Le club des apprentis criminels d’Audrey Françaix

Club-apprentis-criminels

Editions Octobre, 18€, 272 pages

4ème de couverture

« Réfléchissez… Si vous tiriez accidentellement sur votre pire ennemi, essaieriez-vous de le secourir, au risque qu’il vous attaque en justice ? Pensez-y ! Qui n’a jamais eu envie de supprimer un être immonde ? Sans doute serions-nous tous des assassins, s’il n’y avait cette peur de l’emprisonnement. Cessons d’être hypocrites : c’est uniquement la crainte de la répression qui bloque nos pulsions meurtrières. »

Quand une bande de vieillards et un jeune orphelin commettent accidentellement un meurtre, puis prennent conscience du plaisir qu’ils ont à éradiquer les nuisibles, les homicides se succèdent à la vitesse de l’éclair dans la jolie station balnéaire de Reauville. Mais qui donc irait soupçonner cinq petits vieux bien sous tous rapports, et un gamin à qui l’on donnerait le bon dieu sans confession ? D’autant que ce club d’apprentis criminels ne manque pas de talent pour maquiller ses forfaits en disparitions ou en morts naturelles. Comme si, en définitive, certains de ses membres n’en étaient pas à leur coup d’essai…

Résumé

Simon a mauvaise conscience. Simon est responsable de deux morts. Deux, à même pas 10 ans… Simon vit à Reauville où sa mère s’est réfugiée après avoir fui Liège. Reauville et son festival du polar. Avec ses vieilles anglaises ayant élu domicile dans la région pour y passer leurs vieux jours. Reauville où des décennies plus tard, Simon peut enfin faire ce qui lui plait, depuis qu’Arlette, sa femme, a cassé sa pipe et que sa mère est à l’hospice. Mais Simon repense encore souvent à ces deux morts innocents. Simon visite, dans une maison de repos pour personnages âgées, aux  » Jours Heureux « , une ancienne actrice Alice Lefort dont il aimait beaucoup les films. Il n’est pas le seul à donner de son temps aux petits vieux. Michel un orphelin accompagné d’un chien vient régulièrement. Comme Miranda une vieille veuve anglaise et bigotte ou encore l’ancienne actrice Mlle Laine et sa secrétaire particulière…. Quand Alice va rendre son dernier soupir, tout ce petit monde va se retrouver, malgré leurs différents et leurs oppositions, chez Miranda, afin de lui rendre un dernier hommage. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu et ils vont faire parti malgré eux (?) d’un bien étrange Club…

Mon avis

Très mitigée

Le lecteur découvre toute une galerie de personnages, chacun ayant son caractère, ses manies, ses mystères. Au début, chaque personnage semble aimable, affable, parfait, ou au contraire affreux, vile, …. mais si tout cela n’était qu’apparence ? La trame narrative est très bien faite. Le lecteur se rend vite compte que les personnages décrits ne sont pas tout à fait comme il se les imaginait. Et ce sont tous, à part deux ou trois, de sacrés personnages, comme j’aurai bien du mal à en supporter ! Simon Agapit, discret et honnête semble pourtant cacher un secret. Lena Laine, ancienne actrice de polar est de plus en plus aigrie et mauvaise. Son assistance Rosalyne Chevin se plie pourtant à ses quatre volontés ? Pourquoi ? Le lecteur rencontre progressivement Miranda, veuve qui lorgne sur Simon, et la belle-fille de Miranda, une idiote qui ne pense qu’à toucher l’héritage de sa belle-mère. Michel un orphelin qui n’a pas d’ami et passe beaucoup de temps à rendre visite aux personnages âgés. Et encore d’autres.

Je n’ai pas été une grande fan du style choisi par l’auteure, des expressions graveleuses, des sous-entendus, du vocabulaire fleuri. Choisi pour contraster avec le rang des personnages présentés. Mais je n’ai pas su trop y adhérer. De même, j’ai eu du mal à comprendre la réaction de certains personnages. Mais une fois le livre terminé, on comprend bien ce jeu de contraste et les réactions, comme si finalement on ne devait apprécier que les personnages qui en valaient vraiment la peine.

