Oraisons (L’intégrale) de Samantha Bailly

oraisons

Bragelonne, 25€, 716 pages

4ème de couverture

En Hélderion, la mort peut rapporter beaucoup… surtout à la famille Manérian, qui procède aux oraisons, les rites funéraires du royaume. Mais la réalité de la mort les frappe de plein fouet lorsqu’on retrouve le corps de leur plus jeune fille dans une ruelle sordide.
Tout désigne les clans, ces dangereux rebelles qui s’opposent à Hélderion.
Aileen, prête à tout pour venger sa cadette, se lance dans une enquête qui la mettra à rude épreuve.
Noony, leur sœur aînée, se retrouve quant à elle aux premières loges de l’entrée en guerre de son pays contre le continent voisin. Mais elle est bien décidée à s’opposer à ce conflit qui pourrait tourner en véritable massacre.
Prises dans des intrigues dont les enjeux les dépassent, les deux sœurs devront affronter le système qui les a forgées.

Résumé

En 897, Abranelle, en Heldérion est attaquée par les Lames Nocturnes, un clan de rebelles de Thyrane qui souhaite reprendre sa liberté. L’Ioden (l’héritier de l’Astracan, Soleil III), encore bébé est kidnappé par ces rebelles, qui ne parviennent pas cependant à tuer l’Astracan ou même s’enfuir avec l’enfant.
En 912, Mylianne Manérian, dernière fille du dirigeant de la corporation des marchands d’étoile (en Heldérion), s’enfuit de la pension où elle étudie (en Thyrane), afin de retrouver Glenn, un pensionnaire dont elle est amoureuse et qui s’est enfuit quelques temps plus tôt. Malheureusement, Mylianne est assassinée. Aileen, la grande soeur de Mylianne, également pensionnaire de la pension, se sent coupable de n’avoir pas empêcher la mort de sa soeur. Elle décide de tout faire pour retrouver le coupable et la venger.
Pendant ce temps là à Manérian, en Heldérion, Noony, la fille ainée des Manérian est sur le point de devenir pour de bon une oraisonnière, ceux qui aident les âmes à rejoindre leurs astres d’attribution, par la cérémonie de l’Oraison. Au même moment, où elle apprend la mort de sa plus jeune soeur, l’Astracan annonce que des territoires sacrés ont été souillés par des habitants des Terres Impies, la guerre semble inévitable et Noony va devoir s’engager dans cette guerre,… Cependant, les événements feront que son engagement va prendre un sens différent…

Mon avis

Attention coup de coeur !

Je l’ai terminé il y a quelques jours (mardi) et j’ai beaucoup de mal à me détacher de cette histoire et j’ai eu beaucoup de mal à quitter les personnages et refermer la dernière page.

Cette intégrale est un beau pavé de 716 pages, regroupant le diptyque de Samantha Bailly.  Pour tout vous dire, plus de 700 pages d’un grand format, faut que ça soit entrainant et intéressant pour que je ne décroche pas au bout de 150/200 pages. Et donc vous comprendrez qu’ici c’est mission réussie puisque je l’ai dévoré en 8 jours !

Le lecteur découvre un monde complètement différent, 3 royaumes, Hélderion, Thyrane et les Terres Impies. Il découvre rapidement que Thyrane est occupé par Hélderion, et que cela se passe plus ou moins bien, enfin, plutôt moins bien. Car des clans se sont créés, composés de Thyranniens qui ne veulent pas se soumettre à l’autorité de l’Astracan  ni à sa religion. Ces clans sèment régulièrement la terreur sur Thyrane, attaquent régulièrement les Veilleurs (des Hélderionnois qui protègent les villes principales) et les jeunes gens d’Hélderion qu’on envoie en pension sur ce continent.

Le lecteur débarque donc dans un monde où il existe des tensions entre les peuples. Et découvre par la suite tout l’univers riche et complexe mis en place par Samantha Bailly. On suit plusieurs points de vue et on apprend beaucoup de choses sur Heldérion, l’Astracan, la religion en place, l’Oraison, Thyrane, les Terres Impies, les Signes, l’union …
Pour tout découvrir, on suit principalement Aileen Manérian, pensionnaire à qui ont apprend à faire des belles révérences et à faire de beaux sourires parce qu’on l’élève en future femme de la bonne société, mais on sent rapidement qu’elle n’aime pas vraiment tout ça.  Elle garde le dessus à l’annonce de la mort de sa soeur, car dès lors, elle décide qu’elle ne peut que chercher à la venger. Aileen va donc prendre certaines décisions qui auront toutes de lourdes conséquences. Elle est combattive, parfois impulsive, forte et fragile à la fois, elle est loin d’être naïve ou niaise. Elle découvrira la vérité sur la mort de sa sœur et verra son monde changer et elle avec. Tout comme Noony sa grande soeur, qu’on va suivre également. Noony a été choisi pour plus tard succéder à son père, le dirigeant de la corporation des marchands d’étoiles, les oraisonniers et donc elle vit uniquement pour l’Oraison. Avec elle, on va découvrir ce qu’est vraiment la religion de l’Astracan, on va en découvrir plus sur l’Oraison, le rite, les croyances, on va découvrir le monde tel qu’il est vraiment. Noony est de prime abord froide et conditionnée, mais vite on comprend que ce n’est qu’une apparence. Elle est intelligente, réfléchie, elle se pose les bonnes questions et ne se laisse pas aveugler par sa foi. Elle a des fêlures mais garde toujours son humanité. J’ai beaucoup aimé Aileen mais je crois bien que ma préférée est Noony. On s’attache néanmoins beaucoup à ses deux sœurs. Leurs vies sont détaillées, leur fêlures, leur passé, leur actions, leurs sentiments, leurs rencontres, leurs questionnements, etc.

Le lecteur va aussi apprendre à connaitre plein de personnages secondaires, les membres de la famille Manérian et leurs proches, des membres des clans thyranniens, un veilleur Orius, l’Ioden, l’Astracan et sa femme, des habitants des terres impies… Il y a beaucoup, en Hélderion, de corporations allant de la protection (guerriers de l’aurore) aux divertisseurs (assurant le divertissement lors des cérémonies) en passant bien sur par les oraisonniers, les guérisseurs, les historiens et autres artistes de Volplume. C’est assez fastueux, on imagine Hélderion comme un royaume lumineux, prospère, paisible. Tout le contraire de Thyrane, qui a été dévasté par les armées des guerrières de l’aurore, et qu’on imagine froid, sombre, dangereux. Les Terres Impies nous apparait comme mystérieuses, dangereuses, hostiles. Mais les apparences sont bien souvent trompeuses.

