Ikigami, Préavis de Mort de Motorô Mase : Tomes 06 à 09

9782849657911

Synopsis du Tome 6 :

À force de partager ses questionnements avec ses collègues, Fujimoto se retrouve forcé de prouver sa loyauté, au prix d’un terrible sacrifice. Mais quand un jeune journaliste décidé à combattre pour la liberté de la presse reçoit l’ikigami, la situation s’emballe et jette le jeune fonctionnaire au cœur d’un affrontement idéologique mortel, dont il ne ressortira pas indemne.

Kazé Editions, 230 pages, 7,99 €

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Synopsis du Tome 7

Quand les services sociaux envoient une inspectrice évaluer le travail de Fujimoto, le jeune fonctionnaire sent soudain sur ses épaules le poids de la suspicion étatique. Difficile alors pour lui d’être d’un quelconque secours aux deux jeunes hommes qui reçoivent cette fois l’Ikigami. Pour accepter leur destin amputé, ils vont devoir trouver la paix dans leur passion, face au regard des autres et malgré le temps qui passe trop vite.

Kazé Editions, 230 pages, 7,99 €

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Synopsis du Tome 8

Masato Kitamura vient de sortir de prison après avoir renversé un homme au cours d’une livraison, mais la culpabilité le hante. De son côté, grâce à une lourde série d’opérations de chirurgie esthétique, Osamu Degu goûte enfin à la popularité dont il a rêvé toute son adolescence. C’est alors que Fujimoto leur livre l’Ikigami. Mais le jeune fonctionnaire, qui croyait avoir repris goût à son honorable métier, s’inquiète de l’installation à la mairie d’un « poste de surveillance idéologique », et a de plus en plus souvent l’impression d’être surveillé en dehors de ses heures de travail.

Kazé Editions, 224 pages, 7,99 €

album-cover-large-15799Synopsis du Tome 9

Menacé à l’extérieur par les agressions répétées de la Fédération, le pays est aussi en proie à des conflits internes. Progressivement, la contestation s’organise et s’intensifie contre la loi de prospérité nationale. Face à une jeune infirmière se soulevant contre l’immoralité de la loi et à deux familles replongées par l’Ikigami dans de sombres souvenirs de la guerre, Fujimoto se retrouve forcé de regarder son immobilisme en face. Pour lui comme pour beaucoup de citoyens, l’heure du choix semble venue…

Kazé Editions, 224 pages, 7,99 €

Mon avis

Tome 6

Je reprends la lecture après une pause et c’est comme si je ne l’avais pas arrêtée, j’aime bien cet effet là. Comme les tomes précédents, les histoires sont très dures, car comment pourrait-il en être autrement quand on vous annonce que vous n’avez plus que 24h à vivre. Dans ce tome, deux histoires comme à chaque fois.

Dans « permis de vivre », un jeune homme est élevé par son oncle chômeur. Ce dernier le bât parce que pour lui son neveu est comme un parasite dans son monde où il manque de tout. Le jeune homme va donc finir par quitter sa famille, vivre au jour le jour, et il va trouver un soutien moral en lisant le blog d’une jeune fille comme lui, qui vit au jour le jour sans domicile, ses récits sont porteur d’espoir. Fujimoto livrera à ce jeune homme l’Ikigami. Comment va-t-il réagir ?
Fujimoto, notre livreur, s’interroge sur Mlle Kubo. Est-elle un élément dégénéré ou bien un agent zélé cherchant des dégénérés? Elle lui  avoue faire parti de l’union pour une nouvelle révolution. Mais est-ce vrai?

