Les Mons’trueux / Les premières années / le 17 juin 2012

Ce dimanche, je suis allée voir le spectacle des Mons’treux, les premières années, atelier théâtre des Cochons de l’Espace, Salle Salvador Allende à Mons-en-Baroeul. Il y avait aussi les deuxièmes années juste après, mais je n’ai pas pu rester pour les deux, malheureusement. J’espère que l’année prochaine, je pourrais assister aux deux représentations.

Mais c’est Mons’trueux!
Ils sont prêts, ils n’attendent plus que vous! Les Mons’trueux explorent les méandres des monstres qui demeurent en nous!… Et ce n’est pas facile tous les jours! L’enfer, c’est les Autres disait le philosophe et c’est vrai qu’avec pour compagnie des touristes Japonais, c’est une catastrophe. Des couples en désaccords aux sorcières qui se bourrent la gueule, tout le monde veut parler! Tout le monde a quelque-chose à nous raconter quand à sa Mons’truosité… Et c’est …disons… Mons’trueux!

La fine équipe des premières années se compose de 8 jeunes gens dynamiques et prometteurs : Camille Belart-Courbot, Amandine Dépernon, Caroline Dervaux, David Godard, Nicolas Komorowski, Aurélia Lafitte, Caroline Paul et Axelle Triquet.

Il manque juste Aurélia sur cette photographie, ils sont bien 8 !

Cette année, les premières années ont interprété les extraits suivants:

« Eva Peron » de Copi
« Huit clos » J.P Sartre
« Les touristes japonais » d’aprés un BD de Copi
Extrait de discours de J. Jaurés
« le problème de Math » le journal de grosse patate
« Le médecin malgré lui » de Molière
« Le prince sans couronne » de Caroline Paul
« Macbeth » de Shakespeare
« Les sorcières de Pick Wick » de Camille Belart-Courbot,
« Le prince au gros paquet de biscuits » de Caroline Paul
« Les godmichets » Anonyme
« Ange-soleil » de Gilles Leroy
« Oedipe Roi » de Sophocle
« Le pavillon des femmes » d’après une BD de Copi
« La résurrection de Lazare » de Dario Fo
« Les monstres » de Caroline Paul

sous la mise en scène de Vincent Bonnet.

Nous avons donc eu droit à un enchainement de scènes et de scènettes dans des styles différents sur des thèmes tantôt drôles, tantôt sérieux. Comme ça, ça peut donner une impression d’une succession aléatoire mais détrompez-vous, le talent de Vincent Bonnet est d’avoir su trouver un fil conducteur et permettre un enchainement cohérent de tous ces extraits.

Le temps est passé très vite, des enchainements rapides et un rythme soutenu ! Je ne me suis pas ennuyée une seule minute ! Et il faut bien reconnaitre aux premières années, qu’ils ont beaucoup de talent ! L’appréhension et la peur ne se sont pas vues et ils sont tous brillamment maitrisés leurs prestations !!! Presque aucune fausse note et même quand un élément de décor a fait des siennes, improvisation de ces comédiens « en herbe » a réussi à donner l’impression que c’était voulu et maitrisé !

Les extraits plus sérieux, classiques diront nous : Eva Péron, Jean Jaurès, Œdipe Roi notamment ont permis des discours ou « monologue » fort réussis et interprétés avec brio parce que ça n’est pas facile non seulement de connaitre son texte, de l’interpréter mais aussi de rentrer dans la peau d’un personnage (surtout pour un court moment) et là je dis chapeau !

Jean Jaurès (extrait du discours de 1906) par Nicolas Komorowski

Jocaste reine de Thèbes (Œdipe-Roi) par Amandine Dépernon

A souligner, une première cette année, une partie des textes ont été écrits par deux membres de la troupe : Camille Belart-Courbot pour « Les sorcières de Pick Wick », suite contemporaine de l’extrait de « Macbeth » de Shakespeare les 3 sorcières, très drôle avec de nombreuses références aux films cultes dans les préférés de l’auteure notamment Les Bronzés font du ski (ha la fameuse crapaudine) ou encore La cité de la peur ; et Caroline Paul : « Le prince sans couronne » , « Le prince au gros paquet de biscuits » et « Les monstres », Caroline (Loline pour les intimes) qui non seulement est douée pour écrire mais également pour conter ses histoires et créer tout un univers.

