La voix des rois – Les haut-conteurs T1 d’Oliver Peru & Patrick Mc Spare

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Pocket, 336 pages, 7,70€

4ème de couverture

Au XIIe siècle, les Haut-Conteurs, prestigieux aventuriers et troubadours portant la cape pourpre, parcourent les royaumes d’Europe en quête de mystères à éclaircir, d’histoires à collecter et à raconter. Leur quotidien se nourrit de la vérité cachée derrière la rumeur, les superstitions et les légendes.
Ceux qui ont la chance de les entendre s’en souviennent toute leur vie. Les Conteurs possèdent la voix des rois, une voix dont ils usent comme d’un instrument magique. Mais ces éblouissants vagabonds ne chassent pas que des frissons. Dans le secret, ils recherchent les pages disparues d’un livre obscur, un ouvrage vieux comme le monde que certains croient écrit par le diable en personne.
Et ce livre, Roland un fils d’aubergiste que rien ne destine à l’aventure, pourrait bien en percer l’énigme. Car à treize ans, il devient le plus jeune garçon à poser la cape pourpre sur ses épaules et il semble tout désigné pour devenir le héros d’une grande histoire, une histoire de Haut-Conteur…

Résumé

Un haut-conteur a disparu! Dans l’auberge du Grand Robert on ne parle que de ça. C’est qu’il a séjourné là avant de ne plus donner signe de vie. Après ceux qui venaient pour écouter le Flamboyant, ce sont les curieux qui affluent. Bientôt des recherches seront lancées, même s’il est habituel pour les conteurs de rechercher l’aventure et de parcourir le monde, ne pas donner de nouvelles ne leur ressemblent pas. Roland le fils de l’aubergiste et ses sœurs ont de quoi faire, l’établissement ne désempli pas. La présence d’un haut-conteur est un tel événement, ceux qui racontent les histoires qui vous envoutent de leurs récits, qu’a-t-il bien pu arriver au Flambloyant ? Conteur émérite enquêtant sur la présence dans la région d’êtres maléfiques. Il se dit que des Goules rôdent dans les cimetières du coin… Que lui est-il arrivé ? Un soir, Roland et son père reçoivent la visite de Mathilde, la Patiente qui recherche son ami, son mentor. Roland sent bien qu’elle ne leur dit pas toute la vérité. Il décide qu’il doit participer aux recherches. Ne trouvant pas le sommeil, Roland quitte le confort rassurant du logis pour partir à la recherche du conteur perdu…

Mon avis

Un bon moment en compagnie de Mathilde et Roland !

Ce premier tome est très sympathique ! On saute à pieds joints dans l’univers créé par Oliver Peru & Patrick Mc Spare. C’est un tome introductif, certes, mais pas que. Les auteurs nous expliquent bien entendu ce que sont les Capes Pourpres, ce qu’ils font et ce qu’ils cherchent, etc., et ceci de manière très construite. Un peu par un narrateur omniscient et beaucoup par la voix de Mathilde qui va prendre Roland sous son aile. Et le lecteur va aussi suivre les réflexions de Roland, ses doutes, ses interrogations, ses déductions et ainsi pénétrer au sein du cercle fermé des haut-conteurs, au cœur de l’action.

Pour moi, c’est un très bon roman jeunesse. Il y a un bon équilibre entre Roland qui a 13 ans (pour l’époque, il est déjà un jeune adulte) et Mathilde, la petite trentaine qui a déjà pas mal vadrouillée de part l’Europe. Les personnages, l’histoire et le thème sont destinés à la jeunesse, aux « ados » mais ils permettent également d’atteindre un public plus large. On ne s’ennuie pas en compagnie de Roland et Mathilde. Les personnages principaux sont sympathiques, Roland n’est pas trop tête à claque, il m’a beaucoup surprise. Il a beaucoup de courage et il réfléchit. Bien sur le lecteur apprendra qu’il n’est pas parfait, mais qu’importe on s’attache à lui ! Deviendra-t-il un haut-conteur fascinant ? Un aventurier sans Peur ?  Trouvera-t-il sa voix ? Les conteurs sont comme une grande famille mais comme dans toute bonne famille littéraire qui se respecte, les membres ont des secrets. Certains nous seront dévoilés, d’autres juste entre aperçus. Il y a dans ce tome une bonne dose de mystère et de doute. Chacune des capes pourpres à sa propre voix, sa propre particularité et c’est un régal d’en découvrir plusieurs aux fils des pages. J’ai adoré Ruppert l’archiviste par exemple ^^

