Punk’s not dead d’Anthelme Hauchecorne

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Midgard Editions, 461 pages, 16,50€

4ème de couverture

À quoi l’Apocalypse ressemblerait-elle, contée par un punk zombi ?
Qu’adviendrait-il si le QI des français se trouvait d’un coup démultiplié ? Un grand sursaut ? Une nouvelle Révolution, 1789 version 2.0 ?
Est-il sage pour un mortel de tomber amoureux d’un succube ?
Les gentlemen du futur pourront-ils régler leurs querelles au disrupteur à vapeur, sans manquer aux règles de l’étiquette ?
Comment se protéger des cadences infernales, de la fatigue et du stress au travail, lorsque l’on a le malheur de s’appeler « La Mort », et d’exercer un métier pour laquelle il n’est pas de congés ? 
Autant de sujets graves, traités entre ces pages avec sérieux. Ne laissez pas vos neurones s’étioler, offrez une cure de Jouvence à vos zygomatiques. Cessez de résister, accordez-vous une douce violence…De toute évidence, PUNK’S NOT DEAD a été écrit pour vous.

Mon avis

Définitivement fan du style d’Anthelme Hauchecorne !!!

Merci à Anthelme Hauchecorne et aux Editions Midgard pour ce partenariat !

J’ai vraiment beaucoup aimé ce recueil de 13 nouvelles, 13 histoires qui montrent l‘étendu de l’imagination de l’auteur, de son besoin de faire passer des messages de manière percutante et fun ! Toujours des sujets graves, traités de façon intelligente et non rébarbative. De la folie des hommes dévastant notre planète, à l’évolution engendrée par le chaos social, une palette de thèmes et de personnages habillement croqués, prennent vie sous la plume aiguisée et fluide d’Anthelme Hauchecorne. On sent parfois que des nouvelles datent un peu dans le sens où le style est peut-être plus balbutiant mais dans l’ensemble, 13 bijoux de précision, de beauté et de noirceur mêlés, de réflexion.

Le livre est magnifique ^^ La couverture est belle, je m’en lasse pas de la regarder (surtout quand on sait qui est en couv’), et les illustrations de Loïc Canavaggia sont superbes, je ne serais que trop vous conseiller de découvrir son coup de crayon. Chacun de ses dessins illustrent à la perfection les nouvelles d’Anthelme. A chaque fin de nouvelle, je revenais à l’illustration et je m’émerveillais des détails, de la justesse de l’interprétation. Vraiment bravo !

Autre élément génial dans ce recueil, les backstages, 2 ou 3 pages dans lesquelles Anthelme Hauchecorne, nous livre quelques clés sur la nouvelle, si elle est issue d’un appel à texte, le sujet devant être traité, son envie de faire passer tel ou tel message; si la nouvelle a été primée ou pas, ou encore ses influences musicales, lors de l’écriture du texte. C’est vraiment intéressant et montrent à quel point, il s’investit dans son écriture.

Difficile de dire quelle nouvelle j’ai préféré, je pense que certaines m’ont marquées plus que d’autres certainement quand le thème me touchait plus mais dans l’ensemble, j’ai passé 13 excellents moments de lecture ^^ Peut être une préférence pour la première, Décembre de cendres, où on est plongé dans le post-apo dès les premières lignes, ou La grâce du funambule qui se déroule à Roubaix ou encore La guerre des Gaules, où nos pires cauchemars deviennent réalité. Non décidément, c’est trop difficile de choisir !

Décembre de cendres, est une très belle nouvelle, mettant en scène Eva qui habite Brûle-Peste. Budapest post-apocalypse, où pour aider sa mère malade à se soigner, Eva va devenir Scropailleuse, un sort peu enviable, un « métier » où les plus fluets excellent, puisqu’il s’agit de rechercher dans les ruines de la ville des vestiges de l’ancien temps (conserves, bijoux, tableaux, alcool,…). Mais ces zones sont instables; le travail est dangereux, et les employeurs intraitables.
Quelle entrée en matière ! Cette nouvelle est très travaillée, superbement bien écrite, on est véritablement transporté dans le monde post-apo fantastico-réaliste et social ^^ Une leçon de vie pour Eva. Et pour nous ?

Sarabande mécanique est une nouvelle steampunk ^^ Dans le système planétaire Elisabeth IV, sur une planète quelque peu inhospitalière (mais ça n’a pas empêché les hommes de la coloniser ^^) Lord Patton et Edward Fleetwood attendent les témoins de leur duel… Une histoire comico-tragique, mêlant habillement les thèmes des classes sociales, du pouvoir, des conflits générationnels,… Le côté steampunk est très réussi, détails vestimentaires, vocabulaire, technomancie,… Une réussite agrémentée de références au cinéma de Kubrick.

No future. Le 25 décembre 2012, Johnny Rotten prend la plume pour écrire son témoignage, son testament. Suite à la Super Grippe, les survivants se sont faits rare mais ce n’était que la première étape de la destruction de l’Humanité par Mère Nature…. No future, ou l’apocalypse selon un zombi punk ! Nouvelle déjantée sur le retour de bâton de Mère Nature dans la face des êtes humains dépourvus de bon sens ! Tout ça est ma foi… assez juste !

C.F.D.T. Une légende existe sur un manoir hanté. Le père Gracchus, s’y rend pour l’exorciser mais au lieu d’y parvenir, il se retrouve témoin du legs du fantôme à une drôle de Confrérie…  De son côté, un viking recherche 3 jeunots jamais revenus de la chasse aux dragons…. Deux mondes qui vont se croiser… J’avoue avoir moins accrochée à cette nouvelle. J’ai bien aimé y retrouver des dragons, des fantômes. Mais je l’ai trouvé assez mal construite comparée aux autres nouvelles du recueil. Elle date de 2007, je pense que depuis Anthelme s’est doté un style plus percutant qui lui sied mieux. Ici c’est plus faible, sympa mais sans plus.

Sale petite peste, est une nouvelle tirée d’Hommage à Sir Terence ! 1349, la Mort est submergé de boulot avec l’épidémie de peste qui traverse l’Europe, la Pestilence nie y être pour quelque chose, bizarre… La Mort se rend chez M. Marasme, mort depuis 6 mois, recueillir son âme malgré le retard du à la pandémie. A sa grande surprise, il découvre que Mme Marasme est enceinte mais de moins de 6 mois, que se passe-t-il ? Qui se cache derrière ça ?
Je l’avais donc déjà lu, et c’est une nouvelle que j’adore ! Déjà le personnage de la Mort est un de mes préféré et je trouve d’Anthelme a su plus que très bien exploiter ce perso dans la lignée de Terry Pratchett ! Et on assiste à la naissance d’un personnage intéressant ! Du tout bon !

