Le songe d’Adam de Sébastien Péguin

Songedadam-MagaliVilleneuve

L’homme sans nom éditions, 395 pages, 19,90€

4ème de couverture

Allemagne, Forêt-Noire, de nos jours. C’est dans ce cadre magnifique que s’installent Hugo, chercheur dans le domaine des lettres, et sa fille Morgane, inventive adolescente. Mais la Forêt-Noire est également le cadre de légendes ancestrales, dont certaines seraient peut-être bien plus que de simples légendes…

Et lorsque Morgane commence à percevoir des choses qui ne devraient pas exister et que les fantômes du passé du père et de la fille semblent devenir plus que des souvenirs, l’horreur surgira, et les disparitions au cœur des bois trouveront une explication que l’esprit humain ne peut concevoir…

Résumé

3 chausseurs en pleine Forêt Noire. Une chasse nocturne. Traquant un animal, ils s’enfoncent dans la forêt, la tension monte entre les 3 amis, entre ceux qui feraient bien demi-tour et ceux qui s’acharnent. Quand soudain, un silence de mort se fait. Deux des chasseurs sont plus tard retrouvés massacrés. Le troisième semble bon pour l’asile. Les blessures sur les deux cadavres sont telles que rien ne peut les expliquer. Que s’est-il donc passé ?

Hugo et sa fille Morgane font route de Strasbourg vers la forêt Noire, où Hugo a décidé de loger une année, le temps de finir sa thèse. Il a choisi cette région car elle l’inspire et est assez proche de la bibliothèque de Göttenberg où il pourra trouver de précieuses sources et documents pour sa thèse. Mais sur le chemin, une étrange apparition va les glacer d’effroi et inaugurer d’une étrange façon leur séjour en Forêt Noire.

Mon avis

Le Songe d’Adam est un livre original, extrêmement construit et travaillé ! C’est une excellente découverte !

Une œuvre dense et complexe mais terriblement passionnante et prenante, qu’il est très dur de synthétiser ! Je m’en excuse d’avance.

Le lecteur va suivre Morgane une jeune fille de 16 ans et son père Hugo. Morgane n’a pas vraiment de souvenir de sa mère Mélanie, morte quand elle était encore toute petite. A 16 ans, elle a encore un pied dans l’adolescence mais l’autre déjà dans le monde des adultes. Hugo, qui a élevé seul sa fille, en est assez dérouté. Ils sont très complices mais ces derniers temps, Hugo travaillant beaucoup, il a moins de temps à accorder à sa fille. Ce séjour d’un an en Forêt Noire pour sa thèse sera peut être l’occasion de passer du temps avec elle.

Hugo va cependant passer beaucoup de temps en dehors du chalet qu’il loue à un vieil original du coin, principalement pour ses recherches, sur Dionysos, la résurrection, … Une thèse vaste avec de nombreux recoupements, d’idées… Du coup, Morgane va se retrouver seule assez régulièrement et va combattre sa solitude en prenant possession d’un lieu proche du chalet : une carrière en bordure de la Forêt Noire.

Leur séjour ne sera pas de tout repos. Après avoir aperçu une créature étrange sur leur route, un cerf déchiqueté, ensanglanté mais pourtant bien debout sur ces pattes en travers de leur chemin, plus rien ne sera pareil pour Hugo et Morgane …. Notamment, cette dernière sera réveillée une nuit par des coups sourds à sa fenêtre. Une créature mi-homme, ni-cerf lui apparait alors… Ce qui ne manquera pas de la perturber. A-t-elle rêvée ? Était-ce réel ?

Hugo est un père affectueux mais perdu, très pris par ses recherches. Il va promettre à Morgane de se renseigner sur ce qu’elle a semblé voir/vivre au cours de cette nuit-là. Mais plus Hugo va creuser sur les légendes ancestrales allemandes, sur la Forêt Noire, plus il va faire des liens avec certaines de ses recherches, plus il va s’enfoncer vers un but inattendu. Et s’il parvenait à découvrir des secrets cachés depuis des siècles? Tout cela, dans une ambiance de plus en plus oppressante et pesante, habilement créée par Sébastien Péguin. Certaines scènes sont fortes, le lecteur a l’impression d’étouffer, une aura malsaine attend son aile sur le récit. C’est peut être maladroitement dit de ma part, mais c’est un compliment, j’adore  être happée dans une ambiance, une atmosphère étrange, malsaine qui sert le récit. Là, on a presque l’impression de ressentir les odeurs et les sensations de la carrière, de la forêt, …. Et puis certaines scènes, rien que d’y repenser …

