Le cauchemar de Cassandre de JB Leblanc

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Val Sombre Editions, 564 pages, 23 €

4ème de couverture

Cassandre est la cible de Kolber, un tueur de légende. Infaillible. Insoupçonnable. Invisible.
Aidée par de mystérieuses créatures, la jeune femme parvient à le mettre en échec et à s’enfuir. L’assassin doit la retrouver à tout prix et honorer son contrat avant qu’elle ne dévoile son identité. Car à présent, elle connaît son secret.
Ce revers inattendu de Kolber permet aux hommes de la Police Judiciaire de se rapprocher de l’assassin. Cependant, ils ne sont plus seuls sur les traces de deux fuyards. Un flic, aussi ambitieux qu’inexpérimenté, et un prêtre exorciste envoyé par le Vatican, se lancent également à leur poursuite.
Une cavale sauvage et cruelle où chasseurs et gibiers se confondent. Des personnages en proie à leur destin, ébranlés au plus profond de leurs convictions.
Tous au coeur d’un complot millénaire…

Résumé

Kolber, une ombre. Non. Un mystère. Maniaque, méticuleux, il ne laisse aucun indice derrière lui. Jamais. Chaque étape de ses missions est calculée, maitrisée, rapide. Pendant, que le tueur fait le vide dans sa tête, le père Norbert est victime d’une bien étrange attaque dans son église. Alors que ce dernier fait le tour du lieu sacré pour s’assurer que personne ne se cache entre les bancs, l’atmosphère change. Et il aperçoit des ombres, l’eau frémit dans le bénitier mais que se passe-t-il dans ce lieu pourtant sacré ?

Quelques jours plus tard, pendant que Denis Béresson, flic de son état, recherche un médium d’un genre un peu particulier, le père Fantino aux ordres du Vatican rencontre le père Norbert qui a miraculeusement réchappé aux phénomènes survenus dans l’église. Que sait-il passé ce soir là ?

Quel lien relie entre eux tous ces personnages ?

Mon avis

Coup de coeur ❤

Un vrai bon thriller fantastique ! J’ai adoré !!!

Un roman dense, travaillé avec toute une galerie de personnages complexes et une intrigue passionnante ! Je pourrais m’arrêter là mais non, je vais détailler un peu quand même, je vous rassure ^^

Kolber est une légende. Un tueur qui ne laisse aucune trace derrière lui. Il a si bien organisé sa façon de faire que la police n’a pas le moindre indice sur lui en 8 ans. S’il ne laissait pas une carte avec sa signature sur le lieu de ses méfaits, la police ne pourrait même pas les relier entre eux. Kolber est méticuleux, organisé, maniaque et perfectionniste. C’est avec lui que le lecteur débute Le cauchemar de Cassandre. Et c’est une excellente entrée en matière. Car, nous sommes dès le début, dans la tête du tueur. Tueur si méthodique, que ça en est glaçant. Puis, progressivement, nous découvrons les personnages qui vont se retrouver impliquer dans la traque de Kolber mais aussi ceux qui gravitent autour de la prochaine victime du tueur : Cassandre. Ainsi, l’alternance de points de vue, de personnages et de lieux permet de dérouler l’intrigue, de creuser les personnages, de les connaitre, de les apprécier ou de les détester et de mettre un pas dans la trame complexe et fantastique de la trilogie concoctée par JB Leblanc.

Le livre est dense et d’une grande qualité, il est difficile de parler de tout sans spoiler, je vais essayer de faire de mon mieux. Le lecteur va donc à la découverte de personnages tous différents les uns des autres. D’un côté les policiers, notamment, Denis Béresson et son collègue Nathaniel Dresde. Aussi différent l’un de l’autre que le jour et la nuit. Denis est buté, déterminé et ambitieux, très ambitieux. Il est obsédé par Kolber et va essayer de le retrouver lui un petit fonctionnaire alors que les autres flics, même les meilleurs, font chou blanc depuis des années. Pour cela, il va faire appel à des méthodes qui ne sont pas reconnues par la police comme requérir l’aide d’un médium. Dévoré par son ambition, Denis a un comportement plus qu’odieux avec sa famille et il ne se rend pas compte qu’il passe à côté de l’essentiel. Nathaniel lui est posé, strict, droit, carré, imperturbable et peu affable. Il est très droit, maniaque et seul. Son appartement est sans âme, il n’a pas beaucoup d’ami. Un seul pour être précis. Et ne semble pas avoir de famille. Mais Nathaniel est un très bon flic qui a choisi de se faire muter en pleine gloire dans un petit commissariat pour ne pas être dévoré par sa carrière. Dans les policiers, il y a aussi le Commandant Marchegiani qui traque depuis des années Kolber, qui remonte toutes les pistes, qui s’obstine, tient bon alors qu’aucune piste n’aboutit, qu’aucun indice n’est découvert. Il est maniaque (genre pas possible pour lui de voir ces hommes passer au peigne fin une scène de crime !) et déterminé. Découvrir qui est Kolber mais surtout le confondre est devenu sa principale tâche. Plus posé que Denis son obsession est à l’image de sa maniaquerie.

Et puis, bien sur,  il y a la prochaine victime de Kolber, Cassandre, mannequin en pleine gloire, belle, arrogante et déterminée. Alors qu’elle accepte de rendre service à Meursault, responsable de l’agence de mannequins, elle se fait contrôler par la police. Et quand on passe de la drogue pour dépanner son boss, en général, si on se fait chopper ça ne se passe pas bien. C’est Nathaniel qui s’occupe de son dossier. Cassandre s’accuse et refuse de reconnaitre qu’elle agissait pour le compte de quelqu’un d’autre. Le capitaine Dresde ne croit pas qu’elle soit une toxico, mais elle s’entête. Le patron de Cassandre convaincu qu’elle finira par le balancer à la police et mettre fin à sa récente popularité, lance un contrat sur sa tête. Contrat qui sera accepté par Kolber. La traque commence alors.

