La main gauche de la nuit d’Ursula Le Guin

51OXdtrCXJL._SX308_BO1,204,203,200_Le livre de poche, 350 pages, 7€10

4ème de couverture

Sur Gethen, la planète glacée que les premiers hommes ont baptisée Hiver, il n’y a ni hommes ni femmes, seulement des êtres humains. Des androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l’un ou l’autre sexe.
Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle. L’Envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l’Ekumen ?

Ce splendide roman a obtenu le prix Hugo et a consacré Ursula Le Guin comme un des plus grands talents de la science-fiction.

Mon avis

Lu dans le cadre de mon club de lecture, j’avoue que je n’avais pas vraiment envie de me jeter sur le livre. J’ai eu du mal avec le début du récit mais finalement, c’est une bonne lecture, certes parfois un peu poussive mais  qui fait réfléchir et permet de lancer le débat sur le genre.

Genly Ai est un Envoyé. Seul, il tente de présenter sa mission et si possible convaincre les peuples des planètes qu’il visite des avantages pour ces derniers de rejoindre l’Ekumen, organisation interplanétaire qui réunit différents systèmes stellaires autour d’échanges commerciaux. Cette alliance permet les échanges culturels, économiques et techniques avec d’autres planètes éloignées de plusieurs décennies.

Dans ce monde, les humains semblent avoir  connu une évolution génétique différente des autres : ils ne sont ni homme ni femme. Ils sont asexués la majeure partie du temps ce qu’on appelle le « soma », jusqu’à ce qu’ils rentrent en « kemma » qui se produits plusieurs fois dans l’année et où ils prennent alors de façon aléatoire l’état d’homme ou de femme. Les organes sexuels deviennent alors apparents et ils peuvent se reproduire. L’absence de genre n’est pas le seul élément qui différent du monde de Genly Ai. Le décompte des années, les mois, les heures sont différentes,  les relations familiales sont différentes (voire peut-être même trop pour mon esprit étriqué), la vie politique est différente. Bref, il n’est pas évident pour l’Envoyé de s’adapter, de comprendre le fonctionnement de cette civilisation, et surtout à s’habituer à ses interlocuteurs. Surtout quand on ne sait pas si on s’adresse à des « il » ou a des « elles ». Et de l’autre côté, pour les Gethéniens, Genly Ai est bloqué dans une phase hormonale qui le maintient du côté masculin, il est donc toujours « en chaleur », il passe pour un monstre, un pervers.

J’avoue, j’ai eu un peu de mal avec le début du récit. Une sorte d’intrigue géopolitique. L’Envoyé est un prétexte pour comprendre comment se comporte politiquement les deux plus grands pays de Nivôse. Dans l’un, il n’est pas vraiment accepté, il met des mois à être reçu par le roi, mais on communique sur lui, les gens savent qui il est. Dans l’autre pays, on lui fait meilleur accueil, tout le monde veut l’avoir à sa table mais à côté de ça c’est censure, espionnage et compagnie. ça vous rappelle rien ? Genly est balloté entre non-dit, excuses et faux-semblants et nous parait soit perdu, soit naïf alors que ce sont les circonstances qui nous le font apparaitre ainsi.

Le récit est entrecoupé de légendes et de textes anciens sur le passé de la planète, rédigé par des envoyés, et il dénote avec le reste du récit. Plus intéressants, plus fluides, parfois poétiques, ils m’ont permis de m’accrocher à cette lecture. Et surtout, on finit par comprendre que c’est par ce biais que le lecteur est éclairé sur le fonctionnement des êtres de Nivôse, sur le comportement et les coutumes des habitants et sur la personnalité d’un des protagonistes.

