Challenge Thrillers et Polars, le bilan et le renouvellement

Et voilà, le challenge Thrillers et Polars 2012/2013 chez Liliba est terminé !

J’ai largement réussi ce challenge puisque j’avais choisi la catégorie la plus basse et que j’ai lu en tout 21 titres ^^ Bon c’est honorable, certain(e)s ont fait beaucoup beaucoup plus, mais quand on sait que je lis environ 60 livres par an ça donne 1/3 de polars quand même !

Lily Bard, T1, Meurtre à Shakespeare de Charlaine Harris

La Prime de Janet Evanovich

Intrusion d’Elena Sender

Les meurtriers de Dieu de Jean Depreux

Delirium Tremens de Ken Bruen

Train d’enfer pour ange rouge de Franck Thilliez

Christmas Pudding d’Agatha Christie

Le Pacte Boréal d’Anna Jansson

Harpicide de Michel Vigneron

Cinq filles, trois cadavres mais plus de volant d’Andrea H. Japp

Enfants de la paranoïa de Trevor Shane

Les contes de crimes de Pierre Dubois

Druide d’Olivier Peru

Deux petites filles de Cristina Fallaras

Cette nuit-là de Linwood Barclay

L’âme du mal de Maxime Chattam

Nymphéas Noirs de Michel Bussi

Les Damnés de Ceallach de David Le Yaouang

L’enfant des cimetières de Sire Cédric

Une terre si froide d’Adrian McKinty

Ainsi fût-il d’Hervé Sard

Je rempile pour une nouvelle année  et mon objectif perso, sera de faire mieux que cette année ! C’est toujours chez Liliba que ça se passe ! Y du changement cette année, je vous invite à aller lire l’article complet :)

Plusieurs logos sont à disposition, je pense alterner selon mon humeur mais mon préféré c’est la rose ^^

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Le challenge court à partir du 5 juillet 2013 et se terminera le 5 juillet 2014.

Voici les catégories (les quantités ont augmenté !):

Touriste planqué : 8 thrillers ou polars au choix
Téméraire du dimanche : 15 thrillers ou polars au choix
Même pas peur : 25 thrillers ou polars au choix

Je m’inscris en Téméraire du dimanche, 15 ça serait aller :)

Serez-vous de la partie ?

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Nymphéas Noirs de Michel Bussi

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Presses de la cité, 21,30€, 437 pages

4ème de couverture (attention y quand même un peu de spoil)

Tout n’est qu’illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels.

Au cœur de l’intrigue, trois femmes : une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante et une vielle femme aux yeux de hibou qui voit et sait tout. Et puis, bien sûre, une passion dévastatrice. Le tout sur fond de rumeur de toiles perdues ou volées, dont les fameux Nymphéas noirs. Perdues ou volées, telles les illusions quand passé et présent se confondent et que jeunesse et mort défient le temps. 

Un étonnant roman policier dont chaque personnage est une énigme.

Résumé

Pendant 13 jours, va se jouer le destin de 3 femmes, Fanette 11 ans, Stéphanie 36 ans et une vielle dame solitaire. Tout commence avec le meurtre à Giverny, la ville des Nymphéas de Monet, d’un médecin ophtalmologiste parisien. Qui pouvait bien en avoir après cet homme ? Pourquoi ? Les enquêteurs ont peu d’indices et 3 pistes prioritaires. Pendant ce temps là, le destin de nos 3 femmes se joue, entre meurtres et impressionnisme…

Mon avis

Bluffant !

Qu’il est difficile de faire un résumé même du début de cette histoire ! Dès le départ, on est mis dans « le bain », le prologue nous l’annonce, 3 femmes, 3 destins, des meurtres et une seule personne pourra s’en sortir ! Quel mystère ! On suit l’histoire de 2 manières, d’abord la vieille femme solitaire s’adresse à nous et entreprend de nous rapporter ce qu’elle voit. Ensuite, un narrateur omniscient nous permet de suivre l’enquête de l’inspecteur Séverac du commissariat de Vernon et de son adjoint, ainsi que les faits et gestes de deux autres femmes du récit Fanette et Stéphanie.

Je ne peux presque rien vous révéler de l’histoire à part qu’elle est incroyable et formidablement bien menée ! Michel Bussi réussit à manipuler son lecteur, à l’intriguer, à l’amener avec lui à Giverny, à l’y installer et à le voir se débattre avec les indices et les pistes des enquêteurs. Nymphéas Noirs nous emmène en voyage de surprises en rebondissements. Le puzzle s’éparpille puis se reforme au fil des pages pour le plus grand bonheur du lecteur.

