Demain est un autre monde, T1 : Les Insoumis d’Emilie Witwicki-Barbet

lesinsoumis

Val Sombre Éditions, 21€, 305 pages

4ème de couverture

1953.

Vampire justicier et solitaire, Joseph vit selon ses propres règles : pas d’innocents, pas de disciples.
Mais Margot va le faire changer d’avis. Enceinte, laissée pour morte, il la sauvera à sa manière.

 2009.

Adam est de retour dans la maison où il a passé sa courte enfance. Ni humain, ni vampire, il peine à trouver sa place dans la société. Sa rencontre avec Lou, la fille aux chiens, va lui permettre de découvrir l’amitié.
Mais le lien fragile qui les unit sera vite entamé par le départ d’Adam, orchestré par Rodolphe Dubuissert, vampire puissant qui régit la région sous le titre d’Ordonnateur, après le renversement des puissances.
Car le monde a basculé. Le pétrole, l’électricité et le progrès n’ont plus cours dans cet Ordre Nouveau que les vampires ont instauré.
Les humains ont-ils conscience de la vraie nature des nouveaux envahisseurs ?
Comment faire face à la fois à cette menace et aux dangers d’une vie sans technologie, dont plus personne n’a l’habitude ?
Le reste du monde est-il semblable à ce coin de l’Avesnois, annexé de toutes parts et égorgé dans tous les sens du terme ?
Face à tous ces changements, Lou parviendra-t-elle à tenir la barre et à sauver ce à quoi elle tient ?

Résumé

En 1953, Jacques sauve Margot qui a été attaqué par un détraqué. La jeune femme enceinte va mettre au monde un garçon Adam, qui ne sera pas comme les autres.

En 2009, Adam décide de s’installer dans l’Avesnois, dans la demeure familiale, laissée à la gestion d’une famille d’amis proches de Joseph. Actuellement c’est Louise et ses grands-parents qui s’occupent de l’entretien de la demeure mais ils n’y vivent pas. Adam est surpris de l’apparence et du caractère bien affirmé de la jeune Lou, une amitié sincère nait entre ces deux personnes atypiques. Du jour au lendemain, leur monde, le Monde bascule, privée des ressources énergétiques actuelles (électricité, pétrole,…), la vie doit s’organiser différemment et c’est sans compter la sortie de l’ombre des vampires…

Mon avis

Une très agréable lecture

Voici le deuxième titre lu de chez Val Sombre Éditions, une petite maison d’édition du Nord. J’ai la chance d’avoir rencontré plusieurs fois Émilie Witwicki-Barbet, une auteure adorable et disponible, il me tardait de lire son premier opus, le second étant sorti en février de cette année. Je suis en retard sur les copines, mais ça y est !

J’ai beaucoup aimé ma lecture, j’avoue que j’ai eu un peu de mal à plonger dedans (je sortais d’Âmes de verre, dense et entêtant), au début j’ai trouvé que ça allait très vite (et j’ai tiqué sur un passage que je n’ai pas bien compris), mais ça c’était vraiment qu’au tout début de ma lecture, parce qu’après j’ai passé un super bon moment de lecture. Les Insoumis est une histoire de vampires très originale, qui nous place dans notre monde mais différent, qui vient tout récemment de perdre toute technologie; une arrivée sournoise des créatures à sang froid; des plans qui font froid dans le dos; une sorte de résistance qui se met en place,…

On suit donc Adam, un être spécial, à mi chemin entre l’humain et le vampire, il est très intelligent mais n’a pas beaucoup d’ami, les relations sociales ne sont pas donc son point fort. Il est très empathique et comme la psychologie humaine est difficile, ça ne l’aide pas, il a du mal à comprendre certaines réactions. Cette caractéristique le rend très touchant. Mais il n’est pas que ça, vous le découvrirez à la lecture ! Sa nature et ses capacités se font jour progressivement. Il se lie d’amitié avec Lou, un poil garçon manqué, qui préfère la mécanique aux études et la compagnie de ses trois chiens-loups aux garçons et aux filles de son âge. Lou est cependant très débrouillarde et ouverte d’esprit. Elle se doute bien qu’Adam n’est pas comme les autres, mais elle l’accepte et n’a pas peur de lui. De là à imaginer la vérité !

Les événements s’enchainent et leur vie doit s’adapter à un monde qui recule de 100 ans en arrière. Et Lou va devoir surmonter des drames, causés par la présence des vampires qui ont décidés de sortir de l’ombre et de prendre une sorte de revanche sur l’humanité. Un jour, elle sauvera une petite fille Rosalie d’une mort certaine. Elle recueille la petite et on découvre une nouvelle facette de la personnalité de Louise, pas si garçon manqué que ça !

