Sans raison… de Mehdy Brunet

sans raison

Editions Taurnada, 9,99€, 287 pages

Merci aux Editions Taurnada de me permettre à nouveau la découverte d’un de leur titre 🙂

4ème de couverture

Je suis dans cette chapelle, avec ma femme et mes deux enfants, je regarde le prêtre faire son sermon, mais aucun son ne me parvient.
Je m’appelle Josey Kowalsky et en me regardant observer les cercueils de ma femme et de ma fille, mon père comprend.
Il comprend que là, au milieu de cette chapelle, son fils est mort. Il vient d’assister, impuissant, à la naissance d’un prédateur.

Mon avis

Une très bonne lecture même si j’avoue ne pas avoir adhérer à tout ^^

Josey Kowarsky et son fils assistent à un match de football au stade de Bordeaux, une surprise que leur a fait l’épouse de Josey. Une sortie entre garçon pour une des plus belles affiches de la saison. Christine, elle, reste avec leur fille de 8 ans pour une soirée DVD. Quand pendant la mi-temps du match, Josey essaie de joindre sa femme, il n’y parvient pas. Comme le match reprend, il n’y prête pas plus attention. Sur la route du retour, à quelques rues de chez lui, il croise une camionnette tous phares allumés qui l’ébloui et le fait sortir de la route. Plus de peur que de mal, il reprend la route. Arrivé chez lui, Josey s’aperçoit vite que quelque chose ne va pas, la porte d’entrée est ouverte, les lumières allumées et les filles ne répondent pas quand il les appelle. Il doit se rendre à l’évidence, elles ont disparu, et de façon inquiétante. Que s’est-il passé? Josey appelle son père, Aleksander, pour qu’il vienne chercher William et il appelle ensuite la police. Une enquête commence. Les premières heures sont cruciales mais il n’y a aucun indice, à part la camionnette à la conduite sportive dans les petites rues. Quand Josey reçoit un mail avec une vidéo attachée, sa vie commence à basculer…

L’histoire est bien menée, les codes du thriller sont très bien exploités. L’intrigue n’est peut être pas la plus originale, on voit venir pas mal de choses, mais elle a le mérite de nous confronter aux choix du personnage principal. De rentrer dans sa tête, de le suivre dans ses faits et gestes. Je me suis attachée à ce personnage même si je n’approuvais pas tout de ses actes, une part de moi avait envie de le voir réussir, une autre de me révolter ! De plus, ce roman est très bien écrit, fluide, concis, explicite. Il y a beaucoup de rythme, on ne s’ennuie pas une seule seconde, pas le temps ! Comme Josey on est toujours en mouvement.

Un thriller haletant, qui se lit vite. J’avais envie de savoir ce qu’allait faire Josey, ce qu’il allait décidé, jusqu’où il irait. Et même si je n’ai pas adhéré à ses choix, je ne pouvais m’empêcher de continuer. Le dilemme c’est que j’arrivais à le comprendre même si je ne pouvais pas cautionner ce qu’il faisait.

Déjà, on est horrifié parce qu’il arrive à la famille de Josey. Comme lui, on va alors ressentir des émotions fortes : souffrance, tristesse, révolte. Puis viendront la prise de conscience, la volonté d’agir. Mais que faire ? La haine engendrera-t-elle le goût de la vengeance? Dans Sans raison…, on aborde la noirceur de l’âme humaine. Cela aurait pu être encore plus poussé mais je trouve que là, c’est parfait, bien dosé parce que ça reste encore assez cohérent et réaliste. Même si certaines réactions de personnage m’ont un peu fait tiqué, je dois le reconnaître. Le roman aborde aussi l’enquête des policiers, qui piétine et la notion de justice. Il garde aussi une part de mystère, le pourquoi de tout cela ? Et là, j’ai apprécié comment a travaillé l’auteur, par touche on commence à comprendre. Mais est-ce possible ? Pourquoi ? Mais ça ne peut pas être ça ? Jusqu’à ce qu’on comprenne avec le comportement des personnages qu’une hypothèse est plus probable qu’une autre. Je suis assez contente d’avoir compris avant que cela nous soit explicitement révélé.

J’ai beaucoup aime le père de Josey, c’est un beau personnage. Une force de la nature qui n’a pas eu l’affection d’un père mais qui ferait tout pour sa famille même aller au delà ce qu’il pourrait être capable, de supporter, … qui n’a pas honte d’avouer qu’il a peur, etc. Vraiment, j’ai beaucoup aimé Aleksander. Et inversement, j’ai détesté d’autres personnages à un point ! Mais je ne vous en raconte pas plus !