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Ce roman est une véritable surprise, j’ai traversé plusieurs émotions lors de ma lecture, de l’interrogation (où Michel Bussi veut-il m’emmener ?), de l’exaspération (même pourquoi cette vieille dame ne nous révèle rien!), de l’émerveillement (magnifique Giverny, on s’y croirait complètement), de l’énervement (mais pourquoi ?????), de la fascination (OMG quelle intrigue !).

J’ai adoré les enquêteurs Laurenç Séverac et Silvio Bénavidès, ils sont totalement différents mais on voit naitre entre eux une complicité, des réparties et un sens de l’humour particulier, un duo qui fonctionne à merveille. J’ai aimé suivre Fanette, cette petite fille de 11 ans, douée pour la peinture et qui décide de participer à un concours pour avoir la chance d’apprendre et de découvrir le monde. Fanette est touchante et on s’y attache beaucoup. J’ai eu un peu plus de mal avec Stéphanie l’institutrice de Giverny, qu’on n’arrive pas à cerner, là dessus le pari de l’auteur est réussi, on se retrouve confronté aux mêmes impressions que les inspecteurs. Et puis notre narratrice (ses passages sont à la première personne) petite souris ou fantôme, qui nous guide dans le village.

Giverny est un personnage à part entière. On est transporté dans ce village, les descriptions sont tellement bien faites qu’on s’y croirait ! Pour moi qui n’est pas eu l’occasion d’y aller, ça donne vraiment envie de découvrir (mais ce site a le revers de la médaille : l’affluence !). J’ai envie de voir le « Moulin de la sorcière », la maison de Claude Monet, l’île aux Orties moi aussi !

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Nymphéas Noirs est bien écrit et accessible à tous, que l’on aime ou pas l’Art, la peinture, Claude Monet ou l’impressionnisme (moi j’aime ça tombe bien !). Pas besoin d’être initié pour comprendre. Même je dirai qu’un gros atout est de faire découvrir au lecteur le village, l’histoire de Giverny autrement ! On apprend plein de choses sur Monet, l’impressionnisme mais sans avoir un cours magistral, c’est fortement agréable.Les plus curieux (comme moi) iront voir sur le net ou dans des livres certaines toiles ou certains paysages. J’ai même découvert un peintre que je ne connaissais pas : Theodore Robinson.

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La plume de Michel Bussi est belle, un brin mélancolique parfois. On sent la passion du détail mais l’envie de la transmettre différemment. Michel Bussi est géographe de formation et Normand et çà se ressent dans le texte, on sent de la justesse et de la précision. Nymphéas noirs est agréable à lire, c’est fluide et très bien construit. On y trouve de l’humour, de la passion, de l’espoir mais aussi des meurtres, des secrets, du désespoir. Un mélange très réussi !

Vous l’aurez compris, j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre (Merci Ludivine <3), j’ai été bluffée par l’histoire, émerveillée par le contexte. Je découvre un auteur et je peux dire que je lirai avec plaisir d’autres de ces textes, surtout si les intrigues sont aussi travaillées et surprenante que Nymphéas Noirs. Notamment Code Lupin (moi qui suit une grande fan d’Arsène !) et ses deux derniers succès Comme un avion sans elle (merci Michel, c’est fait exprès ce titre qui nous fait chanter du Charlélie Couture depuis sa sortie ?? 😉 ) et Ne lâche pas ma main.

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Harpicide de Michel Vigneron

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L’atelier Mosésu, 9,95€ ,279 pages

4ème de couverture

Premier épisode des aventures de Luc Mandoline.

Un polar « aventurier » dont l’action se déroule Guyane.

Un légionnaire s’est fait tuer lors d’une mission Harpie. Le chef de corps du 3ème RIE fait appel à Luc, ancien de ce régiment, afin de s’occuper du défunt, et surtout de faire la lumière sur cette affaire. Et pour cela Luc à carte blanche, ce qui n’est pas pour lui déplaire.

Nous voici plongé dans l’univers de l’orpaillage clandestin, de sa violence, des garimpeiros et de la prostitution. Un roman sans concession, violent et réaliste.

Michel Vigneron à mis toute la verve qui le caractérise dans l’écriture de cet opus de l’Embaumeur.