J’ai beaucoup aimé les différences entre les peuples, leurs spécificités, leurs croyances. L’univers imaginé par Samantha Bailly est dense, détaillé (les us et coutumes, les villes, les différentes corporations, les créatures, les oppositions de point de vue) et superbement bien construit.
Chaque chapitre commence par un extrait, cela peut être un extrait de journal intime, de livres d’histoire, de guide rédigé par les dirigeants des corporations, de poème, … Puis chaque fin de chapitre permet un interlude, durant lequel on découvre d’autres personnages et ce qu’ils font ou ce qu’il se trame pendant l’action du chapitre. Ainsi on a plusieurs sources d’informations, plusieurs points de vue, ce qui permet la découverte du monde créé par Samantha Bailly, de l’action et des rebondissements / intrigues. Les chapitres sont plutôt courts ce qui permet de donner du rythme au récit. Un découpage en 4 parties par livre qui permettent d’avancer dans l’action et les intrigues de chaque protagoniste.

L’originalité de ce roman est la trame qui mène à la fois fantasy et intrigues façon polar (un meurtre, une enquête, un châtiment) mais pas uniquement ! Oraisons, c’est un monde, une histoire travaillée, dans laquelle on va de révélations en rebondissements. La plume de Samantha Bailly est déjà très assurée pour un premier roman, c’est fluide, entrainant, la lecture est aisée et les pages se tournent toutes seules. On a envie de découvrir les tenants et les aboutissants, ce que vont apprendre chacune de leur côté Noony et Aileen. Samantha Bailly nous plonge dans un univers riche, un monde détaillé, une fantasy avec les codes certes mais avec plein de choses en plus, des complots, une enquête policière, des intrigues politique sous fond de religion et de pouvoir, avec les thèmes suivants : trahison, amour, amour impossible, amitié, … Des atmosphères très différentes se dégagent de ces pages, mensonges, vergences et guerre, mêlé d’espoir et de changements. Un hymne à la tolérance, à la liberté et à l’ouverture d’esprit. Noony et Aileen seront actrices du changement et non les petits moutons qui suivent bêtement le troupeau, différentes de ce qu’on attendait d’elles.

Au départ, j’ai eu peur en voyant que les héros principaux, les soeurs Manérian et certains des personnages qui les accompagnent sont de jeunes gens (entre 16 et 20 ans), j’avoue j’avais peur que l’histoire tourne en mélodrame de sentiments amoureux, que ça manque de cohérence. Et même si on a dans les thèmes abordés l’amour, l’amitié, on ne tombe jamais dans ce côté que j’appréhendais. Au contraire, ces héroïnes mettent de la fraicheur dans un monde d’adultes noir et sinistre parfois. Et on oublie vite leur âge car les événements de toute façon, les font murir très vite et elles réagissent en cohérence avec leur fonction, sentiments, valeurs. Très appréciable aussi, dans ce récit, les images féminines sont mises en valeur, la mère Soliane des soeurs Manérian, Cataline, Nwinver, etc. A certaines choses, à la façon de les expliquer, on reconnait la plume d’une femme et ce changement fait du bien (après avoir lu quasiment que de la fantasy écrite par des hommes). Attention, les personnages masculins ne sont pas en reste pour autant ! J’ai beaucoup aimé aussi les liens entre les hommes et la nature, les créatures, … Je n’en dis pas plus sur les personnages volontairement afin que vous gardiez la découverte.

Dans le premier livre, on sent peut être encore quelques tâtonnements dans le style, mais c’est assez rare quand même, enfin, j’ai surtout tiqué lors de deux ou trois « coïncidences bien heureuses », où des choses / questions se dénouent assez vite. Mais uniquement dans le premier livre, et puis quand on voit la richesse de ce qui attend le lecteur ensuite, ce qu’il reste à apprendre et à élucider, c’est vraiment un détail mineur !

Vers la fin de la lecture, j’ai commencé à avoir comme un regret « j’adore ce que je lis mais je ne suis pas vraiment touchée émotionnellement » et là… c’est le drame ! Juste quand cette pensée m’a effleurée, j’ai eu la montée de stress à la tournure des événements, et la fin… J’en suis encore tout émotionnée. J’ai refermé le livre en n’ayant plus qu’un seul mot : « waouh« .

J’ai découvert une auteure qui écrit très bien, à l’imagination débordante, qui a fait siens les codes de la fantasy mais qui ne s’est pas arrêté à la facilité. Certains trouveront peut-être que des événements sont de trop mais moi je pense qu’on ne réussit son pari en écriture que quand on fait réagir le lecteur, qu’on malmène ses héros, qu’on leur fait des vies ni toute blanche, ni toute noire, j’adore quand un auteur prend des risques !

Je vous conseille cette auteure et cette magnifique histoire. Je serai ravie de faire dédicacer mon exemplaire (énorme quand même et encore les pages sont très fines !) aux Imaginales à la fin du mois ! (bon maintenant moi aussi je veux un lynx, comment je fais…)

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Les Damnés de Ceallach de David Le Yaouang

Les damnés de Ceallach

Yoran Embanner Editions, 11€, 167 pages

4ème de couverture

Alors qu’une terrible tempête se prépare, un homme hanté par la disparition mystérieuse de son père revient sur l’île où il est né pour tenter d’élucider les circonstances exactes du drame survenu 12 ans plus tôt. Que s’est il réellement passé sur l’île de Ceallach dans la taverne O’brien ce funeste soir de Novembre 1788 ? Quel sombre secret unis les derniers habitants de cet îlot rocheux inhospitalier perdu dans la mer d’Irlande au milieu des brumes et des pluies ? A travers l’histoire du clan Macnamara et la disparition du vieux Tomàs, ce récit nous fait revivre la tentative de soulèvement des « Irlandais unis » de 1798 et le destin tragique de Théobald Wolfe Tone, père du nationalisme irlandais, qui ainsi que plusieurs dizaines de milliers de patriotes, sacrifia sa vie pour la liberté de l’Irlande. L’attitude héroïque et exemplaire de ces hommes fit naitre un courant irréversible en faveur de l’indépendance totale, qui allait être relayé par d’autres partisans par la suite, jusqu’à l’établissement définitif de la république d’Irlande.

Résumé

Dans la taverne O’Brien, sur la petite île de Ceallach, les marins attendent que le gros de la tempête passe. En ce 1er novembre 1800, l’atmosphère est pesante. Est-ce dû à la présence parmi eux d’un marin étranger qui n’a encore prononcé aucun mot ? Des marins de passage il y en a quelques uns, mais celui, ils ne l’ont encore jamais vu, ses manières sont étranges. Qui est-il? Ce que ces marins  ne savent pas c’est qu’ils le connaissent déjà et que son retour va transformer leurs vies…

Mon avis

Tout d’abord je remercie David Le Yaouang qui m’a proposé de découvrir son premier livre. Un polar qui se passe en Irlande, vous vous doutez j’ai dit BANCO !!! Merci pour ce partenariat.