Les gentlemen à manivelle, est une nouvelle assez courte. L’histoire d’Eugénie au service de Maitre Brimborion. Maitre tête en l’air ou décarochant qui confond ses automates, les uns avec les autres. Heureusement il y a Eugénie et son sens inouï de la répartie !!! Un zeste de steampunk et une grosse dose d’humour, pour une nouvelle sur les robots un peu moins engagé que les autres nouvelles mais avec une fin très sympa ! Un gros plus pour les échanges entre Eugénie et Maitre Brimborion !

La guerre des Gaules, Énorme nouvelle ! Imaginez que le parti Nouvelle France (même si celui qui souhaite la fermeture des frontières, la sortie de l’Euro,…) gagne les élections de 2029. 5 personnalités reviennent sur cet événement qui plonger la France en guerre civile, car les pauvres sont toujours plus pauvres, les riches toujours plus riches, et  l’Europe s’en lave les mains… Et si pour s’en sortir, l’homme devait évoluer ? Sur un ton tantôt badin, tantôt hautin, tantôt beauf et tantôt aristo, à l’image des personnages interviewés , on découvre que la France devient après la victoire des extrémistes et des cons… Et nous ne sommes pas à l’abri que ça nous tombe sur le coin de la gu*ule… Sauf qu’on n’aura pas la chance d’évoluer … si ?  Une nouvelle marquée par un engagement sur un ton humoristique mais caustique et dénonciateur une série de thèmes sérieux et graves sont abordés, une excellent façon de faire passer le message (sur les différences, la société qui nous veut faire de nous des moutons, des abrutis, plus facile à manipuler). Une réussite !

Voodoo doll est une nouvelle assez courte, nous contant la nouvelle affaire d’un privé  chargé de retrouvée une jeune fille Angélique, qui a fuit son domicile. On decouvre un privé désabusé, une sorte d’anti-héros.  Anthelme Hauchecorne change de registre et se met au noir, et ça lui va plutôt bien ! A quand un polar, made in Hauchecorne ?

De profondis nous fait est une révélation, les dragons existent ! Ils vivent dans les profondeurs abyssales de nos océans. Mais leur nombre se réduit depuis peu. Que se passe-t-il ? Qui ou quoi s’en prend aux derniers géants ? Une nouvelle originale, l’accent est porté sur l’imagination qu’inspire le monde des mers et des profondeurs inexplorées. Mystères et créatures étranges. Moi aussi quand je vois les reportages sur tout ce qu’on aurait à découvrir dans le fond des océans, ça fait travailler mon imaginaire, j’ai beaucoup aimé !

La ballade d’Abrahel, une réécriture de conte lorrain. Martin, éleveur de brebis est marié à Martine. L’union n’est plus si heureuse, Martin reluque un peu trop la jeune et jolie Catherine. Mais Martin est dupé, Catherine n’est pas celle qu’il croit. La nuit, le succube reprend son apparence, et rentre dans son monde. Où il cherche à racheter un objet particulier mais là bas, tout se paie en âme… Une nouvelle qui m’a beaucoup plut! Le démon est plus qu’il n’y parait, que ce que l’on en voit. J’ai beaucoup aimé la fin.

Buto atomique, une nouvelle un peu en marge des précédentes, mélange de réel et de fantastique. C’est au lecteur de se faire son propre avis et de choisir. Un patient confie à son médecin la façon dont il a miraculeusement survécu à des radiations. Mais pour comprendre comment il a pu guérir, il lui faut raconter comment il a été contaminé. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle, belle et gracieuse comme le thème de la danse développé ici. Très originale sur des sujets qui m’ont touchée. Je recommande !

La grâce du funambule, ou quand un jeune diplômé de Roubaix, souhaite quitter la ville et son homme pour rejoindre Paris et vivre son rêve. Julian est comme un funambule, en équilibre, obligé d’avancer pour ne pas tomber, pas possible de faire demi-tour. Une quête d’idéale dans un monde corrompu. J’ai été touché par cette nouvelle. C’est la seule qui n’a pas de touche fantastique, un défi pour l’auteur, réussi. J’ai adoré, les personnages, la façon de rendre hommage à Roubaix, à son passé historique, ses écoles de mode, tourné vers l’avenir, où une certaine misère sociale évolue dans un monde de strass et de paillettes, deux mondes opposés mais pourtant soudés. Une nouvelle « blanche » très réussie.

Le roi d’Automne, quand Dawn retrouve enfin l’Univers du Sidh qu’elle a tant adoré !!! (oui je parle de moi à la 3ème personne ;p) Qui a lu Âmes de verre, retrouvera avec plaisir un des personnages charismatiques du livre et ceux qui n’ont pas lu auront un avant gout de ce livre fantastique ! L’action se passe avant Âmes de verre, et Ambre est adolescente. Elle est jeune et chiante! J’adore ❤ Ambre est issue d’une famille ayant pour mission de protéger les Dormeurs des Daedalos qui essaient de passer à la Surface. Les jeunes de ces familles particulières doivent une nuit de Samhain, descendre dans l’En-Deçà, acquérir la Vue et la preuve de leur passage là bas, une arme ou un Daedalos ! Bref, une mission périlleuse. Ambre réussira-t-elle ? Est-elle vraiment maitresse de ces choix ? Une nouvelle que j’attendais et je n’ai pas été déçue, retrouver l’En-deçà, les Daedalos, l’étrange famille d’Ambre, un régal ! J’espère que cette nouvelle vous donnera envie de vous jeter sur le Tome 1 du Sidh, ça vaut vraiment le coup !

Voilà, à part un ou deux nouvelles que j’ai trouvé en-deçà des autres, j’ai vraiment beaucoup aimé ce cercueil de nouvelles ! Je regrette de ne pas avoir Baroque’n’roll dans ma PAL mais j’attends sa réédition (si je me trompe pas, ça devrait avoir lieu un jour), histoire d’avoir un aussi joli ouvrage que ce Punk’s not dead !!!!

