L’âme du mal de Maxime Chattam

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Pocket, 7,20€, 517 pages

4ème de couverture

Pas plus que sa jeune acolyte, l’inspecteur-profileur Brolin ne pense que les tueurs en série reviennent d’outre-tombe. Fût-il le monstrueux bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper avec précision. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d’une secte ? Pure sauvagerie ou magie noire ?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu’on lui a enseigné. S’immerger complètement dans la psychologie d’un monstre, le comprendre afin de cerner et de prévoir ses crimes, devenir un monstre soi-même, tels sont les moindres risques de son métier. On dit au FBI qu’il s’en faudrait d’un rien pour qu’un bon profileur aille rejoindre la galerie de ses pires clients.
Peut-on impunément prêter son âme au mal ?

Résumé du début

Début des années 2000, l’inspecteur Brolin est appelé sur une scène de crime, un nouveau corps a été retrouvé dans un court d’eau, les avant-bras sectionné, le haut de la tête rongé parce qui semble être un acide. Mode opératoire similaire à deux autres corps retrouvés quelques semaines auparavant, tout laisse à penser qu’il s’agisse bien d’un tueur en série. Juliette, étudiante en psychologie, raisonnable, réservée et studieuse, est kidnappée par un homme et enfermée dans une sorte de cave. Brolin suit une piste intéressante sur le meurtre de la 3ème victime. C’est ainsi qu’il va secourir Juliette qui était tombée entre les mains du tueur. Mais un an plus tard, les crimes reprennent ! Que se passe-t-il ?

Mon avis

Un thriller fort sympathique.

C’était mon premier Maxime Chattam et je suis contente de découvrir enfin cet auteur.

J’ai beaucoup aimé l’intrigue de ce roman et les personnages, en plus, Maxime Chattam ne tombe pas dans la facilité avec ses personnages.

Après un prologue assez rapide, on découvre Juliette Lafayette, une jeune femme charmante et intelligente qui en est à ses dernières années d’études de psychologie à l’université. Elle « chat » sur le net avec un homme sympathique mais un soir, ses questions se font plus intimes, il parle de la voir en vrai. ça n’intéresse pas Juliette qui préfère poliment clore là leur entretien du soir.

En parallèle, on apprend à connaitre Joshua Brolin, dit Josh, qui travaille depuis deux, trois ans dans la police de Portland, aux affaires criminelles. C’est un ancien du FBI, il voulait cependant, travailler sur le terrain sans perdre des années à prouver ses capacités au FBI, il a donc démissionné pour entrer dans la Police. Il a donc été formé à Quantico et est plutôt très doué pour se mettre dans la tête des tueurs, c’est un bon profiler même s’il ne portant pas officiellement ce titre. Josh Brolin (et là, je digresse en indiquant, que j’ai eu la tête de l’acteur du même nom toute ma lecture!) enquête sur plusieurs meurtres qui semblent reliés au même assassin, un certain Leland Beaumont. C’est là que les routes de Joshua et Juliette vont se croiser. Juliette enlevée par Leland, sera secourue par Joshua.

Mais ça, ce n’est que le début de l’intrigue ! Parce qu’un an plus tard, une nouvelle série de meurtres similaires à ceux de Leland, va donner du fil à retordre à la police de Portland. Des meurtres qui vont faire douter la police, inspirés de la Divine Comédie de Dante, folie sous-jacente, Josh va établit un profil de tueur étrange et complexe. Mais surtout pourquoi ces crimes ?

J’ai trouvé le « truc » dans l’intrigue vers la moitié du roman, les indices sont assez évidents, au début ça m’a un peu perturbée d’avoir compris, puis ensuite, je me suis intéressée à la façon dont les enquêteurs allaient découvrir les choses et quand. Malgré ce point, l’intrigue complexe (mais pas encore trop) est très bien montée, on se laisse prendre à la résolution de l’enquête. On ne s’ennuie pas.