Pour un roman écrit en 1969 (et c’est la force de la SF), on n’a pas l’impression que le récit soit daté, il est encore franchement d’actualité. D’aucuns trouveront peut-être qu’on parle plus de sexualité, du genre et autres, de nos jours et que le récit est désuet. Moi je ne trouve pas, quand on voit certaines actualités, quand on voit encore comment la moitié de la planète se comporte, je pense que les messages du livre restent d’actualité. Alors oui, peut-être qu’il n’approfondit pas encore vraiment tout ça, la place de la femme, le genre, … mais il permet de lancer la réflexion et le débat. Certaines idées ou certaines théories (du type, il n’y a pas de guerre sur ce monde en partie parce qu’il n’y a pas de sexualité, que les humains ne sont pas continuellement perverti et donc que l’homme ne désire pas prendre le dessus sur la femme ou les autres (puisqu’il peut bien être un jour l’un, l’an qui suit l’autre pendant le kemma) et donc qu’il y a beaucoup moins de lutte de pouvoir ou encore l’idée que la femme est plus molle, voire hystérique, etc.) peuvent faire bondir, mais je pense que l’auteure les utilise pour justement faire réagir son lecteur. Et d’autres idées (tolérance, dénoncer la censure et les régimes totalitaires, …) elles nous font hocher la tête en disant « oui, je comprends et je suis d’accord »).
Pour tout cela, ce roman est vraiment intéressant. Dommage que le style ne soit pas assez fluide, et qu’on ne comprenne pas plus tôt les messages que l’auteur veut faire passer, parce que le début est poussif et rebute un peu, je peux comprendre que certains lecteurs abandonnent leur lecture.

Quel dommage, parce que justement j’ai nettement préféré la seconde partie du récit dans laquelle Genly est arrêté et ensuite contraint de faire route avec Thérem. J’ai aimé cette traversé du glacier, la lutte pour survivre, pour avancer et surtout, ce huit-clos, permet d’enfin comprendre les personnages. On se rend compte qu’ils avaient des attentes et des préjugés l’un sur l’autre mais que leurs différences les empêchaient de se comprendre. Et finalement, la communication qui va s’instaurer entre les deux personnages va lever les barrières et les malentendus et franchement j’ai vraiment aimé les suivre, avoir leur point de vue respectif. Cette partie est un hymne à la tolérance, à la découverte de l’autre, à l’acceptation des différences, à la compréhension des autres, à la fusion des idées, au partage, aux échanges.

Un personnage à part entière est Nivôse, ou Gethen, cette planète aux conditions climatiques extrêmes. Le style et la plume d’Ursula Le Guin permettent de s’y croire vraiment. On n’a pas l’impression d’un monde si éloigné mais plutôt d’une contrée mystérieuse à l’autre bout de notre planète et pourtant, les lieux et les habitants ne sont pas comme nous les connaissons même si on peut retrouver certaines ressemblances. La traversée du glacier est vraiment le moment que j’ai préféré dans le récit et où on apprend encore mieux la façon dont est faite la planète, la rigueur du climat, les paysages, etc.

Un avis mitigé donc, je ne peux pas affirmer avoir adoré le roman parce que j’ai trop peiné à me plonger dedans mais je n’ai pas détesté, c’est une bonne lecture qui a plein de choses à apporter, un ouvrage de SF intéressant et qui fait référence. Je pense qu’il a su et sait encore trouver son public. Je ne continuerai pas dans la découverte des récits de l’Ekumen, mais je relirai un jour peut-être Ursula Le Guin.
Ah oui, on découvre le pourquoi du titre, et c’est assez poétique, assez joli, c’est dans ce type de passage que j’ai apprécié la plume de l’auteure.

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Noces sanguines au cœur des ténèbres de Marianne Stern (LC 2014 : Saisons païennes) : Yule

Yule Comments & Graphics
~Magickal Graphics~

8ème et dernier billet de la LC au rythme des Saisons Païennes, recueil de nouvelles publié aux Editions du Chat Noir. Parmi les Enfants de Walpurgis, c’est au tour de Marianne Stern et de sa nouvelle Noces sanguins au cœur des ténèbres, qui célèbre Yule, au moment du solstice d’hiver le 21 décembre

Une célébration que je ne connais pas beaucoup c’est donc avec plaisir et envie d’apprendre que j’ai abordé cette nouvelle.

