Graceling de Kristin Cashore

Graceling Orbit pocket reprint for blogger

Le livre de poche, 7,10 €, 416 pages

4ème de couverture

« Les Sept Royaumes. Katsa est une Graceling, un être rare doté de pouvoirs incroyables : elle peut tuer un homme à mains nues et son oncle, le roi des Middluns, l’oblige à assassiner pour son compte. Sa rencontre avec le prince Po, un Graceling dont le talent est connu de lui seul, va changer le cours de son existence…

(4ème tronquée, elle en raconte trop)

Résumé

Lady Katsa est une Graceling, un être humain qui a développé un don particulier, elle a le don du combat et celui-ci se révèle à elle, dans de tragiques circonstances. Chaque don est différent, il peut être inutile ou très utile. Le point commun des Graceling est les yeux qui deviennent vairons quelques temps avant l’apparition du don. Katsa est la nièce du roi des Middluns, un des 7 royaumes, elle est utilisé comme machine à tuer. Mais Katsa ne veut plus de cette vie là. Elle découvre que le père du roi de Lienid a été kidnappé et, en mission secrète, elle cherche à le retrouver…

Mon avis

Une bonne lecture ^^

Graceling est un livre que je classerai dans la catégorie Fantasy-Détente. Dans un monde composé de 7 royaumes, Kristin Cashore nous compte la vie de Katsa, la nièce du roi du royaume Middluns. Cette demoiselle est une Graceling. On découvre alors qu’il existe dans ce monde, des êtes d’exception, possédant les yeux vairons et un don exceptionnel, un domaine dans lequel ces êtes excellent. Chaque Graceling est envoyé à la cour du royaume où il est né et le souverain décide si le Graceling peut lui être utile ou non. Kasta possède une force incroyable, et se révèle plus que douée au combat, cela est suffisant pour ce que son oncle la garde près de lui. Et qu’il la force depuis son plus jeune âge, et depuis qu’elle contrôle son don, à effrayer, torturer, tuer, ceux qui ne se soumettent pas aux ordres royaux.

Le livre est centré sur Lady Kasta, son don, sa façon de le voir, de le haïr, puis de l’accepter et sur la prise en main de son existence. On apprend plein de choses en suivant Katsa sur les royaumes, certaines intrigues politiques, sur son entourage, son cousin, héritière du royaume Middluns, ses alliés, sur comment sont perçus les Graceling dans son royaume, etc. L’univers est sympa et les intrigues sont bonnes. Mais parfois, ça manque de détails, sur certains personnages secondaires, sur le passé du royaume, etc. En ça, on n’est pas en face d’une grosse Fantasy, avec un univers très détaillé, très complexe, des sous intrigues. Et si on lit le texte de Kristin Cashore, disponible à la fin du livre dans cette édition, on se rend compte, que c’est exactement ce qu’elle voulait. Un livre de fantasy différent, plus léger mais avec quand même un fond et une histoire. Et c’est bien ce qu’on a ici.

Parfois, j’ai quand même trouvé, que ça allait un peu trop vite (surtout la résolution de la fin), je n’aurais pas été contre des détails, des anecdotes sur le passé des personnages, ou des royaumes. Le livre n’est pas très équilibré en ce sens, parfois on a beaucoup d’infos d’un coup et quand on aimerait des détails, on en a pas. La psychologie de Katsa prend le dessus sur l’action. Mais dans le fond, c’est un côté intéressant qui nous change de la fantasy lue d’habitude.

J’ai beaucoup aimé le caractère de Katsa. Bien qu’utilisée et considérant son don comme une malédiction, elle essaie de sortir de l’emprise de son oncle, d’abord en façon des choses derrière son dos, puis en se rebellant complétement après avoir rencontré Po, un autre Graceling, car il lui permettra qu’avoir une véritable prise de conscience. Et en même temps, il y a des choses que Katsa ne veut pas, et elle restera sur ses positions. Une héroïne forte, avec quelques faiblesses, mais qui ne changent pas son caractère, ses envies, à la moindre occasion. Ce n’est pas une girouette ! Les personnages secondaires sont attachants et on aimerait les connaitre plus, le prince Po mais aussi Raffin, le cousin de Katsa ou encore Bitterblue…

Avec le recul, on sent qu’il s’agit d’un premier roman, certaines choses ne sont pas assez marquées quand d’autres le sont beaucoup plus, un peu inégal. Cependant, c’est bien conté, bien mené, avec de l’humour, de l’action, et de la réflexion sur les hommes et les jeux de pouvoir. Je suis sure que la série va aller en s’améliorant. Le style est bon, Graceling est facile à lire, c’est un livre qui se lit très rapidement, pour le peu qu’on ait du temps à lui consacrer. J’aurai bien aimé être un peu plus emportée / transportée pendant ma lecture (et on voyage pourtant) mais j’ai quand-même passé un bon moment. Je le conseille quand même uniquement à ceux qui ne sont pas attachés à la fantasy pure et dure, complexe et dense. Et qui veulent rester dans ce genre livresque et se détendre après de gros pavés plus compliqués.

