Les larmes rouges – T1 Réminiscences de Georgia Caldera

les-larmes-rouges,-tome-1---reminiscences-280734-250-400J’ai lu, 761 page, 10€90

4ème de couverture

« Le temps n est rien, il est des histoires qui traversent les siècles… »

Après une tentative désespérée pour en finir avec la vie, Cornélia, 19 ans, est assaillie de visions et de cauchemars de plus en plus prenants et angoissants.
Elle se retrouve alors plongée dans un univers sombre et déroutant, où le songe se confond à s y méprendre avec la réalité.

Mon avis

Cornélia est au bord du gouffre au sens propre comme au sens figuré. Personne ne la comprend, pas d’ami, pas populaire, solitaire, délaissée par son père, elle est seule depuis qu’elle a perdu sa meilleure amie après avoir perdu quelques années plus tôt que sa mère. On la découvre à un moment où elle veut sérieusement en finir avec la vie. Elle enjambe un pont de Paris. De plus, une petite voix dans sa tête la harcèle et la pousse à en finir. Est-elle folle ? Cornélia finit par sauter. Des flashs où elle voit d’étranges choses. Puis un réveil douloureux à l’hôpital. Elle n’est pas morte, quelqu’un l’a sauvé. A l’hôpital, son père lui promet de prendre soin d’elle. Elle voit également un psychologue, qui doit juger de ces tendances suicidaires. Elle se découvre alors, des marques sur les bras qu’elle n’avait pas qu’auparavant et qu’elle ne se souvient pas s’être infligée. En y réfléchissant, elle s’en souvient à travers les flashs qu’elle a eu en tombant du pont. Comment sont-elles arrivées là ? De plus, ses marques paraissent anciennes. Que se passe-t-il ?

A sa sortie de l’hôpital, son père l’emmène dans la demeure de famille qu’il n’a pas vendu au décès de ses parents. Là-bas, loin de la faculté, où les autres étudiants se moquaient d’elle ou l’ignoraient, Cornélia va se remettre de cet « incident ». Cependant, rapidement des phénomènes étranges surviennent. Il semble que quelqu’un lui veuille du mal. Et puis, qui est cet étrange jeune homme qui semble la surveiller ? Tous les villageois et son père s’accordent à dire que ce châtelain est dangereux et qu’elle doit s’en méfier. Cependant, il semble, après qu’elle l’ait rencontré, qu’il en sache beaucoup sur elle. De plus, il s’avère que ce jeune homme est celui qui lui a sauvé la vie à Paris. Comment peut-il se retrouver là à lui aussi ? Est-ce une simple coïncidence ? Quel mystère entoure Cornélia ? Et ce jeune homme ?

J’avais un peu peur de ne pas accrocher à cette histoire, de la trouver trop longue à se mettre en place. Et bien pas du tout !  J’ai rapidement accroché à cette histoire qui se dévore. Il s’agit d’un premier tome riche et passionnant. Georgia Caldera prend son temps pour dévoiler le destin de son héroïne, pour créer une ambiance, pour installer son univers.

Cornélia est un très beau personnage qu’on prend plaisir à suivre. Qui est-elle ? Comment va-t-elle se reconstruire ? Que lui arrive-t-il ? Cette héroïne est fragile. C’est une frêle jeune femme complètement perdue. Solitaire, elle n’aime pas les études qu’elle fait, souffre du manque d’attention d’un père trop souvent absent. Cependant, ses tendances suicidaires sont-elles vraiment dues à tout cela ? Les apparences vont-elles se révéler trompeuses ?

Henri est également un excellent personnage, mystérieux, romantique, cruel également . Le lecteur se demande ce qu’il va apprendre à Cornélia. La façon de faire du jeune homme est assez curieuse mais le lecteur à comprendra vite pourquoi. Au fil des pages, le récit se densifie et on apprend de plus en plus de choses sur Cornélia, Henri et sur leurs relations. Le lecteur découvre de plus en plus de personnages entourant la jeune fille ou Henri. On est également projeté d’une façon très habile dans le passé. On se croirait presque dans le château, dans la chapelle toute proche, dans les lieux où se rendent les deux protagonistes…

L’auteure a su retranscrire parfaitement les émotions de la jeune fille, ses doutes, son mal-être, sa surprise lorsqu’elle découvre qui elle est vraiment. Ajouter à cela que Georgia Caldera dépeint un vrai méchant qui glace le sang par son attitude et ses actions ainsi que des héros ambigus. On obtient un roman vampirique vraiment très bien fait où le surnaturel arrive progressivement et il est bien dosé tout au long du récit. J’ai beaucoup apprécié les descriptions et les passages placés dans le passé. Il y a un très bon équilibre entre ces parties et l’action se déroulant dans le présent.