On sent dans ce livre, tout le travail de recherches effectuées en amont par Maxime Chattam, sur le fonctionnement du FBI, sur les techniques scientifiques, sur les tueurs en série. C’est à la fois un énorme point positif et un petit bémol (oui oui c’est possible). Les informations qui nous sont données sont très intéressantes et pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude des thrillers et des séries policières, c’est excellent et très très bien amené dans le déroulement de l’histoire. Quand on a un peu plus l’habitude, ça ralenti un peu le récit, mais c’est une remarque toute personnelle et qui tient au fait que j’ai lu des romans de ce type avant et que je suis fan de séries policières!

J’ai trouvé les personnages, surtout Josh et Juliette, très bien construits, on apprend plein de choses sur eux, leur psychologie est travaillée, développée, on découvre leurs passés, leurs habitudes, leurs sentiments,… du coup, on s’attache facilement à eux. Et puis, les personnages secondaires, même si on sait moins de choses sur eux, sont quand-même présents, marquants qu’on les aime ou qu’on les déteste! Par exemple, j’ai beaucoup aimé Larry Salhindro, un collègue de Josh, il a plus de 25 ans de carrière, célibataire, avec de l’embonpoint, mais extrêmement fiable, volontaire, touchant; et j’ai détesté l’attorney Gleith et Bentley Cotland (qu’on colle dans les pattes de Josh, alors qu’il n’est même pas encore officiellement nommé à son poste d’adjoint de l’attorney) même s’il a une meilleure image vers la fin. L’équipe de policiers, l’assistant attorney, les médecins légistes ou techniciens de laboratoire, … apportent tous quelque chose à l’histoire, nous permettent d’en découvrir plus sur les personnages principaux mais aussi sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire aux États-Unis.

L’âme du mal est un bon roman avec une fin que j’ai apprécié, en ça, l’auteur a su prendre des risques pour un de ses premiers livres et c’est plutôt chouette. C’est détaillé, bien écrit, cohérent (lenteur des investigations, les erreurs, …), vraiment très bien construit. Et la fin, un peu énigmatique, donne envie de retrouver  la police de Portland dans d’autres affaires.

Par contre, je n’étais pas angoissée ou tendue pendant ma lecture, c’est un bon thriller mais il m’a manqué un peu de tension nerveuse. Je n’ai pas trouvé le contenu effrayant même si, faut le reconnaitre, les crimes du tueur en série et sa psychologie semblent vraiment réalistes.

Une remarque encore, je n’aime pas beaucoup quand les auteurs français écrivent des romans dont l’action se passe aux États-Unis, je préfère largement découvrir la France, l’Europe pourquoi pas, quand je lis un auteur français. Mais là, Maxime Chattam nous parle d’une ville qu’il connait bien, il y a beaucoup de recherches pour l’intrigue policière, sur le fonctionnement de la police et de l’appareil judiciaire là-bas, du coup, on est vraiment immergé. On pourrait croire à un auteur étranger. Avec l’avantage ici, pour le coup, de n’avoir aucune perte ou aucun soucis de traduction ! Cela montre que c’est vraiment bien écrit et le gros travail de préparation de Maxime Chattam.

Je continuerai avec plaisir cette « Trilogie du Mal »  avec In Tenebris et Maléfices.

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Christmas Pudding d’Agatha Christie

Christmas Pudding

Club des Masques, édition de 1975, occasion (5,20€ neuf), 186 pages

4ème de couverture

Ce volume contient trois longues nouvelles d’Agatha Christie:

Le retour d’Hercule Poirot

Christmas Pudding

Le policeman vous dit l’heure

Cet ouvrage a paru dans la collection LE MASQUE sous le titre « Le Retour d’Hercule Poirot »

Résumé

Comment Hercule Poirot retrouvera-t-il un rubis dérobé à un prince oriental ? Comment Hercule Poirot découvrira le meurtrier d’un lord alors qu’un coupable a déjà été arrêté ? Comment Miss Marple élucidera l’énigme du « policeman vous dit l’heure  » ou le meurtre d’une lady anglaise ?

