Ikigami, Préavis de Mort, Tome 10 de Motorô Mase

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Kazé Editions, 208 pages, 7,99 €

4ème de couverture

Alors que la guerre contre la Fédération est sur le point d’éclater pour de bon, les émeutes se multiplient contre la Loi de Prospérité Nationale. La chasse aux éléments dégénérés redouble d’intensité, et quand le piège se referme finalement sur Fujimoto, tout ce qu’il s’était toujours efforcé de préserver s’effondre. Mais il est trop tard, désormais, pour jurer allégeance. Les seules issues qui lui restent sont la fuite, la résistance ou la mort.

Résumé

Après avoir découvert l’existence de l’Union pour un Nouvelle Révolution et  l’imminence d’une guerre entre le pays de Fujimoto aidé de son allié (autrefois ancien ennemi) et la Fédération asiatique, Fujimoto décide d’agir. Mais que va-t-il faire ? Aider la rébellion ? Choisir le gouvernement et la loi de prospérité nationale ? Et dans le pays que va-t-il se passer à l’annonce d’un confit ?

Mon avis

Attention, ce billet contiendra des spoilers. Si vous êtes en train de lire cette série ou bien que vous souhaitez la commencer, je vous conseille de lire le billet sur le Tome 1 et les 2 billets sur les tomes 02 à 05 et tomes 06 à 09. Dans ceux là, je ne donne que peu d’informations sur le fil rouge, sur Fijimoto.

Dans ce dernier tome du manga, on assiste qu’à une seule « livraison » d’Ikigami, dans la première partie. Dans celle-ci, « Ces mots qui ont été confiés », on suit un membre de la police kokuhan. Il est assez violent alors qu’avant son entrée dans la police il était plutôt peureux. On lui diagnostique une tumeur bénigne influant sur ses émotions. Ce policier va recevoir l’ikigami. Dans le même temps, les services liés à la loi de prospérité nationale, et donc la police kokuhan reçoivent la visite d’une délégation japonaise qui réfléchit à instaurer la même loi au Japon, un pays ami dont l’allié est les USA. Le Japon instaura-t-il une loi similaire dans son pays ? Comment va réagir le policier ?

On découvre donc que le pays de Fujimoto n’est pas le Japon comme on aurait pu le croire jusqu’ici. Son pays et son alliée puissant ancien ennemi se seront jamais nommés, on peut laisser notre imagination choisir des pays existants ou penser à des pays juste imaginés pour illustrer la noirceur de l’humanité.

Il est temps pour Fujimoto, notre livreur d’Ikigami, d’agir, il va donc faire quelque chose de contraire à la loi de sauvegarde de la prospérité nationale, pour soulager sa conscience et qui correspond à ses principes. En prenant, du moins, le pense-t-il toutes les précautions nécessaires pour se protéger. L’allié du pays de Fujimoto déclare la guerre à la fédération populaire asiatique qui refuse de reconnaître la souveraineté du pays de Fujimoto.Pour faire face à la guerre, alors que le pays n’est pas armé militairement, le gouvernement fait un appel au « recrutement de personnel combattant de renfort ». On demande aux personnes entre 18 et 24 ans de s’engager pour défendre leur pays avec compensations (qu’on ne nous révèlent pas). Les habitants se soulèvent ne voulant pas la guerre. Des manifestations éclatent partout dans le pays.

Que va-t-il se passer pour Fujimoto ?

ATTENTION A PARTIR D’ICI C’EST MEGA SPOILER !!!!!!!

Dans la deuxième partie de ce tome 10, « Le pays mirage », on découvre que Fujimoto a été arrêté pour atteinte à la loi de sauvegarde de la prospérité nationale. Il a subi pendant 6 mois le programme de rééducation idéologique. Il retourne à l’extérieur l’âme purifiée, jurant fidélité absolue à son pays, régénéré, un « pur adorateur de la prospérité nationale ». En gros, il a subit une rééducation dans des conditions draconiennes et terribles, presque un lavage de cerveau, afin qu’il comprenne qu’il vaut mieux prendre le parti du gouvernement que celui de la rébellion.

Comme pour tous les dégénérés, il va au devant d’années d’humiliations. Il ne verra plus jamais ses parents qui refusent d’avoir un criminel politique dans leur famille. Il n’avait quasiment pas d’ami, seul son ex-patron a accepté d’être son référent. Lors de leur première rencontre après sa sortie du Centre, il lui propose de surveiller les ex dégénérés politiques comme lui. En fait, on apprend que son patron est un commissaire de la police de sauvegarde infiltré. Comme dans les histoires qu’il lui racontait dans les tomes précédents, voilà pourquoi, ce patron qui semblait de son côté en savait autant sur tout.

