage de l’empereur. Il n’a pas droit à l’erreur d’ailleurs, sinon, c’est la mort assurée. Dans cette partie-là, donc, il est passionnant de voir comment il découvre les choses et déduit certains faits.

A partir d’un moment, on se doute de qui est le coupable, même si l’auteur arrive habilement à nous faire douter en introduisant un personnage ambigu. Et si finalement le lecteur faisait fausse route ? Il a du très bon dans ce récit comme du moins bon faut le reconnaître, mais dans l’ensemble, l’histoire de Ci se lit vite, et devient de plus en plus prenante. L’auteur a fait beaucoup de recherche sur la Chine du 13è siècle et sur le véritable Ci Song qui était a établit le premier traité légiste en 5 volumes, abordant des procédés et des caractéristiques légistes qui devaient être assez ardues, et pour d’autres tabous pour l’époque. Époque où la médecine était une discipline négligée voire répudiée et où les arts, la littérature et le droit étaient les sciences absolues. Au début, j’ai eu peur que ça soit très théorique et compliqué, mais ce n’est pas le cas, on peut même regretté un peu que la vie de Ci soit si romancée. De même, j’appréhendais beaucoup le côté Chine moyenâgeuse, une période que je n’apprécie pas du tout en général et qui ne me donnait absolument pas envie. Alors même si effectivement ce n’était pas une partie de plaisir de vivre à cette époque, la lecture n’en est pas trop lourde. Elle est peut-être un peu sombre, tellement, parfois, la misère et la cruauté de certaines pratiques nous sont narrées. Mais ce côté historique apporte un plus au roman et j’ai appris plein de choses. Finalement, ce ne fût pas une épreuve si terrible.

Dans son ensemble, j’ai beaucoup aimé cette lecture même si ça partait mal (Chine, 13è siècle, succession de malheurs). Et puis j’aime beaucoup les histoires de légistes, anthropologues, sciences légales, … ici ancêtre de la police scientifique. Ce fut donc une bonne lecture pour moi.

Rédemption de Bérengère Rousseau

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Editions du Riez, 304 pages, 16€90

4ème de couverture

Quand un vieux médaillon et quelques documents anciens révèlent à Noâm les soupçons de collaboration qui pèsent sur son arrière-grand-père, son monde bascule. Comment accepter et vivre avec cette honte ? Il veut comprendre. Avec son meilleur ami, il se rend au Château de Noisy, là où son aïeul fut aperçu pour la dernière fois.

Sur place, ils sont victimes d’un éboulement. Ils se réveillent en 1944 à la veille de la Bataille des Ardennes. Noâm voit là l’occasion de restaurer l’honneur de sa famille, au risque de changer le cours de l’Histoire. Et si, justement, celle-ci avait déjà changé ?

Résumé

En Belgique, Noâm, pourtant passionné d’histoire, fait des études de psychologie à Mons. Il aurait pu partir étudier avec Lucas, son meilleur ami, mais il a préféré rester auprès de son père, Élie antiquaire. Un jour, ce dernier ramène, en plus des commandes pour ses clients, des papiers et documents liés à leur histoire familiale. Noâm va alors découvrir que son arrière-grand père Félicien s’appelait Noâm comme lui et qu’il a été amené à collaborer pendant la seconde guerre mondiale. Pour Noâm, c’est le choc. Il ne comprend pas qu’on puisse passer de résistant à collabo. Il a beaucoup de mal à encaisser l’information. Il en parle à Lucas et décide de se rendre au château de Noisy, là où Félicien a été vu pour la dernière fois afin de peut-être comprendre… Mais, là bas, Noâm et Lucas vont vivre un étrange phénomène…

Mon avis

Noâm est un jeune homme discret, qui a préféré faire une croix sur les études qui lui plaisait, pour rester étudier dans la ville de son père afin de l’aider et de le soutenir. Son meilleur ami Lucas lui fait souvent remarquer qu’il passe à côté de sa vie. Pourtant, Noâm ne se voit pas s’éloigner de son unique parent.

Quand Noâm découvre que son père Élie et son grand-père lui ont caché la vérité sur son arrière-grand-père Félicien, il en est profondément bouleversé. Cette figure paternelle qu’il a toujours vu comme un résistant était donc fausse? Pour des raisons, que Noâm a du mal à comprendre, Félicien s’est retrouvé à devoir collaborer avec l’ennemi pendant la seconde guerre mondiale. Avec les papiers et photos que découvre Noâm, Élie lui présente une médaille, un bijou de famille, placé dans un écrin présentant d’une croix gammée. Étrangement, depuis la découverte de ce secret de famille, Noâm ne quitte plus le médaillon. De plus en plus fréquemment, il est pris de migraine et fait d’étranges rêves où une petite fille tente d’échapper aux Allemands. Il comprend vite que ses rêves se passent dans la forêt proche du château de Noisy.

Noâm se confie à Lucas. Il lui fait part de sa décision de se rendre au château qui apparait dans ses rêves et de faire des recherches. Peut-être pourra-t-il en découvrir plus sur son aïeul ? Mais le château tombe en ruine et est dangereux. Lucas refuse de le laisser partir seul et l’accompagne donc. Mais là-bas, ils vont être victimes d’un éboulement d’une partie de la structure du château. A leur réveil, ils reconnaissent difficilement les lieux tant la demeure ne présente plus son aspect délabré. Ils tombent alors sur une jeune fille qui va les aider.  Cependant, Noâm est depuis son réveil sujet à des crises de plus en plus violent, il semble affaibli. Sur le chemin vers le village, Lucas et Noâm en découvrent suffisamment pour comprendre qu’ils ne sont plus en 2014 mais bien 70 ans en arrière. En 1944 ! Que s’est-il passé ? Que vont découvrir les deux jeunes hommes ? Et si leur présence changeait le coup des événements ?

Noâm est un personnage complexe. J’avoue avoir eu un peu de mal à le cerner. Il a l’air calme et posé mais je l’ai trouvé aussi impulsif et borné. Il a du mal à encaisser la découverte de la trahison de son arrière-grand-père. Et il veut comprendre. Savoir si les objets, indices que son père lui a montré sont authentiques ou s’ils peuvent avoir mal interpréter les apparences. Noâm est comme torturé et il doit agir. Mais que faire ? Comment avoir des réponses quand 70 ans sont passés ? Obsédé par tout ça, il se rend au château de Noisy. Et se retrouve avec Lucas propulsé 70 ans en arrière en pleine guerre. Là bas, dans une époque différente de la sienne, il va devoir faire des choix et les assumer. Lucas lui est le complémentaire de Noâm. Il est curieux et téméraire. Il est celui sur qui Noâm peut compter et lui permet un équilibre. Leur amitié est sincère et j’ai beaucoup aimé la complicité de ces deux personnages.