Mon avis

3 nouvelles sympathiques !

Ce recueil d’Agatha ne sera pas un coup de cœur, mais il est cependant extrêmement plaisant de la lire. Pas de coup de cœur parce qu’on a ici des nouvelles sans angoisse ou suspens réels mais quand même très bonnes dans le cheminement de la résolution des  affaires.

C’est Christmas Pudding qui ouvre le recueil. Quelle ambiance ! On est plongé dans un noël traditionnel anglais avec ses traditions et ses plats typiques dont le fameux Christmas Pudding dont on nous raconte le folklore associé. Ce que j’aime particulièrement c’est la manière qu’à la grande dame de « nous perdre ». On commence avec un vol de rubis, on atterrit dans un vieux château anglais sans trop savoir pourquoi, Hercule Poirot pense pouvoir aider Mrs Lacey qui ne veut pas que sa petite fille Sarah épouse son ami actuel, on découvre que de jeunes gens prépare une farce le lendemain de Noël à M. Poirot et à la fin, le voleur est démasqué de manière théâtrale ! Tout s’enchaine de manière mystérieuse mais finalement avec logique et déduction !

Éléments que l’on retrouve dans Le Retour d’Hercule Poirot. Sir Ruben Atswell est retrouvé assassiné, sa femme ne croit pas en la culpabilité du neveu de sir Ruben, Charles Leverson. Elle requiert l’aide de Poirot, jugeant l’inspecteur Miller incapable de trouver le vrai coupable. Ici encore ce sont les déductions, la logique et l’instauration d’un climat stressant et pesant pour les personnes vivent dans la demeure de sir Atswell, qui vont permettre à Hercule Poirot de faire la lumière sur les événements passés et forcer le coupable à avouer son crime ! C’est très fort d’ailleurs parce que bien souvent dans les Agatha, pas besoin de preuves, c’est faire craquer le(s) suspect(s) qui est payant ! Dans cette nouvelle, c’est le caractère de Poirot qui est mis en valeur, son exubérance voulue, son côté très continental, à mille lieux de la réserve anglaise, et c’est aussi ce qui fait le charme et la drôlerie de ce personnage ! Encore un fois, il faut se méfier des apparences aussi bien du physique et du caractère d’Hercule Poirot que des coupables tout désignés. Agatha Christie ou l’art de dérouler une pelote remplie de nœuds!

Enfin, la troisième nouvelle Le policeman vous dit l’heure nous amène à la rencontre de Miss Marple. Cette vieille tante Jane qui sans bouger de son fauteuil fait jaillir la vérité sur un crime pourtant auréolé de mystères ! Elle puisse dans ses souvenirs, ses connaissances et son esprit de déduction, et avec nonchalance résolve l’énigme. Même si Hercule Poirot reste mon enquêteur préféré, il faut reconnaitre que Miss Marple est un personnage des plus intéressants. Tout le monde pense qu’elle perd la boule mais ces même personnes finissent toujours par reconnaitre qu’elle détient plus qu’à son tour la clé de toutes les énigmes ! Cette nouvelle est plus courte mais nous offre une belle énigme, résolue avec flaire et finesse !

Même si je préfère les romans de la Dame aux nouvelles, c’est une lecture très agréable et détente. La première nouvelle nous met bien dans l’ambiance des fêtes et j’ai vraiment apprécié de découvrir les traditions britanniques à cette période. ça m’a donné encore plus envie de gouter au fameux Christmas Pudding ! Quand je n’en sais rien, mais vraiment j’aimerai beaucoup ! Et peut être que je n’aimerai, allez savoir !!!! 😀

J’aime toujours autant lire les livres d’Agatha Christie, j’en ai encore dans ma PAL, on la retrouvera sur le blog dès 2013 !

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Le joueur d’échec de Stefan Zweig

Le livre de poche, 3,60€, 125 pages

4ème de couverture (attention spoiler)

Qui est cet inconnu capable d’en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu’antipathique ? Peut-on croire, comme il l’affirme, qu’il n’a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l’inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l’isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse,  » pourrait servir d’illustration à la charmante époque où nous vivons « .