« Dans la forêt amazonienne, personne ne vous entend hurler »

Résumé

Luc Mandoline, thanatopracteur, annonce à sa meilleure amie Élisa, qu’il doit partir en Guyane, afin de s’occuper avec son confrère et ami Sullivan d’un légionnaire qui a été  tué dans des circonstances un peu floue. Elisa journaliste free lance, décide d’accompagner les deux hommes histoire de s’éloigner un peu de son quotidien, et de faire un papier sur une Guyane que les métropolitains ne connaissent pas vraiment. Une fois sur place, Luc et Sullivan se rendent vite compte que la mort du légionnaire n’est pas un accident et ils partent en quête de réponses en pleine forêt amazonienne …

Mon avis

Une belle découverte !ça n’est pas un coup de coeur mais j’ai passé un très bon moment en compagnie de Luc Mandoline.

Il s’agit du premier tome de la série L’embaumeur, dont le personnage principal est Luc Mandoline qui fait un métier dont on parle peu thanatopracteur, ou plus vulgairement appelé croque-mort ou encore embaumeur. Chaque tome sera écrit pas un auteur différent, pour cette première aventure, c’est Michel Vigneron, qui s’y colle.

Ici pas trop de détails sur le métier de Luc même s’il est évoqué, on découvre principalement une partie du passé qui a façonné Luc, la Légion. Avec pour décor la Guyane. On fait connaissance avec Luc mais aussi avec ses deux meilleurs amis, d’abord Élisa, amie d’enfance , jeune femme forte et fragile à la fois et ensuite Sullivan, ancien légionnaire, dur à cuire, qui a inspiré à Luc sa vocation, lui qui se rêvait médecin légiste, il deviendra thanatopracteur « remplaçant » ainsi amené à voyager pour prêter main forte ou remplacer un collègue. De Luc, on entrevoit déjà pas mal de choses, mais l’accent est porté ici sur un côté plus sombre que son amie Élisa va découvrir dans leur voyage en Guyane.

Coup de cœur pour la relation entre ces 3 personnages. Leurs dialogues sont succulents ! Franc, très franc, parfois cru, parfois moqueur, souvent tendre. Leurs relations sont particulières et nous rendent ces personnages attachants. Tous les trois ont vraiment des caractères différents mais ont pour point commun de ne pas se laisser faire ou marcher sur les pieds du moins dans les relations amicales ou de travail. Cela donne des dialogues assez caustiques, sarcastiques, entre vannes misogynes et excellentes reparties. Un régal.

Un tome court mais riche en informations, très instructif, sur la Guyane, l’orpaillage illégal, la Mission Harpie, la Légion,… Et c’est loin d’être rose! C’est réaliste, sombre, noir, dur, violent, sans enrobage. Concernant l’intrigue elle se développe plus dans la deuxième partie du livre (sur trois) et est surtout prétexte pour découvrir la partie sombre de Luc, ancien légionnaire. Sans nous raconter en détails les actes de son passé, ce qui se passe dans Harpicide nous éclaire sur ce que Luc a pu/du vivre quand il était dans la Légion, notamment en Guyane. Certaines scènes sont dures, violences et tortures, on ne ressort pas indemnes de ces passages. L’ensemble : action, relations entre les personnages et enquête non officielle de Luc et Sullivan est équilibré et très bien mené. Un très bon premier tome d’accroche qui donne envie d’en avoir plus, d’en découvrir plus.

Je découvre la plume de Michel Vigneron que j’ai apprécié, c’est fluide, rythmé, punchy. De plus, on a vraiment l’impression d’être en Guyane, on sent que l’auteur y vit, on est réellement en pleine immersion.

J’attends avec impatience de lire la suite des aventures de Luc Mandoline, j’aime beaucoup le principe à la façon d’un « Poulpe », chaque auteur aura pour mission de nous faire entrer dans la vie de Luc mais chacun avec son univers, sa plume, ses influences, en accentuant plus un côté qu’un autre, … C’est original et un bon moyen de découvrir des auteurs également. J’espère un peu plus d’éléments sur le métier de Luc, sur sa vision des choses, … En tout cas, le cocktail ancien légionnaire et embaumeur est explosif, ça nous réserve de beaux moments, ça commence très fort, en un mot : encore !!!

