Le Montespan de Jean Teulé

Pocket, 6,70€, 307 pages

4ème de couverture

Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C’était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan…

Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Dès qu’il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l’homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, emprisonnements, ruine ou tentatives d’assassinat, il poursuivit de sa haine l’homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme…

Résumé du début

Tout commence par une « dispute » entre 8 personnages de la noblesse, 4 d’un côté, 4 de l’autre et une proposition de duel le lendemain matin aux premières heures du jour. C’est à cette « occasion » ainsi que Louis-Henri Marquis de Montespan va perdre son frère le Marquis d’Antin. Alors qu’il se fait sermonné par La Reynie (les duels sont interdits par Edit), pour les actions de son frère trépassé, Louis-Henri va faire la rencontre de Françoise de Rochechouard de Mortemart, dite Mlle de Tonnay-Charente qui elle, suite à ce duel, n’a plus de fiancé. Entre Françoise et Louis-Henri, ça sera le coup de foudre, et le début du bonheur… Jusqu’à ce que criblé de dettes et voulant assuré un grand train de vie à sa magnifique épouse, le Marquis décide de partir en campagne de guerre (d’abord des séjours assez courts, puis plus longs) pour le Roi Louis XIV, pendant que sa femme restée seule, se fera introduire à la cour de Versailles par Louise de la Vallière, favorite du Roi mais il est bien connu que « la favorite en date présente toujours la prochaine à sa Majesté… »

Mon avis

Mitigé, je n’ai ni adoré, ni détesté, en fait, j’ai aimé certains points et en est pas aimé d’autres.

Je ne suis pas contre les romans historiques ou l’histoire de France, je n’en lis pas beaucoup, mais j’aime bien, surtout qu’en c’est un poil romancé et pas juste un traité d’histoire. Ici, j’ai apprécié que l’auteur nous raconte l’histoire d’un personnage qui est resté peu connu mais qui méritait d’être mis en lumière. Par contre, j’ai beaucoup de mal avec la royauté, le pouvoir de droit divin, les passes-droits du Roi qui était tout puissant et là impossible de faire l’impasse dessus, puisque de l’histoire du Marquis de Montespan c’est justement tout ça, une homme qui a une femme qui va plaire au Roi parce qu’elle est belle, pas farouche et avec moult traits d’intelligence. Et bien entendu, une fois que votre femme est la favorite du Roi, c’est comme si elle n’était plus votre femme, le drame pour quelqu’un d’aussi amoureux.  Du coup, j’ai oscillé entre l’intérêt porté à ce qu’allait décider, faire, choisir M. de Montespan et l’envie de jeter le livre à travers la pièce (nan j’exagère 😉 ) ! Comprendre que ce n’est pas le livre en lui même, ni le style de l’auteur mais bien certaines parties de l’Histoire avec un grand H que je n’aime pas.

Du coup, je ne me suis attachée qu’au Marquis, qui est amoureux de sa femme, un comble semble-t-il à l’époque. Dans la noblesse surtout. On ne s’y mariait pas par amour mais  pour des raisons d’argent, pour associer des familles, etc. Il est le seul a avoir été horrifié d’apprendre que sa femme couchait avec le Roi, tous les autres maris n’auraient attendu que cela, pour pouvoir bénéficier de titres, de terres, d’honneurs non acquis, d’argents. Tout ce que Montespan refusa toute sa vie. Et c’est vraiment ça qui m’a attaché au Marquis, il a décidé de ne pas se laisser faire, de ne pas se taire, il a refusé tous les privilèges qu’on lui a proposé quitte à finir en prison, exilé ou mort. Il est resté droit dans ses bottes et même en prenant de l’âge et en ayant une situation financière très peu reluisante, il n’a pas cédé au Roi qui lui avait déjà pris sa femme, pas question qu’on lui prenne en plus son honneur ! Mais il sera finalement malheureux quasiment toute sa vie, privée de sa femme, ses enfants frappés par le malheur (de façon différente) de n’avoir pas eu une mère auprès d’eux, etc. Cet homme a été ridiculisé, méprisé, montré du doigt par la noblesse de l’époque, alors qu’il n’avait aucun tort à se reprocher (ou si peu). La méchanceté et la vilénie de cette période et de ces gens, c’est vraiment quelque chose qui m’horripile. J’ai du mal à voir ça avec plus de recul. Du coup, ça me reste en tête après ma lecture, même si le sujet est ailleurs ou qu’on peut prendre le fait que ça soit relaté dans le roman, comme une forme de dénonciation des travers de l’époque. (Et puis, même si les temps ont changé, ça reste malheureusement encore trop actuel, bref, reprenons).

Au début j’ai apprécié Françoise, jeune, très femme, plein de joie et d’esprit, amoureuse de son époux et réticente à rester seule à la cour, mais plus j’avançais dans le roman, plus on apprend que la situation de favorite plus tient à coeur, qu’elle aime ça, se taper le roi et porter ses enfants finalement, plus je l’ai détesté. Pourtant, quand on y réfléchit, elle n’a fait que ce qu’on attendait d’elle à l’époque. Mais elle a pris la grosse tête, les gens ont commencé à la détester et moi avec. Après, on a pas réellement son point de vue ou très peu, du coup, est-elle heureuse elle ? Pas si sur.

Enfin, le roman n’épargne pas le Roi, la noblesse (française ou étrangère), les mœurs de l’époque (évoquées donc comme dénoncées finalement), du coup, c’est vrai que j’en garde quand même une bonne impression, même si j’ai pu être agacée par certaines choses pendant ma lecture.