Une belle découverte !

Oui j’ai de la chance en ce moment, je découvre plein de belles choses ^^ Ce roman nous raconte plusieurs choses, on découvre l’île de Ceallach, une île sauvage, marquée par le climat, peu peuplée et ses habitants, des forces de la nature, dont les croyances ont été bouleversées par la Christianisation, … On découvre la famille Macnamara, Tomàs le père qui n’a jamais voulu quitté son île, sa femme Sorcha et leur enfant Padraig. On apprend que Tomàs a disparu un soir de novembre 1788, pourquoi ? Comment ? C’est le mystère qui nous sera dévoilé progressivement. Mais avant de disparaitre, il a confié Sorcha et Padraig à son frère Joseph, devenu riche négociant à Dublin. Ainsi l’auteur nous conte la vie de Padraig auprès de son oncle dans une période (1788-1798) tourmentée pour les Irlandais, le pouvoir est aux anglais, ils gèrent toutes les institutions importantes et répriment durement les tentatives de rébellion des Irlandais.

Loin d’être rébarbatif, ce côté historique est prenant, agréablement mêlé au récit de l’adolescence de Padraig. Le style de l’auteur permet de fluidifier les événements historiques. J’ai beaucoup aimé revenir sur le passé de l’Irlande, sur les grandes figures du nationalisme irlandais qui ont donnés leurs vies pour l’indépendance, la liberté, … , sur les tentatives des Irlandais aidés par la France car ils ont les Anglais comme ennemi commun, etc. Quand j’irai à Dublin le mois prochain, je ferai plus attention que la première fois, aux noms et aux symboles. Et j’espère remanger dans la Taverne peu recommandable au 18ème siècle le Brazen Head !

Le côté polar-enquête n’est pas très marqué, disons qu’on a une énigme mais pas vraiment d’enquête, par contre, le côté polar historique-politique est vraiment intéressant ! J’ai appris et réappris plein de choses sur l’Histoire de l’Irlande, des choses, et d’une façon très agréable ! Et on s’attache à Padraig, on a envie de savoir ce qu’il va faire et ce qu’il va découvrir en retournant sur l’île 12 ans après. Il est né sur cette petite île irlandaise mais a été élevé bien différemment finalement, comment va-t-il réagir face à ses découvertes ? Même si le récit est court, les personnages principaux sont détaillés et je n’ai pas ressenti trop de manques même quand il y avait des ellipses de plusieurs années. J’ai été surprise de la révélation finale, les apparences peuvent être trompeuses, et le tout est finement avancé par l’auteur.

J’ai aussi apprécié d’être vraiment immergée en Irlande, on n’a pas uniquement un nom de ville, un nom de famille à consonance irlandaise et des cheveux roux. Dans certains livres, on a parfois que ça, du coup, au bout de quelques pages, on pourrait être à Paris, Moscou ou New-York, ça serait la même chose. Ici non, on est vraiment en Irlande, avec le caractère des Irlandais et les paysages de là-bas. On sent la maitrise de l’auteur (ses recherches) de cette culture, de l’histoire du pays et son amour pour l’île d’émeraude.

Les damnés de Ceallach est un premier roman, bien écrit, au style fluide et avec un thème original (un mystère et une action au 18ème siècle avec un fond historique très intéressant), peut-être qu’un peu plus de détails sur certains personnages pour donner encore plus de profondeur à tout ce qui se joue aurait été un plus. C’est un roman à découvrir d’un auteur très prometteur, un roman policier mais aussi un roman d’aventures où la destinée d’un Irlandais se mêle à l’Histoire de son pays.

Un regret peut-être ? C’est un peu court ! Et bien oui, c’est tellement intéressant, j’aurai bien aimé continuer à découvrir la vie d’Irlandais le long de l’Histoire irlandaise. David Le Yaouang m’a indiqué être sur un deuxième polar. Je ne sais pas s’il se passera en Irlande ou si on y retrouvera des personnages similaires à ceux des Damnés de Ceallach, mais je resterai attentive à sa sortie car je serai ravie de retrouver la plume de cet auteur amoureux de mystère, d’Histoire et de culture celte.

Merci encore à David Le Yaouang.

Site de l’éditeur : http://www.yoran-embanner.com/

Pour acheter le livre : http://www.yoran-embanner.com/plr-damnes-de-ceallach.php

Et y a même du boutique avec des bijoux 😉

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Nymphéas Noirs de Michel Bussi

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Presses de la cité, 21,30€, 437 pages

4ème de couverture (attention y quand même un peu de spoil)

Tout n’est qu’illusion, surtout quand un jeu de miroirs multiplie les indices et brouille les pistes. Pourtant les meurtres qui troublent la quiétude de Giverny, le village cher à Claude Monet, sont bien réels.

Au cœur de l’intrigue, trois femmes : une fillette de onze ans douée pour la peinture, une institutrice redoutablement séduisante et une vielle femme aux yeux de hibou qui voit et sait tout. Et puis, bien sûre, une passion dévastatrice. Le tout sur fond de rumeur de toiles perdues ou volées, dont les fameux Nymphéas noirs. Perdues ou volées, telles les illusions quand passé et présent se confondent et que jeunesse et mort défient le temps. 

Un étonnant roman policier dont chaque personnage est une énigme.

Résumé

Pendant 13 jours, va se jouer le destin de 3 femmes, Fanette 11 ans, Stéphanie 36 ans et une vielle dame solitaire. Tout commence avec le meurtre à Giverny, la ville des Nymphéas de Monet, d’un médecin ophtalmologiste parisien. Qui pouvait bien en avoir après cet homme ? Pourquoi ? Les enquêteurs ont peu d’indices et 3 pistes prioritaires. Pendant ce temps là, le destin de nos 3 femmes se joue, entre meurtres et impressionnisme…

Mon avis

Bluffant !

Qu’il est difficile de faire un résumé même du début de cette histoire ! Dès le départ, on est mis dans « le bain », le prologue nous l’annonce, 3 femmes, 3 destins, des meurtres et une seule personne pourra s’en sortir ! Quel mystère ! On suit l’histoire de 2 manières, d’abord la vieille femme solitaire s’adresse à nous et entreprend de nous rapporter ce qu’elle voit. Ensuite, un narrateur omniscient nous permet de suivre l’enquête de l’inspecteur Séverac du commissariat de Vernon et de son adjoint, ainsi que les faits et gestes de deux autres femmes du récit Fanette et Stéphanie.