L’atelier Mosésu, une maison d’édition toute jeune, que je suivrai, non seulement pour cette série, mais aussi pour la série Post-Mortem, »Faire de la vulgarisation scientifique autour de la médecine légale c’est l’ambition de cette nouvelle collection, Post Mortem. »

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Désolée, je n’arrive plus à réduire les logos… Quelque chose déconne sous WP mais je ne trouve pas quoi…

Le Pacte Boréal d’Anna Jansson

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Le livre de poche, 6,60€, 333 pages

4ème de couverture

Alors que le froid et la neige de décembre submergent la côte, la petite ville suédoise de Kronköping est soudain plongée dans la terreur. Des inconnus sont pendus ou mutilés selon des méthodes qui rappellent les pires châtiments de la mythologie scandinave. Est-ce l’œuvre d’une secte ? Pourquoi avoir choisi ces hommes et ces femmes sans histoires ? Ou bien s’agit-il d’un tueur solitaire adepte des traditions nordiques les plus sanglantes ?
La belle Maria Wern fait partie de l’équipe de policiers chargée de mener l’enquête. Sacrifiant ses vacances de Noël, elle doit au plus vite déchiffrer les signes étranges que les tueurs laissent sur les lieux de crime…

Résumé

Le récit commence par un poème de Nils Ferdin, Silencieux demeure le Dieu. Le 22 décembre, des animaux et un homme sont retrouvés pendu à un frêne, les éléments retrouvés sur place, rappelle la mythologie nordique mais d’autres choses ne collent pas , comme si celui ou ceux qui avai(en)t fait ça, voulai(en)t se moquer de la police. L’agent de police Maria Wern est, avec ses collègues de Kronköping, chargée de l’enquête. En pleine période des fêtes de fin d’année Maria va devoir jongler entre sa famille et une belle-mère un peu trop présente et le sac de noeuds de ce meurtre des plus étranges…

Mon avis

Une bonne découverte.

Mon premier polar scandinave, en tout cas, un des premiers. Et j’ai vraiment bien aimé. Il se lit très vite, très facilement.

On découvre dans Le Pacte Boréal, l’enquêtrice récurrente d’Anna Jansson, auteure suédoise, Maria Wern, mère de deux enfants avec un mari un peu immature, amoureux et qui adore faire des surprises; une belle-mère qui empiète sur sa vie, des collègues sympathiques comme l’inspecteur Hartman ou au contraire complètement antipathique, comme le commissaire Ragnarsson.

Maria est consciencieuse et aime son travail même si elle n’est pas comprise de sa belle-mère, pour qui une femme doit s’occuper de sa maison, de ses enfants, de son mari. Si le pari d’Anna Jansson était de faire détester à ses lecteurs ce personnage secondaire, c’est gagné ! Comme d’ailleurs le commissaire Ragnarsson, dit La Tempête, misogyne et  incompétent. Je me suis attachée à Maria, même si je la plaignais plus que je tremblais pour elle. Même si cela n’est pas le sujet de l’histoire, on imagine comme ça doit encore être difficile dans certains endroits de travailler ou de vivre avec de tels personnes aux idées passéistes. Les réflexions de Maria, de son mari parfois et de ses collègues sont souvent justes. Les personnage secondaires sont attachants et pas uniquement là pour faire beau, ils donnent de la consistance à l’intrigue et au personnage de Maria.

L’intrigue sans être la plus originale jamais lue et toutefois très bien, et bien construite, les indices sont disséminés, les événements s’emboitent et dès le début, le lecteur est mis volontairement sur de fausses pistes. Et quand on comprend le « qui » l’intrigue ne perd pas de son intérêt parce qu’on passe en alternance de Maria et ses investigations à ce ou ces coupables et on est un peu dans sa/leur tête. On comprend alors clairement le « pourquoi ». C’est très intéressant de comprend la psychologie de ou des responsables des crimes et ce qu’il(s) croi(en)t.

Concernant le style (de la traduction pour le coup, ne sachant pas lire le suédois), il y a quelques tournures de phrases un peu indélicates mais dans l’ensemble l’action et l’enquête sont bien menées et les éléments donnés sont clairs. Un bémol : parfois, on a comme des manques dans les enchainements des actions, même si on comprend ce qu’il se passe, il manque des phrases de transition. Je pense que c’est pour éviter des répétitions mais ça se ressent quand même pas mal.

