L’Asch Mezareph de Jean-Pierre Favard

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Editions Lokomodo, 9,90€, 529 pages

4ème de couverture

1223, les évêques de Bethléem, en Palestine, fuient la Terre Sainte et trouvent refuge à Clamecy, dans la Nièvre.
1307, des centaines de Templiers sont arrêtés sur ordre de Philippe le Bel. Officiellement, l’Ordre du Temple n’existe plus.
1382, Nicolas Flamel parvient à changer le plomb en or.
1789, deux ouvriers du marquis de Chastenay mettent à jour un intrigant coffret en pierre à Essarois, en Côte-d’Or.
De nos jours, d’étranges parchemins refont surface en même temps que le corps sans vie d’un notaire. S’engage alors une formidable course contre la montre mêlant Histoire occulte et officielle, sociétés secrètes et alchimie. Ou lorsque la légende rencontre la réalité…

Mon avis

Mitigée

J’ai enfin sorti de ma PAL ce livre acheté aux Imaginales en 2013. C’est le thème de l’Alchimie qui m’a beaucoup intéressé et qui a motivé mon achat.
Le prologue nous transporte au temps des croisades auprès de Guillaume de Nevers qui vit ses derniers jours. Puis, de nos jours dans la Nièvre, un corps est retrouvé dans une rivière. Il s’agit d’un notaire de la commune. Émilie et d’autres jeunes lycéens ont décidés de faire l’école buissonnière. Émilie s’est laissée convaincre par son amie Priscilla, et par la promesse que William pour qui elle craque sera là. D’ailleurs, il ne tarde pas à les rejoindre et à la prendre à part. Ils échangent alors leur premier baiser. Le petit groupe de jeunes gens se trouve non loin de l’endroit où les pécheurs ont retrouvé le corps sans vie. Certains curieux s’approchent William, Priscilla… Cette découverte macabre va les marquer. Surtout Priscilla qui s’est aperçu que le mort avait les mains attachées dans le dos. De retour chez elle, Émilie découvre son père et sa mère déjà averti de la nouvelle. Entre coup de fils à Priscilla et sa relation naissante avec William, Émilie n’est pas très attentive mais le soir elle retrouve son père devant des manuscrits et ce dernier lui confie que la mort de Khan le notaire n’était pas accidentelle. Il dispose de parchemins qui les mettent en danger…

Lors d’une soirée chez un ami Romain, Émilie ne se sent pas le cœur à la fête, contrariée par William, elle trouve refuse au bruit dans une pièce de la maison où elle va faire la connaissance du père de Romain amateur de livres. C’est plus fort qu’elle, elle va le questionner que les parchemins que son père a en sa possession, sans tout lui dire. Et elle s’aperçoit qu’il connait pas mal de choses que la période où auraient été rédigé des parchemins avec des rameaux d’amandiers… Il lui raconte alors un passé mystérieux qui remonte aux croisades.

Le lecteur va alors plonger dans une histoire de sociétés secrètes telle la commission des 25 et d’alchimie en compagnie de Nicolas Flamel notamment. Émilie, William et Priscilla vont se retrouver embarqués dans une histoire et une sorte de course poursuite qui les dépassent.
Le roman est découpé en plusieurs parties permettant notamment aux lecteurs de découvrir la commission des 25, le mystérieux coffret d’Essarois ou encore l’Asch Mezareph.

Comme indiqué au début de ce billet, je suis mitigée sur cette lecture. Il y a des choses que j’ai beaucoup apprécié et d’autres moins. J’ai aimé découvrir les théories et les faits historiques autour des templiers et de l’alchimie. La partie sur Nicolas Flamel est celle que j’ai préféré, elle est très prenante et intéressante. L’auteur a réalisé un véritable travail de recherche et cela se ressent beaucoup. Il parvient également à ne pas faire trop de répétition puisque l’action est découpée en plusieurs époques et points de vue, ça n’est pas évident de ne pas perdre le lecteur mais ne pas redire trop de fois la même chose. J’ai aussi apprécié le retournement de situation qui arrive au cours de l’intrigue dans le présent. La place de l’alchimie se fait un peu attendre mais une fois abordé on apprend plein de choses, allant même jusqu’aux références dans notre culture contemporaine.

Par contre, j’ai trouvé toute une partie de l’intrigue trop rapide. La façon dont Émilie se retrouve embarquer dans une histoire incroyable ne m’a pas vraiment convaincue, trop précipitée pour assurer une cohérence. De plus, par rapport au reste du récit, la fin est trop abrupte.
Même si les faits historiques sont très intéressants, ils sont parfois donnés trop rapprochés les uns des autres, trop d’information d’un seul coup peut dérouter le lecteur. Un petit problème d’équilibre du récit m’a aussi un peu ennuyé dans ma lecture, j’ai trouvé certaines parties se déroulant dans le passé un peu trop longues pour le peu d’intérêt qu’elles apportent à l’intrigue générale.

L’Asch Mazareph est une lecture sympathique mais un peu trop inégale. Le style est simple, fluide, la lecture est rapide. Le travail de recherche et les connaissances de l’auteur sont l’atout principal de ce roman. Si vous voulez vous procurer ce livre, on ne le trouve plus que d’occasion par contre.

