L’âme du mal de Maxime Chattam

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Pocket, 7,20€, 517 pages

4ème de couverture

Pas plus que sa jeune acolyte, l’inspecteur-profileur Brolin ne pense que les tueurs en série reviennent d’outre-tombe. Fût-il le monstrueux bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper avec précision. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d’une secte ? Pure sauvagerie ou magie noire ?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu’on lui a enseigné. S’immerger complètement dans la psychologie d’un monstre, le comprendre afin de cerner et de prévoir ses crimes, devenir un monstre soi-même, tels sont les moindres risques de son métier. On dit au FBI qu’il s’en faudrait d’un rien pour qu’un bon profileur aille rejoindre la galerie de ses pires clients.
Peut-on impunément prêter son âme au mal ?

Résumé du début

Début des années 2000, l’inspecteur Brolin est appelé sur une scène de crime, un nouveau corps a été retrouvé dans un court d’eau, les avant-bras sectionné, le haut de la tête rongé parce qui semble être un acide. Mode opératoire similaire à deux autres corps retrouvés quelques semaines auparavant, tout laisse à penser qu’il s’agisse bien d’un tueur en série. Juliette, étudiante en psychologie, raisonnable, réservée et studieuse, est kidnappée par un homme et enfermée dans une sorte de cave. Brolin suit une piste intéressante sur le meurtre de la 3ème victime. C’est ainsi qu’il va secourir Juliette qui était tombée entre les mains du tueur. Mais un an plus tard, les crimes reprennent ! Que se passe-t-il ?

Mon avis

Un thriller fort sympathique.

C’était mon premier Maxime Chattam et je suis contente de découvrir enfin cet auteur.

J’ai beaucoup aimé l’intrigue de ce roman et les personnages, en plus, Maxime Chattam ne tombe pas dans la facilité avec ses personnages.

Après un prologue assez rapide, on découvre Juliette Lafayette, une jeune femme charmante et intelligente qui en est à ses dernières années d’études de psychologie à l’université. Elle « chat » sur le net avec un homme sympathique mais un soir, ses questions se font plus intimes, il parle de la voir en vrai. ça n’intéresse pas Juliette qui préfère poliment clore là leur entretien du soir.

En parallèle, on apprend à connaitre Joshua Brolin, dit Josh, qui travaille depuis deux, trois ans dans la police de Portland, aux affaires criminelles. C’est un ancien du FBI, il voulait cependant, travailler sur le terrain sans perdre des années à prouver ses capacités au FBI, il a donc démissionné pour entrer dans la Police. Il a donc été formé à Quantico et est plutôt très doué pour se mettre dans la tête des tueurs, c’est un bon profiler même s’il ne portant pas officiellement ce titre. Josh Brolin (et là, je digresse en indiquant, que j’ai eu la tête de l’acteur du même nom toute ma lecture!) enquête sur plusieurs meurtres qui semblent reliés au même assassin, un certain Leland Beaumont. C’est là que les routes de Joshua et Juliette vont se croiser. Juliette enlevée par Leland, sera secourue par Joshua.

Mais ça, ce n’est que le début de l’intrigue ! Parce qu’un an plus tard, une nouvelle série de meurtres similaires à ceux de Leland, va donner du fil à retordre à la police de Portland. Des meurtres qui vont faire douter la police, inspirés de la Divine Comédie de Dante, folie sous-jacente, Josh va établit un profil de tueur étrange et complexe. Mais surtout pourquoi ces crimes ?

J’ai trouvé le « truc » dans l’intrigue vers la moitié du roman, les indices sont assez évidents, au début ça m’a un peu perturbée d’avoir compris, puis ensuite, je me suis intéressée à la façon dont les enquêteurs allaient découvrir les choses et quand. Malgré ce point, l’intrigue complexe (mais pas encore trop) est très bien montée, on se laisse prendre à la résolution de l’enquête. On ne s’ennuie pas.