En fait, nous avons là une double traque Kolber / Marchegiani, Kolber / Cassandre. Mais l’histoire pourrait s’arrêter là dans la complexité, s’il n’y avait pas l’étrange protection dont bénéficie Cassandre. Des ombres qui lui viennent en aide, le soir où Kolber passe à l’attaque. Et où ce dernier va laisser ses premiers indices en 8 ans. Cible ratée, Cassandre en fuite, la course poursuite débute. A cet instant, je vous préviens, vous serez « pris au piège » il est impossible de relâcher le livre après ça ! Kolber se rend compte que Cassandre est suivi par un drôle de prêtre, le père Fantino, aux ordres directs du Vatican ! Qui est ce prêtre qui ne ressemble pas à ceux de son ordre? En jean/basket, dont l’apparence semble changer avec son humeur ? Pourquoi suit-il Cassandre, qu’a-t-elle de particulier ?

Beaucoup de questions n’est-ce pas ? Mais aucune crainte, vous allez aller va alors de rebondissements en découvertes. Gros plus, on apprend vraiment à connaitre l’ensemble des personnages et on comprend progressivement que Cassandre est au centre d’enjeux qu’elle ignore et la dépasse. Kolber va devoir échapper à la traque policière tout en continuant à rechercher le mannequin. Pourquoi s’obstine-t-il alors qu’elle semble protégée ? Parce qu’elle a vu son visage, elle peut donc le reconnaitre. Kolber ne peut pas lui laisser la vie sauve. Mais les ombres ou ce qu’elles recèlent seront en travers de son chemin.

Vraiment, j’ai passé un excellent moment de lecture. J’ai au début trouvé un peu bizarre qu’un gérant d’une agence de mannequin mette un contrat sur son employée mais à part ça, j’ai trouvé l’agencement des événements, les détails, les explications très réussis. Le chemin des différents personnages vont se croiser, le mystère autour de Cassandre et de l’intérêt qu’on lui porte est progressivement levé. On s’attache aux personnages et on en déteste quelques uns. Je me suis attachée à Kolber alors que c’est un tueur froid et sans pitié. Mais il est complexe et en apprendre plus sur lui, peu à peu, permet de s’attacher à lui. Alors que je n’ai pas vraiment apprécié Cassandre même en découvrant son passé ^^ Chaque personnage, même secondaire, a sa place, son rôle à jouer et faire parti d’un tout.

A part quelques coquilles (franchement vu le pavé, elles sont négligeables avec le recul), ce roman est très bien écrit.  Le côté fantastique est distillé progressivement. De la façon dont cela est traité, pendant longtemps, on se demande s’il n’y a pas des hallucinations collectives. Cassandre est-elle folle ? Kolber ne disjoncterait-il pas ? Un côté fantastique un peu en retrait au début puis plus marqué, c’est vraiment le bon dosage pour un thriller fantastique. Et puis ENFIN un roman où le policier, Marchegiani, n’a pas de la me*de dans les yeux si je peux dire ! Il ne passe pas à côté des évidences et des coïncidences qui s’accumulent depuis la tentative ratée contre Cassandre. Bien sur, il y a des choses qui lui échappent, comme à nous en fait. Elles s’expliquent. Le tout est pour le Commandant de prouver son intuition. Difficile quand les indices laissés sur les scènes de crime sont incohérents et quand tout le monde, tueur, victime, suspect, témoin, joue au chat et à la souris !

J’ai vraiment adoré le travail de JB Leblanc. On sent qu’il maitrise bien le sujet, certaines habitudes policières, certaines façons de voir les choses. Les personnages sont travaillés, complexes, ont des réactions assez cohérentes vu ce qu’ils leur arrivent. Il y a pas mal de choses où on se demande s’il n’y a pas un peu de réalité, de vécu derrière tout cela (bon pas tout quand même, on est d’accord). Et puis, JB Leblanc réussi à créer aussi une atmosphère particulière tout le long du roman, un malaise qui s’insinue en nous, et certaines descriptions peuvent donner envie au choix : de se cacher les yeux/vomir/mourir. Car la plume de l’auteur sait se faire horrifique, glauque juste ce qu’il faut, quand il le faut.

La trame est très bien construite, bien ficelée, l’action monte crescendo. J’ai hâte de me procurer la suite. J’ai envie de savoir ce que l’auteur nous réserve. Et si les deux autres livres sont de cette qualité, ça va être un régal. Alors oui, c’est dense mais c’est génial ! Et puis pour une fois, je le dis, le livre peut paraitre un peu cher, mais 23€ pour un ouvrage comme celui-ci dans une petite maison d’édition, ça les vaut complètement ^^

Pour ceux qui se demanderait, la fin est ouverte juste ce qu’il faut. Certaines choses sont résolues, d’autres n’en sont qu’à leurs balbutiements. La fin est juste bien pour nous permettre de tenir avant de lire la suite mais aussi d’avoir envie de savoir ce que certains personnages vont devenir. J’espère n’en avoir pas trop dit mais suffisamment pour vous donner envie de courir sur le site de Val Sombre acheter ce premier tome ou de le sortir de votre PAL (attention, je ne serais pas responsable de vos cauchemars 😉 )

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Les apparences de Gillian Flynn

9782253164913-T

Le livre de poche, 696 pages, 8€60

4ème de couverture

Amy et Nick forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan pour s’installer dans le Missouri. Un jour, Amy disparaît et leur maison est saccagée. L’enquête policière prend vite une tournure inattendue : petits secrets entre époux et trahisons sans importance de la vie conjugale font de Nick le suspect idéal. Alors qu’il essaie lui aussi de retrouver Amy, il découvre qu’elle dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d’autres plus inquiétantes. Après Sur ma peau et Les Lieux sombres, Gillian Flynn nous offre une véritable symphonie paranoïaque, dont l’intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller.

Résumé

Tout commence le Jour où. Où Nick passe au bar qu’il tient avec sa soeur jumelle Margo. Où il se confie sur le 5ème anniversaire de mariage et le fait qu’il n’ait pas acheté de cadeau à sa femme Amy. Où le voisin de Nick l’appelle en pleine matinée pour lui dire que la porte de chez lui est grande ouverte et que le chat est dehors. Où Nick revient chez lui, ce lieu qu’il évite et où il découvre un salon sans dessus dessous et une maison vide. Où Amy sa charmante et belle épouse a disparu. Que s’est-il passé ? Où est Amy ? Est-elle encore en vie ? Nick est-il responsable de sa disparition ? La police va mener son enquête alors que Nick mal à l’aise, clame son innocence.

Mon avis

Un très bon thriller même si j’ai trouvé la fin un peu longuette.