La deuxième histoire « révélations » raconte la vie d’un jeune homme qui perd sa mère, son père réalise une émission tv « révélations » qui enquête sur ce qui se passe dans le pays. Mais il est obligé d’arrêter sous des ordres qui « viennent d’en haut ». Il n’est pas là à la mort se sa femme. Son fils lui en veut et ils ne se voient plus depuis 8 ans. Le fils reçoit l’Ikigami. On apprend que ce fils fait parti de l’Union pour une nouvelle révolution. Il prend en otage Fujimoto et souhaite que son message de rébellion soit diffusée à là tv. Fujimoto est en danger mais avant ça, il a fait quelque chose dont il n’est pas fier et qui l’attriste profondément. Dans cet « épisode » il est dommage de ne pas avoir de marqueur de temporalité, je me suis perdue dans les époques.

Dans ce tome, on découvre l’existence de l’Union pour une Nouvelle Révolution. Cette union est très secrète, arriver-t-elle à influer sur la loi de prospérité nationale ? Les gens pourront-ils vraiment faire quelque chose ?

Tome 7

Les deux histoires de ce tome m’ont particulièrement touchée. Même si bien sur au bout du 7ème tome, les événements sont un peu redondants, il est indéniable que Motorô Mase réussit toujours à nous émouvoir et à nous faire réfléchir. Deux histoires sur les espoirs perdus de la jeune génération sacrifiée pour « apprendre aux autres la valeur de la vie ».

Dans le premier épisode, « photo souvenir », on suit un tout jeune garçon passionné de photos, il veut en faire son métier, il aimerait travailler dans le studio de son quartier où il fait développé ses photos argentiques, le gérant est même d’accord s’il poursuit des études dans ce sens.Il va jusqu’à lui donner son vieux appareil pour ses études. Le gérant de la boutique toutefois ne veut pas passer au numérique pourtant considérer comme l’avenir de la photographie. Pendant ses études, le jeune homme passera au numérique, car l’argentique d’après son école n’a plus d’avenir et donc il ne reprendra pas le studio. Qu’adviendra-t-il du studio ? Comment ce jeune garçon marquera-t-il le quartier avant de disparaitre, car oui, malheureusement il reçoit l’Ikigami ?
Du coté de Fujimoto, un poste de surveillance idéologique va être installé dans la mairie. Fujimoto s’inquiète, tous les fonctionnaires vont tous être contrôlés, sondés, … Les agents de la police pour l’application de la loi de sauvegarde de la prospérité sont à la recherche d’agents dégénérés.

Dans la seconde histoire « un rêve à réaliser, un jeune garçon fait du break dance dans la gare avec un  de ses potes. C’est leur façon de s’exprimer, d’âtre libre. Il annonce à son ami, qu’il arrête la danse pour faire des études et prendre la direction d’un cours de danse dans a boite de cours particulier de son père. Un an passe. Il a pris 25 kg, il ne danse plus et malheureusement il reçoit l’Ikigami. Entre temps, son pote avec deux autres dansent toujours à la gare, de temps en temps, il venait leur donner des conseils.  Un des danseurs se casse le bras et ils ne peuvent postuler au concours. En sursis de 24h, l’ancien danseur les aidera-t-il ? Le peut-il?
Fujimoto est contrôlé et une inspectrice l’accompagne dans ses livraisons d’Ikigami. Pour cette inspectrice, le côté administratif est bien géré par Fujimoto mais elle est trouve qu’il n’insiste pas assez sûr l’honneur de donner sa vie, que les désignés sont des héros de la nation.

La pression monte pour Fujimoto dans ce tome, il doit réussir à faire taire ses convictions de peur d’être considéré comme un élément dégénéré.

Tome 8

Un tome où on revient sur les histoires de destin et un peu moins sur les impressions de Fujimoto même si on comprend qu’il se trame quelque chose, est-il surveillé ? Pourquoi  ?

