La princesse des glaces de Camilla Läckberg

38746988

Éditions Babel, 448 pages, 9,50€

4ème de couverture

Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête (à moins qu’une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l’œuvre), Erica se convainc très vite qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres –, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint.

Résumé

Erica vient de subir un deuil et revient dans la maison de son enfance. Où elle règle ses affaires et essaie de finir la dernière biographie que son éditeur lui a commandé. Un vieil homme se rend dans une des maisons en retrait du village. Comme toutes les fins de semaine depuis quelques temps, il se rend dans cette maison  moins vérifier que la chaudière est allumée, qu’elle n’a pas de problème car la propriétaire y revient chaque weekend se couper de tout. Mais un soir, il retrouve la chaudière éteinte… Un drôle de pressentiment le prend, quelque chose ne va pas, quelqu’un serait mort. Au dehors, il alpague Erica qui passait par là. Elle accepte de faire le tour de la maison et découvre un corps bleuit dans une baignoire d’eau gelée et pas n’importe qui, sa meilleure amie d’enfance Alex… Suicide ? Tout le laisse croire mais les parents d’Alex ne peuvent y croire. Erica va essayer de comprendre…

Mon avis

Une très bonne lecture !

Pour dire, j’ai lu 3/4 du roman en un dimanche ! ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé !

Le lecteur est donc plongé dans le froid suédois. Erica une biographe qui n’ose pas encore se lancer dans l’écriture de son propre roman, se retrouve malgré elle mêlée à une enquête de police mais surtout la victime n’est autre que sa meilleure amie d’enfance perdue de vue depuis de nombreuses années. Elle devrait certainement être plus choquée mais finalement cette amie qu’elle n’avait pas revue depuis des années et des années, la connaissait-elle encore ? La découverte macabre l’attriste mais déjà en plein deuil, elle arrive à prendre de la distance. Bien sur ce n’est pas facile d’affronter les parents d’Alexandra, encore moins quand il vous demande d’écrire une nécro sur quelqu’un que vous n’avez finalement pas vraiment connu… Erica est assaillie par des sentiments différents qu’elle va devoir apprendre à gérer. Et puis, il faut bien se rendre à l’évidence : ce qui ressemble à un suicide n’en ai pas un ! Alexandra avait peur du sang, elle n’aurait jamais pu se tailler les veines  mais surtout, d’après sa collègue et amie, elle était heureuse comme jamais ces derniers temps. Elle n’avait donc aucune raison de se vouloir du mal. Alors que s’est-il donc passé? Qui a bien pu tuer une si jolie fille, charmante, sans ennemi. Et que faisait-elle de ses weekends à la campagne, loin de chez elle, de son époux, de sa belle demeure dans une grande ville ?

Le début du roman est donc l’occasion pour l’auteur d’avancer ses pions et de nous perdre en conjonctures et interrogations. Le suspens est très bien maitrisé par Camilla Läckberg, qui sait le ménager. Elle lâche des fins de chapitre où  Erica découvre des choses mais nous, lecteur, devons attendre un peu, ainsi elle tient nous en haleine. L’auteur est aussi douée pour croquer des personnages que l’on pourra selon nos aspirations trouver tantôt adorable, horrible, grotesque, drôle ou perturbant.

Erica va d’abord mener son enquête un peu par hasard, décidant d’interroger famille et amis d’Alex pour la nécrologie. Elle va finir par apprendre des secrets, comprendre des choses cachées à d’autres personnages et mettre le doigt sur le début d’une réponse. Mais ce que j’ai vraiment aimé dans ce roman, c’est qu’elle n’est pas une héroïne qui se met dans des situations incohérentes, rocambolesque pour sa fonction. Elle n’est pas de la police, pas journaliste. A partir du moment, où elle revoit un ancien ami d’enfance devenu policier, c’est lui qui va mener l’enquête. Bien sur elle va lui révéler ce qu’elle a appris, mais elle observe et assiste. Cette tournure plausible de l’histoire, ce passage de relais m’a vraiment plu. Et comme un bon polar scandinave, le rythme est cohérent avec une vraie enquête, tâtonnement, erreur, attente, … cela fait parti du métier et j’ai trouvé ça génial. Attention, j’adore les policiers/thrillers avec leur lot de héros intrépides, avec des résolutions d’enquête en 1 semaine ! Mais j’ai adoré le changement, c’est une bouffée d’air frais quand on n’en a pas l’habitude. Alors peut-être que certains vont s’ennuyer. Pas moi. Pas du tout.