Le choix de l’auteur se porte sur une narration en 2 points de vue, celui de Nick quand il découvre la disparition de sa femme et celui d’Amy à travers son journal intime. L’alternance de narration est extrêmement bien réalisée. L’auteure a vraiment su se mettre tantôt à la place de Nick, tantôt à celle d’Amy. C’est vraiment très bien construit.

Tout d’abord Nick nous raconte sa rencontre avec Amy, une femme sympathique, cool, belle et intelligente. Mais il ne sait jamais à quoi sa femme pense vraiment. Amy qui essaie de vivre malgré l’ombre de son personnage L’épatante Amy. L’héroïne d’histoires pour enfants que les parents psychologues ont écrits, sur une Amy idéalisée. Au point qu’Amy n’a jamais semblé aussi loin de ce personnage ! Amy dont le lecteur parcourt le journal intime. Elle aussi nous raconte sa rencontre avec ce beau garçon, installé à New York mais originaire du Missouri, journaliste. Tout de suite, ils s’entendent à merveille et même s’ils se quittent de vue un certain temps, c’est pour mieux se retrouver, comme le hasard fait bien les choses.

Mais la crise financière passe par là et Nick perd son travail, puis c’est au tour d’Amy et quand Nick apprend que sa mère est atteinte d’un cancer et qu’elle n’en a plus pour très longtemps, il décide de s’installer dans le Missouri. Un style de vie à des années lumière de ce que connait Amy. Mais elle le suit et fait de son mieux pour s’adapter à cette vie. Deux ans après leur arrivée, Amy disparait, le jour de leur 5ème anniversaire de mariage. Qu’est-il arrivé à Amy ? Nick a-t-il quelque chose à se reprocher? Est-ce une dispute qui a mal tournée ? Car depuis quelques temps, leur mariage s’est dégradé. Prise de tête, désaccords, et autres. La police commence son enquête et quand elle commence à trouver des indices accablants sur Nick, le lecteur se pose de plus en plus de questions. Surtout que Nick ,qui a des difficultés à exprimer ses émotions, n’agit pas de la meilleure façon, il semble cacher quelque chose. Il ment à la police. Pourquoi ? A-t-il fait du mal à sa merveilleuse épouse ? L’opinion publique commence à s’emballer. Les voisins font des révélations. Et le journal d’Amy nous apprend de terribles vérités… Que c’était-il passé ce jour là… ? Le récit à deux voix permet d’être encore plus proche de Nick et Amy, on est dans leur tête. Et parfois, on préférait être ailleurs !

Une construction magistrale, on se pose des questions, on collecte les indices, les incohérences? On essaie de déduire des choses, de décrypter les non-dits. Et plus on progresse, plus on découvre de choses, plus notre opinion change. Certains lecteurs ont trouvé le début trop long, moi je l’ai trouvé fascinant ! La psychologie des personnages principaux est hyper détaillée, travaillée. Très complexe. C’est un régal. Le livre porte super bien son titre. Les apparences, l’image que l’on donne, que l’on pense donner, que les autres perçoivent. Le livre est aussi là dessus. Le lecteur découvre en même temps que Nick, les évolutions de l’enquête de la police et tout s’enchaine avec précision, une course infernale. Telle la chasse au trésor qu’Amy organise chaque année à Nick pour leur anniversaire de mariage. Dans celle-ci, plus que les années précédentes, Nick va découvrir plus de choses sur lui et sur sa femme.

Et puis, le contexte est détaillé, précis et chacun de ces détails a son importance. Le travail des personnages est important que cela soit dans le moment du récit, lors de la disparition d’Amy, que les passages avant ce drame. Le couple heureux à New York qui change une fois dans le Missouri. Les soucis d’argent. Les parents de Nick, ceux d’Amy. Les bons et mauvais moments qui nous permettent de comprendre et connaitre Nick et Amy. Certains personnages sont complexes et effrayants. Amy n’est plus si cool, si parfaite dans le Missouri, Nick se met plus facilement en colère, il boit. Que se passe-t-il dans leur relation ?

J’ai bien aimé Nick bien qu’il ait des défauts (et un rédhibitoire pour moi d’habitude d’ailleurs). Mais ce chic type, est-ce un tueur, un homme violent ? Que cache-t-il ? Par contre, d’un côté j’ai aimé Amy et d’un autre pas du tout. Compliquée, ambiguë.  A la fois sympa mais hautaine. A la fois chaleureuse et glaciale. Ce qu’en fait l’auteure est génial. On ne sait jamais comment se placer.

La fin m’a laissée perplexe mais elle colle parfaitement avec le récit et les événements. J’irai même jusqu’à dire qu’elle est originale et cohérente. Mais terrifiante aussi d’un autre côté. Elle met mal à l’aise. C’est parfois glaçant. L’esprit tordu de certains personnages filent les jetons ! Certaines choses sonnent tellement vraies parfois que s’en est effrayant. Mais l’ensemble de l’intrigue est bien mené, bien construit. On dévore pour savoir ce qu’il va se passer. Ce que va être le rebondissement final. Les personnages secondaires sont importants, la soeur de Nick, les parents d’Amy. Ils permettent de comprendre certaines choses. Il y a aussi l’avocat de Nick : Tanner, la journaliste Ellen Abbott, … une galerie de personnage, tout sourire et/ou  venimeux. Emblématique de l’emballement médiatique. L’apparence au dessus de tout.

J’ai toutefois trouvé la fin un peu longuette à venir. On en rajoute dans l’esprit tordu et le rebondissement et au bout d’un moment quand j’ai eu compris, j’aurai aimé que ça arrive plus vite à la fin. En tout cas, le dénouement reste une excellente surprise malgré ma perplexité. Ce roman est dense et c’est un vrai plaisir à lire. Il est donc dur à résumer, difficile d’en dire plus sans spoiler.

Entre temps, j’ai vu le film Gone Girl. J’avais des doutes sur le film, la façon de donner les deux points de vue. Et j’ai bien aimé. Il est très fidèle au roman, jusqu’à certains dialogues ! Mais je l’ai vu trop rapproché de ma lecture, je n’avais plus aucun suspense. Je pense que c’est à voir avant pour une fois.

Voilà, je conseille cette lecture qui est pour une fois assez surprenante. Ma libraire m’a conseillé une histoire dans le même style, de Robin Cook, je me laisserai peut être tenter.