J’ai bien aimé aussi les références qui sont introduites avec les personnages comme La Fontaine et les illustrations très parlantes qui aident à se faire une idée des lieux, personnages, etc. Les chapitres sont courts, le rythme est rapide, ça se lit très bien.

Sinon, j’ai aimé le travail de Jean Teulé, quand on regarde une biographie de Mme de Montespan, on se rend compte que tous les événements charnières de sa vie sont repris dans le roman (est-ce que tout est vrai, là c’est une autre question), de plus, la manière de décrire la réaction du Marquis, ses actions (comme repeindre le carrosse en noir et ajouter des cornes à son blason), sa manière d’envoyer bouler les émissaires du Roi, ou le Roi lui-même c’était vraiment un régal ! Le récit tout en image, avec un langage assez fleuri ou cru, pas mal de scène de sexe, de bravades, … ça m’a bien plu aussi, l’histoire est vraiment contée avec le style qu’il faut pour la mettre en relief, avec piquant et humour, mais aussi en n’occultant pas ce qui était dur, crasseux, sale, (au propre comme au figuré)…  Je pense donc que je relirai avec plaisir d’autres romans de  Jean Teulé. Et sans doute, le suivant viendra très vite avec Le Magasin des Suicides que je veux lire avant de voir l’adaptation au cinéma.

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Lecture commune dans le cadre du Club de Lecture Alille.com (16ème rencontre)

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C’est lundi, que lisez-vous ? #26

Découvert sur plusieurs blogs livresques, le lundi est le jour de la semaine choisi pour le  C’est lundi, que lisez-vous ?

N’hésitez à commenter avec vos lectures passées, en cours et/ou à venir.

Qu’ai-je lu la semaine dernière ?

J’ai fini  Merci pour les souvenirsde Cecelia Ahern dans le cadre de la LC de Tête de Litote, mon avis est en ligne,  j’ai terminé  Quintessence hiémale de Mathieu Guibé & Cécile Guillot et j’ai lu Le Montespan de Jean Teulé pour le club de lecture Alille.com qui se réunira mercredi.

Que vais-je lire cette semaine ?

Aujourd’hui j’ai commencé L’aube de la guerrière de Vanessa Terral, comme je dois aussi me consacrer à mes révisions de concours, je pense que je ne lirai que celui là cette semaine 🙂

« Marre de jouer les éboueuses ! De ramper dans les divers infra-mondes à traquer les monstres les plus tordus de la Création. Et maintenant, on nous envoie sans équipier, direct au casse-pipes ! Trop de boulot, qu’ils disent. Trop de manifestations. Il paraît que c’est à cause de la fin du monde. Quel monde, déjà, je ne sais pas trop… Mais quelle fin en plus ?! On a déjà eu droit à l’éclipse de 1999, au bug de l’an 2000, à l’ère du Verseau qui s’est glissé quelque part là-dedans et maintenant à décembre 2012 grâce à cette connerie de calendrier maya ! N’importe quoi…

Remarquez, je devrais quand même me méfier ; je suis bien placée pour savoir qu’en matière de légendes, il n’y a pas de fumée sans feu. La preuve : moi, ça fait trois semaines que je suis un ange guerrier.»

À peine décédée, Solange est envoyée à l’armurerie divine. Le Livre de saint Pierre a parlé : guerrière par prédisposition naturelle, mais ange sans grande valeur, elle ne sera d’aucune utilité dans la guerre qui oppose les siens aux démons. Autant l’utiliser près des Fosses, ces lieux dispersés dans les plans qui ont pour point commun d’abriter des Larves et autres créatures de cauchemar. Lesquelles ont une fâcheuse tendance à fuguer…

Un job qui n’a rien de bien intéressant – à part une meilleure connaissance des différents types d’effluves méphitiques – jusqu’à ce qu’elle découvre que les démons aussi envoient des guerriers dératiser les abords des Fosses. Dont Terrence et Aghilas… ce dernier possédant le même Don qu’elle, un pouvoir très rare visiblement : le Feu des Ténèbres”

Que vais-je lire la semaine prochaine ?

Pareil que le c’est lundi de la semaine dernière, je pense ensuite lire Le Lamento des Ombres des Enfants de Walpurgis ou Sorcières et sortilèges, ou encore Train d’enfer pour Ange rouge de Franck Thilliez. Le rythme sera encore moins rapide que d’habitude à cause de l’oral.

Et vous que lisez-vous ?

In My MailBox #20

In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. Il s’agit d’un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés.

Quoi de neuf dans mon sac ou ma boite aux lettres cette semaine ?

Cette semaine, j’ai reçu une commande : Le Montespan de Jean Teulé, la lecture commune du prochaine Club de Lecture Alille.com :

Une commande reçue de Priceminister par une super vendeuse qui a joint des cartes et des Carambars.

Ensuite j’ai été à la Porte des Mondes à Roubaix avec Cassiopée et NyrA, j’ai craqué sur deux recueils de nouvelles : Dames de Lune, Fées des Brumes aux Éditions Chat du Noir et Les Maléfices du temps de Michel Rozenberg.

Puis j’ai reçu le swap de Nyenna L’art dans tous ses états, avec un roman de Michel Bussi : Nymphéas Noirs, un cahier du cinéma sur Tim Burton, Sors de ce corps, William de David Safier, un petit livre de la collection Larousse : Découvrir Degas et Le fantôme de l’opéra de Gaston Leroux.

Et enfin, j’ai trouvé ce weekend c’était la Braderie de Lille, j’ai trouvé : Gataca de Franck Thilliez, Le chuchoteur de Donato Carrisi et Le nom de la rose d’Umberto Eco.

Encore une bien belle semaine et une PAL qui s’allllllonggggggggggge !!!

Et vous de bonnes surprises dans votre BAL ?