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Le Frisson des Aurores, Anges d’Apocalypse, T2 de Stéphane Soutoul

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Rebelle Éditions, lu en ebook, 9,99€ ; 474 pages en version papier, 19,90 €

4ème de couverture

Lycéenne le jour, garde du corps la nuit : la combinaison explosive pour cumuler les problèmes. Suite à l’assassinat d’Alistard Vorlock, les rues de Toronto sont plus dangereuses que jamais. Desmond, le sorcier qui cherche par tous les moyens à me mettre dans son lit, serait peut-être en mesure de désamorcer le conflit. Sauf que ce dernier préfère me poursuivre de ses avances pendant que la situation s’envenime. J’aurais presque envie de laisser la tueuse qui a débarqué en ville lui faire la peau, s’il ne m’avait pas engagée pour le protéger. Surtout que l’assassin en question se révèle être sa propre soeur… Remarquez, la poisse n’est pas en reste lorsque je suis Samantha. Tandis que mon identité humaine essaie d’apprivoiser l’amitié de Nathan, des sorcières pas très recommandables s’intéressent au garçon d’un peu trop près à mon goût. Avec deux vies pour une seule âme, être un cavalier de l’apocalypse n’a décidément rien d’une sinécure.

Mon avis

J’ai enfin pris le temps de continuer la saga des Anges d’Apocalypse.

De nouveau, on suit Syldia et son existence loin d’être de tout repos. La nuit, elle est elle-même, Famine, un des 4 cavaliers de l’Apocalypse, mais qui tente avec ses sœurs de vivre une existence normale dans la mesure où cela peut-être possible pour des « créatures » comme elles. Et, on s’aperçoit vite à nouveau, que pour deux des sœurs, c’est vraiment très compliqué. Syldia est à la recherche de son ancien associé, qui l’a trahie et dont elle veut se venger. Elle n’a depuis la catastrophe de son dernier emploi, plus de boulot…

La journée, après son transfert d’âme, malédiction d’un ex petit ami, elle est Samantha, lycéenne sans histoire, moyenne en tout, qui a des parents adorable. Elle s’est lié d’amitié avec Nathan, jeune homme mystérieux, qui protège sa petite soeur en prenant sur lui les écarts de leur monstre de père. Nathan qui, ce n’est pas commun, cache un autre secret, très dangereux.

Dans ce second tome, Syldia se voit proposer par Desmond, le sorcier qui lui a fait du rentre dedans dans le premier tome et qui depuis les événements passés dans cette histoire assure l’intérim à la cour des sorciers de Toronto, une offre qu’elle ne peut refuser malgré de très nombreuses réticences. Elle doit assurer sa protection la nuit, car un duo de tueur à gage en a après lui. Quand à Samantha, elle doit jongler avec ses sentiments ambigus, sa famille et d’étranges jeunes sorcières qui rodent autour de Nathan… Ajouter à cela, le retour pour les soeurs de Syldia de la Voix, qui troublent leur sommeil et leur existence.

On replonge facilement dans le bain. Stéphane Soutoul fait de judicieux rappels sur le tome précédent le long de l’histoire et la mémoire des personnages revient rapidement. Je trouve toujours le traitement des 4 cavaliers de l’apocalypse de nos jours original et j’ai apprécié en apprendre plus sur les sœurs de Syldia. Par contre, je ne suis toujours pas vraiment convaincue par Syldia, qui dans ce tome m’a agacée. Je n’ai pas compter le nombre de fois où elle nous redonne son âge mais trop pour mes nerfs. De plus, elle n’a vraiment pas acquis la sagesse qui allait avec. A croire qu’on lui a effacé de la mémoire quelques centaines d’années… Son côté Famine est toutefois plus développé dans ce tome, et cet aspect là m’a bien plu.

J’ai préféré quand elle est Sam. J’ai trouvé que l’intrigue de ce côté là, était plus intéressante que la protection de Desmond qui a finalement manqué de punch et d’action. L’intrigue familial du sorcier ne m’a pas touché et pas vraiment convaincue. Par contre, j’ai aimé découvrir le personnage d’Équinoxe, ambiguë et déstabilisant. A la fois, agaçant et attachant, fou et sincère. Vraiment un mélange détonnant et étonnant.
J’ai donc préféré l’amitié compliquée qui lie Sam et Nathan, l’apparition au lycée des sorcières, de leur étrange intérêt pour le jeune homme, les pointes de jalousie de Sam, etc.

Il faut bien reconnaitre quand-même que ce soit Syldia ou Samantha, une fois plongée dans le récit, j’avais envie de savoir ce qui allait se passer, ce qu’elle allait décider de faire et comment.

Comme pour Le tourment des Aurores, c’est très bien écrit, un style agréable, fluide et maitrisé.  On s’habitue aux quelques clichés bit-lit ou urban : les beaux gosses partout, leur besoin de contrôler, les tensions sexuelles, et une héroïne forte mais avec les hormones qui font des siennes ! Avec toujours une dose d’humour ou d’autodérision.

L’intrigue est bien menée, avec un retournement de situation bien vu (comme dans le 1er tome) mais comme dis précédemment, j’ai trouvé qu’elle manquait d’action, j’avais été plus servi dans le Tourment des Aurores à mon souvenir. Le gros plus, c’est quand-même les sœurs de Syldia et Nathan, on sent bien qu’il y a quelque chose à développer avec ces personnages et qu’à un moment donné, il va y avoir des changements, des rebondissements. J’ai donc envie de poursuivre l’aventure. J’espère ne pas mettre autant de temps pour lire les tomes suivants.

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La mort qui rôde de Stéphane Soutoul

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Rebelle Editions, ebook, 0,99€

J’ai enchainé avec cette nouvelle spin-off qui suit le second tome.

Certains parlent de solitude et de souffrance morale sans comprendre la portée réelle de ces fléaux. D’autres, les plus concernés, préfèrent taire leur calvaire quotidien, luttant en silence pour ne pas sombrer dans le désespoir. Survivre sans amour : tel est mon cas, telle est ma bataille… Telle est mon éternelle malédiction.

Dans cette courte nouvelle, le lecteur va suivre une des soeurs de Syldia, le cavalier de l’apocalypse : Mort.