L’écriture de l’auteur est efficace, fluide et prenante. Pas de lyrisme, c’est vraiment à la portée de tous les lecteurs avec néanmoins les impressions et l’atmosphère si particulières vraiment bien rendues. On ressent les influences de l’auteure, Stoker, Allan Poe, Rice mais tout ayant une prose originale avec un style propre. Quelque chose de lancinant parfois, de nostalgique, le rythme peut sembler un peu lent de prime abord mais en fait c’est juste une impression, car le roman se lit tellement vite.
J’ai hâte de connaître la suite des événements et retrouver Cornélia et Henri. Je suis curieuse de découvrir de ce que va réserver la suite de l’histoire.

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Néachronical – T1 : Memento Mori de Jean Vigne

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Éditions du chat noir, 19€90, 308 pages

4ème de couverture

Après avoir fait le mur pour aller à un rendez-vous nocturne, Néa, 15 ans, se réveille à demi-embourbée dans les marais locaux. Sur le chemin du retour, l’esprit embrumé, elle tente de rassembler des souvenirs qui lui échappent. D’autant plus qu’une fois chez elle, ses parents, sous le choc, lui apprennent que son absence a en fait duré plus de cinq ans.
C’est désormais une jeune femme qui doit reprendre sa vie là où elle s’était arrêtée, c’est à dire au lycée. Seulement, le fossé avec ses camarades se creusent de jour en jour, pas seulement à cause de l’âge, mais également parce qu’une série d’événements inexplicables la rend différente du lycéen lambda. Et du genre humain…

Maintenant, Néa n’a plus qu’une idée en tête : retrouver la mémoire afin de comprendre ce qu’il lui arrive.

Mon avis

Une belle découverte.

L’histoire de Néa est originale et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a du suspense et beaucoup d’interrogations sur cette jeune fille tout le long de ce premier tome.

Néa est une ado rebelle. Pour ses 15 ans, ses parents lui laisse la maison pour la soirée. Mais voilà, la petite fête dégénère vite quand s’incruste le beau Justin, bad boy en titre, qui se ramène avec ses potes, de la dope et de l’alcool. Les parents de Néa débarquent eux un peu plus tôt que prévu le lendemain et le spectacle ne passe pas du tout. Néa en prend pour son grade, la punition est sévère. Mais la demoiselle est bien décidée à ne pas respecter le couvre-feu imposé par son paternel et fait le mur pour rejoindre Justin et des potes dans un parc en ville.

Néa se réveille en pleine forêt, ce qui lui semble être le lendemain de son échappée belle… Mais arrivée chez elle, ses parents tombent littéralement des nues. Elle découvre alors que 5 ans ont passés depuis la petite virée nocturne. Elle ne se souvient plus de rien. Pour elle, elle est toujours Néa 15 ans, ado rebelle. Mais faut bien l’avouer son reflet dans le miroir a changé… et ce ne semble pas être la seule chose différente… Son examen médical par le vieux médecin de famille est loin d’être une partie de plaisir … Certaines choses clochent. Mais Néa ne veut pas s’y attarder de trop. Elle finit par reprendre sa vie où elle s’était arrêtée et devient un peu la bête curieuse du lycée. Il n’y a pas que des désavantages à être plus vieille, elle attire les garçons. Cependant, malgré elle, elle semble être devenue… dangereuse.

Que s’est-il passé pendant les 5 années oubliées ? Comment a-t-elle pu oublié 5 années d’existence ? Où était-elle ? Pourquoi Néa est-elle revenue différente ? Qu’est-elle réellement ? Et pourquoi les animaux semblent lui obéir soudainement ? Que va être son existence?

Ce premier tome pose plein de questions, répond à pas mal d’entre elles et laisse du suspense pour la suite. Le récit est parfois un peu glauque, type polar noir et ce n’est pas pour me déplaire. Agrémenté d’un peu de violence, il est parfois assez sombre. Le récit est terriblement efficace. Et le style de l’auteur est très agréable, énergique, rapide, entrainant. La manière de s’exprimer de Néa et certaines de ses réflexions / réactions allègent un peu une partie du récit plus dure.

Néa aurait tout du personnage d’ado tête à claque et agaçante, mais Jean Vigne réussi à la rendre aussi attachante que mystérieuse. Ok, au début, elle l’est, un peu agaçante, Néa. Mais heureusement ce qui lui arrive, va la changer et elle va vouloir découvrir ce qui a bien pu se passer 5 ans plus tôt. L’histoire est bien menée et pour une fois on ne voit quasiment rien venir. J’ai été surprise par la tournure du récit. Je me demande quelle voie prendra la suite.