Je ne peux presque rien vous révéler de l’histoire à part qu’elle est incroyable et formidablement bien menée ! Michel Bussi réussit à manipuler son lecteur, à l’intriguer, à l’amener avec lui à Giverny, à l’y installer et à le voir se débattre avec les indices et les pistes des enquêteurs. Nymphéas Noirs nous emmène en voyage de surprises en rebondissements. Le puzzle s’éparpille puis se reforme au fil des pages pour le plus grand bonheur du lecteur.

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Ce roman est une véritable surprise, j’ai traversé plusieurs émotions lors de ma lecture, de l’interrogation (où Michel Bussi veut-il m’emmener ?), de l’exaspération (même pourquoi cette vieille dame ne nous révèle rien!), de l’émerveillement (magnifique Giverny, on s’y croirait complètement), de l’énervement (mais pourquoi ?????), de la fascination (OMG quelle intrigue !).

J’ai adoré les enquêteurs Laurenç Séverac et Silvio Bénavidès, ils sont totalement différents mais on voit naitre entre eux une complicité, des réparties et un sens de l’humour particulier, un duo qui fonctionne à merveille. J’ai aimé suivre Fanette, cette petite fille de 11 ans, douée pour la peinture et qui décide de participer à un concours pour avoir la chance d’apprendre et de découvrir le monde. Fanette est touchante et on s’y attache beaucoup. J’ai eu un peu plus de mal avec Stéphanie l’institutrice de Giverny, qu’on n’arrive pas à cerner, là dessus le pari de l’auteur est réussi, on se retrouve confronté aux mêmes impressions que les inspecteurs. Et puis notre narratrice (ses passages sont à la première personne) petite souris ou fantôme, qui nous guide dans le village.

Giverny est un personnage à part entière. On est transporté dans ce village, les descriptions sont tellement bien faites qu’on s’y croirait ! Pour moi qui n’est pas eu l’occasion d’y aller, ça donne vraiment envie de découvrir (mais ce site a le revers de la médaille : l’affluence !). J’ai envie de voir le « Moulin de la sorcière », la maison de Claude Monet, l’île aux Orties moi aussi !

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Nymphéas Noirs est bien écrit et accessible à tous, que l’on aime ou pas l’Art, la peinture, Claude Monet ou l’impressionnisme (moi j’aime ça tombe bien !). Pas besoin d’être initié pour comprendre. Même je dirai qu’un gros atout est de faire découvrir au lecteur le village, l’histoire de Giverny autrement ! On apprend plein de choses sur Monet, l’impressionnisme mais sans avoir un cours magistral, c’est fortement agréable.Les plus curieux (comme moi) iront voir sur le net ou dans des livres certaines toiles ou certains paysages. J’ai même découvert un peintre que je ne connaissais pas : Theodore Robinson.

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La plume de Michel Bussi est belle, un brin mélancolique parfois. On sent la passion du détail mais l’envie de la transmettre différemment. Michel Bussi est géographe de formation et Normand et çà se ressent dans le texte, on sent de la justesse et de la précision. Nymphéas noirs est agréable à lire, c’est fluide et très bien construit. On y trouve de l’humour, de la passion, de l’espoir mais aussi des meurtres, des secrets, du désespoir. Un mélange très réussi !

Vous l’aurez compris, j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre (Merci Ludivine <3), j’ai été bluffée par l’histoire, émerveillée par le contexte. Je découvre un auteur et je peux dire que je lirai avec plaisir d’autres de ces textes, surtout si les intrigues sont aussi travaillées et surprenante que Nymphéas Noirs. Notamment Code Lupin (moi qui suit une grande fan d’Arsène !) et ses deux derniers succès Comme un avion sans elle (merci Michel, c’est fait exprès ce titre qui nous fait chanter du Charlélie Couture depuis sa sortie ?? 😉 ) et Ne lâche pas ma main.

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L’âme du mal de Maxime Chattam

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Pocket, 7,20€, 517 pages

4ème de couverture

Pas plus que sa jeune acolyte, l’inspecteur-profileur Brolin ne pense que les tueurs en série reviennent d’outre-tombe. Fût-il le monstrueux bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper avec précision. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d’une secte ? Pure sauvagerie ou magie noire ?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu’on lui a enseigné. S’immerger complètement dans la psychologie d’un monstre, le comprendre afin de cerner et de prévoir ses crimes, devenir un monstre soi-même, tels sont les moindres risques de son métier. On dit au FBI qu’il s’en faudrait d’un rien pour qu’un bon profileur aille rejoindre la galerie de ses pires clients.
Peut-on impunément prêter son âme au mal ?

Résumé du début

Début des années 2000, l’inspecteur Brolin est appelé sur une scène de crime, un nouveau corps a été retrouvé dans un court d’eau, les avant-bras sectionné, le haut de la tête rongé parce qui semble être un acide. Mode opératoire similaire à deux autres corps retrouvés quelques semaines auparavant, tout laisse à penser qu’il s’agisse bien d’un tueur en série. Juliette, étudiante en psychologie, raisonnable, réservée et studieuse, est kidnappée par un homme et enfermée dans une sorte de cave. Brolin suit une piste intéressante sur le meurtre de la 3ème victime. C’est ainsi qu’il va secourir Juliette qui était tombée entre les mains du tueur. Mais un an plus tard, les crimes reprennent ! Que se passe-t-il ?

Mon avis

Un thriller fort sympathique.

C’était mon premier Maxime Chattam et je suis contente de découvrir enfin cet auteur.

J’ai beaucoup aimé l’intrigue de ce roman et les personnages, en plus, Maxime Chattam ne tombe pas dans la facilité avec ses personnages.

Après un prologue assez rapide, on découvre Juliette Lafayette, une jeune femme charmante et intelligente qui en est à ses dernières années d’études de psychologie à l’université. Elle « chat » sur le net avec un homme sympathique mais un soir, ses questions se font plus intimes, il parle de la voir en vrai. ça n’intéresse pas Juliette qui préfère poliment clore là leur entretien du soir.