Un gros plus dans cet intrigue policière, on apprend plein de choses sur la mythologie nordique, les dieux et déesses, Odin, Freya,…, les cultes, les différents plans de vie, … L’auteure nous livre en quelques sortes une vision de son héritage nordique. Un deuxième plus, en cette période de l’année, l’action se déroule en fin d’année justement et on a (surtout au début) des éléments de la culture de pays scandinaves, Suède notamment, les traditions lors des fêtes de Noël, les plats traditionnels: brioche, jambon, etc. C’est vraiment enrichissant pour la culture personnelle du lecteur. En tout cas, moi j’ai beaucoup aimé, parce que de ces deux aspects, les éléments sont livrés dans le contexte de l’enquête ou de la vie de Maria et que ça passe super bien.

Je ne sais pas encore si je lirai d’autres livres d’Anna Jansson, j’ai vu que Maria revenait dans les deux autres livres sortis en français. Ce qui m’ennuie un peu, c’est qu’Anna Jansson, a écrit pas mal de romans mais peu sont sortis chez nous et j’ai peur qu’on ne les ai pas dans « l’ordre » et j’aime suivre la progression d’un personnage (et si je le découvre en cours de route, ensuite, je reprend du début). En tout cas, si je tombe sur L’inconnu du Nord d’occasion, je me laisserai peut-être bien tentée !

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Challenge destins de femmes

Christmas Pudding d’Agatha Christie

Christmas Pudding

Club des Masques, édition de 1975, occasion (5,20€ neuf), 186 pages

4ème de couverture

Ce volume contient trois longues nouvelles d’Agatha Christie:

Le retour d’Hercule Poirot

Christmas Pudding

Le policeman vous dit l’heure

Cet ouvrage a paru dans la collection LE MASQUE sous le titre « Le Retour d’Hercule Poirot »

Résumé

Comment Hercule Poirot retrouvera-t-il un rubis dérobé à un prince oriental ? Comment Hercule Poirot découvrira le meurtrier d’un lord alors qu’un coupable a déjà été arrêté ? Comment Miss Marple élucidera l’énigme du « policeman vous dit l’heure  » ou le meurtre d’une lady anglaise ?

Mon avis

3 nouvelles sympathiques !

Ce recueil d’Agatha ne sera pas un coup de cœur, mais il est cependant extrêmement plaisant de la lire. Pas de coup de cœur parce qu’on a ici des nouvelles sans angoisse ou suspens réels mais quand même très bonnes dans le cheminement de la résolution des  affaires.

C’est Christmas Pudding qui ouvre le recueil. Quelle ambiance ! On est plongé dans un noël traditionnel anglais avec ses traditions et ses plats typiques dont le fameux Christmas Pudding dont on nous raconte le folklore associé. Ce que j’aime particulièrement c’est la manière qu’à la grande dame de « nous perdre ». On commence avec un vol de rubis, on atterrit dans un vieux château anglais sans trop savoir pourquoi, Hercule Poirot pense pouvoir aider Mrs Lacey qui ne veut pas que sa petite fille Sarah épouse son ami actuel, on découvre que de jeunes gens prépare une farce le lendemain de Noël à M. Poirot et à la fin, le voleur est démasqué de manière théâtrale ! Tout s’enchaine de manière mystérieuse mais finalement avec logique et déduction !

Éléments que l’on retrouve dans Le Retour d’Hercule Poirot. Sir Ruben Atswell est retrouvé assassiné, sa femme ne croit pas en la culpabilité du neveu de sir Ruben, Charles Leverson. Elle requiert l’aide de Poirot, jugeant l’inspecteur Miller incapable de trouver le vrai coupable. Ici encore ce sont les déductions, la logique et l’instauration d’un climat stressant et pesant pour les personnes vivent dans la demeure de sir Atswell, qui vont permettre à Hercule Poirot de faire la lumière sur les événements passés et forcer le coupable à avouer son crime ! C’est très fort d’ailleurs parce que bien souvent dans les Agatha, pas besoin de preuves, c’est faire craquer le(s) suspect(s) qui est payant ! Dans cette nouvelle, c’est le caractère de Poirot qui est mis en valeur, son exubérance voulue, son côté très continental, à mille lieux de la réserve anglaise, et c’est aussi ce qui fait le charme et la drôlerie de ce personnage ! Encore un fois, il faut se méfier des apparences aussi bien du physique et du caractère d’Hercule Poirot que des coupables tout désignés. Agatha Christie ou l’art de dérouler une pelote remplie de nœuds!