J’ai beaucoup apprécié la tournure « enquête » que prend le récit, comme le dit la 4ème de couverture, les haut-conteurs ne courent pas qu’après les frissons, ils recherchent les pages d’un livre très ancien qui pourrait révéler plusieurs choses effrayantes ou fascinantes. De plus, un des héros semble lié à au « Livre des peurs ». Pourquoi ? comment ? Des questions qui commencent à trouver un début de réponse. Les auteurs ont trouvé la recette pour nous donner envie de suite l’histoire de Roland au delà de ce premier tome. J’aime les messages codés, les jeux de pistes, les labyrinthes, les légendes … autant dire que j’ai passé un très bon moment. J’espère que les prochains tomes seront encore plus développés de ce côté.

J’ai également beaucoup aimé la mythologie développée, les créatures que l’on croise et ce que nous apprenons sur elles. C’est certes pas, dans ce tome, la plus originale mais j’ai bien aimé  la façon dont elle était traitée, amenée, expliquée. J’ai hâte d’en découvrir d’autres créatures et j’espère aussi voyager, peut-être au delà du comté, dans l’Angleterre, à Londres ? ou pourquoi pas en Europe ? Le petit plus de ce tome, c’est une bonne dose d’humour,  les taquineries de Mathilde, les répartis des uns des autres, la gouaille des serfs, Ruppert, … humour bien présent dans les pages de cet opus. C’est efficace. Habituellement, je n’aime pas les livres dont l’action se déroule en période médiévale mais si pas trop de descriptions, l’époque est surtout bien trouvée pour sa part de légendes, de mystères, de mysticisme, …. Le mélange médiéval, « policier », fantasy est très réussi.

Les pages se tournent très facilement, le style est simple, direct mais riche en vocabulaire, toute une atmosphère est créée. Le récit est dynamique et plein de rebondissements. Je me suis laissée embarquer dans l’histoire, j’ai vu venir certaines choses c’est vrai, mais d’autres m’ont surprises.  C’est vrai que par certains aspects, cela reste jeunesse, un peu cliché sur certains points mais c’est léger sans l’être, c’est divertissant sans être assommant. Pour moi, c’est le bon équilibre. En tout cas, j’ai envie d’en savoir plus et donc je poursuivrais cette série !

Et hop, une première lecture dans le cadre de mon défi : vider votre PAL Halliennales ! Je commence avec un livre de M. Peru qui a réalisé l’affiche du salon cette année !

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La Brigade des Loups, épisode 1 de Lilian Peschet

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Editions Voy’[el], collection e-court, ebook, gratuit

4ème de couverture

2020. L’épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l’un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l’un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s’occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.

Un professeur massacré. Une mère de famille et son enfant dévorés vivants. De jeunes lupins sauvages en liberté. Pourquoi ces crimes ? D’où viennent ces enfants, et quel est leur but ? Les réponses pourraient bien bouleverser l’avenir de la brigade de Bucarest.

Résumé

Depuis le 16è siècle, la lycanthropie est considérée comme une maladie psychiatrique, mais en 1992, une femme met au monde un louveteau. Ce dernier prendra apparence humaine quelques heures plus tard. C’est donc au début des années 1990, que l’épidémie de lycanthropie est déclarée. Malgré la mise en place d’un retrovirus, la maladie se répand. En 1996, les porteurs de la maladie doivent être surveiller médicalement. A l’aube des années 2000, des émeutes anti-lupins voient le jour. En 1998, pour lutter contre les crimes concernant les lupins, une brigade est créée. La Brigade des loups. Composés de porteur de la maladie trié sur le volet, cette brigade ne se charge que des crimes lupins…

Mon avis

Un très très bon 1er épisode !

Tout d’abord merci aux Editions Voy'[el] pour ce 3ème titre de la collection e-court des Editions Voy’[el].

Sachez que ce premier épisode est gratuit, pour vous faire découvrir la série et que vous pouvez le télécharger sur le site de la maison d’édition.

Le lecteur découvre donc en tête de récit, un résumé des événements passés, ayant conduit à la création de la Brigade des Loups. Cette « mythologie », ce passif recrée en quelques sortes, le mythe du loup-garou mais l’auteur se démarque des autres écrits abordant ce thème et s’oriente vers un récit mêlant fantastique et policier. J’ai adoré ! Je trouve le mélange réussi, l’idée très intéressante et la façon de faire excellente.

