Comment trouver la femme idéale ou le théorème du homard de Graeme Simsion

homard

Pocket, 380 pages, 7€30

LC du club de lecture Lille aux Livres

4ème de couverture

Don Tillman a un gros problème. Ce n’est pas son incapacité à vivre en société. Ni ses idées arrêtées sur à peu près tout (à commencer par le homard au dîner, le mardi). Non, le vrai souci de Don, brillant professeur de génétique, c’est le  » Problème Épouse « . Sur 100 individus de sexe féminin, 100 ne répondent absolument pas à la liste de critères scrupuleusement établie par lui – et Rosie, étudiante le jour, serveuse la nuit, encore moins que les autres… Et c’est bien là que le théorème se complique… « 

Mon avis

Divertissant

Don est professeur de génétique et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a de gros problèmes de comportement social. Ses journées, sa vie sont réglées comme du papier à musique, à la minute près Don sait ce qu’il doit faire, ce qu’il doit dire, ce qu’il doit manger. Don a réussi à se faire des amis Gene, un collègue d’une dizaine d’année son aîné et Claudia sa femme. On peut presque compter leurs enfants dans le nombre des amis de Don, presque. Par contre, à l’université, il a beaucoup de mal à prendre l’importance d’être sociable et surtout de se battre pour obtenir des financements, et c’est pas la doyenne qui dira le contraire.

Le principal problème de Don est qu’il n’arrive pas à trouve une femme (oui oui pour lui c’est le principal de ses problèmes). Il y a toujours un grain de sable dans sa mécanique comme la Glace à l’Abricot… Il décide alors de traiter ce problème de manière mathématique et établit un questionnaire très précis afin de gagner du temps pour trouver une Épouse mais aussi être sur que les soucis rencontrés lors des rendez-vous précédents avec des prétendantes ne se représenteront pas. Il diffuse son questionnaire sur Internet et écume de nouveau les speed datings. L’avantage du questionnaire c’est qu’à la moindre réponse inacceptable (fumer, être végétarienne, etc.), il ne perd plus son temps et passe à quelqu’un d’autre. Autant dire qu’il n’es pas prêt de trouver une femme notre Don Tillman ^^

L’ami de Don, Gene va chercher, semble-t-il à l’aider un peu, et embarque une partie des réponses aux questionnaires pour les analyser… 2h après, une jeune femme Rosie, débarque dans le bureau de Don. Gene lui a conseillé de s’adresser à Don. Ce dernier l’invite à dîner le soir même, peut-être que Gene lui a trouver la partenaire idéale? Cependant, bien vite, Don va se rendre compte que Rosie ne répond à aucun des critères de l’Opération Épouse. Mais le temps passé avec elle n’est pas si désagréable. Surtout elle semble avoir des problèmes affectifs qui remontent au fait qu’elle ne connaisse pas qui est son vrai père. Peut-être une occasion pour Don de lui venir en aide. Même si cela est parfaitement… déraisonnable. Que se passe-t-il ? Pourquoi donne-t-il soudain de l’importance à des choses qui ne rentre pas dans son planning si serré ?

Don est sans doute le seul qui ne se rend pas compte qu’il a tout de la définition de quelqu’un atteint du syndrome d’Asperger. C’est de là que vient la plus grande partie du comique de situation du livre, les malentendus sociaux. Par contre, même si le personnage global de Don est un peu exagéré et très romancé (il change très vite, ce qui n’est pas vraiment cohérent avec ce trouble), on ne tombe pas dans quelque chose de malsain sur ce sujet. Au contraire, il y a même des choses assez justes expliquées. La scène de la conférence au début est excellente.

Don est aussi touchant qu’agaçant. Sa relation avec sa vieille voisine par exemple est adorable et touchante. Par contre, sa méthode pour trouver une femme est complètement choquante ! Toutefois, l’auteur le confronte à une femme intelligente, Rosie, qui va lui faire comprendre combien ce comportement est inadapté. Là aussi, les choses sont abordées assez intelligemment alors que la pente était glissante. Peut-être aussi est-ce parce que l’auteur est australien. Je trouve en général que les comédies romantiques qui ne sont pas américaines sont plus justes et moins clichés que les américaines (et surtout moins pipi/caca – sexiste – humour gras, comme les films en fait…). Rosie est un personnage quand-même assez convenu, finalement on s’aperçoit très vite qu’elle est plus qu’elle n’en montre.

L’histoire est sympathique, ça se lit bien, ça détend, c’est léger, on peut franchement sourire sur certains passages, ça joue donc son rôle de comédie sentimentale. Et d’un autre côté, ce que je n’aime pas trop du coup, c’est que c’est assez convenu, on devine le scénario et toutes les réactions en chaine à 3 kms. Comme la recherche d’identité du père de Rosie, c’est un bon fil conducteur qui permet aux personnages de rester à proximité l’un de l’autre mais on sait sans trop de mal ce qu’il en est. Il y a quand même certaines scènes qui sont drôles

J’ai regretté ne pas avoir un peu plus l’impression d’être en Australie. Pour le coup, comme pour 44 Scotland Street (qui se passe en Écosse), l’auteur ne prend pas la peine de planter un décor, de créer quelque chose de plus typique, qui se démarquerait un peu. L’histoire pourrait finalement se passer n’importe où.

C’est donc une lecture en demi-teinte, c’est vraiment divertissant, mais elle sera vite oubliée. Et les deux chapitres bonus du début de la suite ne m’ont pas particulièrement donné envie de lire la suite. Après, je suis manique savoir que ce n’est pas vraiment terminer me poussera peut-être un jour à me procurer la suite pour la découvrir quand même. En attendant, je préfère vider ma PAL 😀

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