J’ai trouvé la fin un peu trop rapide, peut être qu’au fond j’avais envie de suivre encore la famille Kowalski. Et puis, je suis intriguée maintenant par les toutes dernières lignes. Nul doute que Medhy Brunet n’en a pas terminé avec certains de ses personnages et que le lecteur pourra un jour retrouver sa plume et son style ^^

Merci encore aux Editions Taunada pour la découverte et la publication de romans très efficaces.

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Les Hauts de Hurle-Vent d’Emily Brontë

hautsdehurleventlLe livre de poche, 413 pages, 5,60€

4ème de couverture

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, il prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et frustre. Ce roman anglais, le plus célèbre du XIXe siècle à nos jours, a été écrit par une jeune fille qui vivait avec ses sœurs au milieu des landes de bruyère. Elle ne connut jamais cette passion violente ni cette haine destructrice. Elle imagina tout, même le fantôme de la femme aimée revenant tourmenter l’orgueilleux qui l’a tuée.

Résumé

En 1801, M. Lockwood locataire de Thrushcross Grange, se rend chez M. Heathcliff, aux Hauts de Hurle-Vent, son propriétaire, afin de faire sa connaissance, une rencontre bien singulière. M. Lockwood ne se sent pas vraiment le bienvenu même si M. Heathcliff s’est montré assez courtois, bien que bourru. Le lendemain, le locataire renouvelle sa visite aux Hauts du Hurle-Vent mais rien ne se passe comme la première fois. Le maitre des lieux n’est pas là, il est mal reçu par le vieux Joseph, les autres habitants, une jeune femme et un homme, ne semblent guère se préoccuper de sa présence. Contraint par la neige a demeuré à Hurle-Vent pour la nuit ou à rentrer dans le froid, le noir et la neige jusqu’au tronc, Lookwood reste mais ne goute point aux manières de l’assemblée. En pleine nuit, pris de visions et de cauchemar, il finira par rentrer chez lui au petit matin. Affaibli par un gros coup de froid attrapé en rentrant, Lookwood va se faire compter par sa femme de charge, Nelly Dean, l’histoire des Hauts et d’Heathcliff…

Mon avis

Difficile de donner mon avis sur ce grand classique, coup de cœur pour de très nombreux lecteurs. Moi, je suis tiraillée, entre des choses que j’ai adoré et d’autres que j’ai détesté.

Déjà, j’ai eu beaucoup de mal avec le début du roman, on commence dans le présent et puis assez vite, on bascule dans le récit de Nelly, et du coup, j’ai eu du mal avec la généalogie des personnages. Merci à ma version, qui propose un arbre généalogique, il m’a bien aidé. Ensuite, quand on avance dans le récit, plus de problème, mais le début a été dur. Du coup, ça démarre mal entre Les Hauts et moi.

Tous les personnages à de rares exceptions prés, m’ont été du début à la fin antipathiques. Heathcliff bien sur, mais aussi Catherine Earnshaw, Nelly, Joseph, Isabelle, Linton… Et quand, je n’ai pas été amené à les détester, ils m’ont fait pitié surtout Edgar Linton et sa fille Catherine,… Difficile donc, car, je ne me suis quasiment attachée à personne, le seul qui m’a toute ma sincère affection c’est Hareton qu’on suit depuis l’enfance et qui n’a vraiment pas choisi une seule fois sa destinée.

Heathcliff est un personnage que j’ai détesté mais que j’ai adoré détester ! Oui, c’est bien LE personnage qui fait l’histoire et qui est le plus marquant, le plus emblématique. Recueilli par M.Earnshaw, il est repoussé par ses enfants. On ne sait pas d’où il vient, qui il est. Ce personnage est auréolé de mystères, d’une aura malsaine et étrange. Il réagit aux sentiments de manière très extrême, impitoyable et cruel quand il hait quelqu’un, sur-protecteur et fou furieux quand il aime. Avec Heathchiff, pas de juste milieu, pas de temporisation, pas de pardon, pas de mesure, juste lui et sa vengeance. Cette noirceur, ce caractère, cette douleur est magnifiquement retranscrite par Emily Brontë.