L’histoire est vraiment intéressante, j’ai apprécié suivre les personnages dans leur quotidien devenu si différent et pourtant l’époque où on avait de gros véhicules à moteur, de chauffage électrique, de téléphone,… n’est pas encore si éloignée; voir comment ils allaient se débrouiller. Mon seul bémol c’est que le changement est trop rapide, on fournit finalement peu d’informations, et ça ne panique pas vraiment ces habitants de l’Avesnois ! Mais on comprend quand on découvre le caractère des personnages imaginés par Émilie Witwicki-Barbet. Et puis débarque pour « maintenir l’ordre » des personnes étranges, qui prennent le contrôle tellement rapidement, sournoisement finalement qu’on ne peut leur faire opposition.

L’auteure a été efficace dans sa façon de décrire les personnages, autant, je ne suis attachée à Lou, dont la personnalité est très travaillée, à la petite Rosalie, la bouffée de fraicheur du roman, à Adam, qui cherche sa place dans ce monde, pas facile quand on est à la fois vampire et humain, ou peut être aucun des deux ?, autant deux personnages m’ont complètement insupportés ! Efficace je vous dis ! Un qui je pense ne trouvera pas un lecteur pour l’aimer (j’vous laisse la surprise, à la lecture vous verrez tout de suite de qui je veux parler!) et l’Ordonnateur, lui je pense que certain(e)s l’aiment bien, mais je n’ai pas su l’encadrer !!! J’avais envie  de l’insulter toutes les deux minutes ! Je crois que plus je lis (et dans la vie c’est pareil), moins je supporte les personnes/personnages arrogants, ils me mettent hors de moi et ça été le cas ici!

Les personnages secondaires aussi sont touchants ou si étranges qu’on a envie de les découvrir plus (Nicolas, Mary, Thierry,…), et l’auteure nous contente dans ce premier tome, même si je ne doute pas qu’on apprendra encore pas mal de chose par la suite. J’ai aimé la description des vampires, leur façon de se battre, de se mouvoir, on sent qu’Émilie Witwicki-Barbet a cherché la cohérence dans son récit (humain, mythologie vampirique) tout en créant sa propre façon de voir ces créatures. Et j’ai vraiment aimé cette façon de faire, cette sorte d’intégration au plus réel, au plus crédible (c’est difficile de mettre des mots là dessus). Vous comprendrez en découvrant ce premier tome !

J’ai beaucoup apprécié également, la vision d’Émilie, que je partage, et qui apporte un plus, les êtres qu’ils soient humains ou non, peuvent être bons ou mauvais, et peuvent éventuellement changer en fonction des circonstances, des événements, … J’ai hâte de savoir ce que vont devenir les personnages (Mary notamment), ce qu’il va se passer par la suite, je lirai avec plaisir le tome 2 !

J’ai beaucoup aimé découvrir l’Avesnois par la plume d’Émilie, vraiment ça donne envie de s’y arrêter, de découvrir les villages autant que les coins perdus, les bois, le lac du Val-Joly. Les Insoumis, est vraiment bien écrit (à part un seul passage que je relirai plus tard pour voir si ça venait pas de moi quand-même), facile à lire, rythmé, … Bien que pas forcément la plus calée du monde en orthographe, je n’ai repéré aucune coquille!

J’ai découvert une auteure à suivre, avec une plume sincère et sensible (j’ai versé ma petite larme, à un moment quand même, faut le dire), qui sait faire naitre chez son lecteur moultes émotions : espoir, tension, tristesse, écœurement, joie, appréhension, …, révolte ! Et ça tombe plutôt bien, la suite que je me procurais bientôt s’intitule Les Révoltés ! (si c’est pas de l’enchainement çà :D)

Pour acheter Les Insoumis (et Les Révoltés), rendez-vous sur la boutique Val Sombre.

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Les journées du patrimoine : 15 et 16 septembre 2012

Un billet sur les journées du Patrimoine qui ont lieu ce weekend, l’année dernière avec mon homme, on avait fait La Citadelle de Lille et La Préfecture de Police, cette année, changement de programme, samedi avec ma copine Camille, nous avons fait Le Musée des Beaux-Arts de Lille et aujourd’hui avec mon frère et mon homme, le Château de Potelle dans l’Avesnois.