La première histoire « crime et châtiment » relate l’histoire d’un jeune homme maladroit qui percute avec son véhicule de livraison, un autre jeune homme. Ce dernier venait de demander la main de sa copine. Une jeune fille sans famille, seule. Elle se retrouve sans personne. Le responsable de l’accident en prend pour 18 mois de prison. À sa sortie, la fiancée au bonheur écourté décide de lui pourrir la vie tellement elle le haie. Lui il voudrait mourir mais n’arrive pas à passer à l’acte. Il reçoit l’ikigami. Que va-t-elle faire. Le haïr est sa seule raison de vivre. Que va-t-il faire lui qui voulait se racheter avant d’en finir.
De son côté, Fujimoto est constamment mal à l’aise comme s’il était surveillé par la brigade de contrôle. Le suit-on ?

La deuxième histoire « son vrai visage » raconte l’histoire d’Osamu. Ce n’est pas un beau garçon comme les autres, on se moque sans arrêt de lui. Il aime en secret de ses camarades mais elle me s’intéresse qu’aux beaux garçons. Cette jeune fille ne s’aime pas, boulimique elle a perdu beaucoup de poids entre le collège et le lycée. Des années plus tard, Osamu est toujours victime de remarques et de moqueries. Il manque de confiance en lui et il rame dans son travail. Il décide alors d’avoir recours à la chirurgie esthétique. Quelque temps plus tard, il reçoit l’Ikigami.
Fujimoto a lui toujours l’impression d’être surveillé, qu’on le suit.  Va-t-il enfin en être sur ? Osera-t-il poser la question à l’inspectrice chargée du bureau de contrôle ?

Dans ce tome la pression sur Fujimoto et son rôle dans l’histoire s’essoufflent un peu. Même si les destins brisés relatés sont poignants et tristes, on attend de l’action, des rebondissements.

Tome 9

Un tome très dense et qui marque un tournant dans l’histoire, il se passe enfin des choses et les révélations commencent à nous être données. Un tome qui redonne du souffle à la série.

Dans la première histoire, « Vaccination nationale », on apprend que le pays de Fujimoto est indépendant, avec un allié puissant. Mais la Fédération Asiatique (8 autres pays) chercherait à les annexer de nouveau. Une guerre est envisageable. La loi de prospérité avait été créée suite à l’indépendance du pays et les guerres précédentes. Le pays de Fujimoto n’a pas d’armées, celle de l’allié a des moyens 10 x supérieur à celle de la Fédération. Le traité d’Anpu revient sur le devant de la scène (T04).
On suit une jeune infirmière qui travaille aux soins néo-nataux, elle ne comprend pas que certaines familles refusent les soins à leurs enfants prématurés (qui seront peut-être handicapés). Elle est elle-même née prématurée. Du coup, elle charge d’hôpital mais tombe là où un médecin « vaccinateur »  (à chaque rentrée scolaire) vit très mal d’avoir vu mourir un des enfants qu’il avait vacciné. Cette infirmière reçoit l’Ikigami. Mais elle ne veut pas mourir et souhaite marquer les esprits avant son départ. Que va-t-il se passer ?
Cet « épisode » est très fort idéologiquement, des arguments sont posés contre la loi, et la vaccination d’enfants pour garantir le bien être des parents. Les gens prendront-ils enfin conscience de l’horreur de la loi ?

La deuxième histoire « deux morts à la guerre » commence par nous indiquer qu’une attaque missile a eu lieu sur une île du pays de Fujimoto. Un vieil homme dit à son gendre que le gouvernement attend trop de leur allié qui était quand même bien autrefois leur ennemi. Peut-on avoir confiance en lui ? Pour le gendre l’allié d’aujourd’hui a la plus puissante armée du monde et c’est grâce à lui qu’ils vivent en paix, pas besoin de leur propre armée; ils les protégeront en cas de conflit avec la Fédération asiatique.
On suit ensuite deux jeunes sortant de leur boulot à mi-temps de nuit dans une usine de panier-repas. L’un fait des films avec son argent de poche il est content de bosser pour pouvoir se payer ça, son camarade lui, a renoncé à être joueur de foot à cause d’une blessure. C’est un de ces petits camarades d’école qui des années plus tard a provoqué cet accident par maladresse. Ce garçon a vu ses rêves s’envoler, et il reçoit l’Ikigami, son avenir disparait, comment va-t-il réagir ?
Du côté de Fujimoto, il discute avec son patron des incidents qui ont lieu, son patron pense que le pays crée une armée (grâce à un accord secret avec l’allié) composés des éléments dégénérés. Fujimoto se demande si son pays est « raisonnable », et lui que va-t-il faire, ne faudrait-il pas que le gens soit au courant ? A-t-il fait le bon choix ? Tous les morts à cause de l’Ikigami sont remis en question si une guerre éclate,  Fujimoto se demande à quoi tout ça sert-il ?

