Néachronical – T1 : Memento Mori de Jean Vigne

neachronical-t1

Éditions du chat noir, 19€90, 308 pages

4ème de couverture

Après avoir fait le mur pour aller à un rendez-vous nocturne, Néa, 15 ans, se réveille à demi-embourbée dans les marais locaux. Sur le chemin du retour, l’esprit embrumé, elle tente de rassembler des souvenirs qui lui échappent. D’autant plus qu’une fois chez elle, ses parents, sous le choc, lui apprennent que son absence a en fait duré plus de cinq ans.
C’est désormais une jeune femme qui doit reprendre sa vie là où elle s’était arrêtée, c’est à dire au lycée. Seulement, le fossé avec ses camarades se creusent de jour en jour, pas seulement à cause de l’âge, mais également parce qu’une série d’événements inexplicables la rend différente du lycéen lambda. Et du genre humain…

Maintenant, Néa n’a plus qu’une idée en tête : retrouver la mémoire afin de comprendre ce qu’il lui arrive.

Mon avis

Une belle découverte.

L’histoire de Néa est originale et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a du suspense et beaucoup d’interrogations sur cette jeune fille tout le long de ce premier tome.

Néa est une ado rebelle. Pour ses 15 ans, ses parents lui laisse la maison pour la soirée. Mais voilà, la petite fête dégénère vite quand s’incruste le beau Justin, bad boy en titre, qui se ramène avec ses potes, de la dope et de l’alcool. Les parents de Néa débarquent eux un peu plus tôt que prévu le lendemain et le spectacle ne passe pas du tout. Néa en prend pour son grade, la punition est sévère. Mais la demoiselle est bien décidée à ne pas respecter le couvre-feu imposé par son paternel et fait le mur pour rejoindre Justin et des potes dans un parc en ville.

Néa se réveille en pleine forêt, ce qui lui semble être le lendemain de son échappée belle… Mais arrivée chez elle, ses parents tombent littéralement des nues. Elle découvre alors que 5 ans ont passés depuis la petite virée nocturne. Elle ne se souvient plus de rien. Pour elle, elle est toujours Néa 15 ans, ado rebelle. Mais faut bien l’avouer son reflet dans le miroir a changé… et ce ne semble pas être la seule chose différente… Son examen médical par le vieux médecin de famille est loin d’être une partie de plaisir … Certaines choses clochent. Mais Néa ne veut pas s’y attarder de trop. Elle finit par reprendre sa vie où elle s’était arrêtée et devient un peu la bête curieuse du lycée. Il n’y a pas que des désavantages à être plus vieille, elle attire les garçons. Cependant, malgré elle, elle semble être devenue… dangereuse.

Que s’est-il passé pendant les 5 années oubliées ? Comment a-t-elle pu oublié 5 années d’existence ? Où était-elle ? Pourquoi Néa est-elle revenue différente ? Qu’est-elle réellement ? Et pourquoi les animaux semblent lui obéir soudainement ? Que va être son existence?

Ce premier tome pose plein de questions, répond à pas mal d’entre elles et laisse du suspense pour la suite. Le récit est parfois un peu glauque, type polar noir et ce n’est pas pour me déplaire. Agrémenté d’un peu de violence, il est parfois assez sombre. Le récit est terriblement efficace. Et le style de l’auteur est très agréable, énergique, rapide, entrainant. La manière de s’exprimer de Néa et certaines de ses réflexions / réactions allègent un peu une partie du récit plus dure.

Néa aurait tout du personnage d’ado tête à claque et agaçante, mais Jean Vigne réussi à la rendre aussi attachante que mystérieuse. Ok, au début, elle l’est, un peu agaçante, Néa. Mais heureusement ce qui lui arrive, va la changer et elle va vouloir découvrir ce qui a bien pu se passer 5 ans plus tôt. L’histoire est bien menée et pour une fois on ne voit quasiment rien venir. J’ai été surprise par la tournure du récit. Je me demande quelle voie prendra la suite.