 

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Le club des apprentis criminels d’Audrey Françaix

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Editions Octobre, 18€, 272 pages

4ème de couverture

« Réfléchissez… Si vous tiriez accidentellement sur votre pire ennemi, essaieriez-vous de le secourir, au risque qu’il vous attaque en justice ? Pensez-y ! Qui n’a jamais eu envie de supprimer un être immonde ? Sans doute serions-nous tous des assassins, s’il n’y avait cette peur de l’emprisonnement. Cessons d’être hypocrites : c’est uniquement la crainte de la répression qui bloque nos pulsions meurtrières. »

Quand une bande de vieillards et un jeune orphelin commettent accidentellement un meurtre, puis prennent conscience du plaisir qu’ils ont à éradiquer les nuisibles, les homicides se succèdent à la vitesse de l’éclair dans la jolie station balnéaire de Reauville. Mais qui donc irait soupçonner cinq petits vieux bien sous tous rapports, et un gamin à qui l’on donnerait le bon dieu sans confession ? D’autant que ce club d’apprentis criminels ne manque pas de talent pour maquiller ses forfaits en disparitions ou en morts naturelles. Comme si, en définitive, certains de ses membres n’en étaient pas à leur coup d’essai…

Résumé

Simon a mauvaise conscience. Simon est responsable de deux morts. Deux, à même pas 10 ans… Simon vit à Reauville où sa mère s’est réfugiée après avoir fui Liège. Reauville et son festival du polar. Avec ses vieilles anglaises ayant élu domicile dans la région pour y passer leurs vieux jours. Reauville où des décennies plus tard, Simon peut enfin faire ce qui lui plait, depuis qu’Arlette, sa femme, a cassé sa pipe et que sa mère est à l’hospice. Mais Simon repense encore souvent à ces deux morts innocents. Simon visite, dans une maison de repos pour personnages âgées, aux  » Jours Heureux « , une ancienne actrice Alice Lefort dont il aimait beaucoup les films. Il n’est pas le seul à donner de son temps aux petits vieux. Michel un orphelin accompagné d’un chien vient régulièrement. Comme Miranda une vieille veuve anglaise et bigotte ou encore l’ancienne actrice Mlle Laine et sa secrétaire particulière…. Quand Alice va rendre son dernier soupir, tout ce petit monde va se retrouver, malgré leurs différents et leurs oppositions, chez Miranda, afin de lui rendre un dernier hommage. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu et ils vont faire parti malgré eux (?) d’un bien étrange Club…

Mon avis

Très mitigée

Le lecteur découvre toute une galerie de personnages, chacun ayant son caractère, ses manies, ses mystères. Au début, chaque personnage semble aimable, affable, parfait, ou au contraire affreux, vile, …. mais si tout cela n’était qu’apparence ? La trame narrative est très bien faite. Le lecteur se rend vite compte que les personnages décrits ne sont pas tout à fait comme il se les imaginait. Et ce sont tous, à part deux ou trois, de sacrés personnages, comme j’aurai bien du mal à en supporter ! Simon Agapit, discret et honnête semble pourtant cacher un secret. Lena Laine, ancienne actrice de polar est de plus en plus aigrie et mauvaise. Son assistance Rosalyne Chevin se plie pourtant à ses quatre volontés ? Pourquoi ? Le lecteur rencontre progressivement Miranda, veuve qui lorgne sur Simon, et la belle-fille de Miranda, une idiote qui ne pense qu’à toucher l’héritage de sa belle-mère. Michel un orphelin qui n’a pas d’ami et passe beaucoup de temps à rendre visite aux personnages âgés. Et encore d’autres.

Je n’ai pas été une grande fan du style choisi par l’auteure, des expressions graveleuses, des sous-entendus, du vocabulaire fleuri. Choisi pour contraster avec le rang des personnages présentés. Mais je n’ai pas su trop y adhérer. De même, j’ai eu du mal à comprendre la réaction de certains personnages. Mais une fois le livre terminé, on comprend bien ce jeu de contraste et les réactions, comme si finalement on ne devait apprécier que les personnages qui en valaient vraiment la peine.

Reauville et ses morts, ses tragédies. Car oui, progressivement des morts plus ou moins violentes surviennent. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la police ne fait pas vraiment son taff, d’ailleurs, ils sont inexistants dans ce roman ! Le lecteur va donc commencer à entrevoir le vrai visage des personnages, découvrir certains secrets, à mesure que les morts surviennent. Celles de petits vieux malades et fatigués. Celles de crapules qui n’ont pas pu être condamnées… Y a-t-il un lien ? Que se passe-t-il à Reauville et dans ses environs ?

J’ai bien aimé les personnages de Michel et son parrain, ils sont touchants dans leur façon de ne pas savoir se montrer affectueux. Ils traverseront des épreuves  qui les changeront. Avec ces deux personnages, on arrive à s’attacher à Simon qui survit dans son quartier craignos. Mais pour les autres personnages, j’ai vraiment eu beaucoup du mal à les aimer.

Je n’ai pas détesté cette lecture mais je ne peux pas dire non plus que je l’ai adoré. Au début, j’ai eu un peu de mal, puis quand les événements s’enchainent, quand le club se forme, j’ai trouvé l’intrigue plus intéressante. Ensuite l’action se déroule, même s’il y a des scènes qui furent de vraies surprises, le fil conducteur était un peu trop flou à mon goût. J’ai du mal à me prononcer sur ce roman. L’histoire ne m’a pas déplut et en même temps, elle ne m’a pas vraiment convaincue.

En tout cas, Audrey Françaix est douée pour créer des personnages infâmes, retords, pervers, horripilant, goujat ou noir et déprimé. Elle est douée pour créer une atmosphère particulière, une ambiance raffinée et glauque à la fois. Les thèmes sous-jacents portent la réflexion : les différences sociales, les apparences, les célébrités déchues parmi des personnes banales.. La plume d’Audrey Françaix est plaisante, le langage fleuri, sans sombrer dans la vulgarité même si le personnage est vulgaire. De l’humour aussi. Noir.

Mon ressenti est mitigé, je pense que ce roman n’était tout simplement pas pour moi. ça arrive parfois, c’est dommage, il avait tout pour me plaire pourtant. Vous l’avez lu ? Qu’en avez-vous pensé?