On sent dans ce livre, tout le travail de recherches effectuées en amont par Maxime Chattam, sur le fonctionnement du FBI, sur les techniques scientifiques, sur les tueurs en série. C’est à la fois un énorme point positif et un petit bémol (oui oui c’est possible). Les informations qui nous sont données sont très intéressantes et pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude des thrillers et des séries policières, c’est excellent et très très bien amené dans le déroulement de l’histoire. Quand on a un peu plus l’habitude, ça ralenti un peu le récit, mais c’est une remarque toute personnelle et qui tient au fait que j’ai lu des romans de ce type avant et que je suis fan de séries policières!

J’ai trouvé les personnages, surtout Josh et Juliette, très bien construits, on apprend plein de choses sur eux, leur psychologie est travaillée, développée, on découvre leurs passés, leurs habitudes, leurs sentiments,… du coup, on s’attache facilement à eux. Et puis, les personnages secondaires, même si on sait moins de choses sur eux, sont quand-même présents, marquants qu’on les aime ou qu’on les déteste! Par exemple, j’ai beaucoup aimé Larry Salhindro, un collègue de Josh, il a plus de 25 ans de carrière, célibataire, avec de l’embonpoint, mais extrêmement fiable, volontaire, touchant; et j’ai détesté l’attorney Gleith et Bentley Cotland (qu’on colle dans les pattes de Josh, alors qu’il n’est même pas encore officiellement nommé à son poste d’adjoint de l’attorney) même s’il a une meilleure image vers la fin. L’équipe de policiers, l’assistant attorney, les médecins légistes ou techniciens de laboratoire, … apportent tous quelque chose à l’histoire, nous permettent d’en découvrir plus sur les personnages principaux mais aussi sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire aux États-Unis.

L’âme du mal est un bon roman avec une fin que j’ai apprécié, en ça, l’auteur a su prendre des risques pour un de ses premiers livres et c’est plutôt chouette. C’est détaillé, bien écrit, cohérent (lenteur des investigations, les erreurs, …), vraiment très bien construit. Et la fin, un peu énigmatique, donne envie de retrouver  la police de Portland dans d’autres affaires.

Par contre, je n’étais pas angoissée ou tendue pendant ma lecture, c’est un bon thriller mais il m’a manqué un peu de tension nerveuse. Je n’ai pas trouvé le contenu effrayant même si, faut le reconnaitre, les crimes du tueur en série et sa psychologie semblent vraiment réalistes.

Une remarque encore, je n’aime pas beaucoup quand les auteurs français écrivent des romans dont l’action se passe aux États-Unis, je préfère largement découvrir la France, l’Europe pourquoi pas, quand je lis un auteur français. Mais là, Maxime Chattam nous parle d’une ville qu’il connait bien, il y a beaucoup de recherches pour l’intrigue policière, sur le fonctionnement de la police et de l’appareil judiciaire là-bas, du coup, on est vraiment immergé. On pourrait croire à un auteur étranger. Avec l’avantage ici, pour le coup, de n’avoir aucune perte ou aucun soucis de traduction ! Cela montre que c’est vraiment bien écrit et le gros travail de préparation de Maxime Chattam.

Je continuerai avec plaisir cette « Trilogie du Mal »  avec In Tenebris et Maléfices.

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Cette nuit-là de Linwood Barclay

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J’ai lu, 7,20€, 475 pages

Lu dans le cadre d’une lecture commune sur Livraddict

4ème de couverture

Cynthia a quatorze ans. Elle a fait le mur pour la première fois, telle une adolescente rebelle devant l’autorité familiale. Sauf que, le lendemain, plus aucune trace de ses parents et de son petit frère. Et aucun indice. Vingt-cinq ans plus tard, elle n’en sait toujours pas davantage. Jusqu’à ce qu’un coup de téléphone fasse resurgir le passé… Une intrigue magistrale qui se joue de nos angoisses les plus profondes.