L’histoire est originale et prenante. J’avais vraiment envie de savoir comment ils étaient arrivés là, ce qu’ils allaient faire. L’auteur ne va pas ménager son lecteur et ses personnages. Parce que les actions de Noâm auront des conséquences. Je vous laisse en découvrir lesquelles et leur ampleur. De plus, on sent le travail de recherches de l’auteur sur le lieu, la période, l’occupation allemande. Une véritable atmosphère ressort du roman. Une crispation, une tension. Et bien sur le sujet choisi est plutôt dramatique, émotionnel. Je lis assez peu d’histoire sur cette période. Sur la guerre en général. Je suis plutôt hypersensible. Ici, il y a beaucoup d’émotions, on ressent l’horreur de la guerre mais le format, environ 300 pages, m’a convaincue que je pourrais tenir la distance. Et puis, c’est détaillé ce qu’il faut, sans pathos, sans leçon de moral mais tout en restant ancré dans la réalité de la guerre. Il y a, du reste, une véritable réflexion sur la résistance, la collaboration, le rôle de chacun. Sur les choix, sur ce qu’on pense être, ce qu’on pense pouvoir faire et sur ce qu’il en est réellement. Il n’est plus si évident de bien ou mal agir quand on est confronter à des situations épineuses, douloureuses ou désespérées.

J’ai beaucoup apprécié la théorie développée par l’auteur pour le voyage dans le temps. Elle développe une des hypothèse la plus crédible si on pouvait voyager dans le temps. Je vous laisse la découvrir. J’ai aimé aussi l’action dans le pays de l’auteur, dans les Ardennes belges. Et ce château qui fait froid dans le dos, menacer d’être rasé, en piteux état, où  des photographes prennent des risques pour des clichés empreints d’une ambiance étrange, sombre et pourtant envoutante.

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Malgré toutes les qualités de l’ouvrage,  j’ai quand même eu un peu de mal pendant ma lecture. Avoir des personnages qui se prénomment de la même façon, m’a parfois perdue. Je ne savais plus si j’étais avec le jeune homme ou son aïeul. J’ai aussi eu l’impression, toute personnelle, que parfois l’auteur avait des idées en tête mais que tout n’avait pas été écrit. Il m’a manqué des transitions pour rendre le récit plus fluide.  Comme une impression que ça allait trop vite et qu’on avait pas toujours tous les détails. J’ai aussi relevé de légères incohérences mais peut-être sont-elles dues à la complexité du voyage dans le temps, du coup, elles s’expliqueraient ^^

Le bilan est toutefois positif ! Le thème, l’atmosphère, les personnages sont les atouts de ce roman. La fin est surprenante, je ne m’y attendais pas. Fort par le thème et l’époque, le lecteur en sort marqué. La trame et l’histoire surpassent les petits défauts relevés. Même si c’est parfois dur, tous ces éléments font que j’ai passé un bon moment de lecture avec Rédemption. Ces éléments, et les questions que l’on se pose tout le long du roman: « qu’est-ce que j’aurais fait ? » « Comment aurais-je réagit ? » Mais aussi « vont-ils réussir à rentrer chez eux ? » Et encore « quelles sont les conséquences de nos actes ? Et si chaque parole, chaque geste, chaque action, pouvaient changer une vie ? Plusieurs ? Le Monde ? »
Je vous dirai juste que le titre du roman a été bien choisi et je vous recommande cette lecture d’une auteur à surveiller.

L’école de la nuit de Deborah Harkness

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Le livre de poche, 923 pages, 8€90

4ème de couverture

Diana Bishop, jeune historienne héritière d’une puissante lignée de sorcières, et le vampire Matthew Clairmont ont brisé le pacte qui leur interdisait de s’aimer. Quand diana a découvert l’Ashmole 782, un manuscrit alchimique, à la bibliothèque d’Oxford, elle a déclenché un conflit millénaire. La paix fragile entre les vampires, les sorcières, les démons et les humains est désormais menacée.
Déterminés à percer le mystère du manuscrit perdu, et tentant d’échapper à leurs ennemis, Diana et Matthew ont fui à Londres… en 1590. Un monde d’espions et de subterfuges, qui les plonge dans les arcanes du passé de Matthew et les confronte aux pouvoirs de Diana.
Et à l’inquiétante École de la nuit.

Résumé

Matthew et Diana sont parvenus à fuir dans le passé. Ils débarquent donc en 1590 dans le 16ème élisabéthain, dans la demeure de Matthew, Old Lodge où séjournent des amis de Matthew surpris de le voir à Londres, amaigri, rasé et surtout accompagné. Il est censé être en Écosse. Diana va devoir apprendre à se comporter comme une dame de cette époque, et bien qu’elle soit historienne, cela ne sera pas si facile de passer inaperçu. Son physique déjà assez éloigné des standard de l’époque, avec un accent étrange, incapable de se taire… De plus sa magie se transforme, il va falloir pour sa survie que Diana apprenne à maîtriser ses pouvoirs et qu’elle découvre ce dont elle est capable. Quand au Matthew du 21ème, il a pris la place de celui du 16ème et retrouve sa fonction d’espion à la solde de plusieurs grandes personnalités… Un voyage dans le passé riche en épreuve et en révélation.

Mon avis

Un 2nd tome encore meilleur que le 1er !

Dans Le livre perdu des sortilèges, j’avais accroché vraiment qu’à partir de la moitié du roman quand l’action commence. Ici, pas de lenteur dans le début, l’histoire reprend là où elle s’était terminée et j’ai beaucoup aimé. Bien sur, les deux héros doivent s’adapter. Enfin surtout Diana. Atterrir au XVIème siècle avec ses codes, ses tenues, rester discrète, … et partager Matthew avec ses amis, etc. Ce placement prend un peu de temps au début de l’intrigue mais même comme cela, il se passe déjà pas mal de chose pour les deux amants.