La fin ne m’a pas trop plu… mais elle donne quand-même envie de savoir ce qui se passe ensuite. Il reste des questions en suspend dont on veut indéniablement avoir les réponses. Qui est le type, sosie du chanteur de Motörhead qui croise régulièrement le chemin de la jeune fille ? Que va-t-elle devenir ? Et pourquoi a-t-elle certaines capacités ? Etc.

Encore un style différent édité au Chat Noir, encore une corde à l’arc de cette maison d’édition. Vraiment les textes sont de qualité, travaillés et différents. De quoi trouver son bonheur dans le genre qu’on aime mais aussi pour en découvrir d’autres. Gros plus aussi pour la couverture qui correspond vraiment très bien au récit. Je vais essayer de ne pas trop traîner pour lire la suite ^^

Publicités

Sans raison… de Mehdy Brunet

sans raison

Editions Taurnada, 9,99€, 287 pages

Merci aux Editions Taurnada de me permettre à nouveau la découverte d’un de leur titre 🙂

4ème de couverture

Je suis dans cette chapelle, avec ma femme et mes deux enfants, je regarde le prêtre faire son sermon, mais aucun son ne me parvient.
Je m’appelle Josey Kowalsky et en me regardant observer les cercueils de ma femme et de ma fille, mon père comprend.
Il comprend que là, au milieu de cette chapelle, son fils est mort. Il vient d’assister, impuissant, à la naissance d’un prédateur.

Mon avis

Une très bonne lecture même si j’avoue ne pas avoir adhérer à tout ^^

Josey Kowarsky et son fils assistent à un match de football au stade de Bordeaux, une surprise que leur a fait l’épouse de Josey. Une sortie entre garçon pour une des plus belles affiches de la saison. Christine, elle, reste avec leur fille de 8 ans pour une soirée DVD. Quand pendant la mi-temps du match, Josey essaie de joindre sa femme, il n’y parvient pas. Comme le match reprend, il n’y prête pas plus attention. Sur la route du retour, à quelques rues de chez lui, il croise une camionnette tous phares allumés qui l’ébloui et le fait sortir de la route. Plus de peur que de mal, il reprend la route. Arrivé chez lui, Josey s’aperçoit vite que quelque chose ne va pas, la porte d’entrée est ouverte, les lumières allumées et les filles ne répondent pas quand il les appelle. Il doit se rendre à l’évidence, elles ont disparu, et de façon inquiétante. Que s’est-il passé? Josey appelle son père, Aleksander, pour qu’il vienne chercher William et il appelle ensuite la police. Une enquête commence. Les premières heures sont cruciales mais il n’y a aucun indice, à part la camionnette à la conduite sportive dans les petites rues. Quand Josey reçoit un mail avec une vidéo attachée, sa vie commence à basculer…

L’histoire est bien menée, les codes du thriller sont très bien exploités. L’intrigue n’est peut être pas la plus originale, on voit venir pas mal de choses, mais elle a le mérite de nous confronter aux choix du personnage principal. De rentrer dans sa tête, de le suivre dans ses faits et gestes. Je me suis attachée à ce personnage même si je n’approuvais pas tout de ses actes, une part de moi avait envie de le voir réussir, une autre de me révolter ! De plus, ce roman est très bien écrit, fluide, concis, explicite. Il y a beaucoup de rythme, on ne s’ennuie pas une seule seconde, pas le temps ! Comme Josey on est toujours en mouvement.

Un thriller haletant, qui se lit vite. J’avais envie de savoir ce qu’allait faire Josey, ce qu’il allait décidé, jusqu’où il irait. Et même si je n’ai pas adhéré à ses choix, je ne pouvais m’empêcher de continuer. Le dilemme c’est que j’arrivais à le comprendre même si je ne pouvais pas cautionner ce qu’il faisait.

