Faim du monde de Tesha Garisaki

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Editions Voy’[el], collection e-court, ebook, 0,99€

4ème de couverture

Les étudiants mangent souvent des pâtes. Mais que connaissent-ils de la faim, la vraie ? Dans leur cité U cernée par les zombies, un petit groupe de survivants va en faire l’expérience.

Mon avis

Tout d’abord merci à Editions Voy’el, à la Collection e-court et Manon pour l’envoi de cet e-court 🙂

Benjamin est étudiant et court pour sauver sa vie. Poursuivit par des morts-vivants, il n’a pas trop le choix, il fonce vers la cité U et sa résidence, dans l’espoir qu’il pourra s’y calfeutrer. Il aurait du croire le gars qui avait annoncé la nouvelle dans l’amphi mais qui n’aurait pas pensé à une mauvaise blague ? Il arrive à proximité de la résidence juste quand les jeunes sont en train d’en barricader les portes. Heureusement son voisin de chambre le reconnait et convainc les autres de le laisser passer. In extremis.

Après un point sur la situation, les 13 étudiants de la cité U vont devoir s’organiser. Trouver à manger, s’occuper, espérer l’arrivée de l’armée…

Je retrouve avec plaisir la plume de Tesha, par contre, je ne suis pas fan du sujet. Moi et les zombies, on ne fait pas très bon ménage. Regarder un épisode de Walking dead en entier est un défi ^^ Mais ici, le format et la façon dont l’auteur aborde son sujet font que j’ai quand-même réussi à apprécier ma lecture. Tesha ne s’appesantit pas sur le phénomène zombie même si les jeunes se demandent ce qui a bien pu se passer. Elle développe surtout la psychologie des jeunes gens et notamment du point de vue de la faim comme le souligne le titre de cet e-court. Et le lecteur découvre alors le raisonnement très fin et juste de l’auteur sur la faim qui transforme les gens. J’aurai même bien aimé que cela soit encore plus long et plus développé. Attention, ce n’est pas non plus une thèse sur le sujet, le style n’est pas lourd.  Le développement de la nouvelle est très bien fait, la psychologie est fondue dans l’histoire.

Un peu comme une nouvelle qui traitait de l’absence de sommeil chez les gens, ici c’est l’absence de nourriture qui va pousser l’humain à des comportements auxquels il n’aurait jamais pensé. Mais est-ce une fatalité ? Est-ce que tout le monde va inexorablement agir de la même façon ? Que se passe-t-il dans la tête des autres ? Que devient-on ? Est-on alors si différent des choses qui nous traquent ?

Cet e-court plonge son lecteur dans la réflexion. Qu’est-ce que je ferai moi en cas d’attaque zombie ? Comment gérer la situation ? Comment gérer l’autre ? Comment gérer le manque ? Une nouvelle très intéressante qui se lit facilement, qui faut réfléchir. Qui vous permettra de découvrir Tesha ! Alors n’hésitez pas 😉 A lire même si comme moi, les histoires de zombies ne sont pas votre tasse de thé !

Merci encore à la collection e-court pour ce partenariat. Découvrir des auteurs et ici un même auteur dans deux styles d’histoire différentes est vraiment enrichissant.

Les errants T1-Origines de Denis Labbé

Les-Errants-Tome-1-de-Denis-Labbe

Les éditions du Chat Noir, 286 pages, 19,90

4ème de couverture

Que faire quand on est une adolescente et que le monde s’écroule autour de soi ?
C’est la question qui se pose à Marion, seize ans, que rien ne préparait à une telle catastrophe. Lors d’un voyage scolaire au camp de travail du Struthof, certains de ses camarades et de ses professeurs sont frappés par un mal étrange.
Alors que l’épidémie se répand, elle essaie d’y échapper, en compagnie d’un groupe d’amis rescapés. Mais sans l’aide d’adultes, la tâche va s’avérer délicate et la vie en communauté pas si aisée que cela.

Résumé

Marion est en visite scolaire avec son lycée dans les Vosges et plus particulièrement au camp de travail du Struthof. Marion se retrouve dans un groupe de 13 élèves sous la surveillance de la pire prof en mesure d’encadrer des lycéens. Dans son groupe, peu de gens qu’elle côtoie régulièrement, elle est donc séparée de sa meilleure amie et connait assez mal une partie de ceux qui l’accompagnent. Pour la visite du camp et celle du centre européen des résistants déportés, les professeurs ont scindés les effectifs en deux. Marion et son groupe sont de ceux qui visitent d’abord le centre. A la pause de la mi-journée, la moitié des élèves déjeune en attendant que reviennent ceux qui sont partis en visite du camp. Mais ces derniers ne semblent pas pressés de rejoindre le reste des élèves ? Que se passe-t-il ? Poussée par sa nature curieuse, Marion va en découvrir plus que ses camarades sur ce qui se passe dans le camp. Rien ne sera plus jamais comme avant…

