Tragic Circus de Cécile Guillot & Mathieu Guibé

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Éditions du chat noir , 213 pages, 14,90 €

4ème de couverture

« Mesdames et Messieurs ! Jouvenceaux et jouvencelles ! Petits et grands ! Approchez, approchez ! Venez assister à un spectacle unique en son genre. Notre cirque vous ouvre ses portes et dévoile ses mystères. »
À chaque prestation, les monstres de foire enchantent les spectateurs : l’enfant funambule, le dompteur de fauves et la charmeuse de serpents, clowns et jongleurs, sans oublier l’effroyable homme sans visage…
Mais que se passe-t-il au cirque Andreani une fois le rideau retombé ? Quels sombres tourments agitent les âmes et enflamment les cœurs ? À moins qu’il n’y ait à l’œuvre une magie pernicieuse… Cela, Cătălina, la nouvelle diseuse de bonne aventure, va tenter de le découvrir, mais même les Tarots ne sauraient la prémunir contre l’indéfectible fatalité…

Mon avis

Une excellente lecture !

Cătălina est une jeune sorcière roumaine qui n’a comme seuls biens que sa roulotte et tout ce que lui a appris sa grand-mère une drabarni, une diseuse de bonne aventure. Seulement, même si Cătălina est très douée, la charmante jeune femme, n’a pas le contact aussi facile avec la clientèle que sa mamaia et ses affaires ne vont pas bien. Elle survit, plus qu’elle ne vit et ne voit pas d’autre solution que de chercher protection, couvert et salaire auprès d’un cirque. Elle postule donc auprès d’Andreani. Le M. Loyal ne lui fait pas bonne impression, quelque chose chez lui la met mal à l’aise mais elle veut s’en sortir et rompre avec sa solitude. Il accepte de la prendre dans son cirque. Elle va alors découvrir ses nouveaux collègues, aussi étrange les uns que des autres : une étrange jeune funambule, un ventriloque et sa poupée aussi vraie que nature, un clown dépressif,… et un mystérieux homme isolé et triste, l’homme sans visage.

En parallèle, le lecteur va découvrir la rencontre entre Pierre, violoniste de talent mais qui ne parvient pas à percer dans le milieu et Hortense une jeune fille de bonne famille qui possède une grâce et un véritable don pour le chant. Leur association va peut-être leur permettre de percer dans le métier. Pierre rêve de se produire au prestigieux Opéra Bach…

Le lecteur comprendra assez rapidement que les destinées des personnages de Pierre, Hortense, Andreani et Cătălina vont être liés…

Ce roman court est vraiment très bien écrit. Les deux auteurs réussissent à faire transparaître le malaise de la jeune voyante. Il y a quelque chose qui cloche dans ce cirque et progressivement on partage son mal être et on se demande bien ce qui va nous être relevé. L’histoire est très bien menée et même si j’ai rapidement compris ce qui se tramait, les pages se tournent toutes seules et j’ai été happé dans ce récit teintée de symboles et de drames. J’avais envie de savoir ce qui allait se passer ensuite. C’est beau et triste. L’univers décrit est à la fois mélancolique et macabre, on sent la tragédie poindre, inéluctable mais on se prend à espérer.

Même si le roman est assez court et se lit rapidement, la psychologie des personnages est bien travaillée. C’est le gros point fort du roman. On découvre des personnages touchants et singuliers. Chacun est pourvu d’un don qui fait sa force mais qui couvre à peine les blessures, fêlures ou autres coups du sort. Cătălina va vite comprendre que les coulisses de ce cirque ne sont pas aussi fastueuses que l’image véhiculée par cet univers. L’envers du décor est étrange, rempli de non dit et tragédie. Les auteurs ont réussi à dépeindre les personnages en peu de pages mais avec une réelle intensité. Par exemple, un personnage (ou plutôt un duo) m’a fichu la chair de poule… Et j’en ai détesté un autre. Pour un 3ème, j’oscillais entre admiration et dégoût. Les impressions, les sentiments, la détresse ou l’espérance des personnages sont incroyablement bien retranscrits par les deux plumes des auteurs qui se marient à merveille.