C’est je pense le personnage le plus dangereux mais le plus fragile des romans de Stéphane Soutoul. Sa nature ne lui permet pas de côtoyer les humains et sa solitude est profonde. Elle ne peut profiter de son existence et sa vraie nature se manifeste bien trop souvent. Cette nouvelle répond à quelques questions sur ce personnage que l’on croise dans la saga et qu’on a envie comprendre mieux. C’est très court, j’aurais aimé passer plus de temps avec Eve. Mais l’histoire est teintée de souffrance et de mélancolie et je pense que pour le moral c’est sans doute mieux que ça ne soit pas  trop long. En tout cas, ce spin-off donne envie de recroiser rapidement ce cavalier dans la suite de l’histoire de sa sœur.

Pacte Obscur – La geste des exilés – T1 de Bettina Nordet

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Éditions du Chat Noir, 19,90€, 417 pages

4ème de couverture

Je suis flic, et à part une petite bizarrerie et un sérieux manque de sex-appeal dont je me passerais bien, ma vie est plutôt sympa. Mais un soir tout vole en éclat. Traquée par des types bizarres, je me retrouve baby-sittée par mon nouveau boss, un type beau à tomber aux instincts meurtriers peu rassurants, qui semble éprouver à mon égard une allergie aussi violente qu’inexplicable. Alors, telle Alice, je plonge dans le terrier du lapin blanc ; sauf que, dans mon cas, la curiosité n’y est pour rien : mon imbuvable garde du corps m’y a poussée. Bien décidée à retrouver ma vie et les miens, je rue dans les brancards, mais les échos d’une prophétie plus vieille que le monde pourraient bien finir par me rattraper et m’en empêcher. Je vais tout faire pour me sortir de ce guêpier, même si, je dois bien l’admettre, il y a quelques compensations : des beaux mecs comme s’il en pleuvait. Et dire que je me plaignais que mon carnet de bal était vide…

Pièce maîtresse d’une lutte de pouvoir immémoriale, entraînée au cœur d’un tourbillon de violence et de sang, Jana découvre peu à peu que tout ce qu’elle croyait savoir n’est qu’un leurre, et que la frontière entre les bons et les méchants n’est peut-être pas aussi tranchée que ce qu’en disent les traditions millénaires.

Mon avis

J’avoue au départ ma lecture m’a agacée. Je ne lis pas beaucoup de bit-lit et j’ai un peu de mal avec les héroïnes belles, un peu naïves mais qui comme par hasard sont sauvées par de beaux jeunes hommes mystérieux… Mais je suis rentrée dans le récit assez facilement et je me suis retrouvée accrochée, prise au jeu… Et c’était une excellente lecture ! Je ne peux pas trop comparer avec les lectures du genre n’ayant presque pas de référence mais je pense pourvoir dire, aux retours que j’en ai eu et du mien, que c’est du très bon ! J’avais peur de ne pas accrocher au genre mais en fait si et je suis donc surprise dans le bon sens du terme ^^

Jana est agent de police, elle a un don assez particulier, c’est un vrai sérum de vérité pour des criminels d’un genre particulier. A part cela, elle mène une vie tranquille, même un peu trop à son goût. Elle aime son taff, à un meilleur ami adorable Nico, une famille géniale mais côté cœur ça n’est pas vraiment ça, elle n’est jamais vraiment satisfaite. Elle attire plus les femmes que les hommes et elle qui est pourtant très mignonne n’a plut qu’assez tard.
Un matin, elle arrive au commissariat assez tard, après avoir aidé un autre service à faire avouer un tordu, elle retrouve Nico qui lui annonce qu’elle a loupé la réunion et l’arrivée du nouveau boss. La boulette. De quoi être affichée d’entrée. Quelques minutes après, elle croise le nouveau chef, Kell, grand brun ténébreux et glacial dans l’ascenseur. Elle se sent rapidement attirée par lui mais ce dernier, pas du tout, et il la menace. Sans doute la conséquence de son retard du matin…

Quand elle sort du commissariat, elle se sent épiée mais en bon flic, elle ne cède pas à la panique. Sauf qu’il ne s’agit pas d’une impression, elle est poursuivie et traquée par plusieurs hommes en pleine rue. Elle tente de leur échapper mais seule l’arrivée de Kell sur sa moto, lui permettra de mettre de la distance entre elle et ses agresseurs. Kell refuse de lui donner des explications. De plus, il tire en pleine rue avec une arme étrange sur les agresseurs ! Quel type de flic est son nouveau boss ! Que se passe-t-il ? Les policiers ne font pas ça, elle nage en plein délire.
Kell l’a laisse sur un parking, prétextant aller lui chercher des affaires, lui donne une arme spéciale, lui annonce qu’elle ne pourra plus rentrer chez elle, qu’elle est traquée par des loups-garous et l’abandonne à ses interrogations. Elle est complètement dépassée par les événements et ne comprend pas ce qui se passe. Elle pense perdre la raison, Kell lui a parlé de loups-garous ! Mais bien sur … ! Dans quel mauvais trip était-elle tombée ? Il se drogue c’est pas possible autrement… Elle n’a pas trop le temps de s’apitoyer sur son sort parce que les gars qui la traquent l’ont retrouvé. Elle va vite se rendre compte que Kell ne mentait pas, qu’elle est vraiment en danger et que la fuite pour sa survie ne fait que commencer….