On découvre que Fujimoto a été piégé. Il est contraint d’enquêter sur une ancienne connaissance. Pendant ce temps, le pays est en guerre. Sous la protection de l’armée alliée qui a pris « possession » du pays, avec couvre feu, contrôles…

Pour recruter des combattants entre 18 et 24 ans, on leur a promis un antidote à la nanocapsule, au vaccin pour la prospérité nationale, bien sur secret, aucun nom n’étant révélé, tous les jeunes se précipitent pour avoir l’antidote. Pour ceux entre 25 et 40 ans, on  promet l’antidote a un membre de la famille ayant été vacciné avec la nanocapsule. Et pour ceux qui ne sont pas dans la tranche d’âge et qui n’ont pas de membres à « sauver », on leur propose de ne pas vacciner leur enfant à l’entrée en primaire.

On apprend les véritables visées de la loi de sauvegarde. Le peuple du pays de Fujimoto est un réservoir à soldats pour leur allié. On leur explique qu’il ont plus de chance de survivre à la guerre car ils maitrisent leur destin, que de mourir par  mort honorable. Les gens s’en sont persuadés alors que c’est faux, alors que c’est retourner le gouvernement qu’il faudrait faire.  La loi n’était qu’un instrument de propagande. Les gens sont des « moutons » qui croient aveuglement ce que leur raconte le pays (sauf certains mais ils sont trop peu nombreux, muselés, et traqués). Ils ne s’aperçoivent pas qu’ils ont été joué par leur gouvernement et leur allié, qui rappelons le, était leur ancien ennemi.
Que va faire Fujimoto ? Est-il vraiment endoctriné ? Va-t-il s’allier avec la police kokuhan ? Va-t-il fuir ? Va-t-il rejoindre la rébellion ?

FIN DU SPOILER

On a donc ici un énorme rebondissement de l’histoire, on a le vrai but de la mise en place de la loi de sauvegarde de la postérité nationale, du vaccin, des morts … J’ai beaucoup aimé cette révélation à laquelle je ne m’attendais pas du tout ! Je ne pensais pas du tout que l’intrigue allait prendre ce chemin et cette tournure. Même si certains éléments sont disséminés dans les tomes précédents, je m’attendais pas à cette histoire, au double jeu de certains personnages.

Par contre, un bémol, ça va beaucoup trop vite, je pense qu’on aurait pu se passer du tome 8; et commencer les révélations dès ce tome, ça aurait permit d’avoir plus d’éléments et surtout le gros manque, de savoir ce que va devenir le pays de Fujimoto. Je ne vous dit pas le choix de Fujimoto (ceux qui veulent savoir ce choix peuvent me demander par mail ou en commentaire, je leur répondrais) mais j’ai été un peu déçue.

En plus, sur ce tome, on a de la part de l’auteur, comme une publicité pour le Japon. Je ne lui reproche pas d’aimer son pays, mais quelque chose m’a gêné, sur quoi, je n’arrive pas vraiment à mettre de mot. Peut être juste parce que cette fin est trop rapide (un peu facile ?).

Bon, pas à dire, quand même, c’était une très bonne série, même si certains tomes sont un peu moins bien et si on attend un peu trop longtemps la révélation finale, parce qu’une routine dans la vie de Fujimoto s’installe, on a envie de savoir, on a envie de comprendre. Je trouve qu’on ne s’ennuie pas, chacun des tomes nous apprend quelque chose, soit sur l’histoire, soit sur notre société, soit sur notre façon de penser ou voir les choses. Ces 10 tomes sont vraiment magnifiques en plus, l’histoire, mais aussi les dessins percutants et durs, qui vont tellement bien avec ce qui se passe dans le pays de Fujimoto. ça semble si réaliste, c’est effrayant. Une série pleine d’émotions et de réflexions. Entre espoir et désespoir, manipulations et philosophie de vie.

Ceux qui me connaissent savent que moi et les mangas c’est vraiment pas ça, mais là j’ai vraiment apprécié, j’avais l’impression de lire un thriller d’anticipation (un peu comme Enfants de la paranoïa, même si l’histoire est différente). C’est efficace en tout cas. Une série que je conseille aux amateurs de ce genre. Après, n’étant pas spécialiste, je ne sais pas si les fans de manga y trouveront leur compte.