Les deux auteurs ont réussi à créer deux ambiances à la fois sombre et lumineuse, noire et colorée. Un récit habillement structuré avec une pointe de mystère et de magie, équilibré et fluide, j’ai beaucoup aimé. Il se dégage de ces lignes une musicalité, une mélancolie, un romantisme, un fatalité et un parfum d’étrangeté qui collent très bien aux styles de Cécile Guillot et Mathieu Guibé. Une jolie réussite. J’ai hâte qu’ils nous écrivent à nouveau un récit à « 4 » mains.

Bravo aussi à Mina M pour sa magnifique couverture ^^

Merci aux Editions du Chat Noir et à Babelio.com pour ce titre.

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Le parfum du mal, T2, Fille d’Hécate de Cécile Guillot

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Editions du Chat Noir,  pages, 14,90€

4ème de couverture

«Il parait que je suis devenue une femme et une sorcière accomplie… pourtant j’ai besoin plus que jamais qu’Hécate guide mes pas. Me voilà au service de la police, à tenter d’élucider des meurtres grâce à mes pouvoirs naissants. Ajoutez à cela ma recherche de boulot et mon ex qui refait surface… Voilà de quoi être déboussolée ! »

Après la découverte de ses dons d’empathie, Maëlys est propulsée au sein d’une enquête macabre : des jeunes filles ont été retrouvées atrocement mutilées, les scènes de crime évoquant la magie noire. Elle et ses amies vont devoir explorer les côtés les plus sombres de Marseille tandis que la vie sentimentale et professionnelle de notre héroïne ne fait que se compliquer de plus en plus…

Mon avis

Une joie de retrouve Maëlys !

La lecture commence quelques instants après la fin de l’intrigue du 1er tome. On retrouve l’héroïne là où on l’avait quitté, juste après son anniversaire quand elle a été appelée par Patricia. Cette dernière sollicite son aide au plus vite. Maëlys se rend donc sur place accompagnée de  son amie Dorine. Même si elles connaissent Patricia et savent qu’elle aide la police dans ses enquêtes, les jeunes femmes sont quelque peu surprises de se trouver sur une vraie scène de crime. De quoi vous retourner même la plus courageuse des sorcières. Surtout que ce n’est vraiment pas beau à voir. Il s’agit de l’assassinat sauvage d’une jeune femme. Ce n’est pas la première victime et cela ressemble à un crime rituel. La mort a été mise en scène. Maëlys ne  peut malheureusement pas venir en aide à la police mais Dorine se rend compte que le rituel ressemble à ce qu’elle a déjà lu dans des livres de magie noire. Elle va donc faire des recherches pour aider Patricia.

Maëlys l’introvertie change peu à peu, elle s’affirme au contact de ses amies. Elle n’est plus seule, elle peut partager sa découverte de la magie avec des amies de confiance. De plus, la vie de la jeune femme est en complète évolution. En effet, Maëlys a trouvé un travail en CDD pour quelques semaines dans un centre. Elle va remplacer une psychologue en arrêt et va devoir aider des adolescents étranges et perturbés. Un véritable challenge mais Maëlys se sent prête à relever le défi, et elle peut compter sur son récent savoir magique pour affronter ses angoisses. Parmi les adolescents perturbés voire limite psychopathes, Maëlys va tomber sur Jehane qui voit et parle à des personnes décédées. Réalité ou pathologie? Jehane voit-elle réellement des fantômes ? Ou a-t-elle besoin d’une aide médicale ? La jeune sorcière est un peu coincée, l’éthique l’empêche de poser clairement la question à l’adolescente. Mais on peut compter sur Maëlys pour faire tout ce qui sera en son pouvoir pour lui venir en aide.

L’ambiance de ce tome est plus sombre. Il règne ici  une atmosphère noire avec tous ces meurtres et la magie noire.  Le lecteur apprend à nouveau plein de choses sur la magie, sur certaines célébrations païennes, notamment Lughnasad (qui je pense, est une des saisons païenne préférée de l’auteur). Personnellement, j’adore cette fête, son symbolisme et l’ambiance. L’atmosphère d’été et d’abondance. Ici le contexte est particulier, et j’ai apprécié trouvé dans le récit quelque chose différent, presque « détourné », vers de plus sombres desseins. Les informations « magiques » sur la Wicca sont parfaitement distillées dans le tome. Une nouvelle fois, on apprend des choses nouvelles de manière agréable, avec une note encore plus sombre (car ancrée dans la réalité).