La fin ne m’a pas trop plu… mais elle donne quand-même envie de savoir ce qui se passe ensuite. Il reste des questions en suspend dont on veut indéniablement avoir les réponses. Qui est le type, sosie du chanteur de Motörhead qui croise régulièrement le chemin de la jeune fille ? Que va-t-elle devenir ? Et pourquoi a-t-elle certaines capacités ? Etc.

Encore un style différent édité au Chat Noir, encore une corde à l’arc de cette maison d’édition. Vraiment les textes sont de qualité, travaillés et différents. De quoi trouver son bonheur dans le genre qu’on aime mais aussi pour en découvrir d’autres. Gros plus aussi pour la couverture qui correspond vraiment très bien au récit. Je vais essayer de ne pas trop traîner pour lire la suite ^^

Rédemption de Bérengère Rousseau

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Editions du Riez, 304 pages, 16€90

4ème de couverture

Quand un vieux médaillon et quelques documents anciens révèlent à Noâm les soupçons de collaboration qui pèsent sur son arrière-grand-père, son monde bascule. Comment accepter et vivre avec cette honte ? Il veut comprendre. Avec son meilleur ami, il se rend au Château de Noisy, là où son aïeul fut aperçu pour la dernière fois.

Sur place, ils sont victimes d’un éboulement. Ils se réveillent en 1944 à la veille de la Bataille des Ardennes. Noâm voit là l’occasion de restaurer l’honneur de sa famille, au risque de changer le cours de l’Histoire. Et si, justement, celle-ci avait déjà changé ?

Résumé

En Belgique, Noâm, pourtant passionné d’histoire, fait des études de psychologie à Mons. Il aurait pu partir étudier avec Lucas, son meilleur ami, mais il a préféré rester auprès de son père, Élie antiquaire. Un jour, ce dernier ramène, en plus des commandes pour ses clients, des papiers et documents liés à leur histoire familiale. Noâm va alors découvrir que son arrière-grand père Félicien s’appelait Noâm comme lui et qu’il a été amené à collaborer pendant la seconde guerre mondiale. Pour Noâm, c’est le choc. Il ne comprend pas qu’on puisse passer de résistant à collabo. Il a beaucoup de mal à encaisser l’information. Il en parle à Lucas et décide de se rendre au château de Noisy, là où Félicien a été vu pour la dernière fois afin de peut-être comprendre… Mais, là bas, Noâm et Lucas vont vivre un étrange phénomène…

Mon avis

Noâm est un jeune homme discret, qui a préféré faire une croix sur les études qui lui plaisait, pour rester étudier dans la ville de son père afin de l’aider et de le soutenir. Son meilleur ami Lucas lui fait souvent remarquer qu’il passe à côté de sa vie. Pourtant, Noâm ne se voit pas s’éloigner de son unique parent.

Quand Noâm découvre que son père Élie et son grand-père lui ont caché la vérité sur son arrière-grand-père Félicien, il en est profondément bouleversé. Cette figure paternelle qu’il a toujours vu comme un résistant était donc fausse? Pour des raisons, que Noâm a du mal à comprendre, Félicien s’est retrouvé à devoir collaborer avec l’ennemi pendant la seconde guerre mondiale. Avec les papiers et photos que découvre Noâm, Élie lui présente une médaille, un bijou de famille, placé dans un écrin présentant d’une croix gammée. Étrangement, depuis la découverte de ce secret de famille, Noâm ne quitte plus le médaillon. De plus en plus fréquemment, il est pris de migraine et fait d’étranges rêves où une petite fille tente d’échapper aux Allemands. Il comprend vite que ses rêves se passent dans la forêt proche du château de Noisy.

Noâm se confie à Lucas. Il lui fait part de sa décision de se rendre au château qui apparait dans ses rêves et de faire des recherches. Peut-être pourra-t-il en découvrir plus sur son aïeul ? Mais le château tombe en ruine et est dangereux. Lucas refuse de le laisser partir seul et l’accompagne donc. Mais là-bas, ils vont être victimes d’un éboulement d’une partie de la structure du château. A leur réveil, ils reconnaissent difficilement les lieux tant la demeure ne présente plus son aspect délabré. Ils tombent alors sur une jeune fille qui va les aider.  Cependant, Noâm est depuis son réveil sujet à des crises de plus en plus violent, il semble affaibli. Sur le chemin vers le village, Lucas et Noâm en découvrent suffisamment pour comprendre qu’ils ne sont plus en 2014 mais bien 70 ans en arrière. En 1944 ! Que s’est-il passé ? Que vont découvrir les deux jeunes hommes ? Et si leur présence changeait le coup des événements ?