Un 9ème tome extrêmement intéressant. On apprend plein de choses sur les alliances politiques entre les pays et une guerre semble sur le point d’éclater. Les révélations commencent à tomber, le dernier tome qui conclura ce manga nous donnera-t-il toutes les réponses aux questions qu’on se pose ?

*****

Dans ces 4 tomes, on commence à comprendre plein de choses, même si on aimerait que l’action arrive plus vite et que le livreur d’Ikigami choisisse enfin son camp.  Les dessins continuent d’être criant de réalisme et de sublimer la dureté des réactions, des actions, beaucoup d’émotions passent par elles. Même si j’ai toujours du mal à distinguer certains personnages les uns des autres ou à comprendre les changements d’époque quand il n’y a pas de marqueur temporel.

Dans les 5 premiers tomes, on découvrait ce qui va avec la loi de prospérité nationale : la police infiltrée, les dénonciations, les secrets, … Dans ces 4 tomes, on découvre que certaines personnages font parti d’une union qui aimerait changer la loi, que le pays n’est pas militairement armé, que son allié le protège d’une fédération asiatique, que leurs accords et leur alliance sont secrètes et cachées du public. Que le régime fonctionne comme un état totalitaire, sans liberté d’expression, …

On se demande à quoi servent ces sacrifices humains ? A quoi bon cette loi si un conflit se prépare ?

Fujimoto est toujours passif  même si on sent encore plus ici qu’il voudrait être actif mais qu’il est entravé par le système. Il lutte entre ses convictions, sa peur d’être un élément dégénéré, ses sentiments, … Je disais dans mon billet précédent « Pas si simple de se rebeller quand vous êtes surveillés en permanence, quand votre vie est en jeu également.  » C’est encore plus flagrant dans ces tomes, il risque sa vie en livrant l’Ikigami à des personnes qui par désespoir sont capables de tout et de façon inattendue et il risque sa liberté s’il passe à l’acte et devient un élément subversif. Franchement, on ne sait pas ce qu’on ferait à sa place. Finalement, je le trouve très crédible, on n’est pas tous disposé à être des John MacLane ou des Rambo ! Et où trouver les informations quand le pays opprime la liberté d’expression.

Enfin, le dernier tome de cette série serait-il à la hauteur de nos attentes ?

En tout cas, moi qui ne lis pas de manga, je continue d’apprécier le côté très réaliste, thriller d’anticipation  flippant de celui-ci. Et si nous vivions dans le même monde que Fujimoto ? ça fait froid dans le dos !

Fin de semaine, vous aurez normalement mon avis sur le dernier tome et sur la fin de ce manga très prenant !

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Ikigami, Préavis de Mort de Motorô Mase : Tomes 02 à 05

Synopsis du Tome 2 :

Lorsque l’on reçoit l’Ikigami, c’est qu’il ne nous reste plus que 24 heures à vivre. Le fonctionnaire Fujimoto continue de réfléchir au sens de son travail de livreur d’Ikigami, tandis que deux nouvelles jeunes personnes apprennent leur mort prochaine : une jeune femme plongée dans la solitude par un petit ami trop ambitieux, et un garçon qui doit annoncer à sa vieille patiente que, pour la seconde fois, la nation réclame la vie de l’homme qu’elle aime.

