Au sortir de l’ombre de Syven

ombre

Les Editions du Riez, 416 pages, 22,90€

4ème de couverture

Londres, 1889. La guilde d’Ae protège les aethrynes depuis des siècles pour qu’elles se consacrent à leur tâche : garder piégés dans leur ombre de sinistres monstres avides de massacre, les gothans. Lorsque la secte des némésis s’attaque à ces prêtresses, l’organisation est ébranlée par la traîtrise de plusieurs agents d’importance. Les traqueurs William, Christopher et Heinrich, qui sont chargés de la protection de lady Eileen pour une nuit, n’imaginent pas les enjeux de la chasse dont ils feront bientôt l’objet. Mais dans l’ombre d’Eileen, attentif, « Il » sait ce qui est sur le point de se jouer. –

Résumé

Au 19ème siècle en Angleterre, une femme s’échappe d’un quartier en flamme. Eileen attend qu’un traqueur la retrouve. Le Gothan s’est retranché dans son ombre.  Elle doit rester forte comme la première prêtresse Ae. Ceux qui auront réchapper à l’incendie devront être retrouvé car qui entend Son appel, connait Son nom ne s’appartient plus. Un traqueur finit par retrouver Eileen l’aethryne. Quelques mois plus tard, William Lake retrouve Heinrich Schleimacher qui lui annonce qu’ils doivent se rendre à Exeter Hall où dans la plus grande discrétion se trouve le Bureau des Enquêtes. William et Heinrich y retrouvent Christopher Stace, traqueur comme eux. Ils doivent faire leur rapport à leur supérieur suite à la dernière sortie d’un Gothan… Que se passe-t-il donc ses derniers temps, les traqueurs ont de plus en plus travail…

Mon avis

Une excellente découverte !!!

Voici un livre que j’ai dans un PAL depuis un moment et que j’ai sorti récemment afin de le lire avant de rencontrer l’auteure aux Halliennales en Octobre et je ne le regrette pas ! Encore un livre que j’aurais du sortir avant !

Le lecteur est jeté au cœur du monde créé par Syven et c’est un bonheur ! Ok, au début, il faut prendre son temps quand même pour bien comprendre qui est qui, qui fait quoi, mais une fois que c’est clair, c’est un régal ! On découvre donc notre monde à la fin du 19è mais légèrement différent, des Gothans existent et sont prisonniers dans l’ombre de prêtresse Les Aethrynes. Quand un Gothan échappe à sa prêtresse Sa soif de sang est ravageuse et les rescapés sont en général condamnés car ils ont entendu Son nom. Pour retrouver ceux qui sont survécu et subi Son appel, le Bureau des Enquêtes emploi des Traqueurs. Ces hommes disposent de talents particuliers qui permettent de déterminer si ou non un rescapé a entendu le nom du Gothan. On est donc plongé dans un récit avec différents personnages, des dénominations originales, des lieux inconnus. Au début, ça peut semblait un peu opaque mais des apartés habilement bien intégrés au récit, extrait de journaux, des leçons, des cours, etc permettent d’éclairer le lecteur sur ce qui se passe, sur la situation.

J’ai beaucoup aimé cet univers original ! Personnellement, je n’avais jamais lu une histoire comme celle-là auparavant. J’ai aussi énormément apprécié que le récit ne prenne pas forcément la direction attendue et que l’auteure ne parte pas dans la facilité avec ses personnages. Ces créateurs les Gothans ont un côté fascinant, dès qu’on entend l’appel d’un Gothan, le sujet est sous Son emprise total en peu de temps. On se rend vite compte de leur influence, de leur puissance. Mais d’où viennent-ils ? Pourquoi sont-ils liés à des Aethrynes ?

Le récit va nous permettre de suivre plus particulièrement une prêtresse Eileen et son Gothan. Suite à des événements précis, elle doit être protégée par 3 des meilleurs traqueurs disponibles, William, Heinrich et Christopher. Chacun de ses traqueurs dispose d’une capacité particulière, c’est un plaisir de les découvrir. Ces 4 personnages sont poursuivis par une sorte de secte, les Némésis. Dans quel but ?m On prend plaisir à découvrir progressivement qui sont ceux qui tentent de retrouver Eileen, mais surtout ce qu’ils veulent réellement. Beaucoup de mystères entoure ces Némésis.

L’ambiance de la fin du 19ème siècle est idéale pour placer cette histoire. Pas trop de technologie mais quand même un peu. L’époque et le lieu permettent de jouer sur le mystère et les légendes, les croyances. J’ai beaucoup apprécie ce choix. Et j’en profite pour dire qu’Aurélien Police ( ❤ ) a fait un travail magnifique sur la couverture qui reflète à merveille l’ambiance du livre ! Il y a de l’action et les combats ne sont pas qu’extérieur. Chacun a sa façon va découvrir une partie de lui-même dans ses événements ou va lutter contre quelques choses. Cette thématique du combat intérieur qu’elle soit pour le bien commun ou sa propre personne permet de donner de la profondeur au récit.