Déjà, on est horrifié parce qu’il arrive à la famille de Josey. Comme lui, on va alors ressentir des émotions fortes : souffrance, tristesse, révolte. Puis viendront la prise de conscience, la volonté d’agir. Mais que faire ? La haine engendrera-t-elle le goût de la vengeance? Dans Sans raison…, on aborde la noirceur de l’âme humaine. Cela aurait pu être encore plus poussé mais je trouve que là, c’est parfait, bien dosé parce que ça reste encore assez cohérent et réaliste. Même si certaines réactions de personnage m’ont un peu fait tiqué, je dois le reconnaître. Le roman aborde aussi l’enquête des policiers, qui piétine et la notion de justice. Il garde aussi une part de mystère, le pourquoi de tout cela ? Et là, j’ai apprécié comment a travaillé l’auteur, par touche on commence à comprendre. Mais est-ce possible ? Pourquoi ? Mais ça ne peut pas être ça ? Jusqu’à ce qu’on comprenne avec le comportement des personnages qu’une hypothèse est plus probable qu’une autre. Je suis assez contente d’avoir compris avant que cela nous soit explicitement révélé.

J’ai beaucoup aime le père de Josey, c’est un beau personnage. Une force de la nature qui n’a pas eu l’affection d’un père mais qui ferait tout pour sa famille même aller au delà ce qu’il pourrait être capable, de supporter, … qui n’a pas honte d’avouer qu’il a peur, etc. Vraiment, j’ai beaucoup aimé Aleksander. Et inversement, j’ai détesté d’autres personnages à un point ! Mais je ne vous en raconte pas plus !

J’ai trouvé la fin un peu trop rapide, peut être qu’au fond j’avais envie de suivre encore la famille Kowalski. Et puis, je suis intriguée maintenant par les toutes dernières lignes. Nul doute que Medhy Brunet n’en a pas terminé avec certains de ses personnages et que le lecteur pourra un jour retrouver sa plume et son style ^^

Merci encore aux Editions Taunada pour la découverte et la publication de romans très efficaces.

Chrysalide d’Ivan Kwiatkowski

chrysalide

Editions Voy’[el], collection e-court, ebook, 0,99€

4ème de couverture

Une jeune fille est laissée pour morte dans un terrain vague, où un artiste peintre la recueille. Elle est étouffée par la rancœur et il suffoque sous le dôme de verre qui protège la ville. Au milieu des chrysalides, fleurs au parfum mortel, ils devront se reconstruire… ou se détruire.

Mon avis

Tout d’abord merci à Editions Voy’el, à la Collection e-court, Manon et Tesha pour l’envoi de cet e-court 🙂

Une jeune fille reprend conscience dans un terrain vague où elle a été laissée par ses agresseurs. Elle sombre régulièrement dans une sorte d’inconscience comme si elle était détachée d’elle même. Elle n’a plus la force de bouger, de faire quoique ce soit. Peintre la trouve et décide de la sortir de cet endroit. Pour rejoindre sa demeure, il passe par le seul chemin qu’il connait, un endroit où des fleurs mortelles s’épanouissent. Un lieu magnifique mais terrible. La jeune femme a une rage en elle qu’elle laissera exploser dans la soirée mais Peintre ne la mettra pas hors de chez lui, au contraire, il souhaite l’aider, et peu importe finalement la forme que cela prendra…

C’est difficile pour moi de parler de cet e-court pour une fois. Il est vraiment très fort pour ces quelques pages. L’écriture est belle, les images sont magnifiques, mais le sujet m’a oppressé. Les schémas, les comportements des personnages sont compréhensibles mais pour moi difficilement acceptable. Étrange non. Ce qui se passe entre la jeune femme et Peintre m’a complètement entraîné en dehors de ma zone de confort. J’ai beaucoup de mal à y adhérer. Et pourtant, je comprend le choix de l’auteur et ai même trouvé très poétique sa façon de construire son récit et ce qu’il nous raconte.