J’ai pris plaisir à retrouver Matthew et Diana, ils me manquaient. En effet, j’ai souvent pensé à leur histoire et il était temps de sortir la suite de ma bibliothèque. Dans le premier livre, j’avais plus accroché au vampire, ici j’ai aimé les deux personnages. J’ai aimé suivre leur relation qui évolue. Cette dernière se complexifie, devenant plus compliquée, dangereuse et plus belle au fur et à mesure que le temps passe. J’ai adoré découvrir dans L’école de la nuit des personnages connus ou inventés, me perdre avec Diana dans le Londres du XVIème siècle. Mais surtout, j’ai adoré découvrir une partie de la vie de Matthew, certains de ses secrets, et la nature de Diana, ce qu’est vraiment sa magie. J’ai été sous le charme des détails de cet opus. Le Londres élisabéthain, Prague, Sept-Tours, … et des nouveaux personnages. Ceux que j’ai vivement apprécié rencontrer comme Philippe ou les sorcières du XVIème, ou encore Mary Sidney ou Gallowglass, et ceux que l’on peut facilement détester, même si on peut comprendre leurs comportements, comme Kit, Rodolphe ou le roi des vampires de Londres. J’ai adoré aussi retrouver le côté scientifique et historique de l’intrigue, les recherches alchimiques. C’est vraiment un thème que j’affectionne dans la littérature et là c’était génial. J’ai vraiment hâte d’en savoir plus sur le livre perdu, le destin des espèces et sur le reste.

Comme dans le premier tome, j’aime énormément l’intrigue globale. Il y a une part de romance mais surtout il y a une vraie histoire complexe, riche et dense : la recherche des origines, le pourquoi du déclin des créatures, les tensions entre les uns et les autres, les histoires de famille,… etc. Ce second tome présente déjà des révélations, comme la nature de Diana, ce qu’elle est capable de faire. Il présente aussi les caractères des uns et des autres, permet la rencontre avec des personnages que le lecteur n’aurait pas pu connaître dans une autre époque. Enfin, il permet de faire le point sur le destin des héros à travers l’ombre de prophéties. Seront-elles réelles ou non, quel sens ont-elles, je pense qu’on le découvrira dans le dernier tome, Le nœud de la sorcière. (D’ailleurs, maintenant que j’ai lu L’école de la nuit, je comprend mieux le titre français du 3ème.) Quelles seront les épreuves que vont devoir vivre Matthew et Diana ? Quel rôle cette dernière va-t-elle jouer dans ce qui se passe ? Leur séjour dans le passé aura-t-il changé le présent ?

En parlant de présent, j’ai beaucoup aimé les passages dans le 21ème siècle, les quelques évocations des conséquences de la présence de Diana et Matthew dans le passé. Retrouver certains personnages du premier, Ysabeau, Sarah, Marcus. C’est même frustrant parce qu’on ne reste pas avec eux très longtemps. On ne sait pas ce qui se passe vraiment pour eux mais il est certain que des joies et des drames se nouent. La fin révèle des choses qui, j’espère, seront creusées dans la suite. J’ai vraiment hâte de savoir ce qu’il s’est passé dans le présent quand Matthew et Diana étaient dans le passé et aussi ce que trame la Congrégation…

En tout cas, je continue de trouver que l’auteur fournit un gros et superbe travail de recherche. On sent l’historienne derrière l’auteur et j’ai personnellement adoré, je ne me suis pas ennuyée une minute. La relation entre les héros est creusée, les contacts avec leurs amis ou famille également. Il y a beaucoup de personnages qui gravitent autour d’eux, peu importe où ils vont, c’est vivant, j’adore ça. Moi, qui n’aime pas les histoires d’amour qui se suffisent à elle-même et les romans historiques qui pourraient se passer dans une autre époque sans problème, j’ai ici apprécié grandement que cela ne soit pas le cas. J’ai appris pas mal de choses sur cette époque, le XVIème siècle, que je ne connais pas beaucoup. Et la romance sert l’intrigue complètement.

Je garde encore en tête cette histoire construite et détaillée servie par un style est en parfaite adéquation avec l’intrigue. Je suis impatiente de lire la suite. La sortie en poche du dernier tome n’arrivera jamais assez vite ^^ Je vais encore garder en tête cette histoire, ces personnages attachants et cette tension de poursuite et d’actions et cela va me suivre partout pendant des semaines. J’ai trouvé cette suite encore meilleure que le premier, je fonde beaucoup d’espoir sur le final, j’espère que je ne serais pas déçue.

Frankia – Livre I de Jean-Luc Marcastel

frankiaEditions Mnémos, Collection Hélios, 11,90€, 565 pages

4ème de couverture

Dans une France décalée pendant la seconde guerre mondiale, où la magie se mêle à la technologie, Loïren, un jeune Frankien élevé par un orc, en zone libre, va recueillir une jeune femme elfe poursuivie par la milice… et se retrouver au cœur du conflit qui embrase Europa. Mais qui est véritablement Loïren ? Quel est son lien avec les forces obscures qui rongent le coeur des peuples libres ? Derrière l’Histoire, celle des États et des Nations, ici ou ailleurs, se cachent le combat, la haine et l’amour des hommes et des femmes emportés dans la tourmente, qu’ils soient réels ou imaginaires…

Transposition fantastique de la sombre réalité de la guerre, le monde créé par Jean-Luc Marcastel accroche le lecteur dès les premières pages grâce à un incroyable suspense et une écriture fluide et rythmée. Un roman à découvrir entre Urban Fantasy et Uchronie Steampunk.

 Résumé

Loïren est un jeune homme élevé au sein d’une famille orc. Il a été retrouvé vers l’âge de 10 ans, errant dans le maquis, sans avoir de mémoire, sans savoir d’où il vient. L’action se situe en 1940, alors que Frankia est coupée en deux par la guerre avec Teutonia. Au Nord, le pays est occupé, au sud c’est la zone libre sous le gouvernement de Noiron.

Avec son frère orc Morkhaï, Loïren aide aux champs le vieux nain Machefer. Un jour, ils assistent à une course poursuite. Les Veilleurs sont à la recherche d’une personne particulière. Mais elle parvient à leur échapper. Qui est-elle ? Quelle importance a-t-elle ? L’individu qui était avec elle est molesté par les Veilleurs. Ces derniers sensés veiller à la sécurité et à l’ordre sous le nouveau gouvernement. Loïren et  Morkhaï aimeraient venir en aide à cette personne mais le vieux nain les en empêche. Cela serait trop dangereux.