Reauville et ses morts, ses tragédies. Car oui, progressivement des morts plus ou moins violentes surviennent. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la police ne fait pas vraiment son taff, d’ailleurs, ils sont inexistants dans ce roman ! Le lecteur va donc commencer à entrevoir le vrai visage des personnages, découvrir certains secrets, à mesure que les morts surviennent. Celles de petits vieux malades et fatigués. Celles de crapules qui n’ont pas pu être condamnées… Y a-t-il un lien ? Que se passe-t-il à Reauville et dans ses environs ?

J’ai bien aimé les personnages de Michel et son parrain, ils sont touchants dans leur façon de ne pas savoir se montrer affectueux. Ils traverseront des épreuves  qui les changeront. Avec ces deux personnages, on arrive à s’attacher à Simon qui survit dans son quartier craignos. Mais pour les autres personnages, j’ai vraiment eu beaucoup du mal à les aimer.

Je n’ai pas détesté cette lecture mais je ne peux pas dire non plus que je l’ai adoré. Au début, j’ai eu un peu de mal, puis quand les événements s’enchainent, quand le club se forme, j’ai trouvé l’intrigue plus intéressante. Ensuite l’action se déroule, même s’il y a des scènes qui furent de vraies surprises, le fil conducteur était un peu trop flou à mon goût. J’ai du mal à me prononcer sur ce roman. L’histoire ne m’a pas déplut et en même temps, elle ne m’a pas vraiment convaincue.

En tout cas, Audrey Françaix est douée pour créer des personnages infâmes, retords, pervers, horripilant, goujat ou noir et déprimé. Elle est douée pour créer une atmosphère particulière, une ambiance raffinée et glauque à la fois. Les thèmes sous-jacents portent la réflexion : les différences sociales, les apparences, les célébrités déchues parmi des personnes banales.. La plume d’Audrey Françaix est plaisante, le langage fleuri, sans sombrer dans la vulgarité même si le personnage est vulgaire. De l’humour aussi. Noir.

Mon ressenti est mitigé, je pense que ce roman n’était tout simplement pas pour moi. ça arrive parfois, c’est dommage, il avait tout pour me plaire pourtant. Vous l’avez lu ? Qu’en avez-vous pensé?

logodéfi

 

99601764

Il est de retour de Timur Vermes

9782714456090

Belfond, 19,33€, 363 pages

4ème de couverture

Succès inouï en Allemagne, traduit dans trente-cinq langues, bientôt adapté au cinéma, Il est de retour est un véritable phénomène. Entre Chaplin, Borat et Shalom Auslander, une satire aussi hilarante que grinçante qui nous rappelle que face à la montée des extrémismes et à la démagogie, la vigilance reste plus que jamais de mise.

Soixante-six ans après sa disparition, Hitler se réveille dans un terrain vague de Berlin. Et il n’est pas content : comment, plus personne ne fait le salut nazi ? L’Allemagne ne rayonne plus sur l’Europe ? Depuis quand tous ces Turcs ont-ils pignon sur rue ? Et, surtout, c’est une FEMME qui dirige le pays ?
Il est temps d’agir. Le Führer est de retour et va remettre le pays dans le droit chemin. Et pour cela, il lui faut une tribune. Ça tombe bien, une équipe de télé, par l’odeur du bon client alléchée, est toute prête à lui en fournir une.
La machine médiatique s’emballe, et bientôt le pays ne parle plus que de ça. Pensez-vous, cet homme ne dit pas que des âneries ! En voilà un au moins qui ne mâche pas ses mots. Et ça fait du bien, en ces temps de crise…
Hitler est ravi, qui n’en demandait pas tant. Il le sent, le pays est prêt. Reste à porter l’estocade qui lui permettra d’achever enfin ce qu’il avait commencé…

Résumé

Par un bel après-midi ensoleillé, Hitler se réveille sur un terrain vague à Berlin. Il tombe d’abord sur la jeunesse berlinoise qui ne semble pas le reconnaitre. Hitler se dirige alors vers les rues plus animées et tombe sur un kiosque à journaux. C’est là qu’il découvre qu’il s’est réveillé en aout… 2011. 66 ans ont passé depuis ses derniers souvenirs. Le kiosquier lui propose son aide, le prenant pour un acteur qui cherche à percer et le garde quelques jours dans son kiosque. L’occasion pour le Führer de lire un peu ce qu’il se passe de nos jours et de décider que la Providence lui accord une nouvelle chance d’achever ce qu’il avait commencé.

Mon avis

Satire perturbante, exercice intéressant.