Ces 13 nouvelles à leur manière plus ou moins développée, font réfléchir, abordent sur le ton de l’humour, de la dérision (permit par l’Imaginaire), des sujets sérieux et graves. Je n’ai pas eu l’impression qu’on voulait me donner des leçons, mais plutôt me permettre de réfléchir, de développer ma propre opinion, de m’intéresser à des sujets importants, sur des questions sociales et environnementales. Mais surtout Punk’s not dead est un recueil qui emporte son lecteur dans plusieurs univers et qui le fait réfléchir et moi c’est ce que j’aime dans mes lectures ^^ Une écriture belle, intelligente, fluide, un style percutant, de magnifiques illustrations, je vous recommande l’auteur et l’ouvrage !

Bonne lecture 😉

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JLNN

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Rue Farfadet (Les extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, T1) de Raphaël Albert

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Les éditions Mnémos (collection Hélios), 281 pages, 9,90€

Lecture commune avec Ivy de La Plume d’Ivoire et Zina de Les Pipelettes en parlent

4ème de couverture

Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Chapeau melon vissé sur le crâne, clope au bec, en compagnie de son fidèle ami Pixel, il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères à photographier, des maris jaloux, des femmes trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux que tout ceci. Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars, les cafés et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames…

Jusqu’au jour où, lors d’une banale enquête de routine, il se trouve mêlé à une machination dépassant l’entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l’affaire par l’un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ?

Résumé

Tout commence avec Martin le nain, vivant à Saltrouville en banlieue de Panam, avec sa femme Griselda. Martin vit son petit train train quotidien. Mais Martin a la chance de ne pas faire un métier de nain (égoutiers ou tunneliers), il travaille dans l’administration duccale. Seulement Martin en sortant de son travail, va rejoindre quelqu’un dans un hôtel en tout discrétion. Enfin, pas suffisamment, Griselda a des soupçons, elle embauche Sylvo, un détective privé, elfe de son état pour suivre son nain de mari. Un jour, Sylvo est en planque au café non loin de l’hôtel, histoire de voir sortir Martin, pendant son attente, il observe. Ce qu’il voit l’inquiète un peu mais pas le temps de pousser plus avant, Martin est déjà sorti de l’hôtel. Alors qu’il allait se remettre en route, le café est victime d’un attentat, un de plus qui secoue Panam depuis quelques mois. Personne ne sait qui est derrière toi ça. La police piétine. Sylvo va se retrouver embarqué, dans une affaire beaucoup plus complexe…

Mon avis

Un pur moment de détente !

Je me suis beaucoup amusé avec ce roman de Raphaël Albert !!! Déjà ça commence bien, la couverture d’Aurélien Police ❤ juste trop belle, une nouvelle collection, un format poche, bien pratique à emmener partout, j’adore ! Et puis…

On découvre un Paris devenu Panam des années 1880, un peu steampunk, beaucoup fantasy, pas mal polar, avec beaucoup d’humour ! Que du bon !!!  J’ai beaucoup aimé cet univers créé par Raphaël Albert, une ville qui ressemble à ce qu’on connait mais un monde avec 3 lunes, des rythmes différents, des noms d’heure, de jour, de mois à la fois différent et proche des nôtres. C’est à la fois original et dans le respect de certains codes. Le steampunk est léger mais on découvre de un Panam industrialisé, avec les premiers véhicules à moteur, la photographie, le contrôle du climat, etc. Tout reste en lien avec le monde fantasy et on croise autant de magie que de science.

Le personnage principal est Sylvo Sylvain, un elfe détective qui a dure quitter Toujours-Vert, la terre des elfes. Sylvo est un exilé, on ne sait pas pourquoi il a du quitter sa forêt, sa vie, son oxygène, … mais on comprend que c’est très difficile pour lui. Il enquête donc sur un adultère entre un nain et … une humaine! Mais quelque chose cloche, qui est le 3ème personnage qui débarque dans cette chambre d’hôtel ? Qu’est-ce qu’il n’y aurait pas autre chose là dessous ? Peu importe pour Sylvo, il a des créanciers à payer, pas le moment de se poser des tas de question dont les réponses ne serviront pas. Autant faire son rapport à Griselda et passer à autre chose. Sylvo est attachant. J’ai aimé sa façon de voir les choses, ses meurtrissures, un passé qui semble douloureux, qui lui donne une consistance mais surtout de l’autodérision, de l’humour, un peu l’antihéros. ça colle très bien avec le côté polar du livre en plus, et ce type d’enquêteur j’adore ! Vous savez, le détective qui fume comme un sapeur, aime le ouisk (ou la bière), qui trainasse, les choses lui tombent dessus comme ça mais il est loyal, avec un coeur gros comme ça. Voilà vous y êtes ! J’ai adoré Sylvo quoi 😉

On découvre que Panam est régi par un système ducal, 3 ducs. Mais tout n’est pas simple, il semble y avoir des tensions, des mystères et des secrets d’alcôves… On découvre un peu l’histoire de la ville (le libérateur Djizu, etc.). En parallèle, à l’enquête de Sylvo, on apprend donc les dessous supposés de Panam, les attentats qui se déroulent depuis quelques temps déjà, dont la spécificité est d’utiliser des élémentaux (air; feu;..). Mais qui commet ses attentats ? Pourquoi ?

Raphaël Albert croque toute une série de personnages d’espèces différentes : des orques, des gobelins, des trolls, des nains,… mais c’est tellement bien fait qu’on a pas l’impression d’une sur-enchère dans le côté fantasy. Chacun a un rôle à jouer dans l’intrigue, dans la ville et aucun n’est vraiment le bienvenu chez les humains de toute façon. J’ai beaucoup aimé Pixel, je vous laisse découvrir qui c’est, j’ai beaucoup aimé son interview par exemple.

Il y a pas mal d’effets de style dans ce roman (ce qui pourra peut être en rebuter certains mais qui moi m’ont conquise !), par exemple, on est en train de construire La Tour des Fées… Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. On retrouve ça pour les noms de rue, de monuments, de places, … J’en ai compris pas mal, mais j’avoue n’étant pas parisienne, je n’ai pas tout saisi mais ce n’est vraiment pas grave, c’est resté amusant et un plaisir jusqu’au bout! Il y a des choses vraiment très drôles ! J’ai même capté des références à des chansons ou des films. On trouve donc pas mal d’humour dans cette aventure de Sylvo. Je me suis beaucoup amusée à lire ce livre, j’ai souvent souri, et même rit parfois ! C’est bien écrit, fluide, précis. Dans un style qui colle parfaitement avec l’histoire. L’intrigue polar est très bien menée, elle est sur plusieurs niveaux, on va de découvertes en révélations. Dans l’ensemble, on ne voit pas venir les choses (sauf une, mais ça c’est mon instinct qui m’a guidé), plein d’hypothèses sont avancées, pistes, fausses pistes ?