Kazé Editions, 206 pages, 7,99 €

Synopsis du Tome 3

Lorsque l’on reçoit l’Ikigami, c’est qu’il nous reste 24 heures à vivre. Le fonctionnaire Fujimoto semble avoir accepté sa situation et ses supérieurs le trouvent de plus en plus discipliné, mais en réalité, il se pose toujours plus de questions surla légitimité de la loi.
Cette fois, il doit livrer l’Ikigami au fils d’une politicienne qui base sa campagne sur le renforcement de la loi de la prospérité nationale, et aide une autre jeune victime a cacher la vérité à sa soeur aveugle.

Kazé Editions, 208 pages, 7,99 €

Synopsis du Tome 4

Tout semble de dérouler parfaitement pour le fonctionnaire Fujimoto, qui maîtrise à merveille les rouages de son métier, mais son ressentiment à l’égard de la loi est de plus en plus violent. Il ne se doute pas qu’au sein de son service, d’autres que lui cultivent des velléités de rébellion. Quant à ceux qui ont reçu l’Ikigami, ils tentent, à leur échelle, de s’opposer au système qui les a condamnés, mais ce qu’ils découvrent à l’issue de leurs errements est parfois bien différent de ce qu’ils cherchaient…

Kazé Editions, 208 pages, 7,99 €

Synopsis du Tome 5

La jeunesse porte en elle une énergie débordante, qui permet d’accomplir de grandes choses, et même de se soulever contre un statu quo inacceptable. Mais c’est aussi une période à laquelle on a plus que jamais besoin de l’approbation du groupe, et c’est dans ce terreau que se développe le fascisme. Entre un graffeur poussé par le désespoir à dénoncer la loi et une classe de lycéens où sévit la délation et l’intégrisme, Fujimoto a de plus en plus de mal à garder ses opinions secrètes.

Kazé Editions, 230 pages, 7,99 €

Mon avis

Tome 2

Dans ce tome, deux histoires comme à chaque fois. Toujours très dures, car comment cela pourrait être autrement quand une personne n’a plus que 24h à vivre. La première n’est pas des plus originale mais permet d’en apprendre plus  sur Fujimoto par association d’idées. Dans « la drogue d’amour pur » on découvre un couple en crise, le jeune homme se drogue avec la dernière pilule à la mode, pour réussir dans son travail et sa copine doit le couvrir de ses absences à cause des effets secondaires. Elle n’en peut plus. Alors qu’il a enfin la chance de faire son premier reportage comme réalisateur, il est éloigné de sa copine quand elle reçoit l’Ikigami? Décidera-t-il de la rejoindre ou le boulot passera avant tout ? En parallèle, on découvre que Fujimoto était en couple et qu’il vient de se retrouver seul, sa copine ne supportant plus son métier, le fait qu’il délivre « la mort », qui fait de lui un garçon triste et contrarié en permanence.

La deuxième histoire « Veille de départ au front » raconte la vie d’un jeune aide soignant, plus jeune il n’était pas bon à l’école mais il savait s’occuper de sa grand-mère, il décide de travailler comme aide soignant dans une maison de retraite. Il est très maladroit et n’a pas confiance en lui. Un jour, une vieille dame qui refuse de marcher le prend pour son mari (elle est revenu dans sa tête à l’époque où elle était jeune fille), il est donc désigné pour s’occuper d’elle dans l’espoir qu’elle accepte de remarcher. Mais ce jeune homme reçoit l’Ikigami. Que va faire cette vieille dame abandonné une deuxième fois (son époux n’est jamais rentré de la guerre) ? En parallèle, Fujimoto fait la connaissance d’une psychologue et est très troublé qu’elle est soit très détachée par rapport au cas qu’elle traite, puisqu’elle travaille au Centre d’aide pour ceux et leur famille qui reçoivent l’Ikigami.