Le samedi 15 septembre 2012 : « Le Musée Secret » Palais des Beaux-Arts de Lille

Cette année les Beaux-Arts proposaient des visites guidées de 45 min sur le thème « Le Musée Secret » l’occasion de voir des œuvres sous des angles différents en cherchant les messages secrets, les personnages cachés, les codes et les symboles cachés dans des peintures, sculptures, bas-reliefs, statues, etc. Mais également savoir pourquoi telle œuvre se trouve aux Beaux-Arts de Lille, quelles sont les erreurs d’interprétations, etc.

Nous avons fait deux visites avec deux guides différentes, histoire de voir un maximum d’œuvre et le hasard a voulu qu’il y en ai une en commun.

Parmi les œuvres observées voici les plus marquantes : Vanité de Van Hemessen

Huile sur bois
Vers 1535-1540
Acquis en 1994 avec l’aide du F.R.A.M. et le mécénat de White Public Relation, Tokyo
Inv. P. 2009

Cette œuvre est celle que les deux guides ont montré en commun. Il s’agit d’une partie d’un diptyque, le tableau de droite n’ayant pas été retrouvé et non connu. Une personne se regarde dans un miroir, et y voit ce qui lui arrivera quoi qu’il arrive la mort. Nos deux guides s’opposent sur l’interprétation de la toile, pour l’une il s’agit d’une femme vaniteuse qui se regarde et la peinture représente la vanité, l’existence vaine, … Pour l’autre, c’est un homme qui se regarde et qui a conscience que la mort sera inéducable.

Pour les deux guides, le message est clair, indiqué par les mots inscrits sur la toile : « Ecce rapinam rerum omnium » qui nous indique que la mort est le pillage de toutes choses. Les ailes de l’ange sont des ailes de papillon symbolisant l’éphémère et la mort (aile noire) et l’immortalité et l’espoir (aile colorée). L’ange androgène, représente aussi la force (les bras, le cou musclé) et la richesse (les tissus de l’habit).

Le peintre s’est fortement inspiré de Michel-Ange : le doigt pointé vers le miroir est similaire à celui de Dieu dans la création du monde dans la chapelle Sixtine.

C’était vraiment très sympa d’avoir plusieurs informations différentes se complétant sur cette toile.

Nous avons observé d’autres œuvres, entre autres, un bas relief sublime de Donatello Le Festin d’Hérode, il est très rare que les musées français disposent d’œuvres de Donatello, et c’est grâce à Jean-Baptiste Wicar peintre et collectionneur lillois que les Beaux-Arts de Lille possède ce chef d’oeuvre, légué en 1834.

Marbre
Vers 1435
50 x 71 cm
Legs Jean-Baptiste Wicar, 1834
Inv. Pl 1912

Ici c’est la première fois que les perspectives sont sculptées et qu’un effet de profondeur est créé. « Grâce à la technique du relievo schiacciato (relief écrasé ou adouci) dont il est l’inventeur, Donatello met en œuvre les principes de perspective exposés par Alberti » (source site internet des Beaux-Arts de Lille). Ce bas relief propose deux scènes une à droite la danse de Salomé qui demandera poussée par sa mère, la tête de Jean-Baptiste et à gauche, la tête de Jean-Baptiste proposé à Salomé par Hérode et le mouvement de recul de la jeune fille face à l’acte qu’elle a engendré.

Nous avons eu l’occasion de nous pencher sur une œuvre de Pieter Boel : Allégorie des vanités du monde


1663
huile sur toile
Acquis en 1878
Inv. P 78

Ici beaucoup de symboles cachés représentent l’éphémère des arts (musique, peinture), des pouvoirs de droit divins, religieux et guerriers, de l’amour, des plaisirs terrestres, etc. Mais deux symboles sont révélateurs d’espoir l’anneau tout simple à droit symbolisant l’Éternité et la couronne de laurier autour du crâne symbolisant le renouveau, la vie.

Le repas chez Simon

Elément de retable
Albâtre polychromé et rehaussé d’or
57 x 48 cm
Achat Wintrebert, 1911
Inv. A. 46

Ici, le titre de ce retable est erroné, il a été appelé comme ça parce que des éléments sont similaires à d’autres repas où est relaté la présence de Jésus dans les Saints Évangiles de MArc, Mathieu et Luc : la présence d’une femme aux pieds de Jésus, un repas, etc. Mais en réalité cette scène ne représente pas un repas chez Simon mais plutôt un repas chez Lazare, Marthe et Marie Madeleine (qui essuie les pieds de Jésus avec ses cheveux après les avoir parfumés) en présence de Judas à la droite de Jésus. Seul l’évangile de Jean relate cette scène avec précision et l’erreur est due au fait que 1 seul des 4 évangiles en parle.