Voici donc Hitler qui se réveille 66 ans après sa disparition en avril 1945. Il n’a pas de souvenir de sa dernière soirée et c’est très surpris mais somme tout assez ravi qu’il se trouve être de nouveau là en 2011. Il découvre alors ce qu’il s’est passé depuis 1945, ce qu’est actuellement la politique allemande et c’est tout naturellement qu’il décide de reprendre s’il le peut son combat politique. Cependant, alors qu’il affirme partout s’appeler Adolf Hitler, il n’a pas la possibilité de prouver son identité, les gens qu’il rencontre opte pour le considérer comme un artiste, un acteur qui se fait passer pour le Fürher. C’est un orateur et sa façon de faire « comme le vrai » impressionne. On lui propose alors quelques minutes dans un show tv où il pourra dire ce qu’il veut, le contraste provoquant le rire. La télévision lui donne alors une vitrine inespérée.

Une première chose m’a gênée, c’est l’acceptation rapide du personnage de sa situation si inattendue. Il argumente que c’est la Providence sans finalement remettre en cause quoique ce soit. J’ai trouvé cela un peu trop simple. Il nous faut, lecteurs, accepter ce fait. Le Destin a voulu son Retour. Seconde chose, j’ai été mal à l’aise avec une narration à la première personne. Cette façon fait qu’on se sent intime avec les pensées de cet homme. Et là, vraiment ce fut compliqué pour moi. Je pense que l’auteur a fait ce choix justement pour nous faire réagir, c’est réussi. C’est perturbant de lire ce récit, en tout cas pour moi.

Il s’agit là, sinon, d’une très bonne satire. Car tout semble se passer si simplement. Comme si personne à notre époque n’allait vraiment réagir. On voit ce que l’on veut voir. Un acteur très doué. Un sosie qui se sert de sa ressemblance pour faire passer des messages. Mais le fait que les gens « marchent », ne semble pas plus intrigué, qu’ils ne réagissent pas vraiment… Fait froid dans le dos. Parce que ce n’est pas un comique burlesque, c’est vraiment le chef du Reich et les gens l’écoutent, le félicitent, s’attachent à lui, enfin à celui qu’il pense être. En fait, c’est assez compliqué à expliquer, pour le coup, il faut vraiment le lire pour le comprendre.

Il est intéressant de voir comment Hitler découvre les « nouvelles technologies et voies d’information ». La radio, la télévision, internet. Tous ses médias, qui vont lui permettre de faire entendre sa voix. Encore plus que dans les années 30. L’auteur réussit très bien à critiquer et faire réfléchir sur la télévision et les programmes. Adolf passe en revue les chaines et se rend compte qu’il n’y a pas vraiment de choses intelligentes dans les programmes de l’après-midi. Les gens veulent du divertissement. Mais finalement, le peuple regarde la vie de leurs contemporains pathétiques.

Il y pas mal d’humour noir, de quiproquos, de dialogues à double sens, du fait que les gens pensent que le Führer est un comédien. La façon de faire permet d’alléger les moments où on a les propos/ idées d’Hitler. Car lui parle le plus sérieusement du monde. Son talent oratoire lui permet de retourner toutes les situations à son avantage, derrière mon livre, ça m’a beaucoup énervée. Et j’attendais avec impatience, le moment où la situation allait se retourner. Je vous laisse découvrir si cela a été ou non le cas. J’ai eu du mal à le lire, je dois l’avouer.

Comme avec la télévision, Hitler découvre la politique nationale et internationale menée pendant les 66 dernières années grâce à Internet. En presque 70 ans, la position de l’Allemagne n’est plus la même, les préoccupations ont changées. Il en ressort atterré et il doit changer tout ça. Il rêve de retrouver l’Allemagne d’autrefois, et même si cela semble moins pressant, elle doit retrouver son envergure d’autrefois. Il doit faire quelque chose, il commence alors, le succès de ses passages à la télé grandissant, sa propagande. Jusqu’au jour où il dispose de sa propre émission…

J’ai trouvé certains passages un peu long. Peut-être parce qu’il a certaines choses historiques ou des thèmes que je ne connaissais pas. Que je n’ai pas non plus, une vision claire de la politique allemande actuelle. Mais on sent que l’auteur essaie de dénoncer des choses actuelles, le retour d’un nationalisme qui effraie, des personnages politiques peu charismatiques, des programmes inexistants. Il fait passer des messages.