Les deux jeunes gens rentrent à Anduz, le village où ils vivent là où il existe aussi une ligne de démarcation, parce que comme un peu partout en Frankia, les orcs et ceux qui ne sont pas humains sont placés à part. On exploite leur force et leur courage mais hors de question de prôner la mixité. On déteste les orcs, les nains, les humains qui sympathisent avec eux et plus que tous les elfes. Depuis que la partie Nord de Frankia est tombée aux mains des Teutoniens, les dangers sont partout, climat de terreur et de dénonciation même en zone libre. Que destin attend Loïren et  Morkhaï ?

 Mon avis

Une très belle lecture !

J’ai vraiment apprécié ce premier livre du diptyque Frankia (qui correspond à 1,5  tomes de l’édition grand format). Deux points m’empêchent cependant d’en faire un coup de cœur. Cependant, j’ai vraiment été prise dans l’histoire (même s’il m’a fallut du temps, ça n’était pas du à la qualité du livre), j’ai même parfois été émue aux larmes.

Je précise qu’en général, je lis rarement des livres sur la guerre, parce que je ne supporte pas, les exactions qui sont commises, je suis très empathique et donc, j’ai du mal à m’en remettre après. Ici, Jean-Luc Marcastel réussi à parler de la seconde guerre mondiale et de la guerre en général, de manière différente, en créant un monde mêlant magie et steampunk, avec des héros de fantasy : humains, nains, elfes, orcs. Je me suis laissée tenter ! Je ne regrette pas.

L’auteur transcrit donc la seconde guerre mondiale dans un univers fantasy. Le Technarkonte Von Drakho, après avoir envahi une partie d’Europa, a conquis Frankia et occupe le Nord du pays alors que le Sud est sous le gouvernement de Noiron. Ici, ce ne sont pas les juifs qui sont traqués, arrêtés et déportés mais les elfes, et on va apprendre progressivement pourquoi. Dans le monde né de l’imagination de Jean-Luc Marcastel,  « les tracteurs à vapeur sont actionnés par des élémentaires de feu, les arachnopanzers et mécanovouivres déchaînent leur fureur mécanique, les protocoles technomanciens altèrent la réalité, les ores, colonisés et exploités, se sont battus aux côtés des Frankiens pendant la première guerre mondiale et les elfes sont persécutés et exploités par les Teutoniens et leur maître, le Technarkonte Von Drakho ». C’est impressionnant comment l’auteur a su transformé la réalité tout en la gardant ancrée.

Le lecteur découvre un monde proche du sien mais finalement très différent, où l’horreur de l’occupation est décuplée par les créations mécaniques des Teutoniens et la psychologie des dirigeants. Dans ce monde, on va suivre un humain, Loïren, qui est très mystérieux. On apprend vite qu’il est lié aux heures sombres de la guerre mais on n’imagine pas comment, ni comment cela est possible pour un jeune homme de 18 ans environ. C’est par les questionnements liés à ce personnage que l’auteur m’a accroché. Le début peut sembler un peu loin avant que l’action ne commence mais il correspond à un premier tome d’une trilogie, le tome de la mise en place de l’univers et des personnages.

Dans les personnages, j’ai beaucoup apprécié les orcs, leurs personnalités, leur façon d’être, de prendre les choses, leur philosophie de vie, leur sagesse et leur courage malgré les brimades, les coups. On en déteste d’autant plus ceux qui les exploitent, qui les rabaissent, les pensent inférieurs. J’ai beaucoup aimé la mythologie sur les elfes, ce qu’ils sont, ce qu’ils peuvent faire. Des descriptions belles et poétiques sont rattachées à ce peuple, j’ai adoré. On s’attache à Faëllia, une elfe, dernière de la première lignée, qui a perdu tout ce qui compter pour elle, et qui porte le destin de son peuple sur ses frêles épaules. J’ai aimé Loïren, pas tous les traits de son caractère mais cet aspect mystérieux est accrocheur, on a envie de savoir ce qu’il a oublié. Dans l’ensemble, la psychologie des personnages est très bien décrites. On s’attache aux personnages et on a envie de les suivre, de savoir ce qu’il va se passer pour eux. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, je pense à M. Fabre ou Mimile ! Bref, les personnages sont bien construits, détaillés, aboutis et attachants, de quoi ravir le lecteur.

L’univers, je l’ai adoré, le steampunk, technologie et magie mêlés est vraiment très réussi. Les créatures sont très bien décrites, effrayantes et froides, implacables comme les hauts dirigeants Teutoniens qui donnent la chair de poule. Le mélange, Histoire et Fantasy est aussi superbement bien réalisé, on a assez d’éléments pour parfois faire des parallèles mais certainement choses sont bien entendu complètement différentes. Loin de choquer ou d’être caricatural, le mélange est parfait ! L’univers est sombre, parfois pesant, cruel et froid, les ambiance sont bien retranscrites, on est happé dans l’histoire, on s’y croirait.

Ce livre, cette histoire permettent de revenir sur de nombreux thèmes : la haine, la folie, les croyances, le Bien, le Mal. Comment un jour, le monde bascule. Qui peut résister, qui seront ceux qui s’opposeront alors que tout espoir semble envolé ? Dans les ténèbres, une lueur d’espoir est encore présente, c’est ce que découvriront Loïren et son frère orc dans cette quête. Loin d’être des thèmes trop vus et revus, je pense qu’ils sont ceux qui nous permettent de réfléchir sur nos erreurs, sur le passé, sur l’avenir, etc. On retrouve également les thèmes de la différence, du rejet, de l’injustice et des préjugés. Ce qui s’applique à notre réalité, s’appliquent malheureusement au monde fantasy, rejet de ce qui est différent, facteur d’incompréhension, de peur, … Les pages nous laissent voir la noirceur de certains personnages, la détresse d’autres. L’auteur ne nous épargne pas l’horreur de la guerre, pour mieux sublimer, l’espoir, la lumière et la résistance. On retrouve aussi une série de thèmes déjà présente dans le dernier hiver : l’amour, la dévotion, l’interdit. Même si je ne suis pas une grande amatrice de ces thèmes, je dois reconnaitre, que c’est bien écrit, dans les écrits de Jean-Luc Marcastel, on se rend compte qu’il n’y a pas d’espoir sans amour. Ici il transcende tout, abat les clichés. Je dois reconnaitre que c’est beau.

