Le Gardien de la Source de Vanessa Terral

gardien de la sourcePygmalion, 394 pages, 16€

4ème de couverture

« Puis elle le vit L’individu qui l’observait se tenait en retrait, à l’opposé de la pièce. Il ne cherchait pas à se fondre dans l’assemblée des gens bien nés. D’ailleurs, ceux-ci l’évitaient. C’était presque imperceptible, mais le flot des civilités s’écartait de lui dans une valse consommée. » En cet été 1814, Marie-Constance de Varages, marquise du bourg d’Allemagne, et son héritière, Anne-Hélène, sont conviées au bal du comte de Forcalquier. Si une telle invitation ne se refuse pas, la marquise est inquiète. Quelques mois auparavant, sa fille a souffert d’un mal funeste et été sauvée in extremis. Depuis, elle n’est plus tout à fait la même… Quelle est donc cette ombre qui plane sur Anne-Hélène ? Et pourquoi le mystérieux Lazare, baron d’Oppedette, semble-t-il soudain subjugué par la jeune débutante ?

Mon avis

Une excellente lecture ! Quel plaisir de retrouver la plume de Vanessa Terral ^^

Anne-Hélène, fille de Marie-Constance de Varages, Marquise du bourg d’Allemagne en terre de Provence, joue avec deux de ses amies. La marquise a l’habitude du chahut des jeunes filles. Cependant, quand après la chute d’un objet, elle n’entend plus qu’un silence inquiétant, elle se décide à abandonner le paysan qui est venu la voir pour quérir ces conseils, et  à se mettre à la recherche de sa progéniture. Elle retrouve Anne-Hélène en larmes et finit par comprendre que cette dernière a brisé ce qui ne devait en aucun cas l’être. La malédiction lié à l’objet ne met pas longtemps à faire effet. Ne pouvant se résoudre à perdre sa seule héritière, la marquise demande à Virginie l’une des amies d’Anne-Hélène d’aller quérir la Mariette la sorcière du village.

Celle qu’on surnomme « La Masco » réussit à contenir le mal qui s’est emparée de la jeune demoiselle. Mais ceci pour un prix cher à payer. L’avenir de la jeune fille sera incertain.

Quelques temps plus tard, la marquise et Anne-Hélène, accompagnées de ses amies Virginie et Joséphine en tant que dames de compagnie se rendent à une réception organisée par le Comte de Forcalquier de retour en ses terres depuis que Napoléon a été déporté sur l’île d’Elbe. Là-bas, Anne-Hélène rencontre le Comte, un homme abusant de son charme, et trouve aussi la sœur de Marie-Constance, la sévère Hilaria. Cette dernière n’apprécie pas beaucoup sa nièce, elle juge son éducation  peu appropriée, trop sauvage. Élevée à la campagne, la demoiselle n’a pas vraiment, d’après sa tante, le comportement de son rang. Surtout qu’Hilaria semble avoir des vues sur le Comte.  Chaque détail compte donc.

Depuis quelques temps, Anne-Hélène se sent observée et des étranges choses se passent. Elle ne semble pas seule quand elle se déplace, il semble émaner d’elle quelque chose d’étrange. Personne ou presque ne s’en rend compte.  Presque car le Baron, Lazare, frère du comte, traître, déchu de son titre s’aperçoit lui du mystère entourant la jeune fille. Il se promet d’en percer les secrets…

Le Gardien de la Source est une histoire originale entre deux êtres que tout oppose. Le Baron est une sorte de mauvais garçon, trafic, contrebande, il a mauvaise réputation. Mais est-ce justifié ? Le lecteur découvre qu’il a lui aussi hérité d’une malédiction, liée à la Source. De plus, pour corser sa vie, il doit composer avec deux frères qui se jouent de lui. Pourquoi Lazare a-t-il cette mauvaise réputation ? Pourquoi a-t-il fait de la prison?
Quand à Anne-Hélène, elle passe d’une agnelle fraîche et  fragile à une jeune femme plus posée et forte depuis sa rencontre avec la Masco. Cependant  elle n’a pas gardé souvenir de ce qu’il s’est passé, ce jour-là. Progressivement, elle se rend pourtant compte, que quelque chose en elle a changé. Aurait-ce un rapport avec la  magie ? Toujours est-il que la volonté de la jeune femme s’affirme.
La rencontre de ces deux êtres sera explosive. Le Baron prend la jeune fille de haut, pour lui c’est juste une frêle demoiselle à l’aura étrange. Pour la fille de la Marquise, le Baron dégage une tristesse qui l’intrigue, car si éloignée de sa mauvaise réputation…

