Bienvenue à Dunkerque de Maxime Gillio

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Editions Ravet-Anceau, 9€, 222 pages

4ème couverture

Inspecteur de police stagiaire, Stéphane Marquet a préféré s’éloigner de sa famille, quitter Nice et demander sa mutation à l’autre bout de la France. A Dunkerque, le jeune Niçois se retrouve sous les ordres de l’inspecteur Dacié, ancien prof de lettres entré dans la police par dépit. A son contact, Marquet va devoir oublier ses a priori et ses idées préconçues. Dacié est un homme seul, volontiers cassant, brisé par la mort de son fils. A ses côtés, Marquet découvre l’ambiance de Dunkerque, à travers une série d’attaques de pharmacies, la profanation d’une église et le meurtre d’une militante d’extrême droite.

Mon avis

Un homme visiblement sous l’influence de médicaments ou de drogue s’est caché dans une église. Il semble devoir accomplir certaines choses. Il profane l’autel, crée une mise en scène et ressort de l’église. La police est convoquée pour rechercher qui a bien pu agir de cette façon et pourquoi.

Stéphane Marquet, niçois, est fraichement arrivé à Dunkerque où il a demandé sa mutation. Il doit supplier le commissaire Dacié. Une rencontre qui fera des étincelles entre l’ancien prof devenu commissaire, natif de la région, au passé douloureux et le jeune niçois qui a demandé explicitation la localisation la plus éloignée de sa ville et de sa famille.

En parallèle, les deux flics sont amenés à enquêter sur la mort d’une CPE d’un collège difficile de Grande Synthe, corps sans vie découvert à son domicile. En creusant la vie et le passé de cette femme, les policiers vont découvrir qu’il s’agit d’une militante d’extrême droite en opposition avec des collègues de travail… S’agit-il d’un crime politique ?

Bienvenue à Dunkerque est un roman court certes mais qui réussit à allier de bons personnages auxquels on s’attache, une intrigue bien développée même si elle n’est pas retord, une cohérence dans la manière dont l’enquête est menée avec les différentes pistes, les latences d’une enquête policière, un style rapide et efficace et enfin une plongée dans la ville de Dunkerque, crédible entre industrialisation et patrimoine. L’auteur évite en plus les clichés sur le Nord ou les gens du Nord, ou alors pour les railler un peu.

Le lecteur s’attachera à ce commissaire un peu particulier, dont on apprend le passé au fil du récit. Il est touchant mais aussi assez tranchant avec son personnel. On se pose pas mal de questions sur Marquet. Leur duo fonctionne très bien. L’écriture de Maxime Gillio est fluide, pas rébarbative et il se dégage un certain humour très appréciable.

L’intrigue est bien menée et intéressante. J’ai bien aimé le mélange des thèmes politique, religion, espoir et mélancolie. Le roman est court mais on y trouve plein de choses. Je ne peux pas en dire beaucoup plus, au risque de trop en dire. En tout cas, c’est agréable de lire un roman qui se passe dans sa région, j’ai (re)découvert des choses sur la ville de Dunkerque, patrimoine culturel ou historique.

Je relirai avec plaisir un roman de Maxime Gillio et peut-être retrouver un jour Dacié et Marquet, le dernier n’ayant pas je pense révélé tous ses secrets.

Le Salon du Polar de Templemars (le 29 septembre 2012)

Une fois n’est pas coutume, une petite présentation d’un salon où je me suis rendu à la fin du mois dernier ! Le salon métropolitain du Polar, qui a eu lieu à Templemars (59). C’était la 5ème édition mais pour moi, une première fois !

 La salle est pas très grande mais en fait, c’est suffisant et on ressent toute la convivialité de ce type d’événement ! Beaucoup d’auteurs du Nord mais pas que et c’est très sympa de découvrir des spécialistes du polar lyonnais ou parisien !  Points communs à tous les auteurs vus, rencontrés avec qui j’ai échangé ou non, la joie de vivre et la simplicité ! Le sourire aux lèvres, la bonne humeur, des réponses données de bon cœur aux questions posées (parfois un peu bateau ^^ parfois même des réponses alors qu’on avait pas posé de questions !!!), c’est vraiment un salon très sympa où on ne voit pas le temps passer (sauf quand on sent le poids des livres peser de plus en plus sur son bras !!!).

Pour cette 5ème édition, il y avait une conférence de Stéphane Bourgoin, le grand spécialiste français des tueurs en série le vendredi soir, je n’ai pas pu y aller mais il parait que c’était fort intéressant, très pointu et bon esprit (criminel ?). Mon amie Sophie y était, si éventuellement, elle veut en faire un retour rapide, j’inclurai bien volontiers son avis à ce billet 🙂 En tout cas, c’était une très chouette initiative et j’espère que ça sera renouvelé lors des prochaines éditions.