Enfin, la troisième nouvelle Le policeman vous dit l’heure nous amène à la rencontre de Miss Marple. Cette vieille tante Jane qui sans bouger de son fauteuil fait jaillir la vérité sur un crime pourtant auréolé de mystères ! Elle puisse dans ses souvenirs, ses connaissances et son esprit de déduction, et avec nonchalance résolve l’énigme. Même si Hercule Poirot reste mon enquêteur préféré, il faut reconnaitre que Miss Marple est un personnage des plus intéressants. Tout le monde pense qu’elle perd la boule mais ces même personnes finissent toujours par reconnaitre qu’elle détient plus qu’à son tour la clé de toutes les énigmes ! Cette nouvelle est plus courte mais nous offre une belle énigme, résolue avec flaire et finesse !

Même si je préfère les romans de la Dame aux nouvelles, c’est une lecture très agréable et détente. La première nouvelle nous met bien dans l’ambiance des fêtes et j’ai vraiment apprécié de découvrir les traditions britanniques à cette période. ça m’a donné encore plus envie de gouter au fameux Christmas Pudding ! Quand je n’en sais rien, mais vraiment j’aimerai beaucoup ! Et peut être que je n’aimerai, allez savoir !!!! 😀

J’aime toujours autant lire les livres d’Agatha Christie, j’en ai encore dans ma PAL, on la retrouvera sur le blog dès 2013 !

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Train d’enfer pour ange rouge de Franck Thilliez

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Pocket, 6,70€, 436 pages

4ème de couverture

Un cadavre en morceaux est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l’objet d’une mise en scène défiant l’imagination. Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l’emmener au coeur de la nuit, loin, beaucoup trop loin…

Résumé

Le commissaire Sharko parcourt le Vieux Lille et rentre dans un café, l’occasion pour nous de découvrir que sa femme Suzanne a disparu depuis 6 mois et que malgré tous ses efforts et ceux de ses collègues, il n’a aucune piste, …
Franck est rappelé sur Paris, un cadavre a été découvert, mutilé de façon atroce avec une étrange mise en scène. Des éléments retrouvés sur le lieu du crime et sur la victime, une jeune femme, vont amenés le commissaire dans l’Ouest, l’enquête commence réellement.

Mon avis

Un coup de cœur ! Comme à chaque Franck Thilliez !

Il s’agit de mon 3ème Thilliez, j’ai décidé de les prendre désormais dans l’ordre de parution. On découvre ici le commissaire Sharko, un homme d’une quarantaine d’homme, un flic dur mais humain. 6 mois auparavant sa femme a disparu sans laisser de trace, il n’y a jamais eu de rançon demandée, jamais eu d’indice pour un semblant de piste. Ce fait et le caractère franc et l’esprit vif du commissaire font qu’on s’attache très vite à lui.

L’enquête sur laquelle va travailler le commissaire Sharko est vraiment prenante et à partir d’un moment, on tourne les pages à un rythme rapide, on a vraiment du mal à lâcher le livre. J’ai lu les 200 dernières pages hier. On sens à nouveau que Franck Thilliez fait beaucoup de recherches pour alimenter ses histoires. Ici on pénètre dans une mafia particulière, celle du sadomasochisme, de la douleur, de la souffrance et de la perversion. Certains passages sont assez durs mais l’auteur ne pousse quand même pas le vice jusqu’à décrire trop longuement ou trop en détails certaines choses, même attention, on ne manque pas pour autant de données et de descriptions.

L’action se passe en 2002, on ne sent pas encore trop les 10 ans qui ont passé depuis (par rapport à certains polars ou thrillers), on est déjà en plein dans l’air informatique, avec Internet et tous les travers et vices que la Toile peut produire. On a beaucoup de renseignements sur ce média sans être inondés de choses inintéressantes. C’est ça que j’apprécie chez Franck Thilliez, le sens du détail sans avoir besoin de charger le lecteur d’informations inutiles.  L’enquête est encore une fois cohérente et prenante. Le rythme s’accélère progressivement et les événements s’enchainent jusqu’au dénouement.

Le Commissaire n’a que de rares moments d’apaisement dans son enquête. Deux histoires lui tombent dessus, une majeure sombre, violente, celle de l’enquête sur le tueur, le récit est détaillé, dense, intéressant, captivant; et une mineure, la disparition de sa femme. On sent la tension monter dans les deux affaires. Un roman rondement mené !