Pour les autres personnages, là, j’ai eu beaucoup, beaucoup de mal. Nelly qui nous raconte tout, m’a suprêmement agacée, elle intervient quand il ne faut pas, n’intervient pas quand il le faudrait… Si seulement, c’était le seul personnage qui m’avait saoulé mais Catherine Earnshaw est insupportable, à ne pas savoir ce qu’elle veut, à donner l’illusion qu’elle tient aux apparences, … Isabelle Linton est stupide, on a beau la prévenir, elle saute dans la gueule du loup et revient désemparée mais genre on t’avait pas prévenu ? Son fils, mais quelle horreur, je n’ai pas réussi à le prendre en pitié… Et puis, il y a les personnages entre deux. Pour qui on a de la peine, Egard et sa fille Catherine mais qu’on aimerait secouer pour qu’ils se révoltent enfin. Alors oui, certains personnages sont plus qu’impuissants face à Heathcliff mais d’autres… Au cours, de ma lecture, j’ai été prise dans une telle révolte, un tel sentiment d’impuissance partagé avec les personnages que ma lecture s’est faite pénible, très pénible. Je n’ai pas compté le nombre de fois où j’ai soufflé, refermé le lire, voulu le jeter par la fenêtre ! Ce ne sont pas de sentiments, des situations que j’aime à vivre quand je lis un roman, peut-être avais-je mal choisi ma période ? En tout cas, même si du coup, j’ai eu beaucoup de mal, je dois reconnaitre, que le travail d’Emily Brontë est remarquable ! Parce que si j’ai trop partagé l’impuissance et la frustration des personnages, c’est qu’elle est douée ! Et là chapeau. Un marasme de sentiments, je ne vis pas ça tous les jours dans mes lectures! Quand, je vous dis que je suis tiraillée dans mon avis et ce n’est pas facile d’écrire ce que j’ai ressenti.

Je n’ai pas été fascinée par cette histoire, comme d’autres lecteurs ont pu l’être mais une chose est sure, comme tout le monde, je pense,c’est qu’on ne ressort pas de sa lecture indemne, on ne peut y rester insensible, qu’on l’ai adoré ou détesté. Il y a, qu’ils soient en bons ou en mauvais, un tel déferlement de sentiments qui prend le lecteur, qu’on ne peut pas rester de marbre. En ça, ce livre est une grande œuvre.

C’est complexe et tordu comme il faut, mystérieux, malsain, à la limite du fantastique, car parmi les personnages du roman certains croient aux revenants, aux démons,… et le doute plane toujours. Une sorte de flou artistique. Fantastique, folie ? Où est la frontière ? C’est vraiment très très bien fait. Ce roman est superbement écrit, travaillé. Toutefois, j’ai mis beaucoup de temps à le lire, à cause de mon sentiment devant l’inaction, l’impuissance des personnages, mais je ne doute pas, que pour d’autres, la lecture sera prenante, rapide, fascinante. J’ai beaucoup aimé, comme Emily Brontë a su créer une atmosphère pesante, un personnage d’une telle noirceur. Incontestablement un chef d’œuvre, même si je n’ai pas su pleinement y adhérer. Peut-être que mon édition y a fait beaucoup aussi, à croire que les classiques doivent être peu aéré et être publié dans des livres qui ne les mettent pas en valeur. ça a accentué ma sensation d’étouffement d’avoir le texte tout serré sans saut de pages, sans paragraphe découpé. Un peu pénible…
Bref, c’est un livre brillant qui vaut le coup d’être lu une fois au moins parce qu’on ne peut le dissocier de son auteure qui a su parler de choses qu’elle n’a pourtant pas connues, qui a su imaginer une histoire noire, sordide, très éloignée de son univers. Pour le talent d’Emily Brontë, il faut lire ce roman !

Une autre chose qui rend mon sentiment ambivalent sur l’histoire, c’est la fin, certains la trouvent superbe, moi, je ne l’ai pas aimé. Elle tranche trop avec le reste. Sans la livrer, moi, je fais parti de ceux qui pensent qu’Emily aurait du suivre sa ligne directrice jusqu’au bout. Par contre, j’ai apprécié la façon dont disparait Heathcliff, encore un mystère de plus. Du mystère, jusqu’au bout.

Voilà, mon avis est peut-être un peu décousu, il n’est pas facile de mettre des mots sur l’impression que j’ai eu. Je ne peux pas le cacher, j’ai eu beaucoup de mal mais en même temps, il y a de si belles choses dans ce livre ! Je pense que c’est un classique qu’il faut avoir lu, pour ce faire sa propre opinion sur tout, l’histoire, les personnages, l’écriture, l’ambiance…

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