Les personnages sont bien travaillés, complexes. Tour à tour attachants et agaçants! Syven dresse de jolis caractères, on ne s’ennuie pas. William est particulier, il est indéniablement quelque chose mais quoi ? Eileen est dure et froide mais s’agit-il d’une façade ? Heinrich semble frivole mais qu’elle est son histoire ? etc. Tous les personnages ont différentes façons de réagir, de se comporter, différents visages. La psychologie d’Eileen, comme celle de William est creusée et ont a pas mal de détails pour les comprendre. J’ai beaucoup aimé les traqueurs, bizarrement les Gothans aussi ^^ mais j’ai eu beaucoup plus de mal avec Eileen. J’ai beaucoup apprécié les talents découverts le long du récit : manipulation, empathie, kinésis, illusionniste, visionnaire, … Je suis sure que chaque lecteur se demande quel est le talent qui aimerait posséder mais arriverait-on à vivre avec ?

La plume de Syven est agréable, fluide, concise sans être trop simpliste. Quelques termes inventés qui servent l’histoire,du vocabulaire, l’art de créer des ambiances, de faire vivre ses personnages, des descriptions très parlantes, très visuelles. C’est sur je relirai d’autres de ses textes avec plaisir.

Au sortir de l’ombre est un roman original avec une intrigue prenante. Un univers unique, intrigant, fascinant. La trame est complexe et très bien construite. La « mythologie » est développée et décrite, on se pose des questions, on se demande quoi croire, on veut savoir qui manipule qui. Qui est du bon côté ? Qui a raison ? Qui a tort? Tout ne coule pas de source et la prise de risque avec les personnages m’a complètement convaincu. C’est un titre à découvrir de Syven et un très bon choix de la part des Éditions du Riez ^^ Vivement octobre !

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Par le sang du démon de Virginia Schilli

Par le sang du démon

Les éditions du Riez, 18,90€, 266 pages

4ème de couverture

Dans sa sombre masure, au cœur du Moyen-Âge, une jeune fille attire les convoitises par sa sublime beauté. Amoureuse en secret de son frère adoptif, amie d’un étrange occultiste vivant à l’écart du village, elle semble prête à tout pour sortir de sa misérable condition de paysanne.
Le destin lui offre l’occasion de croiser le fils du puissant seigneur Sorsele, mais cette rencontre ne se déroule pas sous les meilleurs auspices : violentée, battue, elle se retrouve prisonnière dans les geôles du château. C’est alors qu’un être mystérieux apparaît et lui offre sa revanche… Mais le prix à payer l’emmènera bien au-delà de la mort, sur les terres d’une souffrance inconnue et implacable.

Entre anges déchus et démons maléfiques, Virginia Schilli nous offre ici une version inédite sur le thème du vampire. Un premier roman à savourer sans modération.

Résumé

L’héroïne de ce roman a 16 ans, elle est belle et très ambitieuse, difficile quand on est serf. Issue une famille pauvre et pieuse, elle s’occupe des basses besognes depuis l’enfance mais depuis quelques années sa beauté et ses dons pour la magie noire, lui permettent d’éviter le labeur. Elle rend régulièrement visite à des personnes vivant recluses, en marge de la Seigneurie, mais aussi à son ainé, divinement beau, dont elle est secrètement éprise. Pour son malheur même s’il est évident que son frère n’est pas le fil de ses parents, ils sont vus comme tel par l’état civil et religieux.  Le jour où les choses vont se clarifier entre eux, sera celui d’un immense tournant dans la vie de notre narratrice…

Mon avis

Par le sang du démon de Virginia Schilli est une jolie découverte.

Il était temps que je continue mon exploration des titres de ma PAL publiés aux Editions du Riez, après Un autre et Le ballet des âmes, je me suis penché sur Par le sang du démon en vu des Imaginales, où l’auteure était présente.

Virginia Schilli nous entraine dans le passé, au XVème siècle, au temps des serfs et des seigneurs, une période médiévale avec laquelle j’ai souvent beaucoup de mal et ici, on tient une exception, ça ne m’a pas déplut cette période pour une fois !  Le récit est fait à la 1ère personne, on suit une jeune fille issue d’une famille de paysans sales et sans éducation, assez pauvres et pieux. On découvre tout de suite que notre narratrice (qui n’a pas de nom) déteste sa condition, loin d’être ignorante et naïve, elle déborde au contraire, d’ambition et souhaite plus que tout se défaire de sa condition. A 16 ans, elle est grande, belle et douée. Elle est aussi très arrogante et très (trop) sure d’elle ! Et … je l’ai d’emblée détesté ! Rien à faire, je n’arrive pas à avoir de l’empathie, de l’attachement ou de l’affection pour ce type de personnage (surtout quand il n’a pas de nom) ! Mais on ne peut pas dire, Virginia Schilli nous croque une héroïne avec un tempérament qui ne laisse pas le lecteur indifférent.