Résumé

Le narrateur effectué la traversée de l’Atlantique vers l’Argentine sur un paquebot,  quand lors d’une discussion avec un autre passager, il apprend la présence à bord du champion d’échec Czentovic. Ce dernier a un caractère bien spécial, bourru, il est quasiment inculte. Notre narrateur est intrigué et il voudrait l' »étudier », du moins pouvoir discuter avec lui mais Czentovic n’accorde aucune interview. Le narrateur se rend compte que pour l’approcher, rien de mieux que le faire jouer aux échecs, mais une partie en compagnie de ce champion est payante. Le narrateur rencontre vite un autre joueur amateur lui très arrogant qui va payer pour jouer avec le champion. Lors de leur partie, quelque chose va arriver…

Mon avis

Il sera court, car il s’agit ici d’une nouvelle écrite par Zweig, donc histoire assez courte. Zweig l’a écrite en septembre 1941 quelques mois avant son suicide en 1942. Cette nouvelle a été publiée à titre posthume en 1943 par la maison d’édition suédoise de l’auteur.

Tout d’abord si vous avez l’occasion de lire cette nouvelle évitez de lire la quatrième de couverture et la préface. Car malheureusement elles en disent beaucoup trop sur l’histoire et comme c’est très court (94 pages, 125 avec la biographie de l’auteur), et bien on est vite spoilé.

Du coup, je ne dirai pas ce qu’il se passe, juste qu’une intrigue inattendue sur ce bateau va prendre le pas sur l’histoire de Czentovic. Cette nouvelle est riche d’enseignement. Elle est courte mais forte et on est touché par les événements racontés.

Je conseille, comme c’est court, de la lire d’une traite. Parce que moi j’ai du couper à la moitié et j’ai perdu un peu cette impression d’être absorbé par l’histoire, comme ceux qui l’ont lu m’en ont parlé. Du coup, j’ai presque eu l’impression de passer à côté, alors évitez de faire comme moi je pense.

Si vous êtes curieux de l’histoire, il y a plein de chroniques sur internet qui vous raconteront tout en détail, personnellement je n’aime pas, quand il s’agit d’une nouvelle ou d’un livre court parce qu’en plus de ne plus avoir de surprise, on ne réfléchit plus sur le thème abordé par soi-même finalement.

Concernant les échecs, je vous rassure il n’est pas nécessaire d’y jouer et d’y comprendre quelques choses pour apprécier le livre. C’est l’élément porteur à un récit plus important.

C’est un livre fort, qui marque, malgré son nombre de page réduit, qui fait réfléchir et nous apprend des choses. Un parallèle peut être fait avec son auteur, la biographie accompagnant l’ouvrage est très intéressante et permet de faire la lumière sur le passé de Zweig pour mieux comprendre le livre.
Je vous conseille cette lecture. Un classique à connaitre. Je pense que je relirai avec plaisir d’autres écrits de Zweig. La traduction en tout cas laisse voir que la plume est excellente.

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Le magasin des suicides de Jean Teulé

Pocket, 157 pages, 5,20€

4ème de couverture

Vous avez raté votre vie ?
Avec nous, vous réussirez votre mort !

Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre…

Résumé du début

A une époque pas très éloignée de la nôtre mais après des guerres, des catastrophes naturelles, …, Mishima et Lucrèce Tuvache tiennent un magasin plus qu’utile à leurs concitoyens, on y trouve de tout, à tous les prix, pour tous les goûts, une diversité qui fait leur bonheur, ils vendent : des articles de suicides ! Des poisons, des lames rouillées, des cordes, des pistolets –avec une seule balle forcément-, des kits pour se donner la mort. Ils ont deux enfants à l’image de leur clientèle, dépressifs, inutiles et ennuyeux : Vincent et Marilyn. Mais bientôt Alan, un petit troisième, pas vraiment désiré, débarque dans cet univers. Un bébé qui sourit. Comment est-ce possible ? Il est si différent de ses frères et sœurs. Et en grandissant, les choses ne vont pas s’arranger pour Lucrèce et Mishima, Alan c’est comme une fleur alors que les fleurs n’existent plus, c’est la joie de vivre faite homme ! Mais la « vie » ce n’est pas vraiment le credo des Tuvache !