Scandinavie. Le lecteur découvre Jaska, un jeune homme sombre et introverti. On le rencontre le jour de la célébration de Yule. La tradition dans son pays est de célébrer des mariages blancs. Les hommes déguisés en viking ou autres guerriers impressionnants doivent choisir une compagne. Il appose alors un couronne de houx sur la tête de la demoiselle. Jaska nous raconte que de nos jours, c’est plus l’occasion d’emballer une fille pour une nuit d’ivresse et de sexe que pour la tradition et la célébrations des Dieux. D’ailleurs, Jaska n’a pas envie d’y aller. L’année d’avant plusieurs morts mystérieuses ont eu lieu, c’est loin d’être rassurant. Puis il n’a d’yeux que pour Janaa mais préférait un autre moyen de lui faire comprendre ce qu’il ressent que lors d’un mariage blanc. Mais Ole, l’ami de Jaska, ne lui laisse pas le choix, il doit venir à la célébration sinon il séduira lui même la belle Janaa. Jaska va assister une étrange cérémonie…

J’ai trouvé cette nouvelle très bien écrite. J’ai beaucoup aimé retrouver la plume de Marianne Stern et l’ambiance électrique qu’elle sait créer dans ses nouvelles.  L’ambiance est particulière, le souvenir des décès de l’année précédente plane sur la fête. J’ai beaucoup aimé le quiproquo lié à la cérémonie. Jaska est tellement mélancolique et fermé qu’il ne s’aperçoit de rien. Jusqu’au bout, on ne sait pas ce qu’il va se passer. Jaska pense Janaa en danger, mais que se passe-t-il vraiment. Une chute inattendue à mille lieux de l’ambiance sombre du début.

J’ai apprécié aussi les références à la musique qui existaient déjà dans la nouvelle précédemment lue de cette auteure. Et aussi découvrir la tradition du mariage blanc avec danses, couronne de houx, … que je ne connaissais pas du tout. Ainsi que la cérémonie du réveil du Dieu Cornu en présence de la Déesse. Vraiment, plein de choses dont je n’avais jamais entendu parler. ça m’a donné envie de me pencher plus que les traditions scandinaves, sur la nuit du solstice d’hiver.

Voilà, c’était la dernière nouvelle du recueil, je suis un peu triste de déjà terminé la LC, un an au rythme des saisons païennes que je n’ai pas vu passer.

Quelques petits mots sur la célébration de Yule (rapidement, parce que les liens que je vais vous donner à la fin de ce billet, vers les autres chroniques de cette nouvelle ou concernant la célébration, vous détailleront plus ce qu’est cette célébration).

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Yule a lieu le 21 décembre, c’est la célébration du solstice d’hiver, la nuit la plus longue de l’année.

Yule est un mot anglais utilisé en régions germanique et nordique qui désigne la période de Noël (Jol en vieux norrois, qui a donné Jól en islandais, Jul en danois, norvégien et suédois, Joulu en finnois, Jõulu en estonien et y désigne désormais la fête de Noël).

Son étymologie est contestée : certains l’ont rattaché, sans doute à tort, à la roue (hjul en suédois, hjól en islandais, wheel en anglais).

Selon toute vraisemblance, il s’agit néanmoins d’un mot scandinave associé à l’hiver. Le mot Jol apparaît en vieux norrois aux alentours de l’an 900, dans un poème d’hommage à Harald aux beaux cheveux où un personnage parle de « boire à Jol ». Jol était le nom de la fête de la mi-hiver ou Jólablót, dont on discute encore pour savoir si elle avait lieu à l’occasion du solstice d’hiver ou à la mi-janvier.

Le « blót » était l’invocation des dieux à but propitiatoire, et on faisait alors des sacrifices pour appeler la bénédiction des dieux sur les récoltes à venir. Le dieu attaché à Jol était Jólner, l’un des nombreux noms d’Odin.

C’est aussi une fête wiccane et néo-païenne.

Et le saint breton Sant Yuzel, au nom presque paronymique de « Yul(e) » du celtique « Iud=Seigneur » et « hael=généreux »  est fêté le 19 décembre, à l’avant-veille seulement de nos hivers occidentaux actuels.