En parallèle, on apprend à connaitre Joshua Brolin, dit Josh, qui travaille depuis deux, trois ans dans la police de Portland, aux affaires criminelles. C’est un ancien du FBI, il voulait cependant, travailler sur le terrain sans perdre des années à prouver ses capacités au FBI, il a donc démissionné pour entrer dans la Police. Il a donc été formé à Quantico et est plutôt très doué pour se mettre dans la tête des tueurs, c’est un bon profiler même s’il ne portant pas officiellement ce titre. Josh Brolin (et là, je digresse en indiquant, que j’ai eu la tête de l’acteur du même nom toute ma lecture!) enquête sur plusieurs meurtres qui semblent reliés au même assassin, un certain Leland Beaumont. C’est là que les routes de Joshua et Juliette vont se croiser. Juliette enlevée par Leland, sera secourue par Joshua.

Mais ça, ce n’est que le début de l’intrigue ! Parce qu’un an plus tard, une nouvelle série de meurtres similaires à ceux de Leland, va donner du fil à retordre à la police de Portland. Des meurtres qui vont faire douter la police, inspirés de la Divine Comédie de Dante, folie sous-jacente, Josh va établit un profil de tueur étrange et complexe. Mais surtout pourquoi ces crimes ?

J’ai trouvé le « truc » dans l’intrigue vers la moitié du roman, les indices sont assez évidents, au début ça m’a un peu perturbée d’avoir compris, puis ensuite, je me suis intéressée à la façon dont les enquêteurs allaient découvrir les choses et quand. Malgré ce point, l’intrigue complexe (mais pas encore trop) est très bien montée, on se laisse prendre à la résolution de l’enquête. On ne s’ennuie pas.

On sent dans ce livre, tout le travail de recherches effectuées en amont par Maxime Chattam, sur le fonctionnement du FBI, sur les techniques scientifiques, sur les tueurs en série. C’est à la fois un énorme point positif et un petit bémol (oui oui c’est possible). Les informations qui nous sont données sont très intéressantes et pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude des thrillers et des séries policières, c’est excellent et très très bien amené dans le déroulement de l’histoire. Quand on a un peu plus l’habitude, ça ralenti un peu le récit, mais c’est une remarque toute personnelle et qui tient au fait que j’ai lu des romans de ce type avant et que je suis fan de séries policières!

J’ai trouvé les personnages, surtout Josh et Juliette, très bien construits, on apprend plein de choses sur eux, leur psychologie est travaillée, développée, on découvre leurs passés, leurs habitudes, leurs sentiments,… du coup, on s’attache facilement à eux. Et puis, les personnages secondaires, même si on sait moins de choses sur eux, sont quand-même présents, marquants qu’on les aime ou qu’on les déteste! Par exemple, j’ai beaucoup aimé Larry Salhindro, un collègue de Josh, il a plus de 25 ans de carrière, célibataire, avec de l’embonpoint, mais extrêmement fiable, volontaire, touchant; et j’ai détesté l’attorney Gleith et Bentley Cotland (qu’on colle dans les pattes de Josh, alors qu’il n’est même pas encore officiellement nommé à son poste d’adjoint de l’attorney) même s’il a une meilleure image vers la fin. L’équipe de policiers, l’assistant attorney, les médecins légistes ou techniciens de laboratoire, … apportent tous quelque chose à l’histoire, nous permettent d’en découvrir plus sur les personnages principaux mais aussi sur le fonctionnement de l’appareil judiciaire aux États-Unis.

L’âme du mal est un bon roman avec une fin que j’ai apprécié, en ça, l’auteur a su prendre des risques pour un de ses premiers livres et c’est plutôt chouette. C’est détaillé, bien écrit, cohérent (lenteur des investigations, les erreurs, …), vraiment très bien construit. Et la fin, un peu énigmatique, donne envie de retrouver  la police de Portland dans d’autres affaires.

Par contre, je n’étais pas angoissée ou tendue pendant ma lecture, c’est un bon thriller mais il m’a manqué un peu de tension nerveuse. Je n’ai pas trouvé le contenu effrayant même si, faut le reconnaitre, les crimes du tueur en série et sa psychologie semblent vraiment réalistes.

Une remarque encore, je n’aime pas beaucoup quand les auteurs français écrivent des romans dont l’action se passe aux États-Unis, je préfère largement découvrir la France, l’Europe pourquoi pas, quand je lis un auteur français. Mais là, Maxime Chattam nous parle d’une ville qu’il connait bien, il y a beaucoup de recherches pour l’intrigue policière, sur le fonctionnement de la police et de l’appareil judiciaire là-bas, du coup, on est vraiment immergé. On pourrait croire à un auteur étranger. Avec l’avantage ici, pour le coup, de n’avoir aucune perte ou aucun soucis de traduction ! Cela montre que c’est vraiment bien écrit et le gros travail de préparation de Maxime Chattam.

Je continuerai avec plaisir cette « Trilogie du Mal »  avec In Tenebris et Maléfices.

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Cette nuit-là de Linwood Barclay

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J’ai lu, 7,20€, 475 pages

Lu dans le cadre d’une lecture commune sur Livraddict

4ème de couverture

Cynthia a quatorze ans. Elle a fait le mur pour la première fois, telle une adolescente rebelle devant l’autorité familiale. Sauf que, le lendemain, plus aucune trace de ses parents et de son petit frère. Et aucun indice. Vingt-cinq ans plus tard, elle n’en sait toujours pas davantage. Jusqu’à ce qu’un coup de téléphone fasse resurgir le passé… Une intrigue magistrale qui se joue de nos angoisses les plus profondes.

Résumé

Cynthia est un ado de quatorze ans, avec un père, une mère et un frère de deux ans plus âgé. Comme presque toutes les gamines de son âge, elle se rebelle un peu, s’accoquine avec des garçons qui ont mauvais genre, sèche certains cours,… Un soir qu’elle ne rentre pas à l’heure, son père inquiet la retrouve dans la voiture d’un garçon un peu plus âgé, déjà de la mauvaise graine. Elle rentre saoule et s’écroule sur son lit avant d’avoir pu entendre le sermon de ses parents. Le lendemain à son réveil, la maison est calme, tout le monde semble être parti avant elle, mais il n’y a aucune trace dans la cuisine, pas de petit mot, rien… Cynthia ne le sait pas encore mais la vie qu’elle a toujours connue vient de basculer…

Mon avis

Gros coup de cœur pour ce thriller efficace !

Tellement, que je l’ai lu sur 2 jours mais si je n’avais pas eu à aller bosser, je pense qu’il était plié en 1 journée ! Cette nuit-là est mon premier Linwood Barclay et ça ne sera pas le dernier ! Pour moi, ce livre est rudement efficace et rempli parfaitement son contrat. Difficile de s’arrêter de tourner les pages tellement on veut savoir ce qu’il arrive à Cynthia. Comment sa famille a disparu ? Pourquoi 25 ans après, on ne sait toujours rien de cette affaire ?