Raphaël Albert a créé un univers dont on ne connait pas encore tout, et qu’on a envie de découvrir, qu’y a-t-il en dehors de Panam ? quel est le passé de Sylvo ? Je pense que je lirai les prochaines aventures de Sylvo, histoire de découvrir ce qu’il devient, ce qu’il a fait, et je pense que l’auteur a laissé des indices pour d’autres histoires, d’autres énigmes.

Vous retrouverez les avis d’Ivy et de Zina, en cliquant sur leur pseudo ! Une très chouette découverte et lecture commune !

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Sainte Futile d’Alix Girod de l’Ain

Anne Carrière Editions, 18,30€, 305 pages

4ème de couverture

Les articles d’humeur de Pauline Orman-Perrin, dite POP, dans le magazine Modelle, ont fait sa réputation de journaliste vive, rigolote et gâtée. Après un douloureux accident du travail dans une boutique à la mode et une rencontre rêvée ? avec Dieu, POP se voit confier une mission: donner du sens à sa vie. Mais transformer une famille désordonnée et joyeuse en cellule d’accomplissement de soi et un magazine féminin en temple de la quête de sens, est-ce bien raisonnable ? Son mari et ses enfants s’habitueront-ils à la personne d’humeur égale qui leur tient lieu d’épouse et de mère ? Les rédactrices en chef de Modelle, continueront-elles à employer une journaliste qui refuse d’écrire la moindre perfidie sur qui que ce soit ?

Résumé

Pauline dite POP est LA spécialiste des billets d’humeur du magasin Modelle, des billets à la fois, drôle, percutant et décalé. Elle a un mari, deux enfants et approche de la quarantaine. Un jour après avoir couvert une semaine de défilés haute couture, elle s’accorde une pause dans un café chic de la Capitale et s’installe dans le recoin du café où sont exposées sur des étagères les plus belles eaux minérales. Et là c’est le drame. L’ensemble de la collection lui tombe sur la tête. Elle se réveille aux portes du Paradis devant Dieu, afin Karl Lagerfeld (oui, parce que Dieu nous apparait comme on souhaite le voir). Et là, c’est double choc, il ne la considère pas apte à rejoindre le Paradis, elle est trop égo-centrée pour ça, sa vie est dorée et futile. Soit elle accepte de tenir la sainte gazette soit elle est renvoyée sur Terre mais en ayant pour mission de faire le Bien, de vivre dans le Bon. Ni une, ni deux, POP choisi de rentrer. Commence alors une nouvelle vie…

Mon avis

Bof…

Je remercie Pauline qui m’a prêté ce livre qu’on a trouvé ensemble chez un bouquiniste (et finalement, je crois comprendre pourquoi il était là bas…).

Comment commencer ? L’histoire d’abord. Elle n’est pas hyper originale, on se croirait un peu dans la trame d’un téléfilm d’M6. Les rebondissements sont attendus, les réactions de POP aussi. Un point sympa une sous-intrigue sur le dernier tiers qui permet de maintenir  l’attention du lecteur.

Un gros point gênant, okay Pauline voit Dieu afin Karl, mais le livre est rempli de références religieuses (de tout type) ensuite. Elle passe de la journaliste branchée à la catho convertie. A croire qu’on ne peut pas être en même temps, utile, croyant et  fun et mode. Les références, à petite dose pourquoi pas, mais là c’est trop. En plus, cliché ultime, le bon chrétien ne l’est pas vraiment. Ah bah oui hein…

Ça se laisse lire mais voilà c’est rempli de clichés, alors oui le but est sans doute de dénoncer les a priori des uns et des autres, ceux qui bossent / aiment la mode, les peoples etc, et ceux qui les dénigrent;  et de convaincre que le futile est utile. Mais je n’ai pas trouvé que c’était la bonne manière de faire. Enfin pour moi, c’est toujours mieux que Confessions d’une accro du shopping 😉

Y a de bonnes idées mais elles ne sont pas données dans une forme qui me plait. J’ai  pendant les 2/3 du roman, eu l’impression qu’on ne pouvait pas être à la fois altruiste, rendre service et être généreux (si on exclu qu’être croyant c’est mieux) et être passionné par la mode, s’y connaitre un peu en people, etc. Pas possible d’être à la fois élégante et spirituelle. Pourtant j’en connais des filles comme ça moi ! avec ou sans croyances religieuses.

Sinon, question personnages, on s’attache quand même un peu à Pauline, mais surtout parce qu’on a des détails de sa vie de famille et pour sa relation avec sa meilleure amie.

Du point de vue de l’écriture, ça se lit bien, vite et c’est agréablement écrit. Une fluidité renforcée par un découpage en « journée », on n’est pas inondé d’informations inutiles, on sait l’essentiel de la journée de Pauline, pour ça, c’est pas mal, pas de temps mort. Il y a pas mal de second degré bien sur, de l’humour (surtout les rédactrices en chef de POP) mais pour moi, ça manquait quand même un peu de mordant, Pauline est trop « à fond » dans le changement radical.

Peut être qu’un jour que me laisserais tenter par De l’autre côté du lit de cette même auteure, qui a été adapté en film avec Sophie Marceau et Dany Boon.

Pour moi, ça sera un livre qu’on lit qu’une fois, et qui n’est pas indispensable à ma bibliothèque.

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Astérix et Obélix : Au service de sa majesté de Laurent Tirard

inspiré des BDs : Astérix et les normands et Astérix chez les Bretons de  René Goscinny et Albert Uderzo.

