Happiness Therapy de David O. Russell

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avec Bradley Cooper, Robert De Niro, Jennifer Lawrence

La vie réserve parfois quelques surprises…
Pat Solatano a tout perdu : sa maison, son travail et sa femme. Il se retrouve même dans l’obligation d’emménager chez ses parents.
Malgré tout, Pat affiche un optimisme à toute épreuve et est déterminé à se reconstruire et à renouer avec son ex-femme.
Rapidement, il rencontre Tiffany, une jolie jeune femme ayant eu un parcours mouvementé. Tiffany se propose d’aider Pat à reconquérir sa femme, à condition qu’il lui rende un service en retour. Un lien inattendu commence à se former entre eux et, ensemble, ils vont essayer de reprendre en main leurs vies respectives.

Patrick (Bradley Cooper) sort de l’hôpital psychiatrique où il a passé les derniers 8 mois sur ordre du juge après avoir « craqué ». Il est bipolaire non diagnostiqué, il doit donc suivre un traitement à sa sortie mais il ne veut pas s’abrutir par les médicaments et refuse de les prendre. Sa femme ayant revendu leur maison, il doit retourner chez ses parents. Son père (Robert De Niro) a 65 ans, souhaite ouvrir un restaurant, mais comme il n’a plus de retraite, il devient « bookmaker » et pari sur l’équipe des Eagles de Philadelphie dont il est ultra fan, à l’obsession. De retour dans sa ville, Pat va faire la connaissance de Tiffany (Jennifer Lawrence) qui a perdu récemment son mari, qui sort d’une phase difficile, elle est également sous traitement. Pat ne souhaite qu’une chose reconquérir sa femme même s’il est sous le coup d’une injonction, il décide alors de se reprendre en main, exercice physique, lecture et positivisme deviennent ses crédos. Il ne le sait pas encore mais sa rencontre avec Tiffany va changer beaucoup de choses…

Voilà le pitch, rien de prime abord qui nous écarte de la banale comédie romantique. Et bien détrompez-vous, les codes sont respectés mais nous sommes loin de la comédie mièvre, rose bonbon et clichés à souhait. Bon personnellement, j’aime les comédies romantiques et je n’ai rien à reprocher à celles qui fonctionnent comme ça, mais ici, quel bonheur d’avoir quelque chose de différent. On est un peu plus dans la comédie dramatique. Mais en fait, difficile de le classer. Le ton est JUSTE et les acteurs n’en font pas des tonnes, les situations sont drôles, touchantes et sensibles. Exit le jeu du chat et de la souris, les trucs et astuces improbables qu’on voit souvent. On ressort de ce film en se disant « c’est possible » et non que « ça n’existe que dans les films ces trucs-là ».

Le jeu d’acteurs est très bon, j’apprécie de plus en plus  Jennifer Lawrence et Bradley Cooper. Ce dernier ne joue pas dans la facilité, on n’est pas juste dans une comédie sentimentale, ce n’est pas le beau gosse qui en fait des caisses (même s’il est joli garçon ça on peut pas dire), le personnage est profond et touchant, on a envie qu’il s’en sorte, on tâtonne avec lui et on se demande si on sera vraiment différent dans la même situation. Pat ne s’apitoie pas vraiment sur lui même, il a envie de progresser et de rester positif malgré ses troubles psy. Et Bradley Cooper s’en sort très bien. C’est un très beau rôle.
Jennifer Lawrence, je n’ai pas encore eu l’occasion de la voir dans beaucoup de film mais je l’ai trouvé parfaite dans ce rôle nuancé, dans ce personnage intéressant qu’est Tiffany.

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Les seconds rôles sont un régal également, De Nico en père maniaque (mais ici aussi pas de lourdeur, on est loin de son rôle dans Mafia Blues par exemple), Chris Tucker en camarade de Pat qui veut sortir de l’HP aussi, …

Le gros plus donc de ce film c’est la mise en scène. L’histoire est belle mais pas non plus pas déjà vue, mais la mise en scène fait que ce film a quelque chose en plus. On a des clichés parfois mais on n’est pas dans l’excès, dans la lourdeur, dans la comédie américaine exubérante, où ça peut paraitre « trop », « too much ». C’est difficile à expliquer mais j’ai vraiment eu l’impression d’un ton  juste, que les choses étaient présentées comme elles sont, sans exagération, il n’y a pas de grosses ficelles et les gros codes des comédies sentimentales.

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Pour les sujets traités, je ne rentrerai pas dans les détails, mais ça fait du bien, sans que ça soit un plaidoyer pour la médecine, la religion, etc. On ne nous donne pas non plus, une leçon sur le bonheur, sur comme on doit bien faire les choses, il n’est pas moralisateur, on a un film sur apprendre à avancer, à être soi-même et être heureux tout simplement.

En tout cas, moi, je l’ai trouvé vraiment très bien. Je comprends qu’on l’ai nommé au Oscar, il sort du lot de ce qu’il se fait beaucoup. J’pense pas qu’ils aient ça chez eux, mais moi, je lui donnerai la mise en scène. Les acteurs sont justes et parfaits dans leur rôle qu’il s’agit des personnages principaux ou des secondaires.