Deux aspects m’ont moins plu, qui font que je passe à côté du coup de cœur, mais qui feront pour vous peut être toute la différence : le caractère « fou d’amour » de Loïren (qui est « accro’ » dès la première minute (même si on finit par comprendre pourquoi)) m’a agacé (et oui…) et puis il y a un chapitre qui m’a émue aux larmes mais je pensais trouver une justification à ce chapitre, qu’il allait y avoir un lien avec le reste, et dans ce premier livre non, rien. Donc j’ai eu l’impression d’un chapitre rédigé (en tout cas, pour le moment, peut être que cela sera différent avec le second livre) pour émouvoir, faire un peu de pathos, chapitre qui ne semble pas pour l’instant servir à expliquer certains événements (même si on apprend des choses, on n’apprend rien sur l’histoire vécue par les personnages principaux).

L’écriture de Jean-Luc Marcastel est belle, fluide et vivante. Je confirme ma première impression sur cet auteur, il a une écriture très intelligente. Les sujets choisis, les thèmes abordés ont plusieurs buts, nous faire rêver ou frémir, nous bousculer un peu et nous faire réfléchir ! On oscille entre terreur et rire, entre sourire et larmes. Encore une fois, c’est une réussite ^^ L’univers est original, le pari d’allier fantasy et Histoire est remporté haut la main.

J’ai hâte que le second livre sorte en poche, parce que j’ai envie de savoir comment va se terminer cette histoire, ce qu’il va advenir des personnages, retrouver Morkhaï <3j’ai le sentiment que tout ne fait que commencer et que la suite va nous réserver des surprises. J’en tremble d’avance.

Merci à Babelio et son opération Masse Critique grâce à laquelle j’ai pu lire ce superbe livre.

« Que vous aimiez L’Etranger. ou Nos étoiles contraires., Le choix de sophie. ou Maxime Chattam., Babelio vous invite toute l’année à explorer des bibliothèques en ligne. et découvrir des livres. en allant sur Babelio.com.

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La jeune fille à la perle de Tracy Chevalier

9782070417940

Folio, 313 pages, 7,70€

4ème de couverture

La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l’âge d’or de la peinture hollandaise. Griet s’occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s’efforçant d’amadouer l’épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l’introduit dans son univers. À mesure que s’affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville…

Résumé

Griet aide sa mère à la cuisine quand elle reçoit la visite d’une femme et de son époux. L’homme ne lui adresse la parole que pour comprendre pourquoi elle trie les légumes de la soupe par couleur. On sent que cela à une importance pour lui que ne comprend pas Griet ou le lecteur. La mère de Griet lui apprend qu’elle doit entrer au service de ces personnes le lendemain. Depuis l’accident de son époux, elle a besoin d’une aide financière que lui apportera Griet. Cette dernière apprend qu’elle rentre au service du peintre Vermeer, mais surtout de son épouse et de leurs nombreux enfants. Commence alors pour la jeune fille, une vie nouvelle, différente et qui va lui réserver des surprises…

Mon avis

Une belle découverte !

Ce livre n’est pas un coup de cœur mais je l’ai beaucoup apprécié. Je l’ai lu, il y a plus d’un mois, et j’en garde un excellent souvenir.

L’action commence en 1664 et le lecteur découvre Griet, une jeune fille de 16 ans (si je ne me trompe pas). C’est elle qui nous raconte son histoire. Un matin comme un autre, sa famille reçoit la visite d’un couple, une femme grande et assez sophistiquée, au ton abrupt et un homme, plus petit, qui semble vivement intéressé par la manie de Griet pour le tri des légumes de couleur. Un couple bien singulier. La mère de Griet lui apprend qu’elle va rentrer à leur service le lendemain pour 8 florins la journée et que désormais elle logera chez eux, dans le Coin des Papistes. C’est un coup dur pour Griet mais encore plus pour sa petite soeur Agnès qui ne pensait pas être séparé de sa seule confidente si tôt. Mais Griet comprend, depuis que son père est devenu aveugle, il ne peut donc plus travailler. Et la vie est difficile, les mois sont durs. Son père lui apprend qu’elle va travailler pour le peintre Vermeer et son épouse. Elle devra principalement faire le ménage de son atelier.

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Débute alors une toute nouvelle vie pour la jeune Griet, nous apprenons quelles seront les taches qu’elle devra exécuter en tant que servante, mais surtout nous découvrons avec elle la famille Vermeer et son maigre personnel. Une galerie de portraits très bien croqués par Tracy Chevalier. De Catherine, l’épouse enceinte de son 6ème enfant à Maria Thins sa mère propriétaire de la maison, en passant par les 4 fillettes donc l’insupportable Cornélia, Tanneke fidèle servante de Maria, et bien sur, Johannes Vermeer le peintre et marchand de tableau, chef de famille. Un nouveau monde de dur labeur, de mise en garde, de sournoiserie, de méchanceté parfois, mais de lumière aussi, de couleur et de beauté.

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Griet va devoir s’adapter à ses nouvelles tâches mais aussi conjuguer avec le caractère de Tanneke, qui la voit un peu comme une ennemie et une bonniche dénichée on ne sait où; ou encore avec celui de sa maitresse assez particulier. Et puis, surtout il y a le ménage dans l’atelier du maitre, comment le faire sans rien déplacer ? Et il est tellement secret. Peu à peu, Griet va se faire une drôle de place dans l’univers de ce peintre qui peint peu et lentement. Elle est attachante. Souvent, j’éprouve des difficultés avec les récits à la première personne, mais ici, ça sonne juste, et j’ai trouvé cette petite servante loin d’être agaçante. Elle n’a pas que des qualités (un soupçon de naïveté, une dose de fausse innocence)  bien sur mais elle fait de son mieux pour éviter les ennuis. Cette société du 17ème est tellement différente de ce qu’on connait de nos jours. Tracy Chevalier parvient à nous faire ressentir le mal être des personnages et les sentiments de  Griet : la tristesse, le doute, son mal aise en la présence du peintre. Cet homme qui l’impressionne, qu’elle admire et qui pourtant, lui adresse si rarement la parole. Puis progressivement, il la fait entrer dans son univers.