J’ai beaucoup aimé l’idée des Graceling, (j’adore les yeux vairons en plus), des êtes avec un don qui parfois est inutile (et encore il est inutile pour le roi mais peut-être pas pour d’autres!), ou tellement spécial, qu’il vaut mieux le cacher. Et la façon dont ils sont vus dans les différents royaumes. Je prendrai plaisir à en découvrir d’autres. Graceling est un premier tome dans l’univers des 7 royaumes et on sent bien qu’il amorce l’univers. Qu’il y aura plus à découvrir. Même si le tome se suffit à lui même puisqu’il a une fin. Je continuerai cette série, avec Rouge (que je vais acheter comme ce premier tome d’occasion je pense).

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Oraisons (L’intégrale) de Samantha Bailly

oraisons

Bragelonne, 25€, 716 pages

4ème de couverture

En Hélderion, la mort peut rapporter beaucoup… surtout à la famille Manérian, qui procède aux oraisons, les rites funéraires du royaume. Mais la réalité de la mort les frappe de plein fouet lorsqu’on retrouve le corps de leur plus jeune fille dans une ruelle sordide.
Tout désigne les clans, ces dangereux rebelles qui s’opposent à Hélderion.
Aileen, prête à tout pour venger sa cadette, se lance dans une enquête qui la mettra à rude épreuve.
Noony, leur sœur aînée, se retrouve quant à elle aux premières loges de l’entrée en guerre de son pays contre le continent voisin. Mais elle est bien décidée à s’opposer à ce conflit qui pourrait tourner en véritable massacre.
Prises dans des intrigues dont les enjeux les dépassent, les deux sœurs devront affronter le système qui les a forgées.

Résumé

En 897, Abranelle, en Heldérion est attaquée par les Lames Nocturnes, un clan de rebelles de Thyrane qui souhaite reprendre sa liberté. L’Ioden (l’héritier de l’Astracan, Soleil III), encore bébé est kidnappé par ces rebelles, qui ne parviennent pas cependant à tuer l’Astracan ou même s’enfuir avec l’enfant.
En 912, Mylianne Manérian, dernière fille du dirigeant de la corporation des marchands d’étoile (en Heldérion), s’enfuit de la pension où elle étudie (en Thyrane), afin de retrouver Glenn, un pensionnaire dont elle est amoureuse et qui s’est enfuit quelques temps plus tôt. Malheureusement, Mylianne est assassinée. Aileen, la grande soeur de Mylianne, également pensionnaire de la pension, se sent coupable de n’avoir pas empêcher la mort de sa soeur. Elle décide de tout faire pour retrouver le coupable et la venger.
Pendant ce temps là à Manérian, en Heldérion, Noony, la fille ainée des Manérian est sur le point de devenir pour de bon une oraisonnière, ceux qui aident les âmes à rejoindre leurs astres d’attribution, par la cérémonie de l’Oraison. Au même moment, où elle apprend la mort de sa plus jeune soeur, l’Astracan annonce que des territoires sacrés ont été souillés par des habitants des Terres Impies, la guerre semble inévitable et Noony va devoir s’engager dans cette guerre,… Cependant, les événements feront que son engagement va prendre un sens différent…

Mon avis

Attention coup de coeur !

Je l’ai terminé il y a quelques jours (mardi) et j’ai beaucoup de mal à me détacher de cette histoire et j’ai eu beaucoup de mal à quitter les personnages et refermer la dernière page.

Cette intégrale est un beau pavé de 716 pages, regroupant le diptyque de Samantha Bailly.  Pour tout vous dire, plus de 700 pages d’un grand format, faut que ça soit entrainant et intéressant pour que je ne décroche pas au bout de 150/200 pages. Et donc vous comprendrez qu’ici c’est mission réussie puisque je l’ai dévoré en 8 jours !

Le lecteur découvre un monde complètement différent, 3 royaumes, Hélderion, Thyrane et les Terres Impies. Il découvre rapidement que Thyrane est occupé par Hélderion, et que cela se passe plus ou moins bien, enfin, plutôt moins bien. Car des clans se sont créés, composés de Thyranniens qui ne veulent pas se soumettre à l’autorité de l’Astracan  ni à sa religion. Ces clans sèment régulièrement la terreur sur Thyrane, attaquent régulièrement les Veilleurs (des Hélderionnois qui protègent les villes principales) et les jeunes gens d’Hélderion qu’on envoie en pension sur ce continent.