Résumé

Cynthia est un ado de quatorze ans, avec un père, une mère et un frère de deux ans plus âgé. Comme presque toutes les gamines de son âge, elle se rebelle un peu, s’accoquine avec des garçons qui ont mauvais genre, sèche certains cours,… Un soir qu’elle ne rentre pas à l’heure, son père inquiet la retrouve dans la voiture d’un garçon un peu plus âgé, déjà de la mauvaise graine. Elle rentre saoule et s’écroule sur son lit avant d’avoir pu entendre le sermon de ses parents. Le lendemain à son réveil, la maison est calme, tout le monde semble être parti avant elle, mais il n’y a aucune trace dans la cuisine, pas de petit mot, rien… Cynthia ne le sait pas encore mais la vie qu’elle a toujours connue vient de basculer…

Mon avis

Gros coup de cœur pour ce thriller efficace !

Tellement, que je l’ai lu sur 2 jours mais si je n’avais pas eu à aller bosser, je pense qu’il était plié en 1 journée ! Cette nuit-là est mon premier Linwood Barclay et ça ne sera pas le dernier ! Pour moi, ce livre est rudement efficace et rempli parfaitement son contrat. Difficile de s’arrêter de tourner les pages tellement on veut savoir ce qu’il arrive à Cynthia. Comment sa famille a disparu ? Pourquoi 25 ans après, on ne sait toujours rien de cette affaire ?

A part le prologue, où on découvre Cynthia a 14 ans (en mai 1983), c’est Terry, le mari  de Cynthia qui nous raconte l’histoire. On apprend au fur et à mesure la vie actuelle de Cynthia, qui l’a élevé, ce qu’elle a pu conserver de sa famille, ce qu’elle a fait comme étude, comment elle et Terry se sont rencontrés, ce qu’ils ont ensemble une petite fille Grace, leurs joies et leurs problèmes, etc.

Pour ne rien dévoiler de l’intrigue, je dirai juste que Cynthia accepte de faire un reportage pour un magasine TV qui relate son histoire, pour faire de l’audience avec du « sensationnel » sous couvert que la diffusion permettra peut-être à quelqu’un de se souvenir de « cette nuit-là ».

Ensuite on se laisse complètement embarqué par l’enchainement des événements, des indices, des questions, … J’ai eu envie de savoir, les pages se tournaient toutes seules; la narration fluide et les chapitres assez courts aident beaucoup. La clé de l’histoire, que je révèlerai pas, est intéressante, elle n’est pas forcément « originale » mais tout est tellement bien monté que le suspense perdure jusqu’à la fin ! Et quand le gros de l’intrigue est résolu, il y a encore ! Encore des choses à savoir, à résoudre !

J’ai adoré me faire des nœuds dans la tête, émettre des hypothèses, me tromper, démêler les fils, explorer des pistes, etc. J’adore quand un livre me fait ça ! Du suspense, des questions, des réponses, une intrigue rondement menée. La force du livre c’est aussi qu’on le lit très vite, donc on se pose des questions mais on n’a pas le temps de s’échafauder des théories trop complexes parce qu’on apprend régulièrement des éléments qui changent tout ! Même si la résolution est une fois le livre refermé, logique et moins originale que dans d’autres polars, c’est vraiment sa construction et son chemin narratif qui fait la différence. Linwood Barclay arrive à nous embarquer, sa plume est prenante, efficace, simple mais pas trop, fluide. Il se lit très bien, très vite !

Même si c’est un coup de cœur, j’ai quand même trouvé un défaut, une petite facilité dans l’intrigue vers la fin, qui m’a fait un peu tiquer mais après je ne me suis pas rester bloquée dessus, l’histoire se poursuit efficacement ensuite.

Par contre, je crois que pour certain(e)s, ça sera quitte ou double, ou on est pris dans le livre et on se laisse berner/bluffer/surprendre; ou on devine trop tôt et on est désabusé. Comme vous l’aurez compris, je me situe pour mon plus grand plaisir dans la première catégorie !!!