A part le prologue, où on découvre Cynthia a 14 ans (en mai 1983), c’est Terry, le mari  de Cynthia qui nous raconte l’histoire. On apprend au fur et à mesure la vie actuelle de Cynthia, qui l’a élevé, ce qu’elle a pu conserver de sa famille, ce qu’elle a fait comme étude, comment elle et Terry se sont rencontrés, ce qu’ils ont ensemble une petite fille Grace, leurs joies et leurs problèmes, etc.

Pour ne rien dévoiler de l’intrigue, je dirai juste que Cynthia accepte de faire un reportage pour un magasine TV qui relate son histoire, pour faire de l’audience avec du « sensationnel » sous couvert que la diffusion permettra peut-être à quelqu’un de se souvenir de « cette nuit-là ».

Ensuite on se laisse complètement embarqué par l’enchainement des événements, des indices, des questions, … J’ai eu envie de savoir, les pages se tournaient toutes seules; la narration fluide et les chapitres assez courts aident beaucoup. La clé de l’histoire, que je révèlerai pas, est intéressante, elle n’est pas forcément « originale » mais tout est tellement bien monté que le suspense perdure jusqu’à la fin ! Et quand le gros de l’intrigue est résolu, il y a encore ! Encore des choses à savoir, à résoudre !

J’ai adoré me faire des nœuds dans la tête, émettre des hypothèses, me tromper, démêler les fils, explorer des pistes, etc. J’adore quand un livre me fait ça ! Du suspense, des questions, des réponses, une intrigue rondement menée. La force du livre c’est aussi qu’on le lit très vite, donc on se pose des questions mais on n’a pas le temps de s’échafauder des théories trop complexes parce qu’on apprend régulièrement des éléments qui changent tout ! Même si la résolution est une fois le livre refermé, logique et moins originale que dans d’autres polars, c’est vraiment sa construction et son chemin narratif qui fait la différence. Linwood Barclay arrive à nous embarquer, sa plume est prenante, efficace, simple mais pas trop, fluide. Il se lit très bien, très vite !

Même si c’est un coup de cœur, j’ai quand même trouvé un défaut, une petite facilité dans l’intrigue vers la fin, qui m’a fait un peu tiquer mais après je ne me suis pas rester bloquée dessus, l’histoire se poursuit efficacement ensuite.

Par contre, je crois que pour certain(e)s, ça sera quitte ou double, ou on est pris dans le livre et on se laisse berner/bluffer/surprendre; ou on devine trop tôt et on est désabusé. Comme vous l’aurez compris, je me situe pour mon plus grand plaisir dans la première catégorie !!!

J’ai apprécié les personnages, Terry est un gars sympa, on a envie pour lui, pour son couple, de connaitre le fin mot de l’histoire. Et j’ai apprécié des petits détails cohérents, comme on en voit peu (petit exemple, il doit prendre le volant d’une voiture qu’il n’a jamais conduit et bien, il a un temps d’adaptation normal), c’est ce petit rien qui indique que Linwood Barclay, s’est mis à la place de son personnage pour qu’il est les réactions les plus cohérentes possibles. Même si parfois l’intrigue peut sembler avoir de grosses ficelles (rien n’est parfois). Cynthia est plus complexe, troublée, à la limite de la folie parfois, paranoïaque, ses réactions nous orientent vers des hypothèses. Je n’ai pas vraiment accrochée à ce personnage mais elle ne m’a pas agacée non plus.

Concernant la structure, j’ai apprécié, le prologue, et cette grosse coupure de 25 ans qui aide à ménager le suspense ! Et aussi les intermèdes en italique qui nous font nous poser beaucoup de questions, au début. Après je n’en aurai pas autant mis, elles peuvent donner un peu trop d’indices, M. Barclay a peu être voulu trop bien faire.

Je n’en dirai pas plus, pour ménager le suspense, et puis parce qu’hier, il a été choisi pour la lecture commune de mon club de lecture l’île aux livres ! Et donc déjà que je publie bien en avance ce billet, je ne souhaite pas spoiler les futurs lecteurs du club (qui d’ailleurs, ne liront cette avis qu’en diagonal au début lol). J’ajouterai seulement que pour moi, il ne s’agit pas d’un thriller mais qu’il est difficile de le classer, et comme en France, on aime classer les choses, c’était peut-être ce qui a semblé le plus proche. Donc pas de peur à avoir, pas de gore ou de farfouillage de cerveau ici.

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Découvrez entre autres, les avis de Flo, Litchiandcie, belledenuit, Kincaid40, C’éra, Clédesol, Ingrid59, chloé, …

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Druide d’Olivier Peru

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J’ai lu, 8,90€, 603 pages

20ème Lecture commune, session de mars du Club de lecture L’île aux Livres

4ème de couverture

Les druides règnent sur une forêt primordiale et sacrée sise au coeur du monde. Détenteurs d’une sagesse millénaire, ils sont les gardiens du Pacte Ancien, dont le respect garantit la paix entre les peuples. Mais un crime de sang d’une violence inouïe met en péril le fragile échiquier politique des royaumes du Nord. Le druide Obrigan, aidé de ses deux apprentis, ne dispose que de vingt et un jours, pas un de plus, pour élucider les circonstances du drame, faute de quoi une guerre totale éclatera. Et tandis que le compte à rebours tourne, chaque lune apporte son lot de nouveaux cadavres, l’entraînant toujours plus loin dans l’horreur…

Résumé

1123 après le Pacte

Obrigan, druide de l’ordre des loups, doit se rendre avec ses deux apprentis Tobias et Kesher, à la forteresse de Wisneight, dans le royaume du Nord. Le Nord est divisé en deux territoires le Sonrygar et le Rahimir dont la séparation est matérialisée par une faille, la Cicatrice. A Wisneight, un massacre a été perpétré 1 journée plus tôt, 49 soldats du roi Yllias sont morts, de façon cruelle et ignoble, sans qu’un bruit n’alerte la forteresse. Un crime qui en rappelle un autre, découvert par un autre druide 200 ans plus tôt. C’est pour ça, qu’Obrigan et ses garçons quittent la Forêt pour se rendent sur place. Le roi Yllias est persuadé que les auteurs du massacre appartiennent au royaume du Rahimir et il souhaite leur déclarer la guerre. Surtout qu’une haine farouche qui remonte à plusieurs habite le Roi Yllias et le Prince du Rahimir Jarekson. Une rencontre est organisée au Toit des Sages et Obrigan se retrouve avec 21 jours devant lui pour trouver les coupables  ou la guerre sera déclarée entre le Sonrygar et le Rahimir.

Mon avis

Un quasi-coup de coeur !