Les doutes que j’avais lors de ma lecture sur le tueur se sont confirmés (faut dire que quand on lit beaucoup de thrillers et qu’on regarde beaucoup de séries policières, on trouve plus facilement les pistes et les indices laissés par l’auteur) mais pour un premier roman édité, c’est déjà du très très bon ! Ce qui est très intéressant et qui laisse du suspens dans la lecture pour les habitués du genre c’est le « pourquoi? » et là la réponse ne se découvre pas rapidement.

Contrairement à La Chambre des morts, on est constamment avec Sharko, c’est lui qui nous raconte son histoire quelque part et c’est vraiment ce qui fait qu’on s’attache à Sharko et fait qu’on « vit » l’enquête, c’est plus efficace qu’un narrateur omniscient. Du coup, on vit les doutes, les espoirs, le désespoir et les réflexions du commissaire. J’ai beaucoup aimé cet aspect. Et c’est vraiment le type de personnage que j’aime suivre. Je serai ravie de continuer l’aventure avec lui.

Les personnages secondaires aussi sont sympathiques, les lieutenants avec qui travaille Sharko, surtout Sibersky, une profileuse Elisabeth Williams, … Chacun apporte un plus à l’enquête mais permettent aussi des passages plus calmes,…

J’aime beaucoup comme à chaque fois, retrouver des éléments de ma région Nord Pas de Calais. La plus grande partie du roman se passe en région parisienne mais on a des références au passé de Sharko dont le grand père était mineur, on a des évocations de Lille, d’autres villes en NPdC,… Un détail mais j’ai beaucoup aimé les références aux rails, aux trains, tout en symbole dans ce roman. Le livre a été publié chez « La Vie du Rail », il fallait des références je suppose mais c’est vraiment bien amené.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ma lecture, encore un bon thriller. Je ne tarderai pas trop à lire un autre Thilliez (vu que je les ai tous sauf le dernier ;)), je le conseille, parce qu’il est excellent mais aussi parce que c’est le premier et que vous verrez que le niveau est déjà bien élevé !

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Les meurtriers de Dieu de Jean Depreux

Éditions Les Nouveaux Auteurs, 18€15, 388 pages

4ème de couverture

Une course contre la montre sur la trace d’un secret millénaire qui pourrait bien mettre en péril l’Eglise catholique….
Holy Island, petite île du nord de l’Angleterre chargée d’histoire et de spiritualité, avait tout du parfait lieu de villégiature pour l’inspecteur Carver de Scotland Yard, qui pensait pouvoir y faire le point sur sa vie. Mais les apparences sont trompeuses. Le lendemain de son arrivée, on retrouve un corps supplicié. Isolé sur l’île, bloqué par la tempête, Carver doit prendre en charge l’enquête. Les meurtres s’enchaînent, tous commis avec des instruments de torture médiévaux.
Rejoint par son adjointe Sarah et par Charleen, la ravissante étudiante en histoire, Carver va remonter la piste laissée par l’assassin et apprendre l’incroyable secret de Cuthbert, moine du Ve siècle.

Résumé du début

Une attaque dans un tunnel sombre, une victime,…

Sous le coup d’une mauvaise nouvelle le concernant, l’inspecteur Carver de Scotland Yard décide de partir une semaine faire un break sur une petite île au nord de l’Angleterre : Holy Island, proche de l’Écosse. Là bas, à cause des marées, l’île n’est accessible qu’une partie de la journée. A son arrivée, Carver s’imprègne de cet endroit paisible, chargé d’Histoire et de Mystères. Carver rencontre Josh Terman, naturaliste puis Jeffrey Lowe, conservateur du château. Ce dernier lui fait visiter en soirée au Château la future exposition sur les outils et engins de torture médiévaux. Le soir au Pub, Carver rencontre des historiens, un professeur James Patterson et deux de ses élèves : Charleen, qui ne laisse pas Carver indifférent et Mick, venus faire des recherches. L’occasion pour Carver d’en apprendre plus sur l’histoire de l’île. Le lendemain un corps est découvert supplicié au château, c’est la fin du séjour paisible et reposant de Carver, si va commencer l’enquête, la police étant dans l’impossibilité de venir immédiatement sur l’île à cause de la marée,…

Mon avis

Un très bon premier roman !

J’étais curieuse de lire ce livre que je n’avais pas pu acheter au Salon du Polar de Dainville (déjà tous partis !!!) et qui est écrit par Jean Depreux qui a grandit dans mon coin près de Douai.