Je ne sais pas si c’est d’avoir les deux points de vue qui m’a fait ressentir cela. Peut-être, peut-être pas, en tout cas, je ressens encore comme une angoisse, comme une gène physique. C’est étrange l’effet que ce texte a eu sur moi. J’ai l’impression d’être déchirée, à la fois je n’ai pas aimé et j’ai apprécié. Vraiment c’est très rare que cela m’arrive. Surtout à ce point. Peut-être que je ne peux pas être confronté à ce type de comportement, de réalité. Et on a en même temps, la ville sous le dôme et la violence, cette oppression se mélange à la poésie du Poumon, au comportement du peintre. Deux extrêmes.

Vraiment, j’ai beaucoup de mal à rédiger cette chronique, je n’arrive pas à mettre les bons mots sur ce que j’ai pu ressentir.

En tout cas, je suis agréablement surprise par la diversité de la collection e-court, qui est vraiment un superbe moyen de mettre en valeur des talents et nous faire découvrir des univers différents. Merci encore à l’équipe de la collection e-court pour tout cela.

Les apparences de Gillian Flynn

9782253164913-T

Le livre de poche, 696 pages, 8€60

4ème de couverture

Amy et Nick forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan pour s’installer dans le Missouri. Un jour, Amy disparaît et leur maison est saccagée. L’enquête policière prend vite une tournure inattendue : petits secrets entre époux et trahisons sans importance de la vie conjugale font de Nick le suspect idéal. Alors qu’il essaie lui aussi de retrouver Amy, il découvre qu’elle dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d’autres plus inquiétantes. Après Sur ma peau et Les Lieux sombres, Gillian Flynn nous offre une véritable symphonie paranoïaque, dont l’intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller.

Résumé

Tout commence le Jour où. Où Nick passe au bar qu’il tient avec sa soeur jumelle Margo. Où il se confie sur le 5ème anniversaire de mariage et le fait qu’il n’ait pas acheté de cadeau à sa femme Amy. Où le voisin de Nick l’appelle en pleine matinée pour lui dire que la porte de chez lui est grande ouverte et que le chat est dehors. Où Nick revient chez lui, ce lieu qu’il évite et où il découvre un salon sans dessus dessous et une maison vide. Où Amy sa charmante et belle épouse a disparu. Que s’est-il passé ? Où est Amy ? Est-elle encore en vie ? Nick est-il responsable de sa disparition ? La police va mener son enquête alors que Nick mal à l’aise, clame son innocence.

Mon avis

Un très bon thriller même si j’ai trouvé la fin un peu longuette.

Le choix de l’auteur se porte sur une narration en 2 points de vue, celui de Nick quand il découvre la disparition de sa femme et celui d’Amy à travers son journal intime. L’alternance de narration est extrêmement bien réalisée. L’auteure a vraiment su se mettre tantôt à la place de Nick, tantôt à celle d’Amy. C’est vraiment très bien construit.

Tout d’abord Nick nous raconte sa rencontre avec Amy, une femme sympathique, cool, belle et intelligente. Mais il ne sait jamais à quoi sa femme pense vraiment. Amy qui essaie de vivre malgré l’ombre de son personnage L’épatante Amy. L’héroïne d’histoires pour enfants que les parents psychologues ont écrits, sur une Amy idéalisée. Au point qu’Amy n’a jamais semblé aussi loin de ce personnage ! Amy dont le lecteur parcourt le journal intime. Elle aussi nous raconte sa rencontre avec ce beau garçon, installé à New York mais originaire du Missouri, journaliste. Tout de suite, ils s’entendent à merveille et même s’ils se quittent de vue un certain temps, c’est pour mieux se retrouver, comme le hasard fait bien les choses.