Le récit qui va creuser plein de choses mais qui vont servir l’histoire. L’auteur, rencontré aux Imaginales m’a avoué qu’on lui avait reprocher un côté académique trop marqué, un récit trop développé. Personnellement, je n’ai pas eu cette impression. De toute façon, j’adore les récits développés où j’apprends beaucoup ! Et là, j’ai lu cette histoire et les explications de façon linéaire, j’ai trouvé que les éléments donnés étaient utiles pour comprendre toute l’histoire et qu’ils n’étaient pas superflus. Comme quoi, chacun sa perception de la lecture, moi j’ai adoré !

J’en reviens aux thèmes développés. Moi, qui ne connait rien à l’Allemagne, j’ai été captivée par les légendes narrées. Par leur côté sombre et terrible. L’auteur utilise racines et étymologie pour expliquer certaines choses par le biais d’Hugo et un homme qu’il rencontre en Allemagne. C’était fort intéressant. Il y a plusieurs croisements, de mises en abyme entre la religion et les mythes grecques, sur la résurrection, les croyances. L’auteur sublime tout ça avec en filigrane le mythe d’Orphée que j’apprécie énormément ^^

Le lecteur avance donc avec Hugo dans les déductions qu’il fait et comme lui, il a envie de savoir si ce qu’il apprend, ce que les gens du cru raconte est vrai. Hugo va-t-il vraiment découvrir quelque chose? Personnellement, je me suis plus attachée à Hugo qu’à Morgane. Pourtant ce sont deux personnages intéressants. Morgane est accablée par sa solitude et ne comprend pas toujours son envie créatrice exacerbée. A un moment donné, on ne sait plus si elle a des hallucinations, si elle devient folle, si elle cherche à attirer l’attention, à se faire du mal ou si tout ce qui se passe autour d’elle est réel. Hugo lui est dépassé par certains événements, il a un peu trop tendance à repenser au passé mais c’est un personnage qui m’a touchée. Les personnages secondaires sont aussi passionnants. Mais je vous laisse les découvrir par vous même 🙂

On sent que ce roman est le fruit d’un gros travail par quelqu’un de passionné. C’est dense et travaillé. Sombre, complexe. Pour apprécier la lecture, je pense qu’il faut éviter d’être de trop perturbé et de la couper le moins possible. C’est un récit plus atypique, où l’on frissonne d’horreur, où le cerveau travaille, où l’on se questionne. C’est très appréciable d’alterner les lectures plus légères avec un roman de cette qualité où l’on doit être attentif.

La couverture de Magali Villeneuve est magnifique, elle retransmet parfaitement l’idée qu’on se ferait de la Forêt Noire sans trop en dévoiler non plus. Parfaite. Le récit comprend des typographies différentes. Qui permettent de bien s’y retrouver. Même si une d’entre elle fatigue assez rapidement les yeux, j’ai trouvé. Mais ce n’est pas un défaut, juste que j’ai pas une super vue lol

J’ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture. Que je pense relire quand quelques années pour retrouver l’ambiance décrite et peut être découvrir des choses qui m’auraient échappés à la première lecture ^^ Je recommande.

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DefiPALImaginales2014

Géniteurs & Fils d’Anthony Boulanger

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Chat Noir Éditions, 14,90€, 170 pages

4ème de couverture

L’union tissée tre un père et son enfant est un lien primordial qui demeure bien au-delà du temps partagé, mais que se passe-t-il lorsque cette relation est non-fonctionnelle, défaillante, dangereuse ? Rabaissées, violentées, ignorées, quel destin attend ces pauvres âmes qui portent les stigmates d’une jeunesse gâchée ? Pourront-ils engendrer une nouvelle génération ou bien les séquelles de leurs traumas ne provoqueront-elles que la répétition de maux profonds ?
À travers les nouvelles de ce recueil, oscillant entre réel et fantasme, des Fils et leur Géniteur se fuient, se pourchassent, se détruisent, volant en éclats de vie et de peur. La plume d’Anthony Boulanger suit l’évolution de cette relation, en quête de compréhension et d’un changement possible afin d’effacer les erreurs vécues par les générations meurtries.