J’ai vraiment passé un bon moment et les 2h sont passées sans que je m’en rend compte. Et ça faisait longtemps que je n’avais pas eu ce petit frissonnement à la fin d’une comédie de ce genre. Peut être que vous ne le verrez pas au cinéma, mais en tout cas, il est au moins à voir (et à avoir) en DVD !

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Starbuck de Ken Scott

Film canadien de Ken Scott avec Patrick Huard, Julie Le Breton, Antoine Bertrand …


 Alors qu’il s’apprête à être père, David Wosniak, éternel adolescent de 42 ans, découvre être le géniteur anonyme de 533 enfants déterminés à le retrouver.

David Wosniak travaille dans l’entreprise familiale, la boucherie de son père, il est livreur de viande. Ses deux frères travaillent également dans l’entreprise. A 42 ans, David est plus ou moins célibataire, endetté, il a tout de l’éternel adolescent :  la garde-robe, les problèmes financiers et la manière de penser. Il n’est pris au sérieux ni par sa famille, ni par Valérie avec qui il sort sauf qu’il ne prend jamais de ses nouvelles. Quand il apprend que Valérie est enceinte, il décide de changer mais cette grossesse tombe au même moment que la demande de reconnaissance de paternité de 142 enfants sur 533. Car dans la vingtaine, David, sous le pseudonyme de Starbuck, a beaucoup donné son sperme à la clinique à côté de chez lui…

Ce film est un bijou, un énorme coup de cœur. Du coup, ce n’est pas simple de mettre des mots sur mes impressions. Désolée par avance si ce billet semble décousu !

D’abord, c’est l’histoire peu banale d’un éternel adolescent qui apprend que ses dons de sperme ont permit à des mères et à des familles de tout milieu social de donner vie à 533 enfants ! Un recourt en justice de la part de 142 d’entre eux à l’encontre de la clinique est en cours pour que l’identité de Starbuck soit révélée. Voilà les conséquences pour un jeune homme qui pour gagner un peu d’argent s’est rendu très souvent dans la clinique de don de sperme. Comment David va-t-il réagir à cette annonce ?

Ensuite c’est la réaction des habitants, de monsieur tout-l’monde, face à l’annonce publique qu’un homme, dont le pseudonyme est Starbuck soit le père de 533 enfants.

Enfin, c’est le parcours de David suite à l’annonce du représentant de la clinique. Il a la possibilité de révéler son identité et de connaitre les 142 enfants ou bien de se taire. La vie de David n’est déjà pas très stable, que va-t-il décider ? En plus, son meilleur ami, qui est « presque » avocat, cherche à le convaincre de porter plainte contre la clinique, de réclamer des dommages et intérêt et surtout de toute faire pour empêcher les 142 enfants de découvrir qu’il est leur père.

David est un personnage atypique, loin d’être ce qu’il semble être, il est extrêmement attachant. Quoi qu’il décide, j’étais de tout cœur avec lui ! Et il a une façon de faire face aux événements de manière très juste mais toujours avec humour et émotion. Patrick Huard est formidable, il a une présence physique, de l’humour et fait passer à merveille les émotions.

Les autres acteurs sont aussi sont très bons  Julie Le Breton qui joue Valérie, ou encore les enfants de David notamment ceux dont on suit un peu leurs vie, David Michael (Antoine) ou Patrick Martin  (Etienne), ou les personnages secondaires : les frères de David joués par Marc Bélanger et Dominic Philie , son meilleur ami et avocat joué par Antoine Bertrand, son père (Igor Ovadis).

Ce film est bourré d’humour, on a des situations et des échanges vraiment très drôles. Mais le film est aussi très émouvant. On passe du rire aux larmes, des larmes au rire ! Le traitement des sujets, pourtant pas si simple : la paternité, s’émanciper, assumer, etc., est magnifiquement réalisé. Les propos sont justes, les réflexions poussées et c’est criant de sincérité, tout sonne vrai, plausible alors que le sujet de départ est énorme ! Les clichés sont mis en pièce, les situations sont souvent inversées par rapport à ce qu’on a l’habitude de voir. L’évolution de David est passionnante à suivre et ses relations avec sa famille, Valérie et les enfants.

Pour ceux qui se le demande, les expressions typiques québécoises sont traduites. C’est aussi dépaysant, on a rarement des films québécois/ canadiens, diffusés chez nous, je ne regrette absolument pas d’avoir vu celui-là. En plus, après ça, j’en encore plus envie de découvrir Montréal et le Québec. Un jour peut-être…

Ce film est une bouffée d’air frais dans le cinéma d’aujourd’hui. Il y a un équilibre réussi entre humour, sentiments et réflexion. Si vous n’avez plus la possibilité de le voir au cinéma, jetez-vous sur le DVD à sa sortie. En tout cas, moi qui en achète de moins en moins, je sais que je prendrais celui-là !

Sûr, que si le sujet avait été traité par Hollywood et ses scénaristes, on aurait eu droit à une comédie poussive, jouant avec les clichés, avec de l’humour graveleux et potache, des situations rocambolesques et une flopée de bons sentiments. Le pire étant qu’un remake est effectivement prévu avec Vince Vaughn. Croyez bien que j’espère me trompé et tout cas, je ne suis pas sure d’aller le voir ! Pourquoi les américains ne se contentent jamais de l’original, surtout quand il est aussi réussi !