50 avant Jésus Christ. César a soif de conquêtes. A la tête de ses glorieuses légions il décide d’envahir cette île située aux limites du monde connu, ce pays mystérieux appelé Brittania, la Bretagne.
La victoire est rapide et totale. Enfin… presque. Un petit village breton parvient à lui résister, mais ses forces faiblissent. Cordelia, la reine des Bretons, décide donc d’envoyer son plus fidèle officier, Jolitorax, chercher de l’aide en Gaule, auprès d’un autre petit village, connu pour son opiniâtre résistance aux Romains…
Dans le village gaulois en question, Astérix et Obélix sont déjà bien occupés. Le chef leur a en effet confié son neveu Goudurix, une jeune tête à claques fraîchement débarquée de Lutèce, dont ils sont censés faire un homme. Et c’est loin d’être gagné.
Quand Jolitorax arrive pour demander de l’aide, on décide de lui confier un tonneau de potion magique, et de le faire escorter par Astérix et Obélix, mais aussi Goudurix, car ce voyage semble une excellente occasion pour parfaire son éducation. Malheureusement, rien ne va se passer comme prévu…

Dans leur village en Gaule, Astérix (Édouard Baer) et Obélix (Gérard Depardieu) sont chargés par leur chef  Abraracourcix de s’occuper et d’apprendre la vie au jeune Goudurix (Vincent Lacoste). Mais un matin débarque de Bretagne Jolitorax (Guillaume Gallienne) envoyé par la reine (Catherine Deneuve) pour leur demander de l’aide contre l’invasion du pays par César (Fatrice Luchini). Astérix, Obélix et Goudurix partent donc vers Brittania avec un tonneau de potion magique…

Un peu contre un nouvel opus de la franchise (et faut le dire d’Édouard Baer en Astérix), je voulais me faire ma propre opinion sur le film. ça n’est pas pour moi, le meilleur de la franchise, il y a pas mal de défauts mais dans l’ensemble, je me suis laissée prendre et je l’ai trouvé pas si mal.

Déjà, finalement, je dois le reconnaitre, Édouard Baer en Astérix, ça le fait pas mal, je crois même que c’est celui qui s’en sors le mieux, même si on est pas encore assez proche du héros de la BD. C’est pas simple quand on y pense de trouver quelqu’un pour le rôle, on n’arrive pas à lui donner un âge, il est intelligent et facétieux. Pour moi, Edouard s’en sort très bien. Rien à dire sur Gérard Depardieu, on ne pourrait pas mettre quelqu’un d’autre à sa place.

J’ai beaucoup souri et pas mal rit. L’histoire est sympa, le mélange des deux albums est bien fait et ça permet de donner un peu plus de consistance à l’histoire et puis aussi de rajouter de l’humour. J’ai beaucoup de mal avec les français qui imitent l’accent anglais, j’ai donc eu beaucoup de mal au début et puis finalement je m’y suis faite. Certains s’en sortent mieux que d’autres c’est indéniable mais bon, je suppose que les acteurs britanniques parlant français ne se bousculent pas pour jouer dans Astérix ! J’ai beaucoup aimé, l’intrusion des Normands chez les Bretons, excellente séance d’éducation aux bonnes manières où « comment se comporter en parfait gentleman » ! Il y a pas mal de décalage qui m’ont fait marrer, s’il y a bien un type de film où on peut se permettre les clichés, c’est bien celui-là !

Le casting est pas mal du tout même s’il y a moins de guests que dans les opus précédents. J’ai beaucoup aimé Miss Macintosh/Valérie Lemercier, j’adore quand elle joue les vielles filles comme ça, un peu beaucoup coincée, elle me fait toujours beaucoup rire.

J’ai trouvé Jolitorax/Guillaume Gallienne aussi très bon dans son rôle de gentleman pincé, qui prend quasiment tout au pied de la lettre. Par contre, Goudurix/Vincent Lacoste, une vraie tête à claque !!! En même, le rôle c’est bien ça, un jeune paresseux et un peu niais, une tête à claque ! Il est un peu différent du personnage de la BD mais pas encore un fossé trop dramatique (forcément les jeunes dans les années 60 et ceux des années 2010 ne sont plus vraiment les mêmes!).

Je ne suis pas fan de Catherine Deneuve mais il faut reconnaitre qu’elle a beaucoup d’auto-dérision et une classe naturelle, je ne vois pas qui d’autre pourrait jouer la reine (déjà dans Palais Royal, elle était excellente !!!).


Je ne suis pas génération BB Brune, j’ai du me les faire confirmer par mon homme, je n’ai pas trouvé leur présence transcendante mais je reconnais que je trouve leur chanson très rythmée même si je ne suis pas fan.

Ah oui, j’oubliais César! J’ai beaucoup aimé Luchini dans le rôle, question carrure du personnage c’est presque ça, mégalo, un peu cruel, philosophe, chef de guerre, j’ai presque envie de dire qu’il est meilleur que Chabat (mais je ne le dirai pas, la fonction du personnage dans l’histoire n’est pas la même) et tout cas, meilleur que Delon, ça je le dis !


Ah puis, j’ai quand même beaucoup aimé, Dany Boon dans le rôle qui lui est donné Têtedepiaf, un normand, je ne m’y attendais pas (avait vu la BA qu’une fois et pas lu de critiques ou la fiche allociné) et je me suis dit « jouer sur la carrure comme ça, c’était bien trouvé »!

Le bémol de cet opus, ce sont les effets spéciaux et visuels, je ne serais pas comment dire, il y a quelque chose qui fait que ça fait souvent « faux ». Les moyens n’ont sans doute pas été les mêmes que dans les opus précédents, ça se ressent. Les costumes par contre m’ont beaucoup plu, les couleurs aussi, on a l’impression d’être dans la BD. Des clins d’œil (surtout à un des 3 films précédents, vous devinez lequel), des sous entendus, des jokes, … c’est très plaisant quand même. Édouard Baer fait régulièrement du Édouard Baer, alors si vous êtes allergiques, vous risquez de tiquer mais si vous l’appréciez, ça devrait rouler !

Dans l’ensemble, c’est sympathique et amusant. C’est loin d’être mauvais mais il manque quelque chose pour le rendre plus crédible. Je pense que si vous êtes exigeants, le film risque de vous déplaire, surtout vu le prix d’une place de ciné. Et si vous êtes des fans absolus d’Astérix : Mission Cléopâtre de Chabat, vous allez certainement trouvé trop de choses moins bien. Par contre, il est, pour moi, meilleur qu’Astérix aux Jeux Olympiques, que j’avais trouvé poussif et un peu ennuyeux.