Les sorcières de Pick Wick by Camille Belart- Courbot, Amandine Dépernon, Aurélia Lafitte, Caroline Paul

Mes extraits préférés : Les 3 sorcières de MacBeth (j’adore Shakespeare <3) et la scène écrite par Camillounette adorée qui écrit très drôle !!! Mais aussi « Les godmichets » (Anonyme), texte très drôle, décalé mais pas tant que ça finalement, quand on est veuve, avec des enfants, il n’y a pas de sot métier pour s’en sortir :

Les godmichets avec Amandine Dépernon (la vendeuse) et Camille Belart-Courbot (la bourgeoise offusquée)

Les premières années ont beaucoup donné de leur temps, ces magnifiques accessoires sont fait main et oui ! Comme dans la scène !

Et « La résurrection de Lazare » de Dario Fo, vraiment hilarant, c’est très bien écrit déjà mais également bien joué, librement interprété, c’était top !!!! Imaginez des gens comme vous et moi dont la passion serait d’aller assister à des miracles comme la multiplication des pains ou ici la résurrection de Lazare :

La résurrection de Lazare avec sur la photo : Aurélia Lafitte, Axelle Triquet, Camille Belart-Courbot, Amandine Dépernon, Caroline Paul, David Godard et Caroline Derveaux

Pour certains, c’était leur premiers pas sur scène, pour d’autres un retour sur les planches, cela a donné un spectacle réussi et dynamique, on a bien ressenti la bonne ambiance du groupe, ils se sont beaucoup donnés pour nous divertir, c’était vraiment très réussi ! Des premières années qui j’espère seront tous présent en deuxième année et que j’aurai plaisir à voir jour une pièce entière !

Le salut des artistes

Voir ses copines s’éclater sur scène, c’est vraiment terrible, un bravo tout particulier à Camille, Amandine et Aurélia ❤

Les cochons ont un blog pour ceux que cela intéresse, c’est par ici : Le Blog des Cochons de l’Espace, avec un article de la Voix du Nord sur les Mons’trueux !

Et un site internet également : le site

Un grand merci à une copine qui ne veut pas être citée pour les photographies prises pendant de la pièce 😉

Les cochons de l’espace / Festival de théâtre / du 10 au 15 avril 2012

Ce weekend, je suis allée voir deux pièces dans le cadre du Festival de Théâtre du 10 au 15 avril 2012 des Cochons de l’Espace, Salle Salvador Allende à Mons-en-Baroeul

Au programme cette année :

– une soirée d’ouverture, le 10 avril avec entre autres de Pink & Mango (association de danse, culture er art du spectacle), Guillaume alias Guiven (ancien Mons’trueux sélectionné pour l’ouverture du festival : on ne demande qu’à en rire),…

Emballez, c’est pesé de Jean-Marie Piemme, mise en scène Antek Bula & Claire Mongant, le 11 avril

Le Cercle de Craie Chiraquien, une création des Cochons de l’Espace, texte et mise en scène de Vincent Bonnet, les 12 et 13 avril

Tipota, une création des Cochons de l’Espace, texte et mise en scène de Vincent Bonnet, le 14 avril

Le Crime de l’Orient-Express d’après Agatha Christie, mise en scène de Vincent Bonnet, le 15 avril

De ce beau programme, je suis allée voir Tipota, une fort sympathique comédie. Voici le pitch : « Ce qu’il est triste, Norbert Popieul. Elle est difficile à vivre cette retraite forcée. Il aurait aimé ne jamais quitter Tipota, mourir pour Tipota, son entreprise de saindoux au chocolat qu’il tenait de son illustre papa. Mais Tipota, c’était trop gras, dans l’entreprise, il y avait trop de syndicats.Il fallait avancer, tourner de nouvelles publicités, communiquer, en interne et en externe, mais son harem avait sans doute la flemme. Il vit dans son passé, Monsieur Popieul. Dans ce passé qu’il a tant aimé.
Attention: Si vous pensez que nous nous sommes inspirés de l’histoire d’une grande marque de pâte à tartiner qui détient 89% du marché, sans doute que vous vous trompez.« 

C’était très drôle, les comédiens sur scène excellents ! La pièce est entrecoupée de pubs ou d’interviews de salariés à la retraite (en vidéo sur un écran géant). Interludes tous plus burlesques et drôles, les uns que les autres ! Les pubs sont, en général, des parodies de vraies publicités ou de réclames. Les comédiens qui se sont prêtés au jeu ont la patate et beaucoup de talents.