Le roman et la façon de faire sont très intéressants. C’est bien écrit et servi par une réflexion poussée et intéressante. Mais j’ai besoin d’être en empathie avec un minimum de personnage pour aimer un livre. Et là, clairement ce n’était pas possible. Il y a tout le passif que l’on ne peut oublier et les idées qui me font hérisser le poil, qui me révolte. Il faut le lire parler des juifs, des femmes,… ahhhh. L’auteur réussit à faire réfléchir, réagir son lecteur, (éveiller les consciences ?) et c’est certainement ce qu’il voulait. Pour cela, je pense que ce roman est réussi. Pour le reste, c’est bien trop personnel, subjectif. Même si c’est vu le comique de contraste, de situation, l’humour noir, ça ne m’a malheureusement pas fait rire. Ce n’est pas un roman pour moi mais l’avoir lu m’a fait réfléchir et c’est déjà positif.

Delirium Tremens de Ken Bruen

9782070320912

Folio Policier, 8,60e, 384 pages

4ème de couverture

Il n’y a pas de détectives privés en Irlande. Les habitants ne le supporteraient pas. Le concept frôle de trop près l’image haïe du mouchard. Jack Taylor le sait. Viré pour avoir écrasé sciemment son poing sur le visage d’un ministre, cet ancien flic a gardé sa veste de fonction et s’est installé dans un pub de Galway. Son bureau donne sur le comptoir. Il est chez lui, règle des broutilles, sirote des cafés noyés au brandy et les oublie à l’aide de Guinness. Il est fragile et dangereux. Une mère qui ne croit pas au suicide de sa fille de seize ans le supplie d’enquêter.  » On l’a noyée  » sont les mots qu’elle a entendus au téléphone, prononcés par un homme qui savait. De quoi ne plus dormir. Surtout si d’autres gamines ont subi le même sort. Surtout si la police classe tous les dossiers un par un…

Résumé

Ancien garda, Jack Taylor est passé privé, un métier qui n’existe pas en Irlande. Viré après avoir fichu son poing dans la gueule d’un ministre, alcoolique invétéré, Jack passe son temps dans son bar préféré à aider plus ou moins les malheureux qui ne peuvent plus compter sur les gardai. Un jour, Ann se présente au bar et lui demande son aide, elle refuse de croire que sa fille Sarah, 16 ans, s’est suicidée. Un coup de fil anonyme lui a indiqué qu’elle avait été noyée. Jack réticent, accepte finalement d’enquêter pour Ann mais les choses ne se passent jamais comme elles le devraient dans la vie de Jack…

Mon avis

Un polar coup de cœur !

On peut être désarmé à la lecture de cet ovni. La forme déjà :  des chapitres courts, des citations, des énumérations / listes, … le style ensuite, corrosif, percutant, cynique souvent, critique parfois. Et l’histoire, celle de Jack, qui a réussi à se faire virer de la Garda Siochana, ce qui est quasiment impossible. Un Irlandais pur souche, qui picole, qui parle le plus souvent sans y mettre de forme et qui a une drôle de façon d’enquêter, sans intervenir dans les affaires des autres, sans réelle investigation. De ce mélange, il ressort un très bon polar, un portrait de privé, noir jusqu’à la scène finale. Une lecture plus qu’agréable, une excellente découverte, je ne voulais tellement pas quitter cette lecture particulière que j’ai fait durer le plaisir alors que ça se lit vite !

Comme je le dis un peu plus haut, on a ici un véritable portrait, l’enquête policière n’est qu’un prétexte pour découvrir Jack, sa façon d’être, sa vision du monde, son entourage, ses problèmes, ses petites joies,… Et quel personnage ! J’ai vraiment beaucoup aimé Jack Taylor, il a un véritable problème avec l’alcool certes, mais c’est également un homme de bon sens quand il est à jeun. Il a une capacité d’écoute et un sens du tact assez particuliers. Et puis, il a une histoire. On découvre une grosse partie de son enfance, ses parents, puis la raison de son entrée dans la police irlandaise, pourquoi il s’est mis à boire et a continué. On apprend aussi à apprécier ses défauts parce qu’on entre-aperçoit de belles qualités. En plus, il aime lire et à un amour tout particulier pour la lecture et les livres. Mais il peut aussi se voiler la face, se mettre des œillères et jouer au con. Il est cynique et parfois drôle, il est coriace mais fragile. Vraiment Jack est touchant. C’est un authentique.