Edit, l’avis de Sophinette :

« Pour ce qui est de la conférence de Stéphane Bourgoin, je peux dire que c’était très intense et très intéressant. Après une brève présentation, un documentaire tourné pour une chaîne du Câble a été diffusé. Le sujet, un des tueurs en série que Bourgoin a rencontré.
Après l’horreur du reportage viennent alors les questions (nombreuses), du public venu, lui aussi, en nombre (salle pleine, c’est une première à Templemars). Je passe ici les détails sordides révélés par l’auteur, qui laissent une salle pantoise.
Mis à part le fait qu’il fait souvent référence à tel nouveau livre qu’il a écrit, tel coffret bientôt en vente, telle chaîne de télé qu’il va bientôt lancer, Stéphane Bourgoin explique ce qu’il a pu voir, entendre et déduire de ses entretiens (plus de 70 tueurs en série rencontrés depuis ses débuts).
Bref, conférence très intéressante mais cœurs sensibles s’abstenir! » 

Voici la liste des auteurs présents le samedi :

Richard Albisser, Jean-Pierre Bocquet, Michel Bouvier, Estelle et Richard Brichet, Maryse Cherruel, Lucienne Cluytens, Paul Colize, Valéry G. Coquant, Philippe Declerck, Dirk Degraeve, Roger Delaporte, Jean-Marc Demetz, Claire Favan, Martine Festas, Jean-Paul Fosset, Maxime Gillio, Fabien Hérisson, Léo Lapointe, Jérôme Leroy, Jean-Christophe Macquet, Sandra Martineau, Philippe Masselot, Patrick Morel, Michaël Moslonka, John-Erich Nielsen, José Noce, Max Obione, Lionel Olivier, Gaëlle Perrin, Éléna Piacentini, Jean-Bernard Pouy, Laura Sadowski, Hervé Sard, Jacques Saussey, Frédéric Silva, Claude Soloy, Emmanuel Sys, Franck Thilliez, Annick Turpin, Claude Vasseur, Patrick Samuel Vast, Marie Vindy, Luc Watteau & Josette Wouters.

J’ai vogué de table en table, en m’arrêtant quand un titre, une récompense, une couverture,… m’interpelait et je suis repartie avec 9 polars que j’ai hâte de découvrir (et encore je me suis limitée !) !

Voici les 9 livres dédicacés :

– les 3 Franck Thilliez qui me manquaient (il restera Vertige, vivement noël !) : La Mémoire Fantôme, La Forêt des Ombres et Deuils de Miel. Monsieur Thilliez est toujours aussi souriant et disponible même quand il y a du monde devant son stand !!!!

Dunkerque, baie des anges de Maxime Gillio (je voulais découvrir une nouvelle facette de cet auteur avec un roman plus noir et sans trace d’humour après avoir lu l’excellent Batignolles Rhapsody)

Meurtre au dix-huitième trou de John-Erich Nielsen (1er d’une série comprenant 9 livres pour le moment, avec comme personnage un inspecteur écossais), un auteur au rire communicatif, ses voisins n’ont pas du s’ennuyer pendant le salon !

Printemps rouge à Lille d’Estelle et Richard Brichet (finaliste du concours sang pour 100 de Ravet-Anceau), ça sera sans doute mon premier polar écrit à 4 mains (enfin 2 mais on se comprend 😉 )

Roubaix 70′s : itinéraire d’un flic ordinaire de Luc Watteau (le gagnant du concours sang pour 100 de Ravet-Anceau)

Footing Fatal de Martine Festas (présent dans un récent  »On my wishlist », je n’ai pas pu résister !)

Exclusivité mondiale une photo de moi avec Martine Festas :

photographie de Jean-Pierre Bocquet

Un Corse à Lille d’Eléna Piacentini (une auteure que j’avais envie de découvrir et j’ai eu la chance que le 1er soit dispo, il était en rupture à Dainville quand je suis passée à son stand (Natiora venait de prendre le dernier coquine !)

Bon bien sur qui est-ce qui avait oublié son exemplaire des Auteurs du Noir face à la différence ? et son appareil photo ? C’est bibi 😦 La prochaine fois que je vais à un salon du polar, je les prépare dix jours en avance !

En tout cas, encore un salon vraiment réussi, j’y étais du matin donc je ne sais pas si tout s’est bien passé jusqu’au bout mais en tout cas moi, tant que j’étais là, c’était nickel !!! Vivement la 6ème édition !

Vous y étiez ? Vous pensez vous intéresser à la prochaine édition ?

Batignolles Rhapsody de Maxime Gillio

Prenez un auteur de polar noir (Polars en Nord), fan de Queen , mélangez, on obtient : Batignolles Rhapsody de Maxime Gillio (Editions Krakoen, 8€, 178 pages)

Résumé :
Qui veut vivre pour toujours ? Frédéric Pluton, sosie officiel de Freddie Mercury, n’a pas le temps de répondre, foudroyé sur scène, assassiné en direct sous les projecteurs d’une boîte gay parisienne. Très vite, les autres membres du groupe craignent pour leur vie. La journaliste Stella Poliakov se saisit de l’enquête mais elle ne s’attendait pas à ce que son propre passé refasse surface. Entre les frappés du show-biz et les démons de sa jeunesse, elle risque, elle aussi, de mordre la poussière.

Mon avis :

Très bon polar !!! Trop court !!! On en voudrait plus !!!! Et pas seulement parce que ça évoque Queen ou Freddie Mercury.
Queen sert d’amorce à l’histoire et il y a des références disséminées tout le long du roman mais ça ne parle pas que de ça, il y a une vraie intrigue policière. Du coup, ça vaut aussi bien pour un fan que pour un non fan.
J’ai lu sur des forums que certains ne prendront pas la peine de le lire parce que ça parle du groupe mais ça n’est pas une biographie! On est bien dans le polar noir.

Petit bémol :

Le format  (court) du livre a été imposé je crois du coup, tout se passe très vite, il est vrai que j’aurais aimé plus d’investigations, plus de descriptions des personnages, qu’il y ait un peu plus de tensions. Mais on se laisse emporter par l’histoire mais on ne voit pas tout venir pour autant !
L’écriture de M. Gillio est très fluide, ça se lit très bien, j’aurai bien lu 100 ou 200 pages de plus !

Je n’en dis volontairement pas plus, comme il ne fait de 178 pages, je ne veux pas « casser » la découverte.