Mon avis

Un livre énorme alors qu’il ne fait que 157 pages !

C’est d’ailleurs pourquoi je n’en dirai pas trop sur l’histoire pour vous laisser la découverte.

Ce livre est bourré d’humour, d’humour noir. J’ai beaucoup souri, j’ai même parfois ri de bon cœur. La liste des façons de se donner la mort est excellente ! (ça fait bizarre d’écrire ça ! Une prouesse pour l’auteur sans doute !!!) Oui, parce que le thème somme toute assez morbide choisi est poussé à l’extrême, c’est détaillé (et oui, même si l’œuvre ne fait que 157 pages !), et on a du coup un énorme contraste entre l’univers sombre et les personnes désespérés et Alan, petit garçon en décalage total avec tout ça. On s’attache beaucoup à lui, un gamin, qui chante, qui dessine en couleur, qui rit et qui a un cheveu sur la langue.

Dans la famille Tuvache, on a des prénoms de suicidés célèbres, la marque du magasin jusque dans le prénom ! Je vous laisse retrouver qui est qui 😀

Les parents d’Alan, Mishima et Lucrèce voient plutôt la vie du bon côté, ils ont la chance d’être utiles à leur clientèle qui souhaite en finir avec cette existence, triste, froide et sombre. Il n’y a plus d’espoir pour eux alors « si vous avez raté votre vie, réussissez votre mort » garanti ou remboursé ! comme le dit si bien la devise du Magasin des Suicides. Mais quand même, c’est agaçant, un fils qui voit toujours le bon côté des choses quand votre boulot c’est aider les gens à mourir en quelque sorte.

On découvre aussi Vincent et Marylin, son frère et sa sœur, opposés total du point de vue caractère à leur petit frère, forcément. J’ai beaucoup aimé cette famille, j’ai pris plaisir à la découvrir.

Les thèmes abordés par Teulé, font réfléchir, la vie, la mort, l’espoir, le désespoir, etc. Et aussi une réflexion sur la société comme elle pourrait un jour le devenir si on ne prend pas garde à ce qu’on fait.  Mais ça n’est pas glauque du tout, c’est même le contraire ^^

J’ai de nouveau beaucoup aimé la plume de Jean Teulé, elle aussi tout en contraste, c’est léger et aérien alors que les propos sont souvent graves, c’est détaillé et bourré d’anecdotes subtiles, de jeux de mots, de clins d’œil, …

Des situations burlesques ou cocasses, de l’humour (noir), et de la réflexion c’est ce qu’apporte Le Magasin des suicides de Jean Teulé. Un livre marquant.

Je reviens dans la semaine avec un billet sur le film de Patrice Leconte !

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Le Montespan de Jean Teulé

Pocket, 6,70€, 307 pages

4ème de couverture

Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C’était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan…

Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Dès qu’il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l’homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, emprisonnements, ruine ou tentatives d’assassinat, il poursuivit de sa haine l’homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme…

Résumé du début

Tout commence par une « dispute » entre 8 personnages de la noblesse, 4 d’un côté, 4 de l’autre et une proposition de duel le lendemain matin aux premières heures du jour. C’est à cette « occasion » ainsi que Louis-Henri Marquis de Montespan va perdre son frère le Marquis d’Antin. Alors qu’il se fait sermonné par La Reynie (les duels sont interdits par Edit), pour les actions de son frère trépassé, Louis-Henri va faire la rencontre de Françoise de Rochechouard de Mortemart, dite Mlle de Tonnay-Charente qui elle, suite à ce duel, n’a plus de fiancé. Entre Françoise et Louis-Henri, ça sera le coup de foudre, et le début du bonheur… Jusqu’à ce que criblé de dettes et voulant assuré un grand train de vie à sa magnifique épouse, le Marquis décide de partir en campagne de guerre (d’abord des séjours assez courts, puis plus longs) pour le Roi Louis XIV, pendant que sa femme restée seule, se fera introduire à la cour de Versailles par Louise de la Vallière, favorite du Roi mais il est bien connu que « la favorite en date présente toujours la prochaine à sa Majesté… »