Mon avis

Un très, très bon recueil !

Une fois n’est pas coutume, je commence avec la couverture. J’ai longtemps hésité parce qu’elle est aussi belle qu’elle me touche et me fait peur. Je pensais que ça serait très difficile de lire un recueil sur un thème comme celui du père, du fils, et les poings serrés du père et le regard triste du fils laissent penser que ça ne va pas bien se passer. Et j’ai vraiment bien fait de dépasser mon appréhension, car ce recueil est une vraie réussite !

Géniteurs & fils est un recueil aux nouvelles sombres, parfois dures mais poétiques et fantastiques. Découpé en 5 parties, le lecteur découvre des nouvelles des plus poignantes, aux plus optimistes. 5 visions de l’enfance et de la confrontation entre la progéniture et le père. De multiples variations très réussies sur un même thème.

Je vais essayer de donner rapidement mon impression sur les nouvelles, sans toute fois, les résumer en détail afin de garder du suspense ^^

1ère partie : Génération première

Tombent les pluies

Cette nouvelle, c’est comme une rengaine, un poème. C’est différente façon de voir, de ressentir la douleur et la souffrance. Elle est très dure mais la façon d’écrire, le style d’Anthony Boulanger sublime l’écrit alors que le thème  reste très difficile, dur.

Entre 4 murs, entre 4 murmures

Un texte dur également. Un enfant enfermé pour un crime mais l’a-t-il commis ? La cruauté apparait progressivement et comme bien souvent les apparences peuvent être trompeuses.

Johann…

A sa façon, Anthony Boulanger traite de la violence conjugale et du drame familiale en mêlant fantastique, imaginaire, créatures et réalité. Une nouvelle magnifique, qui prend aux tripes.  Une histoire aussi belle que cruelle, très prenante.

Après le mot fin

Un côté fantastique très prenant également pour cette nouvelle, un hymne à l’amour d’un fils pour sa mère, un combat, des choix à faire.

Les 4 nouvelles de cette première partie donnent le ton du recueil, mélant de réalité froide et cruelle avec une dose plus ou moins importante d’imaginaire et de fantastique. 4 nouvelles traitées dont le thème de la violence est traitée de façon subtile, touchante, poignante, sans tomber dans le glauque et le pathos. Le lecteur n’en sort toutefois indemne. La violence d’un père, la maltraitance, la souffrance, … sont des thèmes dures à traiter qui sont ici abordés avec une certaine pudeur. Anthony Boulanger y parvient en introduisant une note fantastique qui loin de dédramatiser la réalité, permet de créer un échappatoire, de faire surgir un espoir, un moyen de fuir, de s’échapper d’une réalité trop dure.

2ème partie : Génération abandonnée

Proie et chasseur

L’histoire d’un homme traqué par un enfant accompagné de loups. Cet enfant pourchasse pour l’empire les déserteurs. Mais l’homme fuit, affronte les tempêtes, car il a espoir de revoir sa femme et son fils qu’il a du quitter pour combattre.

C’est une belle nouvelle même si on voit venir le twist on apprécie énormément de découvrir comment tout cela se passe. La traque est très bien contée. On s’y croirait vraiment !

L’écume des nuits

Deux adolescents, Delphine et Pierre se disputent. L’un veut attendre avant d’enfin s’échapper de l’emprise de son père. L’autre n’en peux plus et n’imagine pas rester plus longtemps.  L’histoire de l’indifférence de pères pour leurs enfants qui ne font pas le poids face à la Mer.

C’était pas mal du tout, on ressent bien les sentiments des adolescents et on aurait presque envie de les aider dans leurs desseins.

Disparition programmée

La vie d’un homme invisible, cobaye de son propre père, contée par l’homme invisible lui-même. Un être sensible, qui va s’épanouir dans l’Art. Et quelle fin !