La fin me laisse un peu sur ma faim mais je pense quand-même que c’est une conclusion qui se tient et qui en satisferont beaucoup. Ravie d’avoir découvert cette série. Je tiens à remercie mes coupains Elodie et Maxime qui m’ont prêté l’ensemble des 10 tomes et pour leur patience, je vous les rends bientôt 😉

Et vous avez-vous lu ce tome ? Qu’en avez-vous pensé ? Qu’avez-vous pensé de la fin de cette série ?

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Ikigami, Préavis de Mort (01) de Motorô Mase

Kazé Editions, 206 pages, 7,99 €

4ème de couverture

Dans notre pays, une loi entend assurer la prospérité de la nation en rappelant à tous à tous la valeur de la vie. Pour ce faire, un jeune sur mille entre 18 et 24 ans est arbitrairement condamné à mort pour une micro-capsule injectée lors de son entrée à l’école. Lorsque l’on reçoit l’Ikagami, c’est qu’il ne nous reste plus que 24 heures à vivre. Mais à quoi passer cette dernière journée, lorsqu’on n’a pas eu le temps de faire sa vie ? Que feriez-vous de vos dernières 24 heures ?

Résumé

Dans la pays où se déroule l’action, les élèves lors de leur premier jour d’école se font vacciner. Mais il ne s’agit pas une vaccination médicale, une seringue sur mille contient une nanocapsule qui entrainera la mort du vacciné entre 18 et 24 ans, comme le veut la Loi pour la Sauvegarde de la Prospérité Nationale. Fujimoto est fonctionnaire d’Etat et sa fonction est de délivrer les Ikigami, préavis indiquant au sujet qu’il va mourir dans 24h. Il débute dans la fonction et doit livrer 2 à 3 Ikigiami par mois. Cette tâche semble simple mais annoncer la mort est difficile, le « livreur » doit être détaché, seulement Fujimoto commence à se poser des questions sur l’honorabilité de sa tâche.

Mon avis

On assiste à deux « livraisons » d’Ikigami. Les adulescents qui reçoivent ces préavis, ne vont pas avoir la même réaction face à leur mort prochaine et rapide. Et en fil conducteur, on observe Fujimoto lors de la livraison de l’ikigami, éventuellement pendant les 24h et le point effectué avec son supérieur à chaque fin d’histoire.

Je n’aime pas tellement les mangas (ni même les BD) mais ce livre a été choisi comme lecture commune de la 14 réunion du Club de Lecture Alille.com, j’ai donc joué le jeu et je l’ai lu. Et je dois dire que ce n’était pas si mal. Même si j’ai beaucoup de mal à me concentrer sur les images et sur les textes -je suis régulièrement obligée de revenir en arrière regarder les dessins pour être sure de ne rien louper- j’ai trouvé le thème abordé bien trouvé et les dessins sombres et noirs, précis et réalistes tout à fait en phase avec le sujet traité ici.

On débarque dans un régime qu’on peut considérer comme totalitaire, qui pour « la Prospérité Nationale » décide de terrifier la population dès leur plus jeune âge et en leur mettant une épée de Damoclès au dessus de la tête. Ils peuvent très bien vivre vieux comme mourir entre 18 et 24 ans. Cette solution a été mise en place principalement pour réduire la délinquance et le nombre de suicide dans le pays. Ainsi les dirigeants sont convaincus que les jeunes vivront leur jeunesse pleinement et en filant droit. Les familles des « victimes de la nanocapsule » sont indemnisées. Mais si le « condamné » n’emploie pas à bon escient les 24h qui lui restent, toutes les conséquences de ses actes retomberont sur sa famille…

Seulement, on s’aperçoit assez vite que ça ne marche pas vraiment, la première personne a qui Fujimoto remet l’Ikigami a été maltraité et violenté par ses camarades de classe et il s’aperçoit, des années plus tard, que certains jeunes de son quartier, le sont aussi. La menace d’une éventuelle mort prochaine, n’empêche pas la haine, la délinquance et l’irrespect. En plus, cette échéance aléatoire tombe sur n’importe qui, d’où un sentiment profond d’injustice !