C’est avec brio que Virginia dépeint la vie de cette jeune fille qui repousse les avances des hommes alors que de par sa condition elle ne peut espérer mieux qu’un mariage. C’est que notre héroïne en pince pour son frère ainé Kethel. Ce dernier est grand, fort et vigoureux et on comprend vite qu’il n’est le frère de cette jolie garce que sur le papier, il a été recueilli par ses parents. Kethel lui aussi doit se marier et cela rempli sa soeur de jalousie et de haine envers l’éventuelle promise. J’avoue que ce point de départ ne m’a pas beaucoup plut, j’avais peur d’une énième histoire d’amour impossible mais possible quand même. Bref, j’aurai pu m’arrêter là et grand bien m’en a pris de continuer ! Parce que cette trame vole ensuite en éclat pour nous amener dans un univers tout autre, sombre et envoutant.

Notre héroïne va croiser le chemin du fils Sorcele, le seigneur du coin, et les choses vont prendre une tournure différente. Pour moi, l’histoire commence vraiment là avec la rencontre avec Anders. On va alors changer de décor, suivre notre héroïne et Anders. Mais attention, l’aventure est loin d’être rose et l’histoire ne sera pas qu’une simple histoire de vampires. Virginia Schilli s’approprie le genre et en fait un traitement audacieux et original. Le lecteur croisera des personnages touchants, d’autres horribles. Et découvrira que les apparences sont bien souvent trompeuses ! J’ai beaucoup apprécié ne pas savoir où tout ça allait me mener ! Et en me laissant porter, je suis allée de surprises en surprises, n’ayant pas entrevu certains retournements de situation.
Je me suis plus attachée à Anders, qu’à notre narratrice et c’est Ô combien surprenant ! (ceux qui l’ont lu comprendront je pense). Et certaines choses qui m’auraient semblé complètement étrange ou impossible dans d’autres livres, m’ont conquises ici, parce que tout est si bien décrit, imagé. Même si j’aurai aimé un peu plus de rythme dans l’histoire, la lecture est agréable et aisée. La fin est peut être un poil trop rapide. En tout cas, il y a une fin même si c’est là, un premier tome d’une trilogie.

Cependant, plus que l’histoire, ou l’intrigue (ce type de récit n’est pas vraiment ma tasse de thé de prime abord), j’ai adoré la plume de Virginia Schilli, une plume sensible et aguerrie, pour un premier roman c’est épatant ! Le style est soutenu (ni trop, ni lourd), le vocabulaire est recherché, les descriptions sont très réussies, la psychologie des personnages très travaillée. On plonge dans l’univers vampirique et le moyen-âge sans aucune difficulté, Virginia Schilli est talentueuse, elle a réussi à me surprendre, à m’immerger dans son imaginaire et à me donner l’envie de tourner les pages !

Par le sang du démon est une jolie découverte, une jolie surprise, que je conseille aux fans et non fans de lecture vampirique (à tous quoi!), parce que le talent de Virginia Schilli est présent à chaque page, que les personnages sont travaillés et que l’ambiance créée est particulièrement réussie.

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DefiPALImaginales

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Un Autre de Christophe Nicolas

Éditions du Riez (collection Sentiers Obscurs), 21,90 €, 418 pages

4ème de couverture

« Au milieu de la nuit, deux hommes débarquent chez Sam et le jettent sur la banquette arrière d’une voiture, un sac de toile sur la tête, le canon d’un revolver contre la tempe. Samuel Marx a accumulé les dettes depuis son divorce, et l’ardoise a été rachetée par un dangereux mafieux. Mais Sam réussit à s’enfuir en volant la voiture du caïd, et sa cavale le mène dans un village où débute l’étrange méprise… Pourquoi le pompiste l’appelle-t-il Vince ? Et pourquoi cette jeune femme l’accueille-t-elle chez elle et l’embrasse en croyant étreindre son mari ? »