Une nouvelle fois, Motorô Mase donne des exemples plus ou moins originaux de cas de réception d’Ikigami, il est donne envie à son lecteur d’en savoir plus sur cette loi de prospérité nationale et de suivre les réflexions de Fujimoto. Dans ce tome 2, on a l’impression qu’il s’interroge moins mais on sent qu’il a beaucoup de mal avec le métier.

Tome 3

Cette fois-ci, les exemples choisies mettent en relief toute l’horreur de la situation que vivent les « désignés » et notamment par le fait de voir comment réagissent certaines familles.
Ceci est très fort dans la première histoire « Chute libre », où une politicienne cherchant à être élue au Conseil (elle a perdu les élections 4 ans plus tôt) base sa campagne sur le renforcement de la loi de sauvegarde de la prospérité nationale. Elle a repoussé son unique fils pas très bon à l’école parce qu’il pouvait nuire à sa carrière. Il reçoit l’Ikigami et elle lui demande de la soutenir, elle ne voit qu’une opportunité de publicité positive pour sa campagne. Comment va réagir ce fils? En parallèle, la psychologue qu’à rencontrer Fujimoto dans le tome précédent vient travailler dans la mairie, une annexe du Centre y est ouverte pour faciliter certaines démarches. Le supérieur de Fujimoto lui avoue certaines choses.

Dans la seconde histoire « Le plus pieux des mensonges », Fujimoto sera amener à aider le frère d’une personne ayant reçu l’Ikigami, alors qu’il n’a pas le droit de prendre d’initiative et doit rester détaché des cas traités. L’histoire tourne autour d’une jeune fille aveugle qui doit recevoir un don de corné. Mais l’attente est longue. Quand son frère reçoit l’Ikigami, il décide que ce sera lui le donneur mais ne peut en parler à sa soeur, convaincu qu’elle refusera ce geste.

Au fur et à mesure des histoires, on découvre une multitude de façon différente de réagir face à la mort prochaine. La première histoire m’a mise hors de moi ! J’aurai aimé secouer cette mère qui est égoïste et ne se rend même pas compte que son fils va mourir. Dans la deuxième histoire, j’ai été très touchée par le message d’espoir donné, tellement mise en relief par l’horreur de la situation. J’ai préféré ce tome au précédent.

Tome 4

Un tome où on en apprend plus sur l’Histoire du pays et surtout sur la loi de prospérité et l’Ikigami. C’est le patron de Fujimoto qui nous fait ces révélations. Après la guerre, le pays et le vainqueur ont signé le « traité dit de responsabilité des charges ». La loi de prospérité nationale faisait partie de ce traité. Les enfants étaient vaccinés à 14 ans, et il y avait beaucoup de protestation surtout à la première mort qui est apparu comme un drame, trop proche, trop concret. Motorô Mase part de faits réels, c’est très troublant et ancré encore plus cette uchronie dans la réalité. C’est flippant!

La première histoire « Dernière leçon » présente un professeur qui essaie d’être tolérant avec ses élèves, ses collègues le trouvent un peu laxiste, car pour lui les responsables du comportement et des résultats des enfants viennent du traitement des adultes. Il va avoir sur le dos un de ses élèves qui va monter un mensonge énorme et le faire accuser de voyeurisme. Il est obligé de démissionner. Il reçoit l’Ikigami, que va-t-il faire ?
Ce type de comportement se retrouve de plus en plus chez nos jeunes… Flippant de réalisme.