Noâm est un personnage complexe. J’avoue avoir eu un peu de mal à le cerner. Il a l’air calme et posé mais je l’ai trouvé aussi impulsif et borné. Il a du mal à encaisser la découverte de la trahison de son arrière-grand-père. Et il veut comprendre. Savoir si les objets, indices que son père lui a montré sont authentiques ou s’ils peuvent avoir mal interpréter les apparences. Noâm est comme torturé et il doit agir. Mais que faire ? Comment avoir des réponses quand 70 ans sont passés ? Obsédé par tout ça, il se rend au château de Noisy. Et se retrouve avec Lucas propulsé 70 ans en arrière en pleine guerre. Là bas, dans une époque différente de la sienne, il va devoir faire des choix et les assumer. Lucas lui est le complémentaire de Noâm. Il est curieux et téméraire. Il est celui sur qui Noâm peut compter et lui permet un équilibre. Leur amitié est sincère et j’ai beaucoup aimé la complicité de ces deux personnages.

L’histoire est originale et prenante. J’avais vraiment envie de savoir comment ils étaient arrivés là, ce qu’ils allaient faire. L’auteur ne va pas ménager son lecteur et ses personnages. Parce que les actions de Noâm auront des conséquences. Je vous laisse en découvrir lesquelles et leur ampleur. De plus, on sent le travail de recherches de l’auteur sur le lieu, la période, l’occupation allemande. Une véritable atmosphère ressort du roman. Une crispation, une tension. Et bien sur le sujet choisi est plutôt dramatique, émotionnel. Je lis assez peu d’histoire sur cette période. Sur la guerre en général. Je suis plutôt hypersensible. Ici, il y a beaucoup d’émotions, on ressent l’horreur de la guerre mais le format, environ 300 pages, m’a convaincue que je pourrais tenir la distance. Et puis, c’est détaillé ce qu’il faut, sans pathos, sans leçon de moral mais tout en restant ancré dans la réalité de la guerre. Il y a, du reste, une véritable réflexion sur la résistance, la collaboration, le rôle de chacun. Sur les choix, sur ce qu’on pense être, ce qu’on pense pouvoir faire et sur ce qu’il en est réellement. Il n’est plus si évident de bien ou mal agir quand on est confronter à des situations épineuses, douloureuses ou désespérées.

J’ai beaucoup apprécié la théorie développée par l’auteur pour le voyage dans le temps. Elle développe une des hypothèse la plus crédible si on pouvait voyager dans le temps. Je vous laisse la découvrir. J’ai aimé aussi l’action dans le pays de l’auteur, dans les Ardennes belges. Et ce château qui fait froid dans le dos, menacer d’être rasé, en piteux état, où  des photographes prennent des risques pour des clichés empreints d’une ambiance étrange, sombre et pourtant envoutante.

Château MirandaCouloirnoisy

Malgré toutes les qualités de l’ouvrage,  j’ai quand même eu un peu de mal pendant ma lecture. Avoir des personnages qui se prénomment de la même façon, m’a parfois perdue. Je ne savais plus si j’étais avec le jeune homme ou son aïeul. J’ai aussi eu l’impression, toute personnelle, que parfois l’auteur avait des idées en tête mais que tout n’avait pas été écrit. Il m’a manqué des transitions pour rendre le récit plus fluide.  Comme une impression que ça allait trop vite et qu’on avait pas toujours tous les détails. J’ai aussi relevé de légères incohérences mais peut-être sont-elles dues à la complexité du voyage dans le temps, du coup, elles s’expliqueraient ^^

Le bilan est toutefois positif ! Le thème, l’atmosphère, les personnages sont les atouts de ce roman. La fin est surprenante, je ne m’y attendais pas. Fort par le thème et l’époque, le lecteur en sort marqué. La trame et l’histoire surpassent les petits défauts relevés. Même si c’est parfois dur, tous ces éléments font que j’ai passé un bon moment de lecture avec Rédemption. Ces éléments, et les questions que l’on se pose tout le long du roman: « qu’est-ce que j’aurais fait ? » « Comment aurais-je réagit ? » Mais aussi « vont-ils réussir à rentrer chez eux ? » Et encore « quelles sont les conséquences de nos actes ? Et si chaque parole, chaque geste, chaque action, pouvaient changer une vie ? Plusieurs ? Le Monde ? »
Je vous dirai juste que le titre du roman a été bien choisi et je vous recommande cette lecture d’une auteur à surveiller.