Pas vu en 3D (je ne supporte pas ça) du coup, je ne sais pas si c’est bien ou pas et si ça sert à quelque chose. Si vous l’avez vu comme ça, je veux bien votre avis 🙂

En tout cas, j’en suis ressortie avec une impression de fidélité par rapport à l’humour et aux personnages des BDs, assez proches des dessins animés des années 80. Je pense que je pourrais facilement l’avoir dans ma DVDthèque 😉

A vos souhaits de Fabrice Colin

J’ai lu, 381 pages, acheté d’occasion, tirage épuisé

Lecture effectuée dans le cadre de la 17ème rencontre du club de lecture l’île aux livres/Alille.com, sur le thème « A la découverte d’un auteur : Fabrice Colin »

4ème de couverture

Dans un Londres décalé, rebaptisé Newdon, vivent des elfes, des gnomes, des enchanteurs, des humains et des célébrités telles que Sherlock Holmes, Oscar Wilde ou Jack l’Eventreur. Au milieu de cette foule fantaisite, un entraîneur sportif mène l’équipe des Ogres de Chelsay d’echecs retentissants en piètres performances. Un quatuor formé de ce suicidaire raté, d’un apprenti magicien sans talent, d’un nain nuisible aux fleurs des jardins et d’un petit dragon domestique mythomane, va se voir confier la délicate mission de déjouer le diable qui a investi la ville…

Mon résumé

Dans la ville de Newdon, John Moon est entraineur sportif d’une équipe Les Ogres de Chelsay du jeu local, son équipe composé d’elfes, d’orges, et autres créatures est dernière du championnat. Dans cette ville plongée dans un brouillard quasi perpétuel et dont on ne connait pas les frontières, John est désespéré. Sa copine l’a quitté, la dernière place du championnat va sonner la fin de sa carrière, il voudrait bien en finir avec la vie. Mais à chaque fois, quelque chose se passe qui l’en empêche. En plus, en guise d’ami, il n’a que deux boulets qui lui collent aux basques : Gloïn un nain incapable de faire pousser la moindre plante (le BABA pour un nain normal) et Vaughan, un elfe incapable de réussir ses examens de magie (le comble pour un elfe).
Quand le Diable va se retrouver libérer de sa crypte, où les 3 Mères (la Mort, la Nature et la Magie) l’avait enfermé la dernière fois qu’il a voulu envahir le monde, la vie de John va être chambouler, et les ennuis vont commencer !
Mais si tout ça n’était qu’une invention de celui qui tire les ficelles en douce… le Grand Marionnettiste ?

Mon avis

Un ovni dans la Fantasy française

On retrouve ici beaucoup de personnages, de créatures fantastiques qui côtoient les humains : des elfes, des nains, des fées, des zombies, des vampires, des ogres, des fantômes, … Notre héros est clairement un anti-héros, un loser, un gars qui subit les événements, sur qui le sort s’acharne, qui ne comprend rien à ce qui lui arrive… Voilà John Moon et son aventure complément barrée. Parce que voilà, c’est clairement ici, rien que la 4ème de couverture le confirme, un livre de fantasy humoristique, mêlant tous les effets du genre.

Et effectivement c’est très drôle, des situations cocasses, rien ne se passe comme prévu, on navigue presque entre réel et rêve, fantasme et folie. Pas vraiment parodique sur le genre c’est plutôt loufoque, gentiment barré, décalé, très second degrè. Mais l’histoire se tient bien. J’ai eu du mal au début à rentrer dedans, je ne voyais pas trop où ça voulait en venir mais après une quarantaine de pages, j’y voyais déjà plus clair. Un livre où il faut se laisser complètement embarqué, sortir son sens de l’humour de sa poche, sinon, vous risquez vraiment de ne pas aimer et de trouver ça confus. Moi j’ai passé un moment agréable et drôle avec John Moon, Gloïn, Vaughan et le dragon domestique, étrangement doué de parole !

Les personnages secondaires sont très bien croqués, comme les décors, les lieux, les impressions mystérieuses, on s’y croirait presque dans ce Londres revisité ! Une atmosphère et une ambiance vraiment réussies. On trouve vraiment de tout question personnage dans ce roman qui foisonnent sans que ça ne soit trop. Une grosse préférence à la Mort et au Diable qui sont deux êtres incarnés complètement décalés, avec leur querelles qui datent de plusieurs millénaires. Il est difficile d’en parler plus précisément (des personnages ou des actions) tellement il se passe de choses, qui ont des imbrications les unes avec les autres. Il y a beaucoup de clins d’œil, quelques jeux de mots, des figures de style,… J’ai beaucoup aimé la façon dont Fabrice Colin joue avec son lecteur mais également avec ses personnages et notamment avec John Moon !

Ce livre c’est comme une farce mais dans le sens théâtral du terme, ici on n’essaie pas de nous faire croire à des faits peut-être réels ou peut-être imaginés, on est bien dès le début dans l’imagination débordante de Fabrice Colin, parfois tirée par les cheveux, mais comme c’est un roman drôle et décalé, c’est clairement dans le ton et cela passe très bien.

J’ai aimé le style d’écriture de Fabrice Colin, ça se lit vite et bien, c’est rythmé (découpage en petites parties ayant un titre plutôt qu’en chapitre), le ton est drôle, c’est léger mais pas simpliste. Le langage est adapté à la personne qui s’exprime, encore plus flagrant quand ce sont des abrutis (comme certains joueurs du jeu national) qui parlent ou des zombies auxquels ils manquent une partie de la mâchoire !

Si on veut aller un peu plus loin que le récit lui-même, on trouve des axes de réflexion très intéressants comme : Qui décide vraiment de notre vie ? Est-on complètement pris dans le système ? Pouvons-nous agir et réfléchir par nous-même ? Ou bien est-ce que ce sont nos croyances qui nous façonnent ?  Sommes-nous censés suivre ou bien agir et nous rebeller ? Faire le contraire de ce qu’on nous dit ? Est-ce que nos dirigeants agissent pour eux ? ou pour l’intérêt commun ? Faut-il croire ? Pourquoi ? Et finalement est-ce si important que ça toutes ces questions ?

Un bémol, même si j’ai beaucoup aimé la Mort et la façon dont elle est personnifiée etc., c’est dommage d’avoir négligé ses sœurs la Nature et la Magie, ça m’aurait bien plut d’avoir plus d’actions de ce côté. Un autre point, la couverture ne donne pas vraiment envie par rapport à celle des grands formats c’est dommage. Et le texte manque un peu d’aération dans cette version.

Voilà, pour moi, c’était une agréable lecture, une bonne découverte de l’auteur, c’est vrai que ça ne plaira pas à tout le monde la fantasy fantaisiste mais les personnages sont truculents, drôles, les personnifications bien trouvées, j’en garderai un bon souvenir. Cependant, je préfère l’humour parodique de Pratchett mais Colin se défend très bien dans le domaine en tout cas.