J’ai beaucoup aimé ce roman. L’intrigue est bien menée et le suspense perdure très longtemps dans le récit. Dès la première page, on est en plein dans le mystère. Puis l’auteur prend le temps de planter le décor, présenter les personnages mais toujours de façon subtile et rythmée, grâce à des chapitres courts et une alternance de points de vue différents. Sans lourdeur et longueur, on apprend à découvrir l’île de Holy Island, et les personnages principaux auxquels on s’attache en très peu de temps. Le roman est construit avec une alternance de point de vue mais aussi avec des flash-back. Ces derniers ne remontent pas à travers les siècles ou des années auparavant, et c’est vraiment bien fait, parce qu’on ménage ainsi le suspense sur le « pourquoi? » et le « qui? » des meurtres, sans alourdir le récit, perdre son lecteur dans de multiples références ou des digressions.

Le côté historique est très travaillé, on sent que de nombreuses recherches ont été faites, que l’essentiel des données sont indiquées mais sans nous faire une thèse sur cette partie de l’histoire de l’Angleterre. Parfois, il faut quand même s’accrocher un peu quand on ne connait pas bien l’histoire des saints et de l’Angleterre, mais on est là exactement dans la même situation que Carver quand on lui raconte ces faits historiques sur l’île, Cuthbert,… On apprend et on découvre en même temps que lui !

En plus, ça donne vraiment envie de se rendre compte à quoi ressemble l’île, son accès, le château, etc. Et comme, j’ai très souvent mon portable à proximité, j’ai cherché et voici quelques photos pour vous faire une idée de Holy Island / Lindisfarne :

Même sans aller chercher des photographies ou des images sur Internet, c’est très visuel dans le livre, les descriptions sont vraiment bien faites ! Je vous dis ça donne envie d’y aller même avec ce qu’il se passe dans le roman 😉
Idem concernant les descriptions des Lindisfarne Gospels évoqués dans le roman, c’est très bien décrit, tellement bien qu’on voyant cette photo ci-dessous, j’ai reconnu immédiatement ce dont parle le roman :

L’intrigue policière et le côté thriller sont rondement menées, cohérents et bien ficelés. Pourquoi des meurtres sont-ils commis sur cette île en apparence paisible? Pourquoi avec des instruments de torture médiévaux ? Quel secret ancien cherche-t-on à cacher ? Je me suis attachée à cet inspecteur de Scotland Yard, qui a des soucis personnels, une façon de voir les choses intéressantes et un flemme tout britannique. J’ai aimé également sa relation avec Sarah sa coéquipière, leur relation est proche tout en étant un peu distante, hiérarchie oblige, ils forment un bon duo.

Une seule petite chose m’a fait tiquer, c’est la manière dont Butler le policer en charge dans la région des enquêtes, parle à Carver ou à Sarah, ça s’explique vers la fin mais le caractère du personnage n’est peut être pas assez mis en relief pour éviter de se demander pourquoi il a des réactions de ce type. Dans le même genre de remarque, j’ai été un peu surprise de la familiarité entre le professeur Patterson et ses élèves, mais c’est vrai que n’étant pas britannique ni très au fait des relations enseignant/élèves là bas. Encore une fois, l’histoire explique en grande partie cette familiarité mais je n’en ai pas trop l’habitude dans mes lectures. Enfin des points bien mineurs finalement et qui n’enlèvent rien à ce très bon premier roman.

Ce roman se lit facilement et assez vite grâce à la plume de Jean Depreux. J’ai émis des hypothèses dont certainement se dont révélées complètement fausses et où d’autres étaient presque bonnes. J’aime beaucoup quand on laisse le lecteur chercher ou qu’il est embarqué dans l’histoire, quand le voile se lève progressivement, quand il y a jusqu’à la toute fin encore des révélations. J’ai trouvé subtile et bien dosé, ce mélange d’ésotérisme, de thriller et de polar. Un peu à la Dan Brown mais sans avoir à traverser le monde pour trouver des indices et des solutions, c’est ici plus en huis clos sur une île avec peu d’habitants, un peu à la Agatha Christie. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture parce que j’y ai retrouvé tout ce que j’aime dans le genre ! Vivement la sortie d’un prochain roman de Jean Depreux, un auteur de chez moi dont je suivrai l’actualité avec plaisir.

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