Le Gardien de la Source est une habile réécriture du mythe de Perséphone et Hadès, cela se perçoit vers la moitié du récit. Les sentiments, les états d’âme et les caractères des personnages sont merveilleusement bien décrits. La prose de l’auteure transpire d’une sensibilité particulière.
De plus, on se sent vraiment en Provence, à cette époque napoléonienne. Vanessa Terral nous plonge dans une atmosphère particulière entre ombre et lumière. Les descriptions des lieux, des événement sont très visuelles, très bien rendues. L’auteure prend le temps de poser le décor, de décrire ses personnages avant de lier le destin de ces deux êtres. Que leur arrivera-t-il ? Quelle décision vont-ils prendre ? Le début peut sembler plus « lent » mais personnellement, j’adore quand un roman est travaillé et pas trop rapide au début, quand on plante le décor et qu’on apprend bien à connaître les personnages.

Les 2 malédictions donnent une dimension plus surnaturelle au récit. Une incursion fantastique est très habile, encrée dans le folklore de l’époque et des lieux magiques. L’écriture est précise, on sent un travail de recherche pour tant de précision. C’est fluide, prenant et la romance est originale. J’ai aimé l’incursion de la magie, des malédictions, de la nature. J’ai beaucoup aimé les personnages surtout le Baron et son dilemme face à Anne-Hélène.  Et pourtant, vu le caractère de l’homme, c’était mal parti ! J’ai aussi aimé l’évolution de la jeune demoiselle. Le roman joue sur les opposés, ombre / lumière, amour / haine, … et ça se passe aussi dans le caractère des personnages qui changent ou se révèlent le long du récit.

C’était une excellente lecture, même si j’aime surtout les thèmes de légendes et païens, je ne suis jamais déçue avec la plume de Vanessa ❤ J’ai hâte de relire un de ces textes.
Un tout minuscule bémol, deux / trois coquilles dans les prénoms des personnages, surtout la marquise qui devient de temps en temps Marie-Hélène au lieu de Marie-Constance. Ah, oui, et une couverture magnifique que j’aime vraiment beaucoup
Un livre à découvrir

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Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue – Les nécrophiles anonymes -1 de Cécile Duquenne

nécrophiles T1Editions Voy'[el], 185 pages, 10€

4ème de couverture

Népomucène, préposé à la Morgue, mène une vie tranquille et nocturne en compagnie de Bob, vampire d’environ 150 ans d’âge. Lorsqu’il manque devenir la cinquième victime d’un mystérieux assassin, son ami de longue date mène l’enquête. L’immortel est certain qu’une autre créature surnaturelle a commis le massacre.

Mon avis

Une lecture détente, rapide et amusante !

Népomucène est un jeune homme assez banal, un brin timide mais sympathique qui travaille de nuit à la Morgue et ça lui convient très bien. Il ne saute pas de joie à l’idée de voir ses collègues de jour (et c’est réciproque) notamment sa supérieure qui le harcèle lourdement. En commençant son travail, il était loin de se douter qu’il allait plonger dans un univers étrange, peuplé de créatures qui ne le sont pas moins. Et pas plus loin que dans un des frigos de la Morgue où il rencontre Bob, un vampire dandy qui a élu domicile là.

Quand son travail sur les morts est terminé, les deux acolytes font quelques petites expériences sur des corps.. d’animaux ! Ils cherchent la limite entre la vie et la mort. Mais un jour une horrible découverte est faite dans rue de la Morgue et les deux amis vont devoir enquêter sur un quadruple assassinat qui sent le surnaturel à plein nez.

Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue est un roman court, avec ses loufoqueries, de petits défauts mais dans l’ensemble, c’est une bonne lecture détente, sans prise de tête et sympathique comme son auteure. L’intrigue n’est pas forcément des plus originales – j’avais compris très rapidement qui était derrière les assassinats – c’est plutôt le second degré qui fait l’originalité du texte. Ainsi que les références, les clins d’œil et l’humour distillé par Cécile Duquenne. Oui oui vous avez déjà soupçonné cela avec le titre du livre, hommage à Poe mais ce n’est pas la seule référence, il faudra le lire pour découvrir les autres.  Certains passages vous feront penser à d’autres auteurs, aux séries TV de notre adolescence (ah James ❤ ).