Mon avis

Le lecteur découvre donc Marion, une jeune lycéenne, dynamique et curieuse. Avec quelques soucis familiaux aussi. On la suit lors de sa visite du CERD et peu à peu on comprend avec elle qu’il s’est passé quelque chose  très récemment au sein de ce centre. Et on en mesure progressivement les conséquences. Marion nous parle aussi de quelques uns de ses camarades avec qui elle va se retrouver embarquée. Il y a ceux qu’elle connait : Nellie et Mélina, avec qui elle s’entend bien. Même si elles ont des préoccupations de fille qui passent un peu au dessus de la tête. Louis un fan de métal avec qui elle sort de temps en temps pour des concerts et Thibaut qui était dans sa classe en seconde. Et puis il y a 8 autres élèves qu’elle ne connait presque pas. Parmi eux, Jean-Michel, un passionné d’armes, qui fait froid dans le dos ; Steve le gars qui ne se rend quasiment jamais en cours et qui traficote pas mal et en général on préfère ne pas savoir de quoi il est question et Cornélia, une gothique taciturne toujours plongée dans ses boutiques romatico-sombres. Bref, toute une galerie d’adolescents différents qui vont devoir s’entraider.

Le récit ne manque pas d’action. Dans le sens où déjà Marion est atteinte d’une curiosité maladive qui lui fait prendre des risques, écouter aux portes, etc. Mais aussi parce que les errants « se mettent en marche » et que vous vous en doutez, ça ne sera pas joli, joli.

J’avoue au début du roman, j’ai eu un peu de mal. Avec le style. Avec Marion. Avec les errants. Je le reconnais, c’est mon premier livre avec des morts-vivants, ou des zombies ou des errants, parce que je n’aime pas ça. Mais comme l’auteur est convaincant et que ce sont les éditions du Chat Noir, ma maison chochoutte, j’ai tenté. Même si j’ai eu du mal au début, j’ai beaucoup aimé l’histoire et je garde ce titre comme une bonne lecture.

Quand je dis que j’ai eu du mal avec le style, ça n’est pas mal écrit au contraire mais j’ai tiqué sur certaines tournures ou certains mots. Et puis, je fais un peu un blocage sur les adolescents… Et comme c’est Marion qui raconte. Ce point est purement subjectif parce qu’il y a beaucoup de lecteurs que ça ne dérange pas. Pour ce qui est de Marion, mon ressenti s’est amélioré au fil de la lecture mais au début, elle m’a saoulée. Quand elle nous dit 3 fois qu’elle est curieuse, qu’elle a soif de connaissance etc. Je pense qu’on avait compris la première fois et son insistance, pour se dédouaner des risques qu’elle prend, ça m’a agacé. Mais elle a de bons côtés qu’on découvre au fur et à mesure de la lecture et j’ai fini par m’attacher à elle. Pour les autres ados… bien c’est des ados ! Tantôt, ils réfléchissent et c’est intéressant et tantôt on se passerait bien de leur blabla inutile ^^

Sinon, j’ai beaucoup aimé l’histoire, le point de départ dans les Vosges, au centre européen des résistants déportés. C’est aussi pour l’auteur l’occasion de nous rappeler une partie de notre Histoire et au lecteur de faire s’il le veut un devoir de mémoire. Une étrange épidémie se propage, le lecteur en découvrira les circonstances. J’ai bien aimé le fait de ne pas mettre tout de suite un nom sur ce qu’il se passe. J’ai apprécié aussi que l’héroïne soit non seulement confrontée à des phénomènes inexpliqués, à une ambiance étrange mais aussi obligée de conjuguer avec des camarades, parfois très différents d’elle. Elle en apprend pas mal sur elle même et sur les difficultés de la vie. Et nous on réfléchit, on se demande souvent comment on réagirait à sa place, si nous ferions comme elle ou pas.

Il y a parfois quelques clichés ou stéréotypes qui m’ont gênés, mais peut-être que je ne côtoie pas assez d’ados et que ça ne me semblerait pas si étrange parfois, si c’était le cas. Cependant, malgré ces quelques petits défauts, somme toute dus à mon ressenti personnel, l’histoire est prenante et j’ai eu envie de suivre Marion et les autres, de savoir ce qu’il allait leur arriver. Je me suis attachée à certains personnages et je me suis posée des questions sur d’autres : que deviennent certains ? que leur arrive-t-il ? L’auteur a dans ses tiroirs les réponses que nous pourront certainement lire un jour.

Après un début difficile, je ressors de ma lecture avec un ressenti positif ^^ J’ai le second tome dans ma PAL et je serai ravie de reprendre le chemin en compagnie de Marion et de ceux qui l’accompagnent. L’auteur m’a indiqué que c’était plus mature, plus sombre, je sens que ça va me plaire !