La croisade des Carpates de Vanessa et Diana Callico

La croisade des carpatesAsgard Editions, 376 pages, 19€

4ème de couverture

Comment réagiriez – vous si, au lieu de mourir, vous vous trouviez projeté dans le corps d’un jeune aristocrate du XVème siècle promise à ,Vlad Drakul ? C’est ce qui arrive, de nos jours, à Eva, étudiante en littérature, qui est poussée dans une faille volcanique par le linguiste qu’elle voulait retrouver. Celui – ci, possédé par l’esprit d’un légat du pape de Drakul, n’a que ce moyen pour sauver les deux époques de l’Apocalypse. Commence alors pour Eva une étrange quête qui doit la mener à comprendre pourquoi, au XXIème siècle, une étrange maladie ravage le monde et au XVème de monstrueuses créatures surgissent au coeur de la plaine du Danube.

Résumé

Eva rentre chez elle après une journée pourrie, elle retrouve son ami qui passe son temps à glander devant la télé, pendant qu’elle fait tout dans la maison, ou qu’elle bosse sa thèse ayant comme sujet les visions de l’Apocalypse à travers les âges. Ce soir-là, elle doit bosser avant de penser à se reposer, en effet, elle a le lendemain, un rendez-vous important avec un linguiste. Pendant ce temps, des catastrophes naturelles touchent de plus en plus de monde. Bien des siècles auparavant, Vlad Drakul reçoit le légat papal qui vient lui faire part d’étranges phénomènes… Et si tout était lié ?

Mon avis

Je tiens à remercier les auteures et la maison d’édition pour ce service presse. Malheureusement, je n’ai pas du tout aimé cette lecture. Je ne pense pas être le bon public pour ce livre.

Le lecteur découvre Eva une jeune fille de notre temps mais qui n’a pas vraiment confiance en elle, enfin, surtout qui se laisse facilement piétiner par les autres sans broncher. Son petit ami est un mufle mais elle ne s’estime pas assez belle pour pourvoir la ramener quand il lui fait une réflexion. Heureusement elle est passionnée par sa thèse et ses recherches et c’est ce qui lui permet de se sentir mieux. Cependant, des événements inattendus vont se produire et l’empêcher de mener à bien son travail. Comme le linguiste qu’elle doit rencontrer et qui lui fait faux bond sans donner d’excuse. Mais Eva décide d’aller quand même à sa rencontre. Pendant, ce temps, en parallèle, le lecteur découvre au 15ème siècle, le voïvode Vlad III Basarab, prince de Valachie, celui qui sera surnommé L’empaleur, brute, féroce et sanguinaire. Les événements feront que les deux époques se retrouveront liées et Eva mêlée à ce phénomène.

J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire, à un point qu’en fait, je ne suis jamais vraiment rentrée dedans. J’ai, je l’avoue lutter pour le terminer. Ce récit n’était vraiment pas fait pour moi. Je n’ai pas apprécié les personnages Eva, que je n’ai pas comprise et qui change du tout au tout quand elle change d’époque et qui pour moi, de ce fait manque de crédibilité. Et Vlad, qui bien que décrit comme le Vlad que l’on connait, n’agit pas du tout comme on l’attendrait de lui. Pas de personnages secondaires attachants ou sympathiques, personne qui m’a donné envie de le suivre et de savoir ce qu’il allait lui arriver. La relation entre Vlad et Eva manque pour moi de réalisme, il réagit un peu trop bien à ce qu’il découvre d’elle et change lui aussi complément. Je n’y ai pas du tout adhéré.

Pourtant, la période choisie et le personnage assez mystérieux et peu connu finalement de Vlad Drakul sont vraiment de bonnes idées de base. J’avais accroché à la description et finalement, je n’ai pas trouvé dans ce livre ce que j’attendais. Les faits historiques, ou du moins les liens entre les deux « terreurs » de cette époque Vlad et le sultan Mehmed II sont pour moi, pas assez développés, ce qui fait que je n’ai pas compris la moitié des passages… Il m’a manqué des clefs pour saisir les liens, pour relier les actions entre elles. On comprend qu’ils sont adversaires mais difficilement les subtilités et les enjeux de tout ça, je trouve. Concernant les phénomènes étranges, j’ai bien aimé l’idée de transformation, mais j’ai trouvé ça déséquilibré avec le reste, là on a plein de détails (du vocabulaire très spécial, heureusement que j’ai fait des études de bio), voire trop de détails. J’aurais préféré des révélations au compte goutte, qu’il y ait un mystère autour de ces phénomènes et qu’on ne le découvre qu’à la presque fin.

Pour les passages dans le présent, j’avais hâte qu’ils se terminent, c’est glauque et abordé de manière trop superficielle. On passe trop vite sur les phénomènes qui se passent pour se concentrer sur des choses trachouilles qui je trouve, n’avaient pas de raison d’être. Du moins, si elles avaient eu une explication et qu’elles servaient le récit pourquoi pas, mais là, personnellement, je n’ai pas vu l’intérêt. ça m’a bloquée pas mal mon début de lecture. J’aurai aimé plus de développement de la Catastrophe, peut être que cela sera expliqué dans les livres suivants mais j’avoue que je n’aurais pas l’envie de continuer juste pour savoir si ça sera le cas ou pas.