Une nouvelle très surprenante et rondement bien menée ^^

3 nouvelles dans cette deuxième partie qui traitent de l’indifférence, du rejet et de l’abandon. Quand l’amour paternel fait défaut. On s’éloigne ici de la violence et on rentre dans la psychologie de l’ado ou de l’enfant qui a grandit beaucoup trop vite.

3ème partie : Génération perdue

Entretien de validation

En 2025, un enfant de 6 ans passe son entretien de validation. Peut-il présenter un valeur ajoutée sociétale ? Le jury va en décider.

Une nouvelle futuriste dans une société qui fait froid dans le dos. Une nouvelle courte mais efficace, qui donne matière à réflexion !

Repas de famille

Un enfant réveille sa mère en pleine nuit. Il est terrifié, il entend des coups donnés depuis le rez-de-chaussée et si des voleurs s’étaient introduit chez eux ?

Une fin terrible qu’on voit pas venir. Une nouvelle noire et glauque, courte mais terrifiante à souhait ^^

Hommes et chimères

Des hommes fuient afin d’échapper à la chimère de leur territoire. Cette créature qui autrefois les aidait et devenir récemment synonyme de malheur et de destruction. Les héros d’autrefois sont devenus des tyrans. Les hommes n’ont plus beaucoup d’espoir, vie est devenue synonyme de mort.

A travers la relation entre un homme et son fils, Anthony Boulanger nous transporte dans un univers que l’on aimerait voir développer. C’est avec plaisir qu’on lit cette nouvelle plus longue que les précédentes. Un univers créé en quelques pages déjà passionnants avec un vrai fond ! Très réussi !

Déchirures et tissages

Stephen marin aguerrit a fait fortune grâce à sa femme et son fils doués de don précieux en navigation. Cependant, il a eu le revers de la médaille, à trop en vouloir, le capitaine traine sa mélancolique, sa peine, et sa douleur derrière lui. Son fils survit plus qu’il ne vit. Ombre de lui même. L’équipage du navire se rend vers une station pour commercer. Mais elle a été attaquée ! Par qui et pourquoi ?

Comme pour la nouvelle précédente, Anthony Boulnager réussi à créer un univers original et qui tient la route en quelques pages. Un côté SF qui m’a beaucoup plut. Et toujours en arrière fond, la relation terrible, touchante et triste d’un père et son fils.

Ici Anthony Boulanger s’essaie à des thèmes différents en gardant en fils conducteur les relations parents / enfants. Des essais assez réussis dans des genres variéUs : SF, fantasy, horreur… 4 nouvelles avec beaucoup de travail d’univers. Un plaisir !

4ème partie : Génération sauvée

Il avait pour mères le brume et les Neufs filles…

Un viking fou de douleur d’avoir perdu sa femme  en couche et  dont le bébé ne va pas survivre, embarque avec son bébé à la proue de son navire pour mourir et rejoindre son aimée.  L’enfant est toutefois sauvé  par la brume.

Une légende Nordique très joliment écrite et contée ! J’ai beaucoup aimé l’atmosphère dégagée par l’histoire, le mélange légende et réel.

Le mal de pierre

Un jeune homme défie son père. Pour lui prouver que ce n’est pas un couard, il décide d’aller voir ce qui se trouve de l’autre côté de la cascade. Il découvre alors ce qu’il n’aurait jamais imaginer trouver. Mais une malédiction semble s’être déclenchée …

Une jolie nouvelle mais je dois le reconnaitre, elle m’a beaucoup moins plus que les autres.

L’écorce des coeurs

Une jolie histoire d’un homme amoureux dryade, mi femme ni arbre. Elle attend son promis et ne prête aucune attention au pauvre jeune homme….

Idem ici, à croire que je ne suis pas une romantique ^^ Mais l’histoire est jolie, elle est douce et la chute m’a bien plu ^^

3 nouvelles plus optimistes sur la relation père / fils, enfin parce que l’Amour est présent pour sauver cette génération perdue ^^  J’ai un peu moins aimé les 2 derniers textes mais cette petite baisse ne retire rien à l’intérêt des histoires et la qualité de l’écriture.