Résumé

Samuel Marx se retrouve enfermé dans une remise après avoir été emmené en plein milieu de la nuit par deux hommes de main. Il entend à côté de son « placard à balais », un type en train d’être passé à tabac, il ne sait pas ce que ce dernier a fait pour mériter ça, mais lui c’est un type normal qui a juste le malheur d’avoir quelques dettes ! Bon, bien sur mises bout à bout, la somme totale est coquette…  Mais il ne va quand même pas se faire ruer de coups ou couper un doigt pour ça ? Si ? Ah non, pas moyen, il doit se calmer et réfléchir, une seule solution, il doit s’échapper ! Mais on n’échappe pas facilement à Josef Basso, dit Le Pendu, qui a racheté ses dettes. Ni à ses deux hommes de main : Mario, le type qui a de la bouteille dans le « métier » et Paul, le p’tit jeune qui a passé la moitié de sa vie en prison ! La chance va cependant être du côté de Samuel et il va parvenir à s’enfuir au volant de la Mercedes du Boss… joie de courte durée, il ne passe pas inaperçu dans ce véhicule ! Et Le Pendu a beaucoup de moyens de le retrouver. Chez qui se planquer quelques temps ? … Gabriel, son seul ami, voilà la solution. Sam prend donc la route mais soudain, la migraine le prend, il n’a pas mangé depuis des heures, il doit absolument prendre une aspirine ou manger quelque chose, tant pis, la douleur est trop forte, ça le mettra en retard, mais il le faut, il s’arrête à la prochaine station service. C’est là qu’il est pris par Choune le pompiste et par Franck, le policier municipal en pause café, pour quelqu’un d’autre ! Pourquoi l’appellent-ils Vince ? Il aurait un sosie dans ce coin paumé ? Et ce n’est là que le début de la méprise…

Parallèlement d’autres événements surviennent durant la même période, un enlèvement, un meurtre, … L’inspecteur  Kolowsky, qui cherche à « faire tomber » Le Pendu, enquête.

Mon avis

Je découvre Christophe Nicolas, Un Autre est son premier roman. J’ai passé un très très bon moment de lecture.

Un mot pour commencer sur la couverture. Elle me met personnellement mal à l’aise. Mes proches qui l’ont vu, ont quasiment tous eu un mouvement de recul. C’est vrai qu’elle est étrange et que juste avec cette image il est difficile d’appréhender le roman. Mais une fois, le livre fini, cette illustration s’explique et il s’avère qu’elle correspond très bien à l’histoire avec cette impression de folie, de combat intérieur, de violence et d’effroi.

Concernant le roman, c’est très bien écrit, pas de temps mort, pas d’hésitation, c’est presque comme si ça n’était pas un premier roman finalement ! C’est très maitrisé, à la fois les données sont suffisamment détaillées pour suivre ce qui se passe, mais pas trop non plus,  pour ne pas alourdir le récit et pour laisser monter l’angoisse et le suspens ! Qu’arrive-t-il à Samuel ? Il dialogue souvent avec lui même, fait le point, comme pour convaincre qu’il existe, qu’il est encore lui, il fait certaines choses comme un automate,… Est-il fou ? Est-il schizophrène ? On le prend pour quelqu’un autre, Vincent Favale, marié, un peu marginal mais qui semble bien avoir sa propre existence, non ? Un sosie ?

L’action et l’histoire sont rondement menées, on a l’impression d’être devant un film. L’histoire de base donne une impression de déjà vu, cinéma ou livre policier MAIS Christophe Nicolas y apporte sa touche personnelle, des éléments qui font sortir son histoire du lot et la rend différente des thrillers qu’on a pu déjà lire, un peu bizarre, étrange, fantastique,…

J’ai apprécié être plongée dans la tête de Samuel qui se demande ce qu’il lui arrive, s’interroge, on ressent ses émotions : effrayé, intrigué, mal à l’aise, … On est de ce fait vraiment comme « aspiré » dans le roman. Les personnages qui gravitent autour de Samuel ont tous leur place et leur importance, progressivement les chemins se rejoignent, les nœuds se dénouent, jusqu’à connaitre la clef de l’intrigue. On suit aussi la progression de l’histoire au côté des hommes de main du Pendu, Franck Olsen, mais également l’inspecteur Kolowsky ou Ana la femme de Vince. Les alternances de points de vue ne m’ont aucunement gêné, au contraire, on en sait toujours un peu plus, sur les événements, sur les chemins que prend l’auteur, sur les sentiments des protagonistes,…

Attention, je préfère le dire, certains passages sont très durs, un peu glauque, parfois choquants, les personnes sensibles auront sans doute un peu de mal avec ces parties, mais elles sont peu nombreuses et ne s’étalent pas sur des pages et des pages mais elles sont assez détaillées. C’est aussi ce qui rend le livre plus sombre et l’intrigue plus complexe, ancrée dans une réalité plus dure, plus pénible, plus crue.

Un autre est un très bon thriller écrit avec une plume efficace et une touche personnelle qui permettent de le sortir du lot.

Un livre que je verrais très bien adapté au cinéma !