J’ai apprécié les personnages, Terry est un gars sympa, on a envie pour lui, pour son couple, de connaitre le fin mot de l’histoire. Et j’ai apprécié des petits détails cohérents, comme on en voit peu (petit exemple, il doit prendre le volant d’une voiture qu’il n’a jamais conduit et bien, il a un temps d’adaptation normal), c’est ce petit rien qui indique que Linwood Barclay, s’est mis à la place de son personnage pour qu’il est les réactions les plus cohérentes possibles. Même si parfois l’intrigue peut sembler avoir de grosses ficelles (rien n’est parfois). Cynthia est plus complexe, troublée, à la limite de la folie parfois, paranoïaque, ses réactions nous orientent vers des hypothèses. Je n’ai pas vraiment accrochée à ce personnage mais elle ne m’a pas agacée non plus.

Concernant la structure, j’ai apprécié, le prologue, et cette grosse coupure de 25 ans qui aide à ménager le suspense ! Et aussi les intermèdes en italique qui nous font nous poser beaucoup de questions, au début. Après je n’en aurai pas autant mis, elles peuvent donner un peu trop d’indices, M. Barclay a peu être voulu trop bien faire.

Je n’en dirai pas plus, pour ménager le suspense, et puis parce qu’hier, il a été choisi pour la lecture commune de mon club de lecture l’île aux livres ! Et donc déjà que je publie bien en avance ce billet, je ne souhaite pas spoiler les futurs lecteurs du club (qui d’ailleurs, ne liront cette avis qu’en diagonal au début lol). J’ajouterai seulement que pour moi, il ne s’agit pas d’un thriller mais qu’il est difficile de le classer, et comme en France, on aime classer les choses, c’était peut-être ce qui a semblé le plus proche. Donc pas de peur à avoir, pas de gore ou de farfouillage de cerveau ici.

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Découvrez entre autres, les avis de Flo, Litchiandcie, belledenuit, Kincaid40, C’éra, Clédesol, Ingrid59, chloé, …

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Druide d’Olivier Peru

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J’ai lu, 8,90€, 603 pages

20ème Lecture commune, session de mars du Club de lecture L’île aux Livres

4ème de couverture

Les druides règnent sur une forêt primordiale et sacrée sise au coeur du monde. Détenteurs d’une sagesse millénaire, ils sont les gardiens du Pacte Ancien, dont le respect garantit la paix entre les peuples. Mais un crime de sang d’une violence inouïe met en péril le fragile échiquier politique des royaumes du Nord. Le druide Obrigan, aidé de ses deux apprentis, ne dispose que de vingt et un jours, pas un de plus, pour élucider les circonstances du drame, faute de quoi une guerre totale éclatera. Et tandis que le compte à rebours tourne, chaque lune apporte son lot de nouveaux cadavres, l’entraînant toujours plus loin dans l’horreur…

Résumé

1123 après le Pacte

Obrigan, druide de l’ordre des loups, doit se rendre avec ses deux apprentis Tobias et Kesher, à la forteresse de Wisneight, dans le royaume du Nord. Le Nord est divisé en deux territoires le Sonrygar et le Rahimir dont la séparation est matérialisée par une faille, la Cicatrice. A Wisneight, un massacre a été perpétré 1 journée plus tôt, 49 soldats du roi Yllias sont morts, de façon cruelle et ignoble, sans qu’un bruit n’alerte la forteresse. Un crime qui en rappelle un autre, découvert par un autre druide 200 ans plus tôt. C’est pour ça, qu’Obrigan et ses garçons quittent la Forêt pour se rendent sur place. Le roi Yllias est persuadé que les auteurs du massacre appartiennent au royaume du Rahimir et il souhaite leur déclarer la guerre. Surtout qu’une haine farouche qui remonte à plusieurs habite le Roi Yllias et le Prince du Rahimir Jarekson. Une rencontre est organisée au Toit des Sages et Obrigan se retrouve avec 21 jours devant lui pour trouver les coupables  ou la guerre sera déclarée entre le Sonrygar et le Rahimir.

Mon avis

Un quasi-coup de coeur !