Cette pièce permet d’évoquer la vie en entreprise (M. Popieul n’embauche que des femmes, tiens donc 😉 ), les relations entres salariées et entre patron/salariées, les acquis sociaux… A travers, les décennies sont évoqués les évolutions des stratégies marketing, communications et ventes, l’évolution des moyens technologiques, les besoins et envies des clients, les syndicats,…

La mise en scène est excellente, l’alternance des pubs vidéo et de le pièce, loin de casser le rythme, dynamise l’ensemble ! L’histoire et les dialogues plus que sympathiques, on rit beaucoup! Et pourtant la trame de fond est-elle vraiment sujet à en rire? La difficulté d’une petite entreprise familiale à se développer, à être compétitive, … Le marketing qui pousse le consommateur à acheter des produits dont il n’a pas besoin,  la hausse des prix pour des quantités toujours plus faibles, … Plein de thèmes d’actualités n’est-ce pas? Ils sont ici traités avec dérision et humour. La force de la pièce est bien là :  nous divertir et nous donner à réfléchir!!!

Ce fut un très bon moment  de théâtre !!!

Mention spéciale aux déménageurs / accessoiristes !!!

Et j’ai vu également Le Crime de l’Orient-Express. Pièce adapté du roman d’Agatha Christie et des dialogues du film de Sidney Lumet. Pour ceux qui ne connaissent pas, voici le pitch : « Un train bloqué en Serbie, sous la neige, une nuit. Ce train c’est l’Orient-Express, le comble du luxe qui ne transporte que de riches personnalités et des têtes couronnées. Dans le wagon-lit, il y a un mort, un couteau ensanglanté, un Hercule Poirot, et douze… suspects. Car quand un meurtre est commis dans un train bloqué en Serbie sous la neige, une nuit, et si les passagers font preuve de logique, il ne peuvent que proférer cet avis de profane: « L’assassin est parmi nous. » « 

J’adore Agatha Christie et l’adaptation de ce livre n’est pas facile, et le pari de Vincent Bonnet est réussi haut la main ! Les éléments de décor et les costumes nous mettent bien dans l’ambiance de ce voyage en train. La résolution de l’affaire par Hercule Poirot est brillamment menée. C’est avec habilité qu’il y a reconstitution des événements de cette nuit tragique et des flash-backs.

Les comédiens étaient très bons, particulièrement celui interprétant M. Poirot ! Il y avait beaucoup de textes, souvent en monologue, ça n’était pas évident et c’était très bien interprété (peu de bafouillage quand on voit la quantité de texte et à chaque fois, c’est bien repris; un mouchoir qu’on ne retrouve pas, pas de problème, on improvise un peu, c’est passé tout seul!). Une foultitude de  personnages, d’accents et de comportements différents , jouée avec brio. On voyait que les comédiens avaient plaisir à être sur scène. Pas facile de faire tenir 16 personnages  sur une même scène, que l’on comprenne bien l’importance de chacun d’eux pour avoir un dénouement cohérent avec une trame complexe. Vincent Bonnet y arrive parfaitement, la mise en scène était excellente !

Tout petit petit petit bémol, qui n’en ai pas vraiment un (et c’est en comparaison avec la pièce vue la veille), c’est parfois un peu lancinant. Mais en même temps, c’est l’esprit du livre également, donc fait partie du charme de l’univers d’Agatha Christie. Cela n’enlève rien à la pièce, une excellente adaptation de l’ouvrage et de très bons comédiens !

Deux ambiances différentes, deux styles différents et j’ai passé deux très bons moments de théâtre !!!!

J’avais déjà fortement apprécié les pièces que j’avais pu voir des années précédentes (La république des Bateaux-Mouches et Fucking Wyonning), cette année c’est pareil ! Je vous conseille fortement d’aller voir une fois les Cochons de l’Espace si vous êtes en métropole lilloise, cela vaut vraiment le coup! et une création originale des Cochons de l’Espace c’est très souvent synonyme de rire, de fun et de réflexion sur notre société !

J’ai entendu de très bons échos du Cercle de Craie Chiraquien que je n’ai pas pu aller voir, j’espère qu’ils rejoueront cette pièce un jour que je puisse la voir et vous en parler 🙂

Les cochons ont un blog pour ceux que cela intéresse, c’est par ici : Le Blog des Cochons de l’Espace