Toutefois, j’ai trouvé le roman un peu court pour apprendre à connaitre et donc m’attacher aux personnages. Mais j’ai apprécié les suivre et voir comment ils allaient se débrouiller pour mettre le coupable hors d’état de nuire. Les personnages secondaires sont aussi barrés ou étranges que Népo et Bob, à croire que mettre le pied dans le surnaturel vous retourne le cerveau, sauf pour Népo ^^ En tout cas, cela donne une galerie de personnages haute en couleur et amusante.

La plume de Cécile est agréable, fraîche et drôle. On sent qu’elle s’est amusée à écrire son texte. Je lirai avec plaisir la suite des Nécrophiles anonymes 🙂

Ce qui murmure – Les nouvelles aventures de Carnacki – Saison 1 de Frédéric Livyns

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L’ivre-book, ebook, 1€49

4ème de couverture

Le célèbre détective de l’occulte conte à ses amis le récit de sa première confrontation avec l’indicible et lève, par la même occasion, un pan du voile qui masque sa jeunesse.

C’est donc un Carnacki encore peu au fait des phénomènes occultes qui se verra contraint d’affronter la créature qui tourmente, nuit après nuit, l’un de ses compagnons d’études.

Quel est cet être indicible que l’on entend murmurer lorsque le soleil a disparu ?

Mon avis

Alors qu’il n’a pas mis les pieds hors de chez lui depuis quelques temps, Thomas Carnacki convie une nouvelle fois ses amis, dont notre narrateur, à un diner suivi de la traditionnelle aventure du spécialiste du surnaturel. Mais que va-t-il bien pourvoir leur raconter puisque la dernière histoire en date l’a épuisé au point qu’il n’a pas depuis pris nouvelle enquête ? Que s’est-il passé ou qu’a-t-il à leur confier ?

Et bien, cette fois, le narrateur, et le lecteur à travers lui, vont découvrir une des premières aventures de Carnacki, quand celui-ci n’était qu’au tout début de sa carrière de détective de l’occulte. Une nouvelle qui permet à l’auditoire de ce cher Carnacki de découvrir une partie de sa jeunesse et surtout de voir que tout n’a pas été facile pour le jeune homme dans sa confrontation avec le paranormal.

Il raconte cette fois, l’appel d’un des ses anciens camarades d’études lui demandant assistance. Ce dernier a entendu parler de la mésaventure de Carnacki et de sa mère, la vraie première confrontation du détective avec l’étrange, « la maison hantée » et il se dit que ce dernier pourra certainement l’aider. Le diplômé devenu marin ne trouve plus le sommeil. Toutes les nuits, à 1h du matin, il entend des voix… Carnacki lui propose de fouiller la maison, puisque l’ancien marin n’entend les voix que depuis qu’il en emménagé là. La maison était meublée, il doit certainement y avoir un lien… Carnacki découvre un miroir aux ornementations malsaines et si c’était la clé du mystère ?

Cette fois-ci, on découvre un ami de Carnacki, avec qui il a fait ses études. Mais qui a décidé de partir à l’aventure et qui s’est enrôlé dans la marine marchande. Mais une mauvaise blessure l’oblige, quelques années plus tard, à revenir en Angleterre. Malgré les années qui ont passées, une belle complicité lie Thomas et son ami, qui sont heureux de se retrouver même si l’ancien marin est effrayé parce que se passe chez lui. On cerne un peu mieux le personnage de Carnacki. La nouvelle est très bien construite et change de deux premières. Ici, Carnacki commence juste à s’intéresser aux manifestations étranges et occultes. On laisse de côté la routine de sa façon de procéder et des rituels pour découvrir comment il a commencé.