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Avant d’aller dormir de S.J. Watson

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Sonatine Editions, 21€, 400 pages

4ème de couverture

A la suite d’un accident survenu une vingtaine d’années plus tôt, Christine est aujourd’hui affectée d’un cas très rare d’amnésie : chaque matin, elle se réveille en croyant être une jeune femme célibataire ayant la vie devant elle, avant de découvrir qu’elle a en fait 47 ans et qu’elle est mariée depuis vingt ans. Son dernier espoir réside dans son nouveau médecin, Ed Nash. Celui-ci lui a conseillé de tenir un journal intime afin qu’elle puisse se souvenir de ce qui lui arrive au quotidien et ainsi reconstituer peu à peu son existence. Quand elle commence à constater de curieuses incohérences entre son journal, ce que lui dit son entourage et ses rares souvenirs, Christine est loin de se douter dans quel engrenage elle va basculer. Très vite elle va devoir remettre en question ses rares certitudes afin de faire la vérité sur son passé… et sur son présent.

Résumé

Christine se réveille un matin. Elle se demande où elle est et qui peut être le garçon à côté d’elle dans le lit. Elle se lève mais se rend compte qu’elle n’est pas chez elle. Elle trouve la salle de bain et là stupéfaction elle ne se reconnait pas dans le miroir. Puis finalement, oui, ce sont bien ses yeux. Mais ces cheveux, ces rides… Et ces photos qui entourent le miroir. Qui est cet homme, son époux ? Ce dernier se lève et lui explique qui elle est et le mal qui la touche. Suite à un accident elle n’a plus de souvenir de ces dernières années, et chaque jour elle se réveille en pensant avoir 20 ans voire moins… Le docteur Nash l’appelle, il doit lui réexpliquer qui il est. Il la suit depuis quelques temps, il a espoir qu’elle fasse des projets. Elle tient depuis quelques temps un journal. Mais certaines incohérences entre les jours vont la perturber… Christine va essayer de faire la lumière sur sa vie…

Mon avis

J’ai beaucoup aimé malgré la chute.

Le lecteur découvre Christine affectée par un cas rare d’amnésie. Elle ne se souvient pas de ses journées, et donc des dernières années de sa vie… presque 25 ans de néant. Le matin elle se réveille en pensant avoir 20 ans voire moins mais elle en a 47 ans et ne se souvient pas de plus de la moitié de sa vie. Elle est mariée à Ben qui travail dans une école. Le docteur qui la suit le fais sans le consentement de son mari. Ben ne croit plus que la médecine puisse venir en aide à sa femme. Le Dr Nash est persuadé pourtant que Christine puisse faire des progrès. La première partie du livre commence un jour comme les autres. Christine amnésique. Le docteur l’appelle pour lui rappeler leur rendez-vous. Ce jour-là, elle récupère un journal. Son journal. Depuis quelques temps, sous les conseils du médecin elle écrit tout ce qui se passe dans sa journée. Elle écrit en cachette de son mari. Sur la seconde page, elle a écrit « ne pas faire confiance à Ben » mais pourquoi ? Dans la seconde partie du livre, le lecteur découvre le cheminement de la vie de Christine. Et de plus en plus, Christine met en évidence des incohérences dans ses journées. Des réponses de Ben différentes d’un jour à l’autre. Pourquoi ? la protège-t-elle ? Se protège-t-il ? Quel est l’accident dont Christine a été victime ?

C’est vrai que le déroulé des journées de Christine peut être un peu redondant mais de cette redondance nait les questions, le chaos de la vie de cette femme qui ne se souviens pas de sa vie. On doute autant que Christine, on apprend en même temps qu’elle au fur et à mesure. On se demande ce qu’il va se passer, ce qui a bien plus se passer 20 ans auparavant. On en vient même à se demander si ce qu’on lit est réel, si Christine existe, si elle est folle ou paranoïaque.

Comme cette femme est notre narratrice, peut-être que rien n’est vrai, que nous sommes manipulés ? Tout est possible!!! On ne sait jamais ce qu’on peut prendre pour argent comptant ? Christine nous dit-elle tout ? On peut imaginer tout et son contraire. C’est génial. C’est un très bon thriller psychologique. On se demande qui tire les ficelles ? si quelqu’un tire les ficelles bien sur ^^ On extrapole, on interprète, on choppe des indices, ou on croit en découvrir. Le lecteur échafaude ses hypothèses. Pourquoi a-t-elle la mémoire bloquée ? Que lui est-il arrivé ? Qu’a-t-elle vécu ? Progressivement, lentement, les choses s’emboitent, s’éclairent.

La psychologie de Christine est super bien travaillée. C’est haletant. L’auteur dose ses pauses, ménage le suspense. J’avais vraiment envie de savoir. Comme on apprend en même temps qu’elle et à un instant t, on se demande si elle a déjà vécu les événements, si elle a déjà eu ou non des souvenirs plus précis, on sent progressivement que quelque chose cloche. Est-ce que ça vient de Christine ? de son entourage ? On s’attache à ce personnage. Même si par certains côtés elle a pu m’agacer,  elle a aussi su me toucher par d’autres aspects. Ce n’est pas facile de se mettre à la place de quelqu’un qui ne retient rien d’un jour à l’autre mais j’ai trouvé que l’auteur s’en était super bien sorti. Les pages se tournent sans se dire « ça c’est pas cohérent ». On ne se pose pas que des questions sur Christine, tout le monde parait bizarre, son mari, le docteur Nash, ainsi que les autres rares personnages croisés.  On en deviendrait parano nous aussi !

En tout cas, le suspense est ménagé, on apprend les choses vraiment qu’à la fin, l’ambiance et l’intrigue tiennent jusqu’au bout. Par contre, j’ai été un poil déçue par la chute, une de mes hypothèses de départ mais que j’avais rejetée. Mais dans l’ensemble, tout se tient vraiment très bien.  C’est sympa de se poser des questions mais c’est super aussi de se laisser porter et de ne pas vouloir à tout pris décortiquer ou tout comprendre en 50 pages. Le dénouement n’a pas été aussi original qu’espérer mais la construction elle est géniale donc ça rattrape bien !

Une très bonne lecture en tout cas pour moi. J’espère aller voir le film qui sort ce mois-ci même si j’ai un peu peur de la façon dont le sujet est traité (journal vidéo à la place du journal papier).