Enfin, selon les dictionnaires « Le Robert », le mot « joli » viendrait du nom de « Yule », par l’ancien français « jolif », « golif » (variante bretonne), en référence à cette fête germanique (dont franque) du « milieu » de l’ hiver (tandis que le généalogiste familial Jean-Louis Beaucarnot a pu avancer plutôt que « joli » viendrait du mot « joie », du fait que la joliesse d’ une chose, d’ un être, met généralement son admirateur « en joie »…)…

Et bien c’est assez complexe ^^

La fête s’observe en commémorant la mort du « Holly King » (Roi de houx) qui meurt tué par son successeur le « Oak King » (Roi de chêne). Ce sont tous deux des dieux-arbres. On retrouve aujourd’hui à Noël les couronnes de gui, une idée reprise par le christianisme. Il existait la couronne horizontale, d’origine scandinave ou germanique, qui portait 4 bougies. Chaque dimanche il était coutume d’allumer une nouvelle bougie, ce qui symbolisait la renaissance de la lumière. Rouge le plus souvent, les couleurs des bougies variaient cependant selon les régions. Les symboles de Noël sont inspirés de cette fête (sapins, gui, houx et cadeaux…).

Dans la mythologie nordique, Yule est le moment de l’année où Heimdall (de son trône situé au pôle Nord) accompagné des Æesirs (l’’Ansuzgardaraiwo) revient visiter ses enfants, les descendants de Jarl. Ils visitent ainsi chaque foyer pour récompenser ceux qui ont bien agi durant l’année, et laissent un présent dans leur chaussette. Ceux ayant mal agi voyaient à l’aube leur chaussette emplie de cendres. Yule est aussi une fête où les gens de leur côté, et les dieux du leur, se rencontrent pour partager un repas, raconter des histoires, festoyer et chanter. Le Yule est célébré chaque année le 21 décembre.

Durant la nuit de Yule, les habitants sortaient les balais hors des maisons afin que les sorcières puissent se rendre au sabbat du mont Broken, présidé par le Vieil Eric, autre nom employé pour désigner le diable. Si les sorcières ne trouvaient pas de balais disposés à leur intention, elles s’en allaient vers les étables, où elles volaient bœufs et chevaux. Pour faire fuir les mauvais esprits, des coups de fusils étaient tirés vers le ciel. Les habitants préparaient un grand festin, appelé « le banquet de Yule », dont les restes étaient laissés aux démons. Tout au long de la nuit, la porte de l’office demeure ouverte, dans le but de permettre à la fée Huedren, la femme des bois, de venir se restaurer. Il en va de même avec le julenisse, pour qui l’on prélève toujours un peu de julegroden, la bouillie de Noël. Cette portion est généralement placée au pied de la cheminée, ou à l’entrée de la grange.

Durant cette fameuse nuit du solstice d’hiver, il est dit que les cieux résonnent du bruit des cavaliers accompagnant Odin dans sa chasse d’Ásgard. Ces cavaliers sont des défunts qui, n’ayant pas commis d’assez grands péchés au cours de leur existence, ne sont pas admis en enfer, mais qui n’ont pas non plus eu une conduite assez exemplaire pour mériter l’accès au paradis. Leur châtiment est alors de galoper jusqu’au Jour du jugement, montés sur des chevaux noirs aux yeux flamboyants

Et sur ce site également : http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article1803

Les symboles et correspondances de  Yule:

Encens : cèdre, pin, sapin, romarin.
Arbres : chêne (pour la bûche), conifères.
Fleurs : poinsettias, cactus de Jérusalem, roses rouges .
Couleurs : or, argent.
Chandelles : vertes, rouges, blanches.
Pierres : œil de tigre, rubis.
Planète : Jupiter.
Carte du tarot : Tempérance, arcane majeur 14.
Influence : modération et tempérance, équilibre, harmonie, joie.

Les participantes de la LC

Cassie :

Marie et Anne : Yule et Noces sanguines au coeur des ténèbres

Coquelicote : Yule – Noces sanguines au coeur des ténèbres

Chica

logo LC

La véritable histoire de Noël de Marko Leino / Challenge « Il était 2 fois Noël » : 15 décembre

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Michel Lafon, 300 pages, 13,95 €

4ème de couverture

Au cœur de la Laponie, pays des neiges éternelles, le jeune orphelin Nicolas est recueilli par les habitants de son village. Mais ils sont tous trop pauvres pour pouvoir l’adopter. Le Conseil des Anciens prend alors une décision inédite : chaque année, le garçon sera pris en charge par une famille différente, et il en changera le jour de Noël.