L’auteur nous livre un premier tome dense et fouillé, très travaillé et qui fourmille d’informations. Pas uniquement un tome introductif, on découvre déjà plein de choses sur Jana, les gens qu’elle va côtoyer et il y a énormément d’action. Même si habituellement, les créatures surnaturelles, les beaux mecs et les prophéties ne sont pas ma tasse de thé, j’avoue que là  j’ai vraiment accrochée et je me suis vraiment prise au jeu. Au bout d’un quart du récit, je n’avais plus envie de m’arrêter, tellement je voulais savoir ce que Jana était et ce qu’elle allait devenir. Ce premier tome se lit vraiment très bien, c’est dynamique et très rythmé. Parfois, j’avais envie de mettre des claques à l’héroïne mais finalement son comportement est si bien expliqué dans l’histoire, si bien intégré à l’intrigue que ces baffes elle ne les mérite pas vraiment ^^

Jana a un sacré langage et ne mâche pas ses mots, elle donne ce côté « fun » au récit qui est si plaisant. Ajoutez quelques références cinéma, série et livre bien placé et on obtient un livre bourré d’humour. L’univers développé est plus complexe que ce que j’ai pu en dire dans cette chronique, en fait là, vous n’avez peut-être même pas 10% de l’intrigue du livre ^^ Il y a beaucoup d’action et même si parfois mes nerfs ont été irrités par le comportement de certains personnages, c’est génial, parce que cela veut dire que j’ai été touchée par ma lecture.

Dans l’ensemble, j’ai apprécié Jana, ce qui a pu m’agacer dans sa façon d’être, s’explique finalement et c’est une héroïne sympathique et le lecteur n’est pas au bout de ses surprises avec elle, je pense. Je suis allée au delà de mon aversion pour Kell, les personnages froids et compliqués, en général, très peu pour moi. Et finalement, c’est un personnage qui s’étoffe tout le long de l’histoire et assez intéressant. Il y a pas mal d’autres personnages mais je ne préfère pas en parler, pour vous laisser la surprise mais j’ai un ou deux coups de cœur déjà, Phen, Mayron ❤

Bien sur, il y a comme dans un bon roman du genre, des scènes un peu plus intimes et des beaux mecs mystérieux à foison, mais l’auteur gère tout cela très bien, jamais vulgaire. Le style est certes un peu plus « parlé », « jeune » et « cash » mais il y a du vocabulaire, l’univers est travaillé, la seconde partie notamment, très détaillée, on apprend en même temps que Jana. C’est très complet et intéressant.

Pacte obscur présente une histoire que j’ai beaucoup apprécié parce que je savais pas trop à quoi m’attendre et que je n’avais rien vu venir. Pour dire, j’en avais même oublié le tire de la saga et je fus surprise de la fin qui pourtant est très logique. Il y a bien sur les codes du genre, quelques ficelles que l’on voit venir mais c’est frais, agréable et vivant. On passe largement au dessus. Je ne m’attendais pas à un tome si riche en développement et si dense, vraiment on en a pour son argent comme on dit ! Je lirai la suite avec plaisir. Et pour avoir échangé avec des copines qui l’ont lu et l’auteur lors des Halliennales, ce tome va être encore plus chargé en rebondissements, en révélations et en action ! ça promet !!! J’ai hâte !

Black Mambo – Vanessa Terral & Sophie Dabat & Morgane Caussarieu

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Editions du Chat Noir, 19,90€, 317 pages

4ème de couverture

Il existe des territoires où le progrès n’a pas encore éradiqué les vieilles croyances et leurs pratiques. L’Afrique, berceau de l’humanité, en fait partie.
Chamans, Mambos, Sangomas… Autant de sorciers qui œuvrent dans l’ombre à protéger les fidèles, mais aussi à réveiller les anciens Dieux, démons et loas.
Magie blanche ou magie noire, en dehors des frontières de ce continent, tel un serpent, discret et insinueux, elle se répand.
Ainsi, le jeune punk Mika sera initié malgré lui aux secrets du vaudou, en plein carnaval de la Nouvelle-Orléans, et devra composer avec l’esprit des morts, le terrible Baron Samedi et son armée de gamins buveurs de sang.
À Marseille, des meurtres rituels obligent le capitaine Dilaniti à renouer avec ses racines, le Swaziland, un pays sous dictature militaire où règnent encore les traditions liées au Muti, culte tribal qui vampirise la population.
Au Maghreb, les djinns, esprits nés d’un feu sans fumée, peuvent posséder les vivants. La grossesse avait chassé celui qui résidait en Leila. Entourée de son fils et de son mari, la jeune femme devrait être heureuse. Pourtant, un regard brûlant pèse sur son âme.
Trois auteurs reconnues de la nouvelle génération s’associent pour vous conter ces légendes africaines… À leur manière… Trois romans courts, violents et sans concessions, aux accents sauvages de ce continent insoumis.

Mon avis

Une réussite !

Je pourrais m’arrêter là mais non, je vais développer quand même 🙂

Black Mambo se compose de 3 romans courts écrits par 3 auteures qui montent, qui montent, qui montent,… 3 histoires différentes mais 3 récits disposant de points communs : les veilles croyances, l’Afrique ancestrale, la magie noire ou blanche, les sacrifices,… Trois histoires qui font tour à tour froid dans le dos, mettent mal à l’aise, font réagir. Des univers et des ambiances qui font frémir, des événements forts et marquants, un peu de gore, un peu de glauque, une composition parfaitement acquise qui ne tombe dans la sur-enchère.

Les 3 romans courts sont parfaitement construits, les histoires tiennent le lecteur en halène et les 3 auteures maîtrisent leurs sujets, leurs atmosphères et leurs effets. Voici mes impressions sur chacun des textes proposés dans Black Mambo.

L’ivresse du Djinn de Vanessa Terral

Vanessa nous emmène cette fois au Maroc. Ambiance moite, touffeur et possession garantie ! Ce que j’aime chez Vanessa, c’est sa façon de narrer les légendes, les créatures et les mystères dans une histoire contemporaine et réaliste. Et là c’est encore une fois très réussi.

Ici, le lecteur découvre Leila une belle jeune femme indépendante. Mais sous le poids des traditions familiales, on lui choisi un époux, Idriss, et elle cède. Alors, à contre cœur, elle accepte de perdre sa liberté. Mais Leila est possédée par un Djinn qui se serait « jeté » sur elle lors de la cérémonie du henné alors qu’Idriss aurait tardé à la rejoindre pour la cérémonie. Leila va devoir passer par de nombreuses épreuves avant de connaître enfin la paix et la sérénité. Mais de quel façon ? Et si le danger, le malheur et la désolation ne venait pas uniquement du démon ?