Druide est un récit dense, dont l’intrigue est extrêmement bien construite. Le massacre des soldats du Sonrygar entraine Obrigan dans une enquête pour découvrir le ou les responsables. Mais derrière ces crimes, se cache une noire vérité. Le décor est posé dès le début, on a une carte du continent, nous permettant de situer les différents ensembles. Puis tout le long du récit, on apprend différentes choses, comment fonctionne le monde actuel, les Druides veillant sur la Forêt, et l’existence d’un Pacte entre les Druides et les habitants du continent. On apprend au fur et à mesure, les différents ordres chez les Druides, les capacités et connaissances de chacun. Et puis Obrigan va découvrir par le biais de récits des personnes qui l’entourent ou dans d’autres circonstances, le passé du continent, la création de la forêt, l’origine du Don, etc. Tout est subtilement et habillement bien amené, le suspense monte progressivement. Les questions que l’on se pose au début trouvent leurs réponses, qui amènent d’autres questions. A la fin, on a une trame complexe mais contée de manière fluide et toutes les révélations nous sont données.

L’univers créé par Olivier Peru est vraiment complet. Et on ne s’attend vraiment pas à la tournure des événements et aux révélations qu’apprend Obrigan. En tout cas, moi, je ne m’attendais pas, aux différents rebondissements. C’est difficile de parler de l’intrigue tellement il est essentiel que le lecteur la découvrir par lui-même.

Orbigan est attachant, c’est un druide posé et raisonnable, qui considère ses apprentis comme ses garçons et qui comprend l’importance de la Forêt, d’une bonne utilisation du Don, etc. Ce n’est pas qu’un druide, c’est un homme pourvu de sentiments et qui réfléchit. Ce personnage n’est pas figé, il va apprendre des choses qui vont faire naitre en lui des doutes, un sentiment de révolte, mais aussi une volonté de vivre, de défendre ceux qu’il aime. Même s’il n’est pas à l’abri de découragements, certaines choses vont le transcender et on va découvrir plusieurs facettes à ce personnage. Et l’auteur ne s’arrête pas là, les autres personnages, plus secondaires, vont également être développés, chacun à sa place et son importance dans le récit. Les personnages de ce récit ont de la consistance. Ils sont plus complexes qu’ils n’y paraissent et plus on avance dans le récit, plus on a envie de les connaitre, d’en savoir plus. Et

J’ai beaucoup aimé les apprentis d’Obrigan même si au départ ils sont plus en retrait, ils permettent d’avoir un autre regard sur les personnages, sur les situations. Je regrette un peu qu’on ne les suive pas pendant tout le récit. Mais c’est anecdotique. Et j’ai beaucoup apprécié le Prince du Rahimir, un personnage complexe, manipulateur, stratège mais il n’est pas que ça. Vraiment, en chaque personnage (ou presque) on trouve de la profondeur.

Druide est un brillant mélange de polar et de fantasy. Les crimes sont atroces, à la limite du gore, on se demande qui ou quoi a bien pu être responsable de ça et surtout comment ? Et à la manière d’un thriller, il faut se mettre à la place du ou des responsables pour comprendre le « pourquoi? ». Le tout dans un monde créé de toute pièce qui a pourtant son histoire, sa vérité, son avenir. Le tout dans un « one-shot », pari réussi !

Les plus de 600 pages de ce roman ont défilé sans que je m’en rende compte. La plume et le style d’Olivier Peru sont agréables, pas de lyrisme ou de grandes phrases, je pense que ça aurait desservit l’intrigue. On n’est peut-être pas transporté par les tournures ou les mots mais on est transporté par les idées, la mise en œuvre, l’intrigue, le charme des personnages, de ce continent, par la noirceur et la violence aussi. Le lieu, les personnages, les batailles sont détaillés et on visualise parfaitement les actions. C’est précis et sombre, rythmé, passionnant.

Le livre n’est pas un coup de cœur mais on y est presque. Comme pour plusieurs livres, ça ne tient pas à grand chose, j’ai vraiment été happée par l’histoire que la moitié passée, et j’ai même tellement dedans sur la fin que j’arrivais plus à le lâcher et j’ai été touchée par certaines scènes. Si j’étais rentrée dedans de cette manière tout de suite, je pense que c’était le coup de cœur assuré. En tout cas, j’ai vraiment passé avec Druide un beau moment de lecture, je retiendrai le mélange de polar et de fantasy, qui me plait beaucoup! ainsi qu’un monde et des personnages complets.