Mais la crise financière passe par là et Nick perd son travail, puis c’est au tour d’Amy et quand Nick apprend que sa mère est atteinte d’un cancer et qu’elle n’en a plus pour très longtemps, il décide de s’installer dans le Missouri. Un style de vie à des années lumière de ce que connait Amy. Mais elle le suit et fait de son mieux pour s’adapter à cette vie. Deux ans après leur arrivée, Amy disparait, le jour de leur 5ème anniversaire de mariage. Qu’est-il arrivé à Amy ? Nick a-t-il quelque chose à se reprocher? Est-ce une dispute qui a mal tournée ? Car depuis quelques temps, leur mariage s’est dégradé. Prise de tête, désaccords, et autres. La police commence son enquête et quand elle commence à trouver des indices accablants sur Nick, le lecteur se pose de plus en plus de questions. Surtout que Nick ,qui a des difficultés à exprimer ses émotions, n’agit pas de la meilleure façon, il semble cacher quelque chose. Il ment à la police. Pourquoi ? A-t-il fait du mal à sa merveilleuse épouse ? L’opinion publique commence à s’emballer. Les voisins font des révélations. Et le journal d’Amy nous apprend de terribles vérités… Que c’était-il passé ce jour là… ? Le récit à deux voix permet d’être encore plus proche de Nick et Amy, on est dans leur tête. Et parfois, on préférait être ailleurs !

Une construction magistrale, on se pose des questions, on collecte les indices, les incohérences? On essaie de déduire des choses, de décrypter les non-dits. Et plus on progresse, plus on découvre de choses, plus notre opinion change. Certains lecteurs ont trouvé le début trop long, moi je l’ai trouvé fascinant ! La psychologie des personnages principaux est hyper détaillée, travaillée. Très complexe. C’est un régal. Le livre porte super bien son titre. Les apparences, l’image que l’on donne, que l’on pense donner, que les autres perçoivent. Le livre est aussi là dessus. Le lecteur découvre en même temps que Nick, les évolutions de l’enquête de la police et tout s’enchaine avec précision, une course infernale. Telle la chasse au trésor qu’Amy organise chaque année à Nick pour leur anniversaire de mariage. Dans celle-ci, plus que les années précédentes, Nick va découvrir plus de choses sur lui et sur sa femme.

Et puis, le contexte est détaillé, précis et chacun de ces détails a son importance. Le travail des personnages est important que cela soit dans le moment du récit, lors de la disparition d’Amy, que les passages avant ce drame. Le couple heureux à New York qui change une fois dans le Missouri. Les soucis d’argent. Les parents de Nick, ceux d’Amy. Les bons et mauvais moments qui nous permettent de comprendre et connaitre Nick et Amy. Certains personnages sont complexes et effrayants. Amy n’est plus si cool, si parfaite dans le Missouri, Nick se met plus facilement en colère, il boit. Que se passe-t-il dans leur relation ?

J’ai bien aimé Nick bien qu’il ait des défauts (et un rédhibitoire pour moi d’habitude d’ailleurs). Mais ce chic type, est-ce un tueur, un homme violent ? Que cache-t-il ? Par contre, d’un côté j’ai aimé Amy et d’un autre pas du tout. Compliquée, ambiguë.  A la fois sympa mais hautaine. A la fois chaleureuse et glaciale. Ce qu’en fait l’auteure est génial. On ne sait jamais comment se placer.

La fin m’a laissée perplexe mais elle colle parfaitement avec le récit et les événements. J’irai même jusqu’à dire qu’elle est originale et cohérente. Mais terrifiante aussi d’un autre côté. Elle met mal à l’aise. C’est parfois glaçant. L’esprit tordu de certains personnages filent les jetons ! Certaines choses sonnent tellement vraies parfois que s’en est effrayant. Mais l’ensemble de l’intrigue est bien mené, bien construit. On dévore pour savoir ce qu’il va se passer. Ce que va être le rebondissement final. Les personnages secondaires sont importants, la soeur de Nick, les parents d’Amy. Ils permettent de comprendre certaines choses. Il y a aussi l’avocat de Nick : Tanner, la journaliste Ellen Abbott, … une galerie de personnage, tout sourire et/ou  venimeux. Emblématique de l’emballement médiatique. L’apparence au dessus de tout.