J’aime beaucoup cette héroïne qui s’affirme et qui doute aussi. Sa simplicité et sa façon très cohérente de voir les choses, d’appréhender sa nature, sa magie, m’ont séduite. Cécile Guillot a également ajouté des parties rêvées qui sont chargées de symboles, et qui annoncent certainement les révélations du 3ème tome.

Pour l’héroïne, en plus de la pratique de sa magie et de son nouveau travail, il y a des événements dans sa vie amoureuse. Maëlys pense beaucoup à Alex qui est absent mais elle décide d’aller de l’avant. Elle retombe même sur son ex petit copain Anthony, le gendre idéal. Cependant, il va s’apercevoir que la vie de la jeune femme tourne désormais autrement, il voit ses lectures, son environnement et ne cherche pas à en discuter avec elle, pour lui, c’est sur, elle tourne mal ! Comme la jeune sorcière va-t-elle réagir ?
J’ai apprécié que l’héroïne soit d’une nature à ne pas se laisser abattre, qu’elle ne se jette pas non plus à corps perdu vers quelqu’un d’autre. Elle a bien sur des doutes mais elle réfléchit. Elle murit au fil des romans et j’aime vraiment sa personnalité.

J’aime toujours la douceur de l’écriture de Cécile et ses connaissances sur la Wicca, les rituels, le bien-être, les symboles, la magie. Et elle a su durcir son style pour aborder des choses plus sombres, plus noires dans ce nouveau récit.

Seul bémol dans cette lecture, la disparition d’un personnage secondaire qui n’est pas vécu par les protagonistes comme je m’y attendais. Du coup, pour moi il y a eu un manque d’émotion face à cet événement. C’est difficile d’expliquer vraiment pourquoi sans spoiler. En dehors de ce point, j’ai beaucoup aimé retrouver Maëlys, sa quête initiatique, jeune sorcière à la découverte d’elle-même, confrontée à des choix. C’est un personnage que je prends plaisir à suivre même si parfois, il faut le reconnaître, elle a le chic pour aller, avec inconscience, au-devant du danger ! Le tome 3 s’annonce particulièrement intéressant avec des révélations sur l’histoire de Maëlys. Vivement la lecture du chant de la lune !

La voie de la sorcière, T1, Fille d’Hécate de Cécile Guillot

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Editions du Chat Noir, 142 pages, 11,90€

4ème de couverture

« Je croyais n’être qu’une étudiante ordinaire et sans doute trop renfermée. Et puis, il a eu cette expérience étrange, la découverte de mon don… Maintenant je dois apprendre à m’accomplir en tant que sorcière, développer mes pouvoirs et trouver ma place en ce monde. Tout aurait-été parfait s’il n’y avait pas eu ces cauchemars et ces malaises. Quelqu’un cherche à me nuire ! Mais qui pourrait bien me harceler ainsi ?
Et, pour ne rien arranger, j’ai aussi un mémoire à écrire pour valider ma dernière année de psycho. Ma vie n’est vraiment plus de tout repos ! »

Maëlys nous ouvre les portes d’un univers étrange et déroutant, celui de la Wicca. La quête spirituelle qui est sienne va l’exposer à des menaces insoupçonnées. Surtout que le destin pourrait bien placer sur son chemin, les clés qui l’aideront à résoudre les mystères d’une existence parsemée d’ombres… Car, une sorcière peut-elle s’épanouir coupée de ses racines, ignorante d’un passé dont pourrait dépendre l’avenir ?

Résumé

Maëlys est étudiant à Aix-en-Provence. Assez seule, sérieuse et dotée un esprit scientifique, elle réussit brillamment ces études. C’est une femme sensible qui cerne plutôt bien les gens, ce qu’il l’aide beaucoup dans ses études de psycho. Maladroite, elle va heurter un jeune homme à la fac et il va lui proposer de participer à des expériences scientifiques pour sa thèse. Elle va alors faire de surprenantes et étranges découvertes sur elle-même…

Mon avis

Une lecture passionnante et envoûtante !