Druide est un récit dense, dont l’intrigue est extrêmement bien construite. Le massacre des soldats du Sonrygar entraine Obrigan dans une enquête pour découvrir le ou les responsables. Mais derrière ces crimes, se cache une noire vérité. Le décor est posé dès le début, on a une carte du continent, nous permettant de situer les différents ensembles. Puis tout le long du récit, on apprend différentes choses, comment fonctionne le monde actuel, les Druides veillant sur la Forêt, et l’existence d’un Pacte entre les Druides et les habitants du continent. On apprend au fur et à mesure, les différents ordres chez les Druides, les capacités et connaissances de chacun. Et puis Obrigan va découvrir par le biais de récits des personnes qui l’entourent ou dans d’autres circonstances, le passé du continent, la création de la forêt, l’origine du Don, etc. Tout est subtilement et habillement bien amené, le suspense monte progressivement. Les questions que l’on se pose au début trouvent leurs réponses, qui amènent d’autres questions. A la fin, on a une trame complexe mais contée de manière fluide et toutes les révélations nous sont données.

L’univers créé par Olivier Peru est vraiment complet. Et on ne s’attend vraiment pas à la tournure des événements et aux révélations qu’apprend Obrigan. En tout cas, moi, je ne m’attendais pas, aux différents rebondissements. C’est difficile de parler de l’intrigue tellement il est essentiel que le lecteur la découvrir par lui-même.

Orbigan est attachant, c’est un druide posé et raisonnable, qui considère ses apprentis comme ses garçons et qui comprend l’importance de la Forêt, d’une bonne utilisation du Don, etc. Ce n’est pas qu’un druide, c’est un homme pourvu de sentiments et qui réfléchit. Ce personnage n’est pas figé, il va apprendre des choses qui vont faire naitre en lui des doutes, un sentiment de révolte, mais aussi une volonté de vivre, de défendre ceux qu’il aime. Même s’il n’est pas à l’abri de découragements, certaines choses vont le transcender et on va découvrir plusieurs facettes à ce personnage. Et l’auteur ne s’arrête pas là, les autres personnages, plus secondaires, vont également être développés, chacun à sa place et son importance dans le récit. Les personnages de ce récit ont de la consistance. Ils sont plus complexes qu’ils n’y paraissent et plus on avance dans le récit, plus on a envie de les connaitre, d’en savoir plus. Et

J’ai beaucoup aimé les apprentis d’Obrigan même si au départ ils sont plus en retrait, ils permettent d’avoir un autre regard sur les personnages, sur les situations. Je regrette un peu qu’on ne les suive pas pendant tout le récit. Mais c’est anecdotique. Et j’ai beaucoup apprécié le Prince du Rahimir, un personnage complexe, manipulateur, stratège mais il n’est pas que ça. Vraiment, en chaque personnage (ou presque) on trouve de la profondeur.

Druide est un brillant mélange de polar et de fantasy. Les crimes sont atroces, à la limite du gore, on se demande qui ou quoi a bien pu être responsable de ça et surtout comment ? Et à la manière d’un thriller, il faut se mettre à la place du ou des responsables pour comprendre le « pourquoi? ». Le tout dans un monde créé de toute pièce qui a pourtant son histoire, sa vérité, son avenir. Le tout dans un « one-shot », pari réussi !

Les plus de 600 pages de ce roman ont défilé sans que je m’en rende compte. La plume et le style d’Olivier Peru sont agréables, pas de lyrisme ou de grandes phrases, je pense que ça aurait desservit l’intrigue. On n’est peut-être pas transporté par les tournures ou les mots mais on est transporté par les idées, la mise en œuvre, l’intrigue, le charme des personnages, de ce continent, par la noirceur et la violence aussi. Le lieu, les personnages, les batailles sont détaillés et on visualise parfaitement les actions. C’est précis et sombre, rythmé, passionnant.

Le livre n’est pas un coup de cœur mais on y est presque. Comme pour plusieurs livres, ça ne tient pas à grand chose, j’ai vraiment été happée par l’histoire que la moitié passée, et j’ai même tellement dedans sur la fin que j’arrivais plus à le lâcher et j’ai été touchée par certaines scènes. Si j’étais rentrée dedans de cette manière tout de suite, je pense que c’était le coup de cœur assuré. En tout cas, j’ai vraiment passé avec Druide un beau moment de lecture, je retiendrai le mélange de polar et de fantasy, qui me plait beaucoup! ainsi qu’un monde et des personnages complets.

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Deux petites filles de Cristina Fallarás

couv-1113Éditions Métailié, 216 pages, 17 €

4ème de couverture

Deux petites filles de trois et quatre ans sont enlevées en plein jour ; l’une d’elles est retrouvée morte, atrocement mutilée, l’autre est portée disparue. Enceinte jusqu’aux dents, Victoria González, journaliste et détective, reçoit un chèque anonyme de 30 000 euros avec l’ordre d’enquêter sur l’enlèvement, et surtout de retrouver au plus vite la deuxième petite fille.
Flanquée parfois d’un adjoint accro à la bière brune, Victoria plonge alors au cœur de l’enfer. Elle écume les bas-fonds de Barcelone, du Raval, peuplé de prostituées, d’alcooliques et de tous les immigrés échoués là en attendant l’avenir, jusqu’aux Viviendas Nuevas, cité semi périphérique sinistrée, ghetto de pauvres où tout s’achète et se vend à ciel ouvert, y compris les pires perversions. Entre les toxicos qui divaguent, les clodos passifs, les tueurs à gages sentimentaux, les mères folles, toute la ville semble avoir un penchant pour l’horreur et personne ne sera sauvé. Victoria elle-même a bien du mal à échapper à ses vieux démons, à son passé de petite frappe bourrée d’addictions. Seul moyen de se calmer les nerfs : la haine systématique contre d’innocents petits animaux domestiques.
Féroce et sans concession, Cristina Fallarás nous entraîne bien loin du Barrio Gótico et de la Sagrada Família : ici la famille est un précipité de haine et les décors sont sordides, on est à l’envers de la ville. Une écriture coup de poing qui n’épargne personne.

Ce livre a reçu le prix international du roman noir L’H Confidencial 2011, ainsi que le prix Dashiell Hammett 2012.

Résumé

Une petite frappe, ayant à son actif quelques délits, parfois quelques crimes, est engagé par une jeune femme rousse pour éliminer un homme. Pour que l’argent ne soit pas son seul moteur, l’homme (Genaro) reçoit également une vidéo. En parallèle, la détective Victoria González reçoit une belle somme d’argent pour enquêter sur la disparition de deux petites filles de 3 et 4 ans. Un des deux est malheureusement retrouvée morte, mutilée, torturée, et plus encore. Mais sa soeur est portée disparue. La demande anonyme est claire « faire la lumière sur tout ça »…

(Résumé un peu court mais la 4ème de couverture est très riche, presque je n’aurais pas eu besoin de faire un résumé!)