Vanessa Terral nous emmène au Maroc avec ses traditions et ses légendes, ses vieilles croyances. La vie de Leila ne lui appartient pas vraiment, et pas uniquement à cause du Djinn qui la convoite. Le poids des traditions pèse sur ses frêles épaules. Les rencontres que fera Leila vont changer sa vie. Ce n’est pas facile de parler de cette histoire sans trop en dévoiler.

La fin de ce roman court m’a surprise. J’ai apprécié cette tournure très différente de ce à quoi on s’attend. Peu convenue, même si, je ne suis pas sure que j’aurai pu faire ce choix à la place de l’héroïne. Trop de passif, trop de souffrance. L’histoire de Leila est bouleversante à bien des titres. Et surtout, j’ai souffert avec elle. Il y a des passages qui m’ont pincé le cœur et retourné les boyaux. La noirceur et la douleur sont présentes et j’ai eu du mal à enchainer facilement les chapitres. Certains passages sont très forts et j’avais besoin de respirer à nouveau avant de reprendre ma lecture. Mais ce n’est pas négatif. Je suis sensible à certains thèmes voilà tout. Heureusement c’est bien écrit et j’avais envie de savoir ce qu’il allait se passer.

J’ai adoré retrouvé la plume de Vanessa,  dans un style direct, franc mais sincère. Et j’ai encore découvert avec elle, une culture et une créature que je ne connaissais pas. Et l’ambiance est assurément bien dépeinte. On suffoque avec Leila, la chaleur n’est pas que dans les dalles de terres cuites et dans le désert.

La danse éternelle des roseaux de Sophie Dabat

Changement de registre avec Sophie Dabat. Au début du roman, exit le désert et la fournaise du Maghreb, nous voici à Marseille. Mais, le lecteur va bien vite voyager et découvrir le Royaume du Swaziland avec son roi, ses coutumes, ses traditions, … ses rituels et sa magie tribale. Une histoire qui fait froid dans le dos mais tellement prenante !

A Marseille, une jeune femme fuit des chasseurs. Elle souhaite plus que tout sauver son enfant et réussir à le protéger. Mais à bout de force, elle ne parviendra pas à leur échapper. Le capitaine Hlengiwe Dilanti, native du Swaziland est appelée sur une scène étrange. Une vieille femme a été retrouvée en pleine rue, tenant un enfant sacrifié dans les bras. Alors que tous la croit morte, Gigi s’aperçoit que la vieille est pourtant bien toujours en vie. De plus, le capitaine n’a aucun doute sur l’aspect sacrificiel de ce crime. Il lui rappelle trop bien son passé swazi. Hlengiwe va devoir se replonger dans ce passé, ses secrets et son pays natal pour découvrir l’origine de la série de crimes qui ont lieu simultanément en France et au Swaziland.

Sophie Dabat nous transporte dans ce pays ravagé par la misère, le sida et sa « dictature ». Le mieux (ou le pire) c’est que tout est vrai (ou presque). Le roi Mswati III existe réellement, il a bien 15 épouses, la danse des roseaux existe aussi, le pays est durement touché par la maladie… et après cette lecture, je ne m’imagine pas mettre un pied là-bas, j’ai bien trop peur ! L’imaginaire et le réel se confondent parfaitement dans le texte de Sophie Dabat. Et si tout était vrai? D’où un malaise qui peut étreindre le lecteur. La course de Gigi m’a épuisée ! J’étais avec elle, j’avais peur pour elle, j’avais peur avec elle, j’avais peur de ses découvertes. Là aussi, faut avoir le cœur bien accroché si on est sensible. Personnellement, le malaise n’a jamais basculé vers l’impossibilité de la lecture. C’est tellement bien décrit que cela peut être parfois dur. Mais c’est tellement prenant et bien fait que c’est ici aussi une super découverte.

Les enfants de Samedi de Morgane Caussarieu

Une virée dans le bayou en compagnie de Mika, un punk attachant et une plongée dans le monde vaudou avec Ghilane, voici ce que nous offre Morgane Caussarieu. Dans ce roman court, la tension monte, l’étrange s’installe. Et le lecteur découvre avec une excitation mêlée de crainte la Nouvelle-Orléans, le Baron Samedi, ses enfants buveurs de sang,…

Mika, français, arrivé pour rendre visite à sa grand-tante encore inconnue quelques semaines auparavant, assiste à Mardi-Gras, à la Nouvelle-Orléans. Complètement défoncé, il essaie d’oublier Lou, qui l’a jeté pour un grand black et oublier ses dernières actions avant de quitter la France… Errant, après une nuit de défonce, il déjeune au Délice Cajun tenue par une belle enfant du pays, Ghilane. Puis il prend enfin la route, traverse le bayou sous une pluie battante, pour atterrir dans la propriété de sa parente, une ancienne plantation où Mama, descendante des esclaves l’accueille chaleureusement. Il découvrira que cette dernière est la grand-mère de Ghilane. La jeune femme d’ailleurs ne le laisse pas insensible… Pour Mika commence alors un étrange parcourt sur cette terre remplie de croyances, de mystères et d’esprit.

Morgane Caussarieu nous plonge vraiment en Nouvelle-Orléans. Les traditions, la gastronomie, les décors, les couleurs, les routes, le bayou… On s’y croirait vraiment. Pas de mal à fermer les yeux et se laisser porter par son imagination. Elle réussit à créer une atmosphère progressivement oppressante, variation de lumière, changement de décors, odeurs végétales. L’inquiétude monte peu à peu. On sent qu’il va se passer quelques choses et que ça ne va pas être beau à voir. Et, nous sommes immergés dans la culture vaudou, les gédés, les loa, les mambos,… C’est vraiment détaillé, sans en faire des tonnes. L’histoire est prenante et on s’attache à Mika avec ses défauts. J’avais indéniablement envie de savoir ce qui va lui tomber dessus. Le style de Morgane Caussarieu est incisif et percutant.  On sent la maîtrise du sujet, de cet univers et on en redemande.