5ème partie : Génération seconde

Le rouge, le blanc et l’Artefact

Ressil Maler nous raconte les derniers événement survenus dans son monde. Tous les 262 ans, les 5 lunes forment un pentagone qui permet l’accès à une caverne, dont laquelle se trouve l’Artefact. Parmi les aspirants présents, serviteur de la Voie Blanche, un Pur, un seul aura le droit de demander quelque chose qui sera   accomplit. Mais qui est cet homme en rouge qui attend lui aussi de rentrer dans la caverne. Ressil ne peut rester à l’observer. Il décide d’aller l’aborder. S’en suit alors un échange très surprenant…

Une nouvelle très intéressante. Qui creuse le thème de la volonté, du choix, de la liberté. Il y a plusieurs niveaux d’interprétation et le récit est très prenant. Philosophique, la nouvelle aborde le libre arbitre, la violence, la rédemption, la foi, le pouvoir, la puissance. C’est très intéressant. Le thème père et fils est plus ténu mais on finit par le trouver et le comprendre.

Cette nouvelle allume le flambeau de l’espoir et conclue parfaitement le recueil.

Géniteurs & Fils est un très bon recueil de nouvelles, divers et variées. Tout en gardant, le fil conducteur, Anthony Boulanger suit une progression de l’horreur à l’espoir. Le fil conducteur est plus ténu dans les derniers textes, est-ce parce que l’image du père peut s’améliorer ? En tout cas, je découvre un auteur qui arrive à traiter de thèmes durs d’une manière poignante et belle, avec simplicité, avec l’aide d’un imaginaire curieux et prenant. Un auteur qui arrivent en peu de mots à créer des univers passionnants, à décrire les relations entre les hommes. Un auteur à découvrir.

Encore un très bon ouvrage, différent et réussi des Editions du Chat Noir ^^

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DefiPALImaginales2014

La Dame Sombre – Les Damnés de Dana, T1 d’Ambre Dubois

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Les éditions du Chat Noir, 19,90€, 306 pages

4ème de couverture

Au pied d’un cercle de menhirs, une jeune femme aux cheveux et aux yeux couleur corbeau se réveille. Qui est-elle? Elle l’ignore. Où se trouve-t-elle? Elle va bientôt le découvrir…
En plein territoire picte, résistant aux envahisseurs romains, une tribu celte recueille la mystérieuse femme. Rapidement, elle va se trouver mêlée au quotidien de ce peuple, à ses légendes, à ses mystères et à ses désespoirs.
Le cercle de pierres sera-t-il la clef qui lui rendra son identité? A moins que ce ne soit le vampire qui la surveille dans l’ombre…

Résumé

Une jeune femme se réveille au pied d’un cercle de pierres, elle n’a pas de souvenirs, ne se souviens pas qui elle est, et surtout ce qu’elle fait là… Elle semble avoir été frappé à la tête. Très vite, elle se rend compte que quelqu’un l’observe, et prend peur en découvrant le visage de cette créature. Elle s’enfuie alors dans les bois non loin du cercle, bien décidée à mettre le plus de distance possible entre elle et cet être. Mais dans la forêt, elle est poursuivi par plusieurs agresseurs, en essayant de se défendre, elle libère une force insoupçonnée mais est vite enserré par un de ses poursuivants. Elle se réveille au sein d’une tribu picte, entre méfiance et mystère, elle va devoir prouver qu’elle n’est pas une espionne romaine et tentée de trouver sa place, à défaut de retrouver rapidement la mémoire…

Mon avis

Une très belle découverte !

Déjà on peut dire que la couverture est magnifique et qu’elle ne laisse pas indifférent les gens qui la voient! J’adore la ligne éditoriale des Editions du Chat Noir qui du début (ouvrage d’avril 2012) a choisi d’allier « beau livre » et « contenu travaillé ». C’est bien le cas pour ce premier tome des Damnés de Dana. La Dame sombre a été un très bon moment de lecture. Je me suis laissée entraîner par cette jeune femme amnésique, mystérieuse et surprenante.