Mon avis

Mitigé, je n’ai ni adoré, ni détesté, en fait, j’ai aimé certains points et en est pas aimé d’autres.

Je ne suis pas contre les romans historiques ou l’histoire de France, je n’en lis pas beaucoup, mais j’aime bien, surtout qu’en c’est un poil romancé et pas juste un traité d’histoire. Ici, j’ai apprécié que l’auteur nous raconte l’histoire d’un personnage qui est resté peu connu mais qui méritait d’être mis en lumière. Par contre, j’ai beaucoup de mal avec la royauté, le pouvoir de droit divin, les passes-droits du Roi qui était tout puissant et là impossible de faire l’impasse dessus, puisque de l’histoire du Marquis de Montespan c’est justement tout ça, une homme qui a une femme qui va plaire au Roi parce qu’elle est belle, pas farouche et avec moult traits d’intelligence. Et bien entendu, une fois que votre femme est la favorite du Roi, c’est comme si elle n’était plus votre femme, le drame pour quelqu’un d’aussi amoureux.  Du coup, j’ai oscillé entre l’intérêt porté à ce qu’allait décider, faire, choisir M. de Montespan et l’envie de jeter le livre à travers la pièce (nan j’exagère 😉 ) ! Comprendre que ce n’est pas le livre en lui même, ni le style de l’auteur mais bien certaines parties de l’Histoire avec un grand H que je n’aime pas.

Du coup, je ne me suis attachée qu’au Marquis, qui est amoureux de sa femme, un comble semble-t-il à l’époque. Dans la noblesse surtout. On ne s’y mariait pas par amour mais  pour des raisons d’argent, pour associer des familles, etc. Il est le seul a avoir été horrifié d’apprendre que sa femme couchait avec le Roi, tous les autres maris n’auraient attendu que cela, pour pouvoir bénéficier de titres, de terres, d’honneurs non acquis, d’argents. Tout ce que Montespan refusa toute sa vie. Et c’est vraiment ça qui m’a attaché au Marquis, il a décidé de ne pas se laisser faire, de ne pas se taire, il a refusé tous les privilèges qu’on lui a proposé quitte à finir en prison, exilé ou mort. Il est resté droit dans ses bottes et même en prenant de l’âge et en ayant une situation financière très peu reluisante, il n’a pas cédé au Roi qui lui avait déjà pris sa femme, pas question qu’on lui prenne en plus son honneur ! Mais il sera finalement malheureux quasiment toute sa vie, privée de sa femme, ses enfants frappés par le malheur (de façon différente) de n’avoir pas eu une mère auprès d’eux, etc. Cet homme a été ridiculisé, méprisé, montré du doigt par la noblesse de l’époque, alors qu’il n’avait aucun tort à se reprocher (ou si peu). La méchanceté et la vilénie de cette période et de ces gens, c’est vraiment quelque chose qui m’horripile. J’ai du mal à voir ça avec plus de recul. Du coup, ça me reste en tête après ma lecture, même si le sujet est ailleurs ou qu’on peut prendre le fait que ça soit relaté dans le roman, comme une forme de dénonciation des travers de l’époque. (Et puis, même si les temps ont changé, ça reste malheureusement encore trop actuel, bref, reprenons).