Bannière réalisée par Cassiopée pour la réunion du club de lecture ayant pour thème  » A la découverte d’un auteur : Fabrice Colin »

Merci pour les souvenirs de Cecelia Ahern

J’ai lu, 7,30€, 474 pages

4ème de couverture

Après un accident qui a bouleversé sa vie et détruit son mariage, Joyce Conway ne doit la vie qu’à une transfusion sanguine. Mais des phénomènes étranges commencent à se produire. Elle se souvient de choses qu’elle n’a pas vécues. Elle peut parler des heures durant des rues pavées et sinueuses de Paris, ville qu’elle n’a jamais visitée, ou disserter sur l’architecture baroque. Et, toutes les nuits, elle rêve d’une petite fille aux cheveux blonds. Dès lors, Joyce n’aura plus qu’un but : découvrir à tout prix qui lui a donné son sang, dans l’espoir de comprendre ce qui lui arrive. Et retrouver le charmant Américain dont elle a fait la connaissance le jour de sa sortie de l’hôpital.

Résumé du début

Joyce est mariée et enceinte de quelques mois.  Suite à un accident, elle se retrouve à l’hôpital où pour la sauver, les médecins doivent la transfuser.

A Dublin, Justin Hitchcock, américain expatrié à Londres pour vivre près de sa fille, et de son ex-femme, doit donner une conférence sur l’art mais quand il arrive dans l’amphi, une jeune docteur est en train de faire une présentation sur le Don du Sang et  son importance et répond aux questions que se posent les étudiants. La jeune femme, Sarah, réussit à le convaincre de donner son sang. Mais Justin a peur des piqures et ne se rendra pas à la collecte du soir. De retour chez lui, il téléphone à sa fille Bea qui vit à Londres, elle lui fait remarquer son manque de courage et la honte d’avoir posé un lapin à Sarah. Avant de repartir pour Londres, Justin va pour les beaux yeux de sa fille et ceux de Sarah donner son sang.

Joyce de retour de l’hôpital s’installe chez son père et commence à remarquer que ses gouts, ses connaissances ont changés, de plus, elle dispose de souvenirs qui ne sont pas les siens…

Mon avis

Pas un coup de cœur mais j’ai beaucoup aimé ! Si je dois lire la « romance » ou de la « littérature pour filles », c’est exactement ça que je veux lire !!!

J’avais hâte de relire un texte de Cecelia Ahern après avoir eu un coup de cœur à la lecture de PS : I Love You et j’ai donc sauté sur l’occasion de la lecture commune de Tête de Litote pour sortir ce roman de ma PAL. Et même si j’ai moins apprécié que PS : I Love You, j’ai quand même beaucoup apprécié ma lecture et j’ai passé un très bon moment en compagnie de Joyce, son père, Justin et sa famille.

On suit en parallèle deux « familles » liés parce qui arrive à l’héroïne Joyce. On a d’abord donc Joyce (à Dublin) qui vient d’avoir un accident aux conséquences bouleversantes, son retour chez son père Henri, on apprend qu’elle a perdu sa mère 10 ans plus tôt et découvre ses deux meilleurs amies Kate et Frankie. Puis on a Justin, un bel américain, expatrié à Londres pour vivre à côté de sa fille Bea qui vit pour le moment chez sa mère et son nouvel ami. Justin donne de temps en temps des conférences à Dublin, l’Art c’est son dada. On découvre des personnages qui gravitent autour de Justin : son frère Al marié à Doris, son ex-femme, etc.  J’ai trouvé les personnages attachants surtout Justin et Joyce mais on a aussi une belle palette de personnages secondaires avec des caractères, des physiques et des actions tous différents.
Je me suis attachée à Joyce très vite parce que c’est principalement elle qui s’exprime et on a tout ce qu’elle ressent au moment où les choses lui arrivent. Elle traverse une palette d’émotions tout le long du roman qu’on partage avec elle, la peur, le désespoir, le doute, la joie, l’appréhension, etc.

Quand à l’histoire même si elle est moins originale que ce que j’ai pu lire avant, je me suis laissée prendre au jeu de cette expérience que vit Joyce, quelque peu « paranormale’, vivre avec des connaissances et des gouts, avec des souvenirs qui ne sont pas les siens. J’ai tout particulièrement apprécié qu’elle doute, se demande si elle ne deviendrait pas un peu folle, s’interroge sur la réaction des gens si elle devait se confier, … Quand elle va croiser par hasard Justin, quelque chose va se passer mais aucun n’imagine encore ce qui a pu les lier. Leurs rencontres inattendues, la reconnaissance que Joyce va avoir quand elle va comprendre, son envie d’aborder Justin, quelques quiproquos vont pimenter l’histoire et leurs vies.

J’ai retrouvé les thèmes que j’affectionne chez Cecelia Ahern et qu’elle arrive à retranscrire à merveille. Le premier est la relation père/fille, j’avais déjà fortement apprécié ce point dans PS : I Love You c’est encore plus fort et important ici entre Joyce et Henri et dans une moindre mesure entre Justin et Béa. Cette affection que Joyce et Henri se portent est très forte, Henri est vieux maintenant mais il sera un soutien et un pilier pour sa fille. Cette relation m’a tout particulièrement touchée, sincère et vraie, décrite avec subtilité et finesse par Cecelia Ahern. Le deuxième thème est « comment continuer à vivre quand un malheur vous frappe ». Dans Merci pour les Souvenirs, comme dans PS : I love You, l’héroïne doit apprendre à continuer d’avancer dans sa vie, et à chaque fois, tout se fait peu à peu sans qu’on s’en rend compte, grâce aux personnes et événements extérieurs. Ici l’amour et l’humour d’un père, le cadeau d’un lien entre elle et Justin, ses deux meilleurs amies qui vont l’épauler comme elles peuvent, et d’autres choses encore, vont permettre à Joyce d’aller mieux.

Je ne sais pas comment Cecelia Ahern fait, mais moi je suis conquise par sa manière de raconter ce type d’histoire, où j’oscille entre rire et larmes, les sentiments sont justes, quand c’est cruel, elle ne met pas de voile dessus, n’estompe pas la souffrance mais arrive à rendre ça plus léger mais pas moins fort. Elle arrive à insuffler dans ses histoires qui commencent par des drames, de l’optimisme, de la sincérité, un grain de folie, de l’humour, de la joie, tant de choses qui rendent le récit fort sans tomber dans le pathos ni la mièvrerie. J’aime beaucoup son style et la traduction est très bien faite. Le GROS plus de ce roman : l’humour ! J’ai ri plus d’une fois au cours de ma lecture. Il y a des situations ou des répliques vraiment drôles, une sorte d’humour thérapie (mais là je vais loiiiin). Mon personnage préféré de ce roman, le père de Joyce, Henri, à la fois fort et fragile, utilisant le sarcasme, l’humour, ses anecdotes, ses réparties et sa façon de parler, il est excellent !