Comme pour les nouvelles précédentes, le récit est bien dosé, le style et le vocabulaire toujours recherchés et les impressions du personnage principal sont bien retranscrites. Surtout que l’on est peu habitué à la fin qui va être livrée par le détective…

Je confirme que j’aime beaucoup ce personnage et ses enquêtes. Ce qui murmure permet d’en apprendre plus sur son passé et sur ses doutes de jeune détective. Reste à découvrir comment a-t-il rencontré les gens qui viennent écouter ses histoires… et comment il a réagit la toute première fois qu’il a été confronté aux forces obscures.

Je recommande ces nouvelles aventures de Carnacki qui sont vraiment dans un genre et un style 19ème très plaisants. Une série passionnante, un rythme de publication qui fait qu’on ne se lasse pas. Des histoires angoissantes, effrayantes mais juste ce qu’il faut . Un auteur qui évite la redondance mais qui garde une unité dans ses textes ^^ Une réussite.

 

Néachronical – T1 : Memento Mori de Jean Vigne

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Éditions du chat noir, 19€90, 308 pages

4ème de couverture

Après avoir fait le mur pour aller à un rendez-vous nocturne, Néa, 15 ans, se réveille à demi-embourbée dans les marais locaux. Sur le chemin du retour, l’esprit embrumé, elle tente de rassembler des souvenirs qui lui échappent. D’autant plus qu’une fois chez elle, ses parents, sous le choc, lui apprennent que son absence a en fait duré plus de cinq ans.
C’est désormais une jeune femme qui doit reprendre sa vie là où elle s’était arrêtée, c’est à dire au lycée. Seulement, le fossé avec ses camarades se creusent de jour en jour, pas seulement à cause de l’âge, mais également parce qu’une série d’événements inexplicables la rend différente du lycéen lambda. Et du genre humain…

Maintenant, Néa n’a plus qu’une idée en tête : retrouver la mémoire afin de comprendre ce qu’il lui arrive.

Mon avis

Une belle découverte.

L’histoire de Néa est originale et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a du suspense et beaucoup d’interrogations sur cette jeune fille tout le long de ce premier tome.

Néa est une ado rebelle. Pour ses 15 ans, ses parents lui laisse la maison pour la soirée. Mais voilà, la petite fête dégénère vite quand s’incruste le beau Justin, bad boy en titre, qui se ramène avec ses potes, de la dope et de l’alcool. Les parents de Néa débarquent eux un peu plus tôt que prévu le lendemain et le spectacle ne passe pas du tout. Néa en prend pour son grade, la punition est sévère. Mais la demoiselle est bien décidée à ne pas respecter le couvre-feu imposé par son paternel et fait le mur pour rejoindre Justin et des potes dans un parc en ville.

Néa se réveille en pleine forêt, ce qui lui semble être le lendemain de son échappée belle… Mais arrivée chez elle, ses parents tombent littéralement des nues. Elle découvre alors que 5 ans ont passés depuis la petite virée nocturne. Elle ne se souvient plus de rien. Pour elle, elle est toujours Néa 15 ans, ado rebelle. Mais faut bien l’avouer son reflet dans le miroir a changé… et ce ne semble pas être la seule chose différente… Son examen médical par le vieux médecin de famille est loin d’être une partie de plaisir … Certaines choses clochent. Mais Néa ne veut pas s’y attarder de trop. Elle finit par reprendre sa vie où elle s’était arrêtée et devient un peu la bête curieuse du lycée. Il n’y a pas que des désavantages à être plus vieille, elle attire les garçons. Cependant, malgré elle, elle semble être devenue… dangereuse.

Que s’est-il passé pendant les 5 années oubliées ? Comment a-t-elle pu oublié 5 années d’existence ? Où était-elle ? Pourquoi Néa est-elle revenue différente ? Qu’est-elle réellement ? Et pourquoi les animaux semblent lui obéir soudainement ? Que va être son existence?

Ce premier tome pose plein de questions, répond à pas mal d’entre elles et laisse du suspense pour la suite. Le récit est parfois un peu glauque, type polar noir et ce n’est pas pour me déplaire. Agrémenté d’un peu de violence, il est parfois assez sombre. Le récit est terriblement efficace. Et le style de l’auteur est très agréable, énergique, rapide, entrainant. La manière de s’exprimer de Néa et certaines de ses réflexions / réactions allègent un peu une partie du récit plus dure.