Après son « second » réveil, le lecteur va en apprendre un petit peu sur la Dame Sombre et beaucoup plus sur les habitants, ceux qui l’ont trouvé dans les bois et le village picte où elle a atterri. Les gens sont d’abord méfiants avec elle. Elle qui ne ressemble pas du tout aux pictes, les yeux trop bruns, les cheveux trop bruns, le corps trop parfait, tentateur. Est-elle une romaine venue espionner le peuple picte ? L’infiltrer ? Ou est-elle une envoyée des Dieux ? Elle aurait en effet, touts les attraits des Sidhs… Ou n’est-elle qu’une jeune femme en quête d’elle-même ?

Le lecteur va la suivre, partager sa façon de réagir à cette situation, à la méfiance des pictes, puis sa façon de vivre et participer au quotidien de ce peuple qui se défend des attaques romaines, qui refuse la croyance du Dieu unique et qui reste attaché à ses croyances, qui sont bien plus que des légendes.

J’ai beaucoup aimé lire une histoire se passant à cette période de l’histoire, la conquête de « Brittania » par les Romains, après le Mur d’Hadrien. Les pictes sont un peuple fascinant, guerrier, courageux et fier. On s’attache vite aux personnages de cette histoire et à ce village dans lequel la Dame Sombre va devoir trouver sa place. Le récit est émaillé de références au Sidh, aux Dieux celtes, aux croyances et à la culture celte. Un régal !

Ce premier tome permet de poser le décor, les terres sauvages de « l’Écosse », de décrire une héroïne belle et forte, avec des faiblesses quand-même, dont l’apparition est auréolée de mystères. En effet, elle n’a aucun souvenir de sa vie d’avant et encore moins d’une attaque au cercle de menhirs. Ajouter à cela qu’elle ne ressemble pas aux « gens du coin » et que personne ne l’a jamais vu avant, que même le Père des druides ne peut pas lui révéler ce qu’il ressent en sa présence… Qui peut-elle bien être ? Elle est persuadée de ne pas aussi différente des autres mais plus elle se demande cela, plus le lecteur se demande si finalement ça ne serait la seule explication à certaines de ses réminiscences et à ce don particulier qu’elle a en présence des gens. Je ne peux pas dire que ce personnage ait été mon préféré mais il est indéniable que j’ai envie de savoir d’où elle vient, ce qu’elle va découvrir, qui elle est !

Le roman fait la part belle aux femmes, et pas seulement à la magnifique Dame Sombre. Le peuple picte place la femme comme l’égale de l’homme, elle pouvait être chef de clan, guerrière, tout autant que femme au foyer, guérisseuse ou prêtresse. J’ai beaucoup apprécié ce point. On trouve dans le récit beaucoup de sensualité, de charme et même de sexe. J’ai apprécié le fait que cela soit dosé et serve l’histoire de cette jeune femme. Il n’y en avait pas trop, pas de façon incongrue ou inutile. C’est vraiment agréable.

Le côté fantastique du récit est progressif et le mythe vampirique est subtilement et parfaitement intégré aux légendes celtiques, au Petit Peuple, aux créatures de la nuit, le Royaume des Ombres. C’est vraiment très bien fait ^^ Ce mythe va très bien avec cette époque je trouve. On retrouve aussi un contexte historique de guerres de religions, de domination et de jeu de pouvoir qui donne du crédit au récit. Ce premier tome plante donc les personnages, l’intrigue et le décor. On ne s’y ennuie pas une seconde et le roman se lit très vite. Le récit est bien construit, il y a du rythme, des moments d’action et des pauses bienvenues. Bien évidemment, le lecteur n’aura pas toutes les réponses à ses questions, certains mystères resteront entiers mais on apprendra déjà certaines choses et le lecteur s’apercevra que plusieurs personnages cachent bien leur jeu ! Il y a des retournements de situation que je n’avais pas vu venir…
… et d’autres  qui se voient plus facilement, notamment quand les vampires rentrent en scène, que c’est versatile un vampire 😉 mais cela n’enlève rien à la qualité de l’histoire ^^

S’il fallait trouver un point négatif, c’est peut être qu’il n’y a que des beaux mecs et des belles nanas mais remarquez pour beaucoup est-ce vraiment un point négatif :p ?

J’ai beaucoup aimé cette lecture sans prise de tête qui fait voyager à travers le temps. Une histoire qui embarque le lecteur dans une époque différente, parmi un peuple attachant et fier, aux côtés d’une héroïne mystérieuse et d’autres personnages intéressants et parfois énigmatiques. Les personnages secondaires m’ont beaucoup plu, les « bons » comme les « mauvais » (peut être même plus les mauvais :p ).