J’ai beaucoup aimé être immergé dans la ville à cette époque là, jusqu’au style flamand des constructions, le marché. On s’y croirait ! L’auteure a vraiment un don pour dépeindre les lieux sans abuser de lourdes descriptions. Nous retrouvons les us et coutumes de cette région dans les années 1660, l’opposition des quartiers catholiques / protestants, la prise des repas, les constructions, les travaux manuels (différents métiers nous sont exposés), l’accouchement et les traditions associés, la peste, … Le lecteur est vraiment immergé dans cette ville des Provinces-Unies (ce qui deviendra les pays-bas).

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J’ai beaucoup apprécié cet univers et de découvrir par le récit de Griet, le monde de la peinture, du moins celui de Vermeer. Les couleurs, les détails, l’immobilité, le mouvement, … L’auteure décrit ce quotidien tellement bien, avec le vocabulaire précis et soigné. Les descriptions et leurs impressions permettent au lecteur d’imaginer les peintures de Vermeer comme la vie de Griet dans le Delft du 17ème siècle.  J’ai adoré chercher et retenir dans les descriptions des peintures ou des anecdotes les éléments pour retrouver les vraies peintures ensuite sur le net, et on en a des évocations des toiles de Vermeer (j’en ai repéré au moins 9 sans compter la jeune fille à la perle !) !!! Et puis apprendre qu’il peignait quasiment toujours dans la même pièce, avec des éléments récurrents, en utilisant ses couleurs favorites,… c’est très intéressant.

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Ce qui va se passer au sein de cette maison ne sera pas sans conséquence sur la vie de Griet, mais en lisant la 4ème de couverture, je m’attendais à du scandale, à bien pire ! Sans raconter ce qu’il se passe, on en vient à découvrir une version potentielle de l’histoire de la naissance du fameux tableau représentant une jeune fille au turban ou encore « une jeune fille à la perle ». Et j’avoue que j’ai bien accroché moi à cette vision de l’auteur. Il est fort probable que tout cela n’est que pure fiction mais c’est amené de telle manière, que cela semble assez crédible. Du fait, du récit du pont du vue de Griet et du traitement de l’histoire, le peintre et son œuvre ne sont jamais dénaturé par le récit. Peut être que pour certains du coup, l’auteure ne prend pas de risque mais à moi, ça me convient très bien.

J’ai passé un très bon moment de lecture, dans une petite partie du monde des Arts, dans une époque plutôt méconnue dans un pays dont on parle peu dans les livres que je lis (et c’est dommage). Le livre parfait pour aborder les thèmes des servants et de leurs conditions, de l’innocence, de la peinture et de l’esthétisme. Il ne me reste plus qu’à trouver le temps de voir le film avec Colin Firth (<3) mais j’avoue avoir peur d’être déçue (et puis je ne suis a priori, pas convaincue pour Scarlett dans le rôle de Griet).

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Rose Morte, T1, La Floraison de Céline Landressie

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Les éditions de l’Homme Sans Nom, 19,90€, 488 pages

4ème de couverture

France, fin du XVIe siècle. C’est dans ce pays en proie à de terribles dissensions religieuses que se réfugient les Greer, fuyant l’Angleterre élisabéthaine.
Eileen, seule enfant du comte, est une jeune femme vive et de caractère. Mais son âge avance, et son père la met au pied du mur : elle doit se marier.
Et c’est en faisant tout pour éviter cette terrible obligation à l’aide de sa fidèle amie Charlotte que Rose fera connaissance d’Artus de Janlys.
Le séduisant et mystérieux comte l’entraînera dans un univers dont elle ne soupçonnait pas l’existence, où les crimes terribles qui secouent Paris trouveront une explication apparemment inconcevable, mais bel et bien réelle…

Résumé

Le Comte de Greer, Lord anglais est contraint de quitter l’Angleterre pour sauver sa famille, son jeune frère s’est octroyé toutes ses terres et a prêté allégeance à la nouvelle Reine. Lady Mary la femme du conte l’attend cachée dans un bateau avec leur unique enfant Eileen. Le conte convaincu de la trahison de son frère embarque et emmène en France sa famille. 28 ans plus tard, Eileen est devenue une jeune femme charmante, avec du caractère, qui a déjà refusé plusieurs prétendants et qui se voit imposer par son père un ultime choix. Elle va se confier à sa meilleure amie Charlotte et toutes les deux vont mettre au point une stratégie pour éviter à Eileen dite Rose de conclure une union indésirée…

Mon avis

Une envoutante découverte !

Un jour, une copinaute adorable, Cali pour la citer, vous recommande à une auteure tout aussi adorable et vous vous retrouvez contactée pour avoir la chance de découvrir une maison d’édition qui vous fait de l’oeil depuis des mois et un titre dont les chroniques des blogueuses vous ont fait l’inscrire sur votre wish-list, d’échanger avec une auteure passionnée et sympathique. Il y a des jours où la vie d’une blogueuse est illuminée de soleil même quand il fait gris dehors. Tout cela, pour remercier Cali, Céline Landressie et les Editions de l’Homme Sans Nom pour avoir pensé à moi pour découvrir ce premier tome de la saga Rose Morte ! ❤

Ce fut une magnifique découverte, une excellente lecture !

Le lecteur découvre d’abord rapidement l’Angleterre du 16ème, période troublée par les guerres de religions puis la France au moment de la signature de l’édit de Nantes. Le récit commence donc dans un contexte troublé, au moment, où le conte de Greer fuit son pays natal pour la France, puis se poursuit 28 ans plus tard, dans une période qui se veut plus calme mais où des tensions existent encore.

J’ai énormément apprécié ce contexte historique, c’est une période de l’histoire que je trouve intéressante et puis j’ai beaucoup aimé les descriptions (des tenues, des us) et surtout cette impression d’y être, langage adapté, vocabulaire précis (et expliqué dans un glossaire), un enchantement ^^ Le style d’écriture est parfaitement adapté à l’époque, sans être trop pompeux (fastidieux), sans en rajouter, c’est dosé et précis comme il faut. Les descriptions sont belles, vivantes, on a vraiment l’impression de voir les décors, les lieux, les tenues, toutes ces choses qui font briller les yeux du lecteur.