Le lecteur débarque donc dans un monde où il existe des tensions entre les peuples. Et découvre par la suite tout l’univers riche et complexe mis en place par Samantha Bailly. On suit plusieurs points de vue et on apprend beaucoup de choses sur Heldérion, l’Astracan, la religion en place, l’Oraison, Thyrane, les Terres Impies, les Signes, l’union …
Pour tout découvrir, on suit principalement Aileen Manérian, pensionnaire à qui ont apprend à faire des belles révérences et à faire de beaux sourires parce qu’on l’élève en future femme de la bonne société, mais on sent rapidement qu’elle n’aime pas vraiment tout ça.  Elle garde le dessus à l’annonce de la mort de sa soeur, car dès lors, elle décide qu’elle ne peut que chercher à la venger. Aileen va donc prendre certaines décisions qui auront toutes de lourdes conséquences. Elle est combattive, parfois impulsive, forte et fragile à la fois, elle est loin d’être naïve ou niaise. Elle découvrira la vérité sur la mort de sa sœur et verra son monde changer et elle avec. Tout comme Noony sa grande soeur, qu’on va suivre également. Noony a été choisi pour plus tard succéder à son père, le dirigeant de la corporation des marchands d’étoiles, les oraisonniers et donc elle vit uniquement pour l’Oraison. Avec elle, on va découvrir ce qu’est vraiment la religion de l’Astracan, on va en découvrir plus sur l’Oraison, le rite, les croyances, on va découvrir le monde tel qu’il est vraiment. Noony est de prime abord froide et conditionnée, mais vite on comprend que ce n’est qu’une apparence. Elle est intelligente, réfléchie, elle se pose les bonnes questions et ne se laisse pas aveugler par sa foi. Elle a des fêlures mais garde toujours son humanité. J’ai beaucoup aimé Aileen mais je crois bien que ma préférée est Noony. On s’attache néanmoins beaucoup à ses deux sœurs. Leurs vies sont détaillées, leur fêlures, leur passé, leur actions, leurs sentiments, leurs rencontres, leurs questionnements, etc.

Le lecteur va aussi apprendre à connaitre plein de personnages secondaires, les membres de la famille Manérian et leurs proches, des membres des clans thyranniens, un veilleur Orius, l’Ioden, l’Astracan et sa femme, des habitants des terres impies… Il y a beaucoup, en Hélderion, de corporations allant de la protection (guerriers de l’aurore) aux divertisseurs (assurant le divertissement lors des cérémonies) en passant bien sur par les oraisonniers, les guérisseurs, les historiens et autres artistes de Volplume. C’est assez fastueux, on imagine Hélderion comme un royaume lumineux, prospère, paisible. Tout le contraire de Thyrane, qui a été dévasté par les armées des guerrières de l’aurore, et qu’on imagine froid, sombre, dangereux. Les Terres Impies nous apparait comme mystérieuses, dangereuses, hostiles. Mais les apparences sont bien souvent trompeuses.

J’ai beaucoup aimé les différences entre les peuples, leurs spécificités, leurs croyances. L’univers imaginé par Samantha Bailly est dense, détaillé (les us et coutumes, les villes, les différentes corporations, les créatures, les oppositions de point de vue) et superbement bien construit.
Chaque chapitre commence par un extrait, cela peut être un extrait de journal intime, de livres d’histoire, de guide rédigé par les dirigeants des corporations, de poème, … Puis chaque fin de chapitre permet un interlude, durant lequel on découvre d’autres personnages et ce qu’ils font ou ce qu’il se trame pendant l’action du chapitre. Ainsi on a plusieurs sources d’informations, plusieurs points de vue, ce qui permet la découverte du monde créé par Samantha Bailly, de l’action et des rebondissements / intrigues. Les chapitres sont plutôt courts ce qui permet de donner du rythme au récit. Un découpage en 4 parties par livre qui permettent d’avancer dans l’action et les intrigues de chaque protagoniste.

L’originalité de ce roman est la trame qui mène à la fois fantasy et intrigues façon polar (un meurtre, une enquête, un châtiment) mais pas uniquement ! Oraisons, c’est un monde, une histoire travaillée, dans laquelle on va de révélations en rebondissements. La plume de Samantha Bailly est déjà très assurée pour un premier roman, c’est fluide, entrainant, la lecture est aisée et les pages se tournent toutes seules. On a envie de découvrir les tenants et les aboutissants, ce que vont apprendre chacune de leur côté Noony et Aileen. Samantha Bailly nous plonge dans un univers riche, un monde détaillé, une fantasy avec les codes certes mais avec plein de choses en plus, des complots, une enquête policière, des intrigues politique sous fond de religion et de pouvoir, avec les thèmes suivants : trahison, amour, amour impossible, amitié, … Des atmosphères très différentes se dégagent de ces pages, mensonges, vergences et guerre, mêlé d’espoir et de changements. Un hymne à la tolérance, à la liberté et à l’ouverture d’esprit. Noony et Aileen seront actrices du changement et non les petits moutons qui suivent bêtement le troupeau, différentes de ce qu’on attendait d’elles.