Le récit est essentiellement à la première personne, c’est encore une façon de plus de se rapprocher, de s’attacher à Jack. Parfois, il nous perd un peu dans son cerveau embrumé par les vapeurs d’alcool. Et d’autres moments où on aurait bien envie de descendre quelles pintes de Guinness avec lui !

C’est un gros lecteur et il aime le cinéma et la musique. Régulièrement dans le livre, on retrouve des extraits de films, des références livresques et cinématographiques, des extraits, des poèmes, des références musicales aussi. Ces intermèdes rythment le récit et donnent envie de découvrir plein de choses différentes (bon à la fin, je me suis rendu compte que je ne connaissais pas grand chose…). Encore de bonnes raisons pour s’attacher à lui !

Ce sont les relations entre Jack et les personnages qui font l’histoire, découvrir ses amis et leurs particularités, le livre est rempli de dialogues truculents, bourrés de sarcasmes et d’humour. On oscille sur une palette d’émotions : tendresse, violence, oubli, dégout, rage, … Jack va ouvrir les yeux sur certains éléments de sa vie et ça va faire mal.

L’action se déroule à Galway, on en apprend beaucoup sur la ville, sur la manière de vivre d’une partie des Irlandais, l’opposition avec les anglais, les traditions, et surtout sur la façon d’être, de penser, de réagir d’un peuple à la fois fier et réservé. La société, les personnages, oscille entre optimisme et pessimisme. Ken Bruen nous jette à la figure une Irlande sombre et quelque peu corrompue, où la police ne fait pas vraiment bien son travail. Un point de vue différent de ce que j’ai pu déjà lire sur ce pays. Tout n’est pas tout rose… ou tout vert, comme partout il y a des zones d’ombres.

J’en profite pour vous conseiller un excellent film avec un policier irlandais : L’irlandais de John Michael McDonagh, avec beaucoup d’humour noir. ça n’est pas le même personnage, ni la même histoire (ici c’est le choc des cultures Irlande / USA) mais dans le style et le ton, on retrouve de Delirium Tremens, alors si vous avez aimé ce livre, vous aimerez peut-être ce film atypique, que j’ai vu il y a presque un an au cinéma.

Une première aventure de Jack Taylor qui pose d’une façon brillante le personnage, moi je l’ai adoré, peut être que d’autres ne le supporteront pas, mais moi, c’est le genre d’anti héros que j’adore ! Je pense que je craquerais bientôt sur le second Toxic blues. Essentiellement pour replonger dans un humour pinçant et grinçant, un personnage atypique.  Pour connaitre l’avenir de Jack, retrouver la verte Erin, ses traditions et ses côtés sombres.

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Lecture commune effectuée ici et sur le forum Livraddict avec Cesnat et Natiora

Avis de Cesnat

Avis de Natiora

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Le magasin des suicides de Jean Teulé

Pocket, 157 pages, 5,20€

4ème de couverture

Vous avez raté votre vie ?
Avec nous, vous réussirez votre mort !

Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre…

Résumé du début

A une époque pas très éloignée de la nôtre mais après des guerres, des catastrophes naturelles, …, Mishima et Lucrèce Tuvache tiennent un magasin plus qu’utile à leurs concitoyens, on y trouve de tout, à tous les prix, pour tous les goûts, une diversité qui fait leur bonheur, ils vendent : des articles de suicides ! Des poisons, des lames rouillées, des cordes, des pistolets –avec une seule balle forcément-, des kits pour se donner la mort. Ils ont deux enfants à l’image de leur clientèle, dépressifs, inutiles et ennuyeux : Vincent et Marilyn. Mais bientôt Alan, un petit troisième, pas vraiment désiré, débarque dans cet univers. Un bébé qui sourit. Comment est-ce possible ? Il est si différent de ses frères et sœurs. Et en grandissant, les choses ne vont pas s’arranger pour Lucrèce et Mishima, Alan c’est comme une fleur alors que les fleurs n’existent plus, c’est la joie de vivre faite homme ! Mais la « vie » ce n’est pas vraiment le credo des Tuvache !

Mon avis

Un livre énorme alors qu’il ne fait que 157 pages !

C’est d’ailleurs pourquoi je n’en dirai pas trop sur l’histoire pour vous laisser la découverte.

