Les errants T1-Origines de Denis Labbé

Les-Errants-Tome-1-de-Denis-Labbe

Les éditions du Chat Noir, 286 pages, 19,90

4ème de couverture

Que faire quand on est une adolescente et que le monde s’écroule autour de soi ?
C’est la question qui se pose à Marion, seize ans, que rien ne préparait à une telle catastrophe. Lors d’un voyage scolaire au camp de travail du Struthof, certains de ses camarades et de ses professeurs sont frappés par un mal étrange.
Alors que l’épidémie se répand, elle essaie d’y échapper, en compagnie d’un groupe d’amis rescapés. Mais sans l’aide d’adultes, la tâche va s’avérer délicate et la vie en communauté pas si aisée que cela.

Résumé

Marion est en visite scolaire avec son lycée dans les Vosges et plus particulièrement au camp de travail du Struthof. Marion se retrouve dans un groupe de 13 élèves sous la surveillance de la pire prof en mesure d’encadrer des lycéens. Dans son groupe, peu de gens qu’elle côtoie régulièrement, elle est donc séparée de sa meilleure amie et connait assez mal une partie de ceux qui l’accompagnent. Pour la visite du camp et celle du centre européen des résistants déportés, les professeurs ont scindés les effectifs en deux. Marion et son groupe sont de ceux qui visitent d’abord le centre. A la pause de la mi-journée, la moitié des élèves déjeune en attendant que reviennent ceux qui sont partis en visite du camp. Mais ces derniers ne semblent pas pressés de rejoindre le reste des élèves ? Que se passe-t-il ? Poussée par sa nature curieuse, Marion va en découvrir plus que ses camarades sur ce qui se passe dans le camp. Rien ne sera plus jamais comme avant…

Mon avis

Le lecteur découvre donc Marion, une jeune lycéenne, dynamique et curieuse. Avec quelques soucis familiaux aussi. On la suit lors de sa visite du CERD et peu à peu on comprend avec elle qu’il s’est passé quelque chose  très récemment au sein de ce centre. Et on en mesure progressivement les conséquences. Marion nous parle aussi de quelques uns de ses camarades avec qui elle va se retrouver embarquée. Il y a ceux qu’elle connait : Nellie et Mélina, avec qui elle s’entend bien. Même si elles ont des préoccupations de fille qui passent un peu au dessus de la tête. Louis un fan de métal avec qui elle sort de temps en temps pour des concerts et Thibaut qui était dans sa classe en seconde. Et puis il y a 8 autres élèves qu’elle ne connait presque pas. Parmi eux, Jean-Michel, un passionné d’armes, qui fait froid dans le dos ; Steve le gars qui ne se rend quasiment jamais en cours et qui traficote pas mal et en général on préfère ne pas savoir de quoi il est question et Cornélia, une gothique taciturne toujours plongée dans ses boutiques romatico-sombres. Bref, toute une galerie d’adolescents différents qui vont devoir s’entraider.

Le récit ne manque pas d’action. Dans le sens où déjà Marion est atteinte d’une curiosité maladive qui lui fait prendre des risques, écouter aux portes, etc. Mais aussi parce que les errants « se mettent en marche » et que vous vous en doutez, ça ne sera pas joli, joli.

J’avoue au début du roman, j’ai eu un peu de mal. Avec le style. Avec Marion. Avec les errants. Je le reconnais, c’est mon premier livre avec des morts-vivants, ou des zombies ou des errants, parce que je n’aime pas ça. Mais comme l’auteur est convaincant et que ce sont les éditions du Chat Noir, ma maison chochoutte, j’ai tenté. Même si j’ai eu du mal au début, j’ai beaucoup aimé l’histoire et je garde ce titre comme une bonne lecture.

Quand je dis que j’ai eu du mal avec le style, ça n’est pas mal écrit au contraire mais j’ai tiqué sur certaines tournures ou certains mots. Et puis, je fais un peu un blocage sur les adolescents… Et comme c’est Marion qui raconte. Ce point est purement subjectif parce qu’il y a beaucoup de lecteurs que ça ne dérange pas. Pour ce qui est de Marion, mon ressenti s’est amélioré au fil de la lecture mais au début, elle m’a saoulée. Quand elle nous dit 3 fois qu’elle est curieuse, qu’elle a soif de connaissance etc. Je pense qu’on avait compris la première fois et son insistance, pour se dédouaner des risques qu’elle prend, ça m’a agacé. Mais elle a de bons côtés qu’on découvre au fur et à mesure de la lecture et j’ai fini par m’attacher à elle. Pour les autres ados… bien c’est des ados ! Tantôt, ils réfléchissent et c’est intéressant et tantôt on se passerait bien de leur blabla inutile ^^

Sinon, j’ai beaucoup aimé l’histoire, le point de départ dans les Vosges, au centre européen des résistants déportés. C’est aussi pour l’auteur l’occasion de nous rappeler une partie de notre Histoire et au lecteur de faire s’il le veut un devoir de mémoire. Une étrange épidémie se propage, le lecteur en découvrira les circonstances. J’ai bien aimé le fait de ne pas mettre tout de suite un nom sur ce qu’il se passe. J’ai apprécié aussi que l’héroïne soit non seulement confrontée à des phénomènes inexpliqués, à une ambiance étrange mais aussi obligée de conjuguer avec des camarades, parfois très différents d’elle. Elle en apprend pas mal sur elle même et sur les difficultés de la vie. Et nous on réfléchit, on se demande souvent comment on réagirait à sa place, si nous ferions comme elle ou pas.