Néa aurait tout du personnage d’ado tête à claque et agaçante, mais Jean Vigne réussi à la rendre aussi attachante que mystérieuse. Ok, au début, elle l’est, un peu agaçante, Néa. Mais heureusement ce qui lui arrive, va la changer et elle va vouloir découvrir ce qui a bien pu se passer 5 ans plus tôt. L’histoire est bien menée et pour une fois on ne voit quasiment rien venir. J’ai été surprise par la tournure du récit. Je me demande quelle voie prendra la suite.

La fin ne m’a pas trop plu… mais elle donne quand-même envie de savoir ce qui se passe ensuite. Il reste des questions en suspend dont on veut indéniablement avoir les réponses. Qui est le type, sosie du chanteur de Motörhead qui croise régulièrement le chemin de la jeune fille ? Que va-t-elle devenir ? Et pourquoi a-t-elle certaines capacités ? Etc.

Encore un style différent édité au Chat Noir, encore une corde à l’arc de cette maison d’édition. Vraiment les textes sont de qualité, travaillés et différents. De quoi trouver son bonheur dans le genre qu’on aime mais aussi pour en découvrir d’autres. Gros plus aussi pour la couverture qui correspond vraiment très bien au récit. Je vais essayer de ne pas trop traîner pour lire la suite ^^

Le placard qui chuchote – Les nouvelles aventures de Carnacki – Saison 1 de Frédéric Livyns

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L’ivre-book, ebook, 1€49

4ème de couverture

Depuis la mort de son père dans des circonstances aussi troubles que violentes, des phénomènes étranges se produisent dans l’immense demeure familiale.
La folie et l’horreur s’entremêlent dans les ténèbres.
Quel est l’effroyable secret enfoui au sein de l’aile abandonnée de ce lugubre château?
Retrouvez avec plaisir dans cette enquête le célèbre chercheur de fantômes, le roi des détectives de l’occulte sous la plume talentueuse de l’écrivain belge, Frédéric Livyns.

Mon avis

Comme pour le premier épisode, suite à une invitation de Thomas Carnacki, notre narrateur se rend au diner du célèbre détective de l’occulte pour y écouter en fin de soirée la nouvelle aventure du spécialiste du paranormal. Cette fois-ci, notre homme arrive le dernier chez Carnacki et ce dernier a particulièrement très mauvaise mine. Il semble littéralement épuisé. Au commencement du récit de sa nouvelle aventure, l’enquêteur occulte rassure son auditoire. Certes, il a failli y rester dans sa dernière aventure mais il se porte mieux.

Il rapporte donc son arrivée chez Sieur Johnson junior, qui depuis la mort de son père, avec lequel il était en froid, entend et ressent des manifestations dans la chambre de son défunt père. Manifestations qu’il doit bien admettre malgré son scepticisme, n’ont rien de naturel.
Carnacki commence alors son enquête et la première nuit, il ressent bien en effet les effets de quelque chose de très puissant, il en perd ses forces vitales ! Que se passe-t-il dans cette chambre ?

A l’attitude des personnages, le détective comprend qu’on lui cache quelque chose. Pour démêler l’affaire et comprendre les non-dits, il va devoir passer une nuit dans la chambre et risquer sa propre vie. J’ai beaucoup aimé la façon de construire le récit. On retrouve un Carnacki fortement affaibli et on se demande ce qu’il a pu vivre. La révélation de sa part du danger qu’il a vécu, intrigue immédiatement de lecture et on a envie de savoir ce qu’il a bien pu vivre. Que s’est-il passé dans la demeure des Johnson ? Quel est le mystère qui plane sur le manoir?

Le récit est angoissant juste ce qu’il faut. Ce n’est pas de l’horreur ou de la terreur mais les événements font quand même se dresser les poils sur les bras ^^ Il s’installe une sorte de routine avec le personnage, on commence à s’habituer à sa façon de procéder, les protections, les rituels, etc. On a hâte de savoir quel est le mystère, pourquoi cette manifestation qui est très violente ? La résolution de cette enquête est assez rapide mais le pourquoi est un peu glauque et pourtant pas si surprenant que ça pour l’époque. Le récit est bien dosé, le style et le vocabulaire recherchés, les impressions du personnage principal sont bien retranscrits.