J’ai beaucoup aimé Black Mambo. Différent et surprenant. Terrifiant et puissant. Trois histoires qui marquent. Trois auteurs qui se démarquent. Je n’ai pas toujours été à mon aise dans ma lecture et j’aime cela aussi quand des textes arrivent à perturber ma zone de confort. J’aime être touchée, chamboulée et happée dans un univers. Et ici, j’en ai eu 3 pour le prix d’1 !

Les éditions du Chat Noir parviennent encore à surprendre en publiant ces récits fantastiques uniques et dans un genre encore différent de leurs autres publications. Encore une découverte qui m’a surprise et retournée. Merci !

Un unique bémol, mais qui ne remet pas en cause la qualité de Black Mambo, pour moi, une incohérence s’est glissée dans la temporalité de la danse éternelle des roseaux, ou alors une faille spatio-temporelle m’a joué un vilain tour  ? 😉

Merci aux Editions du Chat Noir pour la découverte et l’envoi de ce roman, que je conseille vivement.

L’école de la nuit de Deborah Harkness

9782253169840-T

Le livre de poche, 923 pages, 8€90

4ème de couverture

Diana Bishop, jeune historienne héritière d’une puissante lignée de sorcières, et le vampire Matthew Clairmont ont brisé le pacte qui leur interdisait de s’aimer. Quand diana a découvert l’Ashmole 782, un manuscrit alchimique, à la bibliothèque d’Oxford, elle a déclenché un conflit millénaire. La paix fragile entre les vampires, les sorcières, les démons et les humains est désormais menacée.
Déterminés à percer le mystère du manuscrit perdu, et tentant d’échapper à leurs ennemis, Diana et Matthew ont fui à Londres… en 1590. Un monde d’espions et de subterfuges, qui les plonge dans les arcanes du passé de Matthew et les confronte aux pouvoirs de Diana.
Et à l’inquiétante École de la nuit.

Résumé

Matthew et Diana sont parvenus à fuir dans le passé. Ils débarquent donc en 1590 dans le 16ème élisabéthain, dans la demeure de Matthew, Old Lodge où séjournent des amis de Matthew surpris de le voir à Londres, amaigri, rasé et surtout accompagné. Il est censé être en Écosse. Diana va devoir apprendre à se comporter comme une dame de cette époque, et bien qu’elle soit historienne, cela ne sera pas si facile de passer inaperçu. Son physique déjà assez éloigné des standard de l’époque, avec un accent étrange, incapable de se taire… De plus sa magie se transforme, il va falloir pour sa survie que Diana apprenne à maîtriser ses pouvoirs et qu’elle découvre ce dont elle est capable. Quand au Matthew du 21ème, il a pris la place de celui du 16ème et retrouve sa fonction d’espion à la solde de plusieurs grandes personnalités… Un voyage dans le passé riche en épreuve et en révélation.

Mon avis

Un 2nd tome encore meilleur que le 1er !

Dans Le livre perdu des sortilèges, j’avais accroché vraiment qu’à partir de la moitié du roman quand l’action commence. Ici, pas de lenteur dans le début, l’histoire reprend là où elle s’était terminée et j’ai beaucoup aimé. Bien sur, les deux héros doivent s’adapter. Enfin surtout Diana. Atterrir au XVIème siècle avec ses codes, ses tenues, rester discrète, … et partager Matthew avec ses amis, etc. Ce placement prend un peu de temps au début de l’intrigue mais même comme cela, il se passe déjà pas mal de chose pour les deux amants.

J’ai pris plaisir à retrouver Matthew et Diana, ils me manquaient. En effet, j’ai souvent pensé à leur histoire et il était temps de sortir la suite de ma bibliothèque. Dans le premier livre, j’avais plus accroché au vampire, ici j’ai aimé les deux personnages. J’ai aimé suivre leur relation qui évolue. Cette dernière se complexifie, devenant plus compliquée, dangereuse et plus belle au fur et à mesure que le temps passe. J’ai adoré découvrir dans L’école de la nuit des personnages connus ou inventés, me perdre avec Diana dans le Londres du XVIème siècle. Mais surtout, j’ai adoré découvrir une partie de la vie de Matthew, certains de ses secrets, et la nature de Diana, ce qu’est vraiment sa magie. J’ai été sous le charme des détails de cet opus. Le Londres élisabéthain, Prague, Sept-Tours, … et des nouveaux personnages. Ceux que j’ai vivement apprécié rencontrer comme Philippe ou les sorcières du XVIème, ou encore Mary Sidney ou Gallowglass, et ceux que l’on peut facilement détester, même si on peut comprendre leurs comportements, comme Kit, Rodolphe ou le roi des vampires de Londres. J’ai adoré aussi retrouver le côté scientifique et historique de l’intrigue, les recherches alchimiques. C’est vraiment un thème que j’affectionne dans la littérature et là c’était génial. J’ai vraiment hâte d’en savoir plus sur le livre perdu, le destin des espèces et sur le reste.