Au début j’ai apprécié Françoise, jeune, très femme, plein de joie et d’esprit, amoureuse de son époux et réticente à rester seule à la cour, mais plus j’avançais dans le roman, plus on apprend que la situation de favorite plus tient à coeur, qu’elle aime ça, se taper le roi et porter ses enfants finalement, plus je l’ai détesté. Pourtant, quand on y réfléchit, elle n’a fait que ce qu’on attendait d’elle à l’époque. Mais elle a pris la grosse tête, les gens ont commencé à la détester et moi avec. Après, on a pas réellement son point de vue ou très peu, du coup, est-elle heureuse elle ? Pas si sur.

Enfin, le roman n’épargne pas le Roi, la noblesse (française ou étrangère), les mœurs de l’époque (évoquées donc comme dénoncées finalement), du coup, c’est vrai que j’en garde quand même une bonne impression, même si j’ai pu être agacée par certaines choses pendant ma lecture.

J’ai bien aimé aussi les références qui sont introduites avec les personnages comme La Fontaine et les illustrations très parlantes qui aident à se faire une idée des lieux, personnages, etc. Les chapitres sont courts, le rythme est rapide, ça se lit très bien.

Sinon, j’ai aimé le travail de Jean Teulé, quand on regarde une biographie de Mme de Montespan, on se rend compte que tous les événements charnières de sa vie sont repris dans le roman (est-ce que tout est vrai, là c’est une autre question), de plus, la manière de décrire la réaction du Marquis, ses actions (comme repeindre le carrosse en noir et ajouter des cornes à son blason), sa manière d’envoyer bouler les émissaires du Roi, ou le Roi lui-même c’était vraiment un régal ! Le récit tout en image, avec un langage assez fleuri ou cru, pas mal de scène de sexe, de bravades, … ça m’a bien plu aussi, l’histoire est vraiment contée avec le style qu’il faut pour la mettre en relief, avec piquant et humour, mais aussi en n’occultant pas ce qui était dur, crasseux, sale, (au propre comme au figuré)…  Je pense donc que je relirai avec plaisir d’autres romans de  Jean Teulé. Et sans doute, le suivant viendra très vite avec Le Magasin des Suicides que je veux lire avant de voir l’adaptation au cinéma.

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Lecture commune dans le cadre du Club de Lecture Alille.com (16ème rencontre)

Confessions d’une accro du shopping de Sophie Kinsella

Pocket, 7€20, 371 pages

4ème de couverture

Votre job vous ennuie à mourir ? Vos amours laissent à désirer ? Rien de tel qu’un peu de shopping pour se remonter le moral… C’est en tout cas la devise de Becky Bloomwood, une jolie Londonienne de vingt-cinq ans. Armée de ses cartes de crédit, la vie lui semble tout simplement magique ! Chaussures, accessoires, maquillage ou fringues sublimes… rien ne peut contenir sa fièvre acheteuse, pas même son effrayant découvert. Un comble, pour une journaliste financière qui conseille ses lecteurs en matière de budget ! Jusqu’au jour où, décidée à séduire Luke Brandon, un jeune et brillant businessman, Becky s’efforce de s’amender, un peu aidée, il est vrai, par son banquier, qui vient de bloquer ses comptes… Mais pourra-t-elle résister longtemps au vertige de l’achat et à l’appel vibrant des soldes ?

Résumé du début

Rebecca Bloomwood reçoit sa facture de carte bancaire, et stupéfaction, elle ne s’attendait pas à avoir dépenser autant en si peu de temps ! L’occasion pour elle de faire le point sur ses dépenses, malheureusement rien ne cloche, elle est juste accro au shopping. Rebecca, dite Becky, est journaliste financière, boulot rébarbatif et peu intéressant, où elle a l’impression de ne faire que recopier les brochures de presse que lui envoient les banques, les assurances, …
A une conférence, elle papote avec une amie journaliste sans faire attention le moins du monde à ce pourquoi elle est là, obsédée par l’écharpe en solde qu’elle n’a pas pu payé faute d’avoir oublié sa carte bancaire au bureau. Son sauveur sera Luke Brandon, un patron de Brandon Communication, qui lui prêtera la somme qui lui manque en billet pour acheter cette écharpe après l’avoir entendu se morfondre de ne pas avoir assez d’argent liquide sur elle pour cet achat important.
Seulement, la facture de carte bancaire n’est pas la seule que Rebecca reçoit, elle a aussi des relances d’autres banques, pour d’autres cartes impayées, le loyer, … Comment va-t-elle s’en sortir…

Mon avis

Je cherchais une lecture légère d’été et je n’ai pas été déçue, c’est  léger, très léger, … malheureusement trop léger à mon gout.