Il y a parfois quelques clichés ou stéréotypes qui m’ont gênés, mais peut-être que je ne côtoie pas assez d’ados et que ça ne me semblerait pas si étrange parfois, si c’était le cas. Cependant, malgré ces quelques petits défauts, somme toute dus à mon ressenti personnel, l’histoire est prenante et j’ai eu envie de suivre Marion et les autres, de savoir ce qu’il allait leur arriver. Je me suis attachée à certains personnages et je me suis posée des questions sur d’autres : que deviennent certains ? que leur arrive-t-il ? L’auteur a dans ses tiroirs les réponses que nous pourront certainement lire un jour.

Après un début difficile, je ressors de ma lecture avec un ressenti positif ^^ J’ai le second tome dans ma PAL et je serai ravie de reprendre le chemin en compagnie de Marion et de ceux qui l’accompagnent. L’auteur m’a indiqué que c’était plus mature, plus sombre, je sens que ça va me plaire !

Pour l’honneur des Mérina d’Alex Evans

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Editions Voy’[el], collection e-court, ebook, 0,99€

4ème de couverture

Améyo, fille d’une famille de riches marchands tombée dans la misère, vivote entre une belle-mère alcoolique et deux belles-soeurs. Criblées de dettes, leur jugement tombe : elles doivent tout rembourser dans trois jours, ou bien elles seront vendues comme esclaves.
En désespoir de cause, la jeune fille décide d’invoquer le fantôme de son grand-père. Il pourra peut-être lui dire où se trouve la pieuvre des Mérina. Ce joyau perdu de la famille leur permettrait de payer tous leurs créanciers.
Sauf que ce n’est pas le bon grand-père qui apparaît…

Pas de résumé perso, la 4ème de l’e-court est très bien fait ^^

Mon avis

Encore une fois, je remercie les éditions Voy’el et Aude la directrice de la collection e-court pour ce partenariat très enrichissant et plein de découvertes !

Cette fois, le lecteur fait connaissance avec Améyo qui vend des dentelles pour payer les dettes familiales. Au marché, un matin, elle apprend que le capitaine Anjani est de retour et que son père organise le soir une grande fête en son honneur dans leur grande demeure. Demeure qui a appartenu à la famille d’Améyo avant que celle-ci la perd. Les parents d’Améyo sont morts, elle reste vivre avec sa belle mère alcoolique et ses deux belles sœurs. Criblées de dettes, elles ont chacune une façon différente de réagir à l’annonce terrible : elles seront vendues avec leur biens pour solder la dette familial. Améyo elle décide de procéder à une cérémonie où elle peut faire revenir un de ces ancêtres pour une journée afin de l’aider.

Une très bonne surprise ! Le résumé m’avait fait sourire, ça m’a séduit et je me suis dit pourquoi pas. On rentre facilement dans ce récit et on s’attache à Améyo même si on sait qu’on va la suivre que le temps d’une nouvelle numérique. Je regrette juste une chose, de ce fait, on a pas trop de détail de l’univers dans lequel on est. Il m’a rappelé d’autres belles lectures du coup, j’aurais aimé en savoir plus, c’est sur sur cet univers fantasy. Mais à part cela, c’est très plaisant. Améyo est une jeune femme courageuse, très sérieuse et qui pense que l’honneur est ce qu’un être humain a de plus important. Même si elle n’a pas tort, elle découvrira que ce n’est pourtant pas la seule chose.

Ce que j’ai vraiment apprécié, c’est que l’auteur nous épargne les clichés ! Comme ça fait du bien, de ne pas tomber sur une histoire banale et cousue de fils blancs. On s’attendrait de l’héroïne certaines choses et finalement non! J’ai vraiment apprécié ce côté, tellement plus réaliste et crédible ^^

Le personnage du grand-père m’a beaucoup plu aussi, elle reçoit donc une visite inattendue et la tournure même un peu convenue c’est vrai, m’a quand même plu et touchée.

Le style d’Alex Evans est fluide, plaisant et rythmé, on lit l’e-court vite et presque d’une traite (dommage que mon temps de métro ne soit pas plus long !). J’apprécierai beaucoup de retrouver un jour la plume et l’imaginaire de cet auteur.

Comme la grande majorité des e-courts, des messages forts sont passés dans ces textes courts. Ici Améyo va découvrir qui elle est vraiment et s’affranchir du passé. Elle va tout en restant elle-même, une jeune fille droite et un peu fière, comprendre que le nom et l’honneur ne font pas tout. Et qu’on peut être heureux autrement. C’était vraiment bien vu et j’ai aimé la fin. L’honneur des Mérina c’est comme un conte de fée sans fée avec un fantôme ! 😉 Encore un e-court à découvrir !

Merci encore aux Editions Voy’[el] et la collection e-court, pour ce partenariat, décidément, très riche en belles découvertes !!!