Personnellement, j’ai su remonter les indices disséminés dans le roman et vers le dernier tiers, j’avais compris ce qui était arrivé à Alex. Plus ou moins en fait, parce que jusqu’à la fin, on ne sait pas qui a pu la tuer. Et quand même on se doute un peu… une autre vieille affaire ne nous a pas été expliquée et on veut savoir ! Camilla réussit à nous faire tourner les pages, nous tenir jusqu’à la dernière !

Certaines chose m’ont un peu fait tiquer sur la fin mais dans l’ensemble j’ai trouvé l’intrigue vraiment bien menée. J’ai aimé Erica et Patrik, l’aspect romance ne m’a même pas contrarié, je l’ai trouvé assez juste comme cela pourrait se passer dans la vie, du moins dans la mienne. Et c’est passé tout seul.  Je me suis attachée à Erica, sa façon d’être, sa relation avec sa soeur, son histoire, … pour une fois que l’héroïne ne m’agace pas ! J’ai bien aimé les personnages secondaires dans l’ensemble, surtout dans la brigade de Patrik, il y a vraiment des cas ! Et puis j’en ai détesté d’autres que je vous laisse le soin de découvrir !

J’ai apprécié l’ambiance décrite dans l’ensemble du texte, soufflant le froid et le chaud;  le contraste avec les personnages froids et les personnages chaleureux, même dans les détails comme les peintures exposés dans la boutique d’Alex. C’est peut-être dommage qu’on se sente pas plus en Suède, oui il fait froid, oui il neige et les routes sont mauvaises, mais un peu plus de descriptions des lieux, des villes ou de la campagne m’aurait bien plu (mais peut être que les Suédois s’en contrent fiche eux!).

Je ne sais pas encore si je continuerai avec les prochains, tellement j’ai de livres à lire qui m’attend mais si j’en ai l’occasion un jour pourquoi pas ^^

logo club lecture

100038117.to_resize_150x3000

Le Pacte Boréal d’Anna Jansson

le-pacte-boreal

Le livre de poche, 6,60€, 333 pages

4ème de couverture

Alors que le froid et la neige de décembre submergent la côte, la petite ville suédoise de Kronköping est soudain plongée dans la terreur. Des inconnus sont pendus ou mutilés selon des méthodes qui rappellent les pires châtiments de la mythologie scandinave. Est-ce l’œuvre d’une secte ? Pourquoi avoir choisi ces hommes et ces femmes sans histoires ? Ou bien s’agit-il d’un tueur solitaire adepte des traditions nordiques les plus sanglantes ?
La belle Maria Wern fait partie de l’équipe de policiers chargée de mener l’enquête. Sacrifiant ses vacances de Noël, elle doit au plus vite déchiffrer les signes étranges que les tueurs laissent sur les lieux de crime…

Résumé

Le récit commence par un poème de Nils Ferdin, Silencieux demeure le Dieu. Le 22 décembre, des animaux et un homme sont retrouvés pendu à un frêne, les éléments retrouvés sur place, rappelle la mythologie nordique mais d’autres choses ne collent pas , comme si celui ou ceux qui avai(en)t fait ça, voulai(en)t se moquer de la police. L’agent de police Maria Wern est, avec ses collègues de Kronköping, chargée de l’enquête. En pleine période des fêtes de fin d’année Maria va devoir jongler entre sa famille et une belle-mère un peu trop présente et le sac de noeuds de ce meurtre des plus étranges…

Mon avis

Une bonne découverte.