On découvre Eileen, dite Rose par ses amis. Elle a 28 ans, et est donc considérée comme une « presque » vieille fille (en gros, il est de plus en plus difficile de lui trouver un homme prêt à l’épouser, bah oui, il faut bien donner quelques bambins héritiers au dit époux ! (heureusement que les mœurs ont changés quand même!)). C’est une jeune femme charmante, qui a du caractère (mais attention pas non plus, la fille égoïste, ou insupportable qu’on aimerait remettre à sa place), non Rose est bien élevée, intelligente mais elle ne se laisse pas marcher sur les pieds c’est tout. On s’attache à cette jeune femme en décalage avec son époque (dans le sens où elle refuse un mariage arrangé et puis d’autres petites choses), forte mais pas dépourvue de certaines fêlures. Dans toute la première partie du roman, on découvre donc Rose,  ses amis, des brides de son passé, son attachement pour son père, ses aspirations, etc.  Elle est contrainte de rencontrer un nouveau prétendant lors d’un bal, son père est bien décidé à la marier cette fois. Heureusement Rose est pleine de ressources et elle peut compter sur Charlotte sa meilleure amie pour l’aider à contrecarré les projets de son père.

Puis entre en scène, le Conte de Janlys, un homme pourvu d’un énorme charisme, dont les rumeurs vantent la fortune et dont les titres de noblesse familiaux remontent aux croisades. Il est beau, mystérieux, charmant. Et là, j’ai eu peur de retrouver ce que je déteste dans certains romans, une sorte de surenchère sur sa beauté, son physique, son intelligence, sa richesse, et que comme par hasard, lui et l’héroïne vont vivre un amour fou, passionné, donc dramatique etc. etc. Mais ici, quel plaisir, quel bonheur, les clichés sont laissés de côté, pas de surenchère, tout est dosé, maitrisé, crédible. Le talent de Céline Landressie est d’avoir su faire dans la mesure tout en faisant rêver ! Alors oui, il a certaines choses indispensables à ce genre d’histoire mais qu’est-ce que c’est bien écrit !

Ce tome 1, commence donc comme un roman historique avec une intrigue un peu romance, sans être vraiment cela non plus, puis comme vous vous en doutez, on dérive progressivement dans une intrigue plus fantastique… Mais pas seulement, tout un côté enquête, vient s’ajouter au récit, qui donne du corps au texte de Céline Landressie et du poids à l’histoire de Rose. D’abord, il va se passer quelque chose qui va toucher Rose et elle se fera un devoir de découvrir pourquoi cela est arrivé. Et puis, dans le même temps, dans les régions normande et parisienne, des massacres inexpliqués ont lieu sans mobile et coupables apparents. Le lecteur sera alors amené à découvrir comment et surtout pourquoi. Les deux intrigues sont très bien menées, les révélations sont progressives, indice après indice. Ce nouveau côté de l’intrigue m’a agréablement surprise. J’ai adoré !

Ce que j’ai énormément apprécié également, c’est la façon dont Céline Landressie cultive le mystère, maitrise le suspense. Le lecteur qui a un peu l’habitude de ce type d’histoire, va comprendre certaines choses assez rapidement mais pour tout le monde : waouh, on est plongé dans une atmosphère, dans un mystère opaque, on est pris de doutes et puis les choses nous sont révélées progressivement, comme pour le côté « enquête », les éléments sont livrés pas à pas. On est tenu en halène, on pense qu’on va savoir, puis non, pas encore, et puis on se met à douter. C’est génial. Même celui qui sait, se prend au jeu des déductions et des indices. Magistral !

A la fin, on comprend certainement choses, d’autres restent encore à découvrir, on a envie de poursuivre l’aventure et de connaitre la suite. Rose est plus complexe qu’on pourrait le croire, on aura certainement plein de révélations sur elle mais sur d’autres personnages aussi à n’en pas douter, dans la suite de la saga (combien de tomes, il y aura-t-il d’ailleurs?). J’ai grandement apprécié l’histoire, la façon de traiter les mythes fantastiques, les détails et la maitrise dans le récit (pour un premier roman c’est superbe). J’ai été agréablement surprise par les personnages, par la façon dont est traitée la relation entre Rose et Arthus, par certains choses que je n’avais pas du tout vu venir et qui donnent un regain d’intérêt à l’intrigue, qui relance la mécanique au cours du récit.

J’ai découvert une plume belle et maitrisée, une auteure très prometteuse et qui signe un premier roman superbe, envoutant, inclassable. Vivement la suite !
A noter, la couverture magnifique de Magali Villeneuve, un livre objet superbe, la mise en page nickel, une belle qualité de lecture. J’ai relevé juste deux ou trois coquilles (rien d’ordre orthographique, juste des mots en double), c’est super agréable à lire.

Merci encore à Céline Landressie de m’avoir donné la chance de découvrir ce premier tome, et aux Éditions de l’Homme Sans Nom.

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Un bûcher sous la neige de Susan Fletcher

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J’ai lu, 475 pages, 8,00€

4ème de couverture

Au cœur de l’Écosse du XVe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d’une prison putride, le révérend Charles Leslie, venu d’Irlande, l’interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Mais, depuis sa geôle, la voix de Corrag s’élève au-dessus des légendes de sorcières et raconte les Highlands enneigés, les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse. Jour après jour, la créature maudite s’efface. Et du coin de sa cellule émane une lumière, une grâce, qui vient semer le trouble dans l’esprit de Charles.

Résumé

AU 17EME SIÈCLE,

Charles écrit à sa femme restée en Irlande, il est bien arrivé en Écosse, mais un de ses chevaux est fatigué et blessé, il doit faire une halte imprévue, l’occasion peut-être de recueillir des indices sur les actions des partisans du roi Guillaume, en effet, Charles est jacobite et il paraitrait que des soldats à la solde de Guillaume ont massacrés des Écossais, parce que ces derniers ont prêté serment à Jacques, réfugié en France. La halte de Charles va être plus longue que prévue, la neige ne cesse de tomber, et l’état de son cheval ne lui permet pas de reprendre la route.
Corrag est emprisonnée dans un cachot sombre et humide et attend, tout en soliloquant, le bûcher car elle est accusée d’être une sorcière.
Charles découvre que Corrag aurait assisté aux massacres des Écossais, il décide de lui rendre visite malgré sa répugnance à s’adresser à cet être misérable et diabolique…

Mon avis

Lecture effectuée dans le cadre d’un challenge sur le blog de lecture L’île aux Livres, je n’avais pas entendu parler de ce livre avant que J’ai Lu le propose au Club et ça aurait été dommage, je serais passée à côté d’une excellente lecture !

Susan Fletcher est une auteure que je souhaitais découvrir, bon, je pensais que je serai amenée à lire d’abord La fille de l’Irlandais, mais le destin en a voulu autrement.