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Christmas Pudding d’Agatha Christie

Christmas Pudding

Club des Masques, édition de 1975, occasion (5,20€ neuf), 186 pages

4ème de couverture

Ce volume contient trois longues nouvelles d’Agatha Christie:

Le retour d’Hercule Poirot

Christmas Pudding

Le policeman vous dit l’heure

Cet ouvrage a paru dans la collection LE MASQUE sous le titre « Le Retour d’Hercule Poirot »

Résumé

Comment Hercule Poirot retrouvera-t-il un rubis dérobé à un prince oriental ? Comment Hercule Poirot découvrira le meurtrier d’un lord alors qu’un coupable a déjà été arrêté ? Comment Miss Marple élucidera l’énigme du « policeman vous dit l’heure  » ou le meurtre d’une lady anglaise ?

Mon avis

3 nouvelles sympathiques !

Ce recueil d’Agatha ne sera pas un coup de cœur, mais il est cependant extrêmement plaisant de la lire. Pas de coup de cœur parce qu’on a ici des nouvelles sans angoisse ou suspens réels mais quand même très bonnes dans le cheminement de la résolution des  affaires.

C’est Christmas Pudding qui ouvre le recueil. Quelle ambiance ! On est plongé dans un noël traditionnel anglais avec ses traditions et ses plats typiques dont le fameux Christmas Pudding dont on nous raconte le folklore associé. Ce que j’aime particulièrement c’est la manière qu’à la grande dame de « nous perdre ». On commence avec un vol de rubis, on atterrit dans un vieux château anglais sans trop savoir pourquoi, Hercule Poirot pense pouvoir aider Mrs Lacey qui ne veut pas que sa petite fille Sarah épouse son ami actuel, on découvre que de jeunes gens prépare une farce le lendemain de Noël à M. Poirot et à la fin, le voleur est démasqué de manière théâtrale ! Tout s’enchaine de manière mystérieuse mais finalement avec logique et déduction !

Éléments que l’on retrouve dans Le Retour d’Hercule Poirot. Sir Ruben Atswell est retrouvé assassiné, sa femme ne croit pas en la culpabilité du neveu de sir Ruben, Charles Leverson. Elle requiert l’aide de Poirot, jugeant l’inspecteur Miller incapable de trouver le vrai coupable. Ici encore ce sont les déductions, la logique et l’instauration d’un climat stressant et pesant pour les personnes vivent dans la demeure de sir Atswell, qui vont permettre à Hercule Poirot de faire la lumière sur les événements passés et forcer le coupable à avouer son crime ! C’est très fort d’ailleurs parce que bien souvent dans les Agatha, pas besoin de preuves, c’est faire craquer le(s) suspect(s) qui est payant ! Dans cette nouvelle, c’est le caractère de Poirot qui est mis en valeur, son exubérance voulue, son côté très continental, à mille lieux de la réserve anglaise, et c’est aussi ce qui fait le charme et la drôlerie de ce personnage ! Encore un fois, il faut se méfier des apparences aussi bien du physique et du caractère d’Hercule Poirot que des coupables tout désignés. Agatha Christie ou l’art de dérouler une pelote remplie de nœuds!

Enfin, la troisième nouvelle Le policeman vous dit l’heure nous amène à la rencontre de Miss Marple. Cette vieille tante Jane qui sans bouger de son fauteuil fait jaillir la vérité sur un crime pourtant auréolé de mystères ! Elle puisse dans ses souvenirs, ses connaissances et son esprit de déduction, et avec nonchalance résolve l’énigme. Même si Hercule Poirot reste mon enquêteur préféré, il faut reconnaitre que Miss Marple est un personnage des plus intéressants. Tout le monde pense qu’elle perd la boule mais ces même personnes finissent toujours par reconnaitre qu’elle détient plus qu’à son tour la clé de toutes les énigmes ! Cette nouvelle est plus courte mais nous offre une belle énigme, résolue avec flaire et finesse !