La deuxième histoire « Un endroit tranquille » raconte l’histoire d’une jeune fille de 17 ans qui tombe amoureuse d’un jeune gars dont la passion est le pilotage amateur, elle tombe enceinte, malgré l’avis défavorable de sa famille, ils se marient. Plusieurs années plus tard, la jeune mère reçoit l’Ikigami. Elle redoute de laisser sa fille asthmatique à son mari criblé de dettes et paresseux. Elle refuse surtout que la petite soit vacciné à son tour et encours le risque de recevoir un jour l’Ikigami. Que va-t-elle faire? On apprend dans ce tome que pendant les 24h avant leur mort, les détenteurs de l’Ikigami ont quelques « privilèges », cinéma, essence, restaurant gratuit par exemple. Mais n’est-ce pas juste un moyen de museler l’opposition ? Fujimoto est de plus en plus enclin à dire qu’il n’apprécie pas telle ou telle chose dans la loi. Mais son patron lui dit de se méfier car la police infiltrée est partout et on risque beaucoup à être arrêté pour être un élément dégénéré.

Tome 5

Un tome très dense et chargé en idées politiques, dans lequel Fujimoto continue de critiquer sa fonction. Il a du mal à se retenir. En plus, il ne sait pas sur quel pied danser avec la psychologue qui est tantôt dans la confidence, tantôt dans la réserve. Que cache-t-elle ? Serait-elle dans la police de prospérité nationale ?

Dans la première histoire « Sous la peinture une âme », un jeune garçon est obligé de mettre de côté son envie d’être illustrateur pour travailler dans l’entreprise famille de peinture en bâtiment. Mais c’est la crise et sa famille le force à délabrer les maisons des particuliers pour pouvoir s’occuper du nettoyage. Quand sa chance d’être repérée se présente, il est obligé de refuser. Mais il reçoit l’Ikigami ? Que va-t-il faire?
Ce jeune homme a la rage et présente une réflexion criante de vérité sur sa situation, on l’assassine car c’est bien ça que fait le gouvernement. Les sacrifices et les dénonciations ne font pas baissé la criminalité et n’améliorent pas la vie du pays, à quoi tout ça sert-il ?

La deuxième histoire « L’intégrisme Kokuhan » a l’inverse va s’intéresser à un jeune qui est fier d’être choisi pour ce sacrifice, de devenir un héros de la nation. Il est élevé dans une famille qui voue sa vie à la sauvegarde de la loi, le père est policier de la prospérité nationale. On aborde ici l’intégrisme de ceux qui croient, qui sont conditionner à croire à cette loi et ses bienfaits. Le jeune homme, comme le père, est partisan de la dénonciation, le devoir de tout bon citoyen. Un épisode qui fait froid dans le dos !

Un 5ème tome très intéressant, avec beaucoup de sentiments contradictoire, deux histoires fortes et révoltantes. Celui-ci vaut le coup d’être lu !

Ces 4 tomes ne sont pas tous équilibrés mais la découverte reste agréable et dure à la fois. Les dessins continuent d’être criant de réalisme et de sublimer la dureté des réactions, des actions, beaucoup d’émotions passent par elles. Par contre, j’ai encore du mal à distinguer certains personnages les uns des autres.

Le lecteur est tout à tour attendri, révolté, désespéré, optimiste, triste, … On a l’impression d’être comme Fujimoto, un spectateur passif qui aimerait être actif mais qui est entravé par le système. Pas si simple de se rebeller quand vous êtes surveillés en permanence, quand votre vie est en jeu également. On découvre ce qui va avec la loi de prospérité nationale : la police infiltrée, les dénonciations, les secrets, …

Je continuerai cette série avec l’envie de savoir encore plus de choses sur la loi, son application et son contexte. Est-ce que les gens vont se rebeller ? Est-ce que l’opposition muselée pourra s’exprimer? Comment vont évoluer les personnages ?

Moi qui ne lis pas de manga, je vois que j’accroche pas mal à celui-là, peut-être parce que le côté très réaliste, thriller d’anticipation un peu flippant me plait bien. Par contre, on a pas la pèche après la lecture. Je sais pas encore quand je lirai les suivants mais je ferais très certainement un billet comme celui-ci des volumes 6 à 9 et un dernier pour le 10ème et mon avis sur la fin!