Je serai ravie de poursuivre l’aventure celte (ou picte selon vos affinités 😉 ) avec le tome 2 des Damnés de Dana : Les brumes du crépuscule, qui a déjà rejoint ma PAL ! Et regarder cette couverture :

dubois-ambre-les-damnc3a9s-de-dana-02-les-brumes-du-crc3a9pusculemagnifique !

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Au soir de la moisson – Le crieur des blés de Vanessa Terral

46109_148975801788964_6574091_nFanArt de Miss Gizmo avec l’autorisation de Vanessa Terral

http://missgizmo.deviantart.com/

Nouvelle extraite du n°8 du magasine Le Royaume des fées

J’ai découvert dans Le Lamento des Ombres (<3) le personnage d’Hélianthe Palisède, née de l’imaginaire de Vanessa Terral et pour qui qui j’ai eu un gros coup de coeur ! Du coup, je me suis jetée sur le net et j’ai cherché une autre nouvelle avec ce personnage, car Vanessa a fait vivre sa « petite fée » dans plusieurs textes, publiés dans des revues. J’ai donc lu Au soir de la moisson – Le crieur des blés (qui se passe avant la nouvelle dans Le Lamento, du coup, je passe ce billet avant le recueil du Chat Noir).

Hélianthe arrive en Picardie où elle rejoint sa sœur, Kia. Elle vient l’aider à résoudre un « cas », car Hélianthe est Consultante en affaires occultes, c’est un titre tout ce qu’il y a des plus officiels, depuis que Féerie a révélé son existence et que le monde magique côtoie de façon récente mais concrète notre monde. Kia a fait appel à sa soeur car non loin du lieu où elle séjourne avec des amis, des hommes ont été retrouvés noyés en plein champs, alors qu’il n’y a aucune point d’eau à des kilomètres. Enfin, plus depuis que la mairie a asséché cette zone de marécage pour vendre les terrains à des promoteurs immobiliers. Que se passe-t-il donc dans cette campagne pourtant tranquille ?

L’enquêtrice va vite comprendre de quoi il retourne, et le lecteur découvrira, s’il ne le sait pas déjà, ce qu’est un crieur ou encore appelé Houppoux. Cependant, les choses ne sont pas aussi simples qu’Hélianthe le présageait. Encore plus, quand en parallèle, Hélianthe renoue difficilement avec sa sœur, qui forme avec ses amis un convent pour célébrer les fêtes de Lammas et qu’elle semble influer sur ses compagnons ce qui lui est strictement interdit. Bref, une réunion de famille !

Le lecteur découvre donc la particularité de la relation entre Hélianthe et Kia, cette dernière ne pouvant utiliser comme son ainée leur héritage féérique. Ce qui ne va pas sans créer des tensions… Vanessa Terral creuse dans cette nouvelle, la personnalité de son héroïne, qui a du mal à comprendre les humains, à se mettre à la place de sa soeur. Elle se sent souvent seule et se retrouver avec « du monde » va engendrer des interrogations, elle va se remettre + ou – en question, réfléchir sur ses aspirations, sur la vie,… Cette nouvelle permet de donner de la profondeur à l’enquêtrice. On comprend mieux ce qui semble peser sur les épaules de cette héroïne et qui pourquoi elle semble parfois mélancolique alors qu’elle est plutôt pétillante en temps normal.

Vanessa Terral développe un peu de l’univers qu’elle a créé, Féerie, qui côtoie donc désormais la Terre des Hommes. Comme dans l’autre nouvelle, Vanessa fait référence à des créatures de légendes, à des rituels et des croyances. On sent vraiment, comme à chacun de ces récits, qu’ils soient courts ou longs, son soucis du détail, les recherches sous-jacentes et la passion.

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Hélianthe, que je trouve fraîche et sympathique. J’aimerai beaucoup lire d’autres de ses aventures, surtout qu’il y a un côté enquête dans certaines nouvelles et que j’adore ça! Pourquoi pas un recueil Vanessa ? 😉