Un autre point qui a rendu ma lecture difficile, j’ai parfois du relire plusieurs fois certaines phrases pour les comprendre. Certaines sont mal tournées et on passe à côté de l’idée développée, et dans d’autres l’utilisation d’un mot à la place d’un autre, fait qu’on ne la comprend pas. Peut être que d’autres n’auront pas eu la même impression en tout cas, pour moi, le livre aurait gagné à être relu et certains passages retravaillés.

Il y a de bonnes idées mais pour me plaire, il aurait fallu qu’elles soient exploitées un peu différemment et que l’ensemble soit plus harmonisé. Je pense que plus d’explications sur les faits historiques (en note de bas de page, par exemple) comme l’explication de certains termes n’auraient pas complexifié le récit mais au contraire il l’aurait rendu plus abordable et plus fluide.

La croisade des Carpates n’a pas su me séduire, trop de choses ne m’ont pas plu mais je ne doute pas qu’il pourra trouver son public.

Au service des insectes de Cindy Van Wilder

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Editions Voy’[el], collection e-court, ebook, 0,99€

4ème de couverture

La peste a ravagé les cités-murailles. Jadis protégées derrière leur dôme, survolées de glorieux aéronefs, elles ne sont désormais plus que ruines où errent les survivants. Les Insectes ont envahi les territoires laissés vacants par les hommes. Leurs ruches s’élèvent fièrement à la conquête du ciel. Bess est l’une des femmes recrutées pour prendre soin de leurs larves, ce qui lui assure un minimum de confort. Mais en ces temps de dévastation, que peut encore attendre de l’avenir une humaine qui a tout perdu ?

Résumé

Bess vit avec Marge et Jeannie, qui sont comme elle des nourrices. Ces survivantes disposent d’un minimum de confort en échange de leur travail pour la ruche. Elles nourrissent et prennent soin des cocons des différents insectes de la Ruche. Bess se résigne à cette existence, elle aimerait en savoir plus, mais dans ce contexte, elle ne peut faire que survivre. Jusqu’au jour, où une attaque se produit..

Mon avis

Voici ma seconde lecture dans le cadre du partenariat entre le blog et la collection e-court des Editions Voy'[el]. Merci de me permettre de découvrir cette nouvelle et par la même occasion Cindy Van Wilder dont c’est le premier texte que je lis.

Une nouvelle angoissante !

Le lecteur pénètre dans un monde post-apocalyptique. Le monde était occupé par les Hommes et les Insectes (oui oui des insectes géants, terrifiant n’est-ce pas?). Protégés derrière les cités-murailles et leurs dômes, les humains cherchaient à  exterminer les Insectes considérés comme une menace. Mais la Peste a décimé les cités, les hommes luttent pour survivre et les Insectes ont envahi le monde. Rien que ce point de départ, pour une phobique des insectes, c’est l’horreur !!!! Mais comme j’adore me faire peur, j’ai lu cette nouvelle avec un plaisir mêlé d’appréhension !

Au cours de ma lecture, j’ai pensé à d’autres lectures (polars notamment) où des illuminés pensent que l’avenir appartient aux insectes, qu’ils domineront le monde et que l’homme sera anéanti par eux et la nature. Et bien, ici, ces passionnés des petites bêtes seraient enchantés, Cindy Van Wilder nous donne un aperçu de ce que serait ce monde et cela donne la chair de poule !

Nous suivons Bess, qui a un peu plus de « chance » que d’autres survivants, elle bénéficie d’un minimum de confort, car elle est Nourrice. Un poste considéré par les survivants comme humiliant et dégradant mais surtout comme une traitrise de la part de ses femmes qui ne cherchent qu’à survivre. Les autres survivants moins chanceux donc, vivent dans la rue, sans manger à leur faim, dans la misère et la pauvreté.

Bess s’occupe donc de nourrir et de prendre soin des larves des Insectes au sein de la Ruche. Elle s’efforce de faire au mieux en évitant de se remémorer son passé, dramatique. J’ai ressenti beaucoup de peine pour Bess et l’auteure nous permet de bien ressentir ses émotions, sa relative indifférence, ses questionnements, ses peurs, … La vie de Bess est loin d’être enviable, le travail est dur et la pression constante. Imaginez être inspecté, gardé, observé,… par des guêpes géantes, pas commode du tout… Bouhhhh Et encore s’il n’y avait que des guêpes … d’autres dangers rôdent, terrifiants, poilus

Bess est un personnage qu’on prend plaisir à suivre, elle qui a tout perdu, va découvrir qu’il reste peut être un peu d’espoir dans sa vie. Cette nouvelle est cependant trop courte !!! Oui, je sais c’est le principe de cette collection, mais là, quand même, j’aurais aimé suivre Bess plus longtemps, et en savoir plus sur ce monde si particulier (et oui même si les insectes et moi, on est pas copain-copain). L’auteure nous dépeint un monde qu’on aimerait découvrir plus en détails, qui ne rougirait pas d’être développer en format plus long ! 

J’ai apprécié cette nouvelle angoissante (voire même terrifiante quand on est phobique!), très bien écrite même si je dois reconnaitre que je reste sur ma faim concernant l’univers post-apo très intéressant qui mériterait un développement !!! Cindy Van Wilder a su créer une atmosphère étrange et particulière, entre courant glacé et torpeur moite, mélange d’oppression et de sérénité. Je suis contente d’avoir découvert une auteure, son écriture et je guetterais ses news concernant ses prochaines publications.

Merci encore aux Editions Voy'[el] et la collection e-court, pour ce partenariat très riche en découverte !!!

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JLNN