J’aime beaucoup ce personnage et ses enquêtes. J’ai trouvé le personnage a la fin moins expéditif et pourtant c’est toujours le même rituel, mais son état de santé explique tellement sa façon de faire cette fois, que je n’ai pas ressenti la même frustration que la première fois. J’espère qu’un jour on en apprendra un peu plus sur son passé, comment a-t-il réagit à sa sensibilité pour le paranormal dans un monde si borné, comment a-t-il rencontré les gens qui viennent écouté ses histoires ? etc.

Le style d’histoire et de façon de faire reprise de l’auteur initial sied vraiment très bien à Frédéric Livyns, il excelle dans ce type de nouvelles. J’espère juste que les affaires ne seront pas redondantes, il ne doit pas être aisé de renouveler le genre. En tout cas, la publication espacée des histoires, finalement, convient très bien au genre. Même si on en lirait bien une ou deux de plus. On en redemande ! C’est vraiment une série sympathique et j’attends le prochain épisode avec impatience.

La chambre Rouge – Les nouvelles aventures de Carnacki – Saison 1 de Frédéric Livyns

106354817L’ivre-book, ebook, gratuit

4ème de couverture

Dans cette enquête, Carnacki sera confronté à une entité mystérieuse qui sévit dans un hôtel.
Une série de morts inexpliquées, survenant toujours dans la même pièce de l’établissement, une présence inquiétante… Il n’en faut pas plus pour attiser la curiosité de notre enquêteur.
Mais, en décidant de résoudre ce mystère, Carnacki sera confronté à l’horreur qui habite dans ce que les journalistes ont appelé « La chambre rouge ».

Mon avis

Frédéric Livyns reprend les aventures de Thomas Carnacki, le détective du créé par William Hope Hodgson au début du XXe siècle. Et c’est une bien bonne idée !!!

Un ami de Thomas Carnacki reçoit une invitation à se rendre chez le fameux détective du surnaturel afin de découvrir sa dernière enquête en date. Thomas Carnacki sait recevoir et faire monter le suspense de son récit d’aventure.  Il raconte à son auditoire comment il a été amené à se rendre dans l’hôtel d’une veille connaissance pour l’aider à résoudre le mystère de la chambre rouge. Des événements bouleversants ont touché l’hôte récemment et des phénomènes des plus étranges et dramatiques surviennent dans la maison d’hôte. Que se passe-t-il ? Et pourquoi ? C’est ce que Thomas Carnacki va tenter de découvrir.

Le lecteur découvre ce personnage assez spécial et à l’esprit de déduction de tout ce qui touche le paranormal assez extraordinaire. A la façon d’un Hercule Poirot, il réunit un auditoire pour faire connaître sa façon de résoudre l’enquête. Il s’y connait en force occulte et n’hésite pas à prendre des risques pour faire toute la lumière sur ce qui se passe dans la chambre rouge.

On peut juste regretter que la façon de faire de Carnacki soit un peu expéditive avec ses amis. A peine son passionnant récit terminé, ses camarades n’ont pas le temps de l’assommer de questions et de remarques. Mais soit, le détective semble quelque peu original, on lui passera ce trait de caractère ^^

J’ai aimé cette enquête et l’ambiance qui s’en dégage. C’est une lecture courte et rapide mais bien montée et intriguante. Je pense que j’aurais apprécié pouvoir enchainer avec un ou deux autres aventures du détective. On entrevoit que peu l’ambiance du début du 20ème siècle et j’aurai été moins frustrée en passant un peu plus de temps en compagnie de Carnacki.

Cette nouvelle est différente des nouvelles plus horrifiques ou « traumagoissantes » (traumatisante et angoissante) mais elle est pourtant très adaptée à son style. J’ai beaucoup aimé. Frédéric Livyns est un excellent novelliste et les aventures de Carnacki semblent lui correspondre à merveille. Je ne connaissais pas du tout William Hope Hodgson mais je crois déceler que Frédéric est resté fidèle à son univers et à sa façon de faire. En tout cas, ça donne envie, à la fois de continuer à lire les nouvelles aventures du détective et de découvrir les originales si un jour l’occasion se présente.

En tout cas, c’est parfait pour découvrir l’écriture et le style de Frédéric Livyns, court mais dynamique et mystérieux (et gratuit) avant de passer à des nouvelles qui font peur ou qui peuvent sortir le lecteur de leur zone de confort.