Avec une étincelle d’espoir et de joie de vivre, Nicolas décide de se consacrer à sa passion : fabriquer des jouets. Le garçon va ainsi raviver l’émerveillement au cœur de cette région glacée. Et pourrait bien être à l’origine d’une des plus belles légendes.

Résumé

Ossi et Tommi sont deux frères qui s’amusent sur la place un beau jour d’été, ils jouent à lancer un vieux camion de pompier rouge dans l’eau et cela sera au premier à le récupérer. C’est toujours Tommi qui gagne, Ossi ne plongeant jamais les yeux ouverts ! Mais cette fois, Ossi croit bien avoir battu son frère, il remonte un objet emprisonner dans les algues. Une fois nettoyé, il s’agit d’un coffret en bois finement sculpté mais cadenassé. Les deux garçons décident de montrer l’objet à leur papy qui pourra peut-être l’ouvrir. Et en effet, après quelques difficultés, le coffret est ouvert. Il contient une montre à gousset et un petit mot : « Joyeux Noël Aada. Ton frère Nicolas. » Le grand-père d’Ossi et Tommi se souvient alors d’une légende que son propre grand-père lui avait raconté. La véritable histoire de Noël. Et c’est maintenant à Tommi et Ossi de la découvrir.

Mon avis

Une excellente lecture pour les fêtes !

Quand j’ai vu que ce livre sortait cette année, je voulais absolument le lire. J’ai vu le film de 2008, il y a deux ans et j’avais beaucoup aimé, je voulais retrouver un peu de la magie de ce beau film, toutefois trop court. Et c’est réussi ^^

L’histoire commence donc de nos jours, avec deux frères qui se chamaillent pas mal et qui découvrent par une belle journée d’été un petit coffret de bois ouvragé et délicatement ciselé contenant une ancienne montre à gousset de peu de valeur et un petit billet dans la montre faisant référence à Aada et Nicolas. Le grand-père des deux garçons décide de se rendre sur la plage à l’endroit où les enfants jouent sur les rochers et se rend compte qu’il a certainement entre les mains une preuve que la légende de Nicolas et d’Aada est réelle. Du moins, la coïncidence est trop belle pour ne pas raconter La véritable histoire de Noël à ses petits-fils, même lors un chaud après-midi d’été.

C’est ainsi que le lecteur bascule fort longtemps en arrière quand le petit village de Korvajoki ne comptait que 8 maisons. Et que tout prêt vivait sur une île, Nicolas 5 ans, sa petite sœur Aada 1 an et leurs parents. L’hiver tarde un peu à arriver et les parents de Nicolas nettoient leurs filets de pêche pendant que Nicolas s’occupe de sa petite sœur. Le ciel pourtant commence à se faire menaçant, annonciateur du vent, du froid, de la neige et de rigueur. Aada est prise de fièvre deux nuits avant Noël et ses parents décident de l’emmener, en plein nuit alors qu’une tempête s’annonce, sur terre dans l’espoir qu’au village, quelqu’un pourra les aider. Ils laissent le soin à Nicolas de veiller sur le feu de la maison, il doit l’entretenir car il ne serait pas sain de ramener leur petite fille malade même soignée dans une maison glaciale. Le père de Nicolas lui confie donc cette tâche ainsi que sa montre à gousset afin que le petit, même s’il ne sait pas lire l’heure, puisse voir le temps qui passe avant que sa famille ne reviennent. Au petit matin, le feu est presque éteint, le bois manque et la tempête de neige de la nuit à tout recouvert. Et la famille de Nicolas n’est toujours pas rentrée. Cependant la mission du petit étant ce qu’elle est, il se débrouille comme il peut pour entretenir le feu mais encore de longues heures plus tard, toujours aucun retour au chalet. Alors qu’il s’apprête à passer une nouvelle soirée seul, il attend du bruit mais ce n’est pas sa famille qui revient. Deux pêcheurs du village sont venus lui apprendre une bien effroyable nouvelle. Nicolas ne peut rester sur l’île, il accompagne alors avec ses maigres affaires, les deux hommes au village.