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La malédiction des templiers de Raymond Khoury

9782266213950Pocket, 646 pages, 8,40€

4ème de couverture

Constantinople, 1203. Tandis que les croisés s’apprêtent à assiéger la ville, un groupe de Templiers s’infiltre dans la bibliothèque impériale afin d’y dérober des documents secrets qui ne doivent en aucun cas arriver entre les mains du Pape. Les hommes parviennent à voler trois coffres recelant de dangereux secrets. Mais ils ne vivront pas assez longtemps pour les découvrir.
Le Vatican, de nos jours. Sean Reilly, agent du FBI, a le privilège de pouvoir consulter les archives secrètes de l’Inquisition conservées au Vatican, auxquelles seule la garde rapprochée du pape a accès. Mais il ne va pas tarder à violer la confiance du Saint-Siège. En effet, Tess Chaykin, la femme qu’il aime, a été enlevée par un terroriste, et la clé de sa liberté se trouve dans l’un des documents archivés : le Fondo Templari, une histoire secrète des Templiers… Alternant entre l’époque tumultueuse des croisades et notre monde actuel, ce thriller historique mené tambour battant plonge le lecteur au coeur de l’univers fascinant des Templiers

Résumé

A Constantinople en 1203, Everard de Tyr et ses compagnons pénètrent dans la ville aidés par les Gardiens. Ils viennent récupérer des coffres à mettre en lieu sur. Parce que les chrétiens pillent et tuent d’autres chrétiens, il est vital que le contenu des coffres soient protégés et mis en lieu sur. Mais les faire sortir discrètement de la ville ne sera pas aisé.

En Turquie de nos jours, le professeur Behrouz Sharafi est accosté par un étranger, ce dernier le menace. Il a découvert les recherches du professeur et souhaite qu’il œuvre désormais pour lui et tous les moyens sont bons pour qu’il parvienne aux bouts de ses recherches. Quelques temps après, l’agent du FBI Reilly accompagné de Sharafi se rendent au Vatican afin de pénétrer dans les archives secrètes, mais le temps joue contre eux. Pourquoi tant de précipitations ? et tant de mensonges ? Que fait Reilly avec Sharafi ?

Mon avis

Pas mal !

Cet été, j’ai décidé de vider un peu ma PAL des livres qui y sont depuis très longtemps ! Ce titre est la suite du Dernier templier, que j’ai lu il y a quelques années maintenant. Et j’avoue que je ne me souvenais vraiment plus beaucoup du 1er… Par exemple, je me souvenais de l’agent Reilly mais plus du tout de Tess … Au début ça m’a un peu gêné de ne pas me souvenir (et à l’époque pas de blog pour garder une trace) parce qu’on évoque un peu le passé de l’agent et j’étais un peu perdue. Mais finalement, ce n’est pas si essentiel de se rappeler. Et puis cette suite est bien faite, parce que si vous commencez pas celui ci, ça ne spoile quasiment pas le 1er et du coup, ce dernier peut être lu après sans problème.

Reilly se retrouve impliqué dans une quête qui n’est pas la sienne pour d’abord sauver Tess puis pour comprendre pourquoi un homme sème la mort autour de lui. Ce dernier recherche quelque chose qui a été, a priori, caché par des templiers au temps de l’Inquisition.  Reilly apporte son aide au professeur Sharafi bien qu’il ne le connaisse pas car ce dernier a assisté à l’enlèvement de Tess et d’un de ses confères archéologues. S’ils avancent dans les recherches de Sharafi, Tess sera libérée. Mais pour avancer, ils ont besoin de consulter des archives dans la Cité du Vatican. Et seul quelqu’un comme Reilly peut y parvenir, voilà pourquoi Tess a été enlevée. Ce n’est pas la première fois que Reilly se rend au Vatican, il y connait des personnes importantes. Et il peut, grâce à ce qu’il a accompli dans le 1er tome, bénéficier de l’aide dont il a besoin. Mais voilà, tout ne se passe pas là-bas, comme l’agent du FBI l’avait imaginé et débute alors une course poursuite entre l’Américain et celui qui recherche le « trésor » des templiers.

J’avoue que je n’ai plus l’habitude de ses romans d’actions de plus de 600 pages. Du coup, le jeu du chat et de la souris entre l’agent et l’Iranien m’a un peu agacé. J’ai trouvé ça un peu longuet mais ce qui est sur c’est que c’est : action, action, action ! La théorie développée dans cet opus m’a vraiment beaucoup plu et j’ai beaucoup aimé les parties qui se passent au 13ème siècle ou les découvertes de Tess. Pour les fans de roman avec des templiers c’est vraiment pas mal. Le lecteur accompagne les templiers dans leur fuite, découvre ce qu’ils vont devenir. Le lecteur est projeté au côté de l’empereur au moment du Concile de Nicée… Le roman évoque Acre, l’Inquisition, la percussion des templiers. Des thèmes qui sont récurrents mais qui sont attendus dans ce type de roman. J’aime bien lire un roman comme celui-là de temps en temps, les complots, les mystères, la religion, … ça m’intéresse et ça m’intrigue. Il y a souvent un fond de vrai, mais où s’arrête l’historique et où commence la fiction ? J’adore !

J’ai trouvé que centaines choses auraient pu être développées mais peut-être que les infos étaient dans le 1er tome ? La fin est un peu facile mais elle est ouverte sans l’être trop. Par contre, c’est abrupte. Un chapitre de développement, ça aurait été pas mal. Peut-être que ça se termine comme cela parce qu’il y aura une suite ? Le méchant m’a agacé, comme dans les séries et les films, il ne tue jamais ceux qui lui barrent la route ! ça se passerait pas vraiment comme ça dans la vie. J’attendais un peu plus de prise de risque ou de surprise dans cette suite. Les personnages principaux, Reilly et Tess, ne sont pas mes héros préférés mais j’ai apprécié les suivre.

C’est une lecture plaisante, bien qu’un peu répétitive parfois. Cette lecture m’a donné envie de voyager, de découvrir certains pays, certaines villes. De partir à l’aventure, découvrir des mystères ! Raymond Khoury est un auteur que j’aime beaucoup, c’était mon 4ème de lui et je continuerai à le lire. Ces récits sont vivants, bien documentés, il a un imaginaire fertile, et c’est rondement bien mené !

Voilà, mon avis est assez court malgré ces 650 pages mais je n’aime pas trop rentrer dans les détails pour ce type de roman. Je trouve que ça perd de son intérêt si on en raconte trop. En tout cas, je suis contente de l’avoir sorti de ma PAL et je l’ai apprécié malgré ses quelques défauts.