J’ai toutefois trouvé la fin un peu longuette à venir. On en rajoute dans l’esprit tordu et le rebondissement et au bout d’un moment quand j’ai eu compris, j’aurai aimé que ça arrive plus vite à la fin. En tout cas, le dénouement reste une excellente surprise malgré ma perplexité. Ce roman est dense et c’est un vrai plaisir à lire. Il est donc dur à résumer, difficile d’en dire plus sans spoiler.

Entre temps, j’ai vu le film Gone Girl. J’avais des doutes sur le film, la façon de donner les deux points de vue. Et j’ai bien aimé. Il est très fidèle au roman, jusqu’à certains dialogues ! Mais je l’ai vu trop rapproché de ma lecture, je n’avais plus aucun suspense. Je pense que c’est à voir avant pour une fois.

Voilà, je conseille cette lecture qui est pour une fois assez surprenante. Ma libraire m’a conseillé une histoire dans le même style, de Robin Cook, je me laisserai peut être tenter.

 

100038117.to_resize_150x300095322822

Django Unchained de Quentin Tarantino

Django unchained

avec Jamie Foxx, Christoph Waltz, Leonardo DiCaprio,…

Dans le sud des États-Unis, deux ans avant la guerre de Sécession, le Dr King Schultz, un chasseur de primes allemand, fait l’acquisition de Django, un esclave qui peut l’aider à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche. Schultz promet à Django de lui rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle – morts ou vifs.
Alors que les deux hommes pistent les dangereux criminels, Django n’oublie pas que son seul but est de retrouver Broomhilda, sa femme, dont il fut séparé à cause du commerce des esclaves…
Lorsque Django et Schultz arrivent dans l’immense plantation du puissant Calvin Candie, ils éveillent les soupçons de Stephen, un esclave qui sert Candie et a toute sa confiance. Le moindre de leurs mouvements est désormais épié par une dangereuse organisation de plus en plus proche… Si Django et Schultz veulent espérer s’enfuir avec Broomhilda, ils vont devoir choisir entre l’indépendance et la solidarité, entre le sacrifice et la survie…

Le résumé allociné est pour une fois très bon, pas besoin d’en rajouter !

Django Unchained pour moi c’est une grosse claque !

Pour monsieur, ça n’est pas le meilleur des Tarantino, je suis d’accord, mais je ne me suis pas ennuyée une seconde et pourtant il fait quand même 2h44 ! Je pense que c’est du principalement au fait que c’est un film par « étape » et grâce à la musique que j’ai trouvé excellente !

On a clairement deux parties (voire même trois), quand le Dr Schultz récupère Django et sa « formation » de chasseur de primes puis quand Django en homme libre cherche à reprendre sa femme chez Monsieur Candie. D’habitude, je tique beaucoup quand les films sont « découpés » mais là aucun problème.

Le gros plus pour moi (avec la musique) c’est le jeu d’acteurs, en VO c’est vraiment excellent. D’abord Christoph Waltz, je n’ai pas vu beaucoup de films avec lui mais je le trouve génial ! Oublions le rôle du cardinal de Richelieu dans Les Trois Mousquetaires, navet (en fait, peut être qu’il sauve un peu le film par sa présence), Christoph Waltz est excellent dans les rôles de méchants ou gentils/méchants. Tarantino lui a encore dégotté un rôle fort, un chasseur de primes sans état d’âme mais pas inhumain pour autant, avec de l’humour et des principes. C’est le personnage que j’ai préféré dans Django.

djangounchainedwaltz

J’ai apprécié Jamie Foxx, que je n’aime pas plus que ça, là c’était vraiment très bien, le contraste est bien fait entre cette homme peu cultivé, qui a vécu quasiment toujours vécu « enchainé » et le brillant Dr Schultz. Il est en apprentissage pendant la première partie du film, Schultz va lui faire comprendre qu’on doit réfléchir et que pour gagner, il ne suffit pas de foncer dans le tas l’arme au poing. Et j’ai vraiment aimé son duo avec le Dr Schultz, ce qu’ils ne racontent, ce qu’ils s’apprennent mutuellement, une sorte de complicité mêlée de respect. Le Dr Schultz fait les choses dans les règles et se conforme aux lois mais on voit bien les idées et les principes qui lui tiennent à cœur. Et la vengeance de Django à la fin, c’est … jouissif !