Même si je préfère les romans de la Dame aux nouvelles, c’est une lecture très agréable et détente. La première nouvelle nous met bien dans l’ambiance des fêtes et j’ai vraiment apprécié de découvrir les traditions britanniques à cette période. ça m’a donné encore plus envie de gouter au fameux Christmas Pudding ! Quand je n’en sais rien, mais vraiment j’aimerai beaucoup ! Et peut être que je n’aimerai, allez savoir !!!! 😀

J’aime toujours autant lire les livres d’Agatha Christie, j’en ai encore dans ma PAL, on la retrouvera sur le blog dès 2013 !

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Le joueur d’échec de Stefan Zweig

Le livre de poche, 3,60€, 125 pages

4ème de couverture (attention spoiler)

Qui est cet inconnu capable d’en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu’antipathique ? Peut-on croire, comme il l’affirme, qu’il n’a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l’inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l’isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse,  » pourrait servir d’illustration à la charmante époque où nous vivons « .

Résumé

Le narrateur effectué la traversée de l’Atlantique vers l’Argentine sur un paquebot,  quand lors d’une discussion avec un autre passager, il apprend la présence à bord du champion d’échec Czentovic. Ce dernier a un caractère bien spécial, bourru, il est quasiment inculte. Notre narrateur est intrigué et il voudrait l' »étudier », du moins pouvoir discuter avec lui mais Czentovic n’accorde aucune interview. Le narrateur se rend compte que pour l’approcher, rien de mieux que le faire jouer aux échecs, mais une partie en compagnie de ce champion est payante. Le narrateur rencontre vite un autre joueur amateur lui très arrogant qui va payer pour jouer avec le champion. Lors de leur partie, quelque chose va arriver…

Mon avis

Il sera court, car il s’agit ici d’une nouvelle écrite par Zweig, donc histoire assez courte. Zweig l’a écrite en septembre 1941 quelques mois avant son suicide en 1942. Cette nouvelle a été publiée à titre posthume en 1943 par la maison d’édition suédoise de l’auteur.

Tout d’abord si vous avez l’occasion de lire cette nouvelle évitez de lire la quatrième de couverture et la préface. Car malheureusement elles en disent beaucoup trop sur l’histoire et comme c’est très court (94 pages, 125 avec la biographie de l’auteur), et bien on est vite spoilé.

Du coup, je ne dirai pas ce qu’il se passe, juste qu’une intrigue inattendue sur ce bateau va prendre le pas sur l’histoire de Czentovic. Cette nouvelle est riche d’enseignement. Elle est courte mais forte et on est touché par les événements racontés.

Je conseille, comme c’est court, de la lire d’une traite. Parce que moi j’ai du couper à la moitié et j’ai perdu un peu cette impression d’être absorbé par l’histoire, comme ceux qui l’ont lu m’en ont parlé. Du coup, j’ai presque eu l’impression de passer à côté, alors évitez de faire comme moi je pense.

Si vous êtes curieux de l’histoire, il y a plein de chroniques sur internet qui vous raconteront tout en détail, personnellement je n’aime pas, quand il s’agit d’une nouvelle ou d’un livre court parce qu’en plus de ne plus avoir de surprise, on ne réfléchit plus sur le thème abordé par soi-même finalement.

Concernant les échecs, je vous rassure il n’est pas nécessaire d’y jouer et d’y comprendre quelques choses pour apprécier le livre. C’est l’élément porteur à un récit plus important.

C’est un livre fort, qui marque, malgré son nombre de page réduit, qui fait réfléchir et nous apprend des choses. Un parallèle peut être fait avec son auteur, la biographie accompagnant l’ouvrage est très intéressante et permet de faire la lumière sur le passé de Zweig pour mieux comprendre le livre.
Je vous conseille cette lecture. Un classique à connaitre. Je pense que je relirai avec plaisir d’autres écrits de Zweig. La traduction en tout cas laisse voir que la plume est excellente.