Comme dans le premier tome, j’aime énormément l’intrigue globale. Il y a une part de romance mais surtout il y a une vraie histoire complexe, riche et dense : la recherche des origines, le pourquoi du déclin des créatures, les tensions entre les uns et les autres, les histoires de famille,… etc. Ce second tome présente déjà des révélations, comme la nature de Diana, ce qu’elle est capable de faire. Il présente aussi les caractères des uns et des autres, permet la rencontre avec des personnages que le lecteur n’aurait pas pu connaître dans une autre époque. Enfin, il permet de faire le point sur le destin des héros à travers l’ombre de prophéties. Seront-elles réelles ou non, quel sens ont-elles, je pense qu’on le découvrira dans le dernier tome, Le nœud de la sorcière. (D’ailleurs, maintenant que j’ai lu L’école de la nuit, je comprend mieux le titre français du 3ème.) Quelles seront les épreuves que vont devoir vivre Matthew et Diana ? Quel rôle cette dernière va-t-elle jouer dans ce qui se passe ? Leur séjour dans le passé aura-t-il changé le présent ?

En parlant de présent, j’ai beaucoup aimé les passages dans le 21ème siècle, les quelques évocations des conséquences de la présence de Diana et Matthew dans le passé. Retrouver certains personnages du premier, Ysabeau, Sarah, Marcus. C’est même frustrant parce qu’on ne reste pas avec eux très longtemps. On ne sait pas ce qui se passe vraiment pour eux mais il est certain que des joies et des drames se nouent. La fin révèle des choses qui, j’espère, seront creusées dans la suite. J’ai vraiment hâte de savoir ce qu’il s’est passé dans le présent quand Matthew et Diana étaient dans le passé et aussi ce que trame la Congrégation…

En tout cas, je continue de trouver que l’auteur fournit un gros et superbe travail de recherche. On sent l’historienne derrière l’auteur et j’ai personnellement adoré, je ne me suis pas ennuyée une minute. La relation entre les héros est creusée, les contacts avec leurs amis ou famille également. Il y a beaucoup de personnages qui gravitent autour d’eux, peu importe où ils vont, c’est vivant, j’adore ça. Moi, qui n’aime pas les histoires d’amour qui se suffisent à elle-même et les romans historiques qui pourraient se passer dans une autre époque sans problème, j’ai ici apprécié grandement que cela ne soit pas le cas. J’ai appris pas mal de choses sur cette époque, le XVIème siècle, que je ne connais pas beaucoup. Et la romance sert l’intrigue complètement.

Je garde encore en tête cette histoire construite et détaillée servie par un style est en parfaite adéquation avec l’intrigue. Je suis impatiente de lire la suite. La sortie en poche du dernier tome n’arrivera jamais assez vite ^^ Je vais encore garder en tête cette histoire, ces personnages attachants et cette tension de poursuite et d’actions et cela va me suivre partout pendant des semaines. J’ai trouvé cette suite encore meilleure que le premier, je fonde beaucoup d’espoir sur le final, j’espère que je ne serais pas déçue.

Le Tourment des Aurores, Anges d’Apocalypse, T1 de Stéphane Soutoul

ADA1COUV

Rebelle Éditions, lu en ebook, 9,99€ ; 425 pages en version papier, 19,90 €

Je tiens à remercier Stéphane Soutoul pour ce très chouette Service Presse ! Merci beaucoup !

4ème de couverture

Deux corps pour une seule âme. Impossible selon vous ? C’est pourtant le fardeau que j’endure suite à la malédiction lancée par un sorcier. Tout ça parce que j’ai eu le cran de refuser ses avances. Pour la peine, je l’ai tué, mais en attendant quelle plaie ! La nuit, je suis Famine, l’un des quatre cavaliers de l’apocalypse, et ex-meurtrière qui s’est reconvertie dans la profession de garde du corps. Et lorsque vient le jour, je me trouve coincée avec l’identité de Samantha, une lycéenne des plus ordinaires. Comme si je n’avais pas déjà suffisamment d’ennuis avec deux vies à mener de front, la Cour des sorciers de Toronto vient de me confier la protection de son lord. Il faut dire que certains de ses dissidents se sont mis en tête de le supprimer. Cette fois-ci, je n’ai pas le droit à l’erreur, même si mon côté humain a choisi le mauvais moment pour s’enticher d’un étrange garçon, le genre craquant, mais véritable nid à problèmes… Je vous le dis : pas facile de gérer deux existences à la fois !

Résumé

Syldia est garde du corps, dans une agence montée avec un nécromancien mystérieux. Sur un contrat pourtant jugé simple, Syldia échoue dans sa fonction et met à mal la réputation de leur agence. Mais tout n’est pas perdu, son associé Darion vient de recevoir une offre plus qu’intéressante : protéger le Lord de la cour des sorciers de Toronto. Elle prendra en charge la protection la nuit. En effet, Syldia est victime d’une malédiction qui l’oblige tous les matins à changer de corps, elle devient alors une simple jeune fille, 50 ans que ça dure, actuellement elle est Samantha, une lycéenne tout ce qu’il y a de plus banale. Pas facile de vivre deux existences à la fois ! Et encore, Syldia n’est pas comme les autres, elle est Famine, un des 4 cavaliers de l’Apocalypse, cherchant à se fondre dans la masse… Tout un programme !

Mon avis

Moi, qui lis rarement de la bit-lit, je garde une belle impression et un bon souvenir de ma lecture, c’est donc une belle découverte pour moi.