Après un prologue fort à propos et très intéressant de Vanessa Terral sur la place des croyances « magiques » dans nos vies, le lecteur découvre Maëlys une jeune femme en master 2 de psycho à Aix en Provence. Qui par pur hasard et victime de sa maladresse, va découvrir qu’elle n’est pas aussi banale qu’elle le croyait. Un chercheur lui propose une expérience, elle se révèle autant effrayante qu’intéressante. Maëlys, pourrait être télépathe, en tout cas, elle est très empathique. Elle décide de faire des recherches et atterrie dans une librairie spécialisée où la fille de la patronne lui dit qu’elle est une sorcière… Tiraillée par son éducation sérieuse et scientifique  et l’envie d’en savoir plus, sur ce qu’elle aurait pris avant pour des idées de doux illuminés, elle décide de creuser le sujet.

Maëlys est une jeune femme attachante, qui n’a pas vraiment d’amis, et qui se consacre à ses études. Orpheline, ses parents adoptifs ne sont plus là. Elle doit bien le reconnaitre elle est seule. La découverte de ses dons lui redonne espoir. C’est agréable d’avoir un personnage adulte, complexe, intelligent et volontaire. Une héroïne que l’on prend vraiment plaisir à suivre.

Mais un jour (enfin une nuit), elle va faire d’horribles cauchemars. C’est à cet instant, que le lecteur comprend qu’il y a bien plus dans ce récit qu’une simple histoire d’étudiante – sorcière.

En refermant le livre, on a indéniablement envie de savoir ce que va devenir Maëlys mais aussi de découvrir la Wicca, les fondements de cette religion, les vertus et bienfaits des plantes, le pouvoir des gemmes, la signification des symboles… En peu de pages, Cécile réussit à captiver son lecteur, à l’intéresser à un monde différent du sien, à lui donner envie de découvrir d’autres choses, d’en savoir plus.

Pour Maëlys, c’est un « voyage » initiatique, vers des croyances et une façon de vivre différente mais qu’elle a toujours eu en elle. De ce fait, même si elle prend plutôt bien les choses, et que sa vie chamboulée prend un nouveau cours et que bien que cela soit rapide, elle fait face et assimile vite, on se doute que c’est normal même si on ne sait pas encore bien pourquoi. Le monde qu’elle découvre, et nous avec elle, est étrange, complexe et pourtant en lien étroit avec la nature, la vérité, la vie. Le parcours de Maëlys est une quête spirituelle. Que croire? A qui accorder sa confiance? Comment se protéger? Que penser de tous les choses qui lui arrive? Heureusement, certaines personnages seront là pour l’aider à comprendre. Alors que d’autres chercheront à lui nuire.

Le lecteur s’interroge beaucoup sur le passé de Maëlys, que l’on découvrira certainement progressivement en la suivant. La fin donne envie de se jeter sur le tome 2, la vie de Maëlys semble prendre une tournure différente et inattendue. J’ai hâte de lire la suite !

Alors oui c’est court, on aimerait parfois un peu plus de détails mais on se laisse prendre dans le récit qu’on lit très vite et on apprend malgré tout beaucoup de chose et en 140 pages, on parvient à s’attacher à cette jeune femme.  Et c’est peut être même pas plus mal d’avoir un tome d’introduction, qui vous happe de suite, qui ne tourne pas en rond et qui ne saoule pas le lecteur des tonnes de données où il décrocherait bien vite.

Le style de Cécile Guillot est fluide, entrainant et empreint de douceur. Une certaine poésie se dégage de sa prose. Et elle est aussi être plus dure et aborder des choses plus effrayantes. Et puis, Cécile joue avec la forme de son récit: mails, songes, … On n’a pas le temps de s’ennuyer.

Cécile vous prend par la main et nous faire découvrir son monde et on n’a pas envie de les quitter ! C’est très réussi 🙂 En plus de lire la suite, j’ai très envie de découvrir les ouvrages que Cécile indique dans les références. Je crois que je finirai par craquer rapidement !  Vous aussi laissez vous guider par Cécile et jetez vous sur La voie de la sorcière !