L’assemblée de villageois doit décider du sort du petit garçon. Même Iisakki, un ermite marchant ambulant d’ustensiles en bois et autres objets y assiste et met son grain de sel. Il est décidé que Nicolas vivrait un an chez une famille puis changerait tous les ans à la Noël, jusqu’à ses 13 ans, où une nouvelle assemblée déciderait quoi faire.

Les débuts de Nicolas dans la famille d’accueil sont extrêmement difficiles. C’est un petit bonhomme en deuil qui, même s’il est plus que reconnaissant de l’aide des villageois, n’ose pas s’attacher de peur d’avoir trop mal à la séparation. Il reste seul même s’il est serviable et qu’il apprend vite. Un jour, toutefois, une mésaventure le rapprochera d’Eemeli le fils du premier couple. Pour remercier la famille et rendre heureux les enfants, le petit Nicolas va fabriquer quelques jouets en bois qui leur donnera à Noël avant de changer de famille. Nicolas ne le sait pas encore mais il vient de sceller son destin.

La véritable histoire de Noël est un très beau conte. Une belle histoire qui explique comment serait née la légende du Père Noël. Mais c’est également, une histoire assez triste, car Nicolas, est orphelin et bien seul parfois. Il est pourtant très courageux et bien en avance pour son âge. Les difficultés l’ont privé de son insouciance et d’une enfance heureuse. Mais au fil de l’histoire, des années, il se rend compte que ce petit village est devenu sa famille. Et qu’il a connu beaucoup d’instants heureux. Sa rencontre avec Iisakki, cet homme aigri qui n’aime pas les enfants, va aussi le changer. La première particularité de Nicolas est son obsession pour Noël et ce que cela représente pour lui. Sa petite sœur était née à Noël et a disparu peu avant cette même date. Seulement, imposer sa vision des choses aux autres n’est pas facile. Il est aveuglé par certaines choses et en oublie d’autres  pourant important. Heureusement, la véritable histoire de Noël est aussi une grande histoire d’amitié entre Nicolas et Eemeli. Ce dernier aura beaucoup d’importance dans la vie de Nicolas. La seconde particularité de cet enfant puis de cet homme si spécial : c’est qu’il n’a aucune notion du temps qui passe pour lui ou pour les autres. Cela lui donne un air naïf ou distrait.

Cette lecture m’a fait verser quelques larmes, je suis très émotive. Je l’ai lu assez vite en une soirée, complètement immergée, du coup, je me suis fort attachée aux personnages et je n’ai pas pu retenir quelques larmes parfois ^^ Je pense que si je n’avais pas déjà connue l’histoire, via le film de 2008, cette histoire aurait été un coup de cœur ❤ C’est parfois triste mais c’est la vraie magie de Noël. Des valeurs passent dans ce livre jeunesse : l’amitié, savoir garder un secret, donner sans attendre en retour, ne pas tirer la couverture à soi, faire la joie autour de soi. Bref, de belles valeurs qui conviennent parfaitement à la période de Noël. Et puis quelque part, cette histoire est crédible, on peut y croire. Ou choisir de rester terre à terre. Peu importe. Moi en tout cas, je suis restée une grande enfant, et je crois à la magie de Noël. J’ai donc passé un excellent moment, malgré les larmes, oui oui ! J’ai même préféré le récit au livre qui a le mérite d’être plus développé, on est plus au côté de Nicolas et de ce qui lui arrive.

De plus, j’ai apprécié avoir l’impression d’y être, la Laponie, la solitude de l’hiver, les montagnes, la neige, le froid, les rennes (j’ai adoré le passage avec les rennes), la solidarité entre les pêcheurs qui ont la vie dure, les forêts, …

Je suis ravie d’avoir lu ce roman jeunesse, que je recommande aux enfants et aux grands enfants ! Merci Tsuki de m’avoir prêté ton exemplaire ❤ J’ai ainsi pu le lire pour la lecture commune du challenge « Il était deux fois Noël » ❤

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et il rentre dans le challenge puisque l’auteur indique avoir fait les deux écrits (scénario et livre) à la même période.

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