django-tt-width-604-height-422-attachment_id-334528

J’ai apprécié aussi Leonado Dicaprio en « méchant » (décidément, je le préfère maintenant que quand il était jeune), il a bien plus de charisme qu’à ces début non ? 😀 Et j’aime bien, quand les « beaux gosses » sont pas mis à leur avantage (il a pas le sourire colgate si vous voyez ce que je veux dire :D) !!!

django-unchained-2

Belle performance également pour Samuel L. Jackson, j’ai détesté son personnage Stephen et je pense que c’est voulu. A cette époque de l’esclavage, deux catégories de noirs, ceux qui sont dans les champs et qui triment à coup de fouet ou de bâton et les domestiques. Dans cette dernière catégories, les domestiques qui sont tellement conditionnés par leur maitre blanc, qu’ils en oublient que ceux qui souffrent. Stephen est de ceux là, et grrr j’en ai le poil qui se hérisse ! Mais la performance d’acteur est superbe !

Deux apparitions à noter comme dans tout bon Tarantino, Quentin lui même dans un petit rôle (mais on se donne quand même la mort la plus originale et sanglante du film, j’adoooore !!!)

Quentin-Tarantino

et la présence de Franck Nero, qui a joué dans le film Django un western italien réalisé par Sergio Corbucci en 1966. Un des westerns les plus violents jamais réalisés. L’anecdote et la référence me plaisent, j’adore quand Tarantino fait ça ! Il y avait même la musique du film Django ❤

django-unchained-franco-nero

J’ai lu que beaucoup d’acteurs devaient jouer dans le film (notamment Kevin Costner) ou ont quitté le tournage pour d’autres occupations (Joseph Gordon-Levitt, Anthony LaPaglia ou encore Sacha Baron Cohen), finalement, je trouve que c’est peut-être pas plus mal, trop de têtes d’affiche, d’acteurs connus, ça aurait été « trop », là on est déjà plus que bien servis !

L’histoire n’est pas des plus originales mais pour un western, j’adhère complètement ! La réalisation est pour moi géniale et efficace. Comme tout bon Tarantino, je m’attendais à du sang, de l’humour et des clins d’œil et j’ai été servi ! Certaines scènes sont très violentes (parfois à la limite du tolérable, je pense aux combats à mort par exemple) mais ces scènes ont leur importance pour comprendre la réaction des personnages et aussi pour surligner que pour une grosse majorité des blancs de l’époque, la vie d’un noir n’a pas d’importance si elle ne vous rapporte pas d’argent. Il n’en reste pas moins que je ne montrai pas ce film à tous les publics. Certains reprocheront peut-être qu’on ne dénonce pas plus que ça l’esclavagisme, le racisme, etc. Moi, je pense qu’on les dénonce mais façon western quoi. Le western est un genre que j’aime bien (quand on a pas des plans séquences de 30 mins sur les regards échangés entre une brute, un bon et un truand…) même si j’avoue préféré les récents qui présentent plus de rythme et d’action comme celui-ci.

En plus de la musique (Ennio Morricone<3 entre autre), j’ai beaucoup aimé, l’ambiance, les décors, les lumières et les costumes (ah le velour bleu et la chemise blanche à jabot, magnifique !).

Bref, j’ai adoré ce Tarantino ! J’y est vraiment retrouvé tout ce que j’attends dans ses films. Je pense qu’il rejoindra ma DVDthèque 🙂

Django-Unchained

PS :  Mention spéciale au cheval du Dr Schultz !

PS 2 : Sinon, nous on veut savoir c’était qui l’actrice derrière son foulard ??? Les paris sont ouverts ! 😉