Ce livre est bourré d’humour, d’humour noir. J’ai beaucoup souri, j’ai même parfois ri de bon cœur. La liste des façons de se donner la mort est excellente ! (ça fait bizarre d’écrire ça ! Une prouesse pour l’auteur sans doute !!!) Oui, parce que le thème somme toute assez morbide choisi est poussé à l’extrême, c’est détaillé (et oui, même si l’œuvre ne fait que 157 pages !), et on a du coup un énorme contraste entre l’univers sombre et les personnes désespérés et Alan, petit garçon en décalage total avec tout ça. On s’attache beaucoup à lui, un gamin, qui chante, qui dessine en couleur, qui rit et qui a un cheveu sur la langue.

Dans la famille Tuvache, on a des prénoms de suicidés célèbres, la marque du magasin jusque dans le prénom ! Je vous laisse retrouver qui est qui 😀

Les parents d’Alan, Mishima et Lucrèce voient plutôt la vie du bon côté, ils ont la chance d’être utiles à leur clientèle qui souhaite en finir avec cette existence, triste, froide et sombre. Il n’y a plus d’espoir pour eux alors « si vous avez raté votre vie, réussissez votre mort » garanti ou remboursé ! comme le dit si bien la devise du Magasin des Suicides. Mais quand même, c’est agaçant, un fils qui voit toujours le bon côté des choses quand votre boulot c’est aider les gens à mourir en quelque sorte.

On découvre aussi Vincent et Marylin, son frère et sa sœur, opposés total du point de vue caractère à leur petit frère, forcément. J’ai beaucoup aimé cette famille, j’ai pris plaisir à la découvrir.

Les thèmes abordés par Teulé, font réfléchir, la vie, la mort, l’espoir, le désespoir, etc. Et aussi une réflexion sur la société comme elle pourrait un jour le devenir si on ne prend pas garde à ce qu’on fait.  Mais ça n’est pas glauque du tout, c’est même le contraire ^^

J’ai de nouveau beaucoup aimé la plume de Jean Teulé, elle aussi tout en contraste, c’est léger et aérien alors que les propos sont souvent graves, c’est détaillé et bourré d’anecdotes subtiles, de jeux de mots, de clins d’œil, …

Des situations burlesques ou cocasses, de l’humour (noir), et de la réflexion c’est ce qu’apporte Le Magasin des suicides de Jean Teulé. Un livre marquant.

Je reviens dans la semaine avec un billet sur le film de Patrice Leconte !

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On My WishList #17

« On my Wishlist » est un petit rendez-vous sympa lancé à la base par Book Chick City, et repris par la belle Chica sur son blog A l’abordage de la Culture – Chica’s Booksland. Je trouve l’idée excellente ! Alors je m’y mets 🙂

Il a lieu tous les samedis et permet dans sa version originale de faire un récap’ de tous les livres que l’on voudrait désespérément ajouter à notre PAL, qu’il s’agisse de parutions récentes ou non. Le RDV français concerne UN livre qui se trouve sur notre Wishlist : votre découverte de la semaine que vous piétinez de vous acheter ou ce livre que vous voyez régulièrement sur les blogs des copinautes ou dans votre librairie, qui vous fait envie mais pour lequel vous n’avez pas encore craqué !!

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Le magasin des suicides de Jean Teulé

4ème de couverture

Vous avez raté votre vie ?
Avec nous, vous réussirez votre mort !

Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre…

Pourquoi ce livre ?

C’est un roman court qu’on m’a beaucoup conseillé, tout comme son auteur. J’ai entendu ou lu  beaucoup de critiques sympathiques sur cet ouvrage et je me dis que ça pourrait être l’occasion de découvrir Jean Teulé. Ce livre doit être bourré d’humour noir et ça peut fortement me plaire.

«Une fable déconcertante, grinçante et irrespectueuse, digne des Monty Python au mieux de leur forme, pour tous ceux qui voudraient mourir… de rire !» Valérie Gans McGarry – Madame Figaro
«Les amateurs d’humour noir vont se régaler (…). Une farce aussi absurde que drôle (…).» Agathe Fourgnaud – Le Point

J’adore les Monty Pithon ! J’aime quand c’est grinçant et irrespectueux ! J’ai envie de rire !  Alors je dis pourquoi pas !

En plus, un film d’animation va sortir bientôt et j’aimerai le lire avant de le voir !
Cadeau : le teaser

Et vous, quel est le livre que vous très envie d’avoir cette semaine ?

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