J’avoue il est assez difficile (enfin moi j’ai trouvé) de se mettre dedans, parce que le style oral de Corrag est pas mal déstructuré. Imaginez une jeune fille sans éducation, au XVIe siècle, qui a vécu le plus souvent seule, dans la campagne anglaise, qui s’exprime comme elle pense, avec des gestes, un peu comme si elle n’était pas toute seule dans sa tête. Au début, c’est l’impression qu’on a, puisqu’elle ne s’entretient pas encore avec le révérend Leslie.  Il faut donc s’habituer à sa façon de parler, décousue avec les idées qui se mélangent. On comprend ensuite ce qu’elle voulait dire parce qu’elle raconte à Charles les choses dans l’ordre chronologique et de façon petit peu plus ordonnée. Donc, on s’habitue et le récit va en s’améliorant du point de vue de la compréhension. En tout cas, pour moi, une fois dedans, ça se lit plutôt bien et j’ai eu rapidement envie de savoir comme l’histoire de Corrag et celle qu’elle nous raconte allaient finir.

Corrag a été élevée par sa mère Cora, elle n’a pas de père et elles vivent en retrait de la ville, dans une maison près d’un lac, légèrement beaucoup dominée par la nature. Cora est vue comme une sorcière, comme sa mère avant elle, et la première chose qu’elle dit à sa fille c’est qu’elle en est une aussi. Voilà dans quel contexte va grandir cette petite fille. Devenue femme, Corrag reste petite et fluette, on la « traite » souvent de gueuse, de sorcière. Mais est-elle vraiment une sorcière, qui envouterait les gens par ses mots et userait des plantes pour tromper son monde? Ou bien est-elle uniquement un être incompris, vivant avec la nature, un être que personne n’a jamais cherché à connaitre et à comprendre ?
Corrag sera amenée à fuir l’Angleterre et à trouver refuge en Écosse. Elle se sent attirée par les hauteurs, par les Highlands, par son climat froid, ses paysages sauvages et ses habitants que beaucoup considère comme des barbares. Ce n’est pas la violence qui l’attire mais va se sentir proche de ces gens qui sont comme elle, des marginaux.

Tout cela et bien plus encore, on l’apprend de Corrag même, qui raconte en plusieurs après-midi au révérend Leslie, sa vie, son enfance, son arrivée dans les Highlands et sa rencontre avec les MacDonald. Celle a qui Cora a demandé de ne jamais aimer parce qu’aimer c’est souffrir, ne fera pourtant que cela toute sa vie, aime sa mère, la nature, les animaux, lui…  Et oui, elle a vu des choses en Écosse et oui, elle dira tout ce qu’elle sait à cet homme qui la regarde d’abord comme une étrangère, comme une sorcière, comme le Mal incarné et qui progressivement va comprendre beaucoup de choses sur elle, sur les Écossais et sur lui-même.

Même si au début, j’ai eu du mal à dissocier Corrag de sa façon de s’exprimer, je me suis progressivement attachée à elle, à son histoire. J’étais triste pour elle, pour le sort qu’on lui réserve, révoltée de penser que certaines choses se passaient vraiment comme ça.

Le récit est ponctué par des lettres de Charles à son épouse, qui est restée avec leurs fils en Irlande. Ces lettres sont belles, on découvre un homme qui doute, qui se questionne, qui écoute l’avis de sa femme, qui cherche à comprendre. Corrag est-elle emprisonnée pour sorcellerie ou il y a-t-il autre chose ? Je n’ai pas tout de suite apprécié Charles, sa passivité et sa façon d’être borné à la religion m’ont irrité, puis on apprend des choses sur lui, sur sa famille, il adore son épouse,  il change progressivement et on apprend à l’apprécier.

J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire, même si j’aurai préféré une fin différente. Bien entendu, je ne dirai pas comment cette histoire se termine, j’aurai aimé un peu plus de, comment dire, cohérence peut-être, mais bon, c’est presque un détail. Parfois, sur la fin, j’ai trouvé que cette jeune fille qui ressemble à une fillette quand même, faisait des choses peu cohérentes avec son gabarit, m’enfin, c’est un là encore peut-être juste moi qui chipote.

Un bûcher sous la neige, est une belle histoire avec des thèmes intéressants comme la différence, la tolérance, l’acceptation. C’est aussi un aperçu historique d’une Angleterre en transition, avec un peuple protestant qui craint un futur roi Catholique. Un livre sur les oppositions aussi entre foi/nature; Lowlands/Highlands, catholique/protestant; Angleterre/Écosse; barbares/civilisés. Où se situe la frontière entre les deux camps? Qui est préférable à l’autre ? Qui connait-on vraiment ?  Les apparences sont trompeuses et personne ne peut être complément tout blanc ou tout noir.

Le gros plus, dans ce récit, fût pour moi, c’est les descriptions de la nature, et surtout de cette Écosse sauvage, au temps changeant, capricieux, des grands espaces aux tons vert, rouille, orange et marron. Des cascades, des rochers, des lochs, des monts,… Une immense sensation de liberté, d’espoir et pourtant ancré dans un sens de l’honneur et des traditions. Une invitation au voyage. Les descriptions sont belles et poétiques, un émerveillement qu’on partage avec Corrag. On a vraiment l’impression d’y être et de sentir le froid, les odeurs de tourbes et le vent.

Il faut donc essayer de passer la barrière du style au début et si l’histoire vous embarque, alors, je pense que comme moi, vous passerez un excellent moment avec ce livre. Par contre, dans le cas, contraire, la moindre chose pourrait vous faire lever les yeux aux ciels. Avec le recul, personnellement, je trouve même que c’était un pari osé mais réussi de faire parler une jeune fille étrange, qui peut s’embrouiller, aller trop vite d’un côté, ou détailler à l’extrême la nature qui l’entoure. Parce que c’est bien ce qu’on doit retenir de Corrag, elle est « nature », les plantes sont sa vie, son univers, elle ne connait que ça. Et rendre tout ça, sa façon de parler, comme si les idées émergeaient trop vite pour elle, ça n’a pas dû être quelque chose de facile à faire et à traduire.

J’ai donc beaucoup aimé ce roman et il m’a donné envie de lire d’autres livres de Susan Fletcher, notamment la fille de l’irlandais,que pas mal de membre du challenge Irlande et Littérature irlandaise, ont lu.

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