Mon premier polar scandinave, en tout cas, un des premiers. Et j’ai vraiment bien aimé. Il se lit très vite, très facilement.

On découvre dans Le Pacte Boréal, l’enquêtrice récurrente d’Anna Jansson, auteure suédoise, Maria Wern, mère de deux enfants avec un mari un peu immature, amoureux et qui adore faire des surprises; une belle-mère qui empiète sur sa vie, des collègues sympathiques comme l’inspecteur Hartman ou au contraire complètement antipathique, comme le commissaire Ragnarsson.

Maria est consciencieuse et aime son travail même si elle n’est pas comprise de sa belle-mère, pour qui une femme doit s’occuper de sa maison, de ses enfants, de son mari. Si le pari d’Anna Jansson était de faire détester à ses lecteurs ce personnage secondaire, c’est gagné ! Comme d’ailleurs le commissaire Ragnarsson, dit La Tempête, misogyne et  incompétent. Je me suis attachée à Maria, même si je la plaignais plus que je tremblais pour elle. Même si cela n’est pas le sujet de l’histoire, on imagine comme ça doit encore être difficile dans certains endroits de travailler ou de vivre avec de tels personnes aux idées passéistes. Les réflexions de Maria, de son mari parfois et de ses collègues sont souvent justes. Les personnage secondaires sont attachants et pas uniquement là pour faire beau, ils donnent de la consistance à l’intrigue et au personnage de Maria.

L’intrigue sans être la plus originale jamais lue et toutefois très bien, et bien construite, les indices sont disséminés, les événements s’emboitent et dès le début, le lecteur est mis volontairement sur de fausses pistes. Et quand on comprend le « qui » l’intrigue ne perd pas de son intérêt parce qu’on passe en alternance de Maria et ses investigations à ce ou ces coupables et on est un peu dans sa/leur tête. On comprend alors clairement le « pourquoi ». C’est très intéressant de comprend la psychologie de ou des responsables des crimes et ce qu’il(s) croi(en)t.

Concernant le style (de la traduction pour le coup, ne sachant pas lire le suédois), il y a quelques tournures de phrases un peu indélicates mais dans l’ensemble l’action et l’enquête sont bien menées et les éléments donnés sont clairs. Un bémol : parfois, on a comme des manques dans les enchainements des actions, même si on comprend ce qu’il se passe, il manque des phrases de transition. Je pense que c’est pour éviter des répétitions mais ça se ressent quand même pas mal.

Un gros plus dans cet intrigue policière, on apprend plein de choses sur la mythologie nordique, les dieux et déesses, Odin, Freya,…, les cultes, les différents plans de vie, … L’auteure nous livre en quelques sortes une vision de son héritage nordique. Un deuxième plus, en cette période de l’année, l’action se déroule en fin d’année justement et on a (surtout au début) des éléments de la culture de pays scandinaves, Suède notamment, les traditions lors des fêtes de Noël, les plats traditionnels: brioche, jambon, etc. C’est vraiment enrichissant pour la culture personnelle du lecteur. En tout cas, moi j’ai beaucoup aimé, parce que de ces deux aspects, les éléments sont livrés dans le contexte de l’enquête ou de la vie de Maria et que ça passe super bien.

Je ne sais pas encore si je lirai d’autres livres d’Anna Jansson, j’ai vu que Maria revenait dans les deux autres livres sortis en français. Ce qui m’ennuie un peu, c’est qu’Anna Jansson, a écrit pas mal de romans mais peu sont sortis chez nous et j’ai peur qu’on ne les ai pas dans « l’ordre » et j’aime suivre la progression d’un personnage (et si je le découvre en cours de route, ensuite, je reprend du début). En tout cas, si je tombe sur L’inconnu du Nord d’occasion, je me laisserai peut-être bien tentée !

 ***************************

CHALLENGE LITTERATURES NORDIQUES LOGO

logo challenge thriller. jpg

Challenge destins de femmes