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Projet Harmonie de Christophe Nicolas

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Editions du Riez , 342 pages, 19,90€

4ème de couverture

Yannick Diaz, journaliste dissident, vient de perdre sa place au Républicain suite à l’écriture d’un essai sur les médias qui n’épargne personne. Depuis son malaise en direct sur le plateau d’un débat télévisé, d’étranges images se bousculent dans sa tête : l’épidémie de grippe qui s’étend en Amérique latine, le visage bouffi du ministre de l’Intérieur et le nom d’un laboratoire… LAMIPROH. D’où viennent ces souvenirs qui ne sont pas les siens ?

À peine évoque-t-il ses visions que son confident est assassiné. Accusé du meurtre, la police aux trousses, il doit trouver les preuves de son innocence. Mais il y a plus en jeu que son seul avenir. Peut-être celui de l’humanité tout entière…

Après Un Autre, Christophe Nicolas nous démontre une nouvelle fois sa grande maîtrise du suspense avec ce thriller frénétique.

Résumé

Le professeur Guiraud règle les derniers détails de sa toute dernière expérimentation. Elle lui sera fatale, il en a bien conscience, mais il a tant à se faire pardonner alors si ça fonctionne, tout le monde y gagnera.

De son côté Yannick Dias, journaliste, est invité dans une émission de TV suite à la sortie de son livre « Publi’reportage » où quand la presse écrite devient l’arme publicitaire des grands groupes qui la détiennent. Le moins qu’on puisse dire c’est qu’en dénonçant le monde gangréné de la presse écrite, il ne s’est pas fait des amis… Il n’a même plus de travail. Qui voudrait encore de lui dans cet univers journalistique ? Yannick est très stressé par le passage en direct même s’il s’agit d’une chaine câblée.

Mathias, vrai ami, faux ennemi, ancien collègue, décide de regarder l’émission en direct. Quand il voit soudain Yannick s’effondrer devant les autres invités. Quand Yannick se réveille à l’hôpital, un reportage TV réveille en lui quelque chose, il appelle Mathias pour que ce dernier se renseigne pour lui sur un curieux laboratoire… Et si Yannick de façon insoupçonnée venait de mettre le doigt dans un terrible engrenage ?

Mon avis

Un très bon roman !

La 4ème de couverture parle d’un thriller frénétique et c’est bien le cas ! On ne s’ennuie pas une seconde, c’est écrit à la façon d’une course contre la montre,  d’une course poursuite, ça va vite, c’est rythmé, les pages se tournent véritablement toutes seules ! C’est dire si le lecteur est plongé dans cette histoire qui mêle thriller et anticipation, réalisme et fantastique.

Yannick Dias est journaliste. Pour lui, le métier, c’est parler, écrire, dire tout ce qui se passe même si cela blesse, dénonce, détruit. Avec son passé un brin révolutionnaire, quand il découvre que la presse écrite n’est pas la presse indépendante en laquelle il croit, il agit. Avec son collègue, il enquête, découvre des preuves et dénonce tout dans un livre. Qui n’a pas plus à ces supérieurs forcément. Contraint de partir du journal qui l’employait, Yannick se consacre à la promotion de son livre mais surtout se bat pour que la vérité éclate. Qu’est-ce qui va lier ce journaliste au Professeur Guiraud ? Cet homme qui tente son ultime expérience. Qui cherche à transmettre tout ce qu’il sait avant de disparaitre. Pour se sauver. Pour afin agir. Pour la mémoire de son fils Lucas.

On suit donc Yannick qui se retrouve pris malgré lui dans une enquête sur un laboratoire accolé à une clinique qui lui sert de couverture. Il s’y passe des choses pas très légales, horribles. Cette enquête va remontrer très vite aux oreilles des personnes qui n’ont pas du tout intérêt à ce que le monde apprenne leurs expériences. Yannick est alors en danger. Le lecteur suit aussi le Professeur Guiraud et découvre progressivement la nature de sa dernière expérience. Et enfin, quand un meurtre se produit dans l’entourage de Yannick et que celui ci est le coupable désigné par les preuves,le lecteur passe du côté de l’enquête de police. Pas le temps de s’ennuyer donc !

Christophe Nicolas laisse volontairement des éléments flous afin que son lecteur reconstitue le puzzle. La construction du récit est vraiment très bien faite. On collecte les indices, on assiste à des recoupements. Yannick met la main dans quelques choses d’énorme qui prend de l’ampleur au fur et à mesure du récit. L’auteur nous sert un mélange réussi entre thriller, récit avec une pointe de fantastique et roman d’anticipation. Les  révélations montent crescendo vers l’insoupçonné.

Le roman permet une grosse réflexion sur plusieurs thèmes de société. Jusqu’où la science et le système iront-ils sous couvert d’idéaux ? Qu’est donc vraiment le journalisme et peut-on encore être indépendant dans notre société ? Que nous cache-t-on ? Sommes nous entourés, gouvernés par des monstres ? Agissons-nous bien dans l’intérêt commun ? Faisons-nous les bons choix? Un récit que l’on peut prendre à la fois comme un thriller construit et haletant, et comme un roman qui nous fait nous interroger sur nous même, la société, la politique, … Projet Harmonie est vraiment très intéressant, oui, il se lit rapidement, mais il n’en est pas moins assez complet !

Je retrouve avec plaisir le style percutant, fluide et vivant de Christophe Nicolas. Qui comme pour Un autre, ne prend pas de gants avec ses personnages. On tremble pour eux et on a vraiment envie de savoir s’ils peuvent s’en sortir, comment ils vont s’y prendre, s’il y aura des dommages collatéraux.

La lecture est très rapide grâce au style de l’auteur et sa façon d’alterner les événements. Cela sert très bien le récit, toutefois, je n’aurai pas été contre quelques passages en plus sur le passé du professeur Guiraud et sur ce qu’il voit tout autour de lui.  Et peut être aussi un peu de développement sur l’enquêtrice ou le passé de Yannick. Peut être pas essenties pour l’histoire mais de quoi prolonger un peu le plaisir de la lecture ! En dehors de ces points, j’ai beaucoup aimé les thématiques, la façon de construire l’histoire, la critique de la société, les complots et la traque. La fin est bien vu également. L’ouverture m’a beaucoup plu.