On suit donc le récit de Syldia, qui n’a vraiment pas une existence facile. La nuit, elle est elle-même, Famine, un des 4 cavaliers de l’Apocalypse, mais qui tente avec ses sœurs de vivre une existence normale (dans la mesure du possible), les temps ont changé, et elles aussi, elles tentent de s’acclimater à une vie exempte de destruction et de terreur (enfin presque). Syldia est donc garde du corps la nuit, elle met ainsi à profit ses capacités, agilité, endurance, résistance à la douleur, elle ne protège pas forcément des personnes qui en valent à peine, mais tant que c’est bien payé ! Par contre, la journée, son âme se transfère dans le corps de quelqu’un d’autre, depuis 16 ans, elle est Samantha. Actuellement, une lycéenne sans histoire, elle essaie de ne pas montrer qu’elle en connait plus que les choses, et arrive plutôt bien à faire illusion en classe ou avec ses parents. Ce transfert d’âme est le résultat d’une rupture qui s’est mal passé entre Syldia et un sorcier 50 ans plus tôt. Bref, tout cela, n’est pas facile, facile à gérer mais Syldia s’en sort plutôt bien. Jusqu’au jour où elle se voit contrainte d’accepter de protéger le lord de la cour des sorciers de Toronto, un être suffisant et vicieux. Pourtant, cette mission est importante, la semaine qui arrive est cruciale, il en va de la paix entre les sorciers et les vampires. Syldia va faire de son mieux mais c’est sans compter sur sa rencontre avec Desmond, un sorcier charismatique, et d’autres personnages hauts en couleur ou atypiques, qui ne vont pas lui faciliter la tâche. Et s’il n’y avait que ça, quand elle est Samantha, elle tombe sur un jeune homme de son bahut, Nathan, mystérieux et un … véritable nid à problèmes. Bizarrement, elle qui doit faire profil bas et qui est plutôt démunie sous cette apparence, décide qu’elle doit lui venir en aide… Dur dur, de mener des « combats » de front le jour et la nuit.

L’histoire, peut sembler un peu compliqué, mais Stéphane Soutoul s’en sort comme un chef, on est jamais perdu, et on dispose de toutes les clés de compréhension sur cette histoire originale et complexe. J’ai aimé avancer un peu sans savoir où tout cela allait me mener. C’est très intéressant de suivre un « surnaturel » qui ne soit pas un vampire, un démon ou un ange. Prendre comme héroïne, un cavalier de l’apocalypse, était un pari fort intéressant. Je suis à la fois agréablement surprise mais aussi un peu déçue, je dois l’avouer. Je n’imaginais pas du tout un cavalier de l’Apocalypse comme ça. Même si Syldia doit se fondre parmi les humains et les surnaturels et se faire une place, j’imaginais, un être plus froid, plus cruel même si, de nos jours, elle doit réfréner ses ardeurs. Surtout, plus « sagace », vu qu’elle a plusieurs siècles d’existence (parfois, je me suis dis, tiens on a pas vraiment l’impression qu’elle raisonne comme une « vieille » mais en général, elle nous explique pourquoi ou nous le confirme avec son humour). Syldia est forte oui mais elle est montrée comme quelqu’un de très humain finalement (à part sa manière de se nourrir… que vous découvrirez). Peut-être parce qu’elle est aussi Samantha (et deux autres personnalités depuis 50 ans), elle semble plus humaine que surnaturelle dans le traitement choisi par Stéphane Soutoul. Je ne dis pas que c’est pas bien, mais c’est surprenant. Toutefois, cela permet aux lecteurs de plus s’identifier à Syldia/Sam, sinon de se sentir plus proche d’elle. Et ça marche, on a envie de savoir ce qu’il va lui arriver, comment elle va gérer les choses qui lui tombent dessus.

On est bien ici, dans de la bit-lit, mais de la bonne ! Déjà c’est très bien écrit, un style agréable, fluide et maitrisé. Alors oui, c’est moins enlevé et poétique que d’autres écrits de Stéphane Soutoul mais ça correspond au genre et pari réussi pour Stéphane Soutoul je trouve. On n’épargne pas aux lecteurs quelques clichés bit-lit ou urban (mais on y adhère faut le reconnaitre) : les beaux gosses (humain, sorciers ou vampires, à croire qu’aucune être surnaturel ou non n’est « normal »)  et une héroïne forte mais avec les hormones qui font des siennes ! avec une dose d’humour ou d’autodérision en plus, qui ne fait jamais de mal 🙂

C’est un bon tome d’introduction avec une fin mais aussi des choses moins résolues qui donnent envie de continuer à découvrir les aventures de Syldia/Sam. Syldia entretien des relations tendues avec ses sœurs, ça ajoute à son histoire et c’est très bien vu, je trouve. On apprend progressivement le caractère et les caractéristiques des soeurs de Syldia et on a envie d’en savoir plus, sur ces 3 autres cavaliers de l’apocalypse, la Mort, la Pestilence et la Guerre et leurs facettes « humaines ». L’intrigue est bien menée, même si elle n’est pas des plus palpitantes (elle manque un peu d’action au début), elle est intéressante et pose bien les bases pour la suite, j’ai apprécié le retournement de situation vers les 3/4 du livre, que je n’avais pas vu venir. On sait bien qu’à un moment, il va se passer quelque chose mais je ne m’attendais pas à ça !

J’ai bien aimé, le changement de décor, prendre Toronto comme lieu, ça change de New-York ou San Francisco. ça serait chouette d’avoir plus de descriptions de la ville et de ses alentours, dans la suite. Pour voyager encore plus. D’habitude, je préfère quand les auteurs français prennent la France comme référence, ou l’Europe, mais là, le Canada anglophone, ça m’a plut ^^ J’aurai bien aimé quelques anecdotes ou références plus développées sur les 50 ans de malédiction subit par Syldia, ça devait être déstabilisant / drôle d’être enfant ou ado, dans les années 70 non ? Mais c’est un détail 🙂

Le Tourment des Aurores a été une bonne lecture, agréable et originale, qui a su me faire apprécier à nouveau le genre (après Vanessa Terral <3, même si c’est très différent) et je serai ravie de connaitre la suite des aventures de Syldia/Sam ! Et je confirme, j’aime la plume de Stéphane Soutoul !

Bravo à Miesis (Sylvie Veyres, Miesis Illustration) pour cette magnifique couverture (j’aimais beaucoup celle prévue pour le Chat Noir à l’origine mais on a pas perdu au changement) ❤

Merci encore de m’avoir contacté et permis de découvrir ce premier tome d’Anges d’Apocalypse ^^

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