Au départ, j’ai eu peur en voyant que les héros principaux, les soeurs Manérian et certains des personnages qui les accompagnent sont de jeunes gens (entre 16 et 20 ans), j’avoue j’avais peur que l’histoire tourne en mélodrame de sentiments amoureux, que ça manque de cohérence. Et même si on a dans les thèmes abordés l’amour, l’amitié, on ne tombe jamais dans ce côté que j’appréhendais. Au contraire, ces héroïnes mettent de la fraicheur dans un monde d’adultes noir et sinistre parfois. Et on oublie vite leur âge car les événements de toute façon, les font murir très vite et elles réagissent en cohérence avec leur fonction, sentiments, valeurs. Très appréciable aussi, dans ce récit, les images féminines sont mises en valeur, la mère Soliane des soeurs Manérian, Cataline, Nwinver, etc. A certaines choses, à la façon de les expliquer, on reconnait la plume d’une femme et ce changement fait du bien (après avoir lu quasiment que de la fantasy écrite par des hommes). Attention, les personnages masculins ne sont pas en reste pour autant ! J’ai beaucoup aimé aussi les liens entre les hommes et la nature, les créatures, … Je n’en dis pas plus sur les personnages volontairement afin que vous gardiez la découverte.

Dans le premier livre, on sent peut être encore quelques tâtonnements dans le style, mais c’est assez rare quand même, enfin, j’ai surtout tiqué lors de deux ou trois « coïncidences bien heureuses », où des choses / questions se dénouent assez vite. Mais uniquement dans le premier livre, et puis quand on voit la richesse de ce qui attend le lecteur ensuite, ce qu’il reste à apprendre et à élucider, c’est vraiment un détail mineur !

Vers la fin de la lecture, j’ai commencé à avoir comme un regret « j’adore ce que je lis mais je ne suis pas vraiment touchée émotionnellement » et là… c’est le drame ! Juste quand cette pensée m’a effleurée, j’ai eu la montée de stress à la tournure des événements, et la fin… J’en suis encore tout émotionnée. J’ai refermé le livre en n’ayant plus qu’un seul mot : « waouh« .

J’ai découvert une auteure qui écrit très bien, à l’imagination débordante, qui a fait siens les codes de la fantasy mais qui ne s’est pas arrêté à la facilité. Certains trouveront peut-être que des événements sont de trop mais moi je pense qu’on ne réussit son pari en écriture que quand on fait réagir le lecteur, qu’on malmène ses héros, qu’on leur fait des vies ni toute blanche, ni toute noire, j’adore quand un auteur prend des risques !

Je vous conseille cette auteure et cette magnifique histoire. Je serai ravie de faire dédicacer mon exemplaire (énorme quand même et encore les pages sont très fines !) aux Imaginales à la fin du mois ! (bon maintenant moi aussi je veux un lynx, comment je fais…)

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challenge destins de femmes

Défi : Vider votre PÀL Imaginales !

DefiPALImaginales

Affiche de Magali Villeneuve et Alexandre Dainche, reprise par Coquelicote

Voici un défi lancé par ma copinaute adorée Demoiselle Coquelicote sur son blog : le but est vous l’aurez compris de lire le maximum de livres de notre PAL d’auteurs présents au Imaginales à Epinal, histoire de pouvoir en parler avec eux, c’est plus pratique ! Nous y serons ensemble le 25 mai 2013, donc un mois pour tenter de vider cette PAL Imaginales !

Alors, c’est pas moins de 10 livres qui me tentent et que j’aimerai emmener là-bas (pour les non lus parce que j’ai un petite pile de déjà lu à prendre également) et les faire dédicacer :

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1. Oraisons de Samantha Bailly
2. Iluvendan de Nicolas Debandt et Marc Antoine Fardi
3. Fille d’Hécate : la voie de la sorcière de Cécile Guillot
4. Le sacrifice des damnés de Stéphane Soutoul
5. Le long des entiers obscurs d’Alexis Lorens
6. Par le sang du démon de Virginia Schilli
7. Louis le Galoup, T1 de Jean Luc Marcastel
8. Les chroniques des Crépusculaires de Mathieu Gaborit
9. Graceling de Kristin Cashore
10. L’enfant des cimetières de Sire cédric

Je me suis limité à 10 parce que déjà si j’en lis 3 ou 4, ça sera pas mal !

J’ai commencé Oraisons, après je verrais.

Vous pouvez participer vous aussi, inscription sur le blog de Demoiselle Coquelicote 🙂