Projet Harmonie est un très bon second roman, différent du premier. Dénonciateur des excès, espérons que Christophe Nicolas ne touchera pas juste avec le côté anticipation. Sinon gare à nous. Vite le prochain roman (comment ça, j’met la pression 😉 ) !!!!  J’ai été ravie de  rencontrer enfin Christophe Nicolas aux Imaginales, j’espère que ça ne sera pas la dernière fois qu’on se croisera sur un salon ^^

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La couleur de l’âme des anges de Sophie Audouin-Mamikonian

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Édition Robert Laffont, Collection ‘R, 448 pages, 18€15

4ème de couverture

Jeremy, jeune homme de 23 ans, est sauvagement assassiné. En devenant un Ange, il réalise que la lutte pour survivre n’est pas terminée et qu’il peut aussi mourir dans ce nouvel univers. En effet, pour ne pas disparaître, tout Ange doit se nourrir de sentiments humains. Et Jeremy va bientôt découvrir avec effroi qu’il doit même les provoquer ! Provoquer la haine, l’amour, la joie, la tristesse, la peur, la compassion… Seules les émotions fortes peuvent rassasier les Anges, colorant leur peau en bleu pour les émotions positives, en rouge pour les négatives. Recherchant la raison pour laquelle il a été tué, Jeremy piste alors Allison, une vivante de 20 ans, témoin involontaire de son exécution. À force de côtoyer, jour et nuit, la ravissante et naïve jeune fille, il finit par en tomber follement amoureux. Mais l’assassin de Jeremy cherche à supprimer à tout prix ce témoin indésirable… Alors que des Anges se liguent aussi contre lui, Jeremy parviendra-t-il à sauver Allison ? Sera-t-il capable de sacrifier ses sentiments et de vivre à jamais séparé d’elle ? Avec ce premier volet d’une duologie ambitieuse et envoûtante, l’auteur emmène ados et jeunes adultes dans l’au-delà, cet univers qui alimente toujours les plus grands fantasmes et la plus vive curiosité. Un thriller haletant dans lequel frissons et passions s’entremêlent, une traversée jouissive et inquiétante de l’autre côté du miroir, une atmosphère sensuelle et entêtante qui habitera longtemps le lecteur une fois le livre refermé.

Pour une fois pas de résumé

Mon avis

Une bonne lecture

Jeremy est un jeune homme qui mène une vie assez aisée mais il sort rarement la tête de son travail. A 23 ans, il est déjà un boss dans son domaine, c’est une étoile montante. Malheureusement, un soir qu’il rentre chez lui, il est attaqué en pleine rue et tué. Pas le temps de dire « Ouf » Jeremy voit son corps étendu sur l’asphalte et se retrouve de l’autre « côté ». C’est là, qu’il découvre ce que deviennent les hommes, une fois morts. Et le monde qu’il découvre est pour le moins étrange. Mais le plus difficile est certainement de s’adapter à une nouvelle forme de survie : se nourrir des sentiments des vivants pour ne pas disparaitre. Heureusement, Jeremy va être aidé dans cette après-vie par d’autres anges pour qui le sort des nouveaux, « des bleus » ne laisse pas indifférent. Le lecteur  découvre donc comment les anges vivent, ce qu’ils font, s’occupent comment ils se nourrissent, … et leurs particularités. J’ai aimé que le 4ème de couverture ne dévoile pas ces éléments et donc de les découvrir pendant ma lecture (donc pas de détails ici :p ). La « mythologie » de l’après vie développée par  Sophie Audouin-Mamikonian est vraiment passionnante. Assez originale aussi, je trouve pour ma part, sachant que je lis très peu de livres avec des anges.

C’est donc un univers qui m’a beaucoup plu. L’histoire a un aspect thriller intéressant (même si je dirai que ça reste un peu superficiel et jeunesse), ça a le mérite de permettre une vraie intrigue. Car Jeremy va chercher à savoir qui a voulu le tuer et pourquoi. Dans son « enquête », il va suivre des vivants et se lier d’amitié avec d’autres anges. Notamment, il croisera la route de savants, philosophes  et scientifiques mais aussi d’autres personnages plus ou moins connus… Il va aussi rencontrer Allison, une vivante qui a l’air d’en savoir pas mal sur son meurtre. Du moins, il a beau ne pas la connaitre, elle le pleure et se sent coupable de sa mort… Pourquoi ?

Le récit est plein de rebondissements, certains que l’on voit  venir, d’autres pas. Et il y a aussi beaucoup d’humour malgré le sujet. Ce sujet, la vie après la mort, est traité de façon assez positive, la mort n’est donc pas une fin mais une sorte de seconde vie. Tout y est très coloré, comme les sentiments des vivants mais des surprises se cachent derrière les facilités et les apparences sont trompeuses.

L’écriture est simple sans être simpliste, pas de fioriture mais un enthousiasme, un allant, qui donne un style fluide, frais et vivant. Comme je le disais précédemment, il y a des clins d’oeil, de l’humour, ce qui semble bien correspondre au style et à la façon de faire de  Sophie Audouin-Mamikonian.

Concernant les personnages, j’ai bien aimé Jeremy, même s’il a des défauts, ses traits de caractère m’ont bien plu, sa façon assez juste de réagir également. Il est intelligent, c’est un faux naïf … Par contre, j’ai eu beaucoup plus de mal avec Allison. J’ai bien aimé au début sa personnalité mais au fil du récit, elle m’a agacée. Elle cumule quand même pas mal de clichés… J’ai eu du mal à supporter son caractère même si l’histoire explique certaines choses. Dans les personnages secondaires, j’ai bien aimé les deux anges qui accompagnent Clark, Albert… mais surtout Lili !

Concernant l’histoire, plus on progresse, plus on s’aperçoit qu’il se passe des choses louches et que le monde dépeint à Jeremy n’est pas si parfait… On a envie de savoir ce qu’il se trame. Comme je n’avais pas lu beaucoup de chronique sur ce livre, j’ai été assez surprise de la tournure de l’histoire. C’est parfois un peu trop léger pour moi, mais avec le recul, ce n’est pas le premier point dont je me souviens. Je m’attendais à beaucoup moins apprécier, c’est donc une bonne lecture détente, une bonne surprise avec un univers bien conçu et bien trouvé. En plus, pas de frustration, il y a une fin (même si on sait que tout n’est pas fini), on peut lire ce livre sans en attendre plus. J’ai vu que la suite sortirait sans doute en janvier 2015. Je me laisserai sans doute tenter par la découvrir, même si je ne sauterai pas sur le livre dès sa parution 🙂

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