Nous découvrons en premier Vasile, le capitaine de la Brigade. Il est en couple et vient d’avoir un petit garçon : Yuri. Vasile nous apprend que le récit se déroule en 2020, que seuls les alphas peuvent avoir un enfant (et un seul) et que les autres membres de la « meute » l’élèvent en commun. Le lecteur comprend vite que cette politique de l’enfant unique, et d’une paternité partagée, servent à limiter la population de lupins. Il réalise également, que la liberté des lupins est toute relative, ils doivent se soumettre à des contrôles médicaux, ne peuvent pas tous avoir d’enfant, ne peuvent pas accéder à tous les métiers… Bref, ils sont en marge de la société qui elle se donne l’impression de les intégrer. Parce que la maladie fait peur. Parce que les « atteints », les « malades » effraient.

Au petit matin, Vasile et sa brigade sont appelés sur une scène de crime. Tout semble indiquer que le (ou les) auteur(s) de l’assassinat d’un docteur en génétique est/sont un ou de jeunes lupins. Les membres de la brigade, Vasile, Pavel (l’expert informatique), Yakov (l’expert médical), Mikaï et Dragos commencent à enquêter. Chacun ayant le petit plus qui le différencie des autres (force, intelligence, ancienneté,…) . Quand soudain, ils sont appelés sur un autre cas. Un meurtre horrible qui touche directement la Brigade.

Dans ce premier épisode, nous découvrons chacun des membres de la brigade, le récit à la première personne permet de découvrir non seulement la fonction du membre et sa façon d’opérer mais aussi sa façon de pensée et de considérer son état de lycanthrope. L’alternance de point de vue est clairement notifiée. On ne se perd pas dans les personnages. L’ensemble du récit est cohérent et l’intrigue policière bien montée, l‘enquête bien menée. Le côté polar est vraiment sympathique et équilibré avec le reste de l’histoire.

En très peu de pages mais de façon très précise et complète, l’auteur aborde la psychologie de ces êtres désormais à part du reste de la société. Par exemple, Pavel, l’expert informatique considère que chaque lupin possède un « monstre » en lui. Le sien, sa part « loup » est calme, alors que sa part humaine est tout le contraire : hyperactive. Au final, ses deux personnalités, lui donne un caractère assez complexe. Pour lui, tous les lupins sont schizophrènes. Et chaque membre de la brigade a sa personnalité bien à lui, liée à son « monstre » mais aussi à son passé. On en découvre un peu sur chacun des membres. Je trouve qu’on s’attache vite à cette brigade. On a envie de les connaitre mieux mais aussi de savoir comment ils vont résoudre leur enquête, ainsi que surmonter le drame qui les touche. Et en même temps, on se demande comment ils maitrisent leur côté animal et à quel moment cette maitrise va éclater. Ce qui donne une tension supplémentaire au récit ^^

Et puis explicitement, le récit aborde des thèmes forts qui feront réfléchir le lecteur, la différence, l’exclusion, la maladie, le rejet et le racisme. J’apprécie vraiment quand un texte me raconte un peu plus que ce qu’il laisse entendre.

L’auteur réussit à créer une ambiance, une atmosphère parfois glauque et un peu malsaine, notamment à travers l’enquête et le pourquoi des crimes. Je suis impressionnée de trouver autant d’éléments différents (vrai côté policier, mythologie complexe, psychologie des personnages, ambiance, …) dans un récit qui reste court. Sans avoir non plus, l’impression que c’est trop court. L’épisode est bien calibré, et donne envie de connaitre la suite, sans trop frustrer le lecteur. C’est vraiment une belle collection que les e-courts !

L’écriture de Lilian Peschet est concise, sans fioriture, adaptée aux personnages, au style policier. Ce premier épisode est rythmé, passionnant, fluide. C’est une très belle découverte. S’il fallait émettre une remarque, c’est peut être que j’aimerai être encore plus plongée dans ce pays, la Roumanie, que je ne connais pas (on a quand même des références, et puis les noms des personnages, on sait qu’on est pas en France 😉 ).

Je vous recommande vivement de découvrir cette brigade, l’écriture de l’auteur, de tenter l’expérience des e-courts, et si vous aimez, le prix des épisodes suivants (0,99€) est vraiment plus que bas ! De la qualité sans se ruiner.

Le 2ème épisode est disponible depuis la semaine dernière, j’ai hâte de le découvrir !

Merci encore aux Editions Voy'[el], à Aude de la collection e-court et à Lilian Peschet pour ce partenariat.

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