Ce roman pourrait être une romance banale mais non, il a ce petit quelque chose en plus, qui fait que ça marche, une comédie romantique « mais pas que ». Parce qu’on n’a pas seulement une histoire d’amour (d’ailleurs ce n’est pas vraiment traité en tant que tel), une grande place est réservée à la famille, à l’amitié, à la (re)découverte de l’autre, de soi,… Complètement le genre de livre « pour filles » (même si je n’aime pas ce terme) qui me fait du bien !

Je crois que je suis fan de Cecelia (ça se sent non ?), j’ai deux autres de ses romans dans ma PAL et je crois que j’achèterai ceux que je n’ai pas. En espérant que comme pour cette histoire (et la précédente lue), je sois à la fois conquise par son style et surprise par le traitement du sujet.

En me relisant, je me rends compte que c’est un peu décousu mais je ne sais pas comment expliquer ce que je ressens quand je lis Cecelia Ahern…

Voici les avis de Natiora, Tête de Litote, Jasmine, …

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Starbuck de Ken Scott

Film canadien de Ken Scott avec Patrick Huard, Julie Le Breton, Antoine Bertrand …


 Alors qu’il s’apprête à être père, David Wosniak, éternel adolescent de 42 ans, découvre être le géniteur anonyme de 533 enfants déterminés à le retrouver.

David Wosniak travaille dans l’entreprise familiale, la boucherie de son père, il est livreur de viande. Ses deux frères travaillent également dans l’entreprise. A 42 ans, David est plus ou moins célibataire, endetté, il a tout de l’éternel adolescent :  la garde-robe, les problèmes financiers et la manière de penser. Il n’est pris au sérieux ni par sa famille, ni par Valérie avec qui il sort sauf qu’il ne prend jamais de ses nouvelles. Quand il apprend que Valérie est enceinte, il décide de changer mais cette grossesse tombe au même moment que la demande de reconnaissance de paternité de 142 enfants sur 533. Car dans la vingtaine, David, sous le pseudonyme de Starbuck, a beaucoup donné son sperme à la clinique à côté de chez lui…

Ce film est un bijou, un énorme coup de cœur. Du coup, ce n’est pas simple de mettre des mots sur mes impressions. Désolée par avance si ce billet semble décousu !

D’abord, c’est l’histoire peu banale d’un éternel adolescent qui apprend que ses dons de sperme ont permit à des mères et à des familles de tout milieu social de donner vie à 533 enfants ! Un recourt en justice de la part de 142 d’entre eux à l’encontre de la clinique est en cours pour que l’identité de Starbuck soit révélée. Voilà les conséquences pour un jeune homme qui pour gagner un peu d’argent s’est rendu très souvent dans la clinique de don de sperme. Comment David va-t-il réagir à cette annonce ?

Ensuite c’est la réaction des habitants, de monsieur tout-l’monde, face à l’annonce publique qu’un homme, dont le pseudonyme est Starbuck soit le père de 533 enfants.

Enfin, c’est le parcours de David suite à l’annonce du représentant de la clinique. Il a la possibilité de révéler son identité et de connaitre les 142 enfants ou bien de se taire. La vie de David n’est déjà pas très stable, que va-t-il décider ? En plus, son meilleur ami, qui est « presque » avocat, cherche à le convaincre de porter plainte contre la clinique, de réclamer des dommages et intérêt et surtout de toute faire pour empêcher les 142 enfants de découvrir qu’il est leur père.

David est un personnage atypique, loin d’être ce qu’il semble être, il est extrêmement attachant. Quoi qu’il décide, j’étais de tout cœur avec lui ! Et il a une façon de faire face aux événements de manière très juste mais toujours avec humour et émotion. Patrick Huard est formidable, il a une présence physique, de l’humour et fait passer à merveille les émotions.

Les autres acteurs sont aussi sont très bons  Julie Le Breton qui joue Valérie, ou encore les enfants de David notamment ceux dont on suit un peu leurs vie, David Michael (Antoine) ou Patrick Martin  (Etienne), ou les personnages secondaires : les frères de David joués par Marc Bélanger et Dominic Philie , son meilleur ami et avocat joué par Antoine Bertrand, son père (Igor Ovadis).

Ce film est bourré d’humour, on a des situations et des échanges vraiment très drôles. Mais le film est aussi très émouvant. On passe du rire aux larmes, des larmes au rire ! Le traitement des sujets, pourtant pas si simple : la paternité, s’émanciper, assumer, etc., est magnifiquement réalisé. Les propos sont justes, les réflexions poussées et c’est criant de sincérité, tout sonne vrai, plausible alors que le sujet de départ est énorme ! Les clichés sont mis en pièce, les situations sont souvent inversées par rapport à ce qu’on a l’habitude de voir. L’évolution de David est passionnante à suivre et ses relations avec sa famille, Valérie et les enfants.

Pour ceux qui se le demande, les expressions typiques québécoises sont traduites. C’est aussi dépaysant, on a rarement des films québécois/ canadiens, diffusés chez nous, je ne regrette absolument pas d’avoir vu celui-là. En plus, après ça, j’en encore plus envie de découvrir Montréal et le Québec. Un jour peut-être…

Ce film est une bouffée d’air frais dans le cinéma d’aujourd’hui. Il y a un équilibre réussi entre humour, sentiments et réflexion. Si vous n’avez plus la possibilité de le voir au cinéma, jetez-vous sur le DVD à sa sortie. En tout cas, moi qui en achète de moins en moins, je sais que je prendrais celui-là !

Sûr, que si le sujet avait été traité par Hollywood et ses scénaristes, on aurait eu droit à une comédie poussive, jouant avec les clichés, avec de l’humour graveleux et potache, des situations rocambolesques et une flopée de bons sentiments. Le pire étant qu’un remake est effectivement prévu avec Vince Vaughn. Croyez bien que j’espère me trompé et tout cas, je ne suis pas sure d’aller le voir ! Pourquoi les américains ne se contentent jamais de l’original, surtout quand il est aussi réussi !