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Le magasin des suicides de Jean Teulé

Pocket, 157 pages, 5,20€

4ème de couverture

Vous avez raté votre vie ?
Avec nous, vous réussirez votre mort !

Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre…

Résumé du début

A une époque pas très éloignée de la nôtre mais après des guerres, des catastrophes naturelles, …, Mishima et Lucrèce Tuvache tiennent un magasin plus qu’utile à leurs concitoyens, on y trouve de tout, à tous les prix, pour tous les goûts, une diversité qui fait leur bonheur, ils vendent : des articles de suicides ! Des poisons, des lames rouillées, des cordes, des pistolets –avec une seule balle forcément-, des kits pour se donner la mort. Ils ont deux enfants à l’image de leur clientèle, dépressifs, inutiles et ennuyeux : Vincent et Marilyn. Mais bientôt Alan, un petit troisième, pas vraiment désiré, débarque dans cet univers. Un bébé qui sourit. Comment est-ce possible ? Il est si différent de ses frères et sœurs. Et en grandissant, les choses ne vont pas s’arranger pour Lucrèce et Mishima, Alan c’est comme une fleur alors que les fleurs n’existent plus, c’est la joie de vivre faite homme ! Mais la « vie » ce n’est pas vraiment le credo des Tuvache !

Mon avis

Un livre énorme alors qu’il ne fait que 157 pages !

C’est d’ailleurs pourquoi je n’en dirai pas trop sur l’histoire pour vous laisser la découverte.

Ce livre est bourré d’humour, d’humour noir. J’ai beaucoup souri, j’ai même parfois ri de bon cœur. La liste des façons de se donner la mort est excellente ! (ça fait bizarre d’écrire ça ! Une prouesse pour l’auteur sans doute !!!) Oui, parce que le thème somme toute assez morbide choisi est poussé à l’extrême, c’est détaillé (et oui, même si l’œuvre ne fait que 157 pages !), et on a du coup un énorme contraste entre l’univers sombre et les personnes désespérés et Alan, petit garçon en décalage total avec tout ça. On s’attache beaucoup à lui, un gamin, qui chante, qui dessine en couleur, qui rit et qui a un cheveu sur la langue.

Dans la famille Tuvache, on a des prénoms de suicidés célèbres, la marque du magasin jusque dans le prénom ! Je vous laisse retrouver qui est qui 😀

Les parents d’Alan, Mishima et Lucrèce voient plutôt la vie du bon côté, ils ont la chance d’être utiles à leur clientèle qui souhaite en finir avec cette existence, triste, froide et sombre. Il n’y a plus d’espoir pour eux alors « si vous avez raté votre vie, réussissez votre mort » garanti ou remboursé ! comme le dit si bien la devise du Magasin des Suicides. Mais quand même, c’est agaçant, un fils qui voit toujours le bon côté des choses quand votre boulot c’est aider les gens à mourir en quelque sorte.

On découvre aussi Vincent et Marylin, son frère et sa sœur, opposés total du point de vue caractère à leur petit frère, forcément. J’ai beaucoup aimé cette famille, j’ai pris plaisir à la découvrir.

Les thèmes abordés par Teulé, font réfléchir, la vie, la mort, l’espoir, le désespoir, etc. Et aussi une réflexion sur la société comme elle pourrait un jour le devenir si on ne prend pas garde à ce qu’on fait.  Mais ça n’est pas glauque du tout, c’est même le contraire ^^

J’ai de nouveau beaucoup aimé la plume de Jean Teulé, elle aussi tout en contraste, c’est léger et aérien alors que les propos sont souvent graves, c’est détaillé et bourré d’anecdotes subtiles, de jeux de mots, de clins d’œil, …

Des situations burlesques ou cocasses, de l’humour (noir), et de la réflexion c’est ce qu’apporte Le Magasin des suicides de Jean Teulé. Un livre marquant.

Je reviens dans la semaine avec un billet sur le film de Patrice Leconte !

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