Il y avait bien d’autres œuvres vues et expliquées dans nos deux visites. C’était vraiment intéressant de découvrir des choses qu’on ne voit pas, qu’on ne peut pas deviner juste en regardant les toiles. Pour finir, deux tableaux nous ont été montrés, un dans lequel les rochers ont des formes d’animaux, une autre ou des morts-vivants sont présents, saurez-vous les voir ?

Ary Scheffer (1795-1858) : Les Morts vont vite.

TENIERS David II, TENIERS Le Jeune (dit):  Bohémiens

Je ne peux que vous inviter à vous rendre l’an prochain au Palais des Beaux-Arts, les thèmes sont chaque année différents mais les guides sont sympathiques et on apprend plein de choses et c’est l’occasion, vu que c’est gratuit d’y emmener les enfants 🙂

Le dimanche 16 septembre 2012 : Château de Potelle

Aujourd’hui nous sommes allés dans l’Avesnois voir un château privé : le château de Potelle, les journées du patrimoine étant les seules journées où le comte et la comtesse Lastic de autorisent les visites de leur domaine.

Le Château de Potelle ou Château de Potelles est un château-fort féodal situé dans la commune de Potelle dans le département du Nord. Le château (et sa chapelle située à l’extérieur des douves) fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 19 janvier 1944.

On ne peut pas rentrer dans toutes les parties de ce château mais on peut quand même voir les extérieurs, les bâtiments et la chapelle bien conservés. Ici c’est payant, 3€ l’entrée mais l’entretien des lieux ne doit pas être aisé, les journées du patrimoine sont l’occasion de récolter un peu d’argent pour ça, je suppose.

Il y avait des animations médiévales, des gens en costume forts sympathiques et disponibles pour échanger sur les moyens du Moyen-Age.

Voici quelques photos :

C’était vraiment sympa de discuter avec les « médiévaux » et d’en apprendre plus sur les armes, la médecine, les côtes de maille etc.

Un peu d’histoire pour ceux que ça passionne (source Wikipédia) :

Ancienne place forte du Hainaut, le Château de Potelles fut bâti vers 1290 par Willes (Gilles) de Mortagne, seigneur de Potelles (dont la chapelle conserve un fragment de pierre tombale). Il était au nombre des chevaliers qui allèrent en 1326, en Angleterre soutenir la cause d’Isabelle de France et de son fils, le futur Édouard III d’Angleterre, gendre du comte Guillaume Ier de Hainaut.  Gilles II de Mortagne, « dit de Potelles », accusé d’avoir conspiré contre la vie de Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, fut écartelé à Mons en 1433. Ses biens furent confisqués. Les terres de Potelle et de Solre-sur-Sambre furent données, en échange de ses nombreux services à Antoine de Croÿ en 1433. Dès 1436, Potelle est racheté par Jeanne de Hennin, sœur du supplicié et Solre-sur-Sambre par le frère.

En 1491, Antoine de Mortagne vendit Potelles à Jean Carondelet, Grand Chancelier de Flandres et de Bourgogne qui le restaura. Le même Jean Carondelet avait déjà racheté à Antoine de Mortagne le château de Solre-sur-Sambre vers 1480, les deux châteaux étant distants de 49 kilomètres l’un de l’autre. L’escalier en pierre bleue du XVe siècle est timbré à ses armes. Son petit-fils Ferry Carondelet avec son épouse Catherine d’Esnes, transforment et embellissent le château : notamment la façade arrière sur la cour qui est ajourée d’une élégante galerie à arcades. Une des colonnes porte la date de 1541 à côté de leurs armoiries. Ferry Carondelet (1473-1528) fut le brillant conseiller de Marguerite d’Autriche (1480-1530) et a eu l’honneur d’avoir un magnifique tombeau dans la cathédrale Saint-Jean de Besançon.

Potelle fut plusieurs fois dévasté et incendié par les guerres : 1477 : par les troupes de Louis XI. 1654 : par l’armée de Turenne.1712 : par les Impériaux. 1793 : par les Autrichiens. Et toujours, cependant, il fut rétabli sur ses anciennes murailles (Chanoine de Carondelet). En 1817, le Chanoine de Carondelet fit restaurer le château puis en fit don à sa nièce Eugénie Adélaïde de Carondelet, épouse de Jean-Philippe Fremin du Sartel, garde du corps de Louis XVIII et ancêtre de l’actuel propriétaire.