C’était mon premier Sophie Kinsella, j’ai bien aimé son style, c’est fluide, ça se lit vite. J’ai apprécié les insertions des lettres de banques qui réclament les paiements et qui indiquent les excuses qu’utilise Becky pour ne pas régler la totalité de ses factures. Ces lettres et certains passages ou situations dans le livre sont très drôles par contre, j’ai trouvé le reste très agaçant.

Becky est une jeune femme fraiche, pétillante, qui est accro aux achats, aux bons plans mode, aux produits de beauté,… Elle s’y connait hyper bien parce qu’elle passe beaucoup de temps dans les boutiques. J’aurai pu m’attacher à elle, parce que parfois, je me suis reconnue dans certains passages : une contrariété, un passage à vide, hop, un tour dans une boutique, dans une librairie et ça va déjà mieux niveau moral. A la différence que souvent flâner me suffit, elle, elle achète toujours mais surtout elle a toujours une bonne excuse à fournir pour faire passer la pilule de la dépense.  Et encore pire, quand elle est à court d’arguments et de bonnes excuses, elle a comme par hasard, la capacité extraordinaire d’oublier ce qui l’angoisse ou la contrarie ! Comme c’est pratique !
Et puis on peut être accro au shopping (je suis bien accro aux bouquins, j’en ai plus que je ne peux en lire pour deux vies! et mon armoire de fringues, suit le même chemin que de ma bibliothèque, elle déborde !) et avoir un peu de cervelle ou de l’amour propre (le pôvre Tarquin quand même) ! Faut reconnaitre que certains passages sont limite affligeants !
Donc voilà, Becky, m’a plus agacée que charmée. Attention, je ne suis pas contre les achats (compulsifs, ça m’arrive d’en avoir), de choses et d’autres (souvent inutiles, je me fais avoir aussi),… ça arrive de ne pas savoir gérer correctement ses dépenses, ça ne fait pas de ces gens de mauvaises personnes, ce qui m’a gêné c’est la manière dont ça se passe pour elle. C’est trop facile, ça se veut trop léger alors la résolution de ses problèmes financiers vont lui tomber tout cru dans l’bec ! Même pas besoin de réfléchir, d’assumer un petit peu sa situation, … Y a quand même une légère prise de conscience, mais attend ! il fait beau là, c’est les soldes, pfut, envolée la prise de conscience.

Je n’ai pas détesté ma lecture, mais c’est quand même trop léger, trop facile, … On sait très vite comment elle va s’en sortir, très vite avec qui elle va finir.

On sent derrière tout ça, une dénonciation de la société de consommation (la banque qui vous propose une carte avec un gros découvert, à peine sorti de la fac, alors que vous ne bossez pas encore), de faire attention à ses placements, etc. Mais comme, on reste dans la légèreté et bien les situations s’arrangent vite, personne n’est malheureux, n’est triste, n’est pauvre… Un peu à l’image de la couverture, ça reste beaucoup trop rose même pour une lecture détente ! J’ai déjà lu des livres chick-lit où c’était quand même plus creusé. Après, je peux comprendre qu’on aime ou adore ça, mais pour moi, il manque quelque chose pour vraiment m’accrocher.

Du coup, à moins de tomber sur la suite à 20 cts ou au kilo, je ne pense pas poursuivre les aventures de Becky. Par contre, j’ai apprécié le style de Sophie Kinsella, alors peut être qu’un jour je me pencherai sur un autre de ses écrits.

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