Fujimoto commence à mesure qu’il découvre sa fonction à se poser des questions, il tente bien d’en parler à son supérieur mais se rappelle aussitôt que poser des questions est mal vu, tellement mal vu, qu’à la moindre rébellion, le fonctionnaire se voit injecter la nanocapsule. De ce fait, Fujimoto nous apparait un peu passif, mais il est « coincé » dans sa fonction et ne sait probablement pas quoi faire. Nous occidentaux, on a envie qu’il se rebelle, s’oppose à cette Loi et vite, mais il est pris dans un système, dans les rouages d’une administration et dans une culture de groupe qui laissent peu de place à une réaction violente et spontanée.

Les histoires contées (deux dans ce tome) montrent les réactions différentes des personnes recevant l’Igikami :  de la colère, de la résignation, du déni, de l’incompréhension,… L’Ikigami, ça n’arrive qu’aux autres non?  Dans ce tome, le premier à recevoir l’Ikigami, au regard de son passé va se tourner vers la vengeance, mais est-ce la peine de se venger quand vous n’avez plus la possibilité de faire des projets d’avenir ? Le second personnage va plutôt profiter pour changer la situation dans laquelle il est, va tenter d’accomplir quelque chose.

L’idée de base de ce manga est très intéressante et le traitement est bien fait, ce premier tome est vraiment pas mal. On se pose beaucoup de questions, on est amené à réfléchir non seulement à ce qu’on aurait fait à la place des personnages mais également à ce qu’on ferait nous, à ce qu’est cette société, la notre, etc.

J’ai eu du mal au début, parce que tous les fonctionnaires se ressemblent et j’en suis même venue à confondre des personnages, je me suis même demandée si c’était voulu ou non. Les fonctionnaires sont dans un tel système qu’il n’y a pas d’individualité, tous alors se ressemblent. Mais peut être que c’est juste moi, qui n’est pas l’habitude des graphismes et des mangas et qui n’est pas assez fait attention aux détails.

Lors de la réunion du Club de lecture, ceux qui ont lus les tomes suivants sont déçus parce qu’il ne se passe pas grand chose, Fijimoto continue ses interrogations mais ne passe pas à la phase de révolte, les histoires contées manquent d’originalité et se répètent un peu. Je ne sais pas du coup, n’étant pas déjà fan à la base en plus, poursuivre cette série même si ce volume est très bien.

Moi dans cette histoire, j’aimerai un rebondissement du style : livraison d’un Ikigami, la personne déconne mais le système a eu une faille et le « condamné » ne meurt pas. L’administration essaie de cacher l’évènement mais les rumeurs se propagent, le « miraculé » doit assumer ses actes mais en profite pour alerter l’opinion publique, la révolte gronde, le pays se soulève. Mais je ne pense pas que ça se passe comme ça 😀

Et vous l’avez-vous lu, qu’en avez-vous pensé ?

In My MailBox #11

In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. Il s’agit d’un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés.

Quoi de neuf dans mon sac ou ma boite aux lettres cette semaine ?

Cette semaine, un prêt, un achat sur TheBookEditions.com, un passage à la Porte des Mondes à Roubaix, un rachat et une visite de l’exposition de Tim Burton à la Cinémathèque de Paris ! Que du bon, voyez plutôt :

Lilith m’a prêté Ikigami, Préavis de Mort, T1, de Motorō Mase, qui est à lire pour la 14ème réunion du Club de Lecture Alille.com 

J’ai commandé un livre sur TheBookEdition.com et je l’ai reçu super vite ! Il s’agit de Sorcières et Sortilèges des Enfants de Walpurgis


J’ai ensuite été avec NyrA à la Porte des Mondes à Roubaix, l’occasion de lui remettre son lot gagné lors de mon premier concours, de lui racheter Le Ballet des âmes de Céline Guillaume et de lui rendre les livres qu’elle m’avait si gentiment prêté. Je suis repartie avec Le Pantin sans Visage d’Aalehx que je voulais depuis un moment et Au sortir de l’ombre de Syven ! Un mercredi sous le signe des Editions du Riez ! ❤

Il ne me restera plus qu’Abinsthes et Démons d’Ambre Dubois et Les Tangences Divines de Franck Ferrict et j’aurais tous les livres des Editions du Riez qui me font de l’oeil !

Et enfin, je reviens aujourd’hui de la cinémathèque à Paris où j’ai pu faire l’exposition Tim Burton et je suis repartie avec des goodies que vous retrouverez dans un article sur cette exposition et avec Dada, la première revue d’art sur Tim Burton et le catalogue de l’exposition Tim Burton (MoMA / La cinémathèque Française)

Voilà c’est tout pour cette belle semaine !

Et vous de bonnes surprises dans votre BAL ?