Mon avis

Mitigée je suis.

On suit plusieurs personnages, 4 principaux, Victoria, détective, journaliste, au passé trouble, enceinte de plusieurs mois, célibataire, elle a accumulé dans son passé des amitiés troubles, beaucoup de rage envers la vie. Elle exulte sa rage d’une manière très particulière et très cruelles, elle tue des animaux domestiques (je ne spoile pas, c’est dans la 4ème de couverture). Elle est parfois accompagné dans ses investigations par Jésus, une sorte d’ancien gitan qui n’a pas particulièrement envie de bosser mais qui est très attachée à Victoria, il ferait n’importe quoi pour elle. Le 3ème personnage est Genaro, engagé pour éliminer ceux qui sont liés à la disparition des deux petites filles. Il a vu dans la vidéo, les violences, viols et meurtres qui ont été filmés. Il ne sera plus jamais le même après ça. Il flirte avec la folie. Et enfin, on découvre la mère un peu folle des petite fille, perturbée, une ancienne droguée. Elle tient des discours plus ou moins cohérents mais parfois on ne voit pas où elle veut en venir.

Les quatre personnages vont être amenés à se croiser pendant le roman. L’intrigue tourne autour de la découverte des événements, pourquoi les petites filles ont-elles été kidnappées? Par qui ? Pourquoi une d’elle est morte ? Qu’est devenue la sœur ?

Ce que j’ai apprécié dans ce roman assez court finalement, c’est que l’auteure ne tombe pas dans la facilité, on ne nous épargne pas la noirceur de la ville de Barcelone, sa saleté, son aspect sombre et glauque qui dénote complètement avec la Barcelone que nous vendent les agences de voyage et les cartes postales. Ici on est dans les bas-fonds, dans les barres d’immeubles délavés qui contrastent beaucoup avec l’architecture de la ville, dans des quartiers tristes et sordides, dans une atmosphère moite de drogues, de prostitution, de délinquance, de trafic,… Et ça donne pas envie d’y aller s’y promener !

Cristina Fallarás nous dépeint des personnages complexes, perturbés, marqués, avec une enfance ou une adolescence difficile, une vie entre couleur et drogue, dans une Barcelone en quête d’elle même à la fois touristique et glauque, des personnages qui ont besoin de se révolter contre l’image du père, de la chrétienté, etc. Même si le récit est court, les caractères sont détaillés, leurs façons de penser aussi. Ces personnages sont intéressants.

Les différents points de vue des personnes sont servit par des chapitres courts. La lecture est donc assez rythmée, rapide.

J’ai apprécié découvrir une auteure espagnole, un premier pas, dans la littérature espagnole que je connais que très très peu (quelques textes au collège et au lycée, mais pas trop de souvenirs finalement).

Deux, trois points m’ont gêné dans ma lecture, remarques toutes personnelles, je pense que certains ne seront absolument pas dérangés par ces aspects. J’ai beaucoup de mal avec les dialogues narratifs, un mélange de 1ère et 3ème personne qui peut perturber le lecteur. C’est surtout l’absence de ponctuation ou de découpage des apartés à la 1ère personne qui me gène. Par contre, ça dynamise le récit et le moins qu’on puisse dire c’est qu’on ne nous épargne pas alors un langage oral, avec gros mots et insultes, en prime. On reste dans l’ambiance.

Autre point, Victoria a une rage et un besoin de destruction, c’est un personnage complexe mais que j’ai trouvé malheureusement peu attachante. C’est le gros bémol, même avec ce qui arrive dans le livre, je n’ai pas réussi, à avoir peur pour elle, à être triste ou à me sentir proche d’elle. Elle n’est pas agaçante, ni pénible, mais il m’a manqué quelque chose -et puis je l’avoue, je trouve qu’il y a d’autres façons de se défouler, d’exulter sa rage et sa frustration de notre monde pourri que de tuer des animaux (ce n’est pas ce point qui m’a fait m’éloigner d’elle mais ça n’a pas amélioré mon ressenti). Cependant, c’est un personnage construit et intéressant.

Dans l’ensemble, les personnages sont assez marquants, j’ai beaucoup aimé Jesùs, sa nonchalance contrebalancée par son besoin de protéger Victoria ou du moins de tout faire pour que certaines choses ne l’atteignent pas. Il est le seul qui voit que l’affaire est trop « grosse » pour leur petite agence de détective, qu’elle est trop dégueulasse, trop pourrie. Autre personnage que j’ai bien aimé : Genaro, même si on n’apprend pas autant de chose sur lui que sur Victoria, on découvre qu’il est assez sensible pour un homme de main, il vit très mal sa traque. Il abuse des stupéfiants pour chasser les horreurs qu’il a vu sur la vidéo. Le sort semble s’acharner sur lui. Il est touchant et attachant.

Cependant, dans l’ensemble, il n’y a pas beaucoup d’espoir qui se dégage du roman, on sent les personnages assez blasés, ils vont de l’avant mais ils n’y croient pas vraiment. Un peu le reflet de notre société en difficulté. Même la grossesse, la maternité, la vie ne sont pas porteur d’espoir. Tout semble triste et sale comme la ville qui nous est décrite. Un vrai roman noir quoi.

L’intrigue ne m’a pas trop passionnée, il y a quand-même quelques tournants dans l’histoire, on comprend ce qu’il se passe au fur et à mesure. Le but va être de découvrir le pourquoi, plutôt que le qui et le comment. La fin ne se laisse pas trop deviner. Mais elle est rapide, peut être trop, assez floue même. On comprend le « pourquoi » mais sans nous expliquer vraiment. Je suis restée un peu sur ma faim.

Je suis donc que moyennement convaincue par l’histoire, qui est intéressante par sa galerie de personnages, par l’intrigue, mais plutôt bien convaincue par le talent de l’auteure.

Quelques infos sur elle : Cristina Fallarás est née à Saragosse en 1968. Journaliste et écrivain, elle a été rédactrice en chef, chroniqueuse ou scénariste pour divers organes de presse nationaux, comme El Mundo, Cadena Ser, Radio Nacional de España ou El Periódico de Catalunya.

Livre lu en partenariat avec Babelio, opération Masse Critique, que je remercie.

Voici le lien vers le roman : http://www.